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lundi, 06 décembre 2010

DECLARATION DU MLAN SUITE AU COMPORTEMENT IMPERIALISTE DE LA FRANCE

 

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Depuis le décès de Félix Houphouët Boigny, la Côte d'Ivoire est engluée dans une crise sans fin. L'égoïsme et les ambitions démesurées des hommes politiques ivoiriens sont passés par là. En effet, depuis 2002, une sale guerre a entraîné la Côte d'Ivoire dans une pauvreté indescriptible. Après plusieurs accords de paix, l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) a fini par conduire le pays à des élections présidentielles.

Après un premier tour qualifié de démocratique, le second tour a été émaillé de troubles et de comportements anti-démocratiques. Malheureusement la commission électorale indépendante (CEI) n'est pas arrivée à départager les deux candidats en lice : le candidat Laurent Gbagbo et son frère Alassane Dramane Ouattara. Alors que le Conseil Constitutionnel s'apprêtait à prendre le relais pour vider le contentieux, la Chaîne française France 24, a annoncé sans aucune base juridique, la victoire du candidat Alassane Dramane Ouattara.

Le Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN), porte-parole de la nouvelle jeunesse africaine, condamne cette attitude raciste et néocoloniale de la France.

Le MLAN rappelle à la France que la Côte d'Ivoire est indépendance depuis 1960 et qu'elle a, grâce à Dieu, des institutions à même de proclamer dans la paix, les résultats des élections présidentielles de 2010.

Face à ce combat d'arrière-garde que la France mène contre la Côte d'Ivoire depuis 2002, le MLAN entend  rester impavide et digne.

Le MLAN voudrait renvoyer la France à méditer les leçons de l'Histoire : aucune puissance n'a pu arrêter la volonté populaire lorsque le peuple a décidé de prendre sa liberté.  La France impérialiste semble ignorer le vent de la liberté qui souffle tel un ouragan sur le sous-continent noir. Si tel est le cas, qu'elle sache que les africains ont décidé souverainement d'écrire  eux-mêmes les pages de l'Afrique Nouvelle.

En dépit de cette balourdise française, la Côte d'Ivoire indépendante est en marche et rien ne peut faire obstacle à sa marche victorieuse et glorieuse.

Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

 

Fait à Abidjan le 3 Décembre 2010
Pour le MLAN
Le Président

Dr Séraphin PRAO

jeudi, 12 août 2010

DITES-NOUS, LES REFONDATEURS, OU EST LE CHANGEMENT?

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« Tous ces hommes qui nous font peur, qui écrasent l'émeraude jalouse de nos rêves, qui bousculent la fragile courbe de nos sourires, tous ces hommes en face de nous, qui ne nous posent point de questions, mais à qui nous en posons d'étranges. ... Qui sont-ils ».

Cette phrase est tirée du livre de Frantz Fanon, intitulé Pour la révolution africaine, écrits politiques-Paris : La Découverte, 2006.  Qui sont ceux qui écrasent donc nos rêves ? Il ne faut pas chercher loin et pendant longtemps, il s'agit des refondateurs ivoiriens.

Les ivoiriens connaissent bien ceux qu'on appelle depuis 2000, les Refondateurs. Mais pour les autres, ils n'ont pas d'inquiétude à se faire car dans notre exposé, des définitions seront données.

Notre contribution du jour est une question que nous posons à ceux qui nous gouvernent aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Nous désirons avec leur permission, savoir ce qu'ils ont fait du changement promis. Cette question est donc la suivante : « dites-nous les Refondateurs, où est le changement ?».

Pour faciliter notre exposé, il nous semble intéressant de rappeler aux lecteurs certaines définitions, toujours obnubilé par le souci constamment affiné de rendre objectivement notre pensée.

Les Refondateurs sont les « acteurs » d'un « scenario » qu'on appelle : la Refondation. Cette dernière est une philosophie de la vie en société, un programme de gouvernement, une affirmation des valeurs éthiques et une vision de l'homme et de l'humanité. Elle a promis un changement radical de l'édifice national. Tout était à reconstruire pour le pays, sa structuration administrative, son organisation économique, politique, sociale, culturelle.

A ce stade de notre exposé, contentons-nous de cette définition que nous compléterons plus loin.

On peut définir le changement comme une action qui consiste à chambarder, innover, réformer, rénover, renverser, révolutionner. Une telle définition nous conduit à une autre question, celle de savoir ce qui était à changer.

Dans la suite de notre exposé, il nous faudra brièvement présenter la Côte d'Ivoire avant l'irruption des Refondateurs. Ce sera le premier point à développer.

Nous discuterons dans un deuxième point, des retombées de la Refondation. Pour être sincère avec nous-mêmes, la Refondation en tant que philosophie n'est pas blâmable, mais le comportement des « acteurs » de la Refondation.

Enfin, dans un troisième point, nous appellerons les ivoiriens à ne pas laisser le « volant » de la « voiture ivoire » à des aventuriers.

LA CÔTE D'IVOIRE SOUS LE PARTI UNIQUE : FORCES ET FAIBLESSES

Avant l'avènement du multipartisme, l'histoire politique et économique de la Côte d'Ivoire se confond avec celle de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire).  Jusqu'en  1990, en tout cas, le PDCI-RDA régnait et son modèle économique était le fondement de l'effort de développement.

Sur le plan politique, il faut dire que le parti unique n'est pas attrayant pour le démocrate que je suis. Le parti unique est un suicide politique dont les effets pervers sont le plus souvent un boomerang social. Or comme les grecs l'enseignent, c'est de la polémique[1] que dérive la vérité, une république animée par un parti unique n'est pas démocratique.

En matière de diplomatie  et de politique internationale, dès l'accession à l'indépendance de son pays, le président Félix Houphouët-Boigny opte pour une coopération étroite avec la France. Rappelons qu'à cette époque, deux conceptions différentes de l'Afrique s'affrontent, d'une  part les « progressistes » du groupe de Casablanca, qui souhaitent à la fois une indépendance totale des pays africains ainsi qu'un fort panafricanisme, et d'autre part, les « modérés » du groupe de Monrovia dont faisait partie Félix Houphouët-Boigny, qui aspirent également à une indépendance de l'Afrique, mais sous la férule de la France.

Félix Houphouët-Boigny, n'était pas un véritable président mais le représentant de la France en Afrique francophone : il défendait les intérêts français.

Il n'a rien fait pour aider à la construction d'une monnaie sous-régionale décolonisée, c'est-à-dire gérée par les africains eux-mêmes, sans la tutelle française. Il a préféré tout donner à la France et se contenter des résidus.

Au niveau économique, le pays connait un semblant de développement. Les résultats affichés par la Côte d'Ivoire sont impressionnants : le taux de croissance annuel moyen du Produit Intérieur Brut est d'environ 7 % entre 1960 et 1980, indique la Banque Mondiale. Les dépenses dans le domaine de l'éducation et de la santé sont très importantes, 40% du budget de l'État est alloué au secteur de l'éducation et de nombreux hôpitaux et dispensaires de village sont mis à la disposition des populations.

Mais la croissance ivoirienne est une croissance appauvrissante, puisqu'elle est basée sur l'exportation de quelques matières premières. Il a suffit que les prix des matières premières chutent pour que le PIB par tête se détériore, enfonçant le pays dans une crise.

Sur le plan social, certes l'ivoirien vivait mieux que son homologue de certains pays voisins, mais la distribution de la richesse n'était pas égalitaire. Elle se faisait selon des normes clientélistes et claniques.

La paix sociale était tout de même préservée dans un pays où un quart de la population est étrangère. On pourra tout reprocher à Félix Houphouët-Boigny, mais il a réussi à asseoir une précaire cohésion sociale.

DU MULTIPARTISME A LA REFONDATION : L'ESPERANCE AVORTEE

Les partis politiques existaient en Côte d'Ivoire avant les indépendances mais l'histoire leur donne un point de départ en 1990.

Comme le souligne Jean-François Bayart, «  Une légende plaisante veut que la conférence de La Baule, en juin 1990, ait propulsé l'Afrique dans l'ère du multipartisme, parfois à son corps défendant. C'est oublier la chronologie des faits : la France a pris acte tardivement, et de manière bien ambiguë d'une revendication libérale ... qui était devenue irrépressible »[2].

En Côte d'Ivoire, le multipartisme est arraché à Félix Houphouët-Boigny en 1990. Le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo se trouve en première ligne dans le combat pour les libertés individuelles.

Ces démocrates là ont confondu démocratie et multipartisme. Nous le répétons encore une fois, la démocratie est fondamentalement le règne du droit.  Selon le Rapport préparé par International IDEA (l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale) et dans le cadre de son programme mondial sur la recherche et le dialogue avec les partis politiques, publié en 2007, la Côte d'Ivoire disposerait de plus de 130 partis politiques. Or à en croire Freedom House[3], le pays ne serait  pas propice aux libertés civiques.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que l'éclosion des partis politiques ne garantit pas nécessairement le multipartisme. Il est par conséquent nécessaire de faire la distinction entre l'existence d'un grand nombre de partis politiques et un système de partis. Dans la première situation, il y a beaucoup de partis mais il n'y a aucune compétition significative entre eux ; un seul parti domine. Dans le deuxième cas, il y a un système pluraliste compétitif et démocratique.

Bref, le Front Populaire Ivoirien (FPI), dans sa vocation légitime de conquérir et d'exercer le pouvoir d'Etat, a élaboré un projet de société. Ce projet ébauché de 1982 à 1992, finalisé entre 1993 et 1997, a été publié en 1998 sous la direction de Harris Mémel FOTË sous le titre « Fonder une Nation Africaine Démocratique et Socialiste en Côte d'Ivoire ». C'est donc ce projet qui constitue la matrice, la boussole, la référence idéologique concernant un choix politique, économique, social, culturel, etc[4].

Le programme du FPI baptisé « LA REFONDATION », se proposait de refonder les relations ambivalentes avec les puissances impérialistes, construire un Etat démocratique avec une justice juste, animée par des magistrats compétents et crédibles, donner à l'école son rôle d'ascenseur social, distribuer égalitairement les richesses du pays, lutter contre la corruption et ériger la méritocratie comme mode de promotion sociale.

Dans les faits, la Refondation n'a été qu'une curiosité intellectuelle, pas plus. En tout cas en termes de progrès social.

Sous la Refondation, la corruption est devenue le « toboggan » qui permet d'accéder à l'enrichissement illicite. Et pourtant un ivoirien sur deux est pauvre.

En Aout 2006, la société Trafigura, spécialisée dans le négoce de produits pétroliers déversait des déchets toxiques à Abidjan et ses environs faisant des morts et personnes hospitalisées avec des séquelles à vie.

En 2007, Global Witness publiait un rapport "Chocolat chaud", qui dénonçait notamment la tendance du secteur du cacao ivoirien à la mauvaise gestion des revenus, à l'opacité des comptes et à la corruption. Mieux la filière Café-Cacao est accusée de pillage systématique dans une rocambolesque affaire de 100 milliards de franc CFA. Il s'agit d'un détournement de 100 milliards de l'usine de Fulton aux Etats-Unis, par des responsables de la filière café-cacao. Notre pays est devenu le nid de la  corruption. Le classement de Transparency International du degré de corruption varie de 10 à 1, avec la matrice la plus élevée indiquant les moins corrompus du lot et la matrice la moins élevée les plus corrompus. En 2005, le Ghana, avec le niveau le plus bas de corruption en Afrique de l'Ouest, a un score de 3,5, et a été classé 65e sur 159 pays impliqués dans le classement. Le Nigeria et la Côte d'Ivoire étaient considérés comme les pays les plus corrompus de la sous-région, avec un score de 1,9, et classés 152e ex æquo sur 159 pays.

Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, il semblerait que tous les concours d'accès à des postes publics, fassent l'objet d'un chantage monétaire.   Ainsi, pour rentrer à la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration (ENA), il faut payer. Il faut faire pareil pour l'Ecole Nationale de Police (ENP), l'Ecole Nationale de la Gendarmerie (ENG), l'Ecole Normale Supérieure (ENS). Du coup, la motivation a déserté les lycées et les collèges ainsi que nos universités.

Le secteur stratégique qu'est l'éducation est malade.  L'école  va encore plus mal sous la Refondation, avec à la fin de l'année scolaire 2008-2009,  des scores décevants : 80% d'échec au BEPC et 80% d'échec au BAC.  En 2010, le taux d'échec au Bac est de 75,5 % et  de 70%  au BEPC.  L'école est pour le pays ce que  l'enfant est pour une famille. Le taux de scolarisation qui se situait à 74% en 1998 est tombé à 66% en 2006/2007.

Les Refondateurs n'ont pas réussi à lutter contre la françafrique car dans ce combat,  la Côte d'Ivoire a tout perdu.

Le Président ivoirien a tout donné aux multinationales colonisatrices or il critiquait le parti unique de « vendre » le pays à la France.

En effet, depuis le 12 octobre 2005, le groupe BOUYGUES à travers sa filiale CIE, est encore et ce, pendant 15 ans le distributeur exclusif de l'électricité en Côte d'Ivoire. De sa production jusqu'à son exportation, en passant par la distribution et l'importation, l'Etat a accordé le secteur au groupe français. Même la construction du troisième pont est encore attribuée à BOUYGUES alors que les chinois pouvaient le faire à un prix raisonnable.

Il en est de même de Bolloré qui a tout obtenu après un non tonitruant. En 2004, le groupe Bolloré obtenait du Port autonome d'Abidjan (PAA) une concession de "gré à gré" à travers sa filiale SETV, pour un coût de 5,5 milliards de FCFA (8,4 M EUR) et une promesse d'investissement de 27 milliards de FCFA (plus de 41 M EUR) sur cinq ans.

Finalement, les ivoiriens ont été floués par les Refondateurs.

LES REFONDATEURS ONT ECHOUE LAMENTABLEMENT : LE PEUPLE DOIT AVISER

Disons-le avec empressement, en vérité, il faut rechercher dans la mauvaise foi des Refondateurs, la folie de leurs œuvres. Il serait curieux d'étudier l'influence qu'a pu exercer la guerre sur la vie des ivoiriens depuis 2002.  Pour autant, la guerre n'est pas un passeport pour arriver à des fortunes colossales. S'il  y'a un paradoxe rapidement rencontré dans la Refondation, c'est  ce que notre brave compatriote Lekadou Tagro Gérard nomme « la qualité et le choix des hommes ». Non content de l'échec au niveau de l'amélioration du niveau de vie des ivoiriens, les Refondateurs torturent moralement le peuple avec l'épandage de leur fortune.

Pendant qu'on nous ressassait que nous étions en  guerre parce que la Chiraquie s'est rendu compte que l'actuel chef d'Etat n'est pas prêt à brader les richesses de son pays, nos propres frères pillaient les caisses de l'Etat. A un certain moment, on avait pu croire à ces différentes diversions avant de retrouver toute notre lucidité.

Dieu seul sait combien sont les Refondateurs qui ont critiqué  les détournements des deniers publics, la mégalomanie, les achats de conscience, le tribalisme etc. ils ont critiqué le monarque Boigny qui ne se gênait pas d'emprisonner, de torturer, de mettre en exil.

Posez la question aux ivoiriens, ils vous diront qu'ils ne voient point de différence entre l'époque du Parti unique et celle des Refondateurs, en tout cas, sur le plan politique.  Ce ne sont pas les journalistes du « Nouveau Courrier » qui  diront le contraire.

Les ivoiriens sont devenus aujourd'hui nostalgiques des temps passés. Ils sont admiratifs de ce qu'ils ont répudié hier, car le changement a été un mirage.

Pour répondre à la question posée aux refondateurs (à savoir où est le changement ?), il est facile de trouver les mots justes.

Les Refondateurs n'ont plus de boussole, ils ont perdu les nobles valeurs qui faisaient rêver les ivoiriens.

Pour être honnête, ce n'est pas la « Refondation » en tant que philosophie qui est condamnable, bien au contraire, il faut reconstruire le pays sur des bases nouvelles.

Ce qui a été sans doute le problème de la  « Refondation », c'est le choix des hommes.  Un bon scenario a besoin de bons acteurs et un metteur en scène chevronné, pour que le rendu soit sans reproche.

Dire que la « Refondation » était porteuse d'espoir ne signifie pas qu'il faille renouveler notre confiance à ces acteurs insoucieux. Pareilles tentatives ignorent volontairement le caractère versatile de l'être humain.

Pour ma part, ce que je souhaite pour les Refondateurs, c'est une sanction populaire dans les urnes. Mais le dernier mot appartient au peuple ivoirien.

Les ivoiriens espèrent en des lendemains meilleurs mais pour l'heure, il faut que nous nous battions pour obtenir les élections même par césarienne.


Dieu aide la Côte d'Ivoire à se relever de sa chute.

Dieu bénisse l'Afrique !


Dr Séraphin PRAO

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

 


[1] Le terme polémique vient du grec polemos qui désigne le combat. Le registre polémique désigne un débat où l'échange d'arguments prend un tour agressif voire violent.


[2] Jean-François BAYART, La politique africaine de la France. Ni le Zambèze ni la Corrèze ", Le Monde, 5 mars 1992.


[3] Source : Freedom House, Freedom in the World Report, 2006 (Washington, DC: Freedom House,

2006).


[4] Tiré du Texte de la conférence « Ce que Refonder veut dire ; la Refondation à l'épreuve du pouvoir »,

prononcée le vendredi 30 Avril au Palais de la Culture à Abidjan. Texte disponible à l'adresse

suivante :http://liberte.fpi.ci/content/index.php?option=com_content&view=article&id=13%3Aconferences&catid=2%3Aevenement&showall=1

mardi, 27 juillet 2010

LE REVE BRISE DES IVOIRIENS

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Les ivoiriens rêvent leur vie pendant que certains vivent leur rêve

« L'honnêteté universelle proteste contre ces lois protectrices du mal (...) Quoi que fassent ceux qui règnent chez eux par la violence et hors de chez eux par la menace, quoi que fassent ceux qui se croient les maîtres des peuples et qui ne sont que les tyrans des consciences, l'homme qui lutte pour la justice et la vérité trouvera toujours le moyen d'accomplir son devoir tout entier ». Cette longue citation est de Victor Hugo. Et elle devrait effrayer les tyrans et encourager les défenseurs du peuple.

Nous n'avons pas trouvé mieux qu'une telle citation pour illustrer notre présente contribution qui encore une fois s'intéresse à un pays africain : la Côte d'Ivoire.

Quelle drôle d'idée que de parler ici d'honnêteté, de justice et de vérité en ce qui concerne ce pays ? Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agira ici de présenter le bilan dégrisant d'un pays où les uns souffrent et les autres s'empiffrent comme des gloutons. Comme chef de la fronde populaire, la classe laborieuse, nous ne voulons pas trahir notre conscience en nous taisant sur les escroqueries morales d'une élite ivre de pouvoir et de richesse.

« Les ivoiriens rêvent leur vie pendant que certains vivent leur rêve » : voici le titre que nous donnons à notre texte du jour. Pour que nous soyons en phase avec nos lecteurs, définissons ensemble les mots clés : le rêve et la vie.

Le rêve est un assemblage subconscient d'images et d'idées, souvent incohérentes, parfois nettes et suivies, qui se présentent à l'esprit pendant le sommeil; Chose plaisante par opposition au cauchemar (pendant le sommeil ou non).   Freud est sans doute celui qui les a le plus étudiés. Mais la psychologie expérimentale s'intéresse aussi à cet aspect fuyant et insaisissable de la vie mentale. Au sens figuré, c'est un projet sans fondement, chimère, utopie; Désir, espérance. Rêver, c'est vivre autrement. Rêver c'est vivre dans une autre réalité. N'en déplaise à certains, rêver n'est pas un acte anodin, puéril ou inefficace, rêver ce n'est pas perdre son temps, ce n'est pas non plus passer à côté de la vie, rêver c'est un acte de la vie à part entière, rêver c'est vivre aussi. On dit qu'un individu vit ses rêves lorsqu'il jouit d'un bonheur fort court ou qui n'a eu qu'une espérance trompeuse et de peu de durée. Il se dit aussi d'un individu à qui survient un succès, un bonheur que rien ne lui faisait espérer.

Quant à la vie, il est possible de la définir comme la capacité que peut avoir un organisme à se reproduire, respirer et se nourrir. Cette définition est trop restrictive.  Elle exclut déjà toutes les cellules qui fermentent au lieu de respirer, comme par exemple les bactéries anaérobies. La meilleure définition de la vie est thermodynamique, parce qu'elle ne fait aucun préjugé sur la structure et les comportements que doit avoir cette vie. En se basant sur les lois de la thermodynamique, on peut dire que la vie est la capacité à maintenir et à reproduire une structure complexe en dépit de conditions thermodynamiques défavorables.

Après ces définitions, nous pouvons donc exposer comment les ivoiriens appréhendent leur capacité à se maintenir et à se reproduire comme un projet sans fondement.

Dans cette grisaille, une poignée d'individu expérimente ce qu'elle n'a jamais espéré. C'est donc « deux Côte d'Ivoire » que nous présentons dans cette contribution.

Les ivoiriens, dans leur grande majorité, rêvent leur vie

Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, la grande majorité des ivoiriens souffre de ne pas pouvoir se loger et se nourrir dignement. Les choses qui étaient hier élémentaires sont devenues inaccessibles au regard de l'extrême pauvreté qui frappe les populations. Et pourtant, les ivoiriens ont été abreuvés d'espoir. En effet, ceux qui nous gouvernent disent qu'ils sont des socialistes, c'est-à-dire des gens qui luttent pour l'intérêt collectif, la justice sociale et l'égalité pour tous. Or on peut se demander en quoi  quelqu'un  qui n'a aucun sens de l'Etat et de la chose publique, qui n'a aucune compassion, serait-il un socialiste ? On aurait aimé voir chez les « refondateurs » ivoiriens, un comportement de responsables qui accordent une attention spéciale au peuple, singulièrement ce qu'ils appellent le petit peuple.

On ne le redira jamais assez, et les futures générations africaines devraient être encore plus vigilantes, il faut se méfier des vendeurs d'illusions.

Les ivoiriens ont pourtant donné tout ce qu'ils avaient de plus couteux, leur vie, pour sauver le pays et son chef, en espérant le changement. Lorsque les militaires du général Guéi pourchassaient les jeunes et les femmes, alors que ces derniers  luttaient pour rétablir Laurent Gbagbo dans ses droits, ils étaient tout de même loin  d'imaginer, la torture morale dont ils feraient l'objet, une fois « l'opposant charismatique » au pouvoir.

