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mardi, 04 juin 2013

CPI - BERNARD HOUDIN: «TROP, C'EST TROP!»

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Ce lundi 3 juin 2013 la Chambre Préliminaire I de la Cour pénale Internationale (CPI) devait rendre sa décision de confirmation ou d’infirmation des charges que le procureur de la CPI voulait faire peser sur le président Laurent Gbagbo. Cette décision devait clôturer un premier cycle judiciaire qui avait débuté le 3 octobre 2011 avec le lancement d’une procédure contre le président Gbagbo pour, en particulier, «crimes contre l’humanité» et «violences sexuelles», ce qui avait conduit, dès le 29 novembre 2011, à son transfèrement de Korhogo à La Haye.

Depuis cette date la procédure de la CPI s’est déroulée rigoureusement:

-5 décembre 2011: Audience d’identification (au cours de laquelle, d’ailleurs, le président à pris date devant les uns et les autres: «nous irons jusqu’au bout»!),

-18 juin 2012: premier report de l’Audience de confirmation des charges,

-13 août 2012: deuxième report de l’Audience de confirmation des charges,

-19 au 28 février 2013: Audience de confirmation qui s’est déroulée sur huit séances,

-31 mars 2013: date limite de dépôt des dernières observations écrites.

La décision des juges de la Chambre Préliminaire I devant être rendue dans les soixante jours, la date du 3 juin 2013 était donc une date butoir attendue par tous dans la crainte ou l’espérance. Pour notre part, spectateur attentif des audiences de février, il était clair que le dossier juridique étant vide, comme l’avait magistralement démontré la défense du président, toute décision de confirmation des charges ne pourrait qu’être le signe d’une position politique qui serait intenable à terme au regard de la situation que cela créerait dans un avenir proche en Côte d’Ivoire.

En effet, tout au long des débats de février l’accusation qui avait, dès l’ouverture de la première séance, déclaré haut et fort détenir tous les éléments permettant la confirmation des charges pesant sur le président Gbagbo, avait décrit minutieusement sa théorie du «Plan Commun» qui faisait du président «un coupable évident». Cette «démonstration» ayant été systématiquement mise en pièce par la défense, il restait aux juges à dire le Droit ou a se révéler comme les supplétifs d’un Ordre politique obscur. Dans l’un ou l’autre cas la décision des juges aurait permis de clarifier les choses: la CPI était, soit une Cour «indépendante», soit «une Chambre d’enregistrement» de certains pouvoirs à la volonté hégémonique.

La décision est tombée en cette fin de journée du 3 juin 2013, à la limite extrême du délai imparti, comme pour montrer à l’évidence l’irrésolution du tribunal. Après tout ce long processus, des mois d’enquêtes, des dizaines d’heures d’audience et plus de soixante jours de réflexion, la Cour, désunie par la position «dissidente» de sa présidente, au lieu de recaler le dossier vide du Procureur, lui offre une session de rattrapage (décidément, avec le «rattrapage ethnique» d’ADO, cela commence à faire beaucoup!).

J’ai lu attentivement les dizaines de pages de la Décision et de l’Annexe présentant la position dissidente de Madame de Gurmendi. Je laisse le soin à notre défense d’analyser et de tirer toutes les conséquences qui s’imposent sur le plan juridique mais je pense, et cela sera sans doute le cas de millions de personnes, sur le continent africain d’abord, mais dans le reste du monde aussi, que trop, c’est trop!

Le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour défendre la démocratie. Il a été élu en 2000, après une période de transition militaire de sinistre mémoire pour les ivoiriens, il a dès son élection recherché le consensus national, il a été attaqué, en septembre 2002 par ceux-là même qui ont été imposés à la Côte d’Ivoire en avril 2011, il a subi toutes les épreuves physiques et morales de Korhogo à La Haye, il a montré au monde entier sa force de conviction et son sens du devoir, et voilà qu’au terme (!?) d’un douloureux processus où, malgré un acharnement du Procureur à la limite de la forfaiture (les vidéos kenyanes par exemple), une Cour de Justice est incapable de prendre une décision «juste» et perd son âme dans une démarche de fuite en avant, qui va s’avérer être une mortelle randonnée.

Après le camouflet du cas kenyan, avec l’élection d’Uhuru Kenyatta à la tête de son pays, après la position exprimée par les Chefs d’Etats africains au Cinquantenaire de l’Union Africaine, cette manœuvre dilatoire  va, sans doute, achever de discréditer la CPI (même si, formellement, le Statut de Rome prévoit l’éventualité d’une telle décision, son application dans le cas présent est singulièrement équivoque).

Ce 3 juin marque, pour tous les ivoiriens et ivoiriennes attachés à l’Etat de Droit et qui se battent, chacun avec ses moyens, pour un retour à la justice, à la paix sociale et au développement en Côte d’Ivoire, un tournant décisif dans cette lutte qui a pu paraitre souvent inégale et parfois déprimante. La victoire est au bout du chemin, elle est désormais possible. Pour cela il faut redoubler d’effort et de vigilance.

En effet comment, en quelques mois, l’accusation, qui se prévalait pendant l’Audience de février, d’un dossier «accablant», va-t-elle bien fournir les preuves qu’elle n’a pas su apporter en près de deux ans d’enquêtes? Par quel «miracle» le dossier du Procureur, qui s’est avéré être ce que nous dénoncions tous les jours, un copier-coller de rapports d’ONG et de coupures de presse sans valeur juridique, pourrait-il se muer en un document irréfutable?

Je peux en témoigner ici: le président Gbagbo n’a jamais douté car il mène un combat juste. Il m’a seulement souvent répété qu’il fallait être patient, lui qui, enfermé, devrait être le premier «impatient». Je mesure aujourd’hui, une fois encore, la justesse de son jugement et la rigueur de son engagement, qui est de ne jamais dévier de l’objectif dès lors qu’il a été identifié.

Il nous reste, à chacun d’entre nous, qui n’avons pas cessé de croire en l’avenir, à exiger la libération du président Gbagbo pour qu’il participe activement à la Réconciliation nationale et au Renouveau du pays. Il faut rendre le président Gbagbo à la Côte d’Ivoire et rendre aux ivoiriens et ivoiriennes le choix de leur destin dans un véritable processus démocratique.

Trop, c’est trop !

 

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

jeudi, 28 février 2013

LAURENT GBAGBO VA FAIRE UNE DECLARATION CE JOUR, 28 FEVRIER 2013

 

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Laurent Gbagbo va faire une déclaration le 28 février 2013


L’information selon laquelle Laurent Gbagbo s’exprimera le 28 février est relayée par plusieurs sources, mais aucune précision n’a pour le moment été donnée quant au contenu. 

Notons ainsi que le 28 février cette audience de confirmation des charges, devra se conclure par une déclaration de Gbagbo. Puis ce sera aux juges d'examiner si les éléments de preuve rassemblés par l'accusation sont suffisamment solides pour permettre, plus tard, la tenue d'un procès. 

Cette affaire reste capitale, car Gbagbo joue sa tête, et la justice internationale, sa crédibilité d’autant plus que dix ans après sa mise sur pied, la CPI n’a condamné que Thomas Lubanga, un chef de milice congolais, à 14 ans de prison.


 Source: AFRIK53.COM
 
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CPI : Fatou Bensouda, la fugitive!


Manifestement, Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale,se débrouille pour être désormais absente à toutes les audiences dans le cadre de l’affaire qui l’oppose au président Gbagbo. Après son «show» de départ, bilingue et hypermédiatisé, elle a disparu des écrans radars, ses adjoints plaidant ses nombreuses occupations. Curieux!


D’autant plus curieux que «l’affaire Gbagbo» est la plus importante de celles qui sont actuellement examinées par la CPI. La politesse élémentaire aurait voulu que Fatou Bensouda soit présente,d’autant plus que la juge Silvia Fernandez de Gurmendi a demandé – et obtenu – que Laurent Gbagbo, en dépit de son âge avancé et de son état de santé, participe à toutes les sessions. 

Quelles sont donc les obligations qui tiennent Fatou Bensouda éloignée de la Cour? Eh bien, hier matin (Mardi), elle était l’invitée péciale de l’université de Trento, en Italie, où elle fera son autopromotion au cours d’une sorte de «discours inaugural» qu’on imagine bien plus confortable qu’une audience contradictoire, technique et peut-être ,au fond, ennuyeuse pour la magistrate gambienne! 

Cette «stratégie de la fugitive» est-elle vraiment sérieuse ? Fatou Bensouda veut-elle, par son absence, envoyer un message subliminal à la Cour sur ce qui pourrait être un refus non énoncé d’assumer ses propres accusations, défendues dans le prétoire par le Canadien Eric MacDonald, qui apparaît comme le «vrai propriétaire du dossier» ? Son attitude accrédite en tout cas la thèse selon laquelle elle n’est qu’une «potiche noire» visant à désamorcer les critiques selon lesquelles la CPI est un tribunal de Blancs créé par l’Occident pour prévenir et punir toute indocilité africaine. 


Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: AFRIK53.COM

mardi, 27 novembre 2012

POURQUOI MME SIMONE EHIVET GBAGBO NE SERA PAS VENDUE A LA CPI COMME CE FUT LE CAS DE SON EPOUX, LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

 

SIMONE ET LAURENT GBAGBO 3.jpg

 
Pour comprendre les raisons, nous avons contacté le stratégiste, Luc Banemeck. 


AfrohistoramaNews : Vous avez envoyé un e-mail à notre rédaction pour nous dire que vous pensez que Madame Simone E. Gbagbo ne sera pas livrée à La CPI? Quelles sont les raisons qui vous permettent de l’affirmer? 

Luc Banemeck : Je ne l’affirme pas, je ne suis pas dans le secret des «satans», je procède par analyse géostratégique. En 2012, un événement majeur a eu lieu sur le continent et c’est ce dernier qui me permet d’y croire et non l’affirmer. 
 
AfrohistoramaNews : Quel est cet événement? 

Luc Banemeck : Le départ du françafricain Jean Ping de la présidence de la commission de l’Union Africaine et l’arrivée de Madame Dlamini Zuma qui a des idées progressistes et panafricanistes [LIRE LA DECLARATION DE MADAME ZUMA]. 
 
AfrohistoramaNews : Pourquoi beaucoup d’Africains n’ont pas pris la mesure de ce changement? 
 
Luc Banemeck : Parce que les Africains sont servis quotidiennement par l’intoxication médiatique des medias occidentaux et leurs auxiliaires africains. 

Aujourd’hui avec cette affaire de madame Gbagbo, Je crois que l’on assistera à un affrontement entre deux africaines. 
 
La Procureur d’origine gambienne Mme Bensouda complètement acquise aux intérêts de l’Occident en Afrique, et la présidente de la commission de l’Union Africaine d’origine Sud-africaine (Azanienne) Mme Dlamini Zuma acquise aux intérêts de l’Afrique. 
 
Madame Dlamani Zuma dans une intervention, nous dit clairement que dans les textes constitutifs de l’Union Africaine il n’est inscrit nulle part qu’on doit livrer les Africains à la CPI. 

Ce qui veut dire en d’autres termes, d’une part que les Africains qui y sont, ont été illégalement livrés et y sont illégalement détenus. Surtout sous sa présidence, elle n’approuvera pas de tels actes qu’elle considère anti africaines. 
 
Le droit n’a pas été respecté. Maintenant que je suis présidente de l’U.A, il le sera. 

AfrohistoramaNews : Et si les représentants occidentaux de la Côte d’ivoire passaient outre les textes de l’Union Africaine comme ils l’ont fait par le passé, qu’adviendra-t-il?côte d'ivoire,POURQUOI MME SIMONEéHIVET GBAGBO NE SERA PAS VENDU A LA CPI,LE CAS gbagbo, LE PRéSIDENT LAURENT GBAGBO
Luc Banemeck

Luc Banemeck : Si Mr Jean Ping a perdu les élections face à madame Zuma, il faut tenir compte de l’avis des présidents françafricains, ses suppos naturels qui n’ont pas apprécié sa gestion de la guerre en Côte d’Ivoire et en Libye. Justement parce qu’ils pas officieusement accepté la livraison du président Gbagbo. 

Je crois que les représentants de l’occident en Côte d’Ivoire, ne sont pas aussi bêtes que certains pourraient le croire. Avant d’engager une telle épreuve de force, ils devront s’assurer d’un soutient absolu de leurs mentors, qui ne souhaitent pas pour aujourd’hui engager une épreuve de force avec madame Zuma et indirectement avec l’Afrique du sud. La realpolitik imposerait donc des arguties du genre, la justice ivoirienne est indépendante et compétente. 

Souvenez-vous des déclarations du président Laurent Gbagbo avant le coup d’état qui l’avait évincé du pouvoir en 2011. 
 
«Lorsqu’on est dans une réunion de l’Union Africaine, on a souvent l’impression d’être dans les couloirs de l’Union Européenne où l’on rencontre des tas d’espions venu défendre les intérêts de l’Europe. C’était sous Jean Ping un Françafricain». 
 
Or Que dit madame Dlamani Zuma lors d’un banquet en son honneur il y a quelques mois? 

Elle dit ceci: «Je ne comprends pas comment des africains ont accepté le financement extérieur de l’institution unitaire sur des postes stratégiques engageant l’avenir du continent» [LIRE]. 
 
Vous pouvez donc comprendre que madame Dlamini Zuma ne veut pas être une marionnette aux mains de qui que ce soit. 
 
Si les représentants de l’union occidentale en Côte d’Ivoire passent outre sa mise en garde, ils engageront un conflit avec elle, donc indirectement avec la commission de l’Union Africaine. 

C’est la raison pour laquelle, les occidentaux veulent agir avec la CEDEAO plutôt que l’Union Africaine. Or la CEDEAO ne peut pas être au-dessus de l’Union. 

Madame Zuma saura faire valoir le droit au moment opportun. J’en suis sûr. Il y va de sa crédibilité et de la crédibilisation de l’institution et de son pays membre des BRICS. 
 
A suivre… 
 
 
 
Interview réalisé par Jean Ayi.


Source: AFRIK53.COM

jeudi, 01 mars 2012

ELLE ETAIT AVEC LUI A KORHOGO DEUX JOURS AVANT SON TRANSFEREMENT – LES CONFIDENCES D’UNE AVOCATE DE GBAGBO

 

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Lucie Bourthoumieux est l'une des avocates du président Laurent Gbagbo. Elle est dans son sillage depuis une dizaine d'années. De passage à Yaoundé, cette femme de droit exerçant en France mais d'origine camerounaise nous a accordé un entretien où elle s'exprime sans détours sur de nombreux sujets. Notamment les derniers jours de Gbagbo à Korhogo et les intrigues liées à son transfèrement à La Haye. Un transfèrement qui nous ramène, selon elle, "à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître."

Comment êtes-vous devenue une des avocates du président Laurent Gbagbo ?

J'ai eu l'extrême honneur de conseiller le président Laurent Gbagbo depuis 2001 à travers un domaine qui est le mien à savoir le droit international des affaires. A l'époque j'avais été approchée par un de ses conseillers car le président, de retour d'une visite de Chine  où il avait visité la zone franche de nouvelles technologies de Fsé,  avait jugé utile d'en créer une pour la Côte d'Ivoire et pour la sous région ouest-africaine. Voilà comment est née la zone franche des nouvelles technologies et de la biotechnologie de Grand-Bassam. Je voulais dire sans m'en vanter que c'est moi qui ai ajouté le thème «biotechnologie» dans le projet. J'ai été honorée d'avoir collaboré avec le président Laurent Gbagbo sur ce projet qui est d'ailleurs l'une de mes satisfactions professionnelles d'autant plus que ce projet a fait l'objet d'une loi qui a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. J'ai donc contribué à la mise en place du VITIB, un projet cher au président Laurent Gbagbo.  J'ai apprécié au cours de l'élaboration de ce projet la dimension humaine du président qui voulait, à travers ce projet, rassembler tous les Ivoiriens. Et j'ai fortement apprécié ses paroles rassembleuses et d'homme de paix.

Vous êtes allés plusieurs fois à Korhogo, lorsqu'il y était détenu, faites-nous un bref résumé de vos rencontres.

