topblog Ivoire blogs

vendredi, 27 janvier 2012

VISITE D'ALASSANE OUATTARA A PARIS: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT NICOLAS SARKOZY


KONE KATINA JUSTIN 2.jpg

La visite d'Alassane Ouattara en France, ce mercredi 25 janvier, pour quatre jours est une occasion pour la France de se poser  - et de lui poser, les vraies questions concernant la situation en Côte d'Ivoire.

Alors qu'il semble prévu, lors de cette visite, de « saluer les progrès faits par la Côte d'Ivoire depuis le départ du Président Gbagbo », nous invitons le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le Ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé, le Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer, le Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot, à aborder les vrais sujets suivants :

1. Processus de réconciliation nationale

Alors que le pays est toujours divisé par le résultat d'élections présidentielles que nous continuons de contester (et pour lesquelles nous attendons toujours un recomptage des voix, qui nous a été refusé par les instances internationales contre toute logique de droit et de fait), rien dans l'action d'Alassane Ouattara n'a favorisé la réconciliation d'un pays divisé en deux. Au contraire, la sécurité de son régime est assurée, avec l'assistance de l'armée française, par des chefs de guerre qui depuis 2002 , vivent en marge de l'Etat et l'état de droit et que toutes les ONG reconnaissent comme étant à la fois, les auteurs des  crimes contre  l'humanité comme ceux de Duékoué et qui se sont enrichis au détriment de l'Etat de Côte d'Ivoire grâce aux trafics illégaux  du cacao et du diamant.  Et depuis le renversement du Président GBAGBO, la situation sécuritaire n'a malheureusement pas changé, la population continuant à être terrorisée par les chefs de guerre.  Les tensions ne  font donc que s'exacerber.

Le transfèrement illégal du Président Laurent Gbagbo le 29 novembre dernier approuvé par le Gouvernement  OUATTARA, qui fait suite à sa détention illégale et arbitraire, a été effectué  à un peu plus d'une semaine des élections législatives en Côte d'Ivoire du 11 décembre 2011. Nous sommes donc en présence d'une manœuvre politique qui a tente de mettre à l'écart l'un des acteurs clés de la vie politique ivoirienne, père du multipartisme et de la démocratie en COTE D'IVOIRE, fondateur du FPI et initiateur de la plate-forme CNRD-FPI.

Cela a eu pour résultat de renforcer encore les exactions dont sont régulièrement victimes les sympathisants et partisans du Front Populaire Ivoirien/CNRD (FPI). Ainsi, le 21 janvier dernier, un partisan du FPI est mort et beaucoup ont été blessés lors d'une attaque à coups de pierres et armes blanches, menée par des partisans du Gouvernement contre un rassemblement de ce parti. Ces  violences ont été condamnées fermement par les Etats-Unis et par la Convention de la Société Civile ivoirienne (CSCI), qui ont appelé au « dialogue ». La France s'est tue. Mais nous voulons croire qu'elle attendait cette visite officielle pour exprimer sa position.

2. Mise en œuvre du processus démocratique dans le pays

Les élections législatives du 11 décembre dernier ont montré à quel point la démocratie en Côte d'Ivoire était sortie affaiblie. Ce scrutin, boycotté par les partis proches du Président Laurent GBAGBO - donc par la principale force d'opposition en Côte d'Ivoire, enregistre, avec moins de 15%, le plus faible taux de participation jamais connu en Côte d'Ivoire. Les résultats ne sont donc pas représentatifs puisque moins de 8% du corps électoral dans son ensemble a voté pour Alassane Ouattara.

Les Ivoiriens ont exprimé, par leur abstention, le fait qu'ils n'étaient pas dupes : ils demandent un vrai débat politique et démocratique et rappellent que, dans  l'état actuel de la crise ivoirienne, la normalisation de la vie politique ne peut se faire sans le Président GBAGBO.

3. Situation des exilés, des déplacés de guerre à l'intérieur du pays, des exilés et des Etudiants

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), il reste aujourd'hui quelque 500 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays qui ont été pillés et chassées de leurs maisons par les forces de Alassane OUATTARA. Un chiffre auquel il faudrait ajouter près de 2 500 000 réfugiés ivoiriens dans les pays voisins. Soit près de trois millions d'Ivoiriens qui ne peuvent participer à la vie démocratique dans leur pays.

N'était-il pas plus urgent de faciliter et d'accompagner leur retour, plutôt que d'organiser des élections législatives auxquelles plus de trois millions de citoyens ne pouvaient physiquement participer compte tenu des conditions précaires de sécurité ?

N'aurait il pas mieux valu allouer les dépenses liées à cette parodie d'élection à la réouverture des universités ivoiriennes dont la fermeture  décidée par Alassane OUATTARA, prive ainsi les étudiants et la société ivoiriens de toute perspective d'avenir ?

En conclusion, nous appelons  le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer, le Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot à faire passer la promotion de la paix, de la stabilité et de la démocratie en Côte d'Ivoire, au-dessus de considérations financières et commerciales qui au fond ne servent ni les intérêts de la FRANCE ni ceux de la COTE D'IVOIRE.

Nous les invitons donc à demander, lors de leur rencontre avec Alassane Ouattara, des engagements fermes pour que soit lancé un véritable processus de réconciliation nationale qui suppose que soit immédiatement engagées  des discussions avec le Président Laurent GBAGBO.
L'avenir de la Côte d'Ivoire,  plus que jamais incertain, est à ce prix.

Ampliation:


Au Premier ministre François Fillon, au Ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé, au Président de l'Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, au Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot.



Le Ministre Koné Katinan Justin,
Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

vendredi, 16 décembre 2011

UN ANCIEN PASTEUR DE L'EGLISE REFORMEE DE FRANCE ECRIT A NICOLAS SARKOZY


NICOLAS SARKOZY 3.jpg

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la République Française

(1er avril 2011)

 

Cette lettre est absolument à lire, malgré son actualité décalée!

 

« Aux cadavres jetés, ce manteau de paroles... » (Louis Aragon)

Monsieur,

Entendez-vous, Monsieur Sarkozy - je devrais dire Monsieur le Président, mais vous n'êtes plus à mes yeux digne de ce titre, encore que, aveuglé par la bêtise et l'ignorance, j'aie pu une fois, une fois de trop, et puisse Dieu me le pardonner, voter pour vous -; entendez-vous, Monsieur Sarkozy, le gargouillis du sang dans la bouche de ceux qui aujourd'hui, par centaines, par milliers, sont égorgés sur vos ordres, aux quatre coins de ce qui fut le "paradis" de l'Afrique de l'Ouest, par une armée de bandits - grossie aujourd'hui du flot de tous les droits communs hâtivement libérés par vos "rebelles", au fur et à mesure de leur progression dans les localités placées sous le signe de leur - votre ! - criminel arbitraire; droits communs également sortis des prisons de Ouagadougou par la volonté de votre "créature" au Burkina voisin, Blaise Compaoré; tout ce beau monde puissamment armé par vos soins, avec la complicité active d'une Onuci par vous corrompue et dévoyée, au mépris de toutes les règles du droit international et ivoirien ?

Jusques à quand croyez-vous pouvoir aveugler le peuple de France sur les dessous inavouables de vos sales menées africaines, sur les dessous de ces sales menées africaines qui ont, je vous le concède, commencé bien avant que vous occupiez ce fauteuil maculé du sang de la France coloniale et postcoloniale, et cela sans interruption depuis la guerre, quel qu'en ait été l'occupant, droite et gauche confondues dans la même abjection ? Jusques à quand pensez-vous pouvoir cacher à tous la gravité de ce cancer du mensonge et de l'injustice dont les métastases rongent et gangrènent la vie et l'âme de notre nation ?

Priez, priez vous-même pour que cet aveuglement se dissipe au plus vite, avant que le pays tout entier doive payer d'un prix trop élevé pour s'en remettre les conséquences de votre méchanceté, et de celle de vos sbires d'ici ou d'ailleurs, le prix du sang de toutes les victimes innocentes sacrifiées sur l'autel des intérêts vampiriques d'une France moribonde en mal d'argent frais. La France, je le crois, guérira, mais à la condition d'être d'abord guérie de vous comme de l'emprise de cette pieuvre étatique aux ramifications trivialement mercantiles, dont vous êtes aujourd'hui, à votre tour, à la fois le jouet et l'animateur : animateur sans âme - à propos, vous attendra-elle encore longtemps au vestiaire ? -, et donc nécessairement habité, manipulé par ce qui n'est pas lui.

Quoi qu'il en soit, vous êtes aujourd'hui, avec vos confères d'une scène internationale sur laquelle on ne sait plus qui manipule qui; vous êtes aujourd'hui mon ennemi, comme vous l'êtes de Mouammar Kadhafi ou de Laurent Gbagbo, deux dirigeants inspirés qui n'ont jamais cherché à paraître ce qu'ils n'étaient pas, en se drapant comme vous dans le manteau d'une dignité morale parfaitement hypocrite. Leur seul crime, à tous deux, est d'avoir osé vous tenir tête, à vous, à votre arrogance de caporal au service d'un Occident plus que jamais déterminé à asservir les peuples relevant de sa dernière chasse gardée, l'Afrique, et ce par le truchement de marchés honteux. L'attentat de Lockerbie ? Même les preuves de l'implication de la Libye dans ce crime ne sont toujours pas établies, quoi qu'on en dise. Et je ne vois pas en quoi les dirigeants du Bahreïn, du Yémen ou de Syrie menacent moins leurs populations que le régime libyen, qui, loin de tirer comme eux sur des foules désarmées, a du faire face à une insurrection armée fomentée et armée par vos soins!

Oui, vous êtes mon ennemi, l'Ennemi de tous ceux qui consentent à ouvrir les yeux sur l'atroce réalité des complots ourdis et des crimes perpétrés à leur insu et en leur nom, au nom d'une République dont vous contribuez à souiller à tout jamais la mémoire et l'honneur. Avec vous, la France, après s'être couverte d'une gloire de pacotille avec ses "rafales" - qui les veut, mes avions, qui les veut ? - et son savoir-faire guerrier, se retrouvera à court terme, et comme toujours, couverte de ridicule, puis de honte. Il est vrai que relayés à plaisir par vos services - secrets ou non -, et par la cohorte de vos valets du gouvernement, de l'Assemblée, du Sénat, de l'opposition, de l'intelligentsia parisienne, ainsi que de la presse française toutes tendances confondues, vos innombrables mensonges, en dépit de leur caractère ignoble et monstrueux, semblent tellement bien digérés par l'opinion que l'on peut à bon droit se demander si la démocratie française est en meilleure santé que celle de Kim Jong Il !

Lorsque vous vous regardez dans la glace, je vous souhaite, comme dans les films d'épouvante, dont l'horreur n'a rien à envier à celle du chaos dont vous êtes aujourd'hui le principal artisan, en Libye et en Côte d'Ivoire, de vous voir soudain environné par le reflet glacé de ces milliers de visages dont les regards se sont éteints, s'éteignent et vont s'éteindre par votre faute : pour chacun d'eux, compte vous sera demandé, comme à un petit Hitler en col blanc et aux velléités humanitaires. Pour chaque forfaiture maquillée en vertu, compte vous sera demandé, et compte triple: pour la perpétration du crime, pour sa dissimulation - en l'imputant lâchement à d'autres -, et pour sa négation assumée et réitérée jusqu'à la nausée.

Je vous ferai grâce du procès que l'on pourrait vous intenter pour tous les cas avérés de conflits d'intérêts dans lesquels vous et les vôtres vous êtes trouvés impliqués : ces délits sont mineurs, au regard des meurtres de masse qui vous rendent justiciable, plus que tout autre, de cette "Cour pénale internationale" par vous promise à Kadhafi et à Gbagbo, compétente pour qualifier et juger les crimes contre l'humanité. A moins que cette cour, elle aussi, fasse partie de la vôtre ? Certes, vous pouvez encore - mais c'est un mot dont vous avez affirmé avoir horreur, je le comprends mieux aujourd'hui, vous pouvez encore vous repentir. Mais en tout état de cause, la réparation des torts et des dommages irréversibles par vous causés à la France et au monde nécessiteront un temps de purgatoire beaucoup plus long que la permanence de votre trace dans l'histoire.

Ma prière aujourd'hui, c'est que Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi vous survivent longtemps, ainsi qu'à ce système dont vous et toutes vos confréries pourvoyeuses de cimetières peuplés de beaux discours incarnez la perversion.


Respectueusement,

Un ancien pasteur de l'Eglise Réformée de France.

 

« Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d'aurore... » (Louis Aragon)

mercredi, 07 décembre 2011

LETTRE OUVERTE A M. SARKOZY, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE


LOGO GTT INTERNATIONAL GENEVE.png

PROTESTATION CONTRE L'ACCUEIL ET LA RENCONTRE AVEC M. RAJOELINA


Monsieur le Président,


Vous  n'êtes pas sans savoir que Madagascar vit actuellement la pire crise de son histoire aussi bien dans sa durée que dans son ampleur. Cela fait maintenant presque 3 ans que les Malgaches se battent pour se libérer d'un putschiste qui continue de défier la Communauté Internationale en cherchant à imposer la légalisation du coup d'Etat perpétré le  17 mars 2009.

Depuis cette date, M. Rajoelina ne cesse de bloquer délibérément le bon fonctionnement du processus de conciliation entamé par la Communauté Internationale.

Ainsi, la Feuille de Route signée le 17 septembre 2011 connaît actuellement des difficultés dans sa mise en œuvre et les faits suivants viennent étayer cette affirmation:

  • la nomination récente d'un nouveau premier ministre de consensus est très contestée car elle viole les dispositions prévues par l'article 5 de la dite Feuille de route qui stipule que «Le Premier ministre sera nommé par le Présidentdela Transition sur une listedepersonnalités proposées par les Acteurs politiques malgaches,... Il est attendu que le Premier ministredeconsensus ne peut être originaire nidela même province nidela plateforme politique qui soutient le Présidentdela transition». Or M.Beriziky est issu d'une formation faisant partie de l'Union des Démocrates et des Républicains pour le changement (UDR-C) soutenant Rajoelina,
  • aucune des mesures d'apaisement mentionnées dans la feuille de routen'aété mise en place à savoir les détenus politiques sont toujours enprison dans des conditions déplorables et les radios privés sont encore frappées d'une interdiction d'exploitation,
  • le retour d'exil du Président élu démocratiquement Ravalomanana reste encore en suspens contrairement à ce qui est prévu par l'article 20 de la Feuille de Route. De plus, un mandat d'arrêt suite à un procès politique pèse encore sur lui,
  • le pseudo gouvernement de consensus nouvellement formé ne respecte point l'équilibre des pouvoirs. Tous les ministères de souveraineté notamment la Justice, les Finances, l'Intérieur, les Affaires étrangères et l'Armée restent entre les mains de la mouvance putschiste. Remarquons au passage que lesdeuxtiers des ministresont participé aux pillages des biens publics et au détournement de fonds qui minent toujours le pays, certains d'entre eux sont d'ailleurs sous le coup de condamnation judiciaire.
  • M. Rajoelina veut asseoir un Parlement de Transition où l'oppositionn'occupe que10% à 15% des sièges pour garantir l'unilatéralisme de son pouvoir.

Face à cette situation, les mouvances de l'opposition ont déposé une plainte auprès de la Communauté Internationale contestant les conditions de formation de ce gouvernement et demandant à cette dernière de ne pas reconnaître ce gouvernement non consensuel.

C'est dans ce contexte, Monsieur le Président, que vous vous apprêtez à recevoir, ce 07 décembre 2011,  M. Rajoelina, l'assassin de la démocratie et de la liberté à Madagascar.

Cette rencontre est perçue par les Malgaches comme une reconnaissance implicite par la France de ce pouvoir illégalement installé. Elle constitue surtout une insulte au peuple Malgache épuisé par 33 mois de régime totalitaire.

Nous demandons donc à la France de  revoir la situation réelle sur le terrain et de s'abstenir de toute forme de reconnaissance de ce régime qui continue à mener le pays vers un désastre socio économique sans précédent.

Enfin, Monsieur le Président,  la France doit :

  • respecter la souveraineté du peuple malgache à choisir son Président,
  • se garder de toute forme d'ingérence dans les affaires internes du pays en laissant aux Malgaches eux-mêmes la recherche de solution à la crise,
  • œuvrer pour le retour du Président démocratiquement élu Marc Ravalomanana, seul gage d'une paix sociale durable pour le pays.

.

GTT INTERNATIONAL - Genève

15, rue des Savoises

Genève - SUISSE


collectifgtt@gmail.com

http://gtt-international.blogspot.com/

dimanche, 14 août 2011

SENEGAL: LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY


NICOLAS SARKOZY 4.jpg

Monsieur le Président Sarkozy : Que vient faire votre gouvernement au Sénégal ?


Monsieur le Président, vous venez d'envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin, « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) » qui l'a convoqué à plusieurs reprises pour l'entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le « Rapport » de l'« ONU » sur le Rwanda.

Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées « Eléments Français au Sénégal (EFS) ».

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu'il soit légitime de vous interroger sur les raisons d'un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la « stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Du reste, il se dit que vous avez, jusqu'à récemment, soutenu ce projet et même tenté de le « vendre » à Obama, de la manière que l'on sait ...

Toujours est-il, que l' envoi de ce Général « présumé génocidaire », à Dakar, fait suite à la demande de votre Ambassadeur à Dakar, qu'il a adressée à l'opposition, de « permettre à Wade de briguer un 3 ème mandat », en violation flagrante de notre « Constitution », et de la déclaration fracassante de votre Ministre, chargé de la Coopération, soutenant que « c'est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade, disqualifie d'office le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal, qui vient pourtant d'achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L'on devrait donc s'attendre, en suivant votre logique, à ce que le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans la « Rue », précisément parce qu'il serait ridicule d'organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander si le Gouvernement français a déjà pris faits et cause pour la « stratégie de chaos » de Wade de conservation du pouvoir, même si vous semblez, personnellement, ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C'est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, à laquelle Wade se prépare, même s'il déclarait récemment, par pure démagogie, qu'il se conformerait aux décisions du « Conseil Constitutionnel » que les Autorités Françaises attendent qu'il se déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande, à l'opposition, de s'en remettre au « Conseil Constitutionnel », Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la «Rue», le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d'Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier que la crise en Côte d'Ivoire a eu pour origine la question de « l'inconstitutionnalité de la candidature de Ouattara » que Bédié, appuyé par la France sous Chirac, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste » et réactionnaire de cette « Constitution », n'avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d'appuyer Bédié pour lui permettre d'écarter Ouattara, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd'hui, et vous le savez bien, l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ème mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la « Constitution » de notre pays, en phase avec l'évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la « Démocratie », de la « Liberté » et de l'« Etat de Droit », soutient Wade dans son refus de se conformer à cette « Constitution », et semble s'inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d' « Ivoirisation » du Sénégal sont énormes, et ne peuvent, par conséquent, être conjurés que par une puissante campagne d'information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les « Forces Vives » de notre « Nation » qui sont prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C'est d'ailleurs de cette manière que l'on a pu obliger votre Gouvernement, le 23 Juin 2011, à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue », avait rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C'est dans cette perspective que nous exigeons le départ immédiat du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n'est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre peuple dans le respect strict des dispositions de la « Constitution » qu'il s'est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus tolérer de voir leur pays réduit en succursale ou filiale des Entreprises Françaises du « CAC 40 ». Pas plus qu'ils ne peuvent plus accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du Gouvernement Français.

Plus vite vous et votre Gouvernement comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera mutuellement bénéfique et fraternelle la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C'est dans la paix et la stabilité qu'une telle coopération se construit, et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d'Ivoire, après plus d'une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu'à son épilogue tragique récent.

Dans le même temps, nous attirons l'attention du « Conseil de Sécurité » de l'« ONU », des Autorités de l'« Union Européenne », et de l'« Union Africaine », sur la responsabilité pleine et entière de votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est en train de planifier contre le peuple Sénégalais, et que vous et vos services, êtes activement et publiquement en train d'appuyer.

Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l'horreur, avant qu'elles ne soient contraintes à agir en «sapeurs pompiers» pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernement de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d'Ivoire et de la Lybie.

C'est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de votre politique envers notre pays, et qui tiennent à bâtir avec nous, de solides relations de coopération entre nos peuples, dans le cadre de nos valeurs partagées d'« indépendance nationale », de « liberté », d'« égalité », de « démocratie » et de « fraternité ».

Le Sénégal ne saurait être ni la Côte d'Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l'oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu'il ne soit trop tard.


«PARTI DE L'INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL (PIT-SENEGAL)»

Le Secrétariat du «Comité Central»


Ibra Yali


Fait à Dakar le 9 Août 2011.

mardi, 21 juin 2011

POUR UNE COMMISSION D'ENQUETE PARLEMENTAIRE SUR L'INTERVENTION DE LA FORCE LICORNE



BOMBARDEMENT CAMP D'AKOUEDO.jpg

Chers lectrices et lecteurs, voici déjà quelques semaines nous vous avions annoncé, à la suite de l'article "Pour mémoire", la mise en place d'une action citoyenne visant à l'établissement de la vérité concernant l'action de notre armée en Côte d'Ivoire. La voici enfin matérialisée. 


Veuillez trouver ci-après la lettre ouverte adressée à Mr Nicolas Sarkozy et le courrier adressé à l'ensemble de la Représentation Nationale (Aux députés et sénateurs, aux Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux Présidents des différents groupes parlementaires ainsi que des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires étrangères).

Nous publierons ultérieurement les courriers envoyés aux responsables des partis d'opposition. Voici le lien de la pétition sécurisée qu'A&C a mis en place:

http://alternativesetcoherence-actions.com/ .

Nous vous communiquons la liste des médias contactés: Le Monde, Marianne, le Parisien, Libération, l'Humanité, le Figaro, le Canard Enchaîné, la Croix, le Nouvel Observateur, l'Express, la Dépêche du Midi, Charlie Hebdo, Sud-Ouest, La Provence, Les Inrockuptibles, Canal+, France Télevision, TF1, BFM TV, ITélé, France 24, Télésud, The International Herald Tribune, El Pais, la Tribune de Genève, El Watan, The Guardian, le Frankfurter Allgemeine Zeitung. 


N'hésitez pas à vous adresser par mail ou courrier à votre député en lui adressant le lien de la pétition ou en l'interpellant sur ces actions de l'armée française et de notre gouvernement qui nous interpellent. Nous comptons sur votre soutien, unis et massivement mobilisés, nous sommes en mesure d'influer sur les politiques et décisions de nos dirigeants, ne nous en privons pas. 


Pour Alternatives et Cohérence, Ahouansou Séyivé

---------------------------------------------------




Lettre ouverte à M. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy


Paris, le 21 Mai 2011


M. Le Président de la République,


C'est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d'Ivoire et l'implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d'Ivoire. Ne pouvant accepter qu'une puissance étrangère ne s'immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère. Nous rappellant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l'instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l'élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s'en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd'hui scandalisés.
Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l'intérêt de la France d'attiser les braises de ce qui ne pouvait qu'immanquablement finir en brasier? Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu'il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d'exactions frappant la population ivoirienne. Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux. Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d'un chef d'État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l'ordre juridique ivoirien. Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n'avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l'avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l'État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population. Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l'ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l'utilisation d'armes lourdes du fait de l'armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé). Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n'avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu'il était mandaté par l'ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d'épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l'allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd'hui républicaines? Comment tolérer qu'en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu'il était du devoir et de l'honneur de notre pays de garantir, n'ait pas été assurée? Comment tolérer que nos forces présentes à l'hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien "reconnu par la communauté internationale", se muer en lieu de torture et d'assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la communauté internationale"? Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle? Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo? Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d'une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l'interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l'homme et dignité humaine. Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d'Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur "expertise" dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d'Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes? Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?


M. le Président, face à tant d'accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d'Ivoire pour qu'il faille souiller l'image de notre république, brader l'honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir? Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes. Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l'idée que nous nous faisons de notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l'idée que nous nous faisons de l'exercice du pouvoir. Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l'action gouvernementale. Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l'action de la France en Côte d'Ivoire. Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république. Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l'image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d'y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres. Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale et du Sénat, à l'ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d'enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d'ombres entourant notre intervention en Côte d'Ivoire. Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue. Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l'avancée des "forces républicaines" vers Abidjan. Nous devons savoir pour quels motifs elle n'a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire. Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d'Abidjan, ni à l'hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n'a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l'action de nos soldats en Côte d'Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l'adressons aux leaders des partis d'opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l'assortissons d'une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé


Accéder à la pétition et signer.

 

---------------------------------------------------------

Lettre à l'attention des Députés et Sénateurs.

Paris, le 21 Mai 2011


Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames, Messieurs les sénateurs, émanation du peuple souverain.


Comme nombre de nos concitoyens, nous éprouvons un malaise devant les manifestations dramatiques de l'action de notre gouvernement en Côte d'Ivoire. Tributaires de l'information diffusée par les médias généralistes,  nous ne doutons pas que la majorité d'entre vous ait contemplé cette énième "aventure africaine" sans mesurer les conséquences de ce qui peut être qualifié aujourd'hui d'action néo-coloniale de la France. Nous notons avec étonnement que la représentation nationale n'a pas été consultée, conformément aux dispositions constitutionnelles applicables en pareil cas.

Partant, notre initiative ne vise qu'une chose: mettre en conformité la lettre de l'action politique française avec l'esprit des valeurs que nous chérissons et que vous êtes, de par le mandat que nous vous avons confié, les défenseurs. De trop nombreuses questions restent sans réponse, de trop nombreux agissements restent inexpliqués, voire inexplicables.

Il ne peut être question de nous satisfaire des demi-réponses qui ont été apportées à nos interrogations par une communication gouvernementale qui s'apparente plus à de la propagande qu'à l'information légitime due aux citoyens dans une démocratie qui se respecte.
Nous vous demandons par conséquent de favoriser la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter et de mettre en lumière certains points précis de l'action de la force Licorne et du gouvernement français dans cette guerre civile qui n'a pas dit son nom. Ces points sont détaillés dans la lettre ouverte adressée à Mr le Président de le République que vous trouverez en annexe. Cette démarche sera présentée concomitamment aux présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, Messieurs Accoyer et Larcher, à Messieurs Tessier et Poniatowsky présidents des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires Etrangères, aux représentants des partis d'opposition. Une pétition est mise en ligne
http://alternativesetcoherence-actions.com/ , cette initiative intéressant tous les français.

Nous comptons sur votre compréhension et appui afin que cette démarche soit couronnée de succès. Pour finir nous demandons à la représentation nationale de nous éclairer sur les dispositions législatives futures, visant à encadrer la présence ou organiser le départ définitif de forces militaires dont les prérogatives s'apparentent à celles d'une armée d'occupation, notamment dans les rues d'Abidjan. En ces temps de crise, un dispositif coûtant au contribuable plus de 500 millions d'euros à l'année, pour des gains et bénéfices que nous ne nous expliquons pas, n'a qu'une vocation, être levé.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour tout contact.


Respectueusement, pour Alternatives et Cohérence, M. Ahouansou Séyivé.


Accéder à la pétition et signer.

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCES

samedi, 29 janvier 2011

LETTRE OUVERTE A M. NICOLAS SARKOZY SUR LA CRISE IVOIRIENNE POSTELECTORALE

PIERRE FRANKLIN TAVARES.jpg

Dr Pierre Franklin TAVARES

 

Monsieur le Président,


Pour avoir lu un article paru il y a peu[1], maintes Français résidant en Côte d'Ivoire m'ont demandé de rédiger, à votre attention, une lettre en m'en suggérant l'objet : la Crise ivoirienne postélectorale. Et, après en avoir médité l'opportunité et l'utilité, j'ai accepté en choisissant un thème : la position de la France dans cette crise. Pour autant, j'ai convenu de donner une facture « ouverte » à ma lettre, qui - au plan du genre littéraire - empruntera la forme d'une fiction, puisqu'il s'agit de la transcription d'un rêve récent. Toutefois, à l'inverse du Mercier de L'An 2440, rêve s'il en fut jamais[2], ma lettre, une cohue d'images, ne sera pas un récit d'anticipation, mais la narration d'une fiction qui relatera les événements d'un « rêve » dans lequel la France fit autre chose que ce qu'elle fait actuellement en Côte d'Ivoire.

Je dormais. Mon « rêve », tout en chanson, commença avec La Marseillaise de la Paix de Lamartine, l'ami des Noirs : Ma patrie est partout où rayonne la France, Où son génie éclate aux regards éblouis ! Chacun est du climat de son intelligence. Je suis concitoyen de toute âme qui pense : La vérité, c'est mon pays. Et tandis que je méditais ces paroles, je me vis distinctement observant un spectacle insolite. Sur un mur, un grand calendrier suranné indiquait un jour et une date : Dimanche 28 novembre 2010. J'y entrais, attiré par une irrésistible force de curiosité. C'était l'après-midi du deuxième tour des présidentielles ivoiriennes. Il devait être 14 heures. Vous étiez à Abidjan, en réunion de concertation avec les deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, avant l'annonce des résultats provisoires, dans ce beau Palais en forme de trône baoulé, symbole du pouvoir royal-présidentiel bâti par Houphouët-Boigny et situé dans le quartier du Plateau. Et comme dans L'Iliade et l'Odyssée ou les Métamorphoses, Renommée[3] (bona Fama), portée par Écho, laissait dire partout que vous comptiez les bulletins de vote et recherchiez inlassablement un consensus. C'est à ce moment que, sans y avoir été invité, Henri Konan Bédié, l'éliminé du premier tour, prit l'initiative de participer à votre décompte. Il arriva à pieds, seul, et, comme toujours, élégant. Un vieil appariteur, qui le reconnut de loin, ouvrit spontanément la porte, et celle-ci, à mon grand étonnement, ne menait plus à la salle des audiences où vous étiez, mais donnait, par je ne sais quel prodige, sur un mur qui reproduisait le tableau du peintre Andrea Mantegna, Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu. Vous y êtes entrés, tous, l'un après l'autre, tel passe-muraille. C'est alors que, vous tenant seul derrière Minerve, déesse de la Raison et de la Guerre, d'un regard sévère et de votre index droit pointant la sortie, vous chassiez le 11ème vice, la Françafrique, conformément à votre Discours de Dakar. Aussitôt, Gribou, un personnage subitement apparu de je ne sais où, alarma les autres vices qui, visages renfrognés, se coalisèrent pour résister à vos injonctions. Elles formèrent une ligne, un barrage d'intérêts, refusant de quitter le jardin. Minerve se dressa, menaçante. La tension perdurait quand, le signifiant du nom du peintre italien retentit, et interpellé, je fis un salut de la main aux Vertus, parce que, dans ma langue maternelle, « mantegna » signifie « bonjour ». Les vertus, elles, occupaient des fonctions dignes. Ainsi, la Commission Électorale Indépendante était présidée par la Tempérance, qui prit le visage de Mandela, et dont le porte-parole, Élie Wiesel, symbolisait la Justice. La Force, elle, s'incarna dans Solon, qui dirigeait le Conseil Constitutionnel. Un tel aréopage apportait une solide caution à votre neutralité. Marianne, garante des institutions de la République, se tenait à vos côtés, coiffée de son bonnet phrygien. Vous étiez non pas en visite d'État, mais en ami de la Cote d'Ivoire, au-dessus des deux camps, impartial comme Homère, objectif comme Thucydide, et, tel Socrate, ne recherchant que le bien. En ces trois personnes se concentrait le meilleur de la culture occidentale. La France était à sa vraie place, en une posture de neutralité active et positive. Comme elle sait l'être, quand elle veut l'être. La France, quand elle est franche, libre, ainsi que l'indique son nom, est amie de la vérité. En effet, la France, fille des faits[4], ne peut effectivement être juste que lorsqu'elle recherche des informations vraies, vérifiées, et organisées par une analyse politique pertinente. La France est forte quand elle n'est pas guidée par des intérêts mais par ses idéaux. Or, dans mon « rêve », c'était le cas. La France, également fille des événements[5], conduisait donc une médiation préventive. Elle était en avance sur l'histoire, comme souvent. « Pourquoi êtes-vous à Abidjan ? », questionna David Pujadas. - « C'est que, dans mon Discours de Dakar, en établissant le catalogue des maux qui frappent l'Afrique, j'avais oublié de mentionner les fraudes électorales, ainsi qu'on me le fit remarquer[6]. Je répare donc un grand oubli et, dussè-je le répéter, je suis ici, en pays ami, pour prévenir les disputes éventuelles qui naissent de la non application du droit électoral ».

Vous « palabriez » à quatre, à l'abri du monde et vous aviez même demandé au monde, à la communauté internationale, à l'ONUCI, au Facilitateur, et à tous les intéressés de ne point s'en mêler. À l'extérieur, comme à leurs habitudes, les journalistes armés de caméras et d'appareils photo filmaient et criblaient de flash tout ce qui se passait. Ils n'avaient pas d'appareils numériques. Leurs pellicules ne se rembobinaient pas et s'étendaient à courir les rues. Ainsi, quiconque pouvait les regarder, voir et revoir les faits et événements. Aux abords du Palais, une foule immense et bruyante indiquait l'importance de la rencontre et tout l'espoir qu'elle y mettait. La multitude était ordonnée. En face de l'entrée principale, sur l'avenue Howen, la communauté française agitait sa présence de bandelettes blanches de paix. L'un d'eux arborait un livre, Fier d'être français[7]. Un autre, qui ressemblait à Jean Giraudoux, arborait une pancarte sur laquelle était inscrite la guerre d'Abidjan n'aura pas lieu. La statue du gouverneur Latrille s'anima et, venant de Cocody, arriva, prit un mégaphone et, à haute voix, avisa : il faut sauver l'année agricole ! Les étrangers de toute l'Afrique de l'ouest occupaient le vaste espace entre l'Hôtel du District et le Palais. Je percevais les sons des sereines mélodies des balafons burkinabés, je reconnus les airs percutants du mbalax sénégalais, et le calme de la minoritaire kora de Gambie, ainsi que les frappes percutantes du goumbé guinéen. Plus faible, la coladeira capverdienne se faufilait. Sur le grand Bd Clozel, bordée d'acacias géants, et qui dépasse le Palais puis incline vers la vaste place de la République où triomphe debout la reine Pokou, des deux cotés, des Ivoiriens en grand nombre, « patriotes » et « houphouétistes », vêtus ou bariolés en orange, blanc et vert, confraternisaient et se taquinaient, par des piques amicales. Les uns, sur du zouglou, scandaient : « Y a rien en face, c'est maïs ! », quand, sur des pas identiques, les autres répliquaient : « Si, y a coco dur ici ! ». Sur un podium de la RTI, Allah Thérèse, majestueuse, et N'goran la loi, son époux accordéoniste, chantaient l'univers Akan ; elle dansait « l'agbirô » si beau au regard. Mamadou Doumbia, chapeau melon noir, guitare électrique en mains, jouait « l'estomiase », la belle mélodie mandingue qui rappelle les exploits passés. Amédée Pierre, le « dopé [rossignol] national », assis, jouait de son orgue et psalmodiait le peuple Krou. Au pied de la reine Abla Pokou, Houphouët-Boigny, chef d'orchestre, en redingote noir, tenait une baguette et donnait la mesure de l'harmonie d'une nation à bâtir. Les musiciens obéissaient à ses ordres d'intégration. Nul soldat présent. Les deux armées, FDS et FAFN, avaient rangé leurs armes et regagné les casernes. Les autres « corps habillés » contenaient les enthousiasmes. De ce tableau, on eut dit la réalisation partielle de L'Abidjanaise contractée en deux vers, le premier, Salut ô terre d'espérance, et le final, la patrie de la vraie fraternité. Mais qui donc a brisé ce vase de paroles ? Qui, comme Clovis à Soissons, en recueillera les débris sonores ? Toutefois, le sacrifice fondateur a déjà eu lieu, au passage d'une rivière, la Comoé. Et il suffit à fonder et à refonder.

Je dormais et m'enfonçais dans mon doux rêve, non sans intention onirique. Goethe, son Faust à la main, passa d'un pas rapide et me lança : J'aime celui qui rêve de l'impossible. J'étais heureux de voir ce jeune homme de quatre-vingt ans, comme l'appelait Hegel, et surtout de recevoir les conseils d'un des esprits les plus brillants des Lumières. Car, c'est en cela que consistait mon « rêve » : une impossibilité à accomplir, et dont seuls les Français sont capables, comme dit le vieil adage. D'autant que, dans l'histoire, il est parfois plus facile de réaliser l'impossible que réussir le possible. N'est-ce pas ce que Hannah Arendt appelle les miracles dans l'histoire ?

Voyez-vous, monsieur le Président, les médiations pertinentes précédent les conflits et les désamorcent. Dans mon « rêve », la France, sous votre égide, anticipait les malentendus, arrondissait les angles des vanités tranchantes. Elle demanda et obtint que les dés ne fussent pas jetés avant que les règles n'aient été distinctes, claires et admises, que le Nord rebelle n'ait été désarmé, sous la double garantie du héros des Gonaïves, Toussaint-Louverture, et du gouverneur noir Félix Éboué.

Il y avait beaucoup de mouvements, de nombreuses images qui s'assemblaient et se défaisaient. Sans ordre apparent. Mais le temps, paradoxalement, ne s'écoulait pas. Il durait et fournissait une trame.

L'ombre de Zarathoustra, en alerte maximale, volait au-dessus des vertus et s'époumonait dans un long avertissement : Il est temps, Il est grand temps ! De quoi est-il donc grand temps ?[8] Il passait et repassait, avec la même vélocité, plus rapide que les rapides nuées. Mais, qu'est-ce qui ne peut attendre plus longtemps, lui demandai-je ? Que tu te réveilles ! Ce n'est qu'un rêve. La réalité est contraire, répondit-il, en s'éloignant poussé par un vent rapide qui le portait vers le nord. Avant de disparaître, il décocha un autre cri : Regarde l'obvers ! - Pourquoi, questionnai-je ? - Regarde l'obvers de ton rêve, répéta-t-il ? Je pris alors mon « rêve » entre mes mains, comme on tient ferme un miroir. Et, le retournant, je vis un autre spectacle, celui réel dominé par le vice dénommé Haine immortelle, avec la Françafrique étêtée qui frappait des coups dans tous les sens.

Triste tableau ! Le génie français n'éblouissait plus les regards. La patrie ne rayonnait plus. La France n'était plus concitoyenne des nations qui pensent. La vérité n'était plus le socle de sa propre histoire. Crise immense ! Certes. Mais, y a-t-il, pour la France, crise plus grave que celle où l'État ne sait plus faire entendre sa voix ?

Soudain, alors que je méditais cette situation, je me retrouvais dans la cour de l'Externat Saint-Paul d'Abidjan, l'école de mon enfance dirigée par les Marianistes, où le son puissant d'une corne d'alarme, semblable à celle de M. Labombe, me réveilla brusquement.

Pourquoi avais-je rêvé ce rêve ? Était-ce les traces lointaines et endormies de mon enfance si forte en imagination, qui me firent croire que j'étais semblable à Aristéas[9], fort du pouvoir de disparaître à ma guise et de resurgir à des époques différentes et en des lieux divers ?

Mais au fond, chaque rêve est l'équilibre psychique d'une confrontation entre le réel et la volonté. Joseph, bien d'autres anciens et Freud nous ont appris à les interpréter. Parfois, ils surgissent tels des indications de voies. En interprétant mon « rêve », me vint une pensée écrite à une militante du RHDP : Le vrai miracle ivoirien est à venir. Le vrai miracle ivoirien, c'est d'avoir simultanément (au même moment), trois hautes personnalités aux compétences remarquables. Je les cite : Henri Konan Bédié, Laurent Koudou Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara. Et je me plais à rêver de les voir constituer une seule entité (équipe) politique. Imaginez, un instant, la fusion de leurs compétences ! Le gestionnaire de la chose publique, le politique de la chose publique et le financier de la chose publique ? Pris isolément, aucun d'eux ne suffit à la Côte d'Ivoire. En 15 ans, comme avec la fusion des intelligences au Brésil, la Côte d'Ivoire peut être le premier pays émergent d'Afrique, si ces trois ne font qu'un. En l'état actuel des choses, tout autre schéma est inadapté. Ni les élections ni la guerre ne sont, pour lors, des solutions. La réalité nous le rappelle avec son lot de tristesse. La seule solution est une entente, une concorde réelle et sincère entre ces trois hautes personnalités. Personne ne la fera à leur place. C'est leur mission historique de la réaliser. Cela sera aussi leur immense mérite. Il n'y a rien en dehors du consensus national[10]. Malheur à qui les divise ! Bienheureux, qui les unit !

Lycurgue surgit et risqua une parole : pour une telle idée, relisez la Constitution ivoirienne (articles 1, 34, 35, 48, 64), mais seulement à partir des paroles de L'Abidjanaise ? Cela suffira à ce projet.

Quelquefois, les rêves sonnent aussi comme un avertissement. Il est temps, il est grand temps ! Mais de quoi le grand temps est-il venu ? Que la France, en Afrique, établisse des liens simplement normaux. Sinon, elle continuera de s'y affaiblir. En méditant l'alerte de Zarathoustra, je me souvins d'un mot de Rilke tiré de son poème Gong : L'oreille peu profonde déborde vite[11]. Je crois bien, Monsieur le Président, que depuis la Côte d'Ivoire retentit un nouveau « gong ». Deuxième rêve s'il en fut jamais.


Veuillez croire, Monsieur le Président, en l'expression de mon profond respect.


Pierre Franklin Tavares

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] P. F. Tavares, Qui est Pedro Pires ?, mis en ligne sur Google.

[2] Louis-Sébastien Mercier, L'An 2440, rêve s'il en fut jamais, Londres 1771, La Découverte, Paris, 1990.

[3] Joël Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse Paris, 1993, p. 184.

[4] Colette Beaune, Naissance de la nation France, Folio - Histoire, Gallimard, Paris, 1985, p. 12.

[5] C. Beaune, Op. Cit., p. 11.

[6] P. F. Tavares, Nicolas Sarkozy : Relire le Discours de Dakar, NEI, Abidjan, 2009.

[7] Max Gallo, Fier d'être français, Fayard, Paris, 2006.

[8] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 10 - 18, Union Générale d'Éditeurs, Paris, 1958, p. 125.

[9] J. Schmidt, Op. Cit., p. 34.

[10] P. F. Tavares, Réponse à Marguerite Yolibi, 6 janvier 2011.

[11] Rilke Rainer Maria, Gong, Exercices et évidences, in Œuvres poétiques et théâtrales, Gallimard, Paris, 1997, p. 1159.