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mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

dimanche, 27 janvier 2013

YOUSSOUF BAKAYOKO OU LE TREPIED DU RECIDIVISTE


YOUSSOUF BAKAYOKO.JPG


Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Électorale Indépendante a coupé le ruban inaugural de la campagne électorale, vendredi en invitant les candidats à l’élection législative partielle à une campagne modèle! Cela prêterait à sourire si ce n’était pas tragique de se souvenir des promesses passées d’élections transparentes et honnêtes et de se repasser mentalement le film des fraudes, exactions, crimes, puis le coup d’état mis en œuvre, parce que les menaces d’intimidation n’étaient pas suffisante pour décourager le président Gbagbo!

A l’époque, nous étions alors en présence d’acteurs honnêtes pour les uns et corrompus pour les autres; mais entre temps le camp des gens civilisés n’est plus, mort, exilé où embastillé, et aujourd’hui, le camp des rebelles tente de se refaire une virginité en invitant à des élections législatives partielles, préparées par «une campagne civilisée», permettant «une supervision et une certification par les Nations Unies». Les électeurs, ivoiriens et tous les naturalisés de la dernière heure remplaçant gaiement tous les disparus et les exilés vont se mobiliser massivement pour cautionner leurs bourreaux! La consultation sera «apaisée et transparente », conformément «aux canons de la légitimité démocratique de nos élus», ces élus qui sont sortis victorieux des urnes avec des scores incroyablement bas, on parlait de 11 pour cent… et même moins de voix.

Effectivement « les canons de la légitimité démocratique » des nouveaux élus ont tonné, et l’Agence France presse ainsi que les médias ont cessé de compter les morts survenus après les fameux 3000 morts de la crise post-électorale, répertoriés dans toutes les dépêches et servis régulièrement, catéchisme asséné à coup de matraquage, laissant paraitre que tous ces morts l’étaient par la faute d’un Laurent Gbagbo s’accrochant désespérément à un pouvoir qu’il avait perdu, alors que les urnes avaient parlé en faveur de son adversaire Alassane Ouattara ! Oui les canons, la grosse artillerie ont retenti des jours et des nuits durant, parce qu’une France et une communauté internationale ont préféré le vacarme et les lumières du bombardement du palais présidentiel occupé par un Président légalement investi par un Conseil constitutionnel reconnu et souverain. Oui les critères, les canons n’ont certainement pas été ceux de la démocratie et surtout ceux de la liberté, la liberté d’un peuple de disposer de sa souveraineté. Et les milliers de morts qui ont suivi n’ont pas été recensés, Duékoué, Nahibly, et j’en passe…Mais voilà ils ne votent pas, ils ne voteront plus, ils ne sont plus importants pour un régime qui les a assassinés!

Comment croire aujourd’hui ces mêmes acteurs en campagne, comment prendre au sérieux un Youssouf Bakayoko dans un rôle identique, qui au lieu de se mettre au service de son pays, avait proclamé des résultats biaisés depuis l’hôtel du Golf, et ce en dehors du temps, à lui imparti?

Sa définition du tryptique de la démocratie? «Une campagne électorale apaisée, un processus électoral respecté, un verdict accepté avec des élus reconnus»

En histoire de l'art, le tryptique est un ensemble décoratif composé d’un panneau central et deux volets mobiles qui généralement se rabattent sur le volet central pour le recouvrir.Si je reprend fidèlement l’image du spécialiste de l’art Youssouf Bakayoko, assurément un habitué des musés et des Eglises françaises dépositaires de nombreux tryptiques, je dirais que «la campagne électorale apaisée» et «le verdict accepté avec des élus reconnus » constituent les panneaux latéraux du tryptique, encadrant le thème central, «un processus électoral respecté», et bien sûr les panneaux latéraux se rabattent sur «le processus électoral respecté» qui disparaît de notre vue! Bonne image donc, mais je suppose qu’il voulait évoquer le trépied, tabouret à trois pieds, support de la démocratie ivoirienne, que l’on connait bien, toujours instable, peu confortable, dont on risque à tout moment d’être éjecté, et aux pieds fragiles et trop écartés…

La dernière campagne électorale présidentielle est celle qui a coûté le plus cher, parce que vraiment elle se voulait –du côté de la Majorité Présidentielle-, honnête et transparente. Cela ne l’a pas empêchée de se transformer en une guerre parce que les dés étaient pipés d’avance et que ne devait sortir des urnes que Ouattara, l’Economiste du FMI qui offrirait son pays d’adoption à tous les charognards blancs pour quelques applaudissements et une célébrité éphémère, celle  d’un certain Empereur de Kong, dont le royaume est si petit que même son frère ainé, le maire de Kong n’a pu y avoir sa dernière demeure, mais a dû être enterré au cimetière municipal de Williamsville…

Campagne électorale express donc, pour saluer les généreux bailleurs de fonds et investisseurs potentiels allemands que l’on essaie de recruter après les français trop rétifs. Oui, il faut donner l’impression que la démocratie vit son rythme de croisière, que tout va bien, que tout se déroule selon «les canons de la légitimité démocratique de nos élus». Les derniers évènements rocambolesques au Ghana, les enlèvements et tentatives d’enlèvement de personnalités de haut rang, les procès en cours, tout cela nous plonge dans «la promotion de la paix par le dialogue», le discours est saisissant ! Grâce à ces élections, le processus de démocratisation est en cours en Côte d’Ivoire ! Mais voilà, les caisses vides de l’état, malgré les emprunts faramineux, ont fait grimper le prix de toutes les denrées alimentaires, l’électricité, le gaz, les carburants n’ont pas été de reste, et ont connu aussi une hausse…

Alors que ces élections n’étaient pas une priorité du moment, face aux revendications salariales des fonctionnaires qui vont se mettre en grève et paralyser totalement le pays, notre économiste va gaspiller un peu plus l’argent dont il ne dispose pas, en préparant des élections qui ne mobiliseront que ses adeptes, et donner l’impression d’une normalité revenue : tous les réfugiées attendus fermement, -direction la case Prison du Monopoly géant qu’est la Côte d’Ivoire, où tout est à vendre et à acheter-, n’auront même pas le temps de rentrer, d’avoir leur carte d’électeur, et de voter! Qu’à cela ne tienne, les électeurs en Côte d’Ivoire Nouvelle pourront voter plusieurs fois, face à des FRCI analphabètes qui ne distinguent pas une ordonnance médicale d’un laisser passer ou d’une carte d’électeur. Et on comprend mieux que Ouattara ne les envoie au Mali-si toutefois il daigne écouter ses chers frères et sœurs pour une fois- qu’après ces élections, car il a besoin d’eux pour mener cette «campagne civilisée», pour «une consultation apaisée et transparente»!