Vous savez que je suis avocate donc tenue par le secret professionnel, vous comprenez que très humblement je ne peux m'étendre sur la nature et le contenu de nos échanges. Mais j'ai été impressionnée de voir un mois après les bombardements sur sa résidence, bombardements multiples et répétitifs subis avec sa famille dont un enfant de deux ans ainsi que ses collaborateurs, j'ai été surprise de voir un Laurent Gbagbo sans rancune et qui parlait de faire en sorte de créer des conditions d'une paix définitive en Côte d'Ivoire.

Pour vous, qu'est ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire ?

En Côte d'Ivoire, la charte des Nations Unies qui érige comme principe fondamental et inviolable la non-ingérence a été méprisée. Les Nations Unies ne sont pas formées de partis politiques mais d'Etats. Il y a eu donc ingérence en Côte d'Ivoire car la France et les Nations Unies se sont impliquées militairement dans le règlement d'une crise électorale, sapant par là la souveraineté de la Côte d'Ivoire. C'est le principe de non-ingérence qui a été enfreint par le représentant de l'ONU qui s'est arrogé le droit de se prononcer sur le résultat des  élections en Côte d'Ivoire avant le Conseil constitutionnel alors que ces élections ont été financées à plusieurs centaines de milliards par la Côte d'Ivoire elle-même. Pour en revenir au Conseil Constitutionnel dont la décision a été bafouée par la France, je rappelle qu'il est à quelques légères différences près le clone de son homologue français. On a donc piétiné la loi fondamentale ivoirienne en rejetant la décision du  Conseil constitutionnel, en faisant la guerre et en tuant 10 000 Ivoiriens là où le président Gbagbo demandait le recomptage des voix. La communauté internationale s'agrippe à des chiffres et non à des résultats car il n'y a pas eu de PV, ni de décomptes définitifs. Bakayoko Youssouf, de manière solitaire, a proclamé des résultats qui ne reflétaient pas la réalité : voilà ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire.

Abordons l'un des tournants de la crise ivoirienne à savoir la fameuse affaire des «femmes tuées à Abobo» qui fait toujours couler de l'encre, plusieurs mois après. Avez-vous des éléments là-dessus ?

Ces évènements resteront très importants dans la crise en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, les Africains et le monde entier ont besoin de savoir ce qui s'est réellement passé à Abobo. C'est pourquoi le Président Laurent Gbagbo a demandé une enquête internationale pour situer les responsabilités et la nature des crimes d'Abobo. C'est d'une extrême importance car figurez vous que ces crimes d'Abobo sont à l'origine de la résolution 1975 qui a permis aux Nations unies et surtout à la France de déclencher la guerre contre l'Etat ivoirien. Donc il est très important de savoir ce qui s'est réellement passé. Le président, par l'entremise de son porte-parole, le ministre Koné Katinan, a écrit au secrétaire général des Nations Unies un courrier dans ce sens. Nous savons qu'il en a accusé réception. Donc nous attendons la suite.

On vous sait observatrice avertie de la situation en Côte d'Ivoire, quelles sont selon vous les solutions pour une sortie de crise définitive ?

J'ai une lecture juridique de la situation qui n'épouse malheureusement pas la réalité du terrain. Il s'agit ici de savoir qu'une élection a eu lieu, il y a eu un vainqueur, le Président Laurent Gbagbo. Cela a été confirmé par le Conseil constitutionnel devant qui il a prêté serment et l'a investi. Ce même Conseil constitutionnel a rejeté la prétendue prestation de serment d'Alassane Ouattara qui lui a été signifiée par voie d'huissier. Par la suite le président Laurent Gbagbo a été renversé par une armée étrangère. On ne peut pas faire, comme le dit Laurent Gbagbo, l'économie de la vérité. Il faut qu'on sache pourquoi la communauté internationale a  falsifié  à ce point la réalité à la fois juridique et politique de la Côte d'Ivoire ! On doit le savoir par respect pour ces nombreux morts. Tant que cette vérité n'est pas sue, il n'y aura aucune solution juridique véritable. Maintenant, comme nous savons tous que cette crise est éminemment politique, son règlement doit donc se faire de cette manière. Il est donc évident que dans ce cas, il faut libérer le président Laurent Gbagbo et s'asseoir avec lui autour d'une table de négociation en vue de répondre au besoin légitime de vérité du peuple ivoirien.

Laurent Gbagbo est à La Haye. Vous étiez à Korhogo à la période de son transfèrement, dites nous comment cela s'est véritablement passé ?

