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lundi, 23 janvier 2012

LIBYE - LE RETOUR PETARADANT DE LA RESISTANCE VERTE A BANI WALID


CNT - MOUSTAFA ABDEL JALIL 2.jpg

Moustafa Abdel Jalil menacé par ses propres renégats.

 

"Kadhafi c'est fini !"

C'est le cri de ralliement depuis des lustres des ennemis de la Libye et de l'Afrique, comme si la mort de Mouammar Kadhafi pouvait changer, à terme, la vraie aspiration des Libyens, la donne sociétale de la Jamahiriya. Avec une facilité déconcertante, certains nigauds, puisqu'ils ne suivent que les médias "mainstream" n'ont pas hésité à dire de nous que nous étions des mythomanes quand nous disions que tout allait mal, puisque "leurs" médias n'en parlaient pas.

Avec la bénédiction des soi disant grandes démocraties, la Libye s'enfonce. Alors que le projet de loi électorale scélérate indique que, "quiconque ayant des liens avec Mouammar Kadhafi ou le précédent gouvernement souverain libyen sera interdit de se présenter aux élections", une démocratie d'exclusion" comme nous l'avons toujours dit, tout va mal. Hier c'était à Benghazi, où renégats se faisaient face, on a appris ce matin que la résistance avait causé le chaos au sein des félons du CNT, traîtres à leur propre pays, à Bani Walid.

Selon les informations que nous venons de recueillir et contrairement aux affirmations de l'AFP, ce sont plutôt 11 renégats qui sont tombés ce matin et non 4, après une attaque fulgurante de l'armée de libération de la Jamahiriya. La base des renégats est encerclée et, le bilan des combats devrait apporter ce soir des informations catastrophiques pour le CNT. Avec plus de 30 blessés graves, et ceux qui priaient les pro-Kadhafi de leur laisser la vie sauve en échange de les rallier contre le CNT, nul ne sait où va la Libye.


Source: ALLAIN JULES

19:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, libye, la résistance verte, le cnt, bani walid | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 28 septembre 2011

CHARNIER A TRIPOLI? «ON NOUS MENT»

PRETENDU CHARNIER EN LIBYE.jpg 

Le Conseil national de transition avait annoncé dimanche la découverte de restes de victimes de la prison d'Abou Salim, à Tripoli. Mais sur place, certains proches n'ont trouvé lundi que des os de mammifères.

C'est à la mi-février, à Benghazi, à l'appel des familles de disparus de la prison Abou Salim, à Tripoli, et qui protestaient contre l'arrestation de leur avocat, que la révolution avait commencé. L'écho des disparus d'Abou Salim dans l'opinion est toujours vif, à tel point que lundi le défilé des familles qui avaient perdu un proche était incessant sur les lieux supposés «du massacre de masse». Othmen Abdeljelil, responsable de la commission des disparus, avait convié, dimanche, «les correspondants étrangers» à juger «par eux-mêmes de la véracité des crimes commis» par le régime. «Ensuite, les restes des corps ont été balancés sur le terrain à côté de la prison», avait-il affirmé.

Mais derrière l'enceinte de l'établissement, rien ne laisse supposer la présence d'ossements. Pourtant, ils étaient encore une trentaine, hier à la mi-journée, à gratter d'un bout de bois le sol sablonneux de ce terrain vague. Mais pas d'équipe médicale sur les lieux, qui aurait pu certifier aux familles totalement perdues que ce fémur ne pouvait appartenir qu'à un mammifère de 500 kilos. Pas de pelle mécanique pour excaver le sable.

«
Os de dromadaire...»

Ne parlons même pas d'une présence officielle du Conseil national de transition (CNT) sur place, simplement pour justifier cette incroyable annonce qui a secoué l'opinion dimanche, alors que la même commission des disparus avait officiellement appelé le président Moustapha Abeljalil «à épauler les recherches» en déployant «tous les moyens». «On cherche la trace de nos fils. On nous a dit à la radio que les gens du CNT avaient trouvé des restes humains. Mais il n'y a que des os de bêtes et des boîtes de conserve. Il n'y a même pas de gardes pour sécuriser le champ... Ce sont les mêmes méthodes que les autres. On nous ment», se lamente une dame.

Selon les ONG, et des témoignages concordants, 1270 prisonniers ont été exécutés en juin 1996 puis, en 2000, leurs restes auraient été jetés par-dessus le mur de la prison dans ce terrain vague où traînait, hier, une bêche. «Ce sont les preuves des crimes de masse commis par les soldats de Kadhafi. Nous avons besoin de l'aide internationale. Des spécialistes de la médecine légale pour dater les corps», avait alors solennellement expliqué le médecin Salem Ferjari, membre de la commission spécialement créée par le CNT pour rechercher les disparus d'Abou Salim.

Un homme, les paumes levées vers le ciel, pleure devant les caméras. Un type dit en se masquant la bouche: «C'est un os de dromadaire...» Mais il est trop tard pour freiner l'emballement. Un jeune s'agenouille devant l'os gros comme un pied de table et crie: «Dieu est grand!» Une corde en chanvre, qui devait servir à entraver une bête, devient un lien derrière les mains. Un autre soulève une mâchoire d'herbivore et la présente comme une preuve irréfutable des crimes commis.

Une petite dame baisse les yeux. Elle a compris qu'elle ne retrouverait rien ici des restes de son fils
enfermé depuis 1988: «Il a été pris un matin chez nous par les soldats. Je suis venu jusqu'en 1998 lui apporter des vêtements. Puis j'ai reçu une lettre la même année me disant qu'il était mort et qu'ils l'avaient enterré. Je suis revenue leur demander où ils l'avaient enterré. Ils m'ont traité de chienne.» Elle s'en va. 
Il ne reste que des os de chameau et la peine de cette petite dame qui cherche son fils depuis treize ans.



Jean-Louis Le Touzet, Tripoli.

 

Source : Le journal suisse «Le Temps» du 27 septembre 2011

vendredi, 05 août 2011

LA LIBYE DEVALISEE

SARKOZY-LIBYE 2.jpg

Devant la crise qui frappe les Etats-Unis, quelqu'un vient de dire que la seule valeur de l'argent est la confiance qu'on lui accorde. Il traduit en peu de mots les appréhensions qui taraudent ceux dont les intérêts sont plus ou moins engagés avec ce pays, qui vit à crédit et au-dessus de ses moyens, depuis plus de vingt ans. Une autre appréhension devrait être à l'ordre du jour, elle concerne les avoirs placés dans les pays occidentaux. Ce qui est arrivé au peuple libyen est un précédent à méditer. Contre toutes les règles de droit, des pays l'arme à la main l'ont dépouillé de son argent. Un acte passible de sanction judiciaire, depuis que la propriété privée a été instituée.

Ces gangsters ont d'abord décidé que les comptes étaient gelés. Ils ont ensuite désigné des sous-traitants, selon on ne sait quel principe, comme ses " représentants légitimes ", sans le consulter et sans écouter sa colère qu'il exprime quotidiennement et que leurs médias ignorent. Tel que prévu, les sous-traitants viennent de recevoir une partie des fonds "débloqués ". On ne sait pas la procédure exacte qui permet à quelqu'un de donner un tel ordre sur quelque chose qui ne lui appartient pas. On ne comprend pas comment une banque peut obéir à quelqu'un d'autre qu'à son client, propriétaire légal et légitime du compte.

Le drame est que personne ne bouge. Aucun pays ne s'est insurgé contre un tel braquage. En fait les puissants savent qu'on n'osera pas toucher à leurs sous et les plus faibles n'osent pas. Le monde est pour la première fois sorti de son hypocrisie et la loi du plus fort n'a plus besoin de subterfuges pour s'exercer. Nicolas Sarkozy vient de donner 259 millions de dollars à la bande de Benghazi, qui ne donne pourtant pas entière satisfaction en matière d'image " démocratique ".

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Elle vient d'ailleurs de liquider le prétendant le plus plausible au trône. Dans le cas, bien sûr, où le peuple libyen se laisserait faire. Ce qui n'est pas du tout dans son programme, à court, moyen ou long terme, ni jamais. C'est pour cela que se posera un problème quand il demandera de lui restituer l'argent qu'on lui a volé. Et puis, il y a une question qui se pose d'elle-même, quand on se place dans la logique des gangsters. La bande de Benghazi, élue à la tête des Libyens dans un acte de banditisme, devrait faire valoir ses prérogatives directement et ne pas laisser faire quand il s'agit de gérer les comptes devenus siens. A moins que sa " légitimité "  inaugure un nouvel ordre mondial basé sur des " élections " de bandes affidées du même type, là où c'est possible et où il y a des richesses à prendre, chez les plus faibles.

On sait déjà que les pays africains de la zone franc sont dans l'obligation de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du trésor français. Aller plus loin dans ce système et l'élargir est donc du domaine des éventualités qu'on ne peut écarter. Comme cette éventualité que la crise systémique n'a pas d'autres alternatives que l'effondrement ou la prédation. Tant que c'est encore possible, même virtuellement, nous allons assister à un regain de férocité des " grandes démocraties ". Le temps presse et les périls montent à l'intérieur de leurs frontières. Sauf si les Libyens refroidissent définitivement leurs ardeurs guerrières.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM