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jeudi, 11 avril 2013

ADRESSE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DU 11 AVRIL


 

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Ivoiriennes, ivoiriens, chers habitants de la Côte d’Ivoire.

 

Le 11 avril 2011, en dehors de toute règle de droit et de bienséance, l’armée d’une Puissance étrangère, a attaqué avec une violence inédite, la résidence officielle et le Palais présidentiel de la République de Côte d’Ivoire pour en déloger le Président de la République en exercice. Cette attaque de l’armée française, alors que notre pays n’avait ni déclaré la guerre à la France, ni reçu d’elle une déclaration de guerre, soulève encore de nombreuses interrogations deux ans après. Elle pose surtout la question fondamentale de la nature des rapports que notre pays, et au-delà, notre Continent entend entretenir avec les anciennes puissances colonisatrices, dans un monde totalement intégré grâce à la formidable et exceptionnelle avancée technologique en matière de communication.

De quelque angle sous lequel l’on voudrait donner une réponse à cette interrogation fondamentale pour l’Afrique, une constante s’en dégage. La nature des relations entre l’Afrique et le reste du monde, notamment, ses anciennes puissances colonisatrices seront ce que les Africains eux-mêmes en décideront. Il n’y a aucune fatalité qui puisse justifier la place méprisante de notre continent dans le concert des nations. Seul un engagement sincère, total et persévérant  de chacun de nous dans la recherche du meilleur, d’abord pour nos peuples, ensuite pour le reste de l’humanité, peut donner à notre continent une meilleure place dans la construction du monde.

C’est la grande leçon que le Président Laurent GBAGBO a magistralement donnée au monde entier, mais surtout à l’Afrique lors de sa brève, mais dense intervention devant les Juges de la CPI. Le Président Laurent GBAGBO a donné et continue de donner  avec certains de ses amis et compagnons de lutte, dont certains sont soit en prison, soit en exil, quand ils n’ont pas été tués, l’essentiel de leur vie pour la démocratie, seul facteur de promotion de la liberté pour nos peuples.

Homme de dialogue, et pacifiste avéré, il ne peut comprendre que notre pays, la Côte d’Ivoire ne puisse se donner les moyens de sortir par un dialogue constructif et inclusif de la logique de l’affrontement qui continue d’en fragiliser la cohésion sociale. Qu’est ce qui est plus facile à faire pour notre pays entre la logique de l’affrontement qui nous conduit droit vers une explosion sociale, et l’ouverture d’un vrai dialogue, qui favorise le rassemblement.

Deux ans après le renversement du Président Laurent GBAGBO, l’écart est toujours grands entre les rapports de complaisance qui sortent des officines de ceux qui ont participé au dépérissement de notre nation, et la réalité vivante de nos compatriotes. Nul ne peut prétendre aimer notre pays plus que nous-mêmes. L’insécurité, la pauvreté, la cherté de la vie, l’exacerbation des clivages ethniques, les violations répétées des droits de l’Homme dans notre pays concernent au premier chef nos populations. C’est à elles que notre conscience doit rendre compte.

Mais comment peut-on espérer rendre heureuses ces populations lorsque non seulement on les prive de leurs choix politiques, mais pire, on maintient une large part d’entre elle sous le joug de la répression permanente.

 Ils sont encore nombreux nos compatriotes, civils et militaires qui sont soit en prison, soit en exil. La Justice ne promeut la paix que lorsqu’elle revêt avec fermeté le manteau de l’impartialité. Lorsqu’elle s’en dévêtit,  elle compromet alors la paix. Il y a donc une certaine corrélation entre la conscience collective de la nation et celle de la Justice. Le sentiment d’une justice orientée dans un seul sens en Côte d’Ivoire expose notre pays à des risques graves.

Que du temps inutilement perdu deux ans durant. L’extraordinaire mobilisation nationale et internationale autour du Président Laurent GBAGBO, indique en même temps, le chemin de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Il n’y en a pas plusieurs, mais un seul. La libération du Président Laurent GBAGBO et de tous les autres prisonniers, ainsi que le retour des exilés et leur implication effective dans le débat politique en Côte d’Ivoire, restent des prérequis d’une vraie réconciliation. Le chemin emprunté depuis deux ans nous ramène toujours au point de départ. Efforçons-nous  donc de passer par l’unique chemin qui reste, même s’il est rendu étroit par nos craintes et nos orgueils. Nous devons nous mobiliser pour élargir ce chemin.

C’est pourquoi, au nom du Président Laurent GBAGBO, je voudrais féliciter toutes les personnes, en Côte d’Ivoire, en Afrique et ailleurs dans le monde, qui se mobilisent lui apporter leur soutien. Leur persévérance portera à coup sûr des fruits.  Que le souvenir de nos compatriotes encore en prison et dans les camps de réfugiés, au nom du combat pour la liberté et la démocratie ôte en chacun de nous la tentation de l’abandon. C’est dans la persévérance que nous transformerons la date du 11 avril en une victoire éclatante pour nous-mêmes, et ouvrir ainsi une grande espérance pour tous ceux qui se battent pour la liberté et la démocratie.

Mais il reste évident que notre persévérance risque d’être vaine, si elle ne s’inscrit pas dans une discipline rigoureuse. Je reste convaincu que, c’est dans la discipline, regroupés autour du Front populaire ivoirien (FPI) que nous trouverons à la fois l’inspiration et les armes de notre victoire. A ce propos, je saisis la présente opportunité pour saluer les efforts qui se déploient par-ci et par-là, pour donner une cohésion plus forte à toutes les initiatives. Les récentes assises qui ont regroupé plusieurs personnes à Paris pour donner un contenu cohérent à notre combat sont des initiatives heureuses qui méritent d’être encouragées. J’en félicite au nom du Président Laurent GBAGBO les initiateurs.

Même enfermé, le Président Laurent GBAGBO continue de nous donner le chemin de la lutte sans relâche. Il nous rappelle que les convictions sont plus fortes que les émotions. C’est en taisant nos émotions que nous donnerons une opportunité à nos convictions de transformer nos peines du 11 avril 2011, en une grande joie dans un futur dont la proximité ne dépend que de nous.  

 

Que Dieu vous bénisse!


P/ Le Président Laurent GBAGBO

Le Ministre KONE Katinan Justin

Son Porte-parole.

mardi, 10 juillet 2012

LA COTE D'IVOIRE ET LE POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE: QU'IL SOIT FAIT DROIT A L'ACTEUR PRINCIPAL

 

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Depuis la fin du mois de juin 2012, la Côte d’Ivoire a enfin atteint le  point de décision de l’initiative PPTE, qui correspond à un abandon substantiel de sa dette extérieure. A l’annonce de cette décision, les nouvelles autorités ivoiriennes dans un euphorisme sans limite, tentent d’une part de s’octroyer la paternité de ce succès, et d’autre part font croire que la Côte d’ivoire est devenue subitement un nouvel eldorado.

Au terme de la réflexion tout à fait personnelle qui suit, l’on se rendra  certainement compte que la vérité est toute autre et qu’elle prend à contrepied le triomphalisme affiché par les autorités ivoiriennes. Le cheminement adopté s’articule autour de trois points essentiels :

v  Le rappel du contexte de l’avènement de l’initiative PPTE

v  Les principes généraux qui gouvernent l’initiative PPTE

v  L’historique de la marche de la Côte d’Ivoire sur le point de l’achèvement de l’initiative PPTE et les effets qui en sont attendus 

 

I – CONTEXTE DE L’AVENEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


Les différents modes de traitement de la dette appliqués depuis l’éclatement de la crise de la dette à partir de septembre 1982, n’ont pu véritablement apporter une solution durable au problème de la dette croissante des pays débiteurs. En effet, de 1982 à 1989, le rééchelonnement classique de la dette pour les pays en programme  d’ajustement structurel avec le Fonds Monétaire International, a simplement accordé au pays une bouffée d’oxygène temporaire et  n’a permis de régler en profondeur le problème de la dette. Le report des échéances dans le futur et les nouveaux prêts d’ajustement structurel ont contribué à l’augmentation du volume de la dette de l’ensemble des pays débiteurs.

A partir de 1989, la Communauté Financière Internationale a admis que la crise de la dette n’était pas un problème temporaire de liquidité et que son traitement nécessitait une solution novatrice. Pour la première fois, la notion de réduction de la dette a été évoquée et intégrée dans la stratégie de traitement de la dette. Ainsi, lors des réunions successives des pays riches les plus industrialisés, pays du G7 qui deviendra par la suite G8, il a été possible d’admettre une réduction de dette au pays débiteur pour réduire le service futur de la dette (rééchelonnement comportant dose d’annulation de dette à partir de 1990 – Termes de Houston, termes de Londres ou Toronto renforcé, termes de Naples, termes de Lyon, termes de Cologne sous IPPTE).

C’est dans cette veine qu’en septembre 1996, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont mis sur pied, l’Initiative d’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE) dont l’objectif principal est de ramener le service de la dette du pays débiteur à un niveau supportable et compatible avec sa capacité de remboursement.

La partie qui suit énonce les principes généraux qui gouvernent l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés, notamment les conditions d’éligibilité, la réduction de la dette accordée au pays récipiendaire par les institutions multilatérales de développement, les pays créanciers membres du Club de Paris et certains créanciers bilatéraux à travers des initiatives unilatérales d’allègement additionnel de la dette. La deuxième partie retrace les différentes étapes franchies par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus PPTE. 

 

II – PRINCIPES GENERAUX DE L’INITIATIVE PPTE


II.1 – CONDITIONS D’ACCES AU TRAITEMENT PPTE    


Pour être éligible au traitement PPTE, le pays débiteur doit remplir les conditions suivantes :

  • Ø Etre en programme avec le FMI,
  • Ø Avoir son ratio Valeur Actualisée Nette (VAN) dette/ revenus budgétaires > 250 %
  • Ø Avoir son ratio  Service dette/ revenus fiscales > 150 %
  • Ø Avoir un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)


II.2 – TRAITEMENT PPTE OFFERT AU PAYS ELIGIBLE


De façon générale, le pays PPTE bénéficie d’une réduction du flux du service de sa dette entre le point de décision et le point d’achèvement du processus PPTE. L’annulation du stock de la dette n’est accordée qu’au point d’achèvement. Toutes les annulations de dette se font dans la proportion nécessaire pour rendre le service futur de la dette supportable par le pays débiteur.

  • Ø Entre le point de décision et le point d’achèvement : Réduction du flux du service de la dette en valeur actualisée de 90 % (Termes Cologne)
  • Ø Au point d’achèvement : Annulation du stock de la dette 


II.3 – TRAITEMENT OFFERT PAR LES INSTITUTIONS MULTILATERALES


Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de Développement 

  • Ø A partir du  point de décision : annulation partielle du flux du service de la dette
  • Ø Au point d’achèvement : annulation partielle du stock de la dette à travers l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) 


II.4 – INITIATIVES BILATERALES D’ALLEGEMENT DE LA DETTE ACCORDE PAR LES CREANCIERS DU CLUB DE PARIS


Au point d’achèvement, allègement additionnel de dette au-delà de l’Accord cadre du Club de Paris :

  • Ø France : Contrat Désendettement- Développement (C2D)
  • Ø Royaume Uni : Annulation totale du stock dès le point de décision
  • Ø Autres pays créanciers : Annulation totale ou partielle du stock au cas par cas, mais tendance à l’effacement total de la dette.

Contrairement à tous les autres créanciers, la France n’annule pas immédiatement la dette ; elle conclut un contrat de Désendettement/Développement d’une durée renouvelable de 15 ans aux termes duquel le service de la dette doit normalement être payé. A l’issue du remboursement de l’échéance, la France délivre son allègement de dette à travers le reversement au pays débiteur d’une partie du montant réglé. Ce montant est reversé sur un compte spécial afin de financer des projets sélectionnés par les deux parties et à réaliser dans le pays débiteur dans le cadre de l’IPPTE. 


III- MARCHE DE LA COTE D’IVOIRE VERS L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


III.1 - ELIGIBILITE DE LA COTE D’IVOIRE A L’INITIATIVE PPTE


Le processus PPTE pour la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, commence en 1998 lorsque bénéficiant d’un programme économique triennal (1998-2000) avec le Fonds Monétaire International, le Gouvernement du Président Henri Konan BEDIE, introduit auprès des institutions de Bretton Woods, le dossier de candidature de la Côte d’Ivoire à l’éligibilité à l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). La Côte d’Ivoire est donc déclaré pays PTTE en 1998. Mais les problèmes de gouvernance sous le Régime Bédié; notamment, les dépenses non ordonnancées, le problème de la gestion des fonds de l’Union Européenne, conduisent à la suspension du  programme économique et financier triennal conclu avec le FMI.Le coup d’Etat militaire de décembre 1999 vient définitivement anéantir toutes les chances de la Côte d’Ivoire d’accéder au point de décision de l’Initiative PPTE. Malgré la rupture avec les bailleurs de fonds, le pays a été maintenu au nombre des pays éligibles à l’IPPTE.


III.2- REMISE DU PROGRAMME PPTE SUR LES RAILS PAR LE GOUVERNEMENT GBAGBO DE 2001 A 2010


  • III.2.1 ACTIONS MENEES POUR L’ATTEINTE DU POINT DE DECISION DE L’IPPTE


Dès son accession au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2000, le Président Laurent GBAGBO et son gouvernement travaillent d’arrache-pied à partir de 2001, pour renouer avec la Communauté financière Internationale. L’action du gouvernement est axée prioritairement sur l’assainissement des finances publiques. Des réformes structurelles et sectorielles sont élaborées et mise en œuvre pour relancer l’activité économique rudement éprouvée par une année de pouvoir militaire jalonnée par des tentatives de reprise en main des affaires de l’Etat par d’autres groupes militaires.

Grâce aux réformes engagées, le pays bénéficie progressivement de la confiance des institutions de Bretton Woods qui accordent à la Côte d’Ivoire en 2002, un programme intérimaire sans appui financier. Ce programme permet à la Côte d’Ivoire d’engager des négociations avec les pays créanciers membres du Club de Paris pour la restructuration de sa dette bilatérale. C’est ainsi qu’un accord de restructuration de dette est conclu le 10 avril 2002  avec le  Club de Paris selon les termes de Lyon (annulation des deux tiers du stock des échéances consolidées). Les créanciers du Club de Paris ont dans le cadre de cet accord promis d’accorder à la Côte d’Ivoire le traitement de Cologne (annulation de 90% du stock de dette consolidée) dès que le pays aura franchi le point de décision sous l’Initiative PPTE.

Le point de décision de l’Initiative PPTE n’est pas atteint comme prévu en fin septembre 2002, en raison du déclenchement de la rébellion armée qui a rapidement annexé les régions centre, nord et ouest du pays. En avril 2003, les principaux bailleurs de fonds suspendent tous les décaissements des prêts et dons en faveur de la Côte d’Ivoire.

Malgré les difficultés récurrentes de trésorerie, l’Etat a continué à faire face à  ses engagements au titre du Budget de fonctionnement  et à honorer le service de sa dette envers les principaux bailleurs de fonds jusqu’à la mi-2004, bien que ces transferts restent sans contrepartie.

A la faveur de la normalisation progressive de la situation socio politique liée à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou en mars 2007, la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (AUPC), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (FMI). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés envers respectivement la Banque Mondiale en avril 2008 et la Banque Africaine de Développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du FMI le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la  Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative PPTE en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009.

Ce nouveau programme économique et financier  triennal a ouvert la voie à la Côte d’Ivoire pour engager les négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres en vue de l’allègement de sa dette bilatérale d’une part, et de sa dette commerciale d’autre part. Conformément au principe de partage égalitaire du fardeau de la dette entre les créanciers comme le prévoit l’Initiative PPTE, la Côte d’Ivoire a obtenu les niveaux d’allègement de dette suivants de la part de ses créanciers pendant la période intérimaire de l’Initiative PPTE, période qui court entre le point de décision et le point d’achèvement.

Au Club de Paris, les négociations des 14 et 15 mai 2009 ont abouti à un accord de rééchelonnement de dette comportant une annulation de dette d’un montant au moins équivalant à 435 milliards de FCFA et le rééchelonnement de 1820 milliards de FCFA sur un stock total de dette estimé à 2255 milliards de FCFA. Ce stock comprenait  les échéances  tombant du 1er avril 2010 au 31 mars 2012 et les arriérés accumulés au 31 mars 2009.

Au Club de Londres, les négociations débutées en octobre 2008 sont achevées le 31 mars 2010 par une opération d’échange des titres Brady émis en 1998 contre un nouveau titre obligataire libellé en dollar US, d’une durée de 23 ans dont 6 ans de différé, assorti d’un taux d’intérêt fixe et faible. Cette restructuration de dette qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a permis à la Côte d'Ivoire d’obtenir l’annulation de 287 milliards de FCFA de dette sur un stock de dette estimé à 1435 milliards de FCFA  au 31 décembre 2009.

S’inscrivant dans la logique du partage du fardeau de la dette, certains créanciers tels que la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ont délivré leur allègement de dette  sur la période intérimaire de l’Initiative PPTE. Au total, c’est au moins 720 milliards de FCFA  de dette qui sont annulés en 2010. 

 

  • III.2.2 L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’IPPTE ET REFLEXIONS

 

La Côte d’Ivoire a mis en œuvre les réformes exigées et a finalisé l’élaboration de son Document  de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2010.L’atteinte du point d’achèvement qui était prévue avant la fin 2010 a été reportée en raison de la crise  post-électorale et la guerre qui en a découlé. A la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu est estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 

De ce montant global d’allègement de dette attendu, il convient de déduire les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) d’une part et d’autre part, les annulations de dette consenties par le Club de Paris du 15 mai 2009 et  la restructuration de la dette Brady du 31 Mars 2010.

Le bénéfice de l’annulation du solde restant estimé à 1700 milliards de FCFA dépendra de la capacité du pays à poursuivre sainement les  réformes engagées depuis 2002 pour assainir les finances publiques, les réformes dans le secteur du cacao, les réformes dans le secteur énergétique ; mais aussi et surtout engager des réformes pour relance de la croissance et la réduction de la pauvreté dans les secteurs sensibles tels que la santé, l’éducation.

Si les annulations de dette sont immédiates pour les autres créanciers, elles sont différées pour la France à travers le contrat de Désendettement et Développement communément appelé C2D conclu avec le pays débiteur sur une durée renouvelable de 15 ans. La France qui détient près de la moitié du stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, environ  3000 milliards de FCFA, aura un rôle important à jouer dans la réussite du processus d’annulation de dette. Le stock de dette due  à la France sera traité dans le cadre du contrat de C2D qui prévoit le reversement au pays débiteur sur un compte spécial, d’une partie du montant de dette remboursée à l’échéance. Le montant ainsi reversé au pays débiteur sert à financer des projets identifiés, sélectionnés et retenus d’accord parties. La mise en œuvre du C2D reste tributaire de la capacité de paiement du pays en ce qu’il exerce les mêmes pressions sur le Budget de l’Etat qu’auparavant.

Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE et estimé à 4000 milliards de FCFA devra être remboursé à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjointement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. C’est à ce niveau que se situera le problème essentiel. En effet, il faudra faire suffisamment de croissance  pour couvrir le service de la dette extérieure et celui de la dette intérieure galopante, depuis que l’Etat se refinance sur le marché des capitaux. Cette dette intérieure a, elle aussi, atteint 2000 milliards de FCFA. 


CONCLUSION

 

Si le processus PPTE a commencé en 1998 sous le Président BEDIE dont le gouvernement a ardemment travaillé pour obtenir l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’Initiative PPTE, il est largement revenu au gouvernement du Président Laurent GBAGBO, d’élaborer les réformes structurelles et de remplir toutes les conditionnalités économiques et financières, de 2001 à 2010, malgré la crise politico-militaire que traversait le pays, afin que le pays puisse enfin bénéficier en juin 2012, de l’annulation de dette tant espérée.

A ce stade, il convient de reconnaître l’engagement et le soutien total  du Président Laurent GBAGBO aux actes de gestion  posés par les cadres de l’administration des finances et des autres structures de l’Etat sur la voie du PPTE. Il faudrait aussi apprécier à sa juste valeur, la contribution des organisations de la Société Civile de la Côte d’Ivoire pour leur contribution très constructive dans le processus de l’élaboration et la finalisation du Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSRP).

Il faut également saluer les différents ministres des économies et des finances qui ont conduit ce projet depuis le gouvernement BEDIE et  notamment le ministre d’Etat  Paul Antoine BOHOUN BOUABRE qui l’a piloté dans les pires des conditions, mais qui ne verra malheusement pas sa finalisation.

Il faut également rendre hommage à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat toutes catégories confondues du ministère de l’Economie et des Finances, qui ont consenti d’énormes sacrifices pour supporter la pression liée à  la mise en œuvre de ce projet.