J'ai vu le Président Laurent Gbagbo à Korhogo deux jours avant son transfèrement qui, en ce moment-là n'était pas d'actualité. Nous avons fait le point des missions qu'il m'a confiées et je suis repartie. Lorsque le 27 novembre, j'ai été alertée  qu'une chose de ce genre se préparait, j'ai joint la Commission des droits de l'homme de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui m'a rassurée que ce n'était pas d'actualité car si cela était le cas, ses cadres auraient été les premiers à en être informés.  Le responsable de cette commission avec qui j'ai discuté m'a rassurée en me disant que c'était impossible et que ce serait une violation flagrante des règles si d'aventure la Commission n'était pas prévenue du transfèrement. Grande fut ma surprise quand j'ai été informée, vers 13 heures, qu'un mandat venait d'être émis pour le transfert du Président.

J'ai tout de suite pensé à l'information que j'avais eue quelques jours plus tôt, selon laquelle Dominique Ouattara et son époux Alassane Ouattara s'impliquaient  personnellement à fond dans le transfèrement du président. Au mépris des avis de plusieurs chefs d'Etat africains, d'anciens chefs d'Etat africains, d'autorités politiques et religieuses que nous avons rencontrées personnellement et qui  privilégiaient la voie du dialogue politique et s'opposaient fermement au transfèrement du Président Laurent Gbagbo. Ce transfert qui est plutôt pour moi une déportation est, comme le dit l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, une humiliation pour l'Afrique. Cela nous ramène à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître.

Quelle est la ligne de défense de Laurent Gbagbo aujourd'hui ?

Le président Laurent Gbagbo a déjà donné le ton lors de sa comparution devant la Cour le 5 Décembre 2011. Souvenez-vous de la dernière interview qu'il a accordée le 8 avril 2011 sous les bombes. Alors qu'on tentait de faire  croire qu'il avait abdiqué et reconnu la victoire d'Alassane Ouattra, il a dit en substance : «Je vous dis que j'ai gagné les élections. Le Conseil  Constitutionnel de mon pays l'a attesté. Mon adversaire et ses soutiens internationaux contestent cela, ce qui est absurde car les décisions du Conseil Constitutionnel sont irrévocables. Je demande qu'on recompte les voix.». Voilà la ligne de défense du Président, on y ajoutera qu'au lieu de recompter les voix, on a préféré compter les morts en envoyant  une armée étrangère, à savoir celle de la France faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Sans déclaration de guerre officielle. A ce sujet je suis certaine que les vaillants officiers de l'armée française sont aujourd'hui dans leurs petits souliers, eux qui ont enfreint le code de l'honneur militaire en tirant dans le dos de la Côte d'Ivoire sans sommation ni déclaration. On s'est abrité derrière la résolution 1975 pour faire la guerre à un Etat alors que cette même résolution exigeait et exige toujours la neutralité des forces dites impartiales et la protection des civiles. Or il y a eu 10 000 morts qui sont la conséquence du mépris de Nicolas Sarkozy pour le peuple ivoirien.

Aujourd'hui que faites-vous exactement pour contribuer à sa libération, étant donné que ce n'est pas vous qui plaidez à La Haye ?

Ce dossier ivoirien a tellement de ramifications qu'il ne peut se contenter justes des codes de procédures conventionnelles. Il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte et souffrez que je n'en dise pas plus. Nous travaillons et nous avons l'entière confiance du président.

L'Union Européenne vient de dégeler les avoirs de plusieurs pro-Gbagbo, bonne nouvelle ?

Oui c'est une très bonne nouvelle. D'ailleurs j'avais reçu à mon cabinet la notification des conseils de l'Union Européenne et je me suis empressée d'annoncer la bonne nouvelle aux intéressés. C'est une décision administrative. Reste donc à savoir sur quels critères ces personnes ont été choisies car nous avons envoyé plusieurs requêtes et nous voulons savoir pourquoi un tri a été opéré.  Cela crédibiliserait l'Union Européenne de prendre en compte tous les prisonniers du régime Ouattara.


Propos recueillis par Marc Blanchard K. au Cameroun.


Source: LE NOUVEAU COURRIER