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mercredi, 29 juillet 2015

NAHIBLY, CET AUTRE LOURD ET ENCOMBRANT HERITAGE DE LA NEO-COLONISATION FRANÇAISE

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg

 

On ne le dira jamais assez : le mensonge, l’hypocrisie et la méchanceté gratuite sont les fondamentaux qui ont présidé à la guerre que la France, de CHIRAC à SARKOZY,  menée contre  la Côte d’Ivoire. Sinon, comment comprendre que trois longues années  après, les massacres de Nahibly, ce camp de réfugiés pour autochtones Wê à Duékoué, n’aient point connu la moindre arrestation, alors que les tueurs de nos parents et frères sont bel et bien là, au cœur même du pouvoir en place ou bien en train de nous narguer chaque jour, clamant haut et fort que les crimes qu’ils ont commis l’ont été pour asseoir et solidifier un pouvoir qui a choisi la violence comme mode d’expression en politique ?

Le 20 Juillet 2012, des femmes, des enfants et des vieillards ont été assassinés sur les terres de leurs ancêtres, au camp de Nahibly, sous les regards de la France et de l’O.N.U. Devrions-nous être étonnés, nous Ivoiriens ou Africains, que ces horribles massacres n’aient point encore connu aucune poursuite judiciaire, tout comme ceux perpétrés en direct par les soldats de l’armée française sur les ponts d’Abidjan et à l’Hôtel Ivoire, bien après les abominables horreurs que ces soldats français ont couvertes à Bouaké, Korhogo, Sémien et Monoko-Zohi en Septembre 2002, avec  les tueries de Guitrozon et Petit-Duékoué la nuit du 31 Mai 2005 ?

Pour ce 20 Juillet 2015, trois ans après ces massacres, l’O.N.U., ne serait-ce que par décence feinte, n’a point daigné entendre le moindre de ses soldats sur les circonstances des atrocités commises dans ce camp de réfugiés gardé par un contingent marocain. Or, en Mars 2014, un rapport d’enquête a publié des chiffres,  des révélations à couper le souffle et des images de l'horreur ont circulé sur la toile internet. Les victimes de Duékoué, au-delà d’un devoir de mémoire envers les leurs, voudraient encore une fois ici dénoncer :

- 1° : le rôle de nuisance et d’embrigadement criminel de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire depuis 2002. Les peuples et gouvernants français cruels crient au terrorisme chez eux? Ils devraient savoir que les présidents CHIRAC et SARKOZY ont instrumentalisé par leurs rebelles la terreur en Côte d’Ivoire mais notre peuple, debout comme un seul homme, a fait front et résisté malgré des têtes de bébés coupées ici à l’ouest ivoirien, des familles entières enfermées et brûlées vives dans leurs maisons, des femmes enceintes éventrées quand on sait l’ampleur de l’émoi et de l’indignation soulevées en France il y a peu, suite à une décapitation (œuvre d’un terroriste) dans l’Isère. Les preuves sont là, innombrables et incontestables que la France, par son armée, a commis trop de crimes en Côte d’Ivoire, en usant de la terreur pour nous obliger à renoncer à notre dignité et notre sens de la patrie. Surprise que sa barbarie n’a fait que renforcer notre esprit de résistance, la France s’est adonnée à des crimes sans nom par ses bras armés de la rébellion ivoirienne, bombardant elle-même les jeunes patriotes ivoiriens quand notre volonté de souveraineté prenait de l'ascendant sur ses coups bas. On ne peut pas être coupable et juge à la fois !

-2° : les victimes de Duékoué dénoncent aussi le rôle perfide et destructeur de vies humaines qui est celui de l’O.N.U. Prétextant sauver la Côte d’Ivoire d’une catastrophe humanitaire en Mars 2011, l’O.N.U. s’est empressée de pondre une résolution, précisément la 1975. Mais alors combien sont morts par ici depuis, sous les regards complices de l’O.N.U., à Carrefour-Duékoué et Nahibly, bien après Guitrozon et Petit-Duékoué ? Combien des nôtres ont été enlevés, déportés pour être assassinés en silence dans les forêts ou les montagnes de chez nous, à commencer par les brousses et campements aux alentours de Nahibly ? Le camp de concentration du chef rebelle Daouda KONE dit Konda pour les jeunes gens d’ethnie Wê, à l’Hôtel Monhésséa de Duékoué, l’O.N.U.C.I.n’était pas au courant ? La vérité sur le terrorisme qui s'est abattu sur la Côte d'Ivoire ne sera sue que quand le désarmement et la mise aux arrêts des chefs rebelles auront lieu. Sinon, tout autre discours ou diversion est un non-sens.

En définitive, les victimes de Duékoué sourient, face aux vaines gesticulations et ennuyeuses élucubrations contre le terrorisme des actuels gouvernants français, eux qui n’ont jamais crié au scandale quand Nahibly  été mis à feu et à sang, le 20 Juillet 2012 mais qui, dans le même temps, recevaient monsieur OUATTARA chez eux. Quant à messieurs CHIRAC et SARKOZY, se sont-ils une seule fois étonnés ou indignés du fait qu’un pays sahélien (le Burkina Faso) leur vende du cacao, fruit des  razzias de la rébellion dans l’ouest ivoirien ? Ont-ils, pour cela, suscité la moindre résolution à l’O.N.U. en son temps contre leur ami Blaise COMPAORE ? Non, non et non, crient les victimes de Duékoué, le terrorisme, même tropicalisé et trempé à la sauce française, n’est rien d’autre que du terrorisme, vu et su que la terreur et la douleur n’ont point de couleur, encore moins de race. C’est pourquoi, depuis qu’ils ont enfermé Laurent GBAGBO à La Haye, nous, victimes de Duékoué, nous chantons et nous dansons d’allégresse : il n’est plus loin, ce jour où la France du crime éhonté et de la basse sottise va être mise à nu, pour que guérissent enfin ces millions de cœurs meurtris d’Africains que nous sommes. "Toujours pour le voleur, un jour pour le propriétaire", aimons-nous répéter en Afrique. Or Dieu seul sait combien la France nous a volés par des massacres tout aussi odieux que grossiers et honteux. Oh, honte à la France des droits de l’homme ! D'ailleurs, à quand ton examen de conscience, de Toussaint LOUVERTURE à Laurent GBAGBO avec tous ces millions de morts en Afrique et dans les départements et territoires d'outremer (*)?

Massacrer autrui pour survivre, sur cette terre des hommes ? En attendant que madame BENSOUDA et sa C.P.I. ouvrent un jour leurs yeux et la primauté du droit sur Nahibly et Carrefour, les victimes de Duékoué s’inclinent devant la mémoire de leurs nombreux disparus. Paix sur Nahibly, paix en Côte d'Ivoire. 

                                                                                                  

 (*) : cf. Le pont de Fengolo, chronique d'un génocide perpétré et tu par la France, manuscrit.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, porte-parole.

mardi, 10 juin 2014

LES VICTIMES DE DUEKOUE ECRIVENT AU PRESIDENT GBAGBO, PILIER INCONTOURNABLE DU PARDON ET DE LA VRAIE RECONCILIATION EN COTE D’IVOIRE

 

 

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

Bien cher Président,

Ce sont déjà trois longues années qui sont passées depuis ce triste et honteux 11 Avril 2011, quand les forces de l’impérialisme et du mal, prises dans un flagrant délit de crimes de masses au sein et tout autour de votre résidence, ont décidé, à défaut de vous assassiner, de vous embastiller, loin de votre peuple. Malheureusement pour nos bourreaux et nos tortionnaires, "l’esprit GBAGBO", a été et reste, plus que jamais omniprésent dans notre quotidien à tous, victimes et bourreaux confondus !

Dans leur méchante volonté de vous jeter dans les souterrains de l’oubli, ils ont ainsi ameuté le monde entier à s’intéresser de plus près à vous, à notre sort d’Ivoiriens pris en otage dans notre propre pays mais surtout à faire l’inventaire encore inachevé de leurs crimes en association avec les bandes de rebelles qu’ils ont formés au Burkina Faso pour attaquer la Côte d’Ivoire en Septembre 2002.

A la veille de l’audience du 13 Juin 2014 à La Haye et à l’aube de ce "jour nouveau" qui, nous le croyons, s’est déjà levé sur la Côte d’Ivoire, à vous, notre bien-aimé Président, nous, victimes des crimes les plus odieux et encore impunis car minimisés par vos geôliers de la C.P.I., nous voulons, du fond du cœur, vous dire merci. Oui, Président GBAGBO, merci ! C’est vrai, tous ceux des nôtres qui sont morts par leurs bombes ne reviendront plus à la vie. Mais que se serait-il donc passé, à ce jour, si vous en qui nous avons eu confiance et qui incarne l’espoir de notre peuple, vous aviez fui dès que votre résidence a été attaquée ? En toute sincérité, très cher Président, votre courage, votre détermination et votre foi  ont sauvé la mise à tous les patriotes restés en vie et au pays même. Et voici qu’après de longues et interminables nuits de mensonge, la vérité vient, de façon irrésistible, grâce à votre ténacité à La Haye, éclairer notre "terre d’Espérance", l’Afrique et le monde de la lumière d’un jour nouveau, (en souvenir d’une vos paroles fortes de la campagne présidentielle en 2010). Nos adversaires auront-ils l’audace ou le courage de vouloir aller avec nous, comme nous le souhaitons, jusqu‘au bout de cette affaire ?

Seulement, chose curieuse ou bizarre, Président GBAGBO, où sont-ils tous passés, tous ceux-là qui vous ont empêché, dès votre élection en 2000, de réaliser le programme pour lequel nous vous avions élu ? Où sont-ils, tous vos détracteurs tels CHIRAC, DE VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, SARKOZY et KOUCHNER, par exemple, pour ne citer qu’eux ? Nous les savons vivants mais pourquoi se tiennent-ils en retrait, loin de La Haye, au lieu de s’y rendre pour confirmer tout simplement les charges retenues contre vous ? Pourquoi se sont-ils emmurés désormais, dans un silence des plus bruyants car trop suspect, tant ils ont vociféré ici contre un président légalement élu en Côte d’Ivoire, fait la part belle à des rebelles  qui ont éventré des femmes enceintes ou décapité des bébés ? Où sont-ils, pour enfin en finir avec  vous, l’innocente victime de leur méchanceté qui a fait assassiner sans suite aucune même certains de leurs propres compatriotes tels Philippe REMOND, LAMBELIN et autres, parce que ces derniers avaient pris fait et cause pour le peuple de Côte d’Ivoire? Quel complexe ou handicap majeur les tient aussi loin de La Haye, surtout qu’en 2004, ces dirigeants français vous ont accusé, Président GBAGBO, d’avoir fait tuer neuf de leurs soldats, quand notre armée nationale chassait les rebelles de Bouaké ? Des soldats français dont les parents n’ont pas pu voir ou fait autopsier les corps car précipitamment enterrés aux Invalides à Paris.             

Président GBAGBO, ils ont longtemps menti au monde pour nous assujettir. Ils ont rugi contre vous et ils ont fini par rougir devant votre refus de vous soumettre à leurs ordres iniques. Ils ont donc tremblé de tout leur corps et tel Lucius –le diablotin-, ils ont porté le fer et le feu contre vous et votre peuple. En vous emprisonnant après avoir massacré votre peuple dont le seul crime est sa dignité non négociable, ils avaient cru leur tour bien joué. Malheureusement pour nos bourreaux, depuis le 11 Avril 2011, le devoir d’humanité, de par le monde entier, par souci de vérité et de justice, a pris son envol, s’est amplifié chaque jour, contrairement au temps qui semblait s’être arrêté ce jour-là. Qui, bien sensé, peut aujourd’hui nier la victoire du sens de devoir d’humanité conduit par des millions de démocrates aux quatre coins du monde, sur la perfidie rétrograde d’impérialistes et leurs obligés aux abois ?

Président GBAGBO, en raison des quelques propos qui précèdent mais aussi de nombreux autres faits à notre avantage à tous, nous,  victimes de Duékoué, nous vous disons tout simplement merci !!! Merci de n’avoir pas enjambé le mur de la clôture de votre résidence pour abandonner votre peuple aux mains de génocidaires désormais pris au piège du flagrant délit, de la confusion et d’une grande amertume. Merci pour ce courage, pour cette détermination, cette foi  et cette sérénité qui nous ont donné des raisons sérieuses d’espérer quand, en réfugiés sur nos propres terres,  nous vivions entassés tels des  objets, à la Mission Catholique de Duékoué, ce jour noir du 11 Avril 2011 !

Dans quelques jours, Président GBAGBO, nous serons le 13 Juin 2014. Pour nous, victimes de Duékoué, ce jour est déjà passé ! Une façon pour nous de dire que la Cour Pénale Internationale sait très bien depuis toujours que vous avez tort, vous et tous nos compatriotes dans les prisons françaises en Côte d’Ivoire, vous avez tort simplement parce que vous avez toujours eu raison depuis le début de cette scabreuse affaire montée par la France du gain cupide et assassin. Grand bien lui fasse, à cette France, de comprendre que seule votre libération libèrera le chemin obstrué de sa tranquillité, tellement cette France s’est fourvoyée  en bombardant lâchement notre peuple, après des siècles de pillage de nos ressources. Or, ce n’est point parce que la C.P.I. se refuse d’analyser ou d’enquêter sur une gratitude aussi basse de la part de la France que nous, victimes de tous ces dérapages néocolonialistes, nous allons abandonner notre Président, le Timonier de la renaissance africaine aux mains de geôliers aux ordres des forces impérialistes.

La C.P.I. qui joue son propre destin dans ce procès contre vous, Président GBAGBO, saura trouver les mots justes pour masquer le cuisant échec et la honte de ceux qui, comme des pirates, se sont crus pendant longtemps les maîtres de nos vies. Président GBAGBO, votre peuple vous attend, sans colère et sans haine, pour aider à effacer la grande honte subie par tous ceux qui vous ont lâchement attaqué et vilipendé mais qui peinent aujourd’hui à nous réconcilier,  à votre insu. C’est dans le calme et la sérénité que nous vous attendons Président GBAGBO, votre fils BLE Goudé Charles aussi, surtout qu’il n’y a vraiment rien en face, du Quai D’Orsay à La Haye via l’Elysée, si ce n’est du maïs !

Notre honneur et notre dignité n’étant pas négociables, nous vous disons : "à bientôt Président !!!" et paix sur nos - plus que trois mille - morts.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 6 Juin 2014.

mardi, 21 mai 2013

SUITE A L’ARRESTATION D’AMADE OUEREMI, DECLARATION DU COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE


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Ce Dimanche 19 Mai 2013, le rebelle Amadè OUEDRAOGO  Rémi dit Ouérémi a été transféré à Abidjan, suite à son arrestation hier, dans « son » fief du Mont Péko. Oui, l’homme qui, déjà en Décembre 2010, avait égorgé et fait égorger des gendarmes de la république dans la sous-préfecture de Bagohouo, a été enfin mis aux arrêts. Au-delà  des nombreux commentaires et interrogations qui fusent, le collectif des victimes de Duékoué voudrait rappeler les précisions suivantes :

-1° : si l’arrestation d’Amadè est une très bonne chose, force est d’insister sur le désarmement des trente mille (30 000) hommes qu’il revendiquait sous son commandement, il n’y a pas longtemps. N’oublions pas aussi qu’en Mars et Avril 2011, ces bandits de grand chemin, enrôlés par messieurs SARKOZY et COMPAORE pour déstabiliser la Côte d’Ivoire, ont volé et emporté avec eux, au Mont Péko, le matériel et les armes des militaires loyalistes Ivoiriens qui se sont retirés du front de guerre sur ordre du Président GBAGBO dont le souci majeur était d’éviter un grand bain de sang à son peuple et à l’armée ivoirienne. Il faut absolument procéder à leur désarmement.

-2° : en Mars 2011, c’est bien en soldat FRCI qu’Amadè est entré à Duékoué pour massacrer des milliers de nos parents. Tous les témoins et toutes les victimes de ses exactions à cette époque l’ont bel et bien vu en treillis et non en tenue traditionnelle dozo, tout comme lors du massacre de Nahibly, le 20 Juillet 2012. Le même Amadè apparaît dans bien des médias, aux côtés d’instructeurs militaires d’origine européenne ou des blancs qui l’ont formé, à l’époque où la France et l’O.N.U. recrutaient des mercenaires en Afrique de l’ouest du Nigéria au Sénégal pour mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang.  Même si c’est vrai qu’Amadè n’était pas seul à exterminer les Wê ici à Duékoué en Mars 2011 (car il y a bien eu aussi des chefs rebelles dont la cruauté est tristement légendaire tels Ben Laden et Losséni venus d’Odienné et de Man, de même que des paysans de l’ethnie Baoulé, habillés en dozo, qui ont massacré pas moins de trois cents (300) autochtones d’ethnie guéré dont des enfants et des femmes, dans les villages de Toa Zéo, de Blody, de Yrozon, de Diéhiba, de Gbaoubli et de Fengolo). Devant l’ampleur de telles atrocités, les victimes de Duékoué regardent désormais en direction de la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) pour savoir ce qu’elle va décider concernant le soldat FRCI Amadè, ses lieutenants experts en décapitation d’êtres humains tels Boulaye Bomossi et Bertin le Béninois (eux sont restés en toute liberté à Bagohouo) et de ses chefs hiérarchiques FRCI ou bien alors celui-là même dont ils ont reçu l’ordre de massacrer les ivoiriens.

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Comme Amadè, le cas du député Gahoudi OULATTA qui s’est de tout temps vanté d’avoir réussi à faire prendre l’Ouest ivoirien (sa terre natale) par les tueurs fous des FRCI et des dozos, interpelle toute conscience qui se veut objective. De même, dame Flanizara TOURE, elle aussi député par kalachnikovs interposés, qui a mis Duékoué à feu et à sang, causant la mort et la disparition d’une centaine de personnes, début Janvier 2011. En fait, ils sont nombreux, très nombreux, tous ces tueurs qui nous côtoient chaque jour à Duékoué, à Bangolo et dans nos villages, qui nous narguent mais dont l’état d’impunité défie tout bon sens. Qu’Amadè seul ne serve point de bouc émissaire !

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-3° : après Amadè, à qui le tour ? Vu et su que les tueries massives et sauvages qui ont eu lieu ici à Duékoué ont bel et bien eu lieu à Bloléquin, à Toulépleu, à Tabou, à San Pédro, à Sikensi, à Dabou mais surtout à Abobo, à Yopougon, à Abobodoumin et en Abidjan même, autour et au sein de la résidence présidentielle. Il est clair que l’égorgeur Amadè ne pouvait pas être partout à la fois pour commettre tous ces crimes affreux contre l’humanité. Une seule vraie action judiciaire digne de ce nom (C.P.I., vous nous entendez ?) suffit pour délier les langues de milliers de victimes et de témoins, brandir toutes ces preuves encore intactes à même de démontrer que le chiffre précédemment annoncé de trois mille (3 000) morts  en 2011 est une farce hypocrite de la part des commanditaires et principaux bénéficiaires des massacres des Ivoiriens que sont la France et l’O.N.U. Les collègues ou les chefs d’Amadè, tous ces experts en tueries ou massacres d’humains sont là, bel et bien là et ne sont nullement inquiétés. Pourtant de CHERIF Ousmane à KONE Zakaria, de Losséni dit chef Loss à Ben Laden, ça fait bien au moins douze ans qu’ils occupent la scène des exterminateurs au service des intérêts de la France. Depuis longtemps, ils sont choyés ou protégés par les médias, l’armée et les dirigeants politiques français. Quelle élégance morale et pratique et quelle grande leçon d’humanisme : des brigands et des buveurs de sang humain au service des intérêts de la consacrée patrie des droits de l’homme, la France, cette (autoproclamée) fille aînée attitrée de l’Eglise catholique !

-4° : Amadè est parti du Mont Péko mais combien d’autres coupe-jarrets après lui, y sont restés, armés jusqu’aux dents qu’ils sont ? On ne le dira jamais assez, la guerre de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire a été aussi une guerre de grande invasion. C’est le lieu pour les victimes de Duékoué de rappeler une question-pilier de tout processus véritable de réconciliation nationale et de développement : « Après toutes ces guerres et toutes ces invasions, combien sommes-nous exactement aujourd’hui en Côte d’Ivoire ? » ou « quel développement sérieux de notre pays peut être amorcé si nous n’avons aucune précision sur le nombre – même approximatif - de ses habitants ? » ou bien encore « pourquoi notre démographie, fortement et gravement modifiée, ne gagnerait-elle pas à être revisée ? ». Ces questions, juste pour stigmatiser le fait qu’il n’y a regarder autour de nous, dans tout le pays, surtout dans les zones forestières de l’ouest ivoirien, pour constater le surnombre exagéré des étrangers chez nous. Dans des villages du département de Duékoué, à Nidrou ou à Bagohouo, hormis même tous ces rebelles qui vivent dans les campements en pleine brousse, les Burkinabè et autres étrangers sont dix à douze fois plus nombreux que les autochtones Wê et tous les autres ivoiriens mis ensemble ! Cette réalité se vérifie aisément (au kilomètre carré parcouru et répété au moins cent fois chaque semaine) partout dans les sous-préfectures de Guézon et de Guéhiébly. Nos affirmations sont sans exagération et tant pis si des esprits malhonnêtes venaient à nous accuser d’être des xénophobes. A ceux-là, nous répondrons que si le non-respect des lois a toujours été leur pratique ou leur jeu favori en Côte d’Ivoire, alors cela doit cesser. On ne peut pas raisonnablement prétendre au développement et à l’émergence en embarquant avec soi toute la racaille ouest-africaine, une racaille au parcours mouillé du sang innocent de nos compatriotes. C’est pourquoi nous disons : d’ores et déjà, il faut continuer de libérer les forêts classées de Guézon à Duékoué, du Goin Débé et du Scio à Guiglo, les terres du Zérabaoun à Bangolo et le parc national de Taï. Des forêts, des terres et parcs squattés par les mêmes envahisseurs, des bandits sans foi ni loi, au vu et au su des armées de la France et de l’O.N.U. qui les ont de tout temps armés, formés, installés parfois et continuent de les protéger à ce jour. Car après Amadè, il y a encore d’autres brigands qui exproprient nos parents ou les tuent et qui ont pour noms TIENDREBEOGO, « TCHEY MAN HI TCHEY BRO », « TOUT PETIT », «SOUFEY WOUROU », etc… D’où notre question réccurente à la communauté internationale et à madame la Procureure de la C.P.I. : à quand envisagez-vous mener des enquêtes dans le camp des adversaires du Président GBAGBO, sachant qu’il est désormais établi que ce grand patriote a été victime, avec son peuple, d’injustices, de violences et de crimes programmés par la France et l’O.N.U. ?

Nous terminons notre déclaration en affirmant qu’à notre avis, malgré les meurtrissures et les grandes douleurs imposées aux Ivoiriens depuis douze (12) ans, le 11 Avril 2011 a en réalité sonné le glas définitif et le début de la chute de tous ces systèmes de nuisance gratuite et d’asservissement  parrainés en Côte d’Ivoire par la France et l’O.N.U. : l’écheveau ou l’étape « Amadè » n’est que le début du compte à rebours. A qui peut-on penser logiquement,  quand ce dernier (Amadè), coincé et obligé de se rendre à ceux qui sont venus l’arrêter, dit « Eh ! type-là  m’a  vraiment  trahi ! Il m’a promis dix (10) ans de travail gratuit au Péko et  me fait arrêter après deux (02) ans seulement… ».  Les patriotes Ivoiriens, les panafricanistes et tous les combattants pour la justice et la liberté devraient y croire et faire en sorte, par leur mobilisation et leur activisme, que tous les « Amadè » d’ici et d’ailleurs (noirs comme blancs) soient à leur tour extradés et traduits devant la C.P.I. car toute la suite n’en sera que trop belle, pour la survie de la C.P.I. elle-même ! En cela, notre foi et notre sérénité, pour les victimes que nous sommes, ne sont ni feintes, ni clownesques, n’en déplaisent à tous ces faibles d’esprit enclins à la seule satisfaction de leurs besoins nutritifs, au prix du sang de leurs semblables !

Estimant que nous vous avons traduit sincèrement les sentiments et la conviction de ces milliers de victimes de Duékoué et de ses environs, qui vivent au quotidien dans le feu de la douleur, nous vous remercions de votre inlassable disponibilité.


Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly),

Emmanuel Caleb, le 19 Mai 2013.