Face à la France, les jeunes ivoiriens sont sortis pour repousser très loin les limites de la colonisation.  Le président Laurent Gbagbo  lui-même le dit en ces termes : « Il y a cinq ans, les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004 se produisaient des événements parmi les plus douloureux et les plus traumatisants de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Des Ivoiriens aux mains nues ont été les victimes de la force française Licorne sur différents sites : corridors de Daloa et de Guessabo, aéroport de Port-Bouët, pont Général De Gaulle, pont Félix Houphouët-Boigny, et esplanade de l'hôtel Ivoire. Au total, 90 morts et 2537 blessés dont une centaine d'handicapés à vie ».

Les ivoiriens ont lutté pour améliorer leur niveau de vie. Or la corruption, le népotisme, le favoritisme, l'impunité, la tricherie, l'enrichissement rapide et illicite, sont devenus la règle en Côte d'Ivoire.  Si vous êtes d'une famille pauvre alors vous reproduirez la pauvreté car l'ascenseur social c'est-à-dire l'école, est en panne. D'ailleurs, rien n'est fait pour corriger les injustices sociales dans le pays si ce n'est les approfondir.

Comme on peut l'observer à travers ces phrases, en réalité, rien n'indique le désir des refondateurs de se situer réellement sur le terrain de la lutte contre les inégalités sociales. Cependant, que n'a-t'on pas servi aux ivoiriens en matière de progrès social ? L'école gratuite, la santé gratuite, le repositionnement de l'école dans les stratégies de développement, la répartition des richesses, le pouvoir aux peuples, plus de liberté. Les faits sont ce qu'ils sont : la réalité est tout autre.

Avec les refondateurs au pouvoir, les ivoiriens ont cru à une administration au travail et surtout juste. L'administration étant la colonne vertébrale de l'Etat, si l'administration est pourrie et que chacun souhaite s'enrichir sur le dos des usagers, alors il n'y aura pas d'administration et l'Etat n'existera pas.

Phil Hine avait raison d'écrire que  "Les dictateurs à toutes les époques ont appris rapidement que si vous voulez affaiblir la volonté d'un peuple, alors vous devez détruire leurs rêves, rendre leurs mythes incompréhensibles et les remplacer par d'autres."

La grande majorité des ivoiriens vit les difficultés et galères que connait le pays tandis qu'une minorité expérimente ce qu'elle n'a jamais espéré.

Une minorité d'ivoiriens vit ses rêves

Notre pays, après neuf années d'exercice de pouvoir par le FPI, montre un visage hideux et se caractérise par un affaiblissement de l'autorité de l'Etat, la mauvaise gouvernance, un cadre de vie de plus en plus précaire, une administration inefficace et corrompue, un secteur éducation formation en réelle difficulté, une économie défaillante et un secteur agricole en crise. C'est le bilan rapide qu'il est possible de dresser à propos de la Refondation en Côte d'Ivoire.

A Abidjan, la capitale économique, les ordures ont envahi les rues de sorte que les voitures et même les personnes n'arrivent pas à circuler. Et quand cela est possible, les odeurs finissent par vous rendre malade.  Demandez aux maires de ramasser ces ordures, ils vous diront que cela concerne le district. En Côte d'ivoire, les maires sont devenus des vendeurs de terrains, même les espaces destinés à nos enfants pour les jeux sont vendus.

L'administration marche mal. Les voitures « D », de l'Etat, roulent les jours fériés et les week-ends, sans se faire arrêter par les policiers. Les directeurs centraux sont passés maîtres dans l'art de la surfacturation et des pots de vin. Les ministres eux, peuvent pratiquer le favoritisme et le népotisme sans que la justice ne les inquiète. Ils sont au-dessus de la loi.

La corruption a tellement gangrené le pays que les professeurs de collèges et lycées demanderaient aux épreuves orales du BAC et du BEPC des billets de banque, pour arranger les notes.

Sous la Refondation, les ivoiriens travaillent de moins en moins puisque la méritocratie s'est absentée pour longtemps. Les fonctionnaires qui arrivent au bureau à 10 heures pour repartir à 16 heures. Les bureaux qui se vident les jeudis après-midi pour le week-end.

Sous la primature du Dr Alassane Ouattara, la notion de corruption n'existait pas dans les proportions que nous connaissons aujourd'hui. L'administration ivoirienne était au travail. Les fonctionnaires et agents de l'Etat étaient à leur poste dès 7h30. Il a fallu que les refondateurs viennent au pouvoir pour que la gangrène s'installe dans tous les secteurs de l'administration ivoirienne. De sorte que l'honnêteté est devenue un délit en Côte d'Ivoire. Il semblerait que monsieur Bouhoun Bouabré, ex-ministre des finances du FPI, était prêt à signer un chèque de 2,5 milliards de francs, pour acquérir la résidence de feu Angoua Koffi, ex-dg de la douane- qui abrite actuellement les locaux de la CEI, route du zoo-, si l'un des héritiers n'y avait pas fait opposition. On peut donc se demander d' où vient cet argent ? Monsieur Angoua Koffi étant issu du parti unique, on peut imaginer les sources de sa fortune mais qu'en est-il du ministre refondateur ?

En somme la corruption s'est simplement  installée. Le constater n'est évidemment pas l'approuver bien au contraire. Nous écrivons régulièrement pour éviter la révolte car l'histoire nous l'a maintenant largement et durement enseigné : il existe un rythme de la révolte. Parler, comme on l'a fait souvent, du FPI comme le nid de la corruption, c'est attribuer indistinctement à l'ensemble d'une catégorie extrêmement diversifiée et dispersée un « mal », lui-même mal identifié et mal défini. Il est clair en effet qu'il existe encore au FPI, des militants en phase avec la philosophie première du parti.

Aujourd'hui au FPI,  heureusement qu'il existe des honnêtes militants comme le professeur Mamadou Koulibaly, qui disons-le, avait claqué la porte à Marcoussis en janvier 2003. Pendant que les uns pensaient à se maintenir à leur poste, le professeur Koulibaly défendait son pays, la Côte d'Ivoire. C'est là, la différence entre un homme de gouvernement et un homme d'Etat. D'ailleurs, les refondateurs qui voudront gagner les législatives et les municipales devront se ranger derrière le professeur Koulibaly pour échapper à la vindicte populaire.

Il est impossible de vouloir le changement lorsqu'on n'est pas soi-même le changement. En Côte d'Ivoire, une minorité d'ivoiriens vit simplement son rêve.

Pour résumer l'état de santé de notre pays, nous pouvons affirmer que tout se multiplie et se divise  par un seul mot : corruption. Tout s'achète et se vend dans ce pays : extraits de naissance, attestations d'identité, certificats de nationalité, passeports etc. etc.

La bonne gouvernance comme préalable au redécollage de la Côte d'Ivoire

La théorie traditionnelle de croissance associe essentiellement la productivité globale des facteurs (PGF) au progrès technique. Or la PGF désigne, de manière plus générale, tout ce qui concourt à élever l'efficacité des combinaisons de travail et de capital. Une dimension importante est l'organisation juridique et réglementaire des activités productives, que l'on regroupe sous le terme générique d'institutions.

Douglass North[1], prix Nobel en 1993 avec Robert Fogel, a défini les institutions comme « les règles du jeu dans la société ou, plus formellement, les contraintes créées par les hommes qui régissent les interactions entre les hommes ». Les coûts de transaction (la corruption par exemple) induisent  un environnement institutionnel de faible qualité d'où la nécessité de sécuriser les contrats.

Le FMI (2003)[2] a évalué les institutions par trois types d'indicateurs : qualité de la gouvernance (degré de démocratie, stabilité politique, efficacité des services publics, degré d'intervention de l'Etat dans l'économie, sécurité juridique et absence de corruption) ; protection de la propriété privée, et limites à l'arbitraire du pouvoir exécutif.  Le FMI a mis en évidence un lien positif entre la qualité des institutions et le niveau de PIB par tête. Les institutions peuvent agir de plusieurs façons.

Premièrement, elles réduisent les asymétries de l'information en transmettant des renseignements sur les conditions, les produits et les acteurs du marché;

Deuxièmement, elles réduisent le risque en définissant et faisant respecter les droits et contrats de propriété qui précisent quels sont les bénéficiaires, les biens et les dates de transaction;

Troisièmement, elles limitent l'action des responsables politiques et des groupes d'intérêt en leur faisant rendre des comptes aux citoyens.

Ce troisième point nous intéresse en ce sens qu'il cadre parfaitement avec la situation que nous vivons en Côte d'Ivoire depuis l'affaire « Tagro ».  Notre assemblée nationale est composée en partie de mauvais députés, qui ne veulent pas rendre compte à leurs populations. Les députés du Fpi confrontés à ceux du Pdci, de l'Udpci et de Solidarité ont opposé un refus catégorique à la mise en place d'une commission parlementaire. Blocage parfait précédé quelques jours plutôt d'une séance toute aussi électrique. Le mardi 20 juillet 2010, nos députés ont remis ça, offrant à la face du pays un spectacle ridicule devant les médias, un spectacle fait d'injures, de bousculades et de violences. Y a-t-il un danger à mettre en place une commission d'enquête ? Si certains députés du FPI refusent cette enquête c'est certainement parce qu'ils cachent des choses aux ivoiriens et persistent à demeurer dans leur « saleté ». Il faudra à notre pays des institutions fortes et la bonne gouvernance pour qu'il redevienne ce qu'il était avant la crise militaro-politique.

Nous prions les ivoiriens de ne pas oublier cette épisode de l'histoire de notre pays : ceux qui ont promis la pluie et le beau temps nous ont livré la misère, la corruption, le népotisme, le favoritisme, la tricherie. Les ivoiriens doivent donc les sanctionner dans les urnes dans quelques mois.

Pour notre part, nous nous battrons avec beaucoup d'héroïsme pour transformer en profondeur notre pays en éveillant les consciences. Nous ne voulons pas faillir à ce noble devoir.

Terminons cette contribution par cette citation de MC Jean Gabin : " Dans la vie, il y a ceux  qui attendent que les choses se fassent, et ceux qui font que les choses se font ". Faisons partie  de la deuxième catégorie, c'est à dire les gens qui font que les choses se font.

Dieu bénisse l'Afrique!

Dieu guide les ivoiriens!


Dr Séraphin PRAO

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

contact@mlan.fr


[1] North D. (1990), Institutions, Institutional Change and Economic Performance, Cambridge University Press.

[2] Fonds monétaire international (2003), Perspectives économiques mondiales, Fonds monétaire international (disponible en anglais sur www.imf.org).

lundi, 19 juillet 2010

ARRESTATION DE 3 JOURNALISTES DU NOUVEAU COURRIER: DECLARATION DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DE L'AFRIQUE NOIRE




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Notre justice nous tire vers le bas. C'est incroyable que Théophile Kouamouo et ses collaborateurs, nos frères et amis, aient été arrêtés pour avoir accompli leur devoir d'information au nom de la liberté de la presse. Que ce soit le Procureur de la République qui l'ait ordonné, dans un état dont le chef a promis ne jamais mettre un journaliste dans l'exercice de sa profession en prison, est un fait gravissime. On peut vraiment tout se permettre dans cette Afrique obscurantiste! Que le droit soit dit et que la Justice triomphe, n'en déplaise aux adeptes de pratiques judiciaires d'une époque à jamais révolue!  Lire, ci-dessous, la déclaration de soutien du MLAN à nos amis incarcérés. Dindé Fernand.

 

DECLARATION DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DE L'AFRIQUE NOIRE SUITE À L'ARRESTATION DES TROIS JOURNALISTES DU JOURNAL

« LE NOUVEAU COURRIER »

Les journalistes du quotidien Le Nouveau Courrier, Théophile Kouamouo  (directeur des rédactions du journal), ainsi que  Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, gardés à vue depuis le mardi 13 juillet à la police criminelle ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) le vendredi 16 Juin 2010. Il leur est reproché d'avoir publié une partie des conclusions du juge d'instruction et des réquisitions du parquet sur l'affaire de la filière café-cacao. L'information a été donnée à l'AFP par leur avocat, Me Désiré Gueu.

Pour  le MLAN, la liberté de la presse est un socle indéboulonnable dans une démocratie car le droit à l'information est fondamental pour le développement d'un pays. En sus, les journalistes ont le droit de  s'opposer à la saisie de documents permettant l'identification de leurs informateurs. Réuni en comité des droits de l'homme, il a décidé de ce qui suit :

-         condamne sans réserve l'arrestation des trois journalistes et la barbarie avec laquelle ils ont été traités ;

-         s'émeut du silence des autorités face à cette situation d'extrême gravité ;

-         demande la cessation des intimidations incessantes tendant à faire prospérer le déficit d'information et la libération sans délai de ces trois journalistes.

Pour le MLAN, le droit à l'information est constamment et arbitrairement  mutilé lorsque le droit d'informer est monopolisé par des pouvoirs publics qui exercent un droit de censure illimité, ou des pouvoirs sociaux qui s'entourent de secrets destinés à garantir leur puissance, par des pouvoirs médiatiques qui se soumettent alternativement ou conjointement aux pouvoirs politiques et économiques.

Rappelant qu'aucun peuple ne peut aspirer aux délices de la liberté et de l'indépendance sans un minimum d'état de droit.

Soulignant la nécessité d'une lutte pour la liberté véritable de la presse en Côte d'Ivoire, le MLAN salue à juste titre le soutien sans faille des  organisations ivoiriennes de la presse (Gepci, Synappci, Cnp, Unjci) aux journalistes arrêtés.

Le MLAN invite le procureur de la république, Raymond Tchimou, à traiter ce sujet avec sollicitude et le respect du droit. La Côte d'Ivoire est malade de la corruption et le procureur gagnerait à enquêter sur l'origine de la fortune des nouveaux riches dans un pays où un ivoirien sur deux vit dans la pauvreté.

Le MLAN s'étonne de l'empressement avec lequel le procureur de la république  conduit des journalistes en prison lorsque des enquêtes sont en cours pour élucider un certain nombre d'affaires d'Etat.

Considérant que la justice doit être équitable et accessible à tous, et s'exercer dans des délais raisonnables - retarder la justice signifie nier la justice. Or le Procureur garde en détention préventive depuis plus de deux ans, la quasi-totalité des responsables de la juteuse filière Café-Cacao.

Le MLAN exhorte le chef de l'Etat à œuvrer pour le rétablissement de la paix sociale et de la justice sociale. La crédibilité de la démocratie ivoirienne s'en trouve éprouvée.

A la jeunesse ivoirienne, l'heure de la révolte démocratique a sonné, il faut renoncer à la peur car la coupe est pleine ; opposez avec éclat une résistance historique  en utilisant les moyens les plus démocratiques à toutes les œuvres tendant à tirer le pays vers le bas. Nous vous invitons avec empressement, partout où vous êtes à vous affranchir de l'impureté.

Fait à Paris le 18 Juillet 2010
Pour le MLAN
Le Président

Dr Séraphin PRAO

samedi, 19 juin 2010

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT COTE D'IVOIRE!

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Peut-on construire la paix sans la justice sociale ? La question est posée mais la réponse n'est pas simple à donner. Ce qui est certain c'est que sans la justice sociale, la paix est compromise.  Si l'on s'accorde donc à dire que la paix est indispensable au développement économique d'un pays alors, la justice sociale devient une condition importante.

Fort est de constater aujourd'hui en Côte d'Ivoire que l'injustice est devenue la règle d'Or de gouvernance et pourtant, le pays est à la recherche de la paix. Sur la route de la paix, on trouve encore des spectateurs médisants dont l'injustice sociale en est le leader. Il nous semble important qu'on en parle, pendant qu'on peut encore avertir, afin de mettre fin à certaines pratiques compromettantes pour la paix.

LA CÔTE D'IVOIRE EST DEVENUE LE NID DE L'INJUSTICE SOCIALE

Les ivoiriens souffrent : les élections  sont régulièrement reportées et leur niveau de vie régresse de façon géométrique. L'école qui est l'ascenseur social est en panne. Toutes les portes sont fermées sauf pour quelques privilégiés.

Autrefois, sous l'ancien régime, nous les accusions de gouvernement affairiste mais aujourd'hui, on est passé à une élite qui s'est disqualifiée en s'appropriant le patrimoine génétique de la corruption. La guerre a le dos large puisqu'elle justifie pour certain, le pillage systématique des richesses de notre pays par des gloutons inconscients. L'on s'est installé dans l'hypocrisie, le mensonge et la duplicité et dans tout ce ballet, le peuple est pris en otage, victime et souffrant.

Un jour, le président Laurent Gbagbo lui-même, peut-être dépassé par les événements se lâchait en ces termes : "Les gens détournent par-ci, détournent par-là, ils font des rackets par-ci, des rackets par-là. Les policiers ont " gâté " leur nom parce que tout le monde les voit. Mais ils ne sont pas les seuls à racketter. Quand tu vas dans un bureau et qu'on te prend l'argent pour faire un papier auquel tu as droit, c'est du racket. On voit tout et on entend.... On entend ici, un tel vole dans la direction qu'on lui a confiée, un tel vole sur la route, mais quand nous volons, c'est nous-mêmes que nous volons...". Cette présentation sommaire des maux qui minent la Côte d'Ivoire suffit de comprendre la profondeur de la question de l'injustice dans le pays. La corruption a gangréné  toutes les structures de la Côte d'Ivoire, de l'école jusqu'au concours en passant par l'hôpital, les ennemis de la justice sociale ne démordent pas. La corruption s'est institutionnalisée de sorte qu'aucun concours n'est accessible sans une contrepartie financière versée. Ainsi, la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration(ENA), l'Ecole Nationale de Police (ENP), l'Ecole Nationale de la Gendarmerie (ENG), l'Ecole Normale Supérieure (ENS) sont devenues le lieu où se fait la promotion des nuls. Nous constatons sous nos yeux l'enrichissement illicite d'une certaine élite ivoirienne au nez et à la barbe du peuple. Du coup, le fossé séparant la tranche socialement intégrée de la population (les riches) des autres (les pauvres, les exclus) s'agrandit.

A tous ces maux, il faudra ajouter le tribalisme, le régionalisme, le népotisme, le sectarisme, ces facteurs qui mettent à mal la construction de la nation ivoirienne. La démocratie est donc en danger.

SANS LE DROIT, LA DEMOCRATIE EST IMPOSSIBLE

Commençons par définir ce qui fonde la justice : les lois. Elles sont des règles établies conventionnellement en vue de réguler la coexistence des individus. Elles ont pour fin le bien de la communauté. Les lois existent parce que, de fait, les hommes ne peuvent spontanément s'entendre. Telle est définie, par Kant, « l'insociable sociabilité de l'homme ». On sait également que le droit n'est rien d'autre que l'ensemble  des lois conventionnellement établies. Le positivisme juridique nous renseigne aussi qu'il serait vain de rechercher ailleurs que dans la légalité l'idée de justice. Ce qui est juste c'est d'accepter l'arbitrage de la loi, non pas l'arbitrage juste, mais l'arbitrage. Si les lois sont appliquées à tous sans exception et de la même manière, nous sommes alors prémunis contre les injustices possibles. Or en Côte d'Ivoire, aujourd'hui, l'injustice sociale a atteint son paroxysme. Les ivoiriens n'arrivent plus à se vêtir, à manger, à se soigner pendant qu'une poignée vit dans une richesse la plus insolente et injurieuse.

Or, est juste ce qui se conforme à l'exigence éthique d'une double égalité : égalité commutative, d'abord, qui repose sur la réciprocité, et selon laquelle la justice recommande de donner autant de droits et de devoirs à chacun. C'est la première exigence du contrat social dont dépeint Rousseau : pour que la justice soit instaurée, nul ne doit être au-dessus des lois et celles-ci doivent garantir la liberté et l'intégrité de chaque citoyen.

Sur le plan social, la justice concerne le problème de la distribution des richesses, et fait alors appel à la seconde égalité qui doit être respectée, l'égalité distributive : on doit donner à chacun selon son mérite. C'est ainsi qu'on arrivera à sauver notre pays et construire une nation.

IL FAUT SAUVER LA CÔTE D'IVOIRE

Pour sauver la Côte d'ivoire, la solution n'est pas miraculeuse : il faut d'abord aller aux élections très vite, ensuite engager des reformes profondes pour stabiliser notre économie et enfin, accélérer la construction de la nation ivoirienne.

Dieu aime la Côte d'Ivoire puisqu'il y a des intellectuels honnêtes qui travaillent pour la paix et le développement de ce pays. Nous pouvons citer le président de l'Assemblée Nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, qui a des prises de position sans équivoque : il défend toujours le peuple.

Le 2 juin dernier, à la rotonde de l'hémicycle, il a pris position pour son peuple :  « Après trois ans d'Apo et une multitude de deniers publics gaspillés dans les voyages entre Abidjan-Ouaga, Abidjan-Paris, Abidjan-New York, la pauvreté s'est accrue, la fuite des capitaux s'est accélérée, le chômage a augmenté, les infrastructures n'ont pas été entretenues et la fracture sociale s'est creusée. L'Apo s'est embourbé dans ses contradictions congénitales.... Le racket, la tricherie aux examens et concours, les pots-de-vin, les trafics d'influence, l'enrichissement rapide injustifié, se déchaînent et se réinstallent comme au temps du parti unique ».

Ce monsieur aime son pays et son continent, il sait qu'on ne vient pas à la politique pour s'enrichir mais pour servir et changer positivement la vie de son peuple. La Côte d'Ivoire a besoin d'une rédemption. Aujourd'hui le Ghana brille non pas parce que la providence l'a élu parmi tous les pays de la région, mais en raison de la bonne gouvernance et le courage de ses enfants au travail.

Puisque la corruption des devenue « le sida de l'économie », il faudra créer  un Haut Commissariat pour la Lutte contre la Corruption (HCLC). C'est ce que nous proposons au Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN). Ce sera une sorte de ministère qui aura pour seule tâche de démanteler sociologiquement et activement les réseaux de corruption dans le pays. Ce ministère fera de la prévention, de l'information mais sanctionnera également en partenariat avec les instances judiciaires du pays. En ce qui concerne la vie publique, nous réitérons notre ancienne idée de la création d'un Comité National de Moralisation de la Vie Publique (CNMVP) qui serait sous la coupole du conseil économique et social. Ce comité aura la tâche de veiller au bon fonctionnement de la lutte que mène le HCLC. Au surplus, le CNMVP veillera à ce que les hommes politiques, leaders d'opinion etc, aient une vie exemplaire, c'est-à-dire établir l'équilibre politico-social entre le peuple et la sphère politique. C'est ainsi que   la Côte d'Ivoire donnera un signal fort quant à l'espérance qu'attendent les ivoiriens et tous ceux qui y vivent car notre devoir sera d'être un modèle, l'espérance promise à l'humanité.

