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samedi, 12 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011 - LES GRANDS PARTIS EN DIFFICULTE: LA MENACE DES INDEPENDANTS



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964 dossiers réceptionnés pour un total de 1185 candidats titulaires, 439 candidats indépendants provenant de 34 formations ou groupements politiques, 89% pour les hommes, et 11% pour les femmes en termes de représentation… Tel est le point des candidatures aux législatives prochaines, fait le jeudi 10 novembre 2011 par la Commission électorale indépendante (Cei).

Les chiffres avancés notamment en ce qui concerne le nombre de candidatures indépendantes, sont symptomatiques de la situation difficile que vivent les partis politiques engagés dans la course. Le nombre élevé (439), de candidats indépendants issus des partis politiques, montre bien que ces partis notamment le Pdci et le Rdr, ont eu du mal à canaliser leurs hommes. Ces deux grandes formations politiques du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), n’ont pas réussi à créer l’union sacrée, ni en leur sein, ni au sein de leur coalition. La première décision prise par leurs présidents, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, a été violemment contestée par la base. Les deux mentors ont dû reculer. Et face à la pression, ils ont autorisé tous les prétendants à la candidature, à se lancer dans le jeu.

Si cette dernière décision a le mérite d’ouvrir la compétition à tout le monde, elle n’est pas loin de mettre les partis membres du Rhdp dans une situation inconfortable. Les candidats indépendants qui n’ont pas eu la caution de leur formation politique, constituent une véritable menace pour le Pdci, le Rdr, l’Udpci et le Mfa. Cela est aussi valable pour les autres partis qui prendront part aux législatives à venir. Des candidats qui vont à la compétition sous la bannière de leur formation politique, pourraient mordre la poussière devant des indépendants. Et il n’est pas évident que les indépendants-vainqueurs, retournent dans leur parti d’origine.

Par ailleurs, il est à craindre, surtout pour les grands partis, que les indépendants-vainqueurs songent à se mettre ensemble pour créer un groupe parlementaire. Un tel schéma pourrait rendre davantage difficile la tâche du Rhdp à l’hémicycle, étant entendu que cette coalition veut garantir au chef de l’Etat, la majorité au parlement. Les indépendants, une fois unis dans un groupe parlementaire, pourraient, pour se venger, ‘’emmerder’’ le pouvoir dans le vote des lois. Pour l’instant, le nombre important de candidats indépendants, va jouer sur l’équilibre des partis politiques dont ils sont issus. La campagne électorale, on peut le penser, sera électrique entre les indépendants et les choix des partis politiques. Elle pourrait laisser des cicatrices au niveau de la cohésion dans les formations ou groupements politiques.

Bamba Idrissa


Source: SOIR INFO

mardi, 02 mars 2010

SERGE GRAH: LE RHDP, TOUTE HONTE BUE...

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Du remarquable blogueur, Serge Grah. Pour comprendre la vacuité d'un attelage disparate (le RHDP), qui tire la Côte d'Ivoire vers le bas!

 

 

 

 

« Les grands esprits ont toujours rencontré

une opposition farouche des esprits médiocres » (Albert Einstein)

 

C’est fini « l’affaire Mambé ». Bien terminée. Comme elle est venue. L’important pour l’heure étant de comptabiliser ses gains. En portefeuilles ministériels. En sièges à la nouvelle Commission Electorale Indépendant. Et pourtant, que n’a-t-on pas entendu lors de cette triste affaire qui a donné lieu, pendant plusieurs semaines, au déchaînement des leaders de l’opposition réunis au sein du RHDP ? Des leaders politiques qui ont recherchés désespérément à vendre au monde entier la « démission » du Président Gbagbo. Avec une agressivité sans égal et dans une prose endiablée, une logorrhée infernale, un cynisme vénéneux dont ils ont seuls le secret, ces messiers tentent de se déculpabiliser dans le répugnant scandale des 429 000 pétitionnaires. Comment ne pas donc sourire, avec un brin de pitié, lorsqu’on se rappelle les propos puérils de Djédjé Mady et de ses mandants : « Le RHDP ne reconnait plus Monsieur Gbagbo comme Chef de l’Etat… Le RHDP exige la démission de Gbagbo… Le RHDP ne participera pas au nouveau gouvernement si Mambé n’est pas rétablit dans sa fonction… » Et patati et patata ! C'est devenu un rituel… Dès que le RHDP se retrouve face à son incompétence et à sa volonté de rester scotché à son butin de guerre, son directoire se livre à cette phraséologie nauséabonde…

 

Ça peut, peut-être, marcher avec certains. Mais jamais avec Laurent Gbagbo ! Woody ne s’est donc pas laissé conter. Au final, Mambé a été bel et bien viré, au grand soulagement des Ivoiriens. Et la terre a continué de tourner sur elle-même, comme d’habitude. Mieux, Laurent Gbagbo est toujours Président de la République de Côte d’Ivoire. Et le RHDP, toute honte bue, siège dans la nouvelle CEI et négocie, à l’abri des regards de ses militants, son entrée dans le nouveau gouvernement… Le ridicule ne tue pas. Et parfois, c’est bien dommage.

 

C’est donc peu que de le dire. Le RHDP est au bout du rouleau ténébreux de ses brouillards paranoïaques. Pour toute personne bien assise sur des convictions intellectuelles et morales les plus communément admises, peu d’hommes sont aussi piteux que les leaders du RHDP. C’est vraiment triste que l’éthique politique dans notre pays prenne cette allure effrayante d’une catastrophe humanitaire. Avec eux, la misère morale ne fait plus scandale. Parce que ce n’est pas possible que la reconquête du pouvoir puisse pousser à de telles hérésies.

 

De l’affaire Mambé…

Ainsi, contrairement à ce qu’aurait pu croire l’opinion publique internationale, l’affaire Mambé n’a pas divisé les Ivoiriens. Loin s’en faut. Et ce malgré toutes ces scènes regrettables de banditisme et de vandalisme qui ont eut lieu. Il y a des Ivoiriens, la majorité, qui,  disposant de tout leur équilibre mental et de leur sens du discernement, sont consternés devant ce spectacle lamentable que leur infligent Bédié et consorts. Et puis, il y en a quelques autres. Désabusés par le renvoie de Mambé, ils en sont arrivés à se torturer et à incendier leurs propres maisons. C’est grâce à cette seconde catégorie d’Ivoiriens que Djédjé Mady peut se surprendre à crier à tue-tête à la démission de Laurent Gbagbo. C’est aussi à cause d’eux, en passant, que la démocratie en Côte d’Ivoire n’a pas encore triomphé des pourris, des fraudeurs impénitents et de tous ces jouisseurs de guerre. Car c’est bien à cause d’eux que le processus de sortie de crise traîne et prolonge les souffrances des populations, au nombre desquels on retrouve ces mêmes  Ivoiriens. Ce sont des gens qui ont tué en eux tout esprit critique et sont maintenus dans cet état par l’inconscience, l’inculture et le fanatisme. Ce qui traduit leurs comportements suicidaires de ces derniers jours. Et pourtant, c’est très facile de comprendre cette affaire Mambé… où la CEI devait être utilisée pour un compte personnel et pour les intérêts électoraux du RHDP, aveuglé par sa haine viscérale pour Gbagbo.

 

Ce qui a écœuré et choqué au plus haut point dans cette affaire pitoyable, c’est l’attitude de Mambé lui-même… Pour tester la lucidité du jugement qu’il porte sur lui-même, il suffit de chercher quelle définition ce héros ( ?) de notre histoire moderne donne à « dysfonctionnement ». Au bout du compte, on a découvert un homme lige complètement dysfonctionné, accroché à une prébende, incapable de se rendre compte de l’énormité de sa situation, dédaigneux et hautain, méprisant la vérité qui pourtant s’imposait à lui. Le reconnaître n’est pas un parjure. Mambé s’est vraiment contrefoutu des Ivoiriens. C’est ce qui explique pourquoi il se débattait, tel un diable dans un bénitier, pour continuer imperturbablement, à infliger ses manigances au peuple de Côte d’Ivoire. Au mépris des intérêts les plus essentiels, ceux de la Cote d’Ivoire qu’il prétendait servir, ce « militant » aura bien réussi à inspirer un dégout absolu et à faire le vide autour de lui. Oui, en effet, c’est bien pire que d’être humilié par soi-même.

 

Peur des élections et conspiration opportuniste à l’extrême

Les leaders du RHDP eux-mêmes, par leur soutien à Mambé, apparaissent ainsi, au grand jour, tels qu’ils l’ont toujours été : des comploteurs, intriguant à l’extrême, des manipulateurs… des couards. Des démons dont le seul projet politique est de faire tuer de pauvres Ivoiriens. Ils doivent bien se retourner dans leurs tombes, ces morts du RHDP. Comprenant, trop tard, qu’aucune sueur ne mérite d’être versée pour Bédié et consorts. A plus forte raison, une vie précieuse.

 

Et s’il demeurait encore quelques doutes dans l’esprit de certains de nos concitoyens sur le sens à donner à leur vote à la prochaine présidentielle ; et s’il est vrai aussi qu’il existait quelques minces chances que ces concitoyens envisageaient d'évaluer lors de l’élection présidentielle à l’endroit de Bédié et consorts, l’affaire Mambé, leur aura permis de faire une saine évaluation. Aujourd'hui, le RHDP vient de perdre le peu de crédit que ces Ivoiriens auraient pu lui accorder. Ses leaders vivent ainsi leurs derniers moments. Leur manque de lucidité les a ensevelis sous les décombres de leur sinueuse carrière politique. Ils sont morts. Spirituellement et physiquement.

 

Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder de très près ceux qui font la une des « canards boiteux » ces derniers temps et qui dénigrent la Côte d’Ivoire et les institutions qui l’incarnent dans les couloirs boueux des médias occidentaux : Des excités, des anarchistes, des politiciens déchus. Toute chose qui laisse transparaître tout le sens qu’ils donnent à la démocratie. Parce que, pour des gens qui réclament, à cors et à cris, une élection « juste et transparente », on s’étonne de ne pas les voir militer pour que les membres de la CEI ne soient plus inféodés aux partis politiques, mais plutôt dirigée par des personnes qui bénéficient d’un minimum de présomption de neutralité et d’impartialité. Que non ! Pour le RHDP, c’est très transparent d’être arbitre et, en même temps, joueur.

 

Au demeurant, le RHDP surestime, bien à tort, son poids politique dans le pays… Ses leaders, pour ne pas avouer leur inaptitude à faire mieux que Gbagbo, préfèrent jouer le temps et les effets de manche pour donner le change, et faire porter le chapeau des blocages récurrents observés ça et là dans la conduite du processus de sortie de crise au seul Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, derrière leur attitude irrévérencieuse, il faut voir une vérité que cache leur hétérogénéité : la peur des élections… qui mettra fin à tout leur petit boucan. Au lieu de réclamer tout et rien et n’importe quoi, pourquoi ne disent-ils pas aux Ivoiriens ce qu’ils proposent concrètement pour permettre à notre pays de sortir de la crise.

 

Mais on s’en rendra bien vite compte. Les leaders du RHDP sont pauvres. Intellectuellement. Moralement. Politiquement. Si bien qu’il est légitime de s'interroger si cette opposition peut faire autre chose que se donner au quotidien tristement en spectacle. N’est-ce pas, finalement, sa nature que de s’opposer systématiquement et de prendre les Ivoiriens en otage ? Quelle est l’utilité de Bédié et consorts dans notre jeune démocratie ?

 

De l’utilité du RHDP

Parce que c’est connu. Une opposition doit constituer un contre-pouvoir. Elle doit représenter aussi la possibilité d’une alternance politique : participer à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Enfin, une opposition crédible doit travailler au renouvellement du personnel politique. Comme on le voit, le rôle d’une opposition est essentiel en démocratie. Une opposition forte, imaginative, constructive est un gage de dynamisme et de développement dans un pays. Parce que faire de la politique, vouloir gouverner, ce n’est pas seulement s’admirer parler dans les médias étrangers. C’est d’abord avoir un projet de société à proposer au peuple. C’est la seule adhésion du peuple à ce projet qui conduit au pouvoir.

 

Malheureusement, pendant près de 40 ans de règne sans partage, cette classe politique rouillée, construite sur la couardise, la haine, le clientélisme et la compromission, a été  frappée par une inimagination sans pareille. Mis à part la même rancœur à l'encontre de Laurent Gbagbo et de ceux qui défendent des idées novatrices de la démocratie et du partage équitable de la prospérité nationale. Et c'est bien pour cela que le mépris des Ivoiriens à l’égard de ces individus fait place à de la pitié, car ces individus apparaissent avant tout comme pathétiques. Parce qu'ils sont emblématiques d'un travers de plus en plus répandus dans notre pays, alliant la mauvaise foi à une nostalgie béate d’un pouvoir perdu. Ce sont ces gens-là qui créent aujourd’hui une croisade insurrectionnelle anti-constitution. Des gens qui tiennent toute leur carrière politique de situations d’exception et au respect scrupuleux que les Ivoiriens vouent à leur Constitution…

 

Aujourd’hui, c'est la faute à Gbagbo, aux refondateurs. Bref, « au régime illégitime du FPI », selon la terminologie houphouétiste bon marché en Côte d’Ivoire. Comment comprendre ces bons messieurs du RHDP qui veulent brûler le pays juste pour demeurer ministre et pour contrôler la CEI et, qui, en toute irresponsabilité ne veulent point être comptables de la gestion du pouvoir d’Etat dans lequel ils ont les deux mains plongées.  Ah qu’il a raison Anaky – même s’il l’a dit sans vraiment y croire – quand il dit que : « C’est parce que l’opposition est au gouvernement que les choses n’avancent pas. C’est cette compromission qui bloque les élections et qui va encore retarder le processus électoral… Ceux qui sont au pouvoir gouvernent et ceux qui sont dans l’opposition s’opposent. » Cette incongruité que dénonce Anaky résume à elle seule, toute l’incohérence et l’inconséquence des leaders du RHDP. Qui veulent  le beurre, l’argent du beurre, mais aussi, et peut-être surtout, les fesses de la crémière. Et c’est le témoignage à la fois d'une inculture politique en vogue chez nous et d'un amalgame préoccupant.

 

Le RHDP et l’héritage d’Houphouët-Boigny

 

On remarquera que cet attelage de prétendus houphouétistes, ne savent pas grand chose du Président Houphouët-Boigny… Houphouët était avant tout un esprit pragmatique. Cohérent et honnête. Toute chose qui lui aurait permis, bien au contraire, d’apprécier sainement la réalité politique de notre pays. Si Houphouët voyait aujourd'hui la Côte d’Ivoire déchirée par les turpitudes de ses soi-disant  « héritiers », il pourrait en surprendre plus d'un en se déclarant un fervent pro-Gbagbo, c’est-à-dire, capable de se sacrifier, de s’humilier pour la Côte d’Ivoire.

 

Le mal de la Côte d’Ivoire ce n’est donc pas Gbagbo. Il est surtout une grande partie de la solution. Sans lui notre pays en pâtirait, et les difficultés quotidiennes seraient infernales. Le mal de la Côte d’Ivoire c’est bien cette nouvelle classe d’opposants. Qui au mépris des principes démocratiques ont voulu écourter le mandat du Président Gbagbo. Résultat, ils l’ont rallongé eux-mêmes de 10 ans. Non sans avoir installé le pays dans le chaos. C’est donc être amnésique, myope, sourd ou simplement d’une mauvaise foi révoltante que de dire que c’est Gbagbo qui refuse d’aller aux élections. Car il leur suffisait seulement de respecter le plus élémentaire des principes démocratiques : le choix du peuple. Combien faudra-t-il de morts dans notre pays pour que le RHDP le comprenne et cesse de « rendre ce pays ingouvernable » ?... Que Bédié et consorts prennent, enfin, conscience qu’aucun coup de force ne placera personne à la tête de la Côte d’Ivoire. A bon entendeur…

 

Serge Grah

Journaliste,

Ambassadeur Universel pour la Paix

serge_grah@yahoo.fr