Enfin, tout le mérite revient a la population ivoirienne qui a tant souffert et à qui l’on promet une pluie de milliards  qui  s’avère être en fin de compte  des milliards issus  des ressources PPTE pour apporter une solution immédiate à tous leurs problèmes quotidiens, notamment, la cherté de la vie, dégradation avancée du système de santé, blocage du système éducatif dans le supérieur, insécurité galopante etc.… Il convient de dire que le PPTE n’est pas la panacée au regard de l’expérience des pays qui ont déjà bénéficié de l’allègement de dette. Citons au passage les cas du Mali et  du Cameroun qui ont des difficultés à mettre en œuvre le C2D et qui ne peuvent de ce fait bénéficier des ressources d’allègement de la dette.

Le point d’achèvement aurait pu être atteint bien plutôt par la Côte d’Ivoire.

v  Déjà sous le règne de BEDIE  

v  Ensuite, dés les premières années de la présidence du Président LAURENT GBAGBO

Mais le coup d’état  de 1999, celui de septembre 2002 mué en rébellion, la guerre inutile livrée à la Côte d’Ivoire depuis 2010 ont empêchés chaque fois notre pays d’atteindre le point d’achèvement. Or il est constant que dans l’opinion majoritaire de la cote d’ivoire, les tenants actuels de la Cote d’Ivoire ne sont pas loin de tous ces mauvais coups. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la dette asservit un Etat. Elle porte atteinte à sa  souveraineté. L’on se rend compte que bien qu’allégeant de façon substantielle la dette ivoirienne, l’Etat ivoirien n’a pas le libre arbitrage de la gestion des recettes qui en sont induites. A titre d’exemple, en ce qui concerne la dette française, qui constitue la part prépondérante de l’ensemble de la dette ivoirienne,  les règles de gestion prévues par le contrat C2D soumettent les autorités ivoiriennes mains et pieds liés aux autorités françaises.

Prions pour que Le Tout Puissant Dieu, inspire les tenants actuels du pouvoir afin qu’ils ne reconstituent pas, pour le plus grand malheur des générations à venir, un stock de dette encore plus élevé.

Les chiffres que les ivoiriens doivent connaitre.

Au moment où Laurent GBAGBO prend le pouvoir en 2000 le stock de la dette extérieure est de 7180 milliards de FCFA.

Au moment où il est chassé du pouvoir en 2010, malgré l’état de guerre, les 8 dernières années le stock de la dette est ramené à 6500 milliards, soit 680 milliards de remboursement de la dette colossale contractée par ses devanciers.

De 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a signé des prêts pour un moment de 1000 milliards, sur ce stock signé, seulement  3111 milliards de FCFA ont été effectivement décaissés  au profit de la Côte d’Ivoire, ce montant encaissé  fait partie des 6500 milliards. Sur le montant des prêts signé il en reste donc 689 milliards. Ces sommes doivent être décaissées en fin 2010 au point d’achèvement. C’est ce montant qui fait rêver les tenants du pouvoir actuel. Voilà l’origine des pluies de milliards annoncés.

Les ivoiriens sont maintenant situés sur qui a inlassablement œuvré pour l’annulation de leur dette. Même la haine qu’on ressent pour son adversaire ne peut empêcher de reconnaître ses mérites. Rendons à GBAGBO ce qui est à GBAGBO.  



Le Ministre Koné Katinan Justin


Administrateur des Services Financiers

Ancien Ministre délégué au Budget

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

mardi, 22 mai 2012

ENTRETIEN DE OUATTARA SUR RFI, UN TISSU DE MENSONGES

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Le ministre Lazare Koffi Koffi, en exil


COMMUNIQUE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO: CLARIFICATIONS A LA SUITE DE L'ENTRETIEN D'ALASSANE OUATTARA SUR RFI


Ce dimanche 20 mai 2012, interrogé sur Radio France Internationale RFI par Mr Alain Foka, Monsieur Alassane Ouattara, Chef d’Etat ivoirien, s’est livré à un exercice périlleux, en falsifiant délibérément comme à son habitude l’Histoire récente de la Côte d’ivoire, en particulier sur les deux points suivants :

1/ Il a affirmé que l’aide reçue de la France, après son installation dans les conditions que l’on sait, avait principalement servi à payer les arriérés des salaires des fonctionnaires, arriérés accumulés trois mois durant par le gouvernement du président Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale. C’est une énorme contre-vérité, que des milliers de fonctionnaires payés en temps et en heure pendant cette période pourront aisément confirmer. A ce propos, il faut aussi rappeler que les salaires de la fin du mois de mars 2011 étaient déjà positionnés sur les comptes des fonctionnaires quand les éléments de l’armée privée de Monsieur Ouattara sont arrivés sur Abidjan.

En avançant délibérément une telle contre-vérité, Monsieur Ouattara tente plutôt de justifier auprès de son bailleur de fonds, la France, l’utilisation des fonds d’urgence reçus à la suite de son installation au pouvoir. Il semble craindre, à juste titre, un audit, par les nouvelles autorités françaises de l’usage de ces fonds surtout que le gouvernement sortant aurait déjà engagé une mission de contrôle au niveau du cabinet du Premier Ministre, François Fillon. Cette grave contre-vérité a le mérite de nous donner raison lorsque que nous avons demandé un audit de ces prêts dans l’intérêt du contribuable français et ivoirien. En effet, la précipitation et l’opacité qui ont entouré ce prêt nous faisaient craindre qu’il fût soit utilisé pour payer les nombreux mercenaires recrutés par M. Ouattara pour faire sa guerre, soit retourné en France sous forme de rétro-commissions à la veille d’une année électorale. Plus que jamais cette demande demeure d’actualité après les propos tenus par le Chef de l’Etat ivoirien.