Tout comme  Aimé Césaire, « ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche ; ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir (...) car un homme qui écrit n'est pas un ours qui danse».

Dieu bénisse et garde la Côte d'Ivoire.


Dr Séraphin Prao

Economiste et président du MLAN

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contact@mlan.fr

(225) 01 11 87 60

vendredi, 07 mai 2010

Dr SERAPHIN YAO PRAO: MA REPONSE AU MINISTRE DOSSO MOUSSA

 

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Dans sa parution du 5 Mai 2010, le journal « L'expression » a publié une interview du ministre  Dosso Moussa. Jusque là, rien d'inquiétant car ce quotidien, comme son nom l'indique, autorise la libre expression.

Par contre, ce qui est troublant, c'est la déclaration du ministre concernant l'encasernement des soldats FN et l'unicité des caisses de l'Etat. Sans gène, le ministre affirme gratuitement que « l'Etat a failli à ses engagements ».

Face à une telle déclaration, nous nous devons de réagir, pour au moins deux raisons.

Premièrement, nous sommes leader d'opinion, président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN), porte-parole du peuple.

Deuxièmement, en ma qualité d'économiste, une rectification mérite d'être faite sur ce que je considère comme une semi- réflexion.

En effet, depuis le début de la crise ivoirienne, les nombreux accords avant celui de Ouagadougou, n'ont pas certes été nuls mais il est possible de dire sans se tromper que l'accord politique de Ouagadougou (APO) a donné de l'espoir aux ivoiriens. Il avait le mérite d'être conçu par les ivoiriens eux-mêmes, ce qui n'est pas sans conséquence sur le financement du processus. La communauté internationale pouvait venir en aide aux ivoiriens mais l'essentiel devait être fait par les ivoiriens. C'est donc pour résoudre ce problème de financement que dans le quatrième accord complémentaire à l'accord politique de Ouagadougou, on peut noter en son article 10 « Conscientes que le financement du processus de sortie de crise est de la responsabilité principale des Ivoiriens eux-mêmes, les deux parties ont décidé de la mise en œuvre immédiate du redéploiement de l'administration fiscale et douanière dans la zone Cno sur la base de l'unicité des caisses, afin de permettre à l'Etat de disposer de recettes fiscales actuellement perdues et dont le recouvrement pourrait permettre le financement de certaines opérations du processus de paix. L'unicité des caisses devra être effective au plus tard le 15 janvier 2009 ».

L'article 10 est très clair : il faut unir les caisses de l'Etat afin de pouvoir financer le processus électoral. Autrement dit, les chefs rebelles devaient arrêter de percevoir les impôts dans les zones CNO, au profit de l'Etat central. Ce qui n'est pas effectif aujourd'hui.

Si les choses se passaient correctement, alors l'article 11 devrait s'appliquer car « : Le Gouvernement mettra à disposition les ressources financières nécessaires à la réalisation des opérations prévues par le troisième accord complémentaire ».

Le ministre DOSSO reconnait qu'à Bouaké, un protocole d'accord a été signé entre les collectivités locales et le général Bakayoko, lequel protocole stipule que 30% des recettes collectées par la mairie doivent être reversées au commandant de zone pour l'entretien de ses troupes en attendant que le gouvernement le relaie.

Ici encore, les FN ne respecte pas l'article 10 et 11 car il revient, une fois les caisses unies, à l'Etat de s'occuper du financement du processus et donc de l'entretien de tous ceux qui rentrent dans le cadre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion.

Aujourd'hui les chefs rebelles tirent de juteux bénéfices de l'exploitation et du trafic des ressources naturelles (cacao, coton, bois, noix de cajou, or et diamants), et perçoivent des taxes sur le trafic routier et sur les services publics comme l'électricité. Selon le ministère de l'Économie et des Finances, ce business pourrait leur rapporter quelque 60 milliards de F CFA par an (environ 90 millions d'euros).

Les rebelles font affaire avec de nombreux opportunistes. Les Libanais exploitent illégalement le bois et le diamant, et font du petit commerce, les Indiens exportent l'anacarde et collectent la ferraille, les Chinois ont installé des pharmacies et des officines médicales. Le tableau ci-dessous indique bien l'affairisme des chefs rebelles.

Cette économie de guerre qui fonctionne sur le mode de prédation, se caractérise par le pillage, la création de nouvelles filières contrebandières et de marchés illicites. Et c'est d'ailleurs l'économie de guerre qui permet d'établir le lien étroit entre la dépendance aux ressources naturelles et le haut risque de conflit dans un pays.  Les facteurs économiques, à eux seuls, n'expliquent pas l'émergence des conflits, puisqu'il faut prendre en compte la dimension sociale, mais ils influencent ses caractéristiques et sa durée. Notre ministre DOSSO gagnerait à convaincre les chefs de guerre, d'accepter l'unicité des caisses de l'Etat, afin de nous permettre de mener le combat le plus gratifiant, celui de travailler à l'amélioration des conditions de vie de nos populations et le développement de notre pays.

Monsieur le ministre a peut-être des connaissances en finance mais sur son affirmation selon laquelle « l'Etat a failli à ses engagements », il nous semble qu'il aurait occulté la cause de cette prétendue défaillance de l'Etat, qui selon nous, est due, à l'économie de guerre en zone CNO.

Dieu aide mon pays et mon Afrique à vivre en paix.



Dr Séraphin PRAO

Economiste, spécialiste de la zone franc

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

Président de l'Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)

www.mlan.fr

Tel : (225) 01 11 87 60

23:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, dosso moussa, séraphin yao prao, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 17 avril 2010

INSTABILITE POLITIQUE ET CREATION MONETAIRE

 

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La théorie de la croissance endogène nous enseigne que la croissance ne dépend pas que des seuls comportements des agents et des variables macroéconomiques. En clair, il existe plusieurs facteurs pouvant faire apparaître des externalités positives et par conséquent être source de croissance pour la collectivité. Au nombre de ces facteurs, on cite l’investissement en capital physique, l’investissement en capital public, l’investissement en capital humain, l’apprentissage par la pratique, la division du travail, la recherche et innovations technologiques.

La monnaie, nous avons démontré tout au long de nos écrits qu’elle est au centre du système productif, elle joue le rôle que joue le sang dans le corps humain. Le système monétaire est donc « le système sanguin » de l’économie d’un pays.

Dans une interview accordée à trois journaux français (Rfi, Le Monde et Tv5), le samedi 3 Avril 2010 au cours d’un débat radiotélévisé,  le chef de l’Etat du Sénégal a exprimé son exaspération vis-à-vis du franc CFA, cette monnaie coloniale. Il l’a dit en ces termes « Nous sommes un certain nombre d’africains à être déçus de l’évolution de notre projet continental. Nous réfléchissons à la possibilité de revenir à un projet régional avec sa propre monnaie. Les autorités françaises le savent ».

Le président Wade a dit officiellement ce que nous disions depuis, c’est-à-dire que  «Si nous récupérons notre pouvoir monétaire, nous allons gérer mieux».

Sans nous tromper, nous pouvons dire que le franc CFA est déjà derrière nous et qu’il faut maintenant matérialiser sa disparition en établissant son certificat de décès.   Avec la volonté politique des gouvernants des pays africains de la zone franc (PAZF), l’esclavage monétaire prendra fin dans un court terme. Mais les pays africains doivent savoir certaines vérités en matière d’économie monétaire de production. Cette dernière  pouvant être définie comme une économie dans laquelle la monnaie est créée à l’occasion de prêts octroyés par les banques aux entreprises pour le financement des frais de production.

Si bientôt, les pays africains  de la zone franc accéderont à la souveraineté monétaire, alors il faudra qu’ils s’habituent aux rouages de la monnaie car il est trop facile et surtout oiseux de disserter sur la monnaie, alors que les africains ne savent même pas son modus operandi. 

Les faits économiques qui plaident en faveur d’une telle présentation sont légions : les contrevérités de certains analystes de la monnaie et l’inculture monétaire des populations de la zone franc, puisqu’on entend, le plus souvent les questions du genre «qui garantira notre monnaie sans la tutelle française?».

La référence obsessionnelle à cette crainte montre bien qu’on connait mal les mécanismes de la création monétaire et ses non-dits. Ainsi donc, l’ambition de notre présente réflexion est double : d’une part, revenir sur les vraies raisons de la création monétaire et montrer que l’un des « péchés » des pays africains, « l’instabilité politique », décourage  la création monétaire.

Plutôt que de nous livrer à un exercice purement théorique, nous essayer d’illustrer notre point de vue à partir de ce mal qui mine l’Afrique, c’est-à-dire, le désordre politico-social.

D’abord, il nous faudra essayer de dire ce qu’est la monnaie. Faisant suite à cette tentative de définition de la monnaie, il sera ensuite aisé de faire le lien entre la création monétaire et le développement.

Avec toutes ces connaissances, nous verrons que l’instabilité politique nuit à l’économie monétaire de production.

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La monnaie et ses multiples définitions

La définition exacte de la monnaie est une œuvre gigantesque, prétentieuse, qui débouche sans doute sur une réponse balbutiante. C’est la raison pour laquelle, il existe autant de définition de la monnaie que de courants de pensée. La monnaie n'est pas simple à définir, car elle comporte plusieurs dimensions. C'est d'abord un bien privé au sens où, comme les autres marchandises, elle fait l'objet d'une offre et d'une demande et que sa détention a un prix, en l'occurrence un coût d'opportunité: elle coûte ce qu'elle ne rapporte pas, à savoir le taux d'intérêt qui rémunère les placements moins liquides  et plus risqués qui auraient pu être faits avec la même somme. Mais la monnaie est aussi un bien public ou collectif, car sa disponibilité, sa circulation et la préservation de sa valeur sont indispensables au bon fonctionnement des échanges. Mais le plus souvent, les économistes ne font que reprendre des distinctions opérées par les philosophes grecs notamment Aristote. Ce dernier donne à la monnaie trois fonctions : celle d’unité de compte, d’instrument d’échange et de réserve de valeur.

 

Cette définition nous dit ce que la monnaie fait tout en restant muette sur ce qu’elle est. Elle est donc incomplète comme définition, donc inacceptable. Selon, les anthropologues, la monnaie est tellement imbriquée dans les relations sociales, pour la réduire à ses fonctions. Elle participe par exemple à la structuration de la société et à ses relations avec les autres groupes : elle permet la création des liens. C’est donc carrément un fait social évident.

 

Les marxistes, eux, estiment qu’elle est nécessaire  à l’échange marchand, puisqu’elle est l’équivalent général et « sert à exposer la valeur réciproque des marchandises ». Cette dernière définition  montre bien que la monnaie participe à la production de plus-value. Et la monnaie ne sera légitime que si elle contribue au bien commun des membres de la société.

 

La monnaie est décidément sacrée. Et pourtant, les crises à répétition au cours de l’histoire récente montre bien qu’il est difficile de concevoir la monnaie en dehors du système monétaire. De ce lien, il peut en résulter une définition qui nous va : celle qui conçoit la monnaie comme une créance à vue sur le système bancaire. C’est un droit de rembourser sur le système bancaire. La monnaie qui est en réalité une créance sur la collectivité, permet à son détenteur du moment, de s’approprier une fraction de la richesse nationale. Il existe donc une relation entre la création monétaire et le développement économique.


La création monétaire et le développement économique

 

Il existe au moins un point qui ne fait pas débat au sein de la tribu des économistes : l’importance de la monnaie dans le processus de développement d’un pays.

 

Un système financier solide est un sésame permettant d’accéder à un monde économique nouveau que la paresse bancaire rendrait incompréhensible. Si le développement économique  a une dimension monétaire alors il  y a là, quelque chose de déroutant pour les africains. Comment les africains arrivent-ils à lier leur sort au colonisateur d’hier alors même que les germes d’un développement autocentré sont présents ?

 

Le premier facteur découle de l’inaccessibilité de la phraséologie monétaire à tous. C’est ce que nous tentons de faire, à la suite des dignes fils comme Tchundjang Pouemi, Mamadou Koulibaly, Agbohou Nicolas et biens d’autres.

 

Le second facteur et non le moindre réside dans le peu de courage de nos hommes politiques à accorder à la monnaie son rôle de moteur du développement.

 

L’activité économique est fondée sur la mobilisation de capitaux qui permettent entre autre le développement de nouvelles activités. Cependant, les agents qui souhaitent engager des capitaux pour financer de nouvelles activités ne disposent pas nécessairement des moyens suffisant pour le faire.

 

La banque est donc cette pourvoyeuse de fonds, cette tour de contrôle qui ratifie les projets des investisseurs. La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l'économie : elles sont endogènes  à l'économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l'offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises).

 

La monnaie est un instrument indispensable à l’activité économique puisqu’elle facilite les transactions. La masse monétaire en circulation représente le pouvoir d’achat dont dispose les agents économiques à un moment donné. Il va s’en dire que l’accroissement de la masse monétaire est synonyme de croissance économique puisqu’il permet le financement d’investissements additionnels. Le fonctionnement bancaire est donc essentiel.

 

Dans la conception traditionnelle, la banque se situait par construction sur le chemin  que doit emprunter l’argent dont certains n’ont pas besoin, mais que d’autres réclament. C’est le point primordial qu’on a voulu imposer à notre intelligence, même si les choses étaient en pratique plus compliquées que ça. Les économistes modernes ne répètent plus ce « catéchisme obsolète ». Ils savent que la banque offre des crédits au-delà du montant des ressources qu’on lui confie. L’histoire de faits économiques nous enseigne que les premiers banquiers entendaient ainsi répondre à des besoins  économiques qui s’accroissaient  déjà sensiblement bien avant la phase dite de « décollage  économique ».

 

La banque a un pouvoir que lui donnent les forces vives, celui de la création monétaire. Et la seule et unique contrainte à la production est la contrainte monétaire.

 

Dans une économie monétaire de production, trois sphères économiques sont liées pour le développement.

 

La première dite, productive, est celle où agissent toutes les entreprises qui produisent et vendent les biens et services courants sur le marché. La production des  biens et services occasionne des coûts de production, qui doivent être couverts par les consommateurs, ex-post, mais avant la production, par les banques.

 

La deuxième sphère, est monétaire et financière. Elle comprend les agents qui apportent des ressources nouvelles ou des services monétaires et financiers aux agents de la sphère productive. Les banques commerciales  constituent le cœur de cette deuxième sphère.

 

Enfin, la troisième sphère, est celle des ménages, ceux qui fournissent leur force de travail en contrepartie d’un salaire.

 

Créée par le système bancaire, la monnaie circule entre les agents économiques en fonction de leurs comportements de financement, de placement et de dépense. La circulation de la monnaie dans l'économie est ainsi déterminée par les principales opérations économiques (production, consommation et épargne).

 

Pour que le système bancaire réponde favorablement aux diverses demandes de financement des entrepreneurs, il faudra un environnement politique et social stable, pour bien ancrer les anticipations.


L’instabilité politique et l’économie monétaire de production

 

La présentation habituelle du principe de la demande effective insiste sur les deux dernières fonctions, décision et mise en œuvre de la production, distribution et utilisation du revenu, dépenses et retour à la production, mais la demande effective est en fait la conjonction des anticipations des entrepreneurs et des banques.

 

L’instabilité politique et sociale d’un pays, la fiabilité de son administration (notamment son éventuel indice de corruption), ainsi que l'étendue de la réglementation et son respect (en particulier en ce qui concerne le droit de la propriété intellectuelle), ont une influence sur la décision d’investir et la ratification des projets par les banques.  

 

Il est donc indiscutable que la stabilité politique peut produire de multiples effets sur la croissance économique. Selon certains spécialistes, le déficit institutionnel est une source profonde de l'instabilité de celle-ci. Ce qui est prouvé par les performances économiques de plusieurs Etats du monde. Car les pays moins bien gouvernés sont ceux qui ont obtenu les taux de croissance les plus négatifs. En période d'instabilité politique, les activités économiques se déroulent au ralenti. En conséquence, le produit intérieur brut (PIB) décroît, ce qui réduit le niveau de bien être de la collectivité. Il est nécessaire de rendre solides les institutions politiques pour le bénéfice d'une meilleure stabilité politique. Ce qui va favoriser le déroulement des activités économiques, via l'accroissement de l'investissement qui, à son tour, va entretenir la croissance économique. L’Afrique doit s’y atteler.


Les pays africains doivent créer un climat favorable à l’investissement

 

Commençons par définir le climat de l’investissement afin de mieux lutter contre le peu d’enthousiasme à investir dans nos pays. Le climat de l’investissement est l’ensemble des facteurs propres à la localisation de l’entreprise, qui influent sur les opportunités de marché ou le désir des entreprises d’investir à des fins productives, de créer des emplois et de développer leurs activités. Les politiques et le comportement des pouvoirs publics ont une influence très importante en raison de l’incidence qu’ils ont sur les coûts, les risques et les obstacles à la concurrence.

 

Dans une ère où la notion de stabilité politique rime avec des garanties d’investissements et coopération au niveau international, et vu les besoins économiques et sociaux du continent, cette notion de stabilité se doit d’être longuement réfléchie. En matière d'environnement des affaires (corruption, insécurité juridique et judiciaire, harcèlement fiscal...), plusieurs réformes sont en cours dans le cadre des programmes nationaux de Gouvernance sur le continent. Pour mieux assurer le développement économique, les pays africains dans leur quasi-totalité, ont mis en place des dispositifs d’incitation à l’investissement. Il s’en est suivi une forme de concurrence entre pays, relevant souvent du même espace économique, ce qui a créé dans certains cas des distorsions dans l’application des législations communautaires ou l’ineffectivité de ces dispositions, soit par le code général des impôts, soit par des textes spécifiques (code des investissements, code minier, code pétrolier, code forestier, conventions internationales, loi d’orientation fiscale…). Mais l’investissement tarde à s’emballer en raison des résultats qui sont  loin d’être satisfaisants.

 

La défaillance de la gouvernance démocratique n’est guère démontrer. En dépit des énormes points positifs, les coups d’état sont devenus sur le continent, la règle pour accéder au pouvoir et les urnes, une exception.

 

Il est aujourd’hui démontré que la qualité des politiques d’investissement influe directement sur les décisions de tous les investisseurs, petits ou grands, nationaux ou étrangers. Il est donc temps que les pays africains s’engagent résolument, à l’instar d'autres pays émergents, dans un processus de définition et de conduite d’une politique visant à créer des conditions favorables à l’investissement pour une croissance, à la fois forte et pérenne.

 

Si l’acte d’investir doit être un levier stratégique de la croissance socio-économique du pays alors la transparence, la protection de la propriété et la non-discrimination sont les principes fondateurs de la politique d’investissement. Notre continent doit compter sur lui-même pour son développement en accordant une place prépondérante à la dimension monétaire. C’est ce que nous avons tenté de montrer tout au long de cet article. Cependant, aucune économie ne peut se développer sans une stabilité : telle est la moralité de notre contribution car le développement économique et social est lié à la pacification et l’atténuation des conflits.  La paix est une variable que les économistes intègrent aujourd’hui dans leur modèle de telle sorte qu’on ne peut la mépriser. Certains pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Sénégal, Mali) se sont dotés d’un système démocratique progressif où l’on observe l’état de droit, le multipartisme, l’alternance électorale, la progression des libertés civiles, de même que la consolidation des sociétés civiles. Ces pays doivent servir d’exemple aux autres.

 

Parce que nous ne sommes pas de ceux qui frappés du découragement intellectuel et politique, désespèrent de l’Afrique, nous devons aller de l’avant sans jamais nous renier, Dieu nous aidera certainement dans cette œuvre de « conversion des esprits ».

 

Dieu bénisse l’Afrique !

  

Dr Séraphin PRAO


Président de l’ATAM

Spécialiste de la zone franc 

www.mlan.fr

http://atamsouv.e-monsite.com/ 

contact@mlan.fr

atamsouv@yahoo.fr

mardi, 01 décembre 2009

LE MLAN DEMANDE AUX 400 SOLDATS DESERTEURS DE RENONCER AU RAPPEL DE LEURS SOLDES

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Baltasar Gracian Y Morales, dans L’homme de cour, disait que « Le silence est le sanctuaire de la prudence ». Ceci est juste et vrai. Cependant, il existe des sujets sur lesquels, rester silencieux vous rend coupable.

Il nous faut donc dire quelques mots sur la réintégration des ex-combattants des FAFN dans la nouvelle armée ivoirienne, puisque cela semble utile pour le retour à la paix.

 

Après avoir copieusement refusé, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, s’est résolu à signer  le 16 novembre dernier, 7 décrets pour régler les problèmes des hommes en armes. Il a également dit que « la guerre était finie ».  pour reprendre en cœur son «  lead vocal », le ministre Michel Amani N’Guessan, s’adressant ainsi à tous les hauts gradés de l’armée, de la police et de la gendarmerie, réunis au grand complet à l’état-major des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) affirmait ceci :  Je suis venu vous demander d’accepter, sans préalable, leur réintégration.  Selon le ministre, cette réintégration concerne  400 soldats de l’armée régulière qui ont rallié la cause de la rébellion. A la faveur de la signature de l’accord politique de Ouagadougou, notamment l’accord complémentaire IX, les deux parties ont convenu que ‘’ les officiers, sous-officiers et militaires du rang ayant appartenu aux Forces de Défense (FDS) encore en activité, bénéficieront de la reconstitution de leur carrière sur la base du principe d’harmonisation des grades avec leurs promotionnaires des FDS, du paiement du rappel de leurs soldes et réintégrés dans la Nouvelle Armée Nationale pour compter de la date d’adoption de la loi d’amnistie du 12 avril 2007.

 

Notre pays, la Côte d’Ivoire a traversé les moments les plus sombres de son histoire en se vautrant dans une guerre sordide et appauvrissante. Il y a eu de nombreux accords et chaque accord avait son lot de sacrifice à faire pour sortir le pays de cette impasse. A titre d’exemple, il a fallu accepter le secrétaire général des Forces Nouvelles comme premier ministre de la Côte d’Ivoire en dépit des exigences de ce poste.

 

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Aujourd’hui le dernier sacrifice sans doute le plus dur à consentir, c’est d’accepter les ex-combattants des FAFN, qui étaient anciennement issus des FANCI, au sein de l’armée régulière reformée.

Et c’est ce que le Chef de l’Etat demande aux ivoiriens. A notre sens, le peuple ivoirien n’a pas le choix, lui qui a trop souffert de cette crise. Alors que les ivoiriens s’interroge sur la date exacte des élections présidentielles, voici qu’on remet à nouveau le couvert. Les ivoiriens, victimes de cette sale guerre, deviennent des bourreaux puisqu’ils doivent dédommager les soldats déserteurs.

Le lecteur aura compris, ce qui nous irrite, c’est le paiement du rappel de leurs soldes pendant le temps de leur désertion de l’armée ivoirienne. Nos compatriotes ont assez payé et leur demander de remplir les poches des bourreaux d’hier fait un peu désordre dans la république. Cela attise notre colère, qui est semblable à celle d’une ourse à qui on a enlevé les petits.

 

Parmi les conséquences de cette crise, les autorités n’ont pas manqué de signaler l’évasion fiscale liée à la non perception des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce sont donc ces ex-combattants qui bénéficiaient des retombées économiques dans les zones occupées. D’ailleurs ces militaires sont devenus très riches au point d’avoir dans tous les pays frontaliers de notre pays, de luxuriantes résidences.

 

Il serait juste pour les 400 bénéficiaires « des 7 décrets du 16 novembre », de renoncer au rappel de leurs soldes puisqu’ils ont profité de la collecte des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce serait méprisant pour le peuple ivoirien, pour le contribuable ivoirien donc, de payer encore son bourreau d’hier. On dit souvent que le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance. Et le peuple ivoirien pourrait ainsi l’interpréter.

 

A l’endroit des 400 soldats déserteurs, n’oubliez pas  que votre cohabitation avec vos frères d’armes et la population dépendra de votre attitude face à cette épineuse question de réintégration. Le marquage référentiel de cette sortie de crise doit être l’humilité, la sagesse et le respect.

 

Méditez donc sur cette citation d’Emile Michel Cioran : « l'on ne ressent jamais plus douloureusement l'irréversibilité du temps que dans le remords. L'irréparable n'est que l'interprétation morale de cette irréversibilité ».

 

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En renonçant à cette manne financière, elle pourrait être utilisée par les associations qui s’occupent des familles et orphelins de cette guerre. Ces enfants et femmes, qui, ont perdu, pour les uns leurs pères, et pour les autres, leurs maris, méritent une attention particulière. C’est pourquoi, le renoncement de cette manne financière, permettra de créer des structures pour s’occuper de ceux qui devraient normalement être les pupilles de la nation. Les autorités ivoiriennes et les ex-belligérants doivent s’accorder pour mettre fin à la souffrance de nos compatriotes. Si le peuple ivoirien a divorcé d’avec la honte, ne le mariez pas avec l’humiliation. 

 

Dieu libère notre beau pays.

 

Séraphin PRAO

Docteur en économie monétaire

Spécialiste des pays africains de la zone franc

Président du MLAN

www.mlan.fr

 

15:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mlan, 400 soldats déserteurs, yao prao séraphin, fanci, fds, fafn | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 03 novembre 2009

DADIS, LE CAUCHEMAR DE LA GUINEE

 

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La Guinée n'est « pas une sous-préfecture, ni un arrondissement de la France» : cette phrase émane du capitaine-président Dadis Camara, en réponse à celle du ministre français des affaires étrangères. 
 En effet, le dimanche 4 octobre 2009, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était indigné de l'extrême violence de la répression d'une manifestation, le 28 septembre à Conakry, qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU, 56 morts civils selon le bilan officiel.
 Cette réponse du « berger » à la « bergère » est drôle mais ce qui l’est moins, c’est la violence de la barbarie du 28 septembre 2009 dans ce stade mythique. 
 Ce sujet sera passionnément discuté pendant longtemps. Nous n’avons pas l’intention de nous livrer ici à une discussion approfondie, nous voudrions simplement indiquer les questions soulevées par une analyse de cet ordre. 
 

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21:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dadis camara, crise guinéenne, séraphin yao prao, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 07 novembre 2008

CRISE FINANCIERE MONDIALE: QUEL ENSEIGNEMENT POUR LES PAYS AFRICAINS DE LA ZONE FRANC?

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Depuis février 2007, une crise qui a débuté aux Etats-Unis, à Wall street, s’est amplifiée pour prendre des proportions insoupçonnées ces derniers mois. Comme tous les événements hors du commun, les commentaires fusent de partout. Les uns parlent de « séisme financier » tandis que d’autres parlent de « tsunami financier », jamais expérimenté par l’économie mondiale. Ces termes parfois puissants semblent pourtant refléter la réalité actuelle des économies au regard de l’énormité du désastre. Jamais une crise n’a aussi fait l’unanimité quant à la thérapie à adopter : pays socialistes et libéraux ont compris la nécessité de réguler les marchés par l’Etat, "la main invisible" d’Adam Smith étant vraiment invisible.

Dans ce flot de commentaires, l’Afrique n’est pas en marge, elle aussi a eu droit à des analyses économiques de la crise financières. Pour la Secrétaire générale adjointe de l'Onu, Asha-Rose Migiro, au cours d'une réunion ONU-Union Africaine (UA) à Addis Abeba, la crise financière globale risque d'aggraver le sous-développement et la crise alimentaire, en Afrique. Cette observation de l’organisation onusienne coïncide avec l’analyse de la plupart des spécialistes sur les conséquences de cette crise en Afrique. Le présent article se propose de revisiter cette crise dans sa globalité, c’est-à-dire ses origines, les leçons tirées, mais surtout, nous voulons insister sur l’impératif pour l’Afrique et, en particulier, les pays africains de la zone franc, de saisir l’importance de la dimension monétaire dans le développement.


Origine de la crise

Comme introduit plus haut, la crise des subprimes a débuté à Wall street, au Etats-Unis. Les banques les plus prestigieuses et les plus arrogantes aussi, ont commis des fautes graves. Si la crise a éclaté en 2007, elle trouve son fondement dans la mini-récession traversée par les Etats-Unis en 2001 et dans la folie des innovations financières ces deux décennies passées.

En premier lieu, disons qu’après les attentats du 11-Septembre 2001, le gouvernement américain avait alors pour priorité la relance de l’économie. Pour maintenir la confiance et surtout accroitre les liquidités pour soutenir l’économie, la Fed a baissé son taux directeur, de 6,5% jusqu’à ce qu’il atteigne 1% en 2003 niveau le plus bas depuis 1958. La réserve fédérale (FED) a commencé à le remonter, progressivement, qu’à partir de 2004. L’intention était de procéder à une forte injection de liquidités pour éviter tout risque de récession en dopant la croissance. Cette abondante liquidité, du fait de la baisse des taux d’intérêt à long terme, accompagnée d’une sous évaluation des risques liés à la volatilité des prix des actifs, et des règles comptables inadaptées, ont fini par accroitre les mauvais crédits. On voit bien que c’est donc le laxisme monétaire qui a régné aux Etats-Unis ces dernières années qui est mis en cause.

En deuxième lieu, nous pouvons citer la dérégulation accélérée et sauvage de la sphère financière au cours des deux dernières décennies. L'expression d'innovation financière a désigné cette nouvelle donne : l'incorporation de nouvelles technologies dans le secteur bancaire et financier (exemple d'Internet), l'introduction de nouveaux instruments de placement ou de financement, l'apparition de nouveaux marchés de capitaux. Selon les cas, elle correspond à des changements à la marge ou, au contraire, à de vrais bouleversements (comme l'essor, à partir des années 1970 aux États-Unis et plus tard ailleurs, des marchés d'instruments dérivés - contrats à terme ferme, swaps, options, etc. Le marché des produits dérivés représente aujourd’hui environ 55000 milliards de dollars. Ce système de goinfrerie débridée a donc provoqué des dégâts incalculables.

La dérégulation et le laxisme américain en matière monétaire après le 11 septembre 2001 ont favorisé le boom de crédits malsains. Entre 2000 et 2007, la dette des ménages américains est passée de 85% du PIB à 116%, soit un endettement supplémentaire de 5000 milliards de dollars d’euros. Les ménages ne pouvant plus rembourser leurs prêts hypothécaires et les banques ne pouvant se refaire sur le prix des maisons en chute libre, les prêteurs, disséminés dans le monde entier avec le mécanisme de la titrisation, se retrouvent avec des créances pourries, ce qui va occasionner pour eux des pertes substantielles.
Il faut également citer les fonds spéculatifs (hedge funds) qui ont très largement contribué à la formation du grand casino mondial de la finance. Avec la succession d’événements parfois interdépendants, la crise est devenue finalement manifeste.


La manifestation de la crise

Le Trésor américain a décidé le dimanche 7 septembre, de mettre sous tutelle gouvernementale les organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, afin de restructurer leurs finances particulièrement touchées par la crise financière. Washington a signé un chèque de 200 milliards de dollars pour assurer la survie de ces deux entreprises. Le tournant dans cette crise a été la chute de Lehman Brothers qui a fait faillite le 15 septembre 2008. En ne sauvant pas cette grosse entreprise, l’Etat américain voulait donner à tort un signal aux banques trop laxistes. L’Etat a apporté par contre une aide de 85 milliards de dollars à l’assureur AIG (ex numéro un des assurances au niveau mondial) pour éviter une crise financière planétaire car AIG compte 74 millions de clients dans le monde, employant 116.000 personnes dans 130 pays. Mais en contrepartie, l’ensemble des actifs d’AIG, évalués à 1.050 milliards de dollars en juin 2008, seront apportés comme garantie à la banque centrale, le prêt ayant été calqué sur celui consenti pour sauver le constructeur automobile Chrysler dans les années 80. Mais voici que le 29 septembre 2008, toutes les bourses mondiales s’effondrement, elles ont perdu la boussole. Pour sauver le système financier, le plan Paulson a donné le ton avec 700 milliards de dollars déboursés pour venir au secours des banques en détresse.
En Europe, au total, entre le 15 et le 30 septembre, la BCE a sorti 914 milliards d’euros de ses caisses, à la demande de la FED, pour lubrifier les marchés. Les mesures prises ont eu pour objectif de s’attaquer à la fois aux problèmes de liquidités et de solvabilité des banques. Les gouvernements européens, ont de leur côté relevé le gant avec l’injection de 1500 milliards d’euros (360 milliards pour la France, 480 milliards d’euros pour l’Allemagne, 380 milliards d’euros pour la GB, etc). Aujourd’hui la crise est manifeste avec à sa clé la raréfaction du crédit, qui a son tour crée le chômage. Dans ce tourbillon monétaire et financier, on aura vu tous les acteurs reconnaître la nécessité du retour de l’Etat comme garant de la stabilité de l’économie.


La nouveauté dans la gestion de la crise : le retour de l’Etat

Il y a eu des crises dans l’histoire. On peut citer entre autres, la panique bancaire de 1907, le krach de 1929 (le jeudi 24 octobre), la crise pétrolière de 1973, le lundi noir de 1987 où le dow jones a perdu 22,6%, la crise asiatique débutée le 2 juillet 1997 qui dura jusqu’en 1998 et la crise actuelle. Mais ce qui est frappant dans cette dernière, c’est le grand retour de l’Etat dans la gestion du marché. Par exemple, la Grande Bretagne, par le biais de son premier ministre, Gordon Brown, a annoncé dimanche 17 février la nationalisation de la Northern Bank, un établissement de Newcastle qui a subi de plein fouet la crise des subprimes. C'est la première fois depuis les années 1970 qu'une société est officiellement nationalisée au Royaume-Uni. Début octobre 2008, le gouvernement britannique annonçait un plan de soutien aux huit plus grandes banques du pays. A Londres, les huit banques concernées par ce plan de sauvetage sont Abbey, qui appartient à l'Espagnol Santander, Barclays, HBOS, qui est en train d'être rachetée par Lloyds TSB, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, la plus grosse banque non cotée du pays, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Toutes ont confirmé leur participation au plan de recapitalisation. La participation de l’Etat s'élevait jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros), ce qui revient à une nationalisation partielle. Le Trésor devait débloquer 200 milliards de livres pour leur assurer une liquidité suffisante à court terme.
Face donc à ce véritable «tsunami» qui menace la finance internationale, les sommes en jeu sont colossales et les mesures prises sont à la mesure de l'enjeu: elles ne tiennent plus compte des préjugés politiques et idéologiques. Ainsi, les gouvernements prennent des mesures contraires à leurs choix politiques. Des exécutifs de droite sont amenés à nationaliser des banques pour éviter la banqueroute, alors que des équipes de gauche soutiennent des banques privées, pour ne pas sombrer avec leur économie.
Il fallait le faire car le virus s’est propagé à l’économie réelle avec le chômage comme premier symptôme. En effet, le chômage est la conséquence directe car lorsque les perspectives ne sont pas bonnes, une entreprise qui doit diminuer sa production préfère d’abord faire l’ajustement avec les emplois.
Au delà du chiffon rouge des normes comptables que certains dirigeants politiques agitent, puisqu’en période de fièvre, le meilleur moyen de la nier est encore de casser le thermomètre qui la mesure, c’est le système même qui a pris l’eau et le monde entier l’a compris. C’est pourquoi les nationalisations des banques sont devenues la mode en Europe et aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, en France, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et même dans le monde entier, le retour de l’Etat est manifeste et son action justifiée. On peut pourtant se poser la question de savoir si les pays africains, surtout ceux de la zone franc africaine ont saisi le clignotant que l’histoire leur donne. C’est de cela que nous allons parler à présent.


L’Afrique et la crise financière mondiale

Nous avons dit plus haut que le sujet était complexe et les commendataires fusaient de partout, chacun avec sa grille de lecture. L’actualité nous apprend que le crédit est devenu rare et tout le monde est à sa recherche, comme Orphée à la recherche de son Eurydice. Il fut un temps où New York était la capitale financière mondiale, où le dollar était la monnaie universelle, où la signature de l’Etat américain était la plus sûre au monde. Ce temps est aujourd’hui révolu avec cette crise. La main tendue des grandes banques américaines aura fait l’effet d’un coup de revolver dans la maison des libéraux. Ceux qui brandissaient la main invisible comme infaillible n’y voient que du feu. Tout cela est vrai mais que l’Afrique sache qu’elle n’est pas concernée par ce vent violent. Cette crise est l’affaire de ceux qui ont compris l’importance de la monnaie dans la marche de l’économie et qui en ont abusé. Au lieu que l’argent soit utilisée pour soutenir le capitalisme d’entrepreneur, il a été utilisé, comme au casino, à faire des paris, de la pure spéculation. Comment les économies qui n’ont rien compris de l’importance de la dimension monétaire dans le développement puissent être affectées drastiquement par cette crise ? Quelqu’un qui est en jeûne peut-il avoir une overdose de nourriture ? Cela relèverait de la pure magie ! Étant donné l’extraversion très forte des économies africaines, la crise financière pourrait avoir des conséquences sur les économies africaines, parce que la conjoncture économique devient morose en occident. Le président Wade a raison de dire sur RFI, que « cette crise sera limitée pour l’Afrique. Même si chez moi, il y a des banques qui vont s’effondrer ». Les pays africains de la zone franc peuvent se tranquilliser, car leur secteur bancaire est quasiment exempt de tout risque systémique du fait d’une régulation excessive et conservatrice. A cela, il convient d’ajouter la surliquidité bancaire au sein de l’UEMOA et de CEMAC depuis 1997. À titre d’exemple, pour la zone UEMOA, fin 1999, les réserves constituées excédaient les réserves requises de 293 milliards de FCFA contre 298 milliards en 1998. En juin 1999, ces réserves atteignaient 434 milliards soit 7 fois le montant des réserves obligatoires. En 2003, l’excédent s’élevait à 418 milliards pour se situer en 2006 à 205 milliards de FCFA. Dans ces conditions comment l’argent qui « dort » peut-il perturber une économie ? En tout cas, pour ceux qui veulent se donner de l’importance en croyant que l’Afrique connaitra la situation des autres pays du monde, il est temps de ne pas déraisonner. Une preuve comme si ce que nous venons de dire ne suffisait pas, les dirigeants de 20 pays ont été invités à participer à un sommet économique qui se tiendra à Washington le 15 novembre prochain afin de discuter de l'actuelle crise financière, de ses causes et des moyens d'y mettre fin par des règlements plus efficaces et des réformes, on remarquera qu’aucun pays de la zone franc ne fait partie.

Rappelons que les membres du G20 sont les ministres des finances et les directeurs des banques centrales des 19 pays suivants, dont les pays membres du groupe des huit (G8) (Allemagne, Canada, États-Unis d'Amérique, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) et les grandes économies émergentes (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie).

Il est temps que les pays de la zone franc comprennent que les mécanismes du franc CFA jouent contre la performance de leurs économies, que les banques qui y sont, n’ont pas vocation à financer le développement mais le transfert de nos matières premières, que la surévaluation de cette monnaie esclave ne nous a pas permis de faire partir une fusée sur la lune comme l’ont fait les chinois et les indiens.

La crise aura donné une seule leçon capitale: le capitalisme est l’hydre de Lerne. Il dispose de multiples formes et la crise en est l’occasion pour se métamorphoser. Mais les pays de zone franc ont-ils appris quelque chose de cette crise ? ont-ils compris que le destin de l’homme se joue sur la monnaie ?

Dieu aide les pays africains de la zone franc à comprendre l’importance de la monnaie dans le développement économique.

Prao YAO séraphin

Economiste, chercheur au CREPEM de Grenoble
Spécialiste du franc CFA, Président du MLAN.





13:42 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : crise financière mondiale, franc cfa, tsunami financier, yao prao séraphin, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 13 octobre 2008

PROPOSITION DE REPORT DES ELECTIONS PAR LES FN: LE COUP DE GUEULE DU MLAN

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Exaspéré par la dernière proposition de report des élections présidentielles par les Forces Nouvelles dans laquelle il voit, à tort ou à raison, le refus des mis en cause de désarmer, le MLAN, le Mouvement pour la Libération de l'Afrique Noire, crie à la forfaiture. L'intégralité du coup de gueule.

L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), qui contrôle toujours la moitié nord de la Côte d'Ivoire, a "recommandé" samedi 11 octobre 2008, le report de l'élection présidentielle, dont le premier tour était prévu le 30 novembre. Cette déclaration n’est pas étonnante au regard des avancées engrangées depuis l’accord de Ouagadougou.
Cet accord signé le 4 mars 2007 par le président ivoirien Laurent Gbagbo, le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro et le président burkinabè Blaise Compaoré visait à ramener la paix en Côte d'Ivoire et à réunifier le pays.

Les ivoiriens ont cru tenir le bon bout et le retour à la paix très proche. Mais voilà qu’alors que les gros bonnets de la rébellion se la coulent douce à Abidjan au sein du gouvernement, les fantassins restés au Nord du pays irritent le nerf de la paix et narguent plus d’uns.

Le MLAN-CI rappelle que depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, le pays n’a jamais eu de ministres d’un niveau aussi bas. Inspirée par l’acte héroïque de la Reine ABLA POKOU, qui sacrifia en offrande son unique fils pour sauver son peuple, les autorités ivoiriennes ont accepté au sein d’un gouvernement des « gens » qui n’ont pas achevé leur scolarité.
En dépit des souffrances et la déchirure que cette sale guerre imposée à notre pays a engendré, les ivoiriens ont pardonné.
C’est pourquoi, le MLAN-CI ne comprend pas le refus des Forces Nouvelles de déposer les armes.
Nous rappelions il y a déjà quelques mois, la maigre moisson du premier ministre SORO puisqu’il n’arrive pas à désarmer les soldats qu’il a formé lui-même.

Aujourd’hui les obstacles à la tenue d’élection ouverte et transparente sont nombreux. Citons entres autres, les difficultés de décaissement des contributions annoncées; les lenteurs dans l'aménagement des sites de collecte des données du recensement; les problèmes d'acheminement à Abidjan du matériel de Sagem, l'opérateur français désigné pour procéder à l'identification de la population et à l'enrôlement sur les listes électorales; les désaccords sur le recensement des Ivoiriens, la confection des pièces d'identité et l'établissement des listes électorales etc.

Nous rappelons au président de la république de tirer toutes les conséquences de la volonté des Forces Nouvelles de faire perdurer la crise par leur refus de désarmer.

Pour notre organisation, il n’est pas question d’aller aux élections sans désarmement au regard des risques encourus. A rebours du premier ministre, il ne peut en aucun cas y avoir de concomitance entre désarmement et élections. Une telle proposition n’est en réalité qu’un aveu d’impuissance dans le dossier de désarmement. Monsieur SORO ne doit pas perdre de vue qu’il a été nommé pour faciliter le désarmement de ses hommes et organiser les élections. Qu’il range dans ses fantasmes l’idée d’une élection sans désarmement car notre mouvement appellera à la désobéissance civile si cette œuvre machiavélique arrivait à maturité.

Pour nous, les élections libres sont un maillon du processus de paix et par conséquent, il importe de respecter scrupuleusement l’antériorité des événements. Les élections d’accord mais désarmement d’abord : telle est notre position.

Si toutes ces conditions sont réunies, c’est-à-dire, désarmement et élections, un Forum Social Républicain devra être organisé pour dissiper les malentendus qui subsistent au sein de notre société, en sommes, ce qui a mécontenté une partie de nos frères au point de se résoudre à prendre les armes.

Le MLAN-CI en appelle à la sagesse de l’Union Africaine afin qu’elle prenne ses responsabilités face à l’insubordination des Forces Novelles, car la Côte d’Ivoire ne peut plus demeurer avec deux armées sur son territoire.

Les ivoiriens finiront par perdre patience et l’inévitable arrivera, c’est pourquoi, le MLAN-CI exhorte l’Afrique toute entière à aider la Côte d’Ivoire à racheter le temps pendant qu’il est temps.


Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 12 octobre 2008

Le délégué MLAN-CI
Konan Yao Alexis

1er vice-délégué
Koffi Jean Martial

2e vice-délégué
Loukou Kouamé Theodore

Le secrétaire général du MLAN-CI
Obou Serge Eric

www.mlan.fr
contact@mlan.fr
mlan5@yahoo.fr

15:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : report des élections, mlan, forces nouvelles, accord de ouaga, désarmement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |