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samedi, 29 juin 2013

LE FPI SUSPEND LES NEGOCIATIONS AVEC LE GOUVERNEMENT: ENLEVEMENT DE KOUA JUSTIN, LA BARBARIE DE TROP!

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Conférence de Presse N° 004/2013

Déclaration préliminaire

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je voudrais, avant tout propos et au nom du Front Populaire Ivoirien, vous remercier d’avoir répondu nombreux à notre invitation. C’est une marque de considération pour laquelle je vous salue tous, autant que vous êtes, et vous assure de notre infinie gratitude.

Mesdames et Messieurs,

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’événements que nous organisons, chaque fois que nous jugeons utile d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur la vie politique en Côte d’Ivoire. Il s’agit aujourd’hui d’annoncer et de clarifier la position du Front Populaire Ivoirien sur la reprise du dialogue entre le gouvernement et le parti.

RAPPEL :

Le coup d’Etat du 11 avril 2011, perpétré par la communauté dite internationale, avec les forces françaises et onusiennes, en appui aux rebelles ivoiriens, contre le régime du président Laurent Gbagbo, s’est imposé à nous ; avec tout le désordre, la violence, puis les viols et autres exactions qui s’en sont suivis, nous avons opté, malgré tout, pour le retour de la paix, de la cohésion et de l’harmonie sociale. C’est pourquoi, dans la logique de notre vision de la vie politique, qui repose sur la formule « asseyons-nous et discutons », nous avons sollicité, dès le mois de Juillet 2011, l’ouverture d’un dialogue républicain avec les nouvelles autorités du pays. Il s’agissait, pour le Front Populaire Ivoirien, d’ouvrir la voie à la normalisation rapide de la situation sociopolitique du pays, gravement dégradée par la crise dite postélectorale. Notre action n’était nullement la preuve d’une quelconque faiblesse ! Nous affirmions plutôt notre attachement à la discussion, au dialogue et à la démocratie, moyens légaux et paisibles de gestion de la vie politique dans une République.

Le Président Ouattara nous a accordé une audience le 29 septembre 2011 sans aucun résultat. Alors que nous attendions qu’une suite soit donnée  à notre démarche, sans compter nos relances, la situation du pays empirait, avec les exactions de toutes sortes sur d’honnêtes citoyens ; notamment les arrestations arbitraires, les enlèvements et tortures inhumaines,  les expropriations et les assassinats ; en somme, toutes sortes d’atrocités à travers tout le pays. En décembre 2012, on dénombrait déjà 302 prisonniers politiques, civils et militaires, en plus des milliers de personnes portées disparues et celles contraintes à l’exil.

Finalement, c’est le 17 janvier 2013, soit 15 mois après la demande du Front Populaire Ivoirien, que le gouvernement de M. Ouattara a consenti à ouvrir le dialogue direct tant souhaité par le FPI. Toute cette tergiversation à accepter de dialoguer s’explique simplement par le fait que le régime n’a pas du tout l’intention de discuter avec qui que ce soit, encore moins avec le Front Populaire Ivoirien. Et la gestion de ce dialogue, accepté au forceps, a montré la mauvaise foi du régime.  

UN DIALOGUE SANS IMPACT

Contrairement à ce qu’avait espéré le Front Populaire Ivoirien, le dialogue n’a eu aucun impact  sur la gestion du pays. De fait, pendant qu’il s’ouvrait, sous la houlette du Premier Ministre, le régime poursuivait sa gestion dictatoriale basée sur la terreur. Jusqu’aujourd’hui, aucune demande ou proposition du Front Populaire Ivoirien n’a fait l’objet d’aucune attention véritable. Pire, les arrestations et autres atrocités se poursuivent :

- C’est le 17 Janvier 2013, à l’ouverture des assises de ce dialogue, que le régime a fait arrêter puis extrader du Ghana où il vivait en exil, M. Charles Blé GOUDE, ancien ministre et président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP). M. Blé GOUDE est, à ce jour, détenu au secret.

- Les 3 et 4 février 2013, au moment où s’ouvre la séance plénière à l’issue des travaux en commission, sont arrêtés, tour à tour, au Ghana puis extradés en Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Yves DIBOPIEU, un leader des jeunes et le commandant Jean Noël ABEHI, un officier de la gendarmerie nationale. Ces deux personnes sont également détenues au secret à ce jour.

- Sur le territoire ivoirien, la chasse à l’homme, particulièrement dirigée contre les partisans ou supposés proches du président Laurent Gbagbo, se poursuit, sans aucune trêve : de nombreuses personnes, hommes, femmes, et jeunes, sont écroués, torturés, exécutés sommairement, sans la moindre justification ;

- Le 5 mars 2013, le régime a mis sous séquestre les biens, meubles et immeubles, ainsi que les avoirs bancaires, d’une vingtaine de partisans de Laurent GBAGBO, récemment libérés provisoirement des prisons.

Le Front Populaire Ivoirien, tout en protestant contre ces exactions, a condamné vigoureusement la propension à la violence du régime et a demandé la libération de tous les prisonniers politiques ainsi  que la cessation de la situation de terreur généralisée sur tout le territoire national. Cela, de notre point de vue, constitue la voie indiquée, pour le retour à la sérénité, à la confiance mutuelle et pour la tenue d’un dialogue véritable et sincère préalables à la réconciliation.  Le régime, dans une position de mépris de toute position autre que la sienne, a ignoré les positions et déclarations du Front Populaire Ivoirien, et a continué d’exercer avec obstination la persécution des populations. Par ailleurs, pendant que se poursuivait le dialogue, dont l’un des points focaux était les élections locales avec la question de la recomposition de la CEI, le redécoupage électoral et la date de la tenue du scrutin, le Front Populaire Ivoirien apprenait, par voie de presse, que ces élections municipales couplées avec les régionales devaient se tenir le 21 avril 2013. Toute la situation demeurait inchangée, comme si personne n’avait exprimé la moindre réserve.

Devant tous les agissements discourtois du régime, le Front Populaire Ivoirien a pris acte de son exclusion de fait des élections par le pouvoir. Nous avons été exclus du jeu politique de notre pays, bien qu’étant le parti majoritaire. Il ne nous restait plus, pour ces élections locales dont on nous a exclus qu’à démontrer notre communion avec le peuple ; ce que nous avons montré en appelant à un boycotte pacifique des élections du 21 avril 2013. Le boycott a été massivement observé par la population, dans son ensemble, sur toute l’étendue du territoire, ce qui a donné un taux de participation dérisoire au scrutin, le frappant  d’illégitimité et d’un discrédit certain.   

A la date d’aujourd’hui, aucune des propositions que le Front Populaire Ivoirien a exposées au gouvernement, dans le cadre du dialogue républicain, n’a fait l’objet d’une attention sincère. Même les éléments de discussion reconnus comme des points de convergence n’ont pas eu le moindre début d’exécution. Il s’agit notamment :

- de la libération des domiciles et sites privés occupés par les FRCI ;

- du versement de la quote part du FPI au titre du financement des partis politiques sur fonds publics ;

- du libre exercice de l’activité politique, notamment les meetings, marches et autres rassemblements.

Monsieur Ouattara et ses partisans ont créé la crise en Côte d’Ivoire. Cette crise perdure et s’aggrave au fil des jours. Ils ont utilisé les armes et la  violence là où le Front Populaire Ivoirien prônait le dialogue et les invitait à s’asseoir pour discuter, en vue de bâtir la démocratie. Arrivés au pouvoir par la violence, le sang et les crimes de toutes sortes, ils affichent du mépris pour les autres. Aujourd’hui, on dénombre plus de 700 prisonniers politiques, civils et militaires, des milliers de disparus en plus des dizaines de milliers d’exilés. La Côte d’Ivoire est devenue une vaste prison à ciel ouvert et un espace de grande insécurité. Le dernier acte discourtois et de mépris du régime réside dans le fait qu’au moment où le Premier Ministre invite le Front Populaire Ivoirien à la reprise du dialogue, à partir du 27 juin 2013, ce régime enlève Monsieur KOUA Justin, premier responsable de la jeunesse et membre de la direction de notre parti. Cet enlèvement s’est fait le 7 juin 2013 à 19 heures au siège provisoire du FPI, par une quarantaine d’hommes lourdement armés, sans mandat d’emmener, comme dans une mise en scène des fictions hollywoodiennes ! Et ces hommes, armés jusqu’aux dents, ont brutalisé des personnes présentes tout en menaçant de les tuer s’ils ne retrouvaient pas KOUA Justin. Tout cela, pour des crimes qu’ils n’ont pu indiquer ni à KOUA Justin ni à ceux qui étaient présents sur les lieux, parce qu’inexistants et qu’ils fabriqueront plus tard dans les cellules de conception du faux au service de la terreur. 

Cet acte constitue pour le Front Populaire Ivoirien, la barbarie de trop ! C’est pourquoi, nous prenons, ce jour, à témoin, l’opinion nationale et internationale et chaque habitant de la Côte d’Ivoire, afin que tout le monde constate que malgré notre bonne volonté et notre choix, sans équivoque, de résolution des problèmes par la voie du dialogue et de la concertation, nous avons en face un régime totalement ancré dans la violence, l’illégalité, le faux et le mépris des autres. Le régime Ouattara est totalement opposé au dialogue et à toute norme démocratique. Il réprouve toute confrontation d’idées et préfère se murer dans la violence totalitaire.

En conséquence, mesdames et messieurs les journalistes, il convient de noter ce jour que le Front Populaire Ivoirien réclame prestement avant l’ouverture de la prochaine réunion :

1. La libération de KOUA Justin, secrétaire national de la JFPI et membre de la direction du parti ;

2. L’application des articles 11 et 12 de la Constitution ivoirienne relatifs aux libertés de manifester et à l’interdiction de contraindre tout ivoirien à l’exil ;

3. La mise en œuvre effective des points de convergence obtenus lors de la première partie du dialogue politique, notamment le dégel des avoirs, le paiement des arriérés 2011 et 2012 du financement public des partis politiques dû au FPI, etc.

4. La mise sur pied d’un comité de médiation et de suivi pour le dialogue républicain ;

Nous pensons que l’acceptation et la mise en œuvre sans délai de ces préoccupations légitimes, créeront un environnement propice à la reprise des négociations, en ce qu’ils constituent un gage de bonne foi du gouvernement.

Mesdames et Messieurs,

Cher amis,

Chers camarades,

Merci de votre attention, et merci encore d’être venus !

Mesdames et Messieurs les journalistes, je suis à vous pour les précisions éventuelles que vous voudrez bien demander.


Fait à Abidjan, le 27 juin 2013.


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

samedi, 18 mai 2013

LE FPI REPOND AU GROUPE D'EXPERTS DE L'ONU - DECLARATION

 

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Dans une déclaration pondue ce mercredi 15 mai, le FPI monte au créneau une fois encore et dénonce le parti pris des experts de l’Onu en Côte d’Ivoire. Selon Miaka Ouretto et ses camardes, le dernier Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU serait un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara . Eventnews Tv.

 
Déclaration N°005/2013

Relativement au rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la Côte d'Ivoire en date du 12 avril 2013


I. Rappel du contexte politique: Etat des lieux

Depuis les bombardements franco-onusiens qui ont éjecté le président élu Laurent Gbagbo du pouvoir, le 11 avril 2011, pour – nous avait-on répété à l’envi – instaurer la démocratie, le président Alassane Ouattara, au nom de qui et par qui – dixit Koné Zakaria un de ses chefs de guerre – la rébellion a pris le armes, s’est méthodiquement engagé dans une politique de la terre brûlée pour effacer le Front Populaire Ivoirien de la scène politique ivoirienne.

2011:

- Déclenchement d’une gigantesque chasse aux sorcières qui se poursuit encore par des arrestations au quotidien de militants, sympathisants du FPI ou tout citoyen pour toujours la même rengaine "d’atteinte à la sureté de l’Etat". Résultats, 671 prisonniers politiques civils et militaires détenus dans les pires conditions, sans jugement. A eux s’ajoutent les milliers de détenus des prisons clandestines disséminées sur l’ensemble du territoire national ;

- Confiscation des médias publics et des libertés de manifestations réprimées avec constance dans la terreur et le sang ;

- Exclusion du Front Populaire Ivoirien de l’Assemblée Nationale par des élections législatives aussi précipitées qu’injustes et non transparentes ;

2012:

- Organisations ciblées d’attaques du régime et de l’ONUCI par la branche armée du RDR, sous la houlette du chef de la rébellion Guillaume SORO, en désignant automatiquement du doigt le FPI comme responsable, sans la moindre enquête ;

- Rédaction, le 15 Octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara, d’un rapport prétendument attribué à des experts indépendants de l’ONU où le FPI est accusé d’avoir partie liée avec tous les camps opposés dans la guerre au Mali: Quelle absurdité!

2013:

Tout ce montage grotesque s’effondre. Le château de cartes « Ouattarien » s’écroule et se réduit à rien, face à la pugnacité du Front Populaire Ivoirien à l’international. Le pouvoir Ouattara est de ce fait contraint par ses alliés au dialogue – dont il n’a jamais voulu – avec son opposition significative, le FPI. Premier revers.

Deuxième revers, la quasi-totalité des ONG des droits de l’Homme brocardent le régime Ouattara présenté unanimement comme un état de non droit, caractérisé par des violations massives des droits de l’Homme, et qui est tout sauf une démocratie.

Troisième revers, l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre Laurent Gbagbo à la Haye tourne quasiment au drame pour le pouvoir Ouattara avec le laminage par la défense du président Laurent Gbagbo, des actes d’accusations, pour faux et usage de faux.

Du coup, le vrai visage du "messie démocrate" sorti tout droit des cuisses du couple Jupiter FMI / Banque Mondiale, se révèle dans toute sa vérité et nudité : mensonges et incapacité politique notoire. Le demi-dieu de la haute finance internationale, "le wari fatchê" pour parler comme les "ADOrateurs" se révèle bien incapable de faire la politique en Côte d’Ivoire, et donc de diriger ce pays.

Un pays qu’il n’a eu cesse d’attaquer depuis qu’il y a mis le pied en 1989, pour, selon ses propres termes, le rendre ingouvernable, avant de se l’approprier au terme de plus d’une décennie de guerre qu’il a menée tambour battant, avec à la clé des milliers de morts.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire politique est coupée en deux. Le tissu social est déstructuré. La pauvreté et le chômage galopants, la réconciliation au point mort, le front social instable, avec le feu du mécontentement qui couve, l’insécurité rapprochée devenue chronique, la démocratie en panne. Les citoyens étouffent sous l’arbitraire, la répression au quotidien et les discriminations ethno-tribales érigés en système de gouvernance.

C’est à ces problèmes fondamentaux que le chef de l’Etat devait s’attaquer sans délai, hic et nun, ici et maintenant. Tournant le dos à ces impératifs nationaux et déjà en campagne pour les présidentielles de 2015, le président Alassane Ouattara choisit de commanditer un rapport auprès d’un "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire pour polir son image personnelle en détruisant celles de ses adversaires potentiels en vue d’une gouvernance solitaire et absolue de la Côte d’Ivoire.

II. Le Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU: un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara

2.1 Un rapport de diversion fondé sur de malsains partis pris

Le rapport final, dit du groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire, établi en application du paragraphe 16 de la résolution 2045 (2012) du Conseil de Sécurité, a été publié le 17 avril 2013, et se structure autour de onze chapitres. Ce rapport, parce qu’il biaise à la fois avec la réalité et la vérité, mérite qu’on y prête attention pour que l’opinion nationale et internationale qu’il vise à abuser soit prémunie contre les subterfuges et évidents partis pris qu’il recèle. Qu’on en juge.

Le premier constat que révèle l’examen de ses différents volets, est que ce rapport dont la prétention affichée est de porter sur la Côte d’Ivoire, ne porte nullement sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’on vient de mettre en évidence. Il ne s’intéresse qu’à l’embargo sur les armes, en rapport avec le contrôle douanier, et les finances que généreraient les trafics d’or et de diamants, sous l’angle principal des menaces de déstabilisation que représentent l’usage des armes contre le régime Ouattara. Ce rapport vise in fine à protéger ce pouvoir.

De ce fait, ce document ne parle que de tous ceux qui peuvent faire ombrage au poulain de l’ONU Alassane Ouattara. C’est-à-dire de ceux qui peuvent s’opposer, ou s’opposent à sa gouvernance jugée satisfaisante par ces experts. Ils affirment avoir « constaté que les autorités ivoiriennes, sous la houlette du président Alassane Ouattara, avec la précision "élu démocratiquement" – comme pour s’en convaincre – ont fait des progrès notables en matière de sécurité, avec l’arrestation des membres du gouvernement Gbagbo qui opéraient depuis le Ghana ». (Paragraphe 3 page 5).

Flagrant délit de parti pris. Pro Gbagbo = insécurité, FRCI/Dozo = sécurité.

Concernant les progrès accomplis en matière de lutte contre l’impunité : le procès du Général Dogbo Blé Brunot, qualifié de procès majeur par ces experts, est à leurs yeux "une avancée non négligeable" (Paragraphe 9 page 6). L’impunité dont jouissent tous les criminels de guerre pro-Ouattara n’est donc pour ces experts, que justice.

Par ailleurs, ce groupe d’experts a "constaté que la réconciliation politique entre les partis ivoiriens était en progrès" (Paragraphe 3 page5). C’est à se demander s’ils parlent de cette même Côte d’Ivoire où nous vivons, et où la réconciliation, de l’avis de tous, est en panne sèche. Ces experts à l’évidence ne voient et ne disent que ce qui peut faire plaisir à leur commanditaire.

Mais il n’y a pas que ces incongruités. Dans le traitement même qu’ils font de la question centrale de leur rapport, l’embargo sur les armes, le déséquilibre des informations est tel que l’on en vient à se demander si ce travail est véritablement l’œuvre d’intellectuels dignes de ce nom, ou de mercenaires de la plume recrutés à la petite semaine, pour accomplir de basses œuvres sans scrupules et état d’âme.

Le chapitre VI du rapport intitulé "Armes" comprend au total cinq volets développés sur douze pages (page 9 à 22), et comporte 74 paragraphes dont 44, soit plus de 60% du texte, consacrés aux violations de l’embargo dont se seraient rendus coupables depuis 2009 le président Laurent Gbagbo et ses partisans après la chute de son régime. Seulement 10 chapitres sur 74 concernent les Forces Nouvelles, soit 12% ; les violations du gouvernement Ouattara sont traitées dans 13 chapitres soit 18% et 7 chapitres aux particuliers, soit 9%.

C’est là le premier aspect de ce déséquilibre que révèle la production linéaire du texte, et qui montre déjà à ce niveau, l’acharnement de ces "experts" sur les pro-Gbagbo.

En poussant un peu plus la réflexion, l’on s’aperçoit très vite que dans leur désir forcené de démontrer que les pro-Gbagbo constituent une espèce politique vénéneuse à exterminer, ils se sont employés avec force détails à décrire, les allées et venues des membres de ce qu’ils ont baptisés "l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo". Pour étayer leurs affirmations péremptoires ils ne s’appuient que sur des formules vagues, passe partout, du genre "selon des sources fiables" sans les identifier, ou "d’après les informations fournies par l’ONUCI, ou celles dont dispose le groupe d’experts".

S’agissant de ses sources d’informations, le chapitre deux du rapport indique relativement à la méthodologie de l’enquête, au paragraphe 10 que "le groupe d’experts a, en priorité, mené des enquêtes de terrain, en Côte d’Ivoire et dans les Etats voisins. Il a également examiné les éléments de preuves fournis par les organisations nationales, régionales et internationales, et entreprises privées". Et pour tenter de montrer sa bonne foi, le groupe d’experts souligne au paragraphe 12 de son rapport ceci " ses conclusions relatives à des Etats, des particuliers et des entreprises, ont été autant que possibles, portées à l’attention des intéressés et qui ont eu la possibilité d’y répondre ".

Deuxième aspect du déséquilibre de l’information, le groupe d’experts avoue avoir contacté toutes les sources possibles d’information, à l’exclusion du Front Populaire Ivoirien, le parti fondé par le président Laurent Gbagbo et qui a inspiré toute sa politique et les actes posés. Pourquoi le Front Populaire Ivoirien en particulier et les pro-Gbagbo sur qui porte l’enquête, ont été à priori considérés comme des sources non fiables par le groupe d’experts?

Toute démarche judiciaire ordinaire exige que tout présumé coupable soit entendu avant d’être condamné s’il y a lieu. Or la constance des rapports prétendument établis par des experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, est que les pro-Gbagbo sont des coupables à priori, qu’ils évitent soigneusement d’approcher encore moins d’entendre, d’écouter et de comprendre. Là se trouve le parti pris fondamental de l’ONU en Côte d’Ivoire et qui explique que, de forces dites impartiales, l’ONUCI soit devenue et reste encore aujourd’hui, une force belligérante, donc non crédible et ses experts disqualifiés pour parler de la Côte d’Ivoire.

2. 2 De la diabolisation permanente du FPI à celle du rebelle Soro et ses com-zones

De fait, les officines du pouvoir Ouattara, commanditaires et inspiratrices de ce rapport ont désormais fait leur choix dans la guerre larvée de succession à Alassane Ouattara, en optant de brocarder et de vouer aux gémonies Guillaume Soro et ses com-zones des Forces Nouvelles, mis dans le même sac que le FPI, comme des comploteurs.

Voici ce que dit à cet effet le rapport dans son paragraphe 30 page 10 «Au moment de l’attaque du camp militaire d’Akouédo, le 06 août 2012, le groupe d’experts a reçu des informations fiables sur les constats établis entre le commandement militaire de l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo au Ghana et de hauts représentants des ex-Forces Nouvelles, notamment leur ancien Secrétaire Général, Guillaume Soro, actuellement président de l’Assemblée Nationale et son proche conseiller et directeur du protocole, Kamagaté Souleymane, alias "Soul to Soul"».

Voilà le Front Populaire Ivoirien désormais allié des Forces Nouvelles de Guillaume Soro, alors que dans le précédent rapport de l’ONU, ce même parti avait été associé à tous les camps qui s’opposent dans la guerre au Mali, tout cela par la seule volonté des experts commandités par Alassane Ouattara.

Si l’attaque du 6 août 2012 du camp d’Akouédo, qui a servi de déclencheur au pouvoir pour opérer des arrestations massives au sein des pro-Gbagbo à commencer par Laurent Akoun, Secrétaire Général du FPI, a été opérée de concert avec les Forces Nouvelles, le pouvoir Ouattara devrait pouvoir tirer les conséquences de cette nouvelle donne et agir équitablement.

Mais il ne le peut parce que, comme le note aussi ce rapport (paragraphe 4 page 5) de 2011 à 2012, «d’anciens combattants des Forces Nouvelles ont étendu leur influence économique et politique: d’anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire, ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sur le coup de sanction de l’ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias "Wattao"), Hervé Touré (alias "Vetcho"), Koné Zakaria et Chérif Ousmane, ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d’importantes quantités d’armes (et de matériel connexe) entre leurs mains ; (…) sans pour autant que ceux-ci abandonnent leurs activités économiques prédatrices de seigneurs de guerre, qu’ils ont à présent étendus à l’ensemble du territoire ivoirien (paragraphe 5 page5).