2/ Monsieur Ouattara s’est dit satisfait d’avoir fait transférer le président Gbagbo à la CPI, au motif qu’en tant que « Chef des Armées » il était « responsable de plus de 3000 morts » pendant la crise post-électorale. Cette affirmation est fausse quant à l’imputabilité des trois « milles morts » (chiffres jamais étayés par une preuve ou un début de preuve), au Président Laurent GBAGBO a néanmoins, le mérite également de ressortir au grand jour une évidence que l’on tente maladroitement de nier.

Pendant la crise post-électorale le président GBAGBO, constitutionnellement déclaré élu, a dû défendre la souveraineté de la Côte d’Ivoire tout en ne cessant pas d’appeler à la raison pour régler pacifiquement ce qui n’aurait jamais du être autre chose qu’un contentieux électoral.

Dans le même temps, Monsieur Ouattara, avec l’aide de puissances étrangères et au mépris des lois internationales (embargo sur les armes, par exemple), a levé une véritable armée privée, dont il a dit prendre la tête le 17 mars 2011, par « ordonnance présidentielle » depuis l’Hôtel du Golf à Abidjan. C’est cette armée qui a commis les pires exactions, en particulier dans l’Ouest du pays où fut perpétré le massacre de Duékoué (plus de 1000 personnes assassinées en une seule journée). De même il est de notoriété publique aujourd’hui, de l’aveu même de ses soldats, que Monsieur Ouattara était l’auteur principal de la tentative de Coup d’Etat du 19 septembre 2002 qui s’est transformée en rébellion armée. Cette rébellion est à l’origine de la situation actuelle en Côte d’Ivoire et porte la responsabilité de milliers de morts, blessés et disparus, de 2002 à aujourd’hui.

Dans ces conditions la véritable place de Monsieur Ouattara est à la CPI, en lieu et place du président Laurent Gbagbo.

Plus d’un an après la rupture de l’Ordre Constitutionnel en Côte d’Ivoire par des forces étrangères, le pays est toujours dans l’instabilité politique, économique et sociale et le « régime » de Monsieur Ouattara montre ses vraies limites.

Les Droits de l’Homme sont quotidiennement bafoués, les libertés publiques menacées et les dirigeants actuels ne montrent aucun signe de bonne volonté pour amener le pays dans la voie de l’apaisement, du dialogue et de la réconciliation.

C’est tout le combat politique du président Gbagbo qui lutte depuis des décennies pour que la Côte d’Ivoire se développe dans le respect de l’ordre démocratique sans lequel aucune société ne peut prospérer.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire et l’Afrique ont besoin, plus que jamais, de la sagesse du président Gbagbo. C’est ce que les autorités des « grandes puissances » doivent rapidement reconnaitre. L’injustice faite au Peuple ivoirien et au Président GBAGBO ne peut continuellement prospérer.

 

Pour le Porte-parole du Président Laurent Gbagbo,

Le Ministre Lazare KOFFI KOFFI

 

Rapporté par Fan-club Justin Katinan Koné


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

samedi, 31 décembre 2011

KONE KATINAN: «JE VOUDRAIS AU NOM DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO VOUS SOUHAITER UNE TRES BONNE ANNEE 2012!»

 

 

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Ivoiriens, ivoiriennes, chers compatriotes, chers habitants de la Côte d'Ivoire,


Je voudrais au nom du Président Laurent GBAGBO vous souhaiter une très bonne année 2012. En son nom je formule le vœu que cette nouvelle année qui commence soit meilleure à celle qui s'achève.

En effet, c'est peu de dire que l'année 2011 aura été une année particulièrement éprouvante pour notre pays. Les blessures profondes visibles de nos corps et celles non visibles de nos cœurs témoignent de l'extrême traumatisme que nous avons connu au cours de l'année qui s'écoule. Il reste indéniable que cette année-là marque une étape importante de l'Histoire de notre pays en ce qu'elle nourrit tous les questionnements de notre devenir en tant que peuple appelé à participer à la construction de l'humanité. Sous quelque angle où l'on la consulte, l'année 2011 n'aura apporté que désolation au peuple ivoirien. La contre-valeur en gain de la douleur subie reste très marginale. Le bilan reste donc très négatif à tout point de vue.

Sur le Plan politique, après Décembre 1999, la Côte d'Ivoire a enregistré au cours de l'année écoulée une deuxième rupture de l'ordre constitutionnel. En effet, le 11 Avril 2011, le Président de la République investi comme tel par le Conseil Constitutionnel qui l'avait déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 28 Novembre 2010 a été renversé par l'armée française placée à l'avant-poste d'une armée de mercenaires spécialement recrutés à cette fin. Contre cette armée étrangère les forces de défense et de sécurité toutes unités confondues ont défendu avec honneur et bravoure la République et l'ordre constitutionnel. Le Président Laurent GBAGBO continue de leur exprimer sa profonde estime pour leur sens élevé du patriotisme. Pour ceux des nôtres qui l'ont combattu sans en mesurer les conséquences sur la patrie et la souveraineté de notre peuple, le Président Laurent GBAGBO les rassure de son pardon. Le Président Laurent GBAGBO a été renversé et détenu arbitrairement à Korhogo pendant six mois dans des conditions que lui-même a décrites le 5 décembre dernier suivi de sa déportation à la Haye. Cette rupture de l'ordre constitutionnel est l'accomplissement d'un long processus de dégénérescence de l'Etat et de mise à mort symétrique des valeurs qui le sous-tendent entamées depuis le 19 septembre 2002.

Ce n'est donc pas un fait accidentel. Ce processus procède d'une logique portée par un certain ordre mondial pervers qui perturbe l'échelle des valeurs de toute la planète. Le code d'honneur de l'action politique n'existe plus. L'Etat tel que nous l'avons connu et aimé semble vivre ses derniers moments. Les grandes valeurs que l'Humanité a drainées dans son évolution tombent sous le coup de la censure. La patrie, la souveraineté, l'Etat, la Nation, le Peuple sont devenus des termes hérétiques dans la nouvelle « religion » qui oriente notre monde. La mondialisation en tant que vecteur de rapprochement des peuples unis par le même destin se corrompt chaque jour davantage. Pourtant elle constitue une belle occasion pour l'humanité de réaffirmer son unité dans sa diversité. La prise en otage de ce mouvement salutaire pour l'Homme par une minorité manipulatrice en assombrit les horizons pourtant prometteurs. La Côte d'Ivoire, notre pays en a été le champ d'expérimentation en 2011.

C'est pourquoi il nous faut faire une lecture sereine et profonde des évènements politiques de 2011. La bonne lecture que nous ferons de ces évènements permettra d'ajuster notre détermination et de rationnaliser nos efforts pour mener ce combat qui s'annonce vital pour nous. Il faut que nous ayons une claire vision de la logique implacable de notre monde. L'arrestation du Président Laurent GBAGBO et de tous les hauts cadres qui lui sont proches politiquement ou administrativement ainsi que l'exil forcé des autres rentrent dans un schéma de déréglementation d'un ordre devenu gênant pour une coterie de personnes dont la cupidité n'a d'égal que leur égocentrisme démesuré. Toutes les dimensions de notre communauté humaine à l'échelle planétaire sont entrain d'être soumises aux dictats de cette coterie. C'est pourquoi un esprit rationnel ne peut comprendre ce qui se passe dans notre pays. Une élection fut-elle présidentielle qui reste avant tout une affaire domestique à chaque Etat ne peut donner lieu à autant de désolation. La déportation du Président Laurent GBAGBO dans une prison à la Haye est certainement la plus grande injustice de notre jeune Histoire. Mais elle nous offre en même temps la formidable occasion de démontrer au monde notre détermination à nous battre pour garder la maîtrise de notre destin et celui de tous les peuples enchaînés. C'est le défi majeur que nous devons relever pour l'année 2012. La grande chaine de solidarité qui se dresse autour du Président Laurent GBAGBO à travers le monde traduit la justesse de son combat dont la cause transcende les seules frontières ivoiriennes. L'adhésion massive des ivoiriens au boycott lancé par le FPI et le CNRD nous donne de bonnes raisons d'espérer sur l'issue favorable de notre combat.

Nous osons croire que chacun a pu tirer objectivement les leçons de ce faible taux de participation jamais enregistré par une élection dans notre pays. Il est constant que dans la marche de l'humanité que chaque cause soit incarnée par un homme. Le Président Laurent GBAGBO incarne celle qui sous-tend le combat que nous menons. Notre liberté, notre dignité sont portées par lui et le peuple le lui rend bien aussi bien en Côte d'Ivoire que partout ailleurs. Il me semble opportun que chaque acteur de la vie politique de quelque bord qu'il se situe ait pu tirer leçon du message du peuple ivoirien. Le peuple a voulu tout simplement nous rappeler que le dialogue politique qui doit déboucher sur la réconciliation ne peut exclure en aucun cas le Président Laurent GBAGBO. Le peuple ivoirien a voulu également rappeler qu'il reste encore en attente des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Jaloux de ses prérogatives, le peuple a crié son indignation face à la communauté internationale qui l'a spolié avec violence de son droit de vote.

La révolte silencieuse du peuple ce 11 décembre 2011 s'inscrit dans la mobilisation générale qui s'observe à travers le monde autour de la question essentielle de qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Je voudrais à ce niveau de mes propos, au nom du Président GBAGBO, remercier solennellement toutes ces nombreuses personnes qui se dressent chaque jour en Côte d'Ivoire, en Afrique, en Europe, en Amérique sans distinction de race pour soutenir le combat du Président Laurent GBAGBO. Je les invite à demeurer dans la posture du combattant permanent : « aller jusqu'au bout », aller jusqu'à ce que justice soit rendue. Il est bon de savoir que le Président Laurent GBAGBO est en prison avec toutes les restrictions que cela comporte. Il faut se garder de se laisser endormir par la rhétorique selon laquelle, il est dans de bonnes conditions à la Haye. Les conditions sont aussi drastiques que partout ailleurs dans les prisons. Seule notre mobilisation reste le gage de la restauration de la dignité du Président Laurent GBAGBO qui est également la nôtre. Le coup d'Etat du 11 avril 2011 a été perçu comme onde de choc qui a impacté négativement la cohésion sociale.

En effet, sur le plan social, le Président Laurent GBAGBO a posé les bases d'une intégration sociale solide. Cette intégration sociale s'est ressentie dans l'Administration et dans l'armée, les creusets de notre identité nationale. L'attachement du Président Laurent GBAGBO à la République a guidé son action sur le plan social. Dans un pays coupé en deux, l'Etat sous le Président Laurent GBAGBO a respecté tous ses engagements vis-à-vis de ses citoyens sans distinction d'ethnie, de religion ou d'opinion politique. Vu sous cet angle, depuis le 11 Avril 2011, la Côte d'Ivoire fait de graves pas en arrière. La cohésion sociale s'est rompue. Les multiples licenciements qui ressemblent plus à des règlements de comptes politiques sont les derniers coups qui portent l'estocade à la famille déjà affaiblie par les emprisonnements arbitraires, l'exil forcé et la rétention illégale des moyens de subsistance par un Etat qui a tourné définitivement le dos au droit. Faut-il le rappeler, la famille constitue la fondation sur laquelle se construit la cohésion sociale. Les meurtres et les assassinats qui se perpétuent rapprochent malheureusement notre pays d'une déflagration sociale plus importante. C'est pour prévenir un chaos généralisé que nous devons nous battre pour sauver notre République et notre Nation en 2012. Nous ne pouvons les abandonner à l'aventure. Pour se faire, le débat politique doit s'ouvrir impérativement en Côte d'Ivoire. Un débat inclusif qui suppose l'élargissement de tous les détenus civils et militaires, le retour des exilés, la fin des tueries.

Toujours au niveau social, la fermeture prolongée de l'université place dans une situation stressante les étudiants et leurs parents notamment les plus démunis. Ce sont au total plusieurs dizaines de milliers d'étudiants issus de trois promotions de terminale qui s'interrogent sur leur avenir. L'école est devenue un droit censitaire là où le Président Laurent GBAGBO l'avait rendu gratuit. En décidant de maintenir l'université fermée contre tout bon sens, la République abandonne ses propres enfants et avec eux son propre avenir. La Côte d'Ivoire n'a jamais connu pareille situation de toute son Histoire. Deux raisons majeures expliquent le drame de l'université ivoirienne. La phobie ressentie par le Gouvernement de la contestation estudiantine inhérente à toute société démocratique, mais surtout son souci de se faire des économies.

L'impact économique de la crise politique ivoirienne est multiforme. Sous le saupoudrage de quelques actions d'éclat se cache une véritable incapacité à tenir les engagements les plus élémentaires de l'Etat, malgré le retour à la politique de l'endettement exorbitant. Le Président Laurent GBAGBO a donné au monde entier de découvrir le génie de la Côte d'Ivoire qui malgré une conjoncture des plus difficiles a entrepris une vaste politique de désendettement sans pour autant compromettre les engagements de l'Etat vis-à-vis des citoyens. Les paysans ont eu droit à une juste rémunération du fruit de leur travail. Le kilogramme de cacao qui se négociait à 1200 F CFA, en 2010, est tombé à moins de 500 F après le 11 avril 2011. Les travailleurs du secteur public ont connu une amélioration de leur rémunération. Le budget arrêté par le Gouvernement AKE NGBO avait pris en compte l'amélioration du statut financier de plusieurs corps dont notamment les diplomates, les sages-femmes, etc, pour un coût budgétaire de l'ordre de 14 milliards de francs CFA. Les grands travaux d'urgence de la ville d'Abidjan notamment l'échangeur du carrefour de la Riviera II et la jonction de la 7ème Tranche et de la 8ème Tranche des II plateaux financés par la Banque mondiale se poursuivraient avec la construction sur fonds propres du troisième pont. La poursuite des travaux du Pont reliant Jacqueville au continent et la fin des travaux de l'autoroute du nord témoignent de l'engagement du Président Laurent GBAGBO de construire son pays en mobilisant le maximum de ressources intérieures. La déclaration obligatoire des biens des ministres avant leur entrée en mission exigée par le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre AKE NGBO constitue une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire et traduit la volonté du Président Laurent GBAGBO d'engager sans réserve la lutte contre la corruption.

Mesdames et Messieurs, chers compatriotes, la Côte d'Ivoire nous appelle. L'Afrique nous interroge et le monde entier nous regarde. Notre salut et notre destin sont plus que jamais dans nos mains. Nous avons le devoir devant notre propre Histoire de nous battre pour imposer le bon sens et la justice dans le débat politique en Côte d'Ivoire. Cela passe par la libération du Président Laurent GBAGBO et l'ouverture d'un vrai dialogue politique dans notre pays. C'est le minimum de considération que l'on doit aux électeurs ivoiriens qui ont réaffirmé leur choix du 28 novembre 2010 le 11 décembre dernier. Que la nouvelle année qui commence aide les nouveaux promoteurs de la démocratie à la baïonnette à comprendre que partout ailleurs dans le monde, seul le peuple souverain décide de son avenir en dehors de toute pression y compris celle des armes les plus puissantes. Le peuple ivoirien entend ne pas faire l'exception.


Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous, dans la paix vraie. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!


Pour le Président Laurent GBAGBO,

le Ministre KONE Katinan Justin


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE