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mercredi, 12 octobre 2011

SIX MOIS DEJA: SOUVENIR, LA GUERRE D'ABIDJAN N'AURA PAS LIEU!


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Le porte-hélicoptères "Tonnerre" venu au large d'Abidjan en mars-avril 2011 avec des commandos français

 

Le rappel douloureux d'un jeune patriote qui a vu sa nation basculer.

 

C'était des points noirs dans le ciel, et d'où nous étions, on pouvait apercevoir les tracés luminescents que faisaient les missiles dans l'horizon. Les gens s'exclamaient, ahuris de voir ces hélicoptères de  la Force Licorne pilonner, en plein jour, la résidence présidentielle.

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C'était le lundi 11 avril et il était environ 10 heures. Moi, je savais au fond que la partie était pliée et que le Léviathan avait décidé de passer à la vitesse supérieure. A mon alentour,  j'entendais des murmures, de vagues prières adressées à la providence divine. L'attente du miracle se lisait sur tous les visages anxieux. Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonna, un ami m'informait qu'une colonne de chars français se dirigeait vers Cocody. Mes yeux s'embuèrent de larmes. La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu...

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Char français de la force Licorne à Abidjan

Et pourtant, le deuxième tour des élections s'était déroulé relativement bien dans mon centre de vote. Ce dimanche 30 novembre 2010,  les citoyens avaient voté dans la discipline. L'engouement n'était pas pareil mais il y avait un bon petit monde. Cependant  personne n'aurait pu se douter qu'on s'apprêtait, bientôt, à rentrer dans une phase triste de notre histoire. C'est lors des décomptes de voix qu'on se rendit vite à l'évidence qu'un coup fumant se préparait.

En effet l'hésitation des journalistes, les atermoiements des membres de la CEI nous indiquèrent que les choses ne tournaient pas rond. Et ce fut l'intervention de Damana Pickas qui vint confirmer nos craintes. Pour sûr, une machination se déroulait au sein de l'organe électoral.

Ensuite vint l'annonce de la victoire d'Alassane Ouattara par le biais d'un Youssouf Bakayoko tout timoré à l'Hôtel du Golf. Les médias internationaux en firent leurs choux gras. De là, malheureusement allait naître tous nos soucis. Quelques heures plus tard, la cour constitutionnelle trancha et donna Laurent Gbagbo vainqueur. L'ONUCI de Yong-Jin Choï prit position. L'huile fut jetée sur le feu ! Et voilà, une Côte d'Ivoire,  deux présidents... Puis deux gouvernements... Dans notre quartier déjà les affrontements avaient commencé, les jeunes du RDR, nuitamment lançaient des attaques contre nos domiciles. Ils venaient pour la plupart de quartiers précaires et nous en voulaient pour notre soutien à Gbagbo.  Alors  nous aussi, nous prîmes nos dispositions pour l'affrontement. Les rumeurs d'attaque se faisaient de plus en plus entendre et nous nous attelions à ériger des clôtures pour protéger nos cités. La méfiance était au paroxysme entre famille pro-Gbagbo et pro-Ouattara. La division était lisible entre les différentes confessions  religieuses mais passée sous cape. Avec l'intervention de la communauté internationale, les évènements allaient de mal en pis. Ayant pris fait et cause pour Alassane, la France se voulait intransigeante envers mon président Gbagbo qui ne demandait que le recomptage des voix.

Fin Janvier, les sanctions pleuvaient de partout, mais la ville tournait encore, les rues se désertaient plus vite et un mystérieux commando invisible se  mit à opérer dans la commune d'Abobo semant la mort dans le rang des FDS (Forces de défense et de sécurité). Jusqu'à cet instant, j'espérais un retour à la normal, mais la fermeture de la BCEAO et  des banques amenuisa mes espoirs. Dans le monde entier, la mobilisation se faisait, de toute part, les intellectuels africains, comprenant la portée de la crise se mobilisaient pour Gbagbo. Moi, je partais à tous les meetings de Blé Goudé. Je savais que la bataille finale allait se mener bientôt à Abidjan. Les comités d'autodéfense  se créèrent, on était prêt à se battre pour notre nation, prêt à défendre  nos institutions. Le chef d'Etat-major, Philipe Mangou jurait de sa fidélité à la nation. « La mort est un gain, Christ est ma vie », disait-il, lors d'un fameux rassemblement.

Vers la fin de février, la situation était encore plus tendue et c'est avec soulagement qu'on apprenait par KONE Katinan, alors ministre du budget que les virements seraient faits dans les banques désormais nationalisées. Chaque soir, avec des amis, je papotais dans le bistrot du coin. On appréciait les ballets diplomatiques, interprétait la venue de tel ou tel émissaire, on évoquait la fin de la crise avec en main notre délivrance totale du joug colonial. On parlait de la nouvelle monnaie que le PR allait sûrement mettre en place pour contourner les sanctions économiques. « Il fallait qu'on cloue une fois pour de bon le bec à ces rebelles qui depuis 10 ans nous pourrissent la vie », se disait-on. Et on  vantait les mérites de notre armée citoyenne avec à sa tête ses valeureux soldats. « Non ! Jamais IL ne sera président car la bataille d'Abidjan aura bien lieu », pensai-je.

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Bombardement du Camp Agban par l'armée française

Puis vint la fin mars, au petit matin du 30, j'appris sur RFI qu'une offensive généralisée  avait été lancée par les FRCI, pro-Ouattara. Je me mis à sourire, malgré la faim qui tenaillait mon ventre, j'étais béat ; la prophétie d'un certain pasteur semblait s'accomplir. Puis vint les désertions, les fuites, les défections de soldats. « Sûrement une stratégie orchestré de main de maître par nos généraux », justifiai-je. Le 3 avril, l'assaut final fut lancé sur un Abidjan efflanqué. C'est alors qu'on allait comprendre que la Force Licorne était notre cheval de Troie en Côte d'ivoire... mais hélas, il était déjà trop tard !


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

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OH HAPPY DAY!

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Le regard sévère, caustique même, d'un patriote sur une certaine Côte d'Ivoire « nouvelle ». Mais aussi, un chant d'allégresse que nous espérons tous pouvoir, un jour, chanter sur les bords de la lagune Ebrié. Nous le souhaitons de tous nos vœux, ce jour. Mais, il faut compter avec DIEU. Lui seul décide de toutes choses. Nous portons vers lui nos regards et nos cœurs suppliants, pour que soient rétablies la vérité et la justice pour notre nation.


La semaine dernière, j'ai exprimé  ma profonde affliction face  à la tournure que prenaient les évènements en Côte d'Ivoire. Il fallait que le nœud noué dans mon ventre se délie, que j'évacue le trop plein de stress et d'amertume qui emplissait mon âme. J'ai pleuré en toute innocence, versé les larmes comme un bagnard condamné à tort et cela m'a fait du bien.

Maintenant, j'ai les idées claires et le cœur, somme toute, soulagé. Ma mélancolie s'est muée en une détermination ferme et mes veines bouillonnent d'une énergie nouvelle. Je suis ragaillardi, prêt à continuer le combat pour mon pays puisqu'il est juste, louable et impérieux...

Mes chers frères, on peut, en tout état de cause,  marquer une pause dans cette longue lutte qui nous a été imposée par l'ennemi mais ne jamais baisser les bras, ni renoncer à nos idéaux car nous sommes confronté à un défi de taille : LA RECONQUETE DE NOTRE NATION. Et ce challenge demande de nous, ABNEGATION, COMBATIVITE, FOI, COURAGE, PERSEVERANCE. Mais surtout CONVICTION ! Conviction d'avoir fait le bon choix.  En effet cette conviction doit être la base de notre engagement. Elle doit être l'élément moteur et fédérateur qui anime nos volontés.  Elle doit être sincère, pure et inébranlable. Jamais le doute ne devra  nous habiter, que ce soit dans  notre conscience comme dans notre inconscient. Et les termes de cette certitude sont les suivants: Gbagbo est le président des vrais ivoiriens et ADO (...), est celui qui depuis des années endeuille la Côte d'Ivoire. Ce doit être pour nous un postulat : Gbagbo est le véritable vainqueur des élections de novembre 2010!

Pour moi, cette affirmation ne souffre d'aucune équivoque, elle n'est pas une phrase proférée en l'air mais le résultat d'une observation évidente. Ladite observation prenant forme dans l'analyse d'une question. A savoir, qu'est ce que la démocratie ?  Vous me direz comme l'avait déjà défini Abraham Lincoln que la démocratie est «  le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Alors dans le cas de la Côte d'Ivoire, quel est ce peuple sachant que divers groupes socioculturels subsistent ? Sans risque de polémiquer, on peut dire que le peuple ivoirien, c'est cet ensemble composé de différentes ethnies (plus d'une soixantaine) originaires des divers régions du pays. Dans ce cas de figure, la démocratie  est la prise en compte de toutes ces ethnies constitutives du peuple. Cette démocratie ne peut donc être ni partielle ni mono ethnique mais consensuelle. C'est à dire qu'elle ne doit pas être l'apanage d'un groupe, elle ne doit pas se limiter qu'à un décompte arithmétique des électeurs mais plutôt à une prise en compte globale de la volonté  des différentes ethnies du pays. A bien y regarder, Alassane peut se prévaloir, par un tour de passe-passe mathématique, de la victoire hypothétique des élections considérant le bétail ethnique (dioula et baoulé) qu'il a pu ameuter (cela reste encore à vérifier), toutefois le véritable gagnant du scrutin présidentiel est fondamentalement Gbagbo car de manière objective, nationale, pluriethnique,  il a été le plus plébiscité.

Par ailleurs, ma conviction en Gbagbo est d'autant plus ferme qu'au regard d'une étude comparative faite des actes posés par ces deux hommes pour notre pays, Gbagbo s'avère être le démocrate par excellence.  En effet, je constate que quand Gbagbo a proposé la démocratie, Ado a proposé la rébellion. Quand il a préconisé les marches pacifiques, Ado a créé les manifestations armées. Quand Gbagbo a prôné l'indépendance du pays, lui a préféré la soumission. Lorsque Gbagbo a proposé la liberté économique, lui a opté pour l'esclavage financier. Lorsque Gbagbo a proposé la réforme de la terre, lui l'a bradée aux étrangers. Là où Gbagbo a bâti une armée souveraine, loyale et fière, lui a érigé une meute affamée de mercenaires et de déserteurs. Ado a introduit la haine dans ce pays, la division ethnique, religieuse. Hypnotiseur aguerri, il a embarqué le peuple baoulé dans un chemin sinueux, loin de tout idéal patriotique.

Au vu de tous ces antagonismes, j'estime que mon choix  pour Gbagbo est le plus judicieux car là où il a tendu la main, Alassane, lui, a tendu le poing. C'est en cela que  l'historien est le meilleur des choix. Certes, il est loin d'être un saint, loin d'être un innocent mais il est humain et mille fois préférable à l'économiste au cœur d'acier. Sans nul doute, je sais être du côté de la raison et ma foi ne cesse de croître quant à la fin prochaine de cette galéjade politique.

Bientôt, la vérité éclatera au grand jour, elle se fera si incandescente qu'elle consumera les yeux de tous ces illuminati, ces francs-maçons qui se croient maîtres du monde. Les princes qui ont été dépossédés de leur hongre remonteront en selle et ces analphabètes qui se sont arrogé le droit de vie et de mort iront croupir en enfer. Bientôt ces fieffés voleurs rencontreront la justice divine, celle qui ne se compromet pas, qui ne se négocie pas, qui ne se circonscrit pas dans une période donnée et ils auront des comptes à rendre. Ces meurtriers qui oublient le sang versé, les femmes violées, les innocents estropiés, les maisons parties en fumée. Le glaive les frappera durement et ils partiront comme ils sont venus, dans le chaos et la désolation totale. Tout cet argent, cet or, ce diamant, ce cacao, ce coton volés et entrés dans leurs poches ressortiront (...). Ce jour viendra, bientôt !

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Et nous qui sommes restés fermes dans notre conviction, ce sera notre happy day! Ces impénitents  seront balayés par un coup de mistral violent et sur tous les toits, on annoncera l'arrivée de notre P.R à l'aéroport F.H.B. Toutes les communes seront en ébullition. Yopougon, Treichville, Cocody, Marcory... seront en transe. Déjà dès l'aube, les oiseaux chanteront dans le ciel l'hymne de la liberté, la rosée bénira le sol d'une eau cristalline. Le soleil, à l'horizon, irradiera de ses rayons la douce lagune Ebrié. Et de minute en minute, les abidjanais sortiront de leurs maisons, formeront des groupes hissant les oriflammes de la nation. La ville, vêtue d'orange, blanc et vert, célèbrera la dignité retrouvée. Comme un seul homme, la foule convergera vers Port-Bouët accueillir  le héros national. Même ces détracteurs se dissimuleront dans les cortèges pour aller l'admirer, honteux qu'ils seront de s'être fourvoyés. Et on attendra, sur le tarmac luisant de l'aéroport F.H.B, l'ivoirien qui a bravé la France, défié l'ONU et confondu tous les suppôts du Diable pour l'honneur de son pays. On chantera en cœur son nom et on glorifiera le Seigneur pour sa magnificence. Ils reviendront tous, ce jour-là, ces déportés du grand nord, victimes malheureuses de la vengeance inique. De l'orient à l'occident, les frontières s'ouvriront et tous nos exilés rentreront au pays dans de longues colonnes de cars grisés de joie.

Ce jour-là est pour bientôt, mes amis, et on fera alors notre Sainte cène. Dans l'exultation et la ferveur absolue, on organisera un merveilleux banquet dans un jardin irrigué de fleurs multicolores. Sous un immense flamboyant ocre, on se retrouvera tous, autour d'une grande table garnie de mets exotiques. On festoiera entre amis de lutte, amis de conviction. Et enfin je pourrai  coller un visage et un nom sur chacun d'entre vous. Vous, patriotes anonymes que je n'ai jamais vu et qui pourtant me semblez si proches et si familiers. Je verrai Jean-Christ Decimus, Prisca Joëlle Stani, Altesse Kafe, Justine Kiss, Loving Koudou Gbagbo, Fernand Agbo Dindé, Mathieu D. Jouan, Kouamé Célestin M'brah, Marie Paule Kodia,  Suzanne Dahouet, Stelro Gomlan, Marie Danielle, Serge Pacôme Diai, Pat Berluti et tous ceux que je ne peux citer (la liste est si longue). Je rencontrerai, enfin, tous ces amis virtuels qui sont devenus, par la force des choses, mes frères et sœurs à vie, et ensemble, on entonnera ce gospel qui a, au fil du temps, traversé les générations, réchauffé les foyers :

ECLATS DE JOIE.jpg

« Oh happy day!

Oh happy day!

When Jesus washed!

Oh when he washed!

Washed my sins away!

Oh Happy day...»


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

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mardi, 04 octobre 2011

LE BLUES

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Aujourd'hui, je ne suis pas enclin à écrire. Mon moral est bas, mes yeux larmoient, je suis triste et je m'en veux de ressentir une telle apathie, moi qui suis censé recharger vos accus par mes textes vivifiants.  J'ai le blues ! Mon pays sombre dans une dictature des plus fermes et je me sens prisonnier d'une ville que je ne reconnais plus. Tenez ! L'autre soir, vers 23H j'ai parcouru Abidjan d'un bout à l'autre. J'ai regardé partout, observé dans tous les recoins. Rien, pas un seul policier à l'horizon. Rien ! Libre à vous de faire du 220 à l'heure, de brûler les feux rouges, d'effectuer des dépassements dangereux. Rien ! Libre à un quidam de vous dépouiller, de vous molester, de vous kidnapper. Rien ! Abidjan est dévêtu, sans attribut, sans gangue, livré à son propre sort. Pourvu que le préfet Ouattara dorme dans les bras de la licorne, le reste n'est que vacuité.

Ecrire, pour dire quoi ? Qu'ils sont dans les hôtels feutrés, entre deux avions, autour d'une bouteille de champagne Boërl & Kroff, à parler de réconciliation, à discuter, sanglés  dans leurs vestons en soie, de la paix, de notre paix. Ecrire pour dire que  nos nouveaux dieux décident de la viabilité de notre nation, de nos joies, de nos peurs. Écrire pour dénoncer leur regard inquisiteur qui désigne les vainqueurs et les vaincus, les martyrs et les bourreaux, les vaillants et les pleutres. Dois-je m'indigner de la réconciliation concoctée comme une tomate farcie, farcie d'hypocrisie, de haine, de dédain, de mépris, d'injustice ?  La réconciliation-décret, la réconciliation-ordonnance mûrit dans les hautes sphères de la démagogie. La réconciliation-tintamarre  qui abrutit les tympans mais effleure à peine les cœurs !

Je suis triste  mes frères, j'ai le spleen à fleur de peau et je m'excuse si je ne m'en cache point. La bienséance aurait voulu que je  taise ce sentiment et que je feigne l'écrivain optimiste, au feuillet pétillant de propos galvanisants. Mais que dire si ce n'est que je suis affligé de constater que, dans cet autre millénaire, nous sommes encore le sujet d'étude d'autres civilisations. Ils élaborent des théories, émettent des thèses, observent des constances  et expérimentent leurs trouvailles sur nous, le peuple-cobaye. Tout, absolument tout ce qui nous arrive a été soigneusement organisé, planifié, prémédité par des sociologues, des criminologues, des psychologues occidentaux. Ils se jouent de nous comme le chimiste se joue des molécules pour créer une réaction en chaîne. Nous sommes les pions d'un échiquier gigantesque et ses fabulateurs nous mènent par le bout du nez.  Et cela, nous le savons tous !

Cependant, je ne veux pas ainsi dénier notre part de responsabilité dans le drame immonde que nous vivons. Il serait simpliste voire inconvenant de faire porter le chapeau de notre déconfiture à la France entière. Car le mal est passé par nous, sujets trop passifs, excellents conducteurs. D'hier à aujourd'hui, nous portons  en notre sein les germes de notre déficience. De Lumumba à Gbagbo en passant par Sankara, le schéma est le même et les félons ne sont pas bien loin. Mamadou Koulibaly, le vertueux, Mamadou Koulibaly le constant a  tôt fait de déguster la coupe de la traitrise. Même Allou Eugène, cet effacé politique se donne à cœur joie dans l'amnésie sélective. Au demeurant, notre manque de cohésion, nos désunions, nos conflits d'égo trop  haineux font de l'Afrique un continent à la traîne balloté par la communauté dite internationale.

Je suis triste mes frères car j'ai l'impression qu'une nouvelle cartographie de la côte d'ivoire s'est faite et que ses frontières se limitent désormais au district d'Abidjan. On s'extasie de la reprise des chantiers publics dans la ville, de quelques artifices ça et là et on oublie le reste du pays. Quand ils roulent dans leurs bolides suréquipés sur les voies "dépoussiérées" de la capitale économique,  pensent-ils aux autres régions, aux autres villes, aux autres villages? Là où l'autorité du préfet fait place aux dictats des FRCI ? A l'ouest se dessine actuellement un sinistre tableau fait de spoliation de terre, de guéguerre intercommunautaire, de milices armées d'allogènes, de crise humanitaire. Soit, un tableau apocalyptique ! Même le PAM par la voix de son représentant Alain Cordeill reconnaît la situation alimentaire déplorable qui prévaut particulièrement dans le moyen Cavally.  Et la visite surfaite d'Alassane Ouattara, prévue du 13 au 15 octobre n'y changera rien quand on devine aisément la portée électoraliste de ce déplacement.

Cinq mois de souffrance, cinq mois de disette, de crainte sous-jacente, de mesures vexatoires et l'enthousiasme des "houphouëtistes" peine à se maintenir. Si tant est qu'ADO  est si aimé et si populaire, pourquoi personne ne s'aventure dans la chansonnette  à son honneur, lui notre sauveur universel ? Même nos artistes zouglou pourtant très promptes à faire sortir des singles  traduisant la reconnaissance du peuple à leurs hommes politiques semblent en panne d'inspiration.  Je suis triste pour mon pays dépecé en districts, en régions selon la guise d'un individu.

Excusez-moi, je n'ai pas la force aujourd'hui de simuler un sourire, de pousser  un "on y va !"ou "battons nous !". J'ai juste envie de fermer les rideaux, d'éteindre la lumière et de fléchir les genoux pour invoquer notre Dieu car lui seul à la vraie solution à nos problèmes. Mes frères, j'espère que vous tous, vous ferez de même,  vous porterez votre voix au SEIGNEUR afin qu'Il ouvre les vannes de sa bénédiction sur notre nation, qu'Il frappe les impies et les orgueilleux, qu'Il rétablisse la justice divine dans nos vies. J'éteins mon ordinateur en espérant que demain le soleil se lèvera sur la Côte d'Ivoire et que l'arc-en-ciel, signe de l'alliance éternelle, illuminera de couleur le firmament  ivoirien. DECONNEXION...


Source : LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

11:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : côte d'ivoire, crise ivoirienne, les chroniques d'argentus, le blues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 17 septembre 2011

ET LE BLANC DEVIENT NOIR

CARREFOUR INDENIE.jpg

Ils pensaient, ces individus, pouvoir anesthésier notre conscience à coups de pinceau magique. Ils pensaient pouvoir égarer notre intelligence dans de sombres abysses. Stupidité ! Ils croyaient pouvoir nous endoctriner à partir de quelques tours de passe-passe merdiques, de cosmétique grossière mettant en relief un simulacre de ville propre. Bien sûr, ils sont moult ceux qui se sont pris au jeu du changement salubre, comme quoi l'ancien pouvoir en place ne se complaisait que dans les détritus, dans l'inefficacité résiduelle. Et pourtant après quelques semaines de tape à l'œil, de vague blanche sur les artères d'Abidjan, on assiste à nouveau au retour des immondices. Bis répétita !

Ce matin, en sortant de ma commune, quel ne fut mon étonnement de voir par-ci et par-là des tas d'ordures jonchant la chaussée. Je me suis dit qu'il s'agissait sûrement d'une autre cité, d'une autre métropole que celle d'ADO car avec lui, on ne pouvait assister à ce décor apocalyptique digne de « l'infâme dirigeant génocidaire ». Croyez-moi mes amis, je fus encore plus étonné de voir les rues et les carrefours des quartiers de mes frères enturbannés malpropres. D'autant plus étonné que de mémoire d'ivoiriens, jamais je n'avais vu une communauté aussi fière d'enlever sa propre crotte juste pour prouver aux autres que le changement promis était arrivé.

Cependant, comme dit l'adage : « A beau chasser le naturel, il revient au galop ! ». N'en pouvant plus d'être propres, c'est à cœur joie qu'ils se remettent à déverser les eaux usées, les sachets, les épluchures partout. Même cette armée de femmes burkinabé allouée par Blaise COMPAORE pour astiquer Abidjan n'en peut plus de travailler en vain et réclame son maigre émolument. En réalité, les nombreuses promesses n'ont été pures supercheries. Bof ! Elles n'auront que leurs yeux pour pleurer car moi, jamais je ne compatirai à leur malheur.

Et le blanc devient noir, tous ces kilos de peinture blanche déversés dans Abidjan se sont transformés en une couche brune et glauque pareille à la pourriture qu'ils sont. Ils ont voulu du blanc, Dieu leur donne du noir ! À force de coups de pelleteuse, Abidjan est dévasté, les boulevards sont tristes et une atmosphère lourde et opaque étouffe la population. Tout est faux dans cette ville. Les joies sont fausses, les rires sont faux, et les fêtes ont un arrière de goût de mélancolie. Pour sûr, on regrette le passé, on regrette déjà GBAGBO. Et la maxime : « On n'apprécie le vrai bonheur que lorsqu'on l'a perdu » commence à titiller l'esprit de nos frères d'à côté. Mais, trop fiers pour l'admettre, ils se cachent derrière les éternelles excuses : « Il ne fait que commencer ! Dans quelques mois les activités vont reprendre ! ». Autrement dit, ils font dans l'espoir d'un lendemain meilleur. Nous, on n'est serein et on observe les évènements se dérouler, confiant d'avoir fait le bon choix, de ne pas avoir bradé notre dignité.

En somme, on retiendra qu'il ne suffit pas d'être économiste pour être un bon président, qu'il ne suffit pas d'injures et de calomnies pour faire mieux que ceux qu'on dénigre. Ces ânes de la politique ivoirienne l'apprendront à leurs dépens. Hélas, c'est encore nous, le peuple, qui souffrons. L'inflation est croissante, la paupérisation, vivace ; les malades, en grand nombre, succombent dans les hôpitaux bondés ; nos étudiants, l'élite de demain, se rongent les pouces à ne rien faire. Ainsi va la Côte d'Ivoire d'Alassane, un pays au bord du gouffre qui n'a de sursis que grâce à la main tendue. Moi, J'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je sors en ville. J'ai l'impression de vivre un long cauchemar mais le brouhaha des balayeuses me rappelle à chaque fois que je suis bien éveillé !


Argentus Côte d'Ivoire


Source: Les Chroniques d'Argentus