Comment procèdent-ils ? Les rédacteurs du rapport précisent (paragraphe 102 page 23) que « la raison en est l’existence d’un réseau militaro-économique au sein de l’administration, qui profite de la contrebande et d’un système d’imposition parallèle ». Le réseau, souligne le rapport (paragraphe 151 page 29) « a adopté des méthodes de taxation analogues à celles utilisées par "La Centrale", l’ancien organisme responsable du trésor au sein des Forces Nouvelles, bien qu’il opère de manière plus discrète».

«Le réseau (paragraphe 152 page 30) maintient un monopole sur l’utilisation des armes par l’armée nationale. Il entrave la capacité des autres autorités, comme la police, la gendarmerie, les services de douanes et la police maritime et forestière de s’acquitter efficacement de leurs responsabilités».

Pour le fonctionnement de son système de taxation parallèle pour différents types d’activités commerciales, en ce qui concerne l’agriculture (cacao, coton, noix de cajou), le transport, l’or le diamant, «le réseau a fait appel dans toutes les grandes villes du pays à des anciens étudiants de la ville de Bouaké pour gérer ses recettes (Cf. chapitre 7 paragraphe 153 page 30)».

Notons enfin que ce que ce rapport indique bien que ce «réseau n’hésiterait pas à recourir à la force s’il en jugeait le besoin (paragraphe 102 page 23)».

L’enjeu est de taille parce que le paragraphe 103 page 23 précise que «la croissance limitée des taxes et droits sur les marchandises exportées par la Côte d’Ivoire, tient pour partie aux effets de la contrebande. Entre 2011 et 2012, la contrebande de cacao a représenté 153 000 tonnes soit des pertes de 400 millions de dollars environ 25 milliards de francs CFA (paragraphe 112 page 24)».

En d’autres termes, le pouvoir Ouattara à travers ces experts, dénonce l’existence d’un Etat bis en Côte d’Ivoire dirigé par Guillaume Soro et ses com-zones qui sont forts économiquement, militairement et politiquement.

Mais curieusement si sur le chapitre achat des armes et financement des activités, les auteurs du rapport se sont montrés très prolixes s’agissant des pro-Gbagbo avec même des indications sur les origines soudanaise, iranienne, israélienne, chinoise, russe des armes etc. et force détails sur même le calibre des munitions et leur nombre, pour ce qui est de l’armement des Forces Nouvelles, le rapport est quasiment muet. Il se limite à dire que les armes sont venues du Burkina Faso «début 2011 transportées par au moins six camions jusqu’à la zone de Katiola» (paragraphe 70 page 18).

Mais il n’est un secret pour personne que le Burkina Faso, qui n’a pas d’usine d’armement, n’a été qu’une couverture, un lieu de transit d’armes durant toute cette guerre. Alors questions. D’où viennent ces armes? De quels pays? Qui en a assuré le financement? Avec quels moyens?

Et cela avant et depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002. Ce sont là les questions essentielles qui s’attaquent à l’origine de la guerre, et non à ses effets que sont entre autres l’embargo sur les armes.

Le groupe des experts esquivent ces questions dont les réponses risquent d’emporter le commanditaire de ce rapport qui veut se débarrasser d’une rébellion qui l’a porté au pouvoir.

D’ailleurs que peut faire Alassane Ouattara, même devenu aujourd’hui président de la République, contre la contrebande des Forces Nouvelles et leur réseau militaro-économico-politique. Cette contrebande existe depuis 2002, il ne l’a jamais dénoncé, l’ONU non plus. C’est la contrebande en tout genre, cacao, diamant, or, coton qui équilibre le budget du Burkina Faso depuis 2002. Ce pays sahélien est devenu producteur de cacao, mais le rapport n’en parle pas. C’est la contrebande orchestrée par "La Centrale" qui a pris le relais du financement de la guerre dont Alassane Ouattara a profité pour accéder au pouvoir d’Etat. Avec l’existence de cette contrebande dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, et que dénonce aujourd’hui Ouattara et ses experts, Laurent Gbagbo a gouverné pendant plus d’une décennie la Côte d’Ivoire avec des budgets sécurisés.

Le président Ouattara est donc très mal placé pour dénoncer la contrebande des Forces Nouvelles par ses experts interposés. C’est un juste retour des choses, l’arroseur arrosé.

De même que peut faire l’ONU contre une rébellion qu’elle a couvée, adoubée et portée au pouvoir. Rien.

Ce rapport des prétendus experts sur la Côte d’Ivoire relève en définitive d’une diversion. Il s’agit de divertir, au sens de distraire, détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire énoncés plus haut dans l’état des lieux.

Publié curieusement au même moment où Alassane Ouattara annonce sa candidature aux présidentielles de 2015, il constitue un élément de campagne visant à disqualifier dans le même élan celui qui l’a fait roi, Guillaume Soro d’une part, et de l’autre le Front Populaire Ivoirien dont il a si viscéralement peur qu’il s’obstine, dans sa diabolisation devenue une rengaine, à voir le FPI dans des élections auxquelles il n’a pas participé.

A cet effet il est frappant de constater que ce rapport ne fait nullement état du moindre reproche encore moins de la moindre faute commise par Alassane Ouattara durant ces deux ans de gouvernance pourtant désastreux. Il fuit en permanence son peuple, les travailleurs en particulier en se réfugiant dans l’esbroufe pour cacher sa peur. L’esquive et la communication internationale mensongère dont ce rapport en sont une preuve patente.


