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mercredi, 21 octobre 2015

VOICI LA PLEINE PAGE DU CANDIDAT MAMADOU KOULIBALY CENSUREE PAR LE CNP

 

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Voici (ci-dessus) la pleine page du candidat Mamadou Koulibaly que le Conseil national de la presse (Cnp) a refusé d’autoriser pour l’espace dévolu au candidat de LIDER à la présidentielle de 2015 dans le média d’Etat Fraternité Matin.

Conformément à la loi (article 6 du décret 2015-620 du 9 septembre 2015) tous les candidats définitivement retenus par le Conseil constitutionnel bénéficient d’un égal accès aux organes officiels de presse écrite et audiovisuelle à compter de la date d’ouverture de la campagne électorale (9 octobre 2015). C’est dans ce cadre qu’un tirage au sort avait eu lieu au Cnp, qui avait déterminé l’ordre de parution des messages des candidats dans Fraternité Matin. La parution du Pr. Koulibaly a ainsi été programmée pour ce jour, mercredi 21 octobre 2015.

Au vu de la fraude massive mise en œuvre par le régime en place dans l’organisation du scrutin et du danger que cela implique pour les populations, encore traumatisées par la meurtrière crise post électorale de 2010, ayant (officiellement) causé plus de 3.000 morts, ainsi que d’innombrables vies humaines gâchées et familles détruites, le Pr. Mamadou Koulibaly a décidé d’axer sa campagne sur la nécessité de dire non aux élections truquées.

Les conditions démocratiques, transparentes, inclusives et équitables n’étant pas réunies pour garantir l’expression du suffrage et le calcul du consentement collectif dans notre pays, il encourage les Ivoiriens à choisir l’abstention et à ne pas se rendre dans les bureaux de vote dimanche prochain. La liste électorale qui exclut 3 millions d’électeurs ; la commission électorale inféodée au candidat Ouattara et dirigée par Youssouf Bakayoko, illégalement reconduit comme président pour un second mandat ; le bulletin de vote non conforme à la loi ; les médias de service public caporalisés qui censurent les opposants et se substituent aux institutions de la République ; les violations répétées du code électoral ; le financement opaque des partis politiques et candidats et le non désarmement des milices ne sont en effet pas de nature à permettre la tenue d’un scrutin apaisé.

Le Cnp a justifié son refus en prétextant que le candidat de LIDER devait « argumenter » les points listés dans son annonce.  « Il faut expliquer pourquoi vous dites que la liste électorale n’est pas inclusive, par exemple ». Ahurissant! D’autant que certains candidats peuvent faire paraître, sans problème et sans explications supplémentaires, des promesses virtuelles de changement ou d’émergence.

En procédant de la sorte, le Cnp sort complètement de son rôle, qui consiste à garantir le traitement égal des candidats. Une pratique généralisée dans les médias publics, puisque lundi 19 octobre, le directeur général de la radiotélévision ivoirienne (Rti), Ahmadou Bakayoko, s’est substitué au Conseil constitutionnel pour décréter le retrait du Pr. Koulibaly de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle de 2015, et pour annuler son passage prévu à l’émission en direct «Face aux électeurs».

Ceci vient étayer le constat fait par l’opinion de la panique qui a saisi le camp Ouattara face à l’ampleur du rejet des élections par les populations et qui s’est manifesté par le boycott massif du retrait des cartes d’électeurs (moins de 9% des cartes à la clôture du délai légal). Un abus de plus dans un océan de violations des lois, et des droits et libertés des citoyens et candidats. Ainsi va la Côte d’Ivoire émergente de M. Ouattara.

 

Source: LIDER-CI.ORG

samedi, 15 décembre 2012

MAMADOU KOULIBALY PERSISTE ET SIGNE: «SOUS OUATTARA, LA VIE EST DEVENUE PLUS DURE POUR LES IVOIRIENS»


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Au lendemain des annonces triomphalistes de financement de son plan national de développement par le chef de l’Etat, le président de LIDER a écrit une contribution remarquée, publiée par plusieurs médias (Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi[i], qui a mis à mal la communication gouvernementale.

 

Le Pr. Mamadou Koulibaly persiste et signe dans sa critique sans concession de la politique économique du régime Ouattara. A travers un éclairage pédagogique et fondé, en exclusivité pour L’Intelligent d’Abidjan, il revient en détails sur ses réserves au sujet du nouveau plan présidentiel, qui a pour vocation de remplacer le programme «Vivre ensemble» avec lequel Ouattara a été élu, mais qui s’est révélé totalement inefficace depuis deux ans.

