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dimanche, 05 mai 2013

OUATTARA TROMPE LES POPULATIONS A L'OUEST: LES VRAIES RAISONS D'UNE VISITE PRECIPITEE

 

ALASSANE OUATTARA A MAN.jpg

 

On s’interrogeait sur l’opportunité de cette 2ème visite d’Etat d’Alassane Ouattara dans l’Ouest du pays après celle qu’il y a effectuée en 2012 et dont les nombreuses promesses faites aux populations sont toujours sans suite. Il a fallu le ministre Albert Mabri Toikeusse, président du comité d’organisation de ce 2ème périple visiblement précipitée, pour lâcher le secret. Il l’a fait hier à Danané, en langue Yacouba, face à ses parents rassemblés au stade de la ville pour accueillir Alassane Ouattara. « Est-ce-que vous êtes prêts à accepter tout ce que le président Ouattara vous demandera ? », lance Mabri Toikeusse au public rassemblé pour le meeting de clôture de la tournée de l’actuel chef de l’Etat dans l’Ouest du pays. « Oui ! », réagit instantanément le public. « Même le vote ? », poursuit le ministre d’Etat du gouvernement Ouattara. « Oui ! », répond le public. « Même le vote à 100 % ? », questionne à nouveau Mabri Toikeusse toujours en langue Yacouba. « Oui ! », répond encore le public. Et le président de l’Udpci de conclure : « merci pour le Oui du mariage anticipé ! ».

Les choses sont ainsi claires, M. Ouattara était donc en pré-campagne, dans l’Ouest du pays, pour la présidentielle de 2015. Les propos tenus par Alassane Dramane Ouattara à son arrivée à Man, le mercredi 1er mai dernier, du genre : « (…) nous avons fait des promesses dont certaines ont été réalisées. Je viens vérifier les progrès, m’assurer que ce que nous avons dit a été effectivement bien accompli. Je veux dire aux populations que je tiens beaucoup au développement de cette région qui a tant souffert. C’est pourquoi je reviens pour la deuxième fois avec Mme Ouattara », ne sont rien d’autres qu’un prétexte pour tenter d’amadouer les populations de l’Ouest. Qui, à la vérité, soutiennent que M. Ouattara ne leur sert que des promesses, toujours des promesses. D’ailleurs, il est resté le même, hier, en réactivant ses promesses déjà faites au peuple Dan. Tant à Zuan-Hounien qui l’a accueilli pendant la matinée qu’à Danané. Il a fait un black out total sur les graves problèmes soulevés par les populations. Notamment la question épineuse du foncier et de l’expropriation des terres, ainsi que celle du retour des exilés au Ghana et au Libéria.

Le pays Yacouba a été donc édifié hier sur les vraies motivations de la visite d’Etat inattendu qu’effectue depuis le 1er mai 2013, Alassane Dramane Ouattara dans la région du Tonkpi.

 

Félix Téha Dessrait, envoyé spécial à l’Ouest.

 

Le 4 Mai 2013, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

dimanche, 29 avril 2012

DE L’IMPROBABLE RECONCILIATION IVOIRIENNE

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Drôle de réconciliation que celle proposée par Alassane Ouattara aux Ivoiriens ! Une réconciliation faite de superficialité, de parodies et de parades, à l’image de son voyage dans le grand Ouest où aucune amende honorable sincère n’a été faite mais où bien au contraire beaucoup de justificatifs ont été donnés pour s’éterniser dans la posture de l’auto-victimisation permanente. En Côte d’Ivoire, il urge de guérir les cœurs et les esprits. Faute de quoi, de nouveaux troubles sont prévisibles, comme le craint d’ailleurs le général Béréna Gnakoudè, le chef militaire de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), appréhensions relevées dans ses mots d’adieu à la Côte d’Ivoire, sur Onuci FM. Ouattara offre en lieu et place quelques pauvres infrastructures. Que sert-il de marcher sur du nouveau bitume avec un cœur ulcéré, un esprit en peine et une âme tourmentée ? Si bien qu’à Man et Kouibly, ce sont des malinkés qui ont été coptés porte-paroles des autochtones. Où sont donc passés ces autochtones ? A la vérité, le discours tranche totalement avec les actes. Pour contraindre les réticents à venir accueillir « leur président », des quasi battues ont été organisées par les Dozos dans les campements et villages avec, quelquefois, des chiens de chasse pour les résoudre à en sortir et aller dresser des haies d’honneur à celui qu’ils considèrent encore comme leur bourreau.

Pour la même cause, les marchés ont été fermés, les commerçantes, obligées à aller sur les places de meeting, et les taxis, forcés au stationnement, sous peine de mise en fourrière. On se serait à nouveau cru dans une Côte d’Ivoire à jamais révolue. Celle du temps de la colonisation et des travaux forcés.

Selon des fils de la région, des victimes seraient même encore venues alourdir le déjà-insupportable passif de la crise ivoirienne dans ces contrées montagneuses. Pour la simple et bonne raison qu’au nom de dispositions sécuritaires, le nouveau pouvoir d’Abidjan a organisé une véritable traque contre les Wè, estampillés pro-Gbagbo, à l’approche de la visite d’Alassane Ouattara. La chasse à l’homme a donc repris, à la faveur d’une visite présidentielle (si elle a même cessé, un jour !).

Des populations, tout naturellement terrifiées par un traumatisme récent, et sous la menace, qu’il a été aisé de convaincre d’afficher des sourires de circonstance pour faire plaisir à l’illustre hôte, dussent-elles ravaler leurs amertumes et leurs morgues pour tous les crimes continuellement subis. La paix par la peur, la terreur et le mutisme, qui oblige la victime à se terrer et à faire profil bas, voici le type de paix que Ouattara propose aux Ivoiriens. Est-ce cela la réconciliation tant annoncée et chantée, mais qui jamais ne pointe à l’horizon ? S’il y a encore des personnes honnêtes et lucides autour de Ouattara, qu’elles le lui disent : Nous allons droit dans le mur !

Nous autres, sommes des « renards du Net » et en avons parcouru, des sites, des blogs et des réseaux sociaux ! Où que vous alliez, une chose vous frappe invariablement : les ivoiriens sont profondément opposés et divisés. Et c’est un euphémisme de le dire. Passez sur n’importe quel forum où il est loisible aux Ivoiriens de s’exprimer, vous verrez des positions ivoiriennes inconciliables, tranchées, voire guerrières et franchement macabres. Des forums où fusent des injures et des insanités impossibles à reproduire, tant elles sont d’une vilenie renversante. Impossible d’engager le moindre débat, sereinement. Tout observateur et analyste sérieux se rend tout de suite compte que la fracture ivoirienne est totale, consommée, cristallisée, quasi irréversible.

Cette guerre de tranchées et cette intransigeance jusqu’au-boutiste des positions sont indissociablement liées au manque déprimant de tact des nouveaux gouvernants ivoiriens qui ont opté pour la jubilation indécente et la diabolisation permanente contre Laurent Gbagbo (qui continue de hanter leurs nuits), postures qui n’ont pas faibli en une année de pouvoir. Il n’y a qu’à voir tous les plateaux télé consacrés à la crise ivoirienne sur RTI 1, les discours du Chef de l’Etat et du nouveau président de l’Assemblée nationale. Pas plus que ne s’estompent les mensonges éhontés sur la crise ivoirienne depuis 2002, qui ne voient des victimes que dans un camp, ainsi que sur la crise postélectorale de 2010-2011, et la justice de vainqueurs qui a vu récemment mettre aux arrêts Me Rodrigue Dadjé, avocat de Mme Simone Gbagbo, en pleine préparation de dossier de défense. L’homme de droit est accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de trafic d’armes, et subit le chantage d’une certaine autorité ministérielle pour la remise de sommes indues (10 millions de francs CFA) devant conditionner sa libération.

C’est un grand opprobre pour ce qui est censé être la « République de Côte d’Ivoire », si du moins elle est encore pourvue de scrupules. Mais cela, nous semble-t-il, n’émeut personne dans la « nouvelle Côte d’Ivoire ». Bien au contraire ! Tous saluent ou assistent indifférents, passifs – à commencer par la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) –, aux dérives du régime et à l’escalade dans les actes antirépublicains et fossoyeurs de paix. Incarcérer l’avocat de son opposante, en pleine affaire, il faut vraiment le faire ! Ce pouvoir est-il sérieux ? Au reste, quel crédit accorder à une réconciliation qui en une année n’a pas fait le moindre pas significatif en avant. En la matière, la CDVR est une désolation nationale. Toutes choses qui n’ont pas manqué d’arracher à la diva de la musique ivoirienne, Aïcha Koné, en exil en Guinée, cet aveu : « Je ne comprends pas bien cette réconciliation ». Elle n’a pas tort. Nous n’y comprenons pas grand-chose, nous non plus ! Et des millions d’Ivoiriens avec nous. Il y a véritablement matière !

Finalement, il faut se le dire honnêtement et sans ambiguïtés, on ne fera jamais l’économie du recomptage des voix pour solder le contentieux électoral ivoirien et pour le retour d’une paix véritable en Côte d’Ivoire, à moins d’y arriver par des arrangements politiques au plus haut niveau. Encore faut-il que le pouvoir Ouattara ait cette culture et cette élégance. Attendons de voir.

C’est par la sagesse et le tact du souverain, du gouvernant, que les cœurs se désarment et que la paix a lieu. Quand il n’en a pas, il faut en faire le deuil. Continuer de mentir ainsi, comme des arracheurs de dents, et retenir dans les bagnes du Nord ses adversaires politiques comme des trophées de guerre, les persécuter sans relâche et se susciter une autre opposition, sur mesure, sélective, sans consistance véritable, ordonnée par les partenaires financiers et sous leur pression (tout comme le premier voyage présidentiel à l’Ouest pour rassurer les investisseurs et alliés internationaux sur la bonne marche du processus de réconciliation), ne donne absolument aucune chance à la paix en Côte d’Ivoire. Toutes choses qui nous ont inspiré ce titre si peu optimiste. Peut-il en être autrement quand celui qui nous tient lieu, actuellement, d’«héritier du père de la nation» est d’une accablante incapacité à réunir les fils de la Côte d’Ivoire pour faire la paix des braves, englué qu’il est dans les petits calculs de survie et de pérennité au pouvoir, par la mise à mort de la seule opposition significative, le FPI-CNRD, volontairement décapité pour s’incruster.

Ouattara ne peut faire croire au peuple ivoirien qu’il est un homme de paix avec des discours lénifiants et des promesses. Pas plus qu’il ne peut faire croire que la crise ivoirienne a débuté en 2010, qu’il est blanc du pourrissement de l’atmosphère politique, dans notre pays, depuis deux décennies, et doit cesser de s’afficher en permanence comme l’unique victime de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, victime qui, du reste, serait pur du sang des Ivoiriens et qui, aujourd’hui au pouvoir, pardonne à ses bourreaux. La campagne électorale est passée. Il est primordial de mettre un bémol aux promesses, tout comme aux contes de fées, et de passer aux actions. Cela fait plus d’un an que le peuple attend des actes véritables de réconciliation, par l’élargissement des adversaires politiques incarcérés dans ses goulags du Nord et la ré-civilisation de la vie politique ivoirienne qui est devenue un champ de tous les périls pour les opposants.

Y parviendra-t-il ? Nous le lui souhaitons. Car en réalité, à cela, nous, peuple ivoirien, pourrons juger de sa grandeur d’homme d’Etat ou de sa petitesse de calculateur médiocre. L’histoire le regarde et retiendra chacun de ses actes.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien N° 504 des samedi 28 et dimanche 29 avril 2012.

jeudi, 26 avril 2012

OUEST IVOIRIEN: OUATTARA S'EN VA, RIEN NE CHANGE POUR LES POPULATIONS

 

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Alassane Ouattara a achevé, lundi dernier, une visite surmédiatisée qu’il a effectuée dans l’ouest du pays, notamment à Man, Toulepleu, Blolequin, Guiglo, Duékoué et Bangolo. Morceaux choisis par l’actuel numéro un ivoirien : l’éternelle litanie de promesses face à des solutions urgentes. C’est à une course contre la montre, comme s’il se retrouvait en territoire hostile, qu’Alassane Ouattara s’est adonné lors de sa visite éclaire dans les régions des 18 montagnes,  le Guémon et le Moyen-Cavally. En trois jours, il a pu s’imprégner des réalités des populations de Man, Toulepleu, Blolequin, Guiglo, Bangolo et Duékoué. Dans certaines localités, les populations mobilisées par ses proches pour les besoins de la cause n’ont eu droit qu’à moins d’une heure de présence de leur hôte sur leur sol, souvent même dans l’évitement de la tradition locale. 

C’est le cas au stade de Man où, contrairement à Laurent Gbagbo qui avait mâché la noix de cola de ses hôtes après la cérémonie de libation des propriétaires terriens pendant la campagne électorale, Alassane Ouattara s’est dérobé à la tradition. Une pratique courante chez le peuple Dan pour symboliser l’estime qu’il porte à son hôte de marque. Soit. La visite en elle-même était opportune ? En ce sens que dans les régions du Guémon et du Moyen-Cavally notamment, les populations autochtones, propriétaires terriens, dans leur grande majorité, ont déserté les lieux pour se mettre à l’abri des massacres depuis avril 2011. 
 
Il ne s'est pas démarqué de ses incessantes promesses

Leurs biens abandonnés ont été pillés et leurs forêts aujourd’hui aux mains d’allogènes majoritairement burkinabè. L’insécurité est de mise et lorsque certains s’essaient au retour, ils sont taxés de miliciens ou pro-Gbagbo et sont passés à la guillotine. Les Dozos, chasseurs traditionnels originaires du nord de la Côte d’Ivoire et au delà de la frontière ont pris pied dans les régions et s’érigent en justiciers. En s’aventurant dans leurs régions, les populations du Guémon et du Moyen-Cavally s’attendaient à un signal fort de la part d’Alassane Ouattara pour le retour de la normalité. L’actuel numéro un ivoirien était attendu sur le dossier des Dozos qui détiennent illégalement des armes de guerre et se substituent à l’armée régulière dans les villes, villages et campements. Là où l’on s’attendait à un discours de démobilisation de cette confrérie, Ouattara a plutôt préféré leur rendre les honneurs, leur apportant ainsi, de façon sournoise, sa caution à l’exercice de basses manœuvres dans les localités sous leur contrôle.

Alassane Ouattara n’a pas également apporté de solutions urgentes à la question de réhabilitation des résidences détruites des populations à qui il demande de retourner chez elles. Elles sont nombreuses à vivre sous les tentes à Duékoué et en dehors de la Côte d’Ivoire, ruinées par la guerre et ne disposant pas de ressources pour se construire ou réhabiliter leur toit. La question foncière, la plus cruciale, Alassane Ouattara l’a botté en touche et l’a lié à la question de la nationalité. Alassane Ouattara veut-il entériner le peuplement des régions du Moyen-Cavally et du Guémon par la colonie d’allogènes burkinabè qui s’arrogent des parcelles de forêts au mépris de la loi sur le foncier ? Donne-t-il des signaux de naturalisation de la cohorte d’allogènes qui prennent pied à l’ouest et entériner leur installation définitive dans les régions en question ? Il a donné son quitus à la nouvelle assemblée qui nous éclairera davantage. 

Ce qu’il faut retenir de cette visite, c’est qu’Alassane Ouattara ne s’est pas une fois de plus démarqué de ses incessantes promesses depuis la campagne électorale dont les signaux ne sont nullement visibles depuis un an qu’il a accédé brutalement au pouvoir. Ouattara s’en va, rien ne change dans la vie des populations. Celles qui étaient réfugiées dans leur tente de fortune y retournent…
 

Saint-Claver Oula