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dimanche, 06 mai 2012

LE BILAN ECONOMIQUE ET FINANCIER DE OUATTARA EST DECEVANT (LIDER)

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Promesses, désillusions et perspectives - Séminaire-bilan d’un an de gouvernance Ouattara

 
Abidjan, le mardi 1er mai 2012
 

Promesse: «Nous poursuivrons l’assainissement de la gestion de nos finances publiques pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE qui permettra d’alléger le fardeau de la dette extérieure (6 300 milliards de FCFA) devenue insupportable avec un service de plus 400 milliards de FCFA par an.»

Réalité:
 
La dette extérieure de la Côte d’Ivoire se situe aujourd’hui entre 7000 et 8000 milliards FCFA. Le service de la dette publique coûterait à l’Etat ivoirien 500 milliards de francs CFA par an. L'initiative PPTE ne va pas sauver la Côte d’Ivoire. Car près de la moitié de l’allégement a été déjà reçu sous forme de rééchelonnements et d’opérations d’apurement d’arriérés soit 1.5 milliards dollars US. Le Président endette les Ivoiriens et compromet l’avenir des futures générations sans consulter le peuple. Lui seul sait combien cela coûtera aux générations futures.

Promesse: Le gouvernement sera constitué «hommes et de femmes ayant un sens élevé de l’intérêt général, selon des critères de compétence, de mérite et de probité.»
 
Réalité:
 
Les mauvaises pratiques constatées sous les régimes précédents persistent : le Ministre de la Salubrité Urbaine de Ouattara, a de façon irrégulière tenté d’octroyer un marché de gestion d’ordures ménagères, à la societé Satarem-Greensol – dirigée par le frère d’un de ses collègues du gouvernement. Alors que la Société Abidjanaise de Salubrité (SAS) détenue à 65% par la société belge Sirio Technologie et 35% par l’Etat, avait été créée pour régler ce problème chronique d’insalubrité de la ville d’Abidjan. Cet appel d’offres a été annulé par l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics mais le Ministre a été maintenu au gouvernement.

Promesse: «Nous gérerons (…) tous les (…) secteurs de notre économie, dans la transparence et avec rigueur.»
 
Réalité:
 
Népotisme, favoritisme et collusion au sommet de l’Etat sont devenus la règle. Un ministre du gouvernement Ouattara, en charge de l’éducation nationale, a décidé que l’inscription à raison de 6 000 FCFA des 5 millions d’élèves du primaire et du secondaire se fera désormais électroniquement. Ce mode opératoire qui gèrera potentiellement 30 milliards est confié de gré à gré à CELPAID, une société dont l’actionnaire unique est l’actuel ministre de la Construction.

Promesse: «Nous sommes un parti libéral.»
 
Réalité:
 
«Si la France s’en va, la Côte d’Ivoire n’a plus d’économie, mais Paris risque aussi de perdre 1.200 entreprises» Patrick Lucas, Président Medef International (patronat français). L’an 1 de M. Ouattara aura donc été consacré à la préservation des monopoles français en Côte d’Ivoire.
 
• Le 25 janvier 2012, signature d’un nouvel accord de défense, visiblement, pour protéger les intérêts français car c’était l’objectif de celui signé en 1961. Il garantirait par exemple un monopole sur les équipements militaires.
 
• Depuis quelques années, la France perdait du terrain. Elle ne contribuait plus qu’à environ 20% du PIB ivoirien et à 30% des recettes fiscales.
 
• Entre 2004 et 2010, malgré la baisse des intérêts français, la croissance économique est restée entre 1,2 et 3%.
 
• 27 janvier 2012: Le Président en visite d’Etat annonce aux français qu’il va privatiser les banques publiques et leur demande de faire leurs offres en premier.
 
• 14 février 2012: 3 nouveaux champs pétroliers à TOTAL.
 
Promesse: «Le réseau routier est en train de mourir. Si rien n’est fait dans les 2 à 3 ans qui viennent, il ne s’agira plus de dépenser des dizaines de milliards de FCFA pour le renforcer mais des centaines de milliards de FCFA pour le reconstruire».
 
Réalité:
 
En réalité le financement de la plupart des projets de colmatage de la voirie et d’extension de réseau routier avait été bouclé depuis 2009 avec les bailleurs de fonds. La fin de la crise permet de facto leurs exécutions (cf Interview du DG de l’AGEROUTE au magazine Tycoon N°14 – Dossier: Où va la route ivoirienne?). Aucune gloire n’est à attribuer au gouvernement actuel. Pour l’heure, les Ivoiriens attendent toujours de voir la réalisation des promesses faites sur la réfection de la côtière.

Promesse: «Nous poursuivrons l’extension et la modernisation des ports d’Abidjan et de San-Pedro».
 
Réalité:
 
Rien n’a été fait dans ce sens au contraire: Le trafic de marchandises au PAA a chuté de 26% en 2011, en raison de l’embargo sur la destination Abidjan et de l`interdiction de la vente du cacao, premier produit d`exportation de la Côte d`Ivoire décrété par Alassane Ouattara appuyé, par l’Union Européenne et la CEDEAO. Un trafic global de 16,6millions de tonnes en 2011 contre 22,5millions de tonnes en 2010 au PAA. Les taxes portuaires sont très élevées. Le PAA est le plus cher de la sous-région. 5 fois plus cher que le port de Tema au Ghana – 4 fois plus cher que le port de Lomé au Togo.

Promesse: «Nous prendrons des mesures pour favoriser le développement des transports par bus de grande capacité et par train ou tramway face à l’asphyxie des grandes voies d’Abidjan… ».
 
Réalité:
 
• Le transport rapporte plus de 300 milliards à l’Etat mais n’est toujours pas organisé.
 
• Les bus d’occasion RENAULT ont refait surface plutôt que les nouveaux bus indiens (TATA) ou iraniens dont les usines de montage ont été installées à Abidjan.
 
• 5 août 2011, un bus de la SOTRA s’est renversé dans la lagune avec ses occupants, faisant plus d’une cinquantaine de morts.
 
• En mars 2012, le gouvernement a tenté d’activé un crédit bail de 50milliards avec la SIB pour le renouvellement des engins mais les conditionnalités n’ont pas permis à la majorité des transporteurs d’en bénéficier.

Promesse: «Nous pouvons viser un taux de croissance réel de 6% par an en moyenne, un peu moins en début de mandat, plus vers la fin».
 
Réalité:
 
Tous les indicateurs sont quasiment tous en berne: Taux de croissance en 2011 est de – 5,1% alors que le taux d’accroissement naturel avoisine les 2,5%. Pour la première fois le PAA en baisse de 26%. L’agriculture vivrière a connu un léger recul par rapport à 2010 passant de 3,3% à 3% en 2011. L’extraction minière et pétrolière a connu également une baisse de 14,8% par rapport à 2010. C’est le cas du gaz naturel avec une baisse de 2,2%. Le secteur secondaire et le secteur tertiaire ont respectivement reculé de 7,5% et 13,3%.

Promesse: «La défense des intérêts des producteurs sera notre première priorité. L’État définira une organisation collectivement efficace, « protégeant les petits » tout en traitant loyalement les autres.»
 
Réalité:
 
Le prix minimum d’achat n’est toujours pas garantit. Le plan de sauvetage n’est pas à l’ordre du jour. Les paysans attendent toujours la restructuration du secteur.

Promesse: «Pour faciliter la vie des contribuables, le système d’imposition sera simplifié : réduction du nombre d’impôts, généralisation du prélèvement à la source…».
 
Réalité:
 
Dans les faits, la réalité est tout autre: le Président Alassane Ouattara a institué 8 nouvelles taxes en vue d’atteindre l’objectif budgétaire de 1 060 milliards FCFA pour 2012. Les charges patronales et sociales se sont accrues dans le secteur privé et dans le secteur public. Elles passent à 12% cette année puis 14% l’an prochain.
 
Les fonctionnaires n’ont pas du tout été vernis. Leurs cotisations sont majorées de 18 à 25%. Même les chauffeurs de taxis ont vu leurs patentes passées de 125 000 FCFA à 145 000 FCFA/semestre. Soit une augmentation de 20 000 FCFA tous les 6 mois.

Promesse: «Il s’agira d’inciter les banques modernes à faire plus et moins cher».
 
Réalité:
 
Le Président de l’APBEF lui a répondu en ces termes: Nous avons des problèmes liés à la suspension des compensations de la période allant du 25 janvier 2011 à la fermeture provisoire des banques ; Il faut améliorer l’environnement des affaires, la sécurité des biens et des personnes; La requalification par les autorités des créances en souffrance nées de la crise ; La réforme du ratio de transformation ; La réforme de la fiscalité du crédit-bail et la réforme du cadastre. Conclusion: On est toujours au point mort aucune avancée.

Promesse: «Ce n’est pas 20 ou 30 milliards de FCFA qu’il faut injecter en microcrédit, mais 200 à 300 milliards de FCFA…».
 
Réalité:
 
75 structures de microfinance retirées de la liste; Le Président, pendant sa visite d’Etat dans l’Ouest, a dit que son épouse allait monter des structures de micro-crédit pour les femmes. Nous dénonçons ce fait car ce n’est pas son rôle mais celui du MEF; Sous la pression des bailleurs de fonds, les institutions de microfinance ont cherché à assainir leur gestion et leur mode de fonctionnement plutôt que de favoriser la réduction de la pauvreté; Le soutien du gouvernement n’est toujours pas probant.


CONCLUSION BILAN ECONOMIQUE ET FINANCIER
 
Le bilan économique et financier du président Alassane Ouattara, un an après sa prise de pouvoir, est décevant. Tous les secteurs de l’économie ivoirienne sont sous tension. De l’employeur à l’employé, tout le monde grogne parce que la «Solution» a des problèmes.
 
 
 
LIDER (Liberté et démocratie pour la République)

mercredi, 13 juillet 2011

FPI: LE REFUS DE L’OPPOSITION

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Un autre son de cloche pour équilibrer le débat houleux, né de la décision du président Mamadou Koulibaly de démissionner du Front Populaire Ivoirien (FPI) et de créer son propre parti, Liberté et Démocratie pour la République (LIDER).


Une contribution de Fabien D’Almeida

Le sociologue Alfred Sauvy écrivait en 1978 dans La tragédie du pouvoir que « la démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser ».

Ce principe démocratique explique le nécessaire antagonisme entre pouvoir et opposition politique; il attribue à l’opposition une place bien distincte de celle tellement méprisée sous nos tropiques, qu’elle est devenue le souffre-douleur de ceux qui tiennent, le temps d’un quinquennat, les rennes du pouvoir.

En Côte d’Ivoire, le paysage politique redessiné depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo a plongé le Front Populaire Ivoirien (FPI) dans une posture d’opposant qu’il n’avait pas envisagé et qu’il refuse toujours d’accepter. La manifestation de ce désenchantement est visible à travers la recherche effrénée d’un “coupable”, d’une personne à qui l’on pourrait attribuer, en dehors du couple Ouattara-Sarkozy, la responsabilité des déboires actuels du régime déchu.

Et puisqu’il s’offre en pâture, l’énigmatique Mamadou Koulibaly fera l’affaire! Le Président de l’Assemblée Nationale, depuis qu’il a affiché ses positions pour le moins controversées sur les raisons de la chute du régime Gbagbo, ne voit passé un seul jour sans qu’il ait droit à cette hystérie passionnelle de nombre de sympathisants “éclairés” du FPI, qui se lancent dans les supputations fébriles et ethnicistes d’un militantisme de tranchée dont l’efficacité reste d’ailleurs à démontrer.

Pendant ce temps, les vrais enjeux demeurent: quelle opposition au Rassemblement des Houphouétistes (RHDP) le FPI compte-t-il mettre en place? Quelles réflexions critiques les sympathisants du FPI se proposent-ils de mener, afin de finalement entamer leur rôle d’opposants dans la nouvelle arène politique nationale? Ces questions ne trouvent aucune réponse au temps T. En lieu et place, on s’abreuve d’accusations, de condamnations et de rumeurs, dont la plus récente annonce, et ce, pour la énième fois depuis 2007, le départ de Mamadou Koulibaly du FPI.

Et alors? Si Mamadou Koulibaly s’en va, et alors? Si même Mamadou Koulibaly est passé, en un temps record, du stade de faucon du FPI, adulé pour sa droiture et son courage, à celui de pauvre traître vomis par la base, et alors? Où va le FPI avec cette chasse interne aux sorcières qui s’excuse d’autocritique et de questionnement sur le présent et le futur du parti, en l’absence physique de Laurent Gbagbo?

Nulle part. D’ailleurs, le cafouillage actuel au sein du FPI n’est pas sans rappeler, ironiquement, celui d’un autre mouvement de gauche, le Parti Socialiste (PS) français. Depuis sa défaite à la présidentielle de 2007, le PS s’est embourbé dans une débâcle d’envergure nationale, animée de guéguerres personnelles et de trahisons idéologiques, que même l’élection de Martine Aubry en 2008 n’aura pas totalement réussi à éteindre et que l’affaire Strauss-Kahn est venue ranimer.

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Et pourtant, en démocratie, l’opposition est censée émettre des critiques constructives, exposer les limites de l’action gouvernementale et proposer des solutions concrètes déclinées en un projet de société viable. Etant donné qu’elle aspire au pouvoir, sa vocation première est d’élaborer et de diffuser des propositions dans chacun des domaines de la vie nationale, dans lesquelles le citoyen lambda peut se retrouver.

Jouer ce rôle serait-ce donc trop demander à ceux qui, il y a à peine trois mois de cela, n’envisageaient même pas la possibilité pourtant réelle de perdre le pouvoir? Apparemment si: voir les sympathisants du FPI se contredire dans des desideratas malsains et s’engager dans des courses-poursuites contre les “traîtres”, est un spectacle des plus tristes et un aveu silencieux d’immaturité politique.

Ainsi, ne sachant plus comment survivre dans l’opposition, le FPI choisi de vivre d’opposition. Comment? En privilégiant la dénonciation des abus du camp Ouattara au lieu de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de conquête du pouvoir. En s’opposant à tout et à rien, aux hommes, aux idées, aux projets, sans offrir une once intelligible de solutions concertées. En risquant, ce faisant, de saper les fondamentaux les plus crédibles de sa mission socialiste.

Et pourtant l’opposition, comme la nuit, offre l’occasion du regroupement et de la réflexion. Loin de la gestion des affaires, l’opposition est le moment opportun de l’autocritique réfléchie qui permet à un mouvement de se ressourcer, de se réhabiliter, voire de se modifier, afin de préparer le lendemain politique avec sérénité.

Ce n’est pas Laurent Gbagbo qui dirait le contraire, lui qui à l’époque où la presse du parti unique le qualifiait d’”éternel opposant”, adoptait une attitude bien moins puérile que le pleurnichement à outrance de ses actuels sympathisants. Non. Laurent Gbagbo s’activait, travaillait, parcourait la Côte d’Ivoire, officiellement ou clandestinement, se créant une base solide, village après village, commune après commune, sur laquelle il savait pouvoir compter au bon moment.

Cette base, aujourd’hui aux devant de la scène militante, saura-t-elle se modeler sur le maître et s’ériger en un contre-pouvoir crédible? Pour l’heure, les premiers signes sont peu flatteurs. Attendons maintenant de voir si les larmes s’épanchent et si les règlements de compte se meurent.

 

Source : PENSEES NOIRES

DEMISSION DE MAMADOU KOULIBALY DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN: UN ACTE QUI NE L’HONORE PAS

 

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Mamadou Koulibaly vient de démissionner du Front populaire ivoirien, sous prétexte que sa vision politique n’est plus en adéquation avec celle du parti. Mais cet acte qui ressemble bien à une trahison au moment où le Fpi traverse la tempête est-il vraiment une surprise ?

 

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale et président par intérim du Cnrd a décidé d’abandonner le navire du Front populaire ivoirien, en pleine zone de turbulence. L’homme a choisi, le 11 juillet dernier, de faire route à part en créant son propre parti, Liberté et démocratie pour la république (Lider). Les militants du Fpi, qui ne s’attendaient pas à ce que le seul cadre du Fip resté en liberté jusqu’à sa démission, sont sous le choc. Car celui-ci quitte le parti créé en 1982 dans la clandestinité (officiellement en 1988) par Laurent Gbagbo et ses camarades de lutte au mauvais moment. Et ils ont raison d’être déçus par ce brusque écart. Le président Laurent Gbagbo, renversé par un coup d’Etat organisé par la France le 11 avril 2011 pour installer Alassane Ouattrara, est détenu en prison à Korhogo. Sa famille, ses proches et ses collaborateurs, notamment les ministres et les hauts cadres qui ont servi sous lui, croupissent aussi dans les geôles du pouvoir Ouattara, au Nord du pays. Au nombre desquels, Affi N’Guessan, président du Fpi. Tandis que de nombreux autres sont en exil.

Le faux bond

Leur martyr intervient dans un contexte de dictature où leurs biens ont été détruits ou pillés. Leurs avoirs en banque sont gelés. Le patrimoine mobilier et immobilier du parti est entre les mains du pouvoir. Des accusations, des inculpations et des mandats d’arrêt sont agités, chaque jour contre eux par le régime Ouattara dont le vœu est de les maintenir en prison, à vie. Mais ce sont ces moments difficiles que choisi Mamadou Koulibaly pour leur fausser compagnie. D’autant plus que celui-ci, en l’absence de la direction du parti en prison et au regard de sa qualité de deuxième personnalité politique du pays que lui confère son statut de président de l’Assemblée nationale, était de fait le président par intérim du Fpi et portait tous les espoirs de la reprise de la lutte politique pour les défis de l’heure. Et que, du reste, il venait fraîchement d’être désigné président par intérim du Cnrd. Mais les militants du parti se trompaient sur les véritables intentions et le projet secret de l’homme. Koulibaly leur réservait un bien vilain tour, au plus mauvais moment. Pour des les raisons déjà connues qui apparaissent, au vu de son acte de trahison, comme des prétextes pour justifier sa défection. Mamadou Koulibaly dit ne plus pouvoir tolérer des faits qui, pourtant, appartiennent au passé aujourd’hui. Il ne supporte plus l’idée que le Fpi ait accepté de signer des accords pour aller à la paix. Il est toujours hanté par le fait que le président Laurent Gbagbo soit allé aux élections, alors que les rebelles n’avaient toujours pas désarmé dans le nord et les zones Cno. Il estime que ‘’le Fpi refuse d’assumer les conséquences des élections’’. Il va même jusqu’a dire que le parti ‘’se vautre dans des rancœurs, des jalousies et des conflits permanents’’. Et juge soudain inacceptable que le Fpi n’ait pas tenu de congrès depuis juillet 2001. Ayant ainsi justifié le lâchage de ses camarades de lutte au moment où ils ont le plus besoin de lui, Koulibaly les quitte pour créer son propre parti. Mais le départ de cet homme qui s’est très souvent illustré aussi bien par une instabilité qui inquiétait quant à ses prises de position parfois fracassantes et sensationnelles que par son indiscipline qui a souvent mis le président Laurent Gbagbo et la direction du Fpi mal à l’aise sur des sujets sensibles est-il vraiment une surprise ? Depuis son retour d’exil pour le moins inattendu, n’a-t-il pas multiplié les actes et les sorties qui allaient à l’encontre des intérêts du parti ?

« On le voyait venir »

Sans doute faut-il remonter aux circonstances de son retour d’exil et aux évènements qui s’en ont suivi pour comprendre «qu’on le voyait venir», comme l’ont dit des militants, qui depuis cet instant, ont trouvé des raisons de douter de sa sincérité envers le Fpi. En effet, Koulibaly revient d’exil alors qu’on ne l’attendait pas. Mieux, il n’est pas seul. Curieusement, Paul Yao N’Dré, président du Conseil constitutionnel, accompagne le président de l’Assemblée nationale, dauphin constitutionnel du président de la République. Le premier aurait convaincu le second de «retourner au pays pour se mettre à la disposition des nouvelles autorités», avons-nous appris. Au moment où Ouattara cherche à se faire investir avec les attributs de la République qu’il a auparavant bafoués en piétinant les décisions de ce même Conseil Constitutionnel. Que venaient chercher à Abidjan, dans les moments de braise, ces deux hommes qui étaient allés se mettre à l’abri. Deux hommes qui étaient indispensables à Ouattara pour donner un cachet de légitimité à un pouvoir issu d’un putsch ? On ne tarde pas à le savoir. Les jours qui suivent leur retour sur les bords de la lagune Ebrié, Mamadou Koulibaly, en sa qualité du président du parlement ivoirien, et Paul Yao N’dré, en tant que président du Conseil constitutionnel, sont convoqués par le président installé à l’hôtel du Golf. A la stupéfaction générale, ils répondent à la convocation et se rendent au Qg du candidat Ouattara.

Koulibaly « envoie » Affi en prison et « légitime » Ouattara…

Une attitude que le président du Fpi, Affi N’Guessan, dénonce aussitôt. En effet, au cours d’une conférence de presse qui ne lui sera du reste jamais pardonné par Ouattara, le président Affi explique que ces deux personnalités qui incarnent à un haut niveau la République et ses lois en péril à la suite du coup d’Etat qui a permis à la France d’installer Ouattara n’avaient pas à répondre à la convocation d’un pouvoir illégal. Affi prévient les deux hommes du piège qui leur est tendu par le pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour mettre le mentor du Rdr hors de lui. Le président du Front populaire ivoirien, à la suite de cette déclaration en bonne et due forme face à presse, est bâillonné et jeté en prison à Bouna pour être humilié et torturé avec les autres. Le chemin est désormais libre pour la prestation de serment et l’investiture de Ouattara, alors totalement privée de légitimité. Paul Yao N’dré, abjure la décision du Conseil constitutionnel, se dédit et reconnait «la victoire de Ouattara» au second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. La Côte d’Ivoire entière est sidérée. Les militants Lmp et le Fpi sont ulcérés. Mais Mamadou Koulibaly semble être à son aise dans cette situation. Car cela ne n’empêche pas d’être à la cérémonie de prestation de serment de Ouattara. Les militants et les cadres du pari en exil sont choqués. Mais Affi et les autres ayant rejoint Laurent Gbagbo en prison, Koulibaly reste, en dépit de tous, l’un des plus importants cadres du parti encore en liberté. Les militants, habitués à ses frasques, espèrent qu’il va se ressaisir pour reprendre le combat. On pense qu’il va s’employer à remobiliser les troupes de Fpi pour faire front, face à la dictature du nouveau régime. Mais, au grand désarroi des militants du parti, Koulibaly ne s’assagit pas. Au contraire, il s’illustre par des déclarations dans les médias à travers lesquelles il écorche Laurent Gbagbo et ses camarades du parti.

… Et crée son parti

Pis, il va jusqu’à proposer la dissolution du parti. Il faut, dit-il changer la dénomination et l’idéologie du parti. C’est-à-dire faire disparaître le Fpi pour créer un autre parti. Mais personne ne le suit. Il est plutôt désavoué clairement par ses camarades de lutte qui ne se reconnaissent plus en ces actes et qui ne le reconnaissent plus. Malgré tout, dans les derniers moments de sa présence au Fpi, on veut bien lui donner une autre chance de jouer un rôle important dans l’histoire du Fpi, en ces moments difficiles. On lui confie les destinées du Cnrd. Koulibaly fait mine d’accepter de continuer le combat. Car le lendemain, il se braque et quitte le navire. Il finira par avouer enfin : ‘’Mon engagement au sein du Front populaire ivoirien est allé jusqu’à l’épuisement de toutes les possibilités compatibles avec mes convictions’’, dit-il. Mais on soupçonne que Koulibaly avait son idée derrière la tête. C`est-à-dire créer son propre parti pour y entraîner les autres. En abandonnant Laurent Gbagbo, Affi et les autres à leur sort. Une attitude qui soulève des questions. Pourquoi est-ce maintenant que Koulibaly décide de démissionner du Fpi, pour des raisons au sujet desquelles il a été mis en minorité de façon démocratique au sein du parti ? Etait-il depuis son retour d’exil en mission pour le nouveau pouvoir qui l’aurait chargé de fragiliser le parti à l’approche des élections législatives ? Ceux qui doutaient de l’homme répondent par l’affirmative. Ils ne sont pas surpris. Koulibaly a-t-il trahi le Fpi pour des intérêts égoïstes ? Sa démission n’a certainement pas encore livré ses vrais secrets. Mais une chose est de déplorer, mais le désormais président du Lider abandonne, de façon peu scrupuleuse, ses camarades de lutte dans les pires moments. Et cela n’est rien d’autre que de la trahison. A moins que l’on ne trouve un autre mot pour qualifier son acte.



K. Kouassi Maurice


Source : LE TEMPS

mardi, 12 juillet 2011

DECLARATION DE MAMADOU KOULIBALY - DEMISSION DU FPI ET CREATION DE LIDER (LIBERTE ET DEMOCRATIE POUR LA REPUBLIQUE)

 

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Le clash Mamadou Koulibaly-FPI est désormais consommé. MK vient de créer son parti. Risqué comme pari! Mais nul ne peut être contraint à rester dans une association qui ne lui sied plus. Espérons que sa nouvelle aventure politique lui portera bonheur, même si nous sommes et restons convaincus que le moment n'était pas opportun. Revue de déclaration.

 

Lorsque dans un parcours politique, les évènements évoluent dans une voie qui n'est plus en adéquation avec votre vision, vos aspirations et vos valeurs, il devient nécessaire de se réorienter et de dissoudre les liens qui vous ont attaché à une formation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez plus.

Une organisation politique doit permettre à des citoyens qui partagent des idéaux et des objectifs communs de s'allier pour promouvoir un projet. Il lui incombe d'animer la vie politique ; de structurer l'opinion ; de générer des idées ; de proposer une politique ; d'être l'intermédiaire entre le peuple et le pouvoir et non d'être statique, inamovible, murée dans le désordre, l'idolâtrie, le culte de ses fondateurs, les contradictions sans issue et la peur des innovations. Elle ne peut rester réfractaire à tout changement, à toute réinvention.

Mon engagement au sein du Front populaire ivoirien étant allé jusqu'à l'épuisement de toutes les possibilités compatibles avec mes convictions, j'ai décidé d'y mettre un terme. Ce faisant, le respect de l'opinion publique et du chemin parcouru m'oblige à énoncer les causes qui motivent la séparation qui s'impose :

- suite à la tentative de coup d'Etat de 2002 qui s'est muée en rébellion, les dirigeants du FPI ont accepté la signature de différents accords qui d'évidence allaient à l'encontre de l'intérêt de la Nation ivoirienne et conduisaient même à épouser les idées de l'agresseur et à les mettre en œuvre;

- en ce qui concerne le scrutin de 2010, alors que les préalables du désarmement des rebelles et du redéploiement de l'administration sur l'intégralité du territoire n'avaient pas été remplis, rendant constitutionnellement impossible le déroulement des élections présidentielles dans un environnement serein et sécurisé, les cadres du FPI ne se sont nullement insurgés contre la tenue de ce scrutin organisé dans des conditions manifestement vouées à mettre en péril la vie de nos concitoyens ;

- aujourd'hui, ayant contre toute logique accepté les règles du jeu, le FPI refuse totalement d'assumer les conséquences des élections et se vautre dans des rancœurs, des jalousies internes et des conflits permanents à l'image de ceux qui déchirent depuis des années les responsables du parti et qui fragilisent la base, empêchent d'avancer et de constituer une force d'opposition et de pouvoir dynamique, compte tenu des nouvelles dispositions dans lesquelles nous nous trouvons ;

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- alors que le Congrès est l'instance prévue au sein d'un parti politique pour garantir la libre expression des militants, depuis juillet 2001, aucun congrès n'a été organisé au sein du FPI. Cela est non seulement un signe de refus de l'exercice de la démocratie interne, mais témoigne également de l'inertie, de l'érosion des idées et du manque de vision du parti dont les instances n'ont pas été renouvelées une seule fois en dix ans ;

- suite au cataclysme que nous venons de vivre, la haute direction du FPI refuse toujours un congrès-bilan et exclut tout changement, même indispensable, qui pourrait selon eux les affaiblir. S'abritant derrière le prétexte que tout changement serait assimilable à une traîtrise envers des camarades emprisonnés ou exilés, elle cherche surtout à préserver des chasses gardées personnelles au détriment de l'intérêt général et à masquer sa propre trahison envers nos militants, nos idéaux, la Côte d'Ivoire et la cause africaine.

Je n'ai point manqué d'égards envers mes camarades du FPI et, depuis les événements du 11 avril 2011, ayant en charge l'intérim de sa présidence, je me suis investi pour redonner vie au parti et pour constituer une opposition crédible. J'ai enchaîné les rencontres et réunions, lancé des sujets de réflexion pour anticiper les proches défis, consacré du temps et de l'énergie à rassurer, regrouper, négocier la libération de nombre de prisonniers politiques du Golf ou de la Pergola, définir un cap commun pour reconstruire ensemble et expliquer en permanence notre position de non belligérance au nouveau régime et à la communauté internationale. Mon constat est que cette tentative a été vaine et que le FPI, en sa forme actuelle, ne peut devenir un grand parti d'opposition puisque le refus de toute évolution fige les perspectives.

La prudence enseigne que les changements ne doivent pas se faire pour des causes légères et passagères. Lorsqu'une longue suite de dérives et d'erreurs s'enchaîne en toute irresponsabilité et qu'aucune volonté d'inventaire, d'évolution et de restructuration n'est admise, la nécessité de changer de méthode et de doctrine s'impose.

Ainsi, compte tenu de l'environnement politique actuel en Côte d'Ivoire, je juge indispensable de former un contre-pouvoir efficace dans le pays.

En tant que libéral attaché à la démocratie et à l'économie de marché, j'évalue justement la place importante d'une opposition forte pour freiner l'oppression d'un pouvoir présidentialiste absolu. Ainsi, dans l'intérêt des populations ivoiriennes, je vais m'employer avec mon équipe à le faire au sein d'un parti politique en création, dont le nom porte en lui-même une part de sa vision : Liberté et Démocratie pour la République, (LIDER), nouveau parti qui œuvrera pour l'instauration d'une société de confiance au sein de laquelle les Ivoiriens ne se méfient plus les uns des autres pour des raisons tribales, ethniques, régionales ou religieuses.

La liberté, en Côte d'Ivoire, sonne parfois comme un mot creux, un idéal réservé à des pays riches mais inatteignable pour la grande masse des populations des pays pauvres dont le souci est de trouver à manger chaque jour et de pouvoir se soigner pour survivre. On voit pourtant que, partout dans le monde, le recul de la pauvreté est lié à l'augmentation de la liberté. LIDER s'assigne la responsabilité d'éveiller les Ivoiriens à ces idées pour rompre avec le pessimisme qui confine l'individu dans un attentisme dévastateur et de restaurer chacun dans la confiance qu'il lui faut avoir en ses propres capacités. Les Ivoiriens ne peuvent plus croire qu'ils doivent tout attendre de l'Etat car, depuis plusieurs décennies, les gouvernements se succèdent et la pauvreté demeure, voire même s'étend.

Lorsque les populations seront libres d'entreprendre une activité sans rencontrer mille barrières qui découragent les projets ; quand elles ne seront plus étouffées par l'impôt et le poids de l'Etat ; quand elles pourront avoir des titres de propriété qui sécurisent leurs activités et leur descendance ; quand elles pourront commercer librement avec le reste du monde ; quand elles ne seront plus asphyxiées par des entreprises en situation de monopole qui dictent leurs prix en les maintenant à des niveaux protégés par des législations injustes; quand toutes ces barrières seront tombées, et quand leurs droits d'accéder à l'éducation, à la santé et à la prospérité tout court seront les vrais enjeux de l' action politique, alors le progrès arrivera enfin et le développement du pays ne reposera plus uniquement sur une aide publique extérieure aliénatrice qui entrave plutôt l'avenir des peuples concernés.

La conviction de LIDER repose sur un socle constitué d'un état de droit, car un bon cadre institutionnel est nécessaire à l'exercice de la liberté dans une Nation en construction, qui aspire à conquérir une souveraineté totale lui permettant d'interagir d'égal à égal avec ses partenaires. Il est inadmissible que les populations d'Afrique en général et de Côte d'Ivoire en particulier soient interdites d'accès à la prospérité par des politiques surannées. Cessons de croire que nous sommes damnés ! Libérons-nous ! Soyons les acteurs de notre propre développement, de notre propre réussite, de notre propre vie.

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La principale mission de LIDER sera de promouvoir ces idées et de développer des initiatives réalistes et novatrices pour redonner aux Ivoiriens, aux Africains, le goût du combat pour un avenir plus heureux et épanoui. Comment lutter quand on ne sait pas qu'une voie meilleure est possible ? LIDER s'engage à réveiller l'esprit militant et à l'ouvrir sur l'autre et sur le monde sans appréhension, sans peur et sans haine.

L'autre mission, non moins importante de ce parti politique sera de surveiller l'action du gouvernement en place pour dénoncer les dérives de manière à protéger les Ivoiriens. La démocratie ne se limite pas à glisser un bulletin dans l'urne, elle repose sur un contrôle permanent de l'action des dirigeants. L'opposition n'a pas pour mission de rester assise à pleurnicher, à se morfondre dans le nombrilisme et à se plaindre pendant cinq ans. Elle doit être proactive, décomplexée et constructive pour le bien-être des Ivoiriens.

C'est pour faire avancer ces idées auxquelles je crois fermement que j'ai posément pris la décision irrévocable de partir du FPI.

Empli d'une ferme confiance, j'appelle toutes les bonnes volontés qui partagent ces valeurs et ces convictions à apporter leur soutien, leur engagement, leur courage et leur honneur à LIDER pour qu'ensemble, nous osions conduire la Côte d'Ivoire sur la voie audacieuse de la liberté, du progrès et de la réussite individuelle et nationale.


Mamadou Koulibaly

 

Abidjan, le 11 juillet 2011