 

Shlomit Abel, 26 janvier 2013.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 21 octobre 2012

CHARNIERS DECOUVERTS EN COTE D'IVOIRE - UNE VIDEO PLUS QUE PARLANTE DE FRANCE 24

 

côte d'ivoire,charniers decouverts en cote d'ivoire,une video plus que parlante de france 24

 

Massacres du camp des réfugiés de Nahibly, en Côte d'Ivoire - Reportage de France 24

 

Le 20 juillet 2012, des partisans et des militaires pro-Ouattara investissent le camp de réfugiés de Nahibly à Duékoué, en Côte d'Ivoire. Les casques bleus chargés de protéger le camp l'abandonnent, livrant ainsi entre les mains de leurs assassins des civils qui s'y étaient réfugiés, à la suite d'autres massacres ayant eu lieu dans la même zone, en mars-avril 2011.

Un premier bilan dressé par les rescapés du 20 juillet parle de 213 morts et plusieurs disparus, pour la plupart des hommes enlevés par les militaires pro-Ouattara.

Ce sont les corps de ces hommes qu'une équipe de France 24, chaîne de télé proche de Ouattara a retrouvé dans des charniers, grâce à l'un des rescapés de ses massacres. Vidéo.


 

Source: YOU TUBE

samedi, 13 octobre 2012

DECOUVERTE DE CHARNIERS LIES AU MASSACRE DE NAHIBLY - LE PROCUREUR DE MAN S'OPPOSE AUX RECHERCHES


DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 16.jpg

 

Trois puits remplis de cadavres et constituant visiblement des charniers, ont été découverts mercredi dernier à Duékoué, à la suite d’informations livrées par un rescapé du massacre de Nahibly. Hier jeudi 11 octobre 2012, l’exhumation des cadavres avait débuté en présence du procureur adjoint de Man quand ce dernier a unilatéralement interrompu les fouilles, sans que les deux autres puits où l’on apercevait des crânes humains n’aient été explorés. Que cache donc cette attitude du procureur ?

C’est peu après 10 heures, hier jeudi 11 octobre 2012, que les exhumations des cadavres jetés dans trois puits dans les environs de l’usine de traitement d’eau au quartier «Toh Guéï», ont débuté en présence du procureur adjoint de Man, Olivier Bouaffou, du Commissaire de police et du Commandant de Brigade de Duékoué. Une fois sur les lieux, le procureur tient à l’écart et l’Onuci et les organisations de défense des droits de l’homme, notamment la Fidh. Les agents de la mairie réquisitionnés pour l’exhumation des corps des puits, peuvent alors débuter le travail, à l’abri des «regards indiscrets». Six corps sont extraits du puits numéro un. Des corps dans un état de putréfaction avancée, mais qui gardent encore leurs habits quasiment identifiables. A peine une quarantaine de minutes après le début des opérations de fouille et contre toute attente, le procureur adjoint de Man fait arrêter tout. Sans même que les fouilles n’aient débouché sur les deuxième et troisième puits situés à quelques pas du premier dans lequel les six premiers corps avaient été découverts. C’est un procureur excité et nerveux qui donne des ordres. «Arrêtez-moi tout», ordonne-t-il. Il demande à la force publique de dégager tout le monde du site au grand étonnement des représentants de l’Onuci et de la Fidh. Qui s’expliquent difficilement cette attitude de l’homme de droit. Plus grave, il demande à ce qu’on conduise ces corps illico au cimetière pour les enterrer.

La FIDH saisit le ministre de la Justice

«On ne peut pas inhumer ces corps sans un début d’enquête, sans même connaitre l’origine de leur mort», s’est indigné Florent Geel de la Fidh. Qui face au mutisme et à l’indifférence notoire affiché par le procureur adjoint de Man, joint directement le ministre de la Justice pour lui rapporter les faits. Et expliquer comment la justice tente de s’opposer au fait que les organisations des droits de l’homme fassent leur travail. Le ministère de la justice enjoint ledit procureur pour que ce dernier donne suite à la requête de la Fidh. Aussitôt, le procureur adjoint de Man demande à ce que finalement ces six corps soient conduits à la morgue, pour conservation. Mais n’autorise tout de même pas la poursuite des fouilles dans les deux autres puits qui n’ont jusque-là pas été «explorés». En quittant les lieux malgré eux, les quelques témoins ont pu apercevoir dans le deuxième puits trois crânes humains qui flottaient. Une preuve patente de ce que ces deux autres puits ont «recueilli» des cadavres du massacre de Nahibly. Les six corps ont été envoyés à la morgue où tout le monde s’est retrouvé. Malheureusement, les responsables de la morgue ont déclaré ne pas disposer du matériel adéquat pour la conservation de ces corps en putréfaction avancée. Finalement ces six corps, dont 5 hommes et une femme, sont exposés dans la cour de la morgue. En attendant l’arrivée de spécialistes qui arrivent aujourd’hui à Duékoué.

Ce que cache l’attitude du procureur

La suspension des fouilles par le procureur de la république adjoint de Man a surpris plus d’un. Et l’on s’interroge encore sur les raisons profondes de cette attitude. Comment un homme de droit a-t-il pu s’opposer à la manifestation de la vérité? Il affirme avoir reçu des ordres. Voudrait-on empêcher que la vérité sur le massacre de Nahibly éclate au grand jour? Manifestement oui. Sinon, comment comprendre que le procureur de la République adjoint empêche l’exhumation d’autres corps dans les deux autres puits jouxtant pratiquement le premier? Les cadres Wê avaient évoqué environ 211 morts et de nombreux portés disparus, après la folie meurtrière du 20 juillet dernier. Quand le gouvernement martelait bec et ongle le chiffre de douze morts. Si trois charniers ont été découverts, qu’en est-il des nombreux disparus et de ceux qui ont été exécutés, selon des témoignages, dans la forêt?

Le Gouvernement minimise la découverte du charnier

C’est par la voix du Directeur de cabinet du ministre de la justice que le gouvernement s’exprimera. Tout en minimisant à la limite cette découverte, il a fait savoir qu’un médecin légiste se rendra sur les lieux et qu’une enquête est ouverte. Sans même évoquer la poursuite des fouilles sur les sites soupçonnés d’abriter des charniers. A Duékoué, c’est l’indignation au sein des populations.


Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 21 septembre 2012

VOICI L'ENQUETE EXPLOSIVE DU «MONDE DIPLOMATIQUE» SUR L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Le titre se passe de commentaires. «Un territoire hors de contrôle – Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien».

Le périodique français Le Monde Diplomatique donne à lire, dans son édition de septembre, un article de terrain accablant pour le régime Ouattara et les FRCI. C’est un article qui tranche avec la langue de bois et l’incroyable complaisance qui caractérise les médias hexagonaux depuis la prise de pouvoir de l’actuel chef de l’Etat. Et qui ne tarde pas à désigner et décrire ce qui se passe dans l’Ouest par son nom : un mouvement de «colonisation».

«A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées, cet été. Si M. Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après la crise postélectorale est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao», résume le journal. Cameroon Voice.

 

Un véhicule calciné et criblé de balles: c’est tout ce qu’il reste de l’attaque qui, le 8 juin 2012, a coûté la vie à sept casques bleus près de Taï, petite bourgade de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Dans cette région, depuis plus d’un an, les villages font l’objet de mystérieux raids meurtriers. Yamoussoukro a accusé des «mercenaires libériens». Partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo et opposés à son successeur Alassane Ouattara, ces hommes traverseraient le fleuve Cavally, qui marque la frontière avec le Liberia, pour venir semer la terreur en Côte d’Ivoire.

Mais, sur le terrain, la situation ne paraît pas aussi claire: depuis la crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010 (2), dans l’Ouest du pays se joue un inquiétant imbroglio politique et militaire, avec pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles. Ce sont en effet ses sols, extrêmement  fertiles, qui font la richesse de cette région verdoyante. On y cultive le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial. S’y étendent également les dernières aires forestières nationales, dont les forêts de Goin-Débé (133.000 hectares) et du Cavally (62.000 hectares), réservées à la production de bois d’oeuvre (3).

Depuis toujours, ces atouts ont attiré des planteurs d’un peu partout, y compris d’Etats voisins. Ce mouvement a été encouragé par le président Félix Houphouët- Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993, qui avait décrété que «la terre appartient à celui qui la met en valeur»).

Si la région est aujourd’hui l’un des principaux centres de production de cacao, on y plante des hévéas, qui hissent le pays au rang de premier producteur africain de caoutchouc. «Cinq hectares d’hévéas rapportent de 7 à 8 millions de francs CFA [environ 12.000 euros] par mois», calcule un sous-préfet. Une petite fortune. Les problèmes ont commencé au milieu des années 1980, lorsque les cours mondiaux du cacao et du café ont chuté. La concurrence entre planteurs s’accroissant, des conflits fonciers ont alors éclaté entre les autochtones, devenus minoritaires, et les étrangers. La politique de l’«ivoirité» promue par le président Henri Konan Bédié (1993-1999) a encore envenimé les relations en poussant les nationaux à revendiquer les terres cédées aux nouveaux migrants. Une loi de 1998 a explicitement exclu les non-Ivoiriens de la propriété foncière.

Des hommes armés s’emparent d’un parc national

La tentative de coup d’Etat perpétrée le 19 septembre 2002 contre le président Gbagbo par des militaires du nord du pays partisans de M. Ouattara a achevé de mettre le feu aux poudres. La guerre civile qu’elle a déclenchée a touché tout particulièrement l’ouest et la ville de Duékoué. Située à une centaine de kilomètres au nord de Taï, Duékoué se trouve au croisement stratégique des routes menant au Liberia, en Guinée et à San Pedro, port d’exportation du cacao. Les rebelles, baptisés Forces nouvelles, y ont fait venir d’anciens combattants des guerres civiles libérienne (1989-1997) et sierra léonaise (1991-2002) dont Sam Bockarie, responsable d’atrocités en Sierra Leone. En retour, Yamoussoukro a aussi mobilisé des Libériens et des civils armés, pour la plupart des autochtones. Chaque camp a semé la terreur, contribuant à exacerber les antagonismes communautaires.

A l’issue du conflit, le pays s’est trouvé de facto divisé en deux et Duékoué placée sur la ligne séparant le Sud, administré par la capitale, et le Nord, géré par les Forces nouvelles. La région du Moyen-Cavally (devenue depuis deux entités différentes, le Cavally et le Guemon), dont dépendaient Taï et Duékoué, est restée dans le camp gouvernemental. Mais les armes ont continué à circuler pendant toutes les années 2000, et des miliciens et des groupes d’autodéfense plus ou moins soutenus par le camp Gbagbo se sont maintenus face aux rebelles, si bien que les tensions sont demeurées fortes, la présence de l’Etat étant en outre très mesurée.

Après la signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer des portions de territoire: M. Amadé Ouérémi, un Burkinabè ayant grandi en Côte d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs centaines – d’hommes armés dans le parc national du mont Péko, à 35 km au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao. Impossible de les déloger: en 2010, ils chassent même des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un autre phénomène déstabilisateur apparait en 2007: l’arrivée par cars entiers de Burkinabè. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans la forêt de Goin-Dédé où ils développent des plantations de cacao. Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas à récupérer leurs champs.

Quand la crise postélectorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars 2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par l’armée créée par M. Ouattara, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines de personnes – la Croix rouge a compté 867 corps –, essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinés. Selon une commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels du nord du pays, et des partisans de M. Ouérémi. Malgré les promesses de justice du président Ouattara, qui prend finalement le pouvoir le 11 avril 2011, cette tuerie n’a donné lieu à aucune enquête.

Depuis, la situation s’est encore compliquée, avec l’entrée en scène de nombreux acteurs. D’abord, des hommes armés attaquent, à partir de juillet 2011, une petite dizaine de villages. C’est à leurs propos que les autorités parlent de ‘’mercenaires libériens’’ payés par des opposants à M. Ouattara en exil au Ghana. Des sources onusiennes évoquent plutôt des autochtones Oubi refugiés au Liberia et cherchant à défendre les terres qu’ils ont perdues.

Ensuite viennent les dozos: arrivés dans la région pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leurs fusils ‘’calibre 12’’. Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali. Certains sont devenus agriculteurs. L’inverse est aussi possible: il y a un an, un planteur burkinabé installé près de Taï depuis une trentaine d’années a ressemblé un groupe de dozos pour «assurer la sécurité des populations», dit-il. En réalité, beaucoup de dozos, devenus miliciens, terrorisent la population et la rackettent.

Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones

A cela s’ajoute l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au Nord de Taï. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud-Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. Sauf : fin juin, à Tiélé Oula, il restait 9 Oubi sur les quelque 200 qui y vivaient avant 2011, pour 3.000 Burkinabè.

Si certains Burkinabé investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêtsde Goin-Débé et de Cavally désormais totalement ravagées. Dormant sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas mais aussi du cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue. Fin mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin. Sans résultat. ‘’L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire adjoint de Taï, M. Téré Téhé. Et il ne faut pas attendre que ces gens aient fini de planter pour les chasser’’.

Problème: les nouveaux occupants sont armés.

Observant un jeune paysan burkinabè partir au champ un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village de Tiélé Oula, M. Jean Gnonsoa ne cache pas son désarroi: ‘’Ici les étrangers peuvent avoir des armes mais pas les autochtones’’ – sous peine de représailles.

‘’Comment régler sereinement un litige foncier face à quelqu’un qui est armé ?’’, s’interroge M. Téhé. ‘’Les Burkinabè nous disent que le président qui est venu (M. Ouattara) est leur homme. Et qu’ils ont donc le droit de tout faire’’, déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de plantations déjà occupées. ‘’Aujourd’hui, 80% de ceux qui sont installés dans les forêts de Goin-Débé et de Cavally sont armés de kalachnikovs et de fusils calibre 12’’, rapporte un administrateur local. Il évoque une organisation mafieuse à l’origine de cette colonisation: ‘’Il y a ceux qui les convient, ceux qui établissent dans les forêts les points de contrôle auxquels chacun doit payer 25.000 Fcfa pour avoir accès à une parcelle de terre, etc.’’

Monsieur Ouérémi est régulièrement cité comme l’un des responsables présumés de ce trafic de terres et de personnes, en lien avec des officiers des FRCI. Dans le pays, les FRCI, justement, sont les seules forces régulières à disposer d’armes depuis que, soupçonnées d’être favorables à M. Gbagbo, police et gendarmerie en sont privées. Jouissant d’une impunité quasi-totale, elles font la loi à Duékoué, elles entretiennent un climat de terreur et sont, d’après plusieurs témoins, impliquées dans des exécutions extrajudiciaires. Des observateurs les accusent aussi d’être derrière certaines des attaques attribuées aux ‘’mercenaires libériens’’. Beaucoup soupçonnent leurs membres d’être originaires d’une seule région, le Nord, mais aussi d’être de nationalité burkinabè.

Impôts illégaux et racket des paysans

Une chose est certaine: les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ‘’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans: dans un village près de Taï, une femme se plaint de devoir leur payer 20.000 FCFA (30 euros) par mois pour accéder à sa  plantation.

Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ‘’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni Fofana alias Loss. Ancien chef de guerre des Forces nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué Duékoué en 2011. Ces soldats auraient joué un rôle important dans le massacre des Guérés. Pour l’actuelle opération de ‘’sécurisation’’, il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises langues assurent que pas un seul sac de cacao n’échappe au racket des Frci. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana.

Début juillet, le gouvernement a annoncé le lancement d’un recensement national des ex-combattants – le deuxième en un an – promettant le désarmement tant attendu. Cela ne suffit pas pour rassurer les habitants du Far West ivoirien dont beaucoup voudraient aussi que la justice fonctionne: malgré la promesse du président Ouattara, la tuerie de mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judicaire. Pis, elle a vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame. Fin juillet, des centaines d’individus parmi lesquels des dozos et des Frci ont attaqué et détruit le camp de déplacés du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de 137 cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi ; des dozos ont également cherché à faire disparaitre de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date.

Sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie: ‘’Le camp était gênant car les témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou disparus. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération’’.

 

Fanny Pigeaud, envoyée spéciale

Le monde diplomatique – Septembre 2012

 

Source: CAMEROONVOICE

jeudi, 26 juillet 2012

MASSACRE DE DUEKOUE: LE SILENCE DES ENFANTS DE L’OUEST

 

DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 15.jpg

Un infime échantillon des horreurs commises au camp des réfugiés de Duékoué


Dans certaines cultures, semble-t-il, les grandes douleurs sont muettes. Le silence d’une personne affectée par un malheur devient alors tout aussi, sinon plus communicatif pour son entourage que les cris et les pleurs qui servent à d’autres de dissiper la douleur. Les fils et filles de l’ouest - ministres, députés, maires, cadres militaires et administratifs -  sont-ils de ceux-là ? Mais si eux, pour des raisons qui leur sont propres, ne peuvent montrer de signes extérieurs de souffrance, sont-ils de ce fait devenus sourds pour ne pas entendre les cris de détresse, les appels au secours de leurs parents ? Sont-ils devenus aveugles pour ne pas se rendre compte que leurs parents ne possèdent plus de villages, ni de plantations ? Et que, depuis le vendredi 20 juillet, des dizaines d’entre eux qui avaient trouvé refuge dans le camp de Nahibly, à Duékoué, ont été massacrés, que ce camp a été détruit et complètement incendié, jetant dans l’inconnue plusieurs autres milliers aux trousses desquels sont lancés, comme des bêtes enragées, FRCI et dozos ?

A Abidjan, le gouvernement peut multiplier les communiqués sans craindre de se ridiculiser car rien de tout ce qu’il peut dire maintenant ne sera plus condamnable que cette tragédie où sa responsabilité est totalement engagée. Le gouvernement parle de tout sauf de l’action concrète en faveur des survivants de Nahibly que le traumatisme a poussés de nouveau dans la brousse et nulle part.

Cyniquement, sans s’interroger sur leur situation actuelle, le gouvernement, à travers son communiqué du 24 juillet, promet « d’aider à la réinstallation des populations déplacées dans leur village d’origine ». Naturellement, la solidarité gouvernementale aidant, il est à supposer que les ministres ressortissants de la région de l’ouest tels Dagobert Banzio et Anne Ouloto, sont consentants pour ce redéploiement fictif. Sont-ils eux au moins en mesure de nous dire où retrouver la population survivante de Nahibly, dispersée par les menaces de mort ? Ils n’ont pas d’excuse de ne pas apporter assistance aux parents sinistrées de l’ouest que l’on sait abandonnés par l’Etat, moyennement encadrés par les structures d’aides sociales et malmenés par les dozos et les FRCI.

Au village, c’est pourtant une fierté pour tous de savoir qu’une fille ou un fils de la communauté connait une ascension sociale car on en espère toujours une assistance en cas de nécessité. Ce qui explique d’ailleurs généralement les conflits entre partisans des candidats aux élections locales. Les candidats eux-mêmes contribuent souvent à alimenter les querelles par des promesses fallacieuses et démagogiques. Mais les élections législatives de l’ère Ouattara présentent tout un autre aspect.  Cette année, du fait de l’exclusion de l’opposition du jeu politique, tous les élus de l’ouest, comme partout ailleurs, sont du RHDP, groupement politique au pouvoir d’Etat. On imagine dès lors qu’il devrait être plus aisé  pour Deh Paul, député de Taï, Onsio Georges, député de Guiglo, Guiri Aimé et Oulata Gahoudi, députés de Bangolo, Guéi Boniface, député de Kouibly, Oulaï Madeleine, député de Bloléquin et Désiré Gnonkonté, Maire de Taï de se mobiliser tous en faveur de la paix dans leur région d’origine. Ils peuvent utiliser leur double avantage d’être d’abord fils et filles du terroir, et d’appartenir ensuite  au groupement politique dont les sympathisants et les protégés se montrent si souvent d’une extrême violence à l’égard de leurs parents, même s’ils ne mangent pas à la même table idéologique.

Malheureusement, comme des adeptes de la théorie des douleurs muettes, ils se terrent dans un silence tout aussi coupable que les fuites en avant du gouvernement. Quand certains d’entre eux veulent paraitre actifs, c’est de se jouer du drame des pauvres populations en portant des accusations simplistes contre le FPI et des fictifs pro-gbagbo. Il y en a un futur candidat aux municipales de Touleupleu qui, en annonçant sa candidature dans la presse, au lendemain des tueries de Duékoué, a suscité la réaction suivante chez quelqu’un qui, devant la tragédie est encore capable d’humour : «pour être sûr de se faire entendre, a-t-il dit, ce candidat là devra apprendre à parler les nouvelles langues de peuplement de l’Ouest». 

 

Dekaus Badaud, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

MASSACRES DE DUEKOUE - UNE RESSORTISSANTE DU NORD AVERTIT SES FRERES: «LA VENGEANCE RISQUE D'ETRE TERRIBLE!»

 

 

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Je m'abstiens en général de les regarder, mais cette fois-ci, il était quasi impossible de les éviter. Aussi ai-je versé quelques larmes en voyant les images de la dernière tuerie, de Nahibly près de Duékoué. L'ouest! Oui encore lui! Région martyre qui paie très cher son soutien à Laurent Gbagbo – d'après ce qu'on dit. A moins que ce ne soit plutôt la présence de terres fertiles.

Je souffre avec cette population qui n'a même pas trouvé de protection alors qu'elle pensait trouver refuge dans ce camp de réfugiés, auprès de casques bleus sensés la protéger. Après avoir tout perdu, il ne leur restait - pour la plupart d'entre eux - que la vie. Ils viennent elle aussi de la perdre de manière brutale. Non, que dis-je? De manière barbare, car cela ressemble à une vraie boucherie.

Je n'ai pas pu regarder toutes les images tellement elles étaient brutales, horribles. Imaginez alors le sentiment de tous ceux qui les voient «en direct» et non derrière un écran d'ordinateur comme moi. La souffrance de ceux-là qui ont perdu de cette manière un père, une mère, un frère, une soeur, un oncle, une tante, etc... ou même un ami.

Est-ce cela la réconciliation? Je n'ai pas encore entendu Konan Banny. Cette barbarie l'a-t-elle rendu muet?

Les explications données par le représentant du gouvernement ne me satisfont pas: il y aurait eu des miliciens pro-Gbagbo dans ce camp?  J'ai envie de répondre: «Et puis?». N'y a-t-il plus de lois dans ce pays? Ne pouvait-on pas les arrêter au lieu d'occasionner une telle boucherie? Personne ne mérite une telle fin, fût-il «milicien  pro-Gbagbo», comme ils disent. Encore que cela reste à prouver. C'est de mon avis une bien piètre excuse. Où est passée la compassion pour ces populations qui souffrent déjà depuis trop longtemps et paient un très lourd tribut de leur soutien à Laurent Gbagbo? Même si les politiciens des autres régions leur accordent peu d´intérêt, où sont passés leurs «frères» qui  font partie de ce gouvernement? Ne peuvent-ils pas exiger qu'on les protège? Pauvre Côte d'Ivoire! On en est arrivé à ce point où la vie de ceux d'un autre bord poilitique ne semble plus avoir aucune valeur! Ces gens seraient-ils morts au combat, les armes à la main – dans un combat équitable donc – que vous ne m'auriez pas entendue. Mais je refuse de participer à cette déshumanisation de mon pays qui a lieu sous nos yeux à tous. C'est vrai  que je n'y peux pas grand-chose, mais je voudrais au moins ouvrir la bouche pour dire ma désaprobation.

Et quand je lis que ce sont les populations du Nord (encore une fois) avec l'aide de celles des pays de la sous-région qui sont responsables de ce massacre, je me pose la question: Mes frères du Nord ont-ils perdu le Nord? Je ne reconnais plus mon pays, je ne reconnais plus les gens de ma région. Mon coeur saigne pendant que j'écris ces lignes. Car si ces meurtres sont vraiment leur fait, qu'ils s'attendent à la pareille au moment où le pays sera libéré d'Alassane Ouattara et de ses complices. Je ne m'en réjouis pas – loin de là – mais c'est un fait et j'aimerais tant que quelqu'un ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard. J'ai l'impression de crier dans le désert. Ce qui semble tellement évident à un grand nombre de personnes, ne semble sauter aux yeux d'aucun des membres de ce gouvernement!!! Ils mènent ceux qu'ils sont venus «libérer» - je me demande bien de quoi - tout droit à la boucherie, sur une route pavée il est vrai des corps de toutes leurs victimes depuis 2002...

Cette question me revient toujours: Quel est le but véritable de ces tueries répétées? Et où se trouve cette «communauté internationale» instauratrice de  «démocratie » en Côte d'Ivoire, qui donnait tant de la voix du temps de Laurent Gbagbo?  Rien que des protestations timides quand ce n'est pas le silence total. De toute façon, je ne crois  que nous les intéressions vraiment, ou que nous ayons quoi que ce soit à attendre d'eux. En effet, tant qu'ils ont la mainmise sur les richesses du pays, que leur importe que nous nous entretuions ?

 

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!

 

N. Coulibaly

samedi, 21 avril 2012

ROMPRE LE SILENCE SUR LE MASSACRE DE DUEKOUE

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Le massacre de Duékoué, devenu symbole de la tragédie et de l’épuration ethnico-politique a commencé en 2002 et se poursuit aujourd’hui dans toute la Côte d’Ivoire. Le peuple wê vit depuis une décennie les moments les plus dramatiques de son Histoire, celui de la destruction, de l’extermination, de l'exil et de l’expropriation. Les villages et quartiers wê ont été massivement pillés et incendiés lors des épouvantables massacres de 2002, 2003, 2005 et 2011. 

Des milliers d’autochtones wê sont donc réfugiés au Liberia (160.000 personnes selon l'ONU), traqués dans les forêts ou terrés dans des camps improvisés autour d'institutions chrétiennes (missions catholiques ou protestantes). Ceux qui s'étaient réfugiés dans des bâtiments publics en sont chassés par les autorités de fait et ont dû improviser des habitations de fortune sans aucune aide des ONG ou du pouvoir en place. 

Dans la seule zone de peuplement wê, le bilan de ces crimes depuis novembre 2002 serait de plus de 10 000 morts et disparus, des milliers de blessés, des milliers d'habitations détruites ainsi que presque tous les lieux sacrés du pays qui constituent l'âme et les symboles du peuple wê (les Kwi et les Glaé). L'Ouest ivoirien a été envahi par une coalition de rebelles armés. Avec le retour à une situation de ni paix/ni guerre à la mi-2003, suite aux accords signés, des forces armées onusiennes (ONUCI) et française (Licorne) ont été positionnées dans plusieurs villes de l'Ouest ivoirien, notamment à Duékoué. Elles n'ont cependant pas empêché le massacre de Guitrozon en 2005, au cours duquel 107 villageois Wê de deux villages voisins de Duékoué ont été assassinés pendant leur sommeil.

Ces mêmes forces internationales dites de paix n'ont pas non plus empêché les Dozos (chasseurs traditionnels venus du Nord ivoirien) de brûler le quartier "Guéré" de Duékoué, tuant une trentaine de personnes en janvier 2011 et provoquant la fuite de 20 000 Wê vers la Mission Catholique de la ville. 

Les populations wê s'étaient rassemblées autour des missions catholique et protestante de Duékoué (30.000 à 40.000 personnes) en avril 2011 ou avaient gagné d'autres régions de Côte d'Ivoire. 

Selon une enquête d'Amnesty International, 60 à 75 % des Wê n'étaient toujours pas rentrés chez eux en septembre 2011 (date dudit rapport). L'ONU, qui ne s'est jamais préoccupée du cas des réfugiés se soucie toujours très peu de compter ceux qui ont fui les exactions des rebelles aujourd’hui rebaptisées FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire). La Communauté internationale coalisée derrière la France et le Conseil de sécurité des Nations Unies s'efforce surtout de minimiser leur nombre en les encourageant à rentrer dans les ruines de leurs maisons tout en diminuant les allocations de nourriture des récalcitrants. De son côté, le gouvernement menace régulièrement de fermer les camps qui les abritent. 

D’après de nombreux témoignages qui se recoupent, ceux qui rentrent sont confrontés à des occupants qui leur interdisent l'accès à leurs plantations. Parler de cette épuration ethnique peut valoir des représailles au nom de la lutte contre la xénophobie et l'incitation à la haine. De nombreux crimes sont commis par les différentes forces armées supposées veiller à l’ordre public (Dozos, FRCI, "faux-FRCI", etc. suscitant un climat d'insécurité généralisée). Parfois, ils s'en prennent même aux membres de leur propre groupe ethnique, suscitant alors des soulèvements populaires (événements de Vavoua fin 2011). 

Pour en revenir au massacre de Duékoué devenue ville martyre, un an après le rôle de la Communauté internationale reste très controversé, de même que plus largement son rôle dans la crise ivoirienne. 

Les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) se sont rendus sur place tout récemment avec un drone et des sondes archéologiques pour tenter de retrouver les corps des victimes. Après avoir mis en œuvre leur matériel sophistiqué en présence des médias, leur porte-parole a déclaré lors d'une conférence de presse le 14 mars 2012 : 

«Nous avons trouvé trois aires géographiques localisées dans le ‘’quartier Carrefour’’ où on pourrait avoir des charniers possibles, des charniers probables et des charniers quasi-certains». Pourtant, ces charniers étaient parfaitement identifiés par les organisations internationales puisque l'inhumation des corps y a été effectuée par le bataillon marocain des forces de l'ONU avec la Croix-Rouge locale : «Ces corps ont été enterrés dans trois fosses communes localisées au quartier Carrefour. (Rapport ONU du 10 mai 2011)».

 A ce jour, aucun des suspects incriminés pour ce massacre ne semble avoir été désarmé, interrogé ou inquiété. Amnesty international s'en étonné d’ailleurs car Amédé Ouéremi, ressortissant du Burkina Faso a été accusé par l'ONU (rapport du 10 mai 2011) d'être le chef des Dozos qui auraient commis le massacre du quartier Carrefour. Il commande toujours ses Dozos. Les autres chefs des FRCI qui ont pris Duékoué, Losseni Fofana et Eddy Medy (rapport HRW), ont été promus dans l'Armée et continuent de faire régner la terreur parmi les populations autochtones Wê.

Dans le contexte du conflit post-électoral ivoirien, il était évident que la mission de protection des civils par les Casques Bleus et la Licorne aurait dû s'exercer à Duékoué où les tensions inter-ethniques étaient déjà à leur paroxysme. 

Lorsque les Frci ont pris la ville d’assaut, les centaines de soldats des forces internationales d’interposition présents se sont contentés d'observer les exécutions avec un hélicoptère sans même signaler quoi que ce soit aux médias, interdisant même l’accès de leurs casernes aux populations civiles venues implorer leur protection. Il a fallu que la Croix-Rouge se départisse de sa réserve habituelle pour que le massacre soit connu du grand public. 

Mieux encore, l'ONU a tenté d'en minimiser l'ampleur en annonçant un nombre de tués inférieur au nombre de corps enterrés conjointement par ses hommes et la Croix-Rouge, avant de réviser ce chiffre à la hausse quand le coup de feu médiatique a cessé. Il faut bien reconnaitre que le peuple wê n'est qu'une victime collatérale du conflit entre les factions ethnico-politiques de la classe politique ivoirienne. Utilisé comme chair à canon et victimes emblématiques, les Wê ont payé un lourd tribut à cette crise. 

Or, il est impossible de faire son deuil sans la reconnaissance du statut de victime. Mais pourquoi donc la quasi-totalité des médias occidentaux, africains, des ONG et des organisations nationales ou internationales ont-ils passé sous silence le calvaire de ce petit peuple à la légendaire hospitalité ? 

Pourtant, la réconciliation – préalable indissociable du retour à la paix – suppose donc que les coupables de tous ces crimes qui ont endeuillé et continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire soient poursuivis, jugés et condamnés. 

L’impunité est le pire gage de l’appropriation et de la conservation du pouvoir par la force. J’en veux pour preuve l’abominable assassinat de François Gboblemon enlevé sous les yeux terrorisés de sa famille à Guéhiebly (circonscription de Duékoué) dans la nuit du 18 au 19 mars 2012. Les photos insoutenables qui m’ont été transmises de ce meurtre sont édifiantes du degré d’inhumanité atteint par cette justice des vainqueurs. 

A l’heure où nous sommes, aucune enquête digne de ce nom ni aucune mise en examen des responsables pourtant connus de ces massacres n’a eu lieu, contrairement à ce qui avait été promis par le nouveau régime. 

Or la plupart des médias et des responsables tant nationaux qu’internationaux savent que de la réconciliation des populations de Duékoué et du pays wê dépend la réconciliation nationale toute entière. «Un peuple qui oublie son histoire se condamne à la revivre de nouveau», disait Churchill.  

En attendant cette véritable réconciliation que nous appelons de toutes nos forces, nous lançons un cri du cœur pour venir en aide à nos frères et sœurs qui souffrent au pays, tout particulièrement aux milliers d’orphelins livrés à toutes sortes de maux (prostitution juvénile, drogue, viol, famine, malnutrition,…). 

 

Martine Keï Vaho

Présidente de ARDEFE 

(Association des ressortissants de Duékoué en France et en Europe)


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 14 avril 2012

ERIC KAHE: «A L'EVOCATION DES MASSACRES DE L'OUEST, JE TOMBE DANS LES POMMES DANS LES BRAS DE MA FILLE DE 9 ANS»

 

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Le 11 avril, c'est d'abord le 28 mars avec la descente des FRCI sur Duékoué accompagnée de violents pillages et du carnage dont j'ai encore la chair de poule. Ce sont trois semaines de communications avec des populations et des parents réfugiés en brousse, sans nourriture ni chauffage, vivant de tubercules et de fruits sauvages et traqués par des Dozos qui tiraient sur eux comme des lapins. 

Le 11 avril, ce sont les pleurs d'adultes, entre le 28 mars et le 15 avril, qui résonnent encore dans mes oreilles. Ce sont des femmes et des enfants, en brousse avec un seul vêtement ou même presque nus. Cachés dans les forêts de sommet de montagne ou sur les flancs si ce n'est dans les grottes, ils sont dépassés par les évènements et ne comprennent pas la cruauté qu'ils subissent, incapables de pointer le nez dans un sentier. Pour beaucoup, le cauchemar n'a pas de nom et l'issue semble sans issue. 

Le 11 avril, c'est le souvenir du quartier Carrefour de Duékoué, c'est Guitrozon, Pinhou, Bagé "B", Fengolo, Guézon, Adzopé, Daloa, Yakro, le Zanzan, Guiglo, Toulepleu et tant d'autres localités, etc. Ce sont des appels au secours pour lesquels je suis d'une impuissance qui en ajoute à mes peines et douleurs. 
 
Le 11 avril, c'est un homme impuissant, brisé, informé de graves détresses et d'exactions inhumaines et appelant à son tour des secours qui ne se manifestent pas. C'est la crainte de voir les téléphones portables des survivants se décharger et me mettre dans une position de ne plus pouvoir communiquer avec eux. De sorte que mon premier reflexe est de leur faire éteindre tous les portables sur une zone de cachette et de ne communiquer que sur un seul. Une fois cette batterie épuisée on passe à un autre portable avec la même puce. Ce sont les exécutions sommaires dans de nombreux villages de l'Ouest et presque partout en Côte d'Ivoire. La vie humaine naguère si sacrée a alors moins de valeur que celle d'un poulet. La longue liste des décès annoncés au fur et à mesure. L'impression d'être dans un cauchemar sans fin.
 
Le 11 avril, c'est un homme qui quitte son domicile d'Abidjan le 30 mars pour une réunion et qui n'y est jamais retourné. Commence alors une longue errance à la recherche d'un toit pour passer la nuit du 30 mars, ma famille ayant fui les bombardements pour me rejoindre dans la rue. Oui, surréaliste mais dans la rue. Très tard dans la nuit, je trouve refuge, coincé avec ma famille dans un studio donnant directement sur une rue en Zone 4. Je vais rester cloîtré dans ce studio sans jamais voir le soleil, du 30 mars au 15 avril, moralement incapable d'abandonner le président Laurent Gbagbo sous les bombardements et quitter Abidjan. 
 
Le 11 avril, c'est un homme exténué, vidé de tout influx nerveux pour être passé par toutes sortes d'émotions. C'est la peur d'une agression, notamment sexuelle sur les enfants, et craignant de manquer à tout moment d'eau ou de nourriture pour des gamins. C'est assister en direct par téléphone aux pillages de longues années de travail, sous prétexte que ce sont les biens de l'Etat.

Des montagnes entourant Guitrozon, les jeunes décrivaient la rotation des camions entiers de transport affectés aux pillages. C'est le souvenir de mon oncle Nahi Doh, abattu à bout portant par ceux qui voulaient emporter mon cheptel. 
 
Le 11 avril est aussi pour moi, le souvenir de ma fillette qui m'arrose d'eau quand je tombe dans les pommes à la description des massacres du quartier Carrefour de Duékoué. Devoir s'occuper de son père à 9 ans! Et pourtant, nous avions tout fait pour cacher notre désarroi aux enfants. Etre en vie relève de la grâce de Jésus Christ, même si des serviteurs de Dieu ont subitement choisi de me renier, au nom des intérêts de leur pays.
 
Le 11 avril, c'est cette image de l'arrestation du président Laurent Gbagbo devant laquelle toute la famille s'est effondrée. Si la loyauté et la fidélité sont des qualités, alors les nôtres lui sont garanties. 

Car le 11 avril, c'est aussi le 7 avril, 30ème anniversaire du TGV. Ce jour est marqué sur les chaînes françaises, par les témoignages poignants de fidélité de Guy Labertit à Laurent Gbagbo. Sous les bombes assourdissantes qui illuminaient le ciel abidjanais, je savais la cause entendue et perdue mais un homme avait conquis mon cœur, sans compter l'héroïsme émouvant et la fidélité des collaborateurs immédiats du Chef. L'entreprise de mon épouse réussira à l'exfiltrer avec les enfants le 13 avril pour une capitale de la sous-région où je ne me sentais malheureusement pas le bienvenu. 
 
Le 11 avril, c'est une sortie miraculeuse d'Abidjan le 15 avril grâce à cet appel miraculeux, la veille, d'un homme dont j'avais du mal à reconnaître la voix et qui me demande de lui faire confiance. C'est quand je suis hors du pays qu'il décline son identité, ayant agi pour le compte d'un aîné qui a pensé à moi dans cet océan de sollicitations.
 
Le 11 avril, ce sont ces questions qu'on ne finit pas de se poser: pourquoi, comment, pour qui, jusqu'où, jusques à quand? Comment, pourquoi des organisations naguère si crédibles à nos yeux ont-elles pu s'installer dans le mensonge et le complot?
 
Le 11 avril, c'est déjà un an d'exil auquel je n'étais guère préparé mais tout au long duquel j'ai pu expérimenter l'amour de Dieu. C'est enfin des hommes et des femmes, majoritairement victimes, de qui l'on attend qu'ils se repentent pour des fautes qu'il n'ont jamais commises, les opinions politiques et la relative réussite sociale à la force du poignet ne pouvant être des délits. 

Le 11 avril, c'est surtout un homme prêt au pardon et à la réconciliation dans la dignité. Devant l'immense besoin de réconciliation en pansant sincèrement les plaies, je prie Dieu qu'il touche le cœur de chacun. Pour que cesse les comportements de revanchards - de quoi d'ailleurs? - et qu'ensemble nous puissions regarder avec réalisme la situation catastrophique du pays et entamer un nouveau départ.
 

Eric Kahé, président de l'AIRD


mardi, 10 avril 2012

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

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Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

mardi, 20 mars 2012

SANGUINAIRES, INCOMPETENTS MAIS PAS IDIOTS!


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Craignant d'être arrêtés par la CPI, les Com'zones Wattao, Cherif Ousmane, Morou refusent d'aller en formation en France

 

Les Com'zones ivoiriens Wattao, Cherif Ousmane, Morou Ouattara, Vetcho, Zacharia, comme nous l'avions déjà dit, sont en formation accélérée par la force Licorne, à la base militaire du 43ème BIMA à Abidjan. Mais cette formation n'est apparemment pas suffisante ou est incomplète. La décision a donc été prise, qu'ils viennent en France pour parfaire leur formation militaire.

Mais contre toute attente, ces derniers, craignant un coup fourré, ont refusé. Ils prefèrent rester à Abidjan et ne pas prendre de risques.

La récente condamnation par la CPI du chef de guerre de la RDC Congo, Thomas Lubanga, n'a pas dû les rassurer. En effet le 14 mars dernier, Lubanga a été reconnu coupable par la CPI de crimes de sang, de crimes de guerre, et d'utilisation d'enfants soldats en Ituri : Il risque une peine d'emprisonnement maximale de 30 ans de réclusion.

Nul doute que cette condamnation n'est pas passée inaperçue du côté des FRCI et de ses Com'zones dont les plus célèbres sont Wattao, Cherif Ousmane, Koné Zacharia, Morou, Vetcho, etc...
C'est certainement la raison pour laquelle, ils ont décliné l'offre de se rendre en France pour une formation militaire.

Surtout que depuis quelques temps, les enquêteurs de la CPI sont présents sur les bords de la lagune ébrié et ont effectué le déplacement de Duékoué à la recherche des preuves concernant les 1000 civils pro-Gbagbo massacrés par les FRCI. Recherches qui se sont révélées concluantes. Ils devraient aussi faire la lumière sur les massacres de gendarmes et de certains membres de leurs familles à Bouaké en 2002, sur les charniers découverts par la Croix Rouge à Yopougon, et sur bien d'autres crimes non encore élucidés.

Du côté des FRCI, où l'étau commence à se resserrer, la sérénité n'est effectivement plus de mise.

D'où le refus des Com'zones, sur qui plane la menace d'un mandat d'arrêt de la CPI, de venir en France se former.


Eric Lassale, in IVOIREBUSINESS


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 26 janvier 2012

AFFAIRE «SANS LA FRANCE, IL Y AURAIT EU UN GENOCIDE EN COTE D'IVOIRE»


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A la stupéfaction de tous ceux qui connaissent bien l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara en visite d'Etat en France a pondu l'énormité suivante, au premier jour de sa visite, le mercredi 25 janvier 2012 : « Sans la France, il y aurait eu en Côte d'Ivoire un génocide pire que celui du Rwanda ». Théophile Kouamouo apporte, ici, une réplique à ceux qui épousent cette thèse révisionniste.

"Je voudrais rappeler à ceux qui prétendent que sans la France il y aurait eu un génocide en Côte d'Ivoire que le seul génocide connu de l'Afrique contemporaine est celui du Rwanda. L'armée française était là. Les graves massacres coloniaux du Cameroun se sont déroulés en présence de l'armée française, qui les supervisait d'ailleurs. Mongo Beti parlait à ce sujet de « la malédiction du bain de sang » de la France en Afrique.

Rappelons aussi que les pires massacres de la Côte d'Ivoire contemporaine ont eu lieu à Duékoué, à deux pas du camp de l'ONUCI. Ne racontons pas n'importe quoi pour alimenter notre haine de nous mêmes".



Théophile Kouamouo, sur sa page Facebook

mercredi, 30 novembre 2011

POUR LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, LE TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI SOULEVE DE LOURDES QUESTIONS



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Le transfert de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale soulève de lourdes questions de droit et de justice mais aussi des questions politiques cruciales sur le rôle de la France en Afrique. Des crimes particulièrement graves, des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Côte d'Ivoire par les deux camps en conflit après le scrutin de novembre 2010. Pourtant, seul Laurent Gbagbo est directement poursuivi et incarcéré à La Haye. On se souvient pourtant, par exemple, que plus de 800 personnes (selon la FIDH) ont été atrocement massacrées à Duékoué en mars 2011, lors de la prise de la ville par les partisans d'Alassane Ouattara.

Amnesty International, parmi d'autres ONG de droits humains, a appelé les autorités ivoiriennes et le procureur de la CPI à enquêter sur tous les crimes de droit international commis par toutes les parties. On n’en est pas là et ce qui domine aujourd'hui est le risque d'une justice des vainqueurs.La crédibilité de la CPI ne sortira pas grandie de cette grave instrumentalisation.

Laurent Gbagbo est considéré comme le responsable de la crise ivoirienne, des confrontations armées et des violences que celle-ci a entraînée. Mais les résultats des élections de novembre 2010 – pour 20.000 bureaux de vote – furent-ils si évidents, si transparents et si honnêtes alors que les contestations déposées n'ont fait l'objet d'aucune analyse ou enquête sérieuse dans un dangereux contexte de tensions politiques et inter-communautaires qui a dégénéré en guerre civile? Alassane Ouattara «élu» dans de telles conditions, ou plutôt porté au pouvoir par la grâce sarkozienne de l'armée française dans les meilleures traditions néo-coloniales, est-il plus légitime que Laurent Gbagbo ? C'est ainsi qu'on entretient les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain. Il faudra s'en souvenir…et il faudra enfin sortir des pratiques de la Françafrique.

 

Parti  communiste français,


Paris, le 30 novembre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


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Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.