Fait à Abidjan, le 15 mai 2013


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard



Source: AFRIK53.COM

jeudi, 09 mai 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE DU FPI RELATIVEMENT A L'ENLEVEMENT SOUS ANESTHESIE DE MME SIMONE EHIVET GBAGBO

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Communiqué de Presse N° 002/2013


Relativement à l'enlèvement sous anesthésie de Mme Simone Ehivet GBAGBO vers une destination inconnue.


Le mardi 30 avril 2013, à la surprise générale, la Direction du FPI a appris - par voie de presse - le transfert de Mme Simone Ehivet GBAGBO de sa « résidence surveillée » d'Odienné à la clinique ‘La Pisam’ d'Abidjan pour un bilan de santé.

Alors que tout portait à croire que les règles judiciaires en la matière avaient été respectées, c'est avec stupéfaction que la Direction du FPI s'est entendu dire que ce transfèrement n'a obéi à aucune disposition légale.

Ce jour, mercredi 8 mai 2013, la direction du FPI - en alerte sur ce cas précis depuis 4 jours - vient d'être informé par son Conseil que "….Mme Simone Ehivet GBAGBO, la 2ème Vice-présidente du FPI et épouse du Président Laurent GBAGBO a été emmenée sous anesthésie vers une destination inconnue par des hommes en armes, sans aucun document officiel approprié..."

Selon l’avocat de la Première Dame, "...l'appareil judiciaire légal lui-même n'a aucune idée de la destination de Mme Gbagbo..."

Devant cet état de fait, qui relève tout simplement du mépris du régime Ouattara pour l’Opposition et pour les droits humains des Ivoiriens,

La Direction du FPI dénonce avec force ces agissements d’une autre époque et élève les plus vives protestations contre ces méthodes de gestion du pouvoir d’Etat.

Le FPI - qui n'a eu de cesse de fustiger la dictature et la justice des vainqueurs instaurées en Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011 - constate que :

- sous le régime Ouattara, le pays s'enfonce inexorablement dans l'état de non-droit

- tout cela se fait sous les yeux indifférents d'une communauté internationale qui s'est donnée le "droit d'ingérence" quand le peuple de Côte d'Ivoire a choisi son président le 28 novembre 2010.

Le FPI tient le Président Alassane Ouattara pour responsable de tout ce qui  adviendra.

Le Front Populaire Ivoirien  demande donc avec insistance à la France et à l'ONU de convaincre le régime Ouattara de rompre avec la dictature. Car, la coupe est presque pleine. Il ne faut pas qu'elle déborde. Tous, nous y avons intérêt.

 

Fait à Abidjan, le 8 mai 2013

 

Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

lundi, 01 avril 2013

DECLARATION DU FPI RELATIVEMENT AUX ACCUSATIONS DU POUVOIR OUATTARA SUR LA RECRUDESCENCE DES ATTAQUES A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

 

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Déclaration N° 002/2013



Le rassemblement des Républicains, socle du pouvoir Ouattara, a toujours eu pour stratégie la prise du pouvoir par les armes et dans son viseur le Front Populaire Ivoirien comme parti à abattre à défaut de ne pouvoir le battre dans les urnes.

C’est pour ces raisons qu’après son coup d’Etat qui a éjecté Henri KONAN Bédié et le PDCI-RDA du pouvoir en 1999, et n’ayant pas eu comme il l’escomptait le bénéfice de l’exercice du pouvoir d’Etat, le RDR a créé une branche armée, le Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire avec Soro Guillaume comme homme lige. Le coup d’Etat avorté de septembre 2002, qui a finalement vu son aboutissement par la prise du pouvoir du RDR dans la fureur par le feu et le sang, a ouvert une nouvelle ère. Celle de la destruction planifiée, du Front Populaire Ivoirien par le pouvoir Ouattara.

1. Les vaines accusations du pouvoir Ouattara pour détruire le FPI

1. 1. Le Plan Ouattara A

Au lendemain du 11 avril 2011, dès sa prise du pouvoir, le régime Ouattara, ne voulant plus entendre parler du FPI, a mis en œuvre un train de mesures pour atteindre cet objectif.

Tout a commencé et se poursuit encore par une gigantesque chasse aux sorcières, arrestations massives de militants et sympathisants FPI, qui a contraint au moins trente mille d’entre eux à l’exil. Avec à la clé le gel de leurs avoirs, la destruction de leurs biens et l’occupation de leurs domiciles.

Le tout orchestré – on s’en souvient – par une vaste campagne médiatique diabolisant à souhait le FPI dont on demandait à l’opinion publique, la suppression de l’échiquier politique, accusé par ses bourreaux coalisés de crimes humanitaires, économiques, politiques et tutti quanti.

Dans le même temps, il a été procédé :

- A la destruction méthodique et à l’occupation prolongée des sièges des journaux proches du FPI, les JV 11.

- A la répression systématique des meetings du FPI à Koumassi, Port-Bouët en octobre 2011.

Mais, en dépit de ce train de mesures dictatoriales, l’extraordinaire mobilisation des militants et sympathisants du FPI au meeting du 21 janvier 2012 est venue révéler au pouvoir Ouattara que le Front Populaire Ivoirien est loin d’avoir été détruit ; qu’il conserve bel et bien toute son énergie et sa vitalité pour rebondir, après avoir seulement plié l’échine sans rompre.

La répression sanglante et meurtrière du meeting du 21 janvier 2012 (1 mort 85 blessés) a été à la mesure du cuisant échec du pouvoir Ouattara qui venait de se rendre brutalement compte que le FPI est indestructible et plus vivant que jamais.

Ce plan A, qui a couvert la période d’avril à décembre 2011 s’étant avéré inopérant, le pouvoir Ouattara a engagé la phase B, celle de la disqualification politique du FPI, juin – octobre 2012.

1. 2. Le Plan Ouattara B

Le FPI ayant réussi à conserver, en dépit de toute la campagne de diabolisation orchestrée contre lui, son image de parti attaché à la démocratie, le pouvoir Ouattara a entrepris de lui coller une image de putschiste. A la fois pour discréditer le FPI et son fondateur Laurent Gbagbo dont la première comparution à la Haye était prévue pour le 18 juin 2012.

Cette phase a consisté en l’organisation méthodique par la branche armée du RDR, conduite par le chef de la rébellion Guillaume SORO, d’attaques ciblées des forces régulières du pouvoir Ouattara (FRCI) et celles de l’ONUCI. Le but visé, faire d’une pierre deux coups : se prémunir contre tout transfèrement de SORO Guillaume et ses com-zones à la CPI d’une part et d’autre part se débarrasser définitivement du FPI accusé de mener ces attaques, en le livrant à la fois à la vengeance de l’ONUCI et à la vindicte des FRCI.

- 06 juin 2012, assassinat de sept (07) casques bleus du contingent nigérien de l’ONUCI

- Nuit du 05 au 06 août 2012, attaque du camp militaire d’Akouédo.

- Par la suite, de nombreuses attaques des postes des FRCI (Dabou, Agboville, Grand-Lahou, Noé à la frontière ivoiro-ghanéenne, à grands renforts d’accusations médiatiques bruyantes du FPI, et de la République du Ghana.

Le clou de cette phase B de disqualification du FPI pour l’écarter définitivement de la scène politique a été la rédaction le 15 octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara d’un rapport prétendument attribué à des experts de l’ONU. Le point d’orgue est que le Front Populaire Ivoirien y est accusé d’avoir partie liée avec Ansar Dine, les Djihadistes du MUJAO et la branche Al Quaïda du Maghreb Islamiste – Aqmi – en d’autres termes d’être un parti de terroristes. Reprenant ainsi l’accusation fantaisiste prononcée quelques jours plus tôt par Guillaume SORO et ses lieutenants contre le FPI, sur Twiter. Il s’agissait ici pour le pouvoir Ouattara de livrer pour sa destruction, le FPI à tous les pays occidentaux, très sensibles à la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis, en tête.

Mais, le Front Populaire Ivoirien ne s’est pas effondré. Parce qu’il a vite compris que le combat pour la démocratie en Côte d’Ivoire, était parvenu, avec la dictature instaurée par le pouvoir Ouattara, a une étape cruciale, celle de la lutte de l’intelligence contre la force brutale, la terreur planifiée.

Le FPI a su bien réagir en ne se taisant pas et en apportant les réponses appropriées, preuves à l’appui, pour confondre ses détracteurs qui ont fini par se retrouver à bout d’arguments. Mieux, le Front Populaire Ivoirien s’est donné les moyens d’aller à l’international en Europe pour d’une part détruire le flot de contrevérités déversées sur le FPI et de l’autre rétablir la vérité sur la réalité de la situation politique, dans notre pays, en présentant le vrai visage du régime établi, une dictature sans nom.

C’est cette offensive diplomatique qui a conduit le pouvoir Ouattara, sous la pression de ses alliés occidentaux et de nombre d’Etats africains, à accepter le dialogue direct dont il n’a jamais voulu avec le FPI.

La suite on la connait. Ce dialogue a été savamment saboté de bout en bout et en lieu et place des problèmes posés par le FPI ce qui devait être un moment d’échanges fructueux a plutôt été utilisé par le pouvoir Ouattara comme une opération cosmétique destinée à polir l’image de son régime par un vernis démocratique.

Ne sachant plus à quel démon se vouer, le pouvoir Ouattara, en panne sèche d’arguments pour justifier ses échecs, continue de s’accrocher, à l’instar d’un noyé en détresse, à un fétu de paille : "c’est le FPI qui brûle l’Ouest", la même rengaine désuète et irresponsable.

2. A propos des attaques armées à l’Ouest et ailleurs

"Qui ne se souvient pas encore des massacres de Petit Duékoué, de Duékoué, de Guitrozon, de Doké, de Pantrokin, de Toulepleu, de Facobly, de Semien, de Kouibly, perpétrés depuis l’attaque venue du Burkina Faso en 2002 contre la Côte d’Ivoire" s’interroge, avec raison, le "Quotidien d’Abidjan" dans sa livraison N° 865 du mercredi 27 mars 2012. "Et la liste" – poursuit-il – "est hélas très loin d’être exhaustive. Des morts par milliers, des villages totalement ou en partie rasés de la surface de la terre, des femmes violées par dizaines, des membres coupés, des cadavres jetés dans des puits, des familles disloquées, et des orphelins ainsi que des veuves livrés à eux même dans ce monde de misère".

Au secours ! Devrions-nous nous écrier ! Qu’entende ce SOS tous ceux qui sont à l’écoute de la Côte d’Ivoire. C’est le vœu le plus fervent du FPI par ces temps de cécité, de surdité et surtout d’amnésie volontaires du pouvoir Ouattara.

Oui, la rébellion aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire ne se souvient plus du comment de sa – pourtant - toute récente accession au pouvoir au cours de la toute dernière décennie 2002 – 2012. Même les toutes récentes atrocités de Duékoué (Mars 2011) et de Nahibly (juin 2012) sont oubliées. De même que les enquêtes annoncées, oubliées, elles aussi, amnésie totale. Et le quotidien le Patriote, porte-voix de la rébellion au pouvoir, de proclamer à sa une du mardi 26 mars 2013. " Le FPI veut bruler l’Ouest". Mais diantre ! Cela fait plus d’une décennie que la rébellion aujourd’hui au pouvoir brûle l’Ouest !

2. 1. La bombe du foncier rural en voie d’explosion dans les mains de Ouattara

Le Front Populaire Ivoirien, face aux accusations fantaisistes le portant pour responsable de la mort de sept soldats nigériens du contingent de l’ONUCI à Taï le 8 juin 2012, avait pourtant prévenu en prenant le peuple ivoirien à témoin.

Après la perte de la première guerre du cacao par le président Félix HOUPHOUËT Boigny en 1991 contre les multinationales du négoce, et de la seconde guerre du cacao par le président Gbagbo lors de sa chute en avril 2011 contre les mêmes prédateurs, la situation qui prévaut depuis l’avènement du pouvoir Ouattara n’est rien moins que la mise en œuvre, depuis le 11 avril 2011, de la troisième guerre du cacao, menée par le même Alassane Ouattara, hier chargé de mission des multinationales, aujourd’hui président de la République.

La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela, au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables, qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.

Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi, qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su du pouvoir toutes les forêts classées du Cavally et de Goin Dedé à la frontière du Libéria, où il a installé des milliers de planteurs originaires de la CEDEAO. L’autre chef de guerre burkinabé, lui aussi lourdement armé Issiaka Tiendrébéogo, contrôle quant à lui, l’axe Taï – Grabo – San Pedro où il exproprie les paysans autochtones par la terreur et installe ses compatriotes qui arrivent chaque jour par convois sur les terres de l’Ouest.

Ils sont donc connus et jamais interpellés parce que en mission commandée, les acteurs des expropriations des terres orchestrées par le pouvoir Ouattara dans le cadre de cette troisième guerre du cacao qui a commencé aux confins de l’Ouest du pays et qui est destinée à s’étendre sur l’ensemble du Sud de la Côte d’Ivoire.

Dans toute cette partie du pays, les multinationales du négoce ont déjà pris pieds dans la production en rachetant tous les complexes agro industriels dans le cadre des privatisations.

La nouvelle loi sur le foncier rural en cours d’élaboration par le pouvoir vise à légaliser et à légitimer toutes les expropriations qui, écartant les anciens propriétaires de leurs terres se mettront au service de leurs nouveaux maîtres les colons de la CEDEAO et d’ailleurs. La Côte d’Ivoire ainsi recolonisée échappera ainsi totalement au contrôle des paysans autochtones propriétaires actuels de la production cacaoyère de notre pays.

Voici le projet qui est en cours, dans cette troisième guerre du cacao que livre à la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, au profit des multinationales du négoce et des puissances occidentales leurs commanditaires. Par ailleurs, il est temps, grand temps, pour les Ivoiriens de savoir si l’Ouest de leur pays est devenu une colonie de peuplement burkinabé et malien.

Ces réalités-là, le pouvoir Ouattara a le devoir de communiquer là-dessus au lieu de chercher en permanence à mener le peuple en bateau par la « bouc-émissairisation » permanente du Front Populaire Ivoirien.

2. 2 Les accusations portées contre le FPI sont une diversion du pouvoir Ouattara

Ce pouvoir est manifestement complice de la colonisation de l’Ouest ivoirien par des milices burkinabé principalement. Quand les accusations d’expropriations des paysans Wê et Baoulé montent en épingle dans l’opinion, le pouvoir Ouattara, annonce bruyamment une attaque imminente des FRCI pour déloger les bandes armées burkinabé des forêts classées qu’elles occupent et exploitent. Et puis quand la fièvre est tombée plus rien.

Le pouvoir Ouattara après avoir, à plus de cinq reprises déjà annoncé le déguerpissement par les FRCI des armées de Ouédraogo Remi alias Amadé Ouerémi, et consorts des forêts et plantations de l’Ouest, en est aujourd’hui à négocier donc à légitimer ces occupants qui refusent de quitter le sol ivoirien, pour que les propriétaires qu’ils ont spoliés retrouvent la pleine propriété de leurs biens.

Comment ce pouvoir peut-il, s’il n’est pas complice des colons, s’étonner que les propriétaires terriens exilés au Libéria manifestent le désir de récupérer leurs terres par les mêmes moyens qui ont été utilisés pour les exproprier c’est-à-dire les armes. En prenant le parti de ne prêter aucune oreille attentive à leurs légitimes requêtes, mais à les massacrer en coupant les têtes des présumés cerveaux, qui repoussent dès le lendemain avec d’autres attaques, le pouvoir Ouattara prend rendez-vous avec une violente explosion sociale incontournable et qui risque d’être préjudiciable à la Côte d’Ivoire.

Le foncier rural et aussi urbain est une bombe dont nous ne percevons pour l’instant que la fumée de la consumation du cordon vers le noyau de la bombe qui va immanquablement exploser. C’est hier la rébellion et aujourd’hui le pouvoir qui en est issu, qui ont allumé et attisent depuis plus d’une décennie le cordon de la bombe – ce n’est pas le Front Populaire Ivoirien.

En guise de conclusion

Il convient de souligner ce qui suit : la question de la propriété foncière est trop vitale pour une nation, pour que ceux qui ont momentanément en charge son destin, la traite de façon légère, cavalière par la stigmatisation visant à amuser la galerie. Le foncier est une poudrière qui n’est pas localisée à l’Ouest, mais sur l’ensemble du territoire national. Les récents affrontements armés à Odienné au Nord du pays et qui ont fait plus d’une dizaine de morts, résultent aussi du refus des autochtones de Madiana basés dans le quartier de Sobala, de se laisser gouverner et déposséder de leur terres par les allogènes et étrangers, qui se sont massivement installés à Madiana-Sokourani et veulent les réduire à la marge.

C’est là le schéma au microscope des situations créées partout ailleurs par les étrangers au détriment des autochtones qui refusent leurs expropriations et exterminations, que cautionne le RDR à travers ses cadres en attisant le feu comme à Madiana.

Le Front Populaire Ivoirien, très soucieux du développement et de la paix pour le peuple ivoirien, ne brûlera jamais la Côte d’Ivoire. Les pyromanes sont le RDR et ses cadres étrangers qui mettent le feu dans les villages qui les ont accueillis, comme à Madiana par souci de promotion politique personnelle en semant la division et la mort.



Fait à Abidjan, le 1er avril 2013.

Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard