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vendredi, 27 juillet 2012

HAUSSE DES FRAIS D'INSCRIPTION DANS LES UNIVERSITES PUBLIQUES: LES ETUDIANTS EN COLERE

 

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Cissé Bacongo et Asalfo en visite sur le chantier de l'université d'Abidjan Cocody

 

Une fois n'est pas coutume, même le quotidien "Le Patriote", pro-Ouattara invétéré, toujours solidaire dans le mal et authentique brûlot génocidaire, est obligé de le reconnaître: la hausse des frais d'inscription dans les universités publiques est excessive et inacceptable. Il titre ce matin, en Une: "Universités: Tollé généralisé sur les nouveaux frais de scolarité trop élevés", et nous propose ce panel qui expose l'avis d'étudiants mécontents d'une décision anachronique et impopulaire (c'est en tout cas le moins qu'on puisse dire) dans cet article titré: "Hausse des frais d'inscription dans les universités publiques: les étudiants en colère". Où sont donc passées les pluies de milliards qui devaient épargner le petit peuple de ses mesures injustes et appauvrissantes et où sont les fameuses solutions brandies pendant la campagne présidentielle? Ouattara, c'est vraiment une désolation. Bonne lecture!

 

Après l’annonce des nouveaux frais d’inscription, nous avons rencontré des étudiants au Centre Ivoirien de Recherche Economique et Social (Cires), situé à Cocody, pour recueillir leurs avis. 

 

1- Aurelie Amani, 

Etudiante en maitrise de sociologie

“Ça sera difficile de faire de longues études”

« Les étudiants qui sont dans les universités publiques ont pour la plupart des parents qui n’ont pas les moyens. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui se prennent pratiquement en charge. La scolarité qui passe de 6.000 FCFA à 100.000 FCFA c’est trop ! Nous qui sommes en maîtrise, nous devons payer 200.000 FCFA. Ça sera difficile pour nous de faire de longues études si on doit payer 300.000 FCFA chaque année. Le comble, c’est qu’on n’est même pas sûr d’avoir du boulot. Il faut que le gouvernement diminue les frais d’inscription pour nous encourager à continuer nos études.


2- Amont Venance

Etudiant en licence d’histoire :

«La rentrée risque d’être menacée»

« J’estime que le coût est trop élevé pour les étudiants. Si l’Etat pouvait faire un effort de revoir les coûts, je pense que cela serait avantageux pour nous. Avant, il était même difficile pour les étudiants de s’acquitter de leur scolarité qui était à 6.000 FCFA , à plus forte raison 100.000 FCFA. Il faut que le gouvernement se concerte encore sinon la rentrée universitaire risque d’être menacée. 


3- Akoué Marcel

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«Pourquoi à quelques semaines de la rentrée !» 

« J’ai été surpris par cette nouvelle parce qu’aujourd’hui tout le monde sait comment les choses évoluent. Les temps sont très difficiles actuellement et tout est cher. Quand on vient ajouter cela à nos problèmes, on ne sait plus comment faire. Sincèrement, je ne pense pas avoir 200.000 FCFA pour la rentrée prochaine. J’ai perdu mon père depuis que j’étais en classe de 4ème, ma mère ne travaille pas. C’est mon grand-frère qui payait mes inscriptions jusque-là. Actuellement, il est trop occupé avec sa petite famille. Moi, je fais de petits "gombos" pour l’aider. Payer 200.000 FCFA pour m’inscrire à l’université, je ne pense pas y arriver. Ce que je déplore le plus, c’est que la décision soit tombée à quelques semaines de la rentrée. J’aurais souhaité qu’on nous le dise depuis l’année dernière pour qu’on commence à prendre nos dispositions. Il faut que le gouvernement revoie cette décision, sinon nous risquons de ne pas aller à l’université cette année.


4- Atsain Atsain Moïse

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«C’est un suicide»

« Je suis vraiment sidéré. Je suis toujours sous le choc. C’est un vrai suicide. Comment comprendre qu’un étudiant qui avait déjà du mal à payer 6.000 FCFA comme frais d’inscription puisse payer 200.000 FCFA. J’étais heureux quand j’ai appris que la rentrée universitaire était fixée au 3 Septembre. Mais cette nouvelle vient briser mon rêve. Le Président Ouattara dit qu’il comprend nos problèmes mais je ne comprends pas pourquoi nous faire payer 100.000 FCFA, 200.000 FCFA et 300.000 FCFA comme frais d’inscription. D’autant plus que nous n’exerçons aucun métier. Nous, enfants de pauvres, comment pouvons-nous, nous en sortir dans ces conditions. Moi mes parents sont tous au village et nous sommes quatre étudiants. Ils arrivent à peine à manger. Moi, j’ai commencé à me prendre en charge depuis ma première année à l’université. J’ai toujours fait des petits métiers pour y parvenir. Mais trouver 200.000 FCFA à moins de deux mois de la rentrée, c’est quasiment impossible pour moi. Et si ça continue comme ça, il y aura à peine 500 étudiants à la rentrée. Ils disent que d’autres étudiants payent 1 million FCFA dans des universités privées. Mais, eux ils en ont les moyens. C’est parce que nous n’avons pas les moyens que nous sommes dans une université publique. »


5- Blé Guissi Maxime

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«Cela s’apparente à un génocide intellectuel»

« Les étudiants sont tombés des nues. A l’annonce de cette décision, nous avons été tous indignés. Cette décision s’apparente plus à un génocide intellectuel qu’à autre chose. Je voudrais en appeler au bon sens de nos dirigeants académiques afin qu’ils revoient les coûts à la baisse. Surtout que le Chef de l’Etat lui-même s’évertue à dire aux Ivoiriens qu’il comprend leurs souffrances et leur impatience et que le Premier ministre demande une trêve sociale. Ce n’est pas le moment de venir dire aux étudiants de payer des sommes faramineuses. Là où l’étudiant n’a même pas 6.000 FCFA pour s’inscrire. Renseignez vous aujourd’hui à l’université. il y a des étudiants qui ont des scolarités de deux à trois années impayées. Je pense que c’est un suicide collectif et un vrai génocide intellectuel. La rentrée est totalement menacée avec cette nouvelle parce que nous ne nous sentons pas concernés par ces prix-là. C’est vrai que le ministre Cissé Bacongo a dit que les universités sont autonomes et qu’on leur doit cette autonomie. Mais je pense qu’avant de prendre une décision, il faut quand même consulter les étudiants et les parents d’élèves. Nous en tant qu’étudiants nous ne nous reconnaissons pas dans cette décision. Nous allons faire une doléance au Président de la République dès son retour pour qu’il nous aide dans ce sens. Parce que la crise post-électorale a déjà causé plusieurs chômeurs et de nombreux bandits sont dans nos rues. Il n’est pas question que les étudiants viennent grossir ces rangs par faute de moyens.

 

Réalisé par Soumba O. (Stagiaire), in le quotidien ivoirien pro-Ouattara "Le Patriote", du vendredi 27 juillet 2012.

 

Source: Le blog de Benoît Boéhi