 

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 Le plan d’Alassane Dramane Ouattara: Incohérences et incertitudes

 

Par Mamadou Koulibaly - L’Intelligent d’Abidjan - 14 décembre 2012

 

LORSQUE le Dr Alassane Dramane Ouattara et son gouvernement parlent, ils minimisent les problèmes quotidiens et institutionnels des populations ivoiriennes et maximisent les illusions qu’ils essayent de leur fourguer. Le président est connu pour cela, lui qui avait promis que dès son arrivée au pouvoir, la vie des Ivoiriens changerait en bien et qui, aujourd’hui, depuis son palais, se borne à promettre une prétendue émergence de la Côte d’Ivoire à l'horizon de 2020, sans que l’on ne voit les politiques qui vont y conduire. L’expression est, semble-t-il, consacrée et reprise par ses commentateurs d’ici et d’ailleurs. Malgré toutes ses promesses d’aujourd’hui comme celles d’hier, une question revient tout le temps et partout : Pourquoi la vie est-elle devenue si dure sous Ouattara, alors qu’il nous avait promis le bonheur ?

Les partisans du Dr Ouattara ne semblent pas eux-mêmes savoir que leur mentor leur vend du vent, eux qui se transforment en thuriféraires prêts pour la défense de son plan national de développement. On ne peut pas leur en vouloir. Mais il faut leur donner les instruments d’une meilleure compréhension du travail de leur président, pour que nous discutions avec eux sans injures, sans anathèmes et sans toutes ces choses et tous ces mots qui peuvent gâcher le fond des argumentaires. C’est à cet exercice qu’ils sont invités ici. 

En outre, il faut aussi leur donner les moyens de compréhension du plan de Ouattara, le PADO2, après le premier PADO présenté alors que l’actuel président de la République était Premier ministre du Président Houphouët-Boigny au début des années 1990. Lisons PADO2 comme "Plan Alassane Dramane Ouattara n°2".

D’abord, il s’agit d’un document théorique de planification du développement de la Côte d’Ivoire sur les quatre années 2012-2015. Ouattara essaye de faire de la théorie prospective pour montrer que dans ces quatre années, il fera triompher la Côte d’Ivoire. La théorie qu’il adopte est celle du "Triomphe de l’éléphant", du nom du scénario qu’il a choisi parmi plusieurs possibles et qu’il compte suivre. Que dit la théorie du ‘’Triomphe de l’éléphant’’ ?

Elle dit que sur les quatre années de son plan, le Dr Ouattara pense que la CI va se développer si lui arrive à y investir un total de près de 11.100 milliards environ de francs CFA. Et selon sa vue, chaque année, à partir de 2012, l’investissement devrait augmenter sans cesse jusqu'à atteindre ce niveau. Le Triomphe de l’éléphant, c’est d’abord de l’investissement à faire massivement dans le pays sans considération pour les conditions institutionnelles, politiques et sociales.

Ainsi se présente son plan théorique d’investissement en milliards de FCFA.

Année

2012

2013

2014

2015

Total

Investissements prévus

1521

2263

3130

4162

11.076

Apport de l’Etat

676

1000

1291

1612

4579

Apport du secteur privé

845

1263

1839

2550

6497

Ce sont ces volumes d’investissement qui sont théoriquement programmés dans le PADO2.

Les partisans du Dr Ouattara doivent savoir que cette théorie est d’autant plus fausse que rien qu’au commencement, en 2012, le président n’a pas pu collecter plus de 20% des sommes prévues. Mais il se contente de rassurer que cette situation constitue une bonne nouvelle pour nous. Et nous devons y croire. Dans des domaines prioritaires du PADO2, comme par exemple l’énergie, la mobilisation des fonds promis n’a même pas dépassée les 7%. Lorsque les choses commencent ainsi, il faut une bonne dose d’optimisme au-delà du maximum rationnel, pour croire que tout ira bien par la suite.

Ensuite, il faut savoir que cette théorie est insoutenable parce que dans sa démarche, tous les secteurs de l’économie sont décrétés comme étant prioritaires. On cite pêle-mêle les infrastructures et le transport comme prioritaires avec les plus grosses dépenses prévues, mais l’agriculture, l’industrie, les hydrocarbures, les mines, l’énergie sont elles aussi classées comme prioritaires. Et on dit aussi que l’éducation, la santé, l’habitat sont eux aussi prioritaires. Lorsque dans une théorie de la prospective, tous les secteurs deviennent prioritaires, il faut croire qu’il n’y a en réalité aucune priorité. On bricole dans le PADO2 contenu dans le PND.

Enfin, signalons quand même que les hypothèses sur lesquelles le Dr Ouattara construit sa théorie du PADO2 sont vraiment héroïques, malgré la faible mobilisation des ressources pour l’année 2012 achevée maintenant. La plus illusoire des hypothèses, celle qui doit semer le plus de doutes chez les défenseurs du PADO2, c’est que Ouattara espère réaliser des projets d’investissement de longue durée avec des financements qui ne sont disponibles que pour la courte période. Les ressources internes qu’il entend mobiliser par les moyens de l’Etat, dans le système financier actuel, sont des financements courts, des emprunts publics locaux ou du crédit à l’économie de notre système bancaire. Il faudrait être un bon prestidigitateur pour réussir ce tour de passe-passe : réaliser des projets rentables sur dix ans avec des crédits disponibles sur trois ans. Soit on accumule des arriérés des paiements, auquel cas les banquiers qui financent renoncent, les chantiers restent bloqués en cours de route et vous êtes poursuivi ; soit c’est du bluff. Dans ce dernier cas, aucun banquier ne suivra le projet à moins qu’il n’accepte d’augmenter dangereusement son portefeuille d’actifs pourris et compromis.

L’autre hypothèse de l’approche du PADO2, c’est que le Dr Ouattara pense obtenir ces énormes financements du secteur privé international, local et des bailleurs de fond de l’Union européenne, de la Banque mondiale et des autres partenaires qui acceptent théoriquement de le soutenir à des conditions concessionnelles, sans procéder à des passations transparentes de marchés. En effet, dans la tradition du Dr Ouattara, aussi bien hier avec le PADO1 dans les années 90 qu’aujourd’hui avec le PADO2, le défaut de transparence dans les engagements de l’Etat sur les contrats de concession dans le cadre de son partenariat avec le secteur privé est une marque de qualité. Or les règles communément acceptées par la communauté financière internationale sont la transparence dans les passations de marchés, les appels d’offres ouverts et inclusifs, les prix concurrentiels et non les prix de monopole et les contrats de gré à gré opaques. Le gros risque que court le PADO2 est que très rapidement, les partenaires qui à Paris ont fait, ce mois de décembre 2012, des propositions de financement ne se rendent compte que le système de Ouattara est corrompu, que les marchés sont passés dans l’opacité, qu’il n’y a aucune concurrence et que les incertitudes sur l’avenir ne sont pas probabilisables. Ils se rendront compte que le Dr Ouattara gouverne dans un univers chaotique dans lequel il n’y a pour règle que la loi de celui qui peut utiliser la machine de l’Etat pour se présenter comme le plus fort du moment et écraser tout sur son passage.

Et lorsqu’ils le découvriront, leurs engagements effectifs pourraient ne pas être à la hauteur de leurs promesses théoriques. Ils vont s’ajuster et renonceront à risquer leurs fonds dans le Triomphe de l’éléphant, qui leur apparaitra comme un triomphe à la Pyrrhus.

On devrait signaler aussi que pour un plan de développement, il n’y a aucun chiffrage précis des projets sectoriels annoncés dans le PADO2. Il n’y a aucune étude sérieuse des aspects techniques, financiers et économique des dépenses d’investissement annoncées. Il n’y a qu’un chapelet de projets qui se suivent avec des montants globaux, comme les enfants, et même certains adultes le font pour leurs cadeaux de fin d’année. "Père Noël, je veux une poupée et un ordinateur pour moi et un vélo pour mon frère". Et puis le soir de Noël, Santa Claus passe et comble les rêves.

Les incohérences du PADO2 vont même plus loin et considèrent dans leur projection de croissance théorique que les institutions fonctionnent bien ; que la paix est retrouvée ; que la sécurité est établie; que la réconciliation est acquise ; que la justice est fonctionnelle, efficace et guérie de toutes ses maladies ; que le racket des FRCI est supprimé ; que les surfacturations de projets sont dépassées etc. Nous sommes simplement priés de le croire. Mais si les supporters de Ouattara croient en toute cette théorie de la paix et de la cohésion nationale, les partenaires internationaux dont les financements sont sollicités ont du mal à y croire, malgré toutes les campagnes de communication et de séduction à leur endroit. Ils ont le sentiment que le PADO2 ne rompt pas avec les élections truquées, avec la mascarade de désarmement et avec les incompétences politiques notoires qu’ils observent ici et là.

Pour terminer, signalons tout de même qu’alors que la Côte d’Ivoire reste encore un pays essentiellement agricole et que le majorité des pauvres de notre pays vit dans le milieu rural et travaille directement la terre. Le PADO2 considère que la croissance économique doit être plus encouragée dans les secteurs secondaires et tertiaires, qui vont avoir des taux évoluant entre 11% et 14% par an, alors que l’agriculture ne pourra croître qu’entre des taux dérisoires de 0,9% en 2012 à des taux maximum de 6% environ en 2014. Pour le PADO2, le moteur de la croissance économique sera le tertiaire et le secondaire. Toutefois, le PADO2 ne nous explique pas comment faire pour obtenir la croissance dans ces deux secteurs si, entre-temps, le secteur primaire croît peu dans un pays où l’industrie et le commerce dépendent fortement et de façon décisive de l’agriculture, de l’agro industrie, du transport des produits agricoles et du financement du crédit agricole. Comment fera-t-on ?

Les incertitudes du PADO2 s’étendent dans le domaine de la gestion de la dette, de la monnaie et des finances internationales. Pour ne pas être plus long, il faut reconnaitre qu’après l’obtention du PPTE, qui est le fruit d’un effort collectif des Ivoiriens et non celui du génie du président de la République, notre pays reste devoir à nos créanciers près de 6.500 milliards de FCFA dont 4.000 pour les créanciers étrangers et 2.500 environ pour la dette intérieure.

Il faut savoir que déjà pour 2012, le PADO2 n’a pas été capable de rembourser cette dette, que nous terminons l’année avec des arriérés de près de 550 milliards et que notre dette totale nominale est à environ 50% de notre Produit Intérieur Brut (PIB). Notre dette est équivalente à la moitié de la richesse produite par notre pays. Comment faire pour triompher dans ces conditions, si le gouvernement est incapable de cultiver la confiance en son sein et la confiance entre lui et les opérateurs économiques et les populations ?

Cela signifie que pour cette fin d’année, le PADO2 doit encore énormément d’argent à des opérateurs économiques nationaux et étrangers et que le non paiement de nos dettes rend illusoires les investissements attendus. D’ailleurs, pour la petite histoire, au moment où nous célébrons les promesses de prêts de près de 1.500 milliards obtenues à Paris, il nous faut nous préparer à rembourser bien concrètement plus de 800 milliards de la dette interne et près de 200 milliards de la dette externe : c’est un total de 1.000 milliards. Cela n’est-il pas une bonne nouvelle pour la fin de l’année?

Oh! Comme la vie est dure sous le régime Ouattara, et pourtant ils veulent nous faire croire le contraire en nous intimidant, en nous bastonnant, en nous emprisonnant, en nous accusant de toutes sortes de crimes odieux. Mais rien ne nous détournera de l’observation minutieuse et de la critique méthodique des bricolages de ce gouvernement. Et à LIDER, en lieu et place des milliards illusoires, nous proposons des réformes institutionnelles, en priorité dans le domaine agricole et foncier, qui rendront les populations capables de réellement construire elles-mêmes leur bonheur. La liberté et la propriété privée des terres d’abord! Au lieu de l’économie d’endettement de Ouattara, nous proposons l’économie de libre marché.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER



[i] Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi, à lire sur:

http://lider-ci.org/index.php?option=com_content&view=article&id=166:economie-dendettement-et-emergence-mode-demploi&catid=37:actualites

 

Source: LIDER-CI.ORG

mardi, 11 décembre 2012

ECONOMIE D'ENDETTEMENT ET EMERGENCE: MODE D'EMPLOI

 

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Par Mamadou Koulibaly - LIDER - 11 décembre 2012


EN ARRIVANT à Paris pour la rencontre avec le groupe consultatif sur la mobilisation des ressources pour le financement de son plan de développement, le président Ouattara, le libéral, avait un programme d’investissement sur quatre ans (2012 / 2013 / 2014 / 2015).

Ce plan appelé Plan national de développement (Pnd) devrait lui coûter un peu plus de 11.000 milliards de francs CFA, à décaisser d’ici fin 2015 au moment des élections présidentielles.

Le Dr Ouattara est allé à Paris avec un chapelet de projets de dépenses à faire, et comme c’est la période festive, il a trouvé sur place un arbre de Noël et des Pères Noël qui lui ont promis le financement complet de son plan et même plus, semble-t-il.

Selon le premier ministre, la Banque Mondiale a pris l’engagement ferme de participer pour environ 500 milliards de francs CFA, de même pour la BAD et la Banque Islamique de Développement. Ces trois agences à elles seules couvrent 1.500 milliards de francs CFA. Les organisations du système des Nations Unies et les autres amis de la Côte d’Ivoire compléteront, aux dires de M. Kablan-Duncan.

Aucun problème en vue, donc, pour le gouvernement, dont 12 membres au moins avaient effectué le déplacement à cette cérémonie de la planification de l’aide publique au développement. Et le premier ministre de conclure: «Rien qu’avec les trois premières banques, nous couvrons les besoins». Ainsi, la Côte d’Ivoire sera émergente à l’horizon 2020, par la magie de l’aide et de la dette publiques.

Soit nous avons mal entendu le premier ministre, soit nous ne savons pas lire le contenu du Pnd. Mais 1.500 milliards de promesses pour un besoin exprimé de 11.000 milliards font à peine 13,6%. Et on dit que les besoins sont comblés ?

Il faut se rappeler que sur l’année 2012, le plan de Ouattara prévoyait un financement d’investissement à hauteur de 1.500 milliards environ et qu’il avait, à l’époque où le gouvernement était à l'hôtel du Golf, obtenu sans problème la promesse de financements et que par la suite, non seulement le gouvernement n’a pas pu mobiliser les ressources internes programmées, mais les promesses des financements extérieures sont restées lettres mortes du fait de la mauvaise gouvernance qui caractérise le régime de Ouattara.

Au-delà du caractère illusoire de ces plans de développement, nous restons admiratifs devant l’héroïsme de Ouattara qui a obtenu le Ppte sans en remplir les conditions, qui se fera financer son plan sans avoir une stratégie claire de développement et d’endettement, et qui vit depuis deux ans bientôt dans une ambiance de promotion de la violence, de l’insécurité et de l’impunité, érigées en mode de gouvernement. Tout cela avec les encouragements d’une communauté internationale qui ferme les yeux sur la corruption et les avatars de mauvaise gouvernance dont le plus grand est l’impunité.

Quel dommage et que de regrets pour les quelques 20.000 morts des crises ivoiriennes. Ils seront morts pour rien… Heureusement que les vivants seront émergents à l’horizon 2020 avec l’aide publique au développement. La grande invention du Dr Ouattara sera pour nous une expérience toute particulière, car jusqu’à présent, aucun pays émergent n'est jamais passé par la case Ppte. Aucun pays émergent ne l’a été sans marchés de capitaux émergents, sans technologies émergentes, sans produits émergents. 

Avec Ouattara, la Côte d’Ivoire sera émergente avec des marchés traditionnels, des produits traditionnels, des technologies traditionnelles et même une armée composée de chasseurs traditionnels. Bravo Docteur! Après les ordonnances illégales, vive l’émergence illusoire. Et dire qu’ils veulent qu’on y croit!

 
 
Mamadou KOULIBALY
 
Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 05 décembre 2012

RENOVATION DE L'UNIVERSITE DE COCODY: UNE ESCROQUERIE MORALE


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Travaux de rénovation, Université d'Abidjan Cocody

 

Alassane Ouattara avait promis de construire des universités dans tout le pays. Deux ans après son accession au pouvoir, avec 133 milliards de Francs CFA de surfacturation du marché de rénovation des structures déjà existantes entrés dans les poches du clan au pouvoir (des 42 milliards initiaux, on est arrivé aujourd'hui à 175 milliards de FCFA, en toute opacité et sans que les coupables ne soient poursuivis ou sanctionnés, et pour cause!), à l'Université de Cocody, il y a une clôture, des murs repeints, des jets d'eau, du marbre autour des statues, mais pas une seule toilette mise à la disposition des étudiants.

Alors que le gouvernement claironne son ambition de vouloir faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020, filles ou garçons, tout le monde est obligé d'aller déféquer en brousse. Aucune bibliothèque n'est opérationnelle. Pas de micro-cravate pour les professeurs. C'est le bon vieux microphone avec cordon, qui limite la capacité de déplacement de l'enseignant, qui fait son revival, en étant défaillant une fois sur deux.

Point d'amphithéâtre de 1.500 places. Les étudiants s'entassent dans des amphis de 500 places. Pendant les cours dispensés par le Pr Mamadou Koulibaly, l'amphi est tellement saturé que le professeur est obligé de dupliquer ses heures de cours. Malgré cela, bon nombre d'étudiants suivent les cours debout, d'autres sont dehors dans les couloirs. Ah! Qu'elle est belle, la renaissance de l'éducation ivoirienne avec Ouattara...

 

Nathalie Yamb (LIDER), sur sa page Facebook


NB: Le titre est de "Regards Croisés".