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mardi, 30 octobre 2012

LA PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L'UA, MME DLAMINI ZUMA DEMANDE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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Trois mois après son accession à la Présidence de l'Union Africaine, Mme Dlamini Zuma par cette initiative, réoriente complètement la vision de l'organisation dont elle a pris les commandes en juillet dernier. La requête adressée auprès des juges de la CPI, demandant la libération de Laurent

 Gbagbo est une affirmation de la volonté qu'elle n'a jamais cachée, que les résolutions des problèmes africains doivent revenir aux africains. Cette démarche renvoie nécessairement à la résolution de la crise malgache et préfigure la mise en application des décisions prises par les chefs d'état membres de la Sadc au mois d'août dernier à Maputo.

La diplomatie pragmatique et préventive, telle que prônée par la toute nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine, est en train de prendre corps et passe à la vitesse supérieure. Les grands dossiers, tels que la crise malienne, la crise en Rdc, la crise au Soudan, et naturellement, celui du célèbre prisonnier de la Haye, Laurent Gbagbo, sont dans la besace de Dlamini Zuma.

Qui donne des signaux forts, et non des moindres, depuis son investiture officielle le lundi 15 octobre 2012, à la tête de l’Union. Et en termes d’actions tangibles, Outre le mini sommet qu’elle a convoqué sur la crise malienne, qui a lieu en terre malienne, vendredi 19 octobre 2012, la première personnalité de l’Ua va plus loin.

Le règlement de la crise ivoirienne, notamment le contour de l’incarcération de Laurent Gbagbo et les relents politiques liés à cet état de fait, dans la stabilité et le retour de la paix, sont, tout autre dossier brûlant dont elle s’est saisie avec diligence. Une prérogative que s’est octroyée Mme Zuma, sur laquelle revient François Soudan, éditorialiste à Jeune Afrique, sur les ondes de Rfi.

Selon le confrère, en faisant sienne la crise ivoirienne, la présidente s’est attachée les services de plusieurs chefs d’Etats africains, y compris ceux qui seraient encore réticents, pour constituer un groupe de pression qui va peser de tout son poids, en faveur de la libération de Laurent Gbagbo.

Toujours selon l’éditorialiste, la matriarche africaine s’est attelée en amont, à envoyer un courrier aux juges de la Cpi. Pour leur décliner sa vision de la crise, assortie de propositions, dont ils doivent tenir compte, dans le rendu du verdict du 30 octobre prochain. A en croire François Soudan, qui prétend ne pas être imprégné du contenu total de la missive, mais qui assure avoir eu une idée de la partie liminaire dudit courrier, Dlamini Zuma s’est voulue très formelle dans le règlement de la crise qui secoue la Côte d’Ivoire.

Et, écrit-elle en substance : «Sans m’ériger en Avocate défenseur de M. Laurent Gbagbo, encore moins m’immiscer dans les affaires judicaires qui ne sont pas de mon ressort, en tant que première responsable de l’Institution africaine, je prie le collège des juges de s’approprier mes propositions. Etant attendu que la réconciliation en Côte d’Ivoire est étroitement liée à la libération du chef de l’ex-régime». Pour lui, le fait que Dlamini associe à son projet, plusieurs chefs d’Etat, n’est ni moins ni plus une volonté avérée de la Sud-africaine, d’éteindre tous les brasiers qui consument l’Afrique et freinent son développement.

Et dans le répertoire, figurent les plus influents. Qui ne sont autres que Jacob Zuma, Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani, le Béninois Yayi Boni, pour ne citer que ceux-là. Et le moins qu’on puisse dire, la nouvelle dirigeante ouvre une nouvelle ère diplomatique, dans le mode de gestion concrète des crises qui minent l’Afrique. Elle qui ne cesse de clamer, haut et fort, et avec fermeté, citant Patrice Lumumba, que l’Afrique n’est «ni française ni russe ni portugaise ni américaine», mais bien africaine.

Réputée rigoureuse et efficace, Dlamini Zuma, a largué cette mise en garde : «Nos décisions ne seront facteurs de changement que si elles sont appliquées. Il faut des solutions africaines aux problèmes africains».

De célèbres phrases prononcées au cours de la cérémonie d’investiture, qui magnifient celle dont la débauche d’énergie en faveur de Laurent Gbagbo, est une réalité, et qui ne ménage aucun effort pour faire appliquer sa vision. Un pari qu’elle est en phase de gagner.Une belle leçon à inculquer aux avatars de l’affranchissement de l’Afrique, adeptes de l’afro pessimisme, qui militent en faveur de l’asservissement de tout un continent.


Source: La page Facebook de André Tameghe

samedi, 31 mars 2012

EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS


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Les chefs d'Etat de la Cedeao qui se rendaient hier au Mali ont essuyé hier la colère des populations qui ont tout simplement envahi le tarmac de l'aéroport de Bamako. La partie a tourné à l'humiliation pour Alassane Ouattara qui a dû sortir un joker pour sauver la face. Retour sur un ballet aérien sous-régional.

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui se rendaient hier au Mali pour sommer la junte de se retirer du pouvoir ont dû rebrousser chemin. Ils se sont finalement donné rendez-vous à l'aéroport Félix Houphouët Boigny d'Abidjan, après que l'avion transportant le chef de l'Etat ivoirien, qui avait pénétré l'espace aérien malien, a été refoulé. Selon des témoins présents à Bamako, l'avion du président en exercice de la Cedeao a été contraint de faire demi-tour, les conditions sécuritaires pour atterrir n'étant pas réunies.

Le Burkinabè Blaise Compaoré, le Béninois Yayi Boni, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Nigérien Issoufou Mahamadou et le ministre nigérian des Affaires étrangères, qui étaient eux aussi attendus à Bamako, pour tenter d'obtenir de la junte l'application du schéma de sortie de crise dicté par la France, seront eux également contraints de renoncer à ce voyage. Des centaines de Maliens indignés par les menaces de la Cedeao ont pris d'assaut, dès les premières heures de la journée, le tarmac de l'aéroport de Bamako.

Pour sauver la face, Ouattara décide d'une réunion d'urgence du panel à l'aéroport FHB d'Abidjan, à l'issue de laquelle l'option militaire est réaffirmée et des sanctions draconiennes visant à étouffer l'économie malienne prises. Des décisions qui rappellent en bien des points les sanctions prises contre le régime Gbagbo, où la Cedeao, l'Uemoa et les institutions bancaires sous-régionales comme la BCEAO, la BIDC et la BOAD deviennent des instruments pour soumettre les Etats membres.

Cet échec de la délégation de chefs d'Etat et de ministres de la sous-région est le signe de l'inexpérience du tout nouveau président en exercice de la Cedeao ; poste dont les autres chefs d'Etat ne voulaient pas. Pour avoir compris que c'était une coquille vide. Dans la réalité, le retour à l'ordre constitutionnel au Mali n'est pas une préoccupation pour Ouattara et ses quelques pairs de la Cedeao qui jouent les va-t-en-guerre. En militant pour l'avènement d'une transition dirigée par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale dissoute par la junte, ces chefs d'Etat qui ne sont pas à leur premier acte cautionnent le renversement du président Amadou Toumami Touré.

A en juger d'ailleurs par le choix du médiateur, on comprend que c'est dans une aventure plus périlleuse qu'elle ne l'est aujourd'hui avec le coup d'Etat du 22 mars que la Cedeao - aux ordres de Paris - veut entrainer le Mali. Ces populations disent se rappeler les crises récentes en Guinée et en Côte d'Ivoire dont le chef de l'Etat burkinabè était médiateur. En Côte d'Ivoire, la partie a fini dans le sang, après que le médiateur a choisi son camp et a milité pour que le président Gbagbo soit bombardé, arrêté et transféré à La Haye. En Guinée voisine, le chef de la junte militaire a dû céder sa place à un de ses collaborateurs - après avoir échappé à la mort suite à une tentative d'assassinat. Fortement diminué, il vit aujourd'hui encore à Ouagadougou.

Pour toutes ces raisons, la déception est grande chez les Maliens qui ont envahi hier le tarmac de l'aéroport de Bamako, et qui scandaient des propos hostiles à Alassane Ouattara. «Les Maliens regrettent de t'avoir soutenu», «Nous n'avons pas de leçon à recevoir de toi», «Alassane Ouattara, comment es-tu arrivé au pouvoir en Côte d'Ivoire ?», etc. Les messages sur les écriteaux étaient assez évocateurs de la déception des Maliens qui apprennent à leurs dépens les réalités des connexions mafieuses et lobbies qui dirigent le monde.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER