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vendredi, 23 décembre 2016

GEOPOLITIQUE: LES CONSEQUENCES DE LA CHUTE D'ALEP POUR L'EUROPE

 

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Quels liens et quelles conséquences stratégiques entre la reprise d'Alep et la vente au Qatar de près de 20 % du capital de Rosneft ?

Par le Général JEAN-BERNARD PINATEL.



La Bataille d’Alep marque un tournant décisif dans le conflit syrien. Le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad n’est plus un préalable à la fin du conflit. Les Russes ont désormais toutes les cartes en main pour imposer leur solution. Cette victoire des forces syriennes appuyées par la Russie contre les islamistes radicaux va avoir des conséquences géopolitiques considérables pour le Moyen-Orient et pour l’Europe. Le premier effet concret s’est traduit ce 10 décembre 2016 par la vente de 19,5% des actions de Rosneft au Qatar.

La Turquie avait anticipé cette victoire. Erdogan, dès le 9 août, était allé à Canossa, pardon à Saint-Pétersbourg, après avoir exprimé ses « regrets » à Vladimir Poutine fin juin concernant le sukkoi 24 abattu par son aviation. Poutine lui a rendu la politesse le 10 octobre en se rendant à Istanbul où les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur engagement à mener à bien le projet de gazoduc russo-turc TurkStream, qui doit acheminer le gaz russe vers l’Europe en passant par la mer Noire, ainsi qu’à la construction par la Russie de la première centrale nucléaire turque.

De leur côté, confrontés à l’efficacité de l’intervention militaire russe de septembre 2015 qui contrastait avec les atermoiements d’Obama en Syrie et le peu d’efficacité de son action de soutien militaire à l’Irak, les dirigeants qataris comprenaient que leur stratégie de soutien aux Frères musulmans et aux wahhabites en Syrie allait les conduire à leur perte. Et que dorénavant, pour vendre leur gaz à l’Europe, il faudrait trouver un accord avec la Russie car c’est elle qui a les cartes en main pour autoriser ou interdire la construction d’un gazoduc terrestre pour acheminer son gaz vers les pays de l’Union Européenne (1).

Après une première visite de l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani à Moscou en janvier 2016, ce rapprochement s’est traduit, le 6 septembre, par la signature d’un accord militaire entre les deux pays, au cours d’une visite du ministre qatari de la Défense, Khalid bin Mohammad Al-Attiyah, à l’occasion du Forum international militaire et technique « ARMÉE-2016 », à Moscou. « Nous avons signé un accord de coopération militaire avec la Russie, mais il ne comprend pas l’achat d’armes », a ainsi indiqué Saoud Bin Abdallah al-Mahmoud, l’ambassadeur du Qatar à Moscou. Toutefois, s’agissant d’éventuels contrats d’armement, rien n’est fermé du côté de Doha, le diplomate ayant assuré que son gouvernement examinerait cette « possibilité » (2).

Mais l’acte majeur de ce rapprochement à la portée géopolitique considérable s’est traduit samedi 10 décembre 2016 par la conclusion d’un accord de vente de 19,5% des actions de Rosneft à la Qatar Investment Authority (QIA). Cette vente s’est faite au prix de 11,37 milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’Etat russe qui en avait bien besoin. Le Qatar est désormais le second actionnaire de Rosneft après l’Etat russe.

Pour comprendre la signification géopolitique exceptionnelle de cet accord, un rappel historique et économique s’impose.

Trois pays – la Russie, l’Iran et le Qatar – possèdent 50% des réserves mondiales de gaz naturel (3). Les trois sont désormais alliés économiquement et stratégiquement, ce qui marque l’échec de la stratégie de l’Union européenne de diversification de ses sources d’approvisionnement de gaz naturel inspirée et voulue par les Etats-Unis et l’Otan.

En effet, la Russie est déjà le premier fournisseur de l’Union européenne avec 40% des importations, qui représentent 20% de la consommation totale de gaz de l’Union européenne. Compte tenu de la hausse de la consommation dans l’Union européenne et de l’épuisement du gisement gazier en Mer du Nord, cette dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie devrait fortement s’accroître dans les prochaines années. La Commission européenne estimait en effet que, d’ici 2040, 70% des besoins énergétiques de l’UE devraient être assurés par les importations, contre 50% aujourd’hui.

Cette dépendance était inacceptable pour les stratèges américains pour lesquels la création d’une Eurasie annoncerait la fin de leur suprématie mondiale et l’arrivée d’un troisième grand acteur sur la scène mondiale qui perturberait leur tête-à-tête d’adversaire-partenaire avec la Chine.

Pour les stratèges américains et les atlantistes européens, le Qatar, avec 24300 milliards de m3 de réserves prouvées qui lui assurent 154 ans de production au rythme actuel, était la solution. A condition toutefois de construire un gazoduc, car la liquéfaction et le transport en bateau via le détroit d’Ormuz et le canal de Suez rendaient le gaz qatari non concurrentiel avec le gaz russe. Selon des informations du journal libanais Al-Akhbar publiées en 2012, les Qataris avaient établi un plan, approuvé par l’administration Obama et l’UE visant à construire un gazoduc vers l’Europe via la Syrie. Ce gazoduc terrestre aurait traversé l’Arabie Saoudite, puis la Jordanie, en évitant l’Irak pour arriver à Homs en Syrie, d’où il aurait bifurqué dans trois directions : Lattaquié sur la côte syrienne, Tripoli au nord du Liban, et une troisième branche via la Turquie vers l’Europe. Mais Bachar El-Assad refusait d’autoriser ce transit.

Désormais, les cartes sont redistribuées et rien ne s’oppose plus à ce que le gaz qatari rejoigne en Turquie le gazoduc TurkStream et vienne alimenter les besoins énergétiques de l’Union européenne. Dans un proche avenir, parions que les Européens vont lever leurs sanctions économiques contre la Russie.

Il aura fallu une guerre de cinq ans, des centaines de milliers de morts en Syrie et des attentats terroristes en Europe pour que s’impose par la force ce qui aurait dû se décider par la raison. Car tant dans la lutte contre l’islam radical que sur le plan économique, l’alliance russe est vitale pour que la voix de l’Europe existe à nouveau sur la scène internationale.



Jean-Bernard Pinatel | 12 décembre 2016


Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique. Il est l’auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

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(1) Pour certains auteurs, ce projet de gazoduc et le refus d’Assad de le laisser traverser la Syrie aurait été l’un des facteurs déterminants de la guerre en Syrie.

(2) En savoir plus ici.

(3) Russie : 22,8% soit 47 500 milliards de m3 ; Iran : 15,9% soit 33 800 milliards de m3 ; Qatar : 11,7% soit 24 300 milliards de m3.

 

Source: ATLANTICO.FR

jeudi, 07 avril 2016

LE CASSE-TETE DE LA GEOPOLITIQUE DU MOYEN ORIENT

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* L’Iran soutient Assad , mais les pays du Golfe sont contre Assad.
* Assad est contre les Frères Musulmans.
* Les Frères musulmans et Obama sont contre le Général Sissi.
* Mais les pays du Golfe sont pro-Sissi.
* Ce qui veut dire qu’ils sont contre les Frères Musulmans.
* L'Iran est pro-Hamas, mais le Hamas soutient les Frères Musulmans.
* Obama soutient les Frères Musulmans, mais le Hamas est contre les Etats-Unis.
* Les pays du Golfe sont pro-Américains.
* Mais la Turquie est, avec les pays du Golfe, contre Assad.
* Pourtant la Turquie est pour les Frères Musulmans et contre le Général Sissi.
...Et le général Sissi est soutenu par les pays du Golfe.

Et la FRANCE, comment doit elle se positionner ?

En réalité elle ne le peut pas, étant donné :

- Qu'elle est avec Obama, donc avec le Hamas et les pays du Golfe, contre Assad !
- Mais cela la met contre la Russie et la Chine qui soutiennent Assad et lui fournissent des armes.
...Et par conséquent, la France est contre Obama, vu qu'elle soutient le Hamas qui est contre les Etats-Unis .
- Et comme Assad est contre les Frères musulmans, la France est contre l'Iran qui est pro-Hamas.............

P.S. : Vous n'avez rien compris ? Ce n’est pas grave, et c’est même heureux pour votre intelligence !!!!!

Car comme le disait l'historien Henry LAURENS : "Si vous avez compris quelque chose à la politique au Moyen-Orient, ... c’est qu'on vous a mal expliqué."

 

Source: FACEBOOK

jeudi, 03 octobre 2013

MICHEL COLLON: «LA GUERRE EN SYRIE EST UN PLAN DE RECOLONISATION DONT FAIT PARTIE L'ALGERIE»


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Algeriepatriotique: Comment évaluez-vous le développement de la situation en Syrie en ce moment?

Michel Collon: Je crois que l’on assiste à un tournant historique. On voit que les Etats-Unis, qui ont été, jusqu’à présent, très arrogants et se permettaient de déclencher des guerres assez facilement, sont maintenant face à une résistance très forte en Syrie, face aussi à un refus de la Russie et face à la résistance croissante des pays du Sud. Le sentiment qui se développe en Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe aussi et en Asie bien entendu, est que les Etats-Unis sont une puissance déclinante, qu’ils mènent une politique égoïste visant seulement à voler les richesses pendant que les peuples restent dans la pauvreté, et qu’il est donc temps de résister à ces guerres qui sont purement économiques, des guerres du fric, et qu’il faut construire un front par rapport aux Etats-Unis et à leurs alliés européens, puisque l’Europe suit les Etats-Unis de manière très docile et hypocrite et est impliquée dans ce système.


Nous avons réalisé une série d’entretiens avec des personnalités aussi divergentes les unes que les autres, notamment Paul Craig Roberts qui fut conseiller de Reagan. Un point revient souvent : dans le monde occidental, aujourd’hui, les anti-guerre par rapport à ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, par exemple, sont à droite. Pourriez-vous nous faire un commentaire à ce sujet ?

Nous avions, en Europe, un mouvement anti-guerre extrêmement puissant qui s’était développé justement pendant la guerre du Vietnam. Ce mouvement a été très affaibli. On en a vu encore une pointe en 2003 au moment où Bush a attaqué l’Irak et où nous étions des millions dans la rue, mais il faut bien constater que quand les Etats-Unis ont attaqué la Libye, quand ils sont intervenus en Yougoslavie et en Afghanistan, il n’y a pas eu de forte résistance. Je pense qu’il faut analyser le problème en se demandant comment la Gauche européenne qui avait toujours été en principe anti-guerre, anti-coloniale, anti-injustices sociales, se retrouve maintenant, à de très rares exceptions, aux côtés des Etats-Unis et de l’Otan, dans une grande alliance qui englobe Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et toutes ces dictatures épouvantables qui prétendent qu’elles vont apporter la démocratie en Syrie. Et la gauche européenne marche avec ça ? C’est une comédie et il est très important d’expliquer d’où cela provient. Je pense qu’on a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme, de refuser la guerre et de rechercher des solutions politiques aux problèmes. On a perdu cette idée que les nations ont le droit de décider de leur système social, de leur avenir, de leurs dirigeants et que ce n’est pas à l’Occident colonial de dire qui doit diriger tel ou tel pays. Nous avons un grand examen de conscience et une analyse à faire : comment se fait-il que ceux qui devraient être à gauche se retrouvent avec ceux que je considère, moi, comme l’extrême droite, à savoir Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?

D’après les informations que nous avons récoltées à travers nos entretiens et qui se confirment, Barack Obama serait otage du lobby israélien, notamment via l’Aipac et ses partisans, comme Susan Rice, Lindsay Graham, etc., et les néo-conservateurs pro-israéliens. Qu’en pensez-vous ?

C’est une thèse très répandue que les Etats-Unis sont dirigés par Israël et je ne suis pas d’accord avec cette position. Je pense, en fait, que c’est le contraire. Ce n’est pas le chien qui commande à son maître, c’est le maître. Quand vous regardez l’économie israélienne et son budget, vous voyez bien que la force est aux Etats-Unis et qu’Israël est ce que j’appelle le « porte-avions » des Etats-Unis au Moyen-Orient. Bien sûr, le lobby est un phénomène qui joue, mais le jour où l’élite des Etats-Unis décidera qu’Israël ne nous est plus utile ou qu’il nous fait du tort parce que tout le monde arabe est en train de résister et nous allons perdre notre crédit et notre marge de manœuvre au Moyen-Orient, ce jour-là, les Etats-Unis lâcheront Israël. Il y a des fantasmes sur le lobby juif qui dirigerait le monde, mais je ne crois pas à cette théorie.

L’Aipac n’est pas une vue de l’esprit…

Nous sommes dans un monde dirigé par les multinationales. Quand vous voyez qui a le pouvoir de contrôler les richesses, de décider l’économie, de contrôler Wall Street, la City, Frankfurt, etc., ce sont des multinationales. Et le fait qu’il y ait quelques patrons juifs n’est pas le problème. Je pense vraiment que l’on doit s’en prendre au système des multinationales et ne pas prendre la conséquence pour la cause.

Vous avez dit dans l’émission de Taddéï : « Vous m’inviterez un jour car ce sera au tour de l’Algérie d’être ciblée par une frappe ou une guerre. » Le pensez-vous toujours ?

Oui, je pense que ce qu’il se passe en Tunisie et au Mali et l’attaque contre la Syrie annoncent qu’effectivement les Etats-Unis sont en train d’exécuter un plan de recolonisation de l’ensemble du monde arabe et des pays musulmans – puisqu’il y a l’Iran aussi – qui ont échappé au colonialisme classique. Clairement, l’Algérie fait partie des cibles, comme l’Iran, et donc il est très important de voir qu’en défendant l’autodétermination du peuple syrien, on empêche les Etats-Unis d’attaquer les cibles suivantes. Ce que je dis dans ce cas, c’est que, en fait, il s’agit toujours de la même guerre. Nous sommes dans les différents chapitres d’une même guerre de recolonisation.

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen


Michel Collon pour Algérie Patriotique

 

Source: INVESTIG'ACTION

lundi, 04 février 2013

LES FRERES MUSULMANS SYRIENS SOUTENUS PAS LES ETATS-UNIS DEPUIS 2007 SOUS LE GOUVERNEMENT BUSH


MONDE,MONDE ARABE,Les frères musulmans syriens, soutenus par les Etats-Unis depuis 2007, sous le gouvernement Bush,Tony Cartalucci Le 24 Janvier 2013,mondialisation.ca


En 2007, le Wall Street Journal a publié un article intitulé: « To Check Syria, U.S. Explores Bond With Muslim Brothers.” Et déjà à ce moment là, il fut noté que la confrérie avait des liens très étroits avec des groupes que les États-Unis reconnaissent et listent comme des organisations terroristes, incluant le Hamas et Al-Qaïda.

L’article nous livre une sombre prémonition du soutien que les États-Unis offriront aux Frères musulmans à la fois comme force politique et terroriste dans le monde arabe, et ce après des décennies de tentative d’écrasement de cette organisation sectaire terroriste de la Tunisie à la Syrie en passant par l’Égypte, la Libye, la Jordanie et au-delà. En fait, l’article du Wall Street Journal de 2007 notait spécifiquement que le partenariat avec les États-Unis “pourrait déstabiliser les gouvernements de Jordanie et d’Égypte, deux des plus gros alliés des États-Unis où la confrérie représente une force politique d’opposition croissante.”

L’Égypte est maintenant sous la férule de la dictature de la confrérie sectaire et extrémiste des Frères musulmans, après que les États-Unis aient provoqué les troubles dans le pays en 2011, tandis que la Jordanie voit maintenant à son tour les troubles se produire, troubles menés par cette même confrérie.

Ce qui est assez dérangeant à propos de cet article de 2007 est qu’il montre comment les “politiques de l’ère Bush” de 2000-2008 ont transcendé les gouvernements et ont continué de plus belle sous le gouvernement Obama.

L’article, écrit par Jay Solomon, fait écho similairement à une prémonition des évènements violents et confessionels qui ont engouffrés la Syrie, décrites par le journaliste lauréat du prix Pullitzer Seymour Hersch dans un article du New Yorker intitulé: « The Redireciton: Is the Administration’s new policy benefiting our enemies in the war on terrorism? » (La nouvelle direction : La nouvelle politique de l’administration profite-t-elle à nos ennemis dans la guerre au terrorisme)

Solomon commence en disant:

“Lors d’une après-midi humide de la fin mai, environ une centaine de supporteurs du plus grand groupe d’opposition syrien en exil, Le Front national du salut (FNS), s’étaient rassemblés ici devant l’ambassade de Damas pour protester contre le pouvoir de Bachar Al-Assad. Les manifestants crièrent des slogans anti Assad et brandissaient des pancartes proclamant: “Changeons de régime maintenant !”

Plus loin dans l’article, il sera révélé que le Front national du salut était en contact avec le ministère des Affaires étrangères américain et qu’un cabinet de consultants situé à Washington aidait en fait le FNS à organiser cette manifestation :

Dans les semaines précédant l’élection présidentielle, l’officine du ministère des Affaires étrangères, Middle East Partnership Initiative, qui fait la promotion de démocratie régionale et des membres du FNS, se sont rencontrés pour parler de l’opportunité mettre en évidence le manque de démocratie en Syrie et le haut taux d’abstention, disent les participants. Un autre cabinet de consultants situé à Washington, C&O Resources Inc., a assisté le FNS dans sa planification de la manifestation anti-Assad du 26 mai devant l’ambassade syrienne, leur donnant des contacts parmi les médias et parmi les politiques. Les représentants du ministère des Affaires étrangères ont insisté sur le fait qu’ils ne fournirent aucun soutien financier ou technique aux manifestants.

Tout comme le “printemps arabe”, qui fut en fait une sédition fomentée par l’Occident, fut promut publiquement par des entreprises professionnelles de relations publiques, avec l’aide des médias achetés et complices, vendant la salade comme une révolution “pro-démocratie”.

Comme le ministère des Affaires étrangères et les organes de presse occidentaux le font maintenant en présentant l’opposition syrienne comme représentative d’un vaste rayon d’intérêts de la société syrienne, le Wall Street Journal  admis alors, tout comme cela est évident maintenant, que la confrérie sectaire des Frères Musulmans, était en fait le véritable centre de la “révolte” :

Un des membres les plus influents du FNS est la branche syrienne des Frères musulmans, le mouvement politique actif depuis des décennies à travers le Moyen-Orient et dont les leaders ont inspiré des groupes terroristes comme le Hamas ou Al Qaïda. La branche syrienne dit qu’elle a renoncé à la lutte armée en faveur des réformes démocratiques.

L’article décrivait une opposition désorganisée et fracturée, assez semblable au Conseil national syrien de 2011 et sa plus récente réincarnation américano-qatarie, la “Coalition nationale”, dont le seul dénominateur commun et la seule idéologie dominante est toujours l’extrémisme sectaire exercé par les Frères musulmans. De manière similaire, la “Coalition nationale” actuelle est menée par Moaz al-Khatib, qui a admis ouvertement sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, ses aspirations d’établir un “État islamique” en lieu et place de la société laïque syrienne actuelle. Al-Khatib a aussi protesté véhémentement contre l’inclusion sur la liste américaine des groupes terroristes de l’organisation Al-Nosra, qui se bat en Syrie et fait  partie intégrante de la coalition nationale d’al-Khatib.

Ce sont les “combattants de la liberté” d’alors et de maintenant que les États-Unis soutiennent, financent et arment. La plus récente accusation des États-Unis armant des terroristes connus est venue de l’ancien général étasunien et ancien commandant des forces spéciales, William G. Boykin, qui a affirmé que les États-Unis non seulement arment les terroristes en Syrie, mais qu’ils le font en faisant passer les armes par l’émirat de la terreur de Benghazi en Libye.

Le discours des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’OTAN et même de l’ONU en ce qui concerne le conflit en Syrie, est une fabrication intentionnelle et cela est clairement démontré par les réseaux logistiques panarabes que l’OTAN utilise pour inonder la Syrie d’armes et de terroristes, les chefs de l’opposition actuelle, ainsi que par les preuves documentées d’une conspiration élaboré avec les Frères musulmans depuis 2007 et d’autres groupes extrémistes violents en Syrie pour renverser le gouvernement. Cela indique une tromperie encore plus grande, impliquant la fausse idée selon laquelle des élections présidentielles amènent à la fois un changement de leadership et de politique. Les guerres fomentées sous Bush sont perpétuées et amplifiées sous Obama et ce par les mêmes décideurs des mêmes boîtes de réflexion financées par l’entreprise privée qui ont donné à Bush son programme il y a des années de cela.

Avec des troupes françaises, britanniques et maintenant étasuniennes qui deviennent de plus en plus impliquées au Mali, combattant supposément des terroristes en contact direct avec des combattant armés, financés et reconnus diplomatiquement par l’Occident en Libye, ainsi que le débordement du conflit Algérie, on se doit de reconnaître qu’un programme particulier est mise en oeuvre à la fois contre la volonté du peuple et ses meilleurs intérêts. Identifier les intérêts du privé et de la finance impliqués dans ce projet et les boycotter tout en les remplaçant par des alternatives locales constitue notre seul recours. Comme l’illustre le cas de non-transition et de continuité du programme entre Bush le « droitiste » républicain et Obama le “gauchiste” démocrate, les élections ne servent à rien du tout. Comme le “printemps arabe” l’a prouvé avec les manifestations de ce Front national du salut dont le scénario était écrit par des officines américaines, la protestation et la manifestation publique ne servent à rien non plus.


Tony Cartalucci

Le 24 Janvier 2013


Article original en anglais :

http://landdestroyer.blogspot.fr/2013/01/syrias-muslim-brotherhood-propped-up-by.html#more

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

Source: MONDIALISATION.CA

dimanche, 03 février 2013

L'IMPERIALISME PREVOIT «DES DECENNIES DE GUERRE» EN AFRIQUE

 

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L’intervention française au Mali, suivie du siège sanglant en Algérie, représente un tournant dans ce qui se présente comme une nouvelle ruée impérialiste vers l’Afrique. Ces événements, si peu de temps après la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en vue d’un changement de régime en Libye et la guerre civile sectaire en Syrie avec le soutien de Washington, sont le signe que l’humanité assiste à une poussée convulsive des grandes puissances pour la redivision du monde, de ses territoires, ses marchés, ses ressources.

Il y a tout lieu de croire que cette campagne de recolonisation d’une grande partie de la planète sera encore plus sanglante et plus tyrannique que la première colonisation de l’Afrique.

Tout comme durant la guerre contre la Libye, la France a pris les devants en déchaînant sur le territoire malien ses chasseurs-bombardiers et ses chiens de guerre que sont la Légion étrangère. Cependant, les autres grandes puissances impérialistes ont clairement signalé qu’elles ne resteront pas à l’écart.

Le premier ministre britannique David Cameron a juré que le Royaume-Uni « collaborera avec d’autres pour verrouiller ce territoire non gouverné » en Afrique du Nord-Ouest, « avec tous les moyens dont nous disposons. » Qualifiant les développements au Mali et dans les pays avoisinants de « menace mondiale », Cameron a déclaré que cette situation « exigera une réponse sur plusieurs années, voire même plusieurs décennies, plutôt que quelques mois. »

Le gouvernement Obama a d’abord adopté une approche prudente envers les événements au Mali, préoccupé, sans doute, de se retrouver à aider un rival impérialiste, sapant ainsi ses propres objectifs prédateurs en Afrique. Cependant, avec la crise des otages en Algérie qui a coûté la vie à au moins 80 personnes, y compris trois Américains, Washington a clairement exprimé ses intentions d’intervenir de manière agressive.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré vendredi dernier: « Nous avons la responsabilité de chasser Al-Qaïda, où qu’il se trouve. Nous les avons chassés dans le FATA (les zones tribales administrées fédéralement au Pakistan). Nous sommes en train de les chasser au Yémen et en Somalie. Nous avons la responsabilité d’assurer qu’Al-Quaïda n’établisse pas de bases d’opérations en Afrique du Nord et au Mali. »

Le message est clair. Le Mali et la région seront transformés en un nouveau front dans la crise de folie meurtrière à échelle mondiale des Etats-Unis et qui sera perpétrée en premier lieu avec des drones Predator et des missiles Hellfire.

Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils sont en train d’envoyer des Forces Spéciales comme « formateurs » et « conseillers » aux six pays, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Ghana, qui fourniront les soldats permettant à la Communauté économique ouest africaine (Cédéao) de bricoler une force africaine qui agira en intermédiaire de l’intervention impérialiste. Les Etats-Unis fourniront le transport aérien pour acheminer les troupes africaines de la Cédéao au Mali.

Autant pour la belle rhétorique d’Obama lors de son investiture. « Une décennie de guerres se termine, » a-t-il déclaré lundi, un jour seulement après que Cameron avertissait que c’était le commencement de décennies de guerres en Afrique.

Nous sommes maintenant dans une ère historique où chaque nouvelle guerre engendre la suivante: La Libye, la Syrie et maintenant le Mali, en l’espace de moins de deux ans.

Le lien entre ces guerres est rarement reconnu dans les médias officiels, qui, d’une voix haletante, font des reportages sur chaque nouvelle crise, des combats au Mali au drame des otages en Algérie dans le complexe gazier, comme s’il s’agissait d’un outrage insensé ne pouvant s’expliquer que comme le développement d’une lutte entre le bien et le mal, connue sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme.

On n’est pas censé prononcer le terme de « boomerang explosif » lorsque l’on est en présence des délicats réseaux médiatiques. Et pourtant c’est précisément de cela qu’il s’agit. La guerre Etat-Unis/OTAN pour le changement de régime en Libye a déstabilisé la région tout entière. Cela a eu pour effet de faire fuir les Touaregs, dont beaucoup avaient servi parmi les forces de sécurité de Khadafi, qui sont entrés se réfugier au Mali dans une situation où les « révolutionnaires » de Libye soutenus par l’OTAN chassaient et tuaient toute personne à peau noire.

Les Touaregs sont un peuple nomade du Sahel qui s’étend en bordure du désert du Sahara. Ils habitent le Nord du Mali ainsi que le Niger, l’Algérie, le Maroc, la Libye et le Burkina Faso.

Au Mali, l’oppression et la négligence du gouvernement central ont provoqué quatre révoltes depuis l’indépendance en 1960. Des révoltes similaires se sont produites au Niger voisin. L’arrivée des Touraegs fuyant la Libye, combinée aux grandes quantités d’armes libyennes disponibles, ont déclenché cette dernière révolte qui a été alimentée par la défection de grande envergure de soldats et d’officiers touaregs de l’armée malienne.

Les nationalistes touaregs laïcs ont cependant été supplantés par des forces islamistes mieux équipées et mieux financées. Fortement consolidées par la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye où elles ont été armées et soutenues par Washington comme force terrestre par procuration contre Kadhafi, elles sont à présent armées et financées de la même façon comme troupes de choc pour un changement de régime en Syrie. O ne peut pas comprendre la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique si on ne reconnaît pas que Washington opère au sein d’une alliance de fait avec des forces liées à Al Qaïda.

Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), nouvel épouvantail de la « guerre contre le terrorisme, » est comme son prédécesseur en Afghanistan, le monstre Frankenstein de l’impérialisme occidental. AQMI avait émergé au sein de forces qui étaient parties se battre en Afghanistan, soutenues par les Etats-Unis, contre le régime de Kaboul, soutenu par l’Union soviétique dans les années 1980. Elles étaient ensuite rentrées pour se battre dans la sanglante guerre civile algérienne des années 1990, où l’impérialisme américain et français soutenaient l’armée algérienne dans sa prise de pouvoir visant à empêcher l’élection du Front de salut islamique. La répression qui s’ensuivit provoqua la mort de 100.000 Algériens.

Le gouvernement algérien a accusé l’émirat du Qatar, un allié clef de Washington, de financer AQMI, tout comme il finance les « rebelles » soutenus par les Américains en Syrie. Avant même le conflit actuel, ce n’était un secret pour personne que AQMI et des groupes similaires jouissaient de l’approbation tacite du gouvernement central du Mali, appuyé par Washington et Paris, qui voyait les Islamistes comme un contrepoids utile aux Touaregs.

Et maintenant, on nous demande de croire que cette même organisation est devenue une menace « mondiale », capable d’attaquer à tout moment « notre patrie ».

Le conflit grandissant en Afrique n’a rien à voir avec Al Quaïda ni avec la lutte contre le terrorisme. Le magazine Time a succinctement exposé les motifs réels au Mali: « Les dangers se développent ailleurs, avec d’énormes réserves de pétrole attirant les entreprises occidentales à mettre en place la production de pétrole à travers le vaste Sahel. Au sud de l’Algérie et du Mali se trouve le Niger, un pays désertique extrêmement pauvre avec une production d’uranium au quatrième rang mondial, qui alimente le réseau essentiel du parc nucléaire de la France. A l’est de l’Algérie se trouve la Libye, où un certain nombre d’entreprises occidentales exploitent quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole de l’Afrique. »

L’impérialisme américain et les puissances européennes qui avaient précédemment colonisé l’Afrique sont déterminés à s’emparer de ces ressources. Après avoir été supplantés par la Chine comme unique et plus important partenaire commercial de l’Afrique, et toujours derrière Pékin en termes de croissance de l’investissement direct étranger, Washington et les puissances européennes se tournent vers une intervention militaire comme moyen de compenser leur déclin économique.

Tout comme cela avait été le cas avec les rivalités inter-impérialistes générées par la ruée vers l’Afrique il y a un siècle, les conflits actuels pour la domination du continent conduiront à l’éruption d’un nouvelle guerre mondiale.


Bill Van Auken

Article original, WSWS, paru le 23 janvier 2013


Source: MONDIALISATION.CA

vendredi, 01 février 2013

LES ORIGINES D'AL-QAIDA AU MAGHREB ISLAMIQUE: QUI EST DERRIERE LES TERRORISTES?

 

 

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Qui est derrière le groupe terroriste qui a attaqué le complexe gazier d’In Amenas exploité par BP, Statoil et Sonatrach, situé sur la frontière libyenne au sud-est de l’Algérie? (Voir la carte ci-dessous)

L’opération a été coordonnée par Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade islamiste des Moulathamine (brigade masquée) ou « Ceux qui signent avec du sang », affiliée à Al-Qaïda

L’organisation de Belmokhtar a été impliquée dans le trafic de drogue, la contrebande ainsi que des opérations d’enlèvement d’étrangers en Afrique du Nord. Alors que ses allées et venues sont connues, le renseignement français a surnommé Belmokhtar l’« insaisissable ».

Belmokhtar a revendiqué au nom d’Al-Qaïda l’enlèvement de 41 otages occidentaux, dont 7 Étatsuniens, au complexe gazier de BP à In Amenas.

Belmokhtar n’était toutefois pas impliqué directement dans l’attaque. Le commandant de l’opération sur le terrain était Abdul Rahman al-Nigeri, un vétéran djihadiste du Niger qui s’est joint en 2005 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie. (Albawaba,  17 janvier 2013) 

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L’opération d’enlèvement d’In Amenas a été menée cinq jours après les frappes aériennes françaises contre des militants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Nord-Mali.

Les forces spéciales françaises et les troupes maliennes ont repris le contrôle de Diabali et Konna, deux petites villes au nord de Mopti. La ville de Diabali avait apparemment été prise quelques jours auparavant par les combattants menés par l’un des principaux commandants d’AQMI, Abdelhamid Abou Zeid.

Bien que l‘attaque terroriste et le rapt à la raffinerie d’In Amenas aient été décrits comme des actes de vengeance, cette opération n’était aucunement improvisée. Des analystes ont confirmé que, selon toute probabilité, l’opération avait été planifiée longtemps à l’avance:

Les représentants européens et étasuniens affirment que le raid était presque certainement trop élaboré pour avoir été planifié dans un laps de temps si court, quoique la campagne de bombardement française ait pu être un élément déclencheur amenant les combattants à lancer un assaut qu’ils avaient déjà préparé.

Selon les récents reportages (20 janvier 2012), il y a environ 80 morts, dont des otages et des combattants djihadistes. Il y avait plusieurs centaines de travailleurs à la raffinerie de gaz dont la plupart étaient algériens. « Parmi les rescapés, seuls 107 des 792 travailleurs étaient étrangers », selon le ministère algérien de l’Intérieur.

Les gouvernements britannique et français ont blâmé les djihadistes. Selon les termes du premier ministre britannique David Cameron :

« Les gens vont certainement poser des questions à propos de la réaction algérienne à ces événements, toutefois je dirai seulement que ces morts sont directement imputables aux terroristes qui ont perpétré cette attaque lâche et violente. (Reuters, 20 juin 2013.)

Les reportages confirment cependant qu’un grand nombre de décès chez les otages et les combattants islamiques ont été causés par les bombardements des forces algériennes.

Les négociations avec les ravisseurs, qui auraient pu sauver des vies, n’ont pas été envisagées sérieusement par les gouvernements algérien et occidentaux. Les militants avaient demandé l’arrêt des attaques françaises au Nord-Mali en échange de la sécurité des otages. Le dirigeant d’Al-Qaïda Belmokhtar avait déclaré :

« Nous sommes prêts à négocier avec l’Occident et le gouvernement algérien à condition qu’ils cessent de bombarder les musulmans du Mali » (Reuters, 20 janvier 2013.)

Au sein des rangs djihadistes se trouvaient des mercenaires provenant de nombreux pays musulmans, dont la Libye (cela reste à confirmer), ainsi que des combattants de pays occidentaux.

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Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI): De qui s’agit-il?

De nombreux groupes affiliés sont activement impliqués au Nord-Mali

  • -Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dirigé par Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI
  • -Ansar Dine dirigé par Iyad Ag Ghaly
  • -Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)

-Le Groupe islamique armé (GIA), très en vue dans les années 1990, est pratiquement disparu. Ses membres se sont joints à AQMI

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement touareg laïc, nationaliste et indépendantiste

Historique

En septembre 2006, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a uni ses forces à Al-Qaïda. Le GSPC a été créé par Hassan Hattab, un ancien commandant du GIA.

En janvier 2007, le groupe a officiellement changé son nom pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Donc au début septembre 2007, l’AQMI récemment formé a établi une relation étroite avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL).

Les commandants du GSPC avaient été inspirés par les enseignements religieux salafistes en Arabie Saoudite, ayant autrefois joué un rôle important dans la formation des moudjahidines en Afghanistan.

L’histoire des commandants djihadistes d’AQMI est significative dans le contexte plus vaste de cette question

  • Qui est derrière les diverses factions affiliées à Al-Qaïda?
  • Qui appuie les terroristes?
  • Quels intérêts économiques et politiques sont servis?

Le Council on Foreign Relations (Conseil des relations internationales, CFR) situé à Washington retrace les origines d’AQMI à la guerre soviéto-afghane :

La plupart des hauts dirigeants d’AQMI auraient été formés en Afghanistan durant la guerre contre les Soviétiques de 1979 à 1989. Ils auraient fait partie d’un groupe de volontaires nord-africains connus sous le nom d’« Arabes afghans » revenu dans la région après la guerre et qui radicalisait les mouvements islamistes. Le groupe est divisé en « katibas » ou brigades formant diverses cellules le plus souvent indépendantes.

Depuis 2004, le chef du groupe, ou l’émir, est Abdelmalek Droukdel, également connu sous le nom d’Abou Mossab Abdelwadoud, un ingénieur de formation et expert en explosifs qui s’est battu en Afghanistan et est issu du GIA algérien. C’est sous son leadership qu’AQMI a déclaré que la France était sa cible principale. L’un des dirigeants d’AQMI les « plus radicaux et les plus violents » est Abdelhamid Abou Zeid selon les experts en contre-terrorisme. Abou Zeid est lié à plusieurs enlèvements et exécutions d’Européens dans la région. (Council on Foreign Relations, Al Qaeda in the Islamic Maghreb, cfr.org, non daté.)

L’article du CFR omet de mentionner que le djihad islamique en Afghanistan était une initiative de la CIA, lancée en 1979 à l’époque de l’administration Carter et fortement appuyée par Ronald Reagan au cours des années 1980.

En 1979 la plus vaste opération clandestine de l’histoire de la CIA a été lancée en Afghanistan. Des missionnaires wahhabites d’Arabie Saoudite ont mis sur pied les écoles coraniques (madrasas) au Pakistan et en Afghanistan. Les manuels scolaires utilisés dans les madrasas ont été imprimés et publiés au Nebraska. Le financement clandestin a été acheminé aux moudjahidines avec l’appui de la CIA.

« Fortement encouragés par la CIA et l’ISI du Pakistan, qui désiraient transformer le djihad afghan en guerre mondiale menée par tous les États musulmans contre l’Union soviétique, 35 000 musulmans radicaux provenant de 40 pays islamiques se sont joints à la lutte afghane entre 1982 et 1992. Des dizaines de milliers d’autres sont allés étudier dans les madrasas pakistanaises. Avec le temps, plus de 100 000 musulmans radicaux ont été directement influencés par le djihad afghan. (Ahmed Rashid, “The Taliban: Exporting Extremism”, Foreign Affairs, novembre-décembre 1999.)

La Central Intelligence Agency (CIA) a joué un rôle clé dans la formation des moudjahidines en utilisant l’Inter-Services Intelligence (Direction pour le renseignement inter-services) pakistanais. La formation des guérilleros parrainée par la CIA était intégrée aux enseignements de l’islam.

« En mars 1985, le président Reagan a signé la directive nationale de sécurité 166 [laquelle] autorisait un appui militaire clandestin supplémentaire et signalait clairement que la guerre secrète afghane avait un nouvel objectif : vaincre les troupes soviétiques en Afghanistan par des actions clandestines et encourager le retrait soviétique. La nouvelle aide secrète étasunienne a débuté par une augmentation spectaculaire des livraisons d’armes, une progression constante atteignant 65 000 tonnes annuellement en 1987 […] ainsi qu’un « flot incessant » de spécialistes de la CIA et du Pentagone se rendant au quartier général secret de l’ISI au Pakistan, situé sur la route principale près de Rawalpindi. Les spécialistes de la CIA y rencontraient des officiers du renseignement pakistanais afin d’aider à planifier des opérations pour les rebelles afghans ». (Steve Coll, Washington Post, 19 juillet 1992)

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Mokhtar Belmokhtar, le cerveau des attaques terroristes perpétrées par la brigade islamiste des Moulathamine (masquée) au complexe gazier d’In Amenas est l’un des membres fondateurs d’AQMI.

Il a été formé et recruté par la CIA en Afghanistan. Belmokhtar était un volontaire nord-africain, un « Arabe afghan » enrôlé à 19 ans comme moudjahidine pour se battre dans les rangs d’Al-Qaïda en Afghanistan à une époque où la CIA et sa filiale pakistanaise, l’ISI, appuyaient activement le recrutement et la formation des djihadistes. Mokhtar Belmokhtar a fait la « guerre civile » en Afghanistan.

Il est retourné en Algérie en 1993 et s’est joint au GSPC. Le passé et l’implication de Belmokhtar en Afghanistan suggèrent qu’il était un « agent de renseignement » appuyé par les États-Unis.

Le rôle des alliés des États-Unis, l’Arabie Saoudite et le Qatar

Dès le début en 2007, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a établi des liens étroits avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), dont les dirigeants avaient également été formés et recrutés en Afghanistan par la CIA. La CIA et le MI6 britannique appuient clandestinement le GICL.

Le GICL a été directement appuyé par l’OTAN durant la guerre de 2011 contre la Libye « fournissant des armes, de la formation des forces spéciales et même des avions pour appuyer le renversement du gouvernement libyen ». (Tony Cartalucci, The Geopolitical Reordering of Africa: US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, Global Research, janvier 2013.)

Les Forces spéciales britanniques SAS avaient été envoyées en Libye avant l’insurrection, agissant à titre de conseillers militaires du GICL.

Plus récemment, des reportages ont confirmé qu’AQMI a reçu des armes du GICL, dont les mercenaires ont intégré les rangs des brigades d’AQMI. Le commandant Mokhtar Belmokhtar, qui a coordonné l’opération d’enlèvement d’In Amenas, a déclaré :

« Nous avons été l’un des principaux bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe. En ce qui concerne le fait que nous bénéficions des armes [libyennes], cela est normal dans ce genre de circonstances. » http://www.hanford.gov/c.cfm/oci/ci_terrorist.cfm?dossier=174

La raffinerie de BP à In Amenas est située en plein sur la frontière libyenne. On peut soupçonner l’implication d’un contingent de combattants du GICL dans l’opération.

AQMI a également des liens avec le Front Al-Nosra en Syrie, appuyé clandestinement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

AQMI est lié de manière indélébile à un programme de renseignement occidental. On le décrit comme « l’un des groupes militants les plus riches et mieux armés de la région », financé secrètement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Le journal français Le Canard enchaîné a révélé (juin 2012) que le Qatar (un fidèle allié des États-Unis) finance diverses entités terroristes au Mali, incluant le groupe salafiste Ansar Dine :

Et les rebelles touareg du MNLA (indépendance et laïcité), d’Ansar Dine, d’AQMI et de Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu de l’argent du Qatar selon un reportage (The Examiner).

L’information du journal satirique Canard enchaîné, qui rapportait (juin 2012) que le Qatar financerait des groupes armés au Nord-Mali, a été relayée par les médias d’Algérie et d’Afrique de l’Ouest.

Depuis plusieurs mois au Mali on soupçonne Ansar Dine, le principal groupe armé pro-charia de la région, de recevoir du financement du Qatar.

Au début du conflit par exemple, des reportages (non confirmés) indiquaient qu’un avion qatari rempli d’armes, d’argent et de drogue était atterri à Gao.

Le reportage original cite un rapport du renseignement français indiquant que le Qatar a fourni de l’aide financière à trois des principaux groupes armés du Nord-Mali : Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali, AQMI et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Le montant du financement donné à chaque groupe n’est pas révélé mais on signale que de nombreux rapports de la DGSE française remis au ministère de la Défense ont mentionné l’appui du Qatar au terrorisme au Nord-Mali. (C’est l’auteur qui souligne)

Il faut évaluer attentivement le rôle d’AQMI comme atout du renseignement. L’insurrection islamiste crée des conditions favorisant la déstabilisation politique du Mali en tant qu’État-nation. Quels intérêts géopolitiques ont été servis?

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Conclusion : Le « Soudan étasunien »

Ironiquement, l’opération d’enlèvement au sud de l’Algérie et la tragédie provoquée par l’opération de « sauvetage » militaire menée par l’Algérie fournissent une justification humanitaire à l’intervention militaire occidentale menée par AFRICOM, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. Celle-ci ne concerne pas uniquement le Mali et l’Algérie, mais pourrait aussi comprendre la région plus vaste s’étendant de la zone sahélienne sub-saharienne, de la Mauritanie à la frontière occidentale du Soudan.

Ce processus d’escalade fait partie d’une « feuille de route » militaire et stratégique des États-Unis, et constitue une étape subséquente de la militarisation du continent africain, un « suivi » de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Libye en 2011.

Il s’agit d’un projet de conquête néocoloniale d’un vaste territoire par les États-Unis.

Même si la France constitue l’ancienne puissance coloniale, intervenant pour le compte de Washington, le but ultime est d’exclure tôt ou tard la France du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne. Le remplacement de la France comme puissance coloniale se fait de manière constante depuis la guerre d’Indochine des années 1950.

Alors que les États-Unis sont, à court terme, prêts à partager le butin de guerre avec la France, l’objectif ultime est de redessiner la carte de l’Afrique et de transformer par la suite l’Afrique francophone en sphère d’influence étasunienne. Celle-ci s’étendrait de la Mauritanie, au bord de l’Atlantique, jusqu’au Soudan, à l’Éthiopie et à la Somalie.

Un procédé similaire visant à exclure la France de l’Afrique francophone a lieu depuis les années 1990 au Rwanda, au Burundi et en République du Congo.

En conséquence, on empiète sur le français comme langue officielle en Afrique. Aujourd’hui au Rwanda, l’anglais est une langue officielle avec le kinyarwanda et le français : Le gouvernement du FPR en 1994 a commencé par offrir l’éducation secondaire en anglais ou en français. Depuis 2009, elle est offerte uniquement en anglais. Depuis 1994, l’université n’utilise plus le français comme langue de travail. (Le président rwandais Paul Kagame ne lit pas et ne parle pas le français.)

Un vaste territoire est en jeu, celui qui, durant la période coloniale, comprenait l’Afrique de l’Ouest française et l’Afrique équatoriale française. (Voir la carte ci-dessous)

À l’époque de la France coloniale, on appelait le Mali le Soudan français.

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Il est ironique que ce processus visant à affaiblir et, tôt ou tard, à exclure la France de l’Afrique francophonesoit mis en œuvre avec l’approbation tacite de l’ancien et de l’actuel présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, servant tous deux les intérêts géopolitiques étasuniens au détriment de la République française.

La militarisation du continent africain relève du mandat d’AFRICOM.

L’objectif à plus long terme consiste à exercer le contrôle géopolitique et militaire sur une vaste zone ayant historiquement appartenu à la sphère d’influence française. Cette zone est riche en pétrole, en gaz naturel, en or, en uranium et en minéraux stratégiques. (Voir R. TeichmanThe War on Mali. What you Should Know: An Eldorado of Uranium, Gold, Petroleum, Strategic Minerals …, Global Research, 15 janvier 2013.)

La division coloniale de l’Afrique décidée à la conférence de Berlin (à droite). Voir les cartes de l’Afrique coloniale française ci-dessous.

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Article original : Al Qaeda in the Islamic Maghreb: Who’s Who? Who is Behind the Terrorists?

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).

lundi, 28 janvier 2013

L'ISLAMISME EST-IL L'ENNEMI PRINCIPAL AU SAHEL? ANALYSE DE SAMIR AMIN

      

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Texte de Samir Amin diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur. Economiste franco-égyptien, Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde.

 

Je suis de ceux qui condamnent par principe toute intervention militaire des puissances occidentales dans les pays du Sud, ces interventions étant par nature soumises aux exigences du déploiement du contrôle de la Planète par le capital des monopoles dominant le système.

L’intervention française au Mali est-elle l’exception à la règle ? Oui et non. C’est la raison pour laquelle j’appelle à la soutenir, sans néanmoins penser le moins du monde qu’elle apportera la réponse qu’il faut à la dégradation continue des conditions politiques, sociales et économiques non seulement du Mali mais de l’ensemble des pays de la région, laquelle est elle-même le produit des politiques de déploiement du capitalisme des monopoles de la triade impérialiste (États-Unis, Europe, Japon), toujours en œuvre, comme elle est à l’origine de l’implantation de l’Islam politique dans la région.

I.- L’Islam politique réactionnaire, ennemi des peuples concernés et allié majeur des stratégies de la triade impérialiste [1]

L’Islam politique – au-delà de la variété apparente de ses expressions – n’est pas un « mouvement de renaissance de la foi religieuse » (que celle-ci plaise ou non), mais une force politique archi-réactionnaire qui condamne les peuples qui sont les victimes éventuelles de l’exercice de son pouvoir, à la régression sur tous les plans, les rendant par là même incapables de répondre positivement aux défis auxquels ils sont confrontés. Ce pouvoir ne constitue pas un frein à la poursuite du processus de dégradation et de paupérisation en cours depuis trois décennies. Au contraire il en accentue le mouvement, dont il se nourrit lui-même.

Telle est la raison fondamentale pour laquelle les puissances de la triade – telles qu’elles sont et demeurent – y voient un allié stratégique. Le soutien systématique apporté par ces puissances à l’Islam politique réactionnaire a été et demeure l’une des raisons majeures des « succès » qu’il a enregistrés : les Talibans d’Afghanistan, le FIS en Algérie, les « Islamistes » en Somalie et au Soudan, ceux de Turquie, d’Egypte, de Tunisie et d’ailleurs ont tous bénéficié de ce soutien à un moment décisif pour leur saisie du pouvoir local. Aucune des composantes dites modérés de l’Islam politique ne s’est jamais dissociée véritablement des auteurs d’actes terroristes de leurs composantes dites « salafistes ». Ils ont tous bénéficié et continuent à bénéficier de « l’exil » dans les pays du Golfe, lorsque nécessaire. En Libye hier, en Syrie encore aujourd’hui ils continuent à être soutenus par ces mêmes puissances de la triade. En même temps les exactions et les crimes qu’ils commettent sont parfaitement intégrés dans le discours d’accompagnement de la stratégie fondée sur leur soutien : ils permettent de donner de la crédibilité à la thèse d’une « guerre des civilisations » qui facilite le ralliement « consensuel » des peuples de la triade au projet global du capital des monopoles. Les deux discours – la démocratie et la guerre au terrorisme – se complètent mutuellement dans cette stratégie.

Il faut une bonne dose de naïveté pour croire que l’Islam politique de certains – qualifié à ce titre de « modéré » – serait soluble dans la démocratie. Il y a certes partage des tâches entre ceux-ci et les « salafistes » qui les déborderaient dit-on avec une fausse naïveté par leurs excès fanatiques, criminels, voire terroristes. Mais leur projet est commun – une théocratie archaïque par définition aux antipodes de la démocratie même minimale.

II.- Le Sahélistan, un projet au service de quels intérêts ?

De Gaulle avait caressé le projet d’un « Grand Sahara français ». Mais la ténacité du Front de libération national (FLN) algérien et la radicalisation du Mali de l’Union Soudanaise de Modibo Keita ont fait échouer le projet, définitivement à partir de 1962-1963. S’il y a peut être quelques nostalgiques du projet à Paris, je ne crois pas qu’ils soient en mesure de convaincre des politiciens dotés d’une intelligence normale de la possibilité de le ressusciter.

En fait le projet de Sahélistan n’est pas celui de la France – même si Sarkozy s’y était rallié. Il est celui de la nébuleuse constituée par l’Islam politique en question et bénéficie du regard éventuellement favorable des États-Unis et dans leur sillage de leurs lieutenants dans l’Union européenne (qui n’existe pas) – la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Le Sahélistan « islamique » permettrait la création d’un grand Etat couvrant une bonne partie du Sahara malien, mauritanien, nigérien et algérien doté de ressources minérales importantes : uranium, pétrole et gaz. Ces ressources ne seraient pas ouvertes principalement à la France, mais en premier lieu aux puissances dominantes de la triade. Ce « royaume », à l’image de ce qu’est l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, pourrait aisément « acheter » le soutien de sa population clairsemée, et ses émirs transformer en fortunes personnelles fabuleuses la fraction de la rente qui leur serait laissée. Le Golfe reste, pour les puissances de la triade, le modèle du meilleur allié/serviteur utile, en dépit du caractère farouchement archaïque et esclavagiste de sa gestion sociale – je dirai grâce à ce caractère. Les pouvoirs en place dans le Sahélistan s’abstiendraient de poursuivre des actions de terrorisme sur leur territoire, sans pour autant s’interdire de les soutenir éventuellement ailleurs.

La France, qui était parvenue à sauvegarder du projet du « Grand Sahara » le contrôle du Niger et de son uranium, n’occuperait plus qu’une place secondaire dans le Sahélistan [2].

Il revient à F. Hollande – et c’est tout à son honneur – de l’avoir compris et refusé. On ne devrait pas s’étonner de voir que l’intervention qu’il a décidé ait été immédiatement soutenue par Alger et quelques autres pays pourtant non classés par Paris comme des « amis ». Le pouvoir algérien a démontré sa parfaite lucidité : il sait que l’objectif du Sahélistan vise également le Sud algérien et pas seulement le Nord du Mali [3]. On ne devrait pas davantage s’étonner que les « alliés de la France » – les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, sans parler de l’Arabie Saoudite et du Qatar – sont en réalité hostiles à cette intervention, qu’ils n’ont accepté du bout des lèvres que parce qu’ils ont été mis devant le fait accompli – la décision de F. Hollande. Mais ils ne seraient pas mécontents de voire l’opération s’enliser et échouer. Cela redonnerait de la vigueur à la reprise du projet du Sahélistan.

III.- Gagner la guerre du Sahara

Je suis donc de ceux qui souhaitent et espèrent que la guerre du Sahara sera gagnée, ces Islamistes éradiqués dans la région (Mali et Algérie en particulier), le Mali restauré dans ses frontières. Cette victoire est la condition nécessaire incontournable, mais est loin d’être la condition suffisante, pour une reconstruction ultérieure de l’Etat et de la société du Mali.

Cette guerre sera longue, coûteuse et pénible et son issue reste incertaine. La victoire exige que soient réunies certaines conditions. Il faudrait en effet non seulement que les forces armées françaises n’abandonnent pas le terrain avant la victoire, mais encore qu’une armée malienne digne de ce nom soit reconstituée rapidement. Car il faut savoir que l’intervention militaire des autres pays africains ne pourra pas constituer l’élément décisif de la victoire.

La reconstruction de l’armée malienne relève du tout à fait faisable. Le Mali de Modibo était parvenu à construire une force armée compétente et dévouée à la nation, suffisante pour dissuader les agresseurs comme le sont les Islamistes d’AQMI aujourd’hui. Cette force armée a été systématiquement détruite par la dictature de Moussa Traoré et n’a pas été reconstruite par ses successeurs. Mais le peuple malien ayant pleine conscience que son pays a le devoir d’être armé, la reconstruction de son armée bénéficie d’un terrain favorable. L’obstacle est financier : recruter des milliers de soldats et les équiper n’est pas à la portée des moyens actuels du pays, et ni les Etats africains, ni l’ONU ne consentiront à pallier cette misère. La France doit comprendre que le seul moyen qui permettra la victoire l’oblige à le faire. L’enlisement et la défaite ne seraient pas seulement une catastrophe pour les peuples africains, elles seraient tout autant pour la France. La victoire constituerait un moyen important de restauration de la place de la France dans le concert des nations, au-delà même de l’Europe.

Il n’y a pas grand chose à attendre des pays de la CEDEAO. Les gardes prétoriennes de la plupart de ces pays n’ont d’armée que le nom. Certes le Nigeria dispose de forces nombreuses et équipées, malheureusement peu disciplinées pour le moins qu’on puisse dire ; et beaucoup de ses officiers supérieurs ne poursuivent pas d’autre objectif que le pillage des régions où elles interviennent. Le Sénégal dispose également d’une force militaire compétente et de surcroît disciplinée, mais petite, à l’échelle du pays. Plus loin en Afrique, l’Angola et l’Afrique du Sud pourraient apporter des appuis efficaces ; mais leur éloignement géographique, et peut être d’autres considérations, font courir le risque qu’ils n’en voient pas l’intérêt.

Un engagement de la France ferme, déterminé et pour toute la durée nécessaire implique que la diplomatie de Paris comprenne qu’il lui faut prendre des distances à l’égard de ses co-équipiers de l’OTAN et de l’Europe. Cette partie est loin d’être gagnée et rien n’indique pour le moment que le gouvernement de F. Hollande soit capable de l’oser.

IV.- Gagner la bataille diplomatique

Le conflit visible entre les objectifs honorables de l’intervention française au Mali et la poursuite de la ligne diplomatique actuelle de Paris deviendra rapidement intolérable. La France ne peut pas combattre les « Islamistes » à Tombouctou et les soutenir à Alep !

La diplomatie française, accrochée à l’OTAN et à l’Union européenne, partage la responsabilité de ses alliés dans les succès de l’Islam politique réactionnaire. Elle en a fournit la preuve éclatante dans l’aventure libyenne dont le seul résultat a été (et cela était prévisible et certainement voulu, au moins par Washington) non pas de libérer le peuple libyen de Kadhafi (un pitre plus qu’un dictateur) mais de détruire la Libye, devenue terre d’opération de seigneurs de guerre, directement à l’origine du renforcement d’AQMI au Mali.

Car l’hydre de l’Islam politique réactionnaire recrute autant dans les milieux du grand banditisme que chez les fous de Dieu. Au-delà du « djihad », leurs émirs – qui s’autoproclament les défenseurs intransigeants de la foi – s’enrichissent du trafic de la drogue (les Talibans, l’AQMI), des armes (les seigneurs de guerre libyens), de la prostitution (les Kosovars).

Or la diplomatie française jusqu’à ce jour soutient les mêmes, en Syrie par exemple. Les médias français donnent crédit aux communiqués du prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, une officine connue pour être celle des Frères Musulmans, fondée par Ryad El Maleh, soutenue par la CIA et les services britanniques. Autant faire crédit aux communiqués d’Ansar Eddine ! La France tolère que la soit disant « Coalition Nationale des Forces de l’Opposition et de la Révolution » soit présidée par le Cheikh Ahmad El Khatib choisi par Washington, Frère Musulman et auteur de l’incendie du quartier de Douma à Damas.

Je serais surpris (mais la surprise serait agréable) que F. Hollande ose renverser la table, comme De Gaulle l’avait fait (sortir de l’OTAN, pratiquer en Europe la politique de la chaise vide). On ne lui demande pas d’en faire autant, mais seulement d’infléchir ses relations diplomatiques dans le sens exigé par la poursuite de l’action au Mali, de comprendre que la France compte plus d’adversaires dans le camp de ses « alliés » que dans celui de ses « ennemis » ! Cela ne serait pas la première fois qu’il en serait ainsi lorsque deux camps s’affrontent sur le terrain diplomatique.

V.- Reconstruire le Mali

La reconstruction du Mali ne peut être que l’œuvre des Maliens. Encore serait-il souhaitable qu’on les y aide plutôt que d’ériger des barrières qui rendent impossible cette reconstruction.

Les ambitions « coloniales » françaises – faire du Mali un État client à l’image de quelques autres dans la région – ne sont peut être pas absentes chez certains des responsables de la politique malienne de Paris. La Françafrique a toujours ses porte-parole. Mais elles ne constituent pas un danger réel, encore moins majeur. Un Mali reconstruit saura aussi affirmer – ou réaffirmer – rapidement son indépendance. Par contre un Mali saccagé par l’Islam politique réactionnaire serait incapable avant longtemps de conquérir une place honorable sur l’échiquier régional et mondial. Comme la Somalie il risquerait d’être effacé de la liste des Etats souverains dignes de ce nom.

Le Mali avait, à l’époque de Modibo, fait des avancées en direction du progrès économique et social comme de son affirmation indépendante et de l’unité de ses composantes ethniques.

L’Union Soudanaise était parvenue à unifier dans une même nation les Bambara du Sud, les pêcheurs bozo, les paysans songhaï et les Bella de la vallée du Niger de Mopti à Ansongo (on oublie aujourd’hui que la majorité des habitants du Nord Mali n’est pas constituée par les Touaregs), et même fait accepter aux Touaregs l’affranchissement de leurs serfs Bella. Il reste que faute de moyens – et de volonté après la chute de Modibo – les gouvernements de Bamako ont par la suite sacrifié les projets de développement du Nord. Certaines revendications des Touaregs sont de ce fait parfaitement légitimes. Alger qui préconise de distinguer dans la rébellion les Touaregs (désormais marginalisés), avec lesquels il faut discuter, des Djihadistes venus d’ailleurs – souvent parfaitement racistes à l’égard des « Noirs » –, fait preuve de lucidité à cet endroit.

Les limites des réalisations du Mali de Modibo, mais aussi l’hostilité des puissances occidentales (et de la France en particulier), sont à l’origine de la dérive du projet et finalement du succès de l’odieux coup d’état de Moussa Traoré (soutenu jusqu’au bout par Paris) dont la dictature porte la responsabilité de la décomposition de la société malienne, de sa paupérisation et de son impuissance. Le puissant mouvement de révolte du peuple malien parvenu, au prix de dizaines de milliers de victimes, à renverser la dictature, avait nourri de grands espoirs de renaissance du pays. Ces espoirs ont été déçus. Pourquoi ?

Le peuple malien bénéficie depuis la chute de Moussa Traoré de libertés démocratiques sans pareilles. Néanmoins cela ne semble avoir servi à rien : des centaines de partis fantômes sans programme, des parlementaires élus impotents, la corruption généralisée. Des analystes dont l’esprit n’est toujours pas libéré des préjugés racistes s’empressent de conclure que ce peuple (comme les Africains en général) n’est pas mûr pour la démocratie ! On feint d’ignorer que la victoire des luttes du peuple malien a coïncidé avec l’offensive « néolibérale » qui a imposé à ce pays fragilisé à l’extrême un modèle de lumpen-développement préconisé par la Banque mondiale et soutenu par l’Europe et la France, générateur de régression sociale et économique et de paupérisation sans limites.

Ce sont ces politiques qui portent la responsabilité majeure de l’échec de la démocratie, décrédibilisée. Cette involution a créé ici comme ailleurs un terrain favorable à la montée de l’influence de l’Islam politique réactionnaire (financé par le Golfe) non seulement dans le Nord capturé par la suite par l’AQMI mais également à Bamako.

La décrépitude de l’Etat malien qui en a résulté est à l’origine de la crise qui a conduit à la destitution du Président Amani Toumani Touré (réfugié depuis au Sénégal), au coup d’État irréfléchi de Sanogho puis à la mise sous tutelle du Mali par la « nomination » d’un Président « provisoire » – dit de transition – par la CEDEAO, dont la présidence est exercée par le Président ivoirien A. Ouattara qui n’a jamais été qu’un fonctionnaire du FMI et du Ministère français de la coopération.
C’est ce Président, dont la légitimité est aux yeux des Maliens proche de zéro, qui a fait appel à l’intervention française. Ce fait affaiblit considérablement la force de l’argument de Paris bien que diplomatiquement impeccable : que Paris a répondu à l’appel du Chef d’Etat « légitime » d’un pays ami. Mais alors en quoi l’appel du chef de l’Etat Syrien – incontestablement non moins légitime – au soutien de l’Iran et de la Russie est-elle « inacceptable » ? Il appartient à Paris de corriger le tir et de revoir son langage.

Mais surtout la reconstruction du Mali passe désormais par le rejet pur et simple des « solutions » libérales qui sont à l’origine de tous ses problèmes. Or sur ce point fondamental les concepts de Paris demeurent ceux qui ont cours à Washington, Londres et Berlin. Les concepts « d’aide au développement » de Paris ne sortent pas des litanies libérales dominantes [4]. Rien d’autre. La France, même si elle gagnait la bataille du Sahara – ce que je souhaite – reste mal placée pour contribuer à la reconstruction du Mali. L’échec, certain, permettrait alors aux faux amis de la France de prendre leur revanche.

 

Envoyé par le M'PEP, Le 23 janvier 2013.

 

Source: REVEIL COMMUNISTE

 

mardi, 07 août 2012

SYRIE: DEMASQUE, LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES S'ENFUIT

 

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Se sentant démasqué, le président du Conseil des ministres syriens, Riad Hijab, a été exfiltré par l’OTAN vers le Liban, dimanche 5 août 2012.

L’agence de presse nationale syrienne (SANA) n’a pas rendu compte de l’événement, se contentant de signaler qu’il avait été « démis de ses fonctions ».

La Syrie étant un régime présidentiel (comme les États-Unis), les ministres sont nommés directement par le président de la République et cette vacance n’a pas d’incidence sur le reste du gouvernement. Le président Bachar el-Assad a demandé à l’un des quatre vice-présidents du Conseil, Omar Ghalawanji, d’exercer les fonctions de président du Conseil des ministres.

Le chef de l’Armée syrienne libre a annoncé que M. Hijab avait fait défection avec d’autres ministres. La télévision syrienne a montré des images panoramiques de la réunion du Conseil des ministres sous la présidence d’Omar Ghalawanji afin que chacun puisse constater que nul ne manque à l’appel. En outre, le ministre des Biens cultuels –dont le nom avait été cité par une agence de presse- a fait une déclaration à la télévision sur un sujet secondaire afin de mettre un terme aux rumeurs de la presse occidentale le concernant.

La trahison de Riad Hijab est la première d’importance depuis le début de la crise. Selon son porte-parole, Mohamed Otri, qui s’est exprimé depuis la Jordanie, M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres, il y a six semaines, le 23 juin.

Le président du Conseil des ministres coordonne la mise en œuvre de la politique intérieure, mais n’a aucun pouvoir en matière de Politique étrangère et de Défense, « domaines réservés » du président de la République.

Comme dans le système constitutionnel états-unien, les principaux pouvoirs de nomination reviennent au président de la République. Le président du Conseil des ministres n’a donc pas pu placer des hommes à lui à des postes stratégiques de l’État.

À ce stade de l’enquête, il semble que l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », qui a échoué, devait consister en un coup d’État militaire auquel Riad Hijab aurait donné une onction civile. Washington et ses alliés pensaient qu’après la décapitation du commandement militaire (attentat du 18 juillet), des généraux et leurs régiments s’empareraient du pouvoir avec l’aide des mercenaires entrant depuis la Jordanie, puis ils l’auraient remis dans les mains de M. Hijab. Le département d’État aurait alors applaudi à la victoire de la « démocratie ».

On ignore à quel moment les services de sécurité ont commencé à douter de la loyauté du président du Conseil des ministres. Celui-ci n’avait pas été inquiété et participait encore hier à une inauguration officielle, mais il avait évité de retourner à son bureau depuis deux jours.

Bien qu’ayant exercé des fonctions au sein du Baas, Riad Hijab était un technocrate, pas un leader politique. Ancien préfet de Lattaquié, jouissant d’une excellente réputation d’administrateur, il avait été nommé ministre de l’Agriculture, puis président du Conseil des ministres parce que n’étant pas lié à un courant politique, il semblait plus apte que d’autres à œuvrer à l’unité nationale. C’est le contraire qui s’est produit. N’étant lié à aucun groupe, il a pu changer de bord sans être retenu par un engagement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a souligné que -à la différence de l’Arabie saoudite- la Syrie est un État, et que la disparition d’un homme ne peut affecter la marche de l’État.

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

mardi, 20 mars 2012

SYRIE: LES MEDIAS ONT LEUR PROPRE PEUPLE

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Le peuple syrien a peur pour son pays, pour lui-même et pour ses enfants. Il a d'autant plus peur qu'il  voit ce que sont devenus l'Irak et la Libye, après qu'ils aient subi le même vacarme médiatique. Il est donc sorti, par centaines de milliers, à travers toute la Syrie pour dire, comme il faut le dire, qu'il refuse ce que les «amis de la Syrie» lui réservent. Hommes, femmes, jeunes, vieilles et vieillards, se sont rassemblés dans une explosion de couleurs, dans l'espoir qu'enfin on cesse de faire croire qu'ils veulent que l'OTAN vienne les bombarder. Ils ont aussi dit qu'ils se défendraient  contre toute agression.

Mais le comité de rédaction international unifié ne les a pas vus, ne voulait pas les voir. Il a juste vu, comme il est prévu dans son lexique, une «démonstration de force du régime au premier anniversaire de la révolte». Parce que, selon lui, «le régime de Bachar al Assad a fait défiler... des milliers de personnes... dans les grandes villes du pays, à l'occasion d'une démonstration de force coïncidant avec le premier anniversaire du début du soulèvement contre le pouvoir». Le même, qui a écrit cela, pourra dire plus tard, si les choses tournent mal, que ses sources l'avaient trompé ou fera mine de ne jamais rien avoir écrit de tel.

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A l'instar de ceux qui dénoncent, après coup, les «nouveaux maîtres» de la Libye, omettant le soutien qu'ils leur ont apporté, il y a quelques mois. Ainsi un peuple, surtout dit arabe, ne peut pas décider pour lui-même, même pour faire une révolution. Il lui faut se mettre derrière un CNT labélisé à Paris,  à Londres ou ailleurs, sinon il n'existe pas, en lui-même, et se confond avec le «régime» qui le dirige. Il ressemblera à ce genre de description : «Dans une ambiance quasi festive, les pro-régime  agitaient des drapeaux syriens et russes pour ''remercier Moscou de son soutien à Damas''». Beaucoup portaient des portraits du président sur lesquels était écrit «On t'aime». Des «pro-régime», rien de plus méprisant comme qualificatif, quand on n'obéit pas au programme établi. Ce programme que portent les «défenseurs des droits de l'Homme», qui savent mieux que l'Homme où se trouve son salut.

Pour la Libye les ONG se dénombraient à 70, pour la Syrie elles sont deux cents à hurler ceci : «Unissez-vous pour la Syrie : mettez fin à une année d'effusion de sang». Aucune ne s'est autant mobilisée ailleurs et surtout pas pour «mettre fin» à soixante-quatre années d'effusion de sang en Palestine.

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Pourtant, on peut penser que le peuple syrien est en train de gagner. Les décideurs de la «démocratisation aéroportée», nonobstant l'obstacle russo-chinois, sont moins chauds que d'habitude à aller ouvrir des autoroutes devant leurs supplétifs, vers la «victoire». Le Potus Barak Obama vient de le confirmer en déclarant que «l'idée selon laquelle la manière de résoudre chacun de ces problèmes est de déployer notre armée, cela n'a pas été vrai dans le passé et cela ne le sera pas plus maintenant». Ce n'est évidemment pas de la sagesse, c'est du pragmatisme coulé dans l'implacable réalité d'un contexte international qui a remis en cause l'unipolarité.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

samedi, 11 février 2012

SYRIE: VERS UNE LIBERATION TOTALE DE HOMS PAR L'ARMEE SYRIENNE, CAP SUR ALEP


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Depuis que la Russie et la Chine ont sifflé magistralement la fin de la récréation pour les prédateurs and co, convaincus benoîtement que le monde leur appartient et qu'ils peuvent faire de lui ce qu'ils veulent, c'est l'hallali. Malgré le décompte macabre des morts fait par des médias "mainstream" dépassés par les évènements et s'appuyant honteusement sur l'hypothétique Observatoire syrien des droits des terroristes décliné en droit de l'homme, l'heure est grave.

Pas de quartiers pour les terroristes. De nombreux quartiers de Homs sont en train de retrouver peu à peu le calme. Les terroristes ont été chassés, après leurs exactions cachées par l'Occident. Pour preuve, incapable de s'asseoir à une table de négociations, ils préfèrent tuer. C'est ainsi qu'aujourd'hui, A Alep, la capitale économique du pays située dans le nord, deux explosions émanant des terroristes ont soufflé le bâtiment de la sécurité militaire et un siège des forces de l'ordre. Bien sûr, les médias qui considèrent ces renégats comme étant des démocrates, refusent de se déjuger, malgré les faits. De nombreux civils et des militaires ont été ainsi assassinés. On parle de 25 morts. Attribuez ça aussi à Bachar al-Assad bande de zozos !

A Homs, on peut noter encore quelques poches de résistances, après 6 jours de chasse aux terroristes estampillés démocrates par qui vous savez mais, l'essentiel est en train d'être fait. Le nègre de maison Barack Obama parle de "bain de sang", sans toutefois mentionner que c'est du fait des terroristes qu'il soutient sans vergogne.  Ces quartiers qui veulent résister en prenant en otage les habitants sont Inchaat qui, selon nos informations est en ce moment encerclé, et Baba Amr, où, il y a une plus grande concentration des traîtres à leur nation. Ce ne sont pas les populations des quartiers libérés de Homs qui démentiront (vidéo).

Selon un haut responsable de l'armée, dans une semaine maximum, tout sera terminé, et les terroristes éradiqués. D'ailleurs il y a urgence, pour que la paix revienne. Un Gouvernement responsable, doit protéger ses citoyens, ce que le régime Assad fait en ce moment, malgré la désinformation. Alors, d'entendre le chef de la diplomatie turque crier avec les loups et déclarant qu'il faut que la communauté internationale agisse alors qu'ils (les Turcs) ont été incapables de protéger leurs concitoyens lors de l'épisode Marvi Marmara pour la flotille pour Gaza, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.

La chasse se poursuit, et, on peut comprendre la panique dans les chancelleries occidentales. Après Obama, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé un «massacre quotidien» et son homologue britannique William Hague appelait M. Assad à quitter «immédiatement» le pouvoir. Qui sont-ils pour exiger le départ d'un chef d'Etat étranger ? Pourquoi ne le font-ils pas à l'encontre de la Chine ou de la Russie ces poules mouillées qui ne s'en prennent qu'aux faibles ? Toujours est-il que, de nombreux terroristes, déserteurs de l'armée ont été arrêtés (vidéo) ces derniers jours, d'où le baroud d'honneur de la lâcheté de ce matin à Alep.




Source: Le blog d'Allain Jules

jeudi, 29 décembre 2011

THIERRY MEYSSAN: «LA DECISION D'ATTAQUER LA SYRIE A ETE PRISE LORS D'UNE REUNION A CAMP DAVID LE 15 SEPTEMBRE 2001»

 

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La Syrie est prise entre les feux de la désinformation des puissances occidentales prédatrices et une mouvance islamiste à leur service, avec la complicité plus ou moins inavouée d'une Ligue arabe aux mains des monarchies du Golfe. Un projet hégémonique qui, selon l'analyste Thierry Meyssan, a été planifié lors d'une réunion à Camp David en septembre 2001. Aventure qui ne serait pas sans conséquences dévastatrices pour la région et pouvant dégénérer en conflit mondial. Telles sont les grandes questions abordées avec Thierry Meyssan, journaliste et analyste politique, directeur du Réseau Voltaire.


La NR : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5.000 morts, la constitution d'une «armée syrienne libre» déjà forte de 1.500 hommes et ce début de «guerre civile» avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?


Thierry Meyssan : Une expression française affirme que «lorsqu'on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage». En l'occurrence, lorsque les puissances occidentales veulent envahir un Etat, leurs médias disent que c'est une dictature barbare, que leurs armées peuvent protéger les civils et qu'elles doivent renverser le régime et apporter la démocratie. La vérité, nous l'avons vue en Irak et en Libye : les puissances coloniales ne se préoccupent aucunement du sort des populations, elles dévastent le pays et le pillent.

Il n'y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime syrien, et par conséquent, il n'a pas été possible de les réprimer à balles réelles. Il y a eu au cours des derniers mois environ 1.500 morts, mais pas du tout dans les circonstances décrites. Il y a bien une «armée syrienne libre», mais elle est basée en Turquie et au Liban, et ne compte au grand maximum que quelques centaines de soldats que l'on exhibe devant les caméras. Enfin, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire et, malgré les difficultés de distribution, il n'y a aucun problème de pénurie.

La version des médias occidentaux est une pure fiction. La vérité sur place, c'est que les Occidentaux livrent une guerre non conventionnelle contre la Syrie.

Ils ont envoyé des combattants arabes et patchounes, recrutés par le prince saoudien Bandar bin Sultan et encadrés par les forces spéciales françaises et allemandes.

Ces combattants ont d'abord tenté de proclamer des émirats islamiques, puis ils ont organisé de vastes embuscades contre les convois militaires syriens.

Aujourd'hui, ils sont commandés par un émir d'Al Qaïda, le Libyen Abdelhakim Belhaj. Ils ont renoncé aux grandes opérations et mènent des actions commando au coeur des villes pour y semer la terreur en espérant provoquer une guerre civile confessionnelle. Leur dernier fait d'armes est ce double attentat à Damas.

Dans l'un de vos articles, vous vous posez la question sur les accusations avancées par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres, que des institutions comme le Haut Commissariat des droits de l'homme de l'ONU reprennent sans les vérifier. D'après vous, à quel jeu se prêtent les instances onusiennes ?

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a surgi soudainement sur la scène médiatique. Cette association n'a aucun passé dont elle puisse se prévaloir et seul un de ses membres est connu. C'est un cadre des Frères musulmans syriens, disposant de trois passeports, syrien, britannique et suédois.

Ce monsieur annonce chaque jour le nombre de «victimes de la répression», sans étayer ses dires. Ses affirmations sont invérifiables et donc sans valeur. Elles sont pourtant reprises par tous ceux que cela arrange.

La Haut commissaire aux droits de l'homme a désigné trois commissaires pour enquêter sur les événements en Syrie. Leur mission outrepasse les compétences de l'ONU, qui prévoient des inspections régulières que la Syrie reçoit conformément aux traités.

Comme dans l'affaire Hariri, les Nations unies partent du principe que les autorités locales (libanaises ou syriennes) sont incapables ou malhonnêtes et qu'il faut leur substituer des enquêteurs étrangers. Dans ces conditions, elles ne peuvent pas exiger raisonnablement la coopération des autorités locales. Elles ont donc travaillé depuis la Suisse et la Turquie.

La désignation des trois commissaires n'offre aucune garantie d'impartialité. Ils sont tous trois ressortissants d'Etat qui militent pour l'intervention militaire contre la Syrie. Leur méthode n'est pas plus acceptable : sous la pression de la commissaire turque, qui est une militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la commission a considéré que les témoignages à charge n'avaient pas besoin d'être recoupés et vérifiés : ce serait aux accusés de faire la preuve de leur innocence lorsqu'on les déférera devant un tribunal.

Cette procédure inquisitoriale permet d'accuser n'importe qui de n'importe quoi, mais ne démontre rien du tout. Les enquêteurs ont entendu plus de 200 personnes qui disent disposer d'informations et affirment parfois avoir été témoins, voire victimes d'exactions. Conformément à la procédure, le nom des témoins reste secret à ce stade de l'enquête. Mais contrairement à la procédure, les noms des victimes sont également secrets. La Haut commissaire affirme doctement qu'il y plus de 5.000 victimes de la répression, mais elle n'avance que deux noms.

Pas de chance, ces deux cas, qui ont été largement médiatisés par Al Jazeera, ont fait l'objet de multiples investigations. Le premier correspond à un enfant tué dans la rue par des tireurs inconnus en voiture ; le second est un adolescent qui a été recruté par une bande armée pour participer à l'attaque d'une résidence militaire et qui est mort la kalachnikov à la main. Cela n'a rien à voir avec une répression de manifestation pacifique. Nous attendons donc de la Haut commissaire qu'elle publie le nom des victimes pour que nous puissions vérifier le bien-fondé de ses accusations.

De nombreuses instances de l'ONU ont perdu leur crédibilité. En premier lieu, on ne devrait pas accepter de confier des responsabilités à des experts qui n'ont pas le statut de fonctionnaires internationaux, mais sont des fonctionnaires nationaux détachés par leurs Etats. On ne devrait pas pouvoir agir au nom de l'ONU si l'on reste tenu d'obéir à sa hiérarchie nationale.

En Syrie comme en Libye, certains observateurs avancent que les rebelles sont en fait des escadrons de la mort, des mercenaires étrangers. Quel constat avez-vous fait à ce propos ?

Dans les deux cas, il y a des nationaux qui participent à la lutte armée, mais ils sont minoritaires par rapport aux combattants étrangers. En Libye, des groupes issus de tribus précises se sont joints aux mercenaires étrangers pour la sécession de la Cyrénaïque. Mais ils ont refusé d'aller se battre en Tripolitaine pour renverser Kadhafi.

Il a fallu déployer les troupes d'Al Qaida, puis faire débarquer 5000 commandos incorporés dans l'armée régulière du Qatar pour mener les combats au sol. Dans les derniers jours de la Jamahiriya, la tribu des Misrata a rejoint l'Otan et elle est entrée dans Tripoli lorsque les bombardements et la bataille au sol ont cessé. Les seuls Libyens qui se sont battus de bout en bout contre le régime sont ceux d'Al Qaida et un groupe de soldats qui avaient fait défection avec le général Abdel Fatah Younes. Or, le général Younes avait été chargé dans le passé par le colonel Kadhafi de réprimer la rébellion d'Al-Qaida. C'est pourquoi ses alliés d'Al-Qaida l'ont assassiné pour se venger dès qu'ils ont pu se passer de lui.

En Syrie, il y a des insurgés, ce sont des Frères musulmans et des takfiristes. Il y a surtout des combattants étrangers qui recrutent des voyous et les payent grassement pour tuer leurs concitoyens. Le problème de l'Otan, c'est que, à la différence de la Libye, la Syrie est une nation historique. Il n'y a pas de fracture régionale comme entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine.

La seule division possible est sur une base confessionnelle, mais elle ne fonctionne pas pour le moment, bien que l'on ait assisté à quelques affrontements de ce type à Banyias et à Homs.

L'arrivée officielle des Libyens pour installer un quartier général en Turquie et intégrer des déserteurs syriens dans le dispositif parachève le tout.

Le Conseil national syrien s'est formé sous l'égide de la France à Paris. Quelle lecture peut-on faire de cet événement ? La France va-t-elle prendre les devants de la scène comme en Libye avec notamment son «émissaire» BHL, ou opter pour une autre stratégie?

D'abord, chacun voit bien que les institutions françaises sont en partie pilotées par des personnalités illégitimes, comme BHL, qui exercent des responsabilités sans droit, ni titre.

Ensuite, certains élus, comme le président Sarkozy, ne servent pas les intérêts nationaux, mais ceux du système impérial US.

Sous leur autorité, la France s'est déjà engagée dans un conflit en Côte d'ivoire qui servait les intérêts de quelques multinationales françaises, puis elle s'est engagée en Libye de manière à étendre à l'Afrique du Nord le projet néo-conservateur de remodelage du «Moyen-Orient élargi».

La France n'a plus de contentieux avec la Syrie, ainsi que l'a montré la réception du président Al-Assad à Paris, lors du sommet de la Méditerranée.

A la rigueur, on pourrait considérer que le vieux conflit des années 80 (notamment l'assassinat de l'ambassadeur français à Beyrouth) est passé par pertes et profits sans avoir été soldé, et l'on pourrait le réactiver. Mais je ne suis pas sûr du tout que, dans cette affaire, les torts français ne soient pas plus importants que ceux des Syriens. Bref, Paris n'a aucune raison d'attaquer Damas.

Nous savons tous que la vraie question est ailleurs : la domination et l'exploitation de cette région dépendent de l'alliance des Etats-Unis et d'Israël d'une part, avec la Turquie et les monarchies pétrolières d'autre part. Cette alliance se heurte à un axe de résistance comprenant le Hamas, le Liban, la Syrie, l'Irak et l'Iran, appuyés par la Russie et la Chine. Au plan régional, deux pôles se sont formés, l'un est exclusivement sunnite, l'autre est multiconfessionnel (et non pas chiite comme le prétendent les néo-conservateurs pour imposer la fitna). La France est devenue le «proxy» des Etats-Unis. Elle peut à tout moment entrer en guerre contre la Syrie. Cependant, elle n'en a pas la capacité seule, ni même avec la Grande-Bretagne. Et le sommet du 2 décembre qui devait instituer une alliance à trois avec l'Allemagne a été annulé faute d'accord au plan financier. En pleine crise de l'euro, les Européens n'ont pas les moyens de leur impérialisme.


Lire la suite, cliquer : ICI

 

Source : LA NOUVELLE REPUBLIQUE

mercredi, 28 décembre 2011

L'ENVERS D'UN «PRINTEMPS»

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La «démocratie», version «printemps», est en train de faire des siennes dans la tête de pas mal d'excités qui croyaient dur comme fer que leur heure était venue. Ils se voyaient en haut, tout en haut de la vague irrépressible qui devait balayer les gouvernants arabes et leurs assimilés. On leur avait pourtant offert plateaux télévisés et prime time. On leur avait offert le plus puissant feu d'artillerie médiatique. On a fait d'eux le «peuple en marche» et la «révolution inéluctable». Leurs chefs, ceux qui avaient droit aux forêts de micros et aux lumières des projecteurs, jubilaient et ne croyaient plus qu'au sacre.

Et puis, rien de tout ça. La «démocratie», même entre guillemets, ne figurait pas, en définitive, dans les préoccupations de la «communauté internationale». Faisant feu de tout bois, elle a choisi ce qui est au plus près de l'efficacité recherchée et qui a les capacités de capter et de catalyser les mouvements populaires aux dérives imprévisibles. Le «printemps» prend l'allure d'un cauchemar. Fidèles aux signaux des maîtres, les têtes d'affiche se sont mises à féliciter les «islamistes», qu'hier elles voulaient éradiquer.

Les courtisans, moins initiés aux coulisses, en marge des QG de manœuvres, assistent médusés à l'effondrement d'un monde qu'ils pensaient à portée de main. Leurs pires ennemis sont les vainqueurs inattendus de ce qui figurait dans leurs agendas. On peut, désormais, lire leur panique, leurs lamentations ou leur amertume à longueur d'articles.

Les médias mainstream  ne sollicitent plus leurs leaders. Ils ont été surestimés...un temps. Ils ont eu droit aux sollicitations empressées et aux honneurs. Ils ont pu vivre le tourbillon que procurent la notoriété et les feux de la rampe. Ils n'ont été qu'une éventualité, pas une certitude. Inaptes à remplir les termes du contrat, ils ont été jetés à la poubelle ou remisés, en attendant. Seuls, abandonnés de tous, ils ramassent ce qui leur reste de bon sens et tentent de se ressaisir.

Tout s'est passé si vite ! Hier, adulés ils ne sont même plus des ombres. A leur place, ce sont les islamistes qui tiennent la vedette, qui ont le vent en poupe et qui caracolent sur la scène «printanière». Chose inimaginable, il y a peu, quand il fut établi que le «changement» devait survenir hic et nunc et que le peuple ne voulait rien d'autre que leur «démocratie» aux contours et au contenu non identifiés. Quand ils pouvaient jusqu'à se permettre de menacer ceux qui ne voulaient pas de leur diktat. A leur décharge, il était difficile pour eux de ne pas se laisser prendre par le délire, médiatisé, qui a déferlé sur la région et de ne pas avoir la grosse tête devant le statut qu'on leur a offert.

Reçus partout, reconnus et honorés, la tentation submergeait la raison. Ils étaient l'avenir et Alassane Ouattara en était la démonstration, la bande de Benghazi en prime. Il suffisait d'un petit mouvement, une petite secousse, une esquisse pour Al Jazeera, France 24 et consorts, qui feraient le reste et fabriqueraient les foules qui manquent à l'appel. Il n'en a rien été et il est dur d'en revenir.

 

Badis Guettaf


Source: LE JOUR D'ALGERIE

mercredi, 24 août 2011

LIBYE: LA RESISTANCE S'ORGANISE

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Diantre !

Je suis déçu, estomaqué, scié et groggy. Je ne comprends pas les chefs d'État arabes. Encore moins les leaders africains. Comment ont-ils permis ça ? Comme le désigne si bien mon ami posteur Ric, « les bouchers de Benghazi », finiront bien par tuer leurs parrains face à l'échec qui se présente. Pacifier la Libye ne sera pas une mince affaire. Pire, si le leader Mouammar Kadhafi meurt, le pire est à venir. Vous verrez. Pauvre Libye !

Ils construisent déjà des châteaux en  Libye alors qu'ils n'ont encore rien gagné. Se répartissent déjà sans vergogne un beau pays en portion comme un gâteau: pétrole, pétrole. L'action de l'OTAN s'apparente à l'œuvre d'un pizzaïelo face à une pizza. Non, Tripoli ou Paris ne peuvent être pris comme ça, sans qu'il n'y ait riposte ou résistance. Ce qu'on nous présente comme une victoire, un coup porté au régime parce que l'ex forteresse de Bab al-Azizia serait aux mains des « bouchers de Benghazi » est un leurre.

A quoi ça sert de « prendre » un champ de ruines et crier à la victoire ? Pour petit rappel, ce haut lieu a été bombardé... 64 fois par les soldats de l'apocalypse. Excusez du peu. Les terroristes de l'OTAN ont pourtant réaffirmé, hier, que, Mouammar Kadhafi n'était pas une cible. Cherchez l'erreur ! Mais, comme je l'avais dit le 23 juin sur le plateau de Télésud, la Libye risque de se transformer en véritable chemin de croix pour les voleurs occidentaux et les renégats de Benghazi. Pourquoi ? Simplement parce que la prise de l'Elysée, par exemple, ne veut pas dire qu'on a gagné Paris ou la France.

Mouammar Kadhafi a précisé hier, que, son repli était une tactique. Les chefs des fous de Benghazi, apeuré, Moustafa Abdeldjeïl a mis en garde contre le triomphalisme de certains. Il s'adressait probablement aux prédateurs européens en ces termes: « Il est prématuré de dire que la bataille de Tripoli est terminée. Ce ne sera pas le cas tant que Kadhafi et ses fils n'auront pas été capturés. » Dites-le à des assoiffés de pétrole !

Vous connaissez la Somalie ? Vous connaissez l'Irak ? Vous connaissez l'Afghanistan ? En Libye, ça va être pire. Tout le monde est armé et le danger est partout. Vous avez vu les manifestations à la place verte de ces vendus au Kit Kat américain ? Ils se comptaient au bout des doigts. Alors,  bienvenus chers amis prédateurs, à votre tentative de vol de pétrole et de recolonisation ! Kadhafi n'est ni Ben Ali ni Moubarak.

Tripoli est encerclé. Plus de 750 terroristes ont été capturés. Il y a plus de 3000 fidèles de Mouammar Kadhafi à l'aéroport international de Tripoli, armés jusqu'aux dents. Des volontaires affluent du pays pour porter main forte au peuple libyen pour mettre en déroute ceux qui bradent leur pays pour un plat de lentilles. Il sera maintenant difficile aux coalisés racistes, de bombarder car, c'est maintenant que la vraie bataille commence. ne dit-on pas très souvent que la nuit, tous les chats sont gris ? La guerre psychologique ne prendra pas.

Haut les cœurs !


Source : Le blog d'Allain Jules

LIBYE: UN JOURNALISTE PARLE DEPUIS SON HOTEL A TRIPOLI


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Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l'hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l'hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins...

Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l'hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l'évidence ils s'étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu'ils ont brossé n'est pas celui d'une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n'ai pas pu aller plus loin... je crois que l'un d'entre eux a peut-être été tué devant l'hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l'heure qu'il est parce qu'il y a encore des snipers dans l'hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d'Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C'était une menace voilée qui m'a été adressée directement. C'est inacceptable, c'est de la censure, et c'est inacceptable.

Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s'agit de violences autour de l'hôtel où vous vous trouvez où s'agit-il de violences dans d'autres parties de la ville ? Entendez-vous d'autres violences dans d'autres parties de la ville ?

Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu'ils ont pris contact avec les rebelles et l'OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c'est ça qu'ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d'évacuation et je crois que ma vie et celle d'autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu'ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C'est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l'OTAN, parce que nous ne sommes pas d'accord avec la version donnée par l'OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu'ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d'une « responsabilité de protéger » que je n'ai jamais vue s'appliquer dans le cas de Bahreïn ou l'Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontrés ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j'étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.

Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?

Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.

Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...

Mahdi Nazemroaya : l'ambassade de Russie a dit qu'elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s'y rendre parce qu'il y a des combats autour. L'ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c'est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l'OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d'ici...

Présentateur : qu'est-ce qu'on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?

Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n'ai pas entendu de bombardements de l'OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.

Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?

Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu'un a été touché, je ne sais pas s'il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu'ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des événements qui n'est pas conforme à ce qu'ils avaient prévu.

 

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EN COMPLEMENT :


Inquiétudes au sujet de nos confrères à Tripoli.

L'OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger

Les combats autour de l'hôtel Rixos à Tripoli, empêchent les journalistes qui le veulent, de sortir. Quatre gouvernements sont maintenant impliqués dans une opération de secours destinée à protéger deux journalistes du Réseau Voltaire.

22 août 2011

Aux dernières nouvelles, ce sont quatre États qui offriraient une protection diplomatique aux deux journalistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, ouvertement menacés de mort par de prétendus "journalistes" occidentaux. Ce ne sont pas les seuls journalistes menacés. Les ambassades qui sont disposées à les protéger sont actuellement inaccessibles parce qu'encerclées par les Forces de l'OTAN.


Silvia Cattori

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

12:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde arabe, afrique, libye, mahdi nazemroaya parle depuis tripoli | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LIBYE - BAIN DE SANG: LES APACHES S'EN OCCUPENT


HELICOPTERE APACHE.jpg

Lundi 22 août, le monde ne s'est pas réveillé avec la gueule de bois, alors qu'il aurait dû. Et pour cause, finalement le bain de sang qui devait se produire à Benghazi, provoqué par l'armée libyenne, se produit à Tripoli provoqué par les bombes très démocratiques de l'Alliance atlantique.

Le matin de ce seul jour, on dénombre 1300 morts et 5000 blessés, tombés sous les coups des hélicoptères Apache, qui nettoient le parcours des supplétifs vers la  «victoire» contre des cadavres. La presse très démocratique, fidèle à sa mission, titre triomphalement, «le régime de Kadhafi s'effondre» ou encore «les heures de Kadhafi sont comptés». Une façon de dire une vérité qui évite de dire la réalité. Cette réalité têtue qui veut qu'un peuple est massacré parce qu'il se bat et qu'il refuse d'accepter l'ignominie de l'occupation. Cette réalité que retiendra l'Histoire, que fabriquent des hommes et des femmes qui ont conservé leur dignité et qu'ils défendent au prix de leur vie, contre la plus puissante organisation criminelle que le monde ait connue. Oui ! Il s'agit bien d'un crime et la naïveté la plus profonde a fini par fondre devant les faits.

Le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en «rebelles», elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l'oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu'ils n'existent pas. Inutile d'invoquer le droit à l'information, il n'est pas valable en tout temps et tout lieu. Quand les maîtres du monde en parlent, ce n'est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent.

On a pu voir comment l'un des chefs de guerre qui sévit en Libye a traité, dans son pays, les informations sur la révolte populaire. Plus de journalistes, rien que des Ouvriers spécialisés qui produisent une information industrialisée, selon les critères définis par les spécialistes du marketing. Les clients n'étant plus les téléspectateurs, les auditeurs ou les lecteurs, mais les dieux du marché. Tant pis pour ceux qui s'échinent à chercher ce qu'il y a derrière le miroir. Ces artisans qui croient que leur échoppe peut résister à l'usine.

De toute façon, ils ne seront pas assez nombreux pour faire la différence. Au besoin, ils seront muselés, comme il se fait sur Internet où des blogs réfractaires à la doxa dominante sont bloqués, mis en difficulté ou supprimés, sous un prétexte ou sous un autre. Comme s'ils pouvaient par leurs seuls écrits arrêter les tirs meurtriers, qui ne cesseront ni avec le départ de Kadhafi, ni avec l'usurpation de la souveraineté des Libyens. Car la Libye a été plongée dans la spirale bien connue de cette violence où l'oppression, imbue du droit  de la force, ne comprend pas que les opprimés ne céderont jamais leurs droits à la force. On apprécie déjà les premiers résultats de la supposée  «protection des civils», on les appréciera plus longuement, durant tout le temps où les Libyens se dresseront contre le déni qui les frappe. Sans le préjudice du chaos possible, dont les démocratisations passées ont le secret et le label.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mardi, 23 août 2011

ENTRETIEN AVEC THIERRY MEYSSAN, LE DIMANCHE 21 AOUT 2011: «C’EST L’OTAN QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL MILITAIRE, PAS LES REBELLES»

 



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Thierry Meyssan, à l'Hotel Rixos, à Tripoli

 

Par Silvia Cattori

En pleine attaque de l'OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s'entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s'exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors, que l'OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tipoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande « victoire » des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que « l'OTAN a du stopper les bombardements ». « Saïf al-Islam que l'on assurait arrêté a surgit du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.


Réseau Voltaire | 23 août 2011


Thierry Meyssan s'exprimant dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 août 2011 depuis Tripoli.


Silvia Cattori : D'ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s'effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l'hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s'effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l'appel à l'insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l'OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d'où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S'agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c'est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l'abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l'hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l'hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l'entour de l'hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n'ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n'y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L'OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu'il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l'hôtel. Cela dit on a l'électricité, l'eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l'hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d'assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C'est un périmètre qui est assez grand parce qu'il y a un parc tout autour de l'hôtel. Je pense que s'il n'y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s'il y a d'autres troupes de l'OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l'on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l'air, et qui ne paraissent pas des professionnels...

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s'agitent et qui ne sont pas militairement formées. C'est de la pure mise en scène, ce n'est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l'OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l'OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L'action ce sont les forces de l'OTAN.

C'est ainsi que cela s'est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l'OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c'est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c'est de la blague ça ! C'est l'OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C'est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c'est une ville d'un million et demi d'habitants. Qu'il y ait des cellules combattantes à l'intérieur c'est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l'encadrement par les forces l'OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l'extérieur. Les assaillants encerclent l'hôtel. Je pense qu'il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l'hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l'hôtel Rixos sont complètement paniqués. C'est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j'essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d'entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions...

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu'ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir...

Thierry Meyssan : L'Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n'est pas rentré dans le port. C'est l'OTAN qui l'empêche d'accoster. Quand l'OTAN l'autorisera l'évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l'OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l'OTAN qui sont ici au sol c'est évident que tout peut tomber rapidement...

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l'a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l'OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n'est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu'ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses... Je n'ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L'ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

 

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori


Source: RESEAU VOLTAIRE

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

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Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

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Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

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De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 août 2011

LIBYE: CONSEILS ANTI-MANIPS

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N'étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias... Ils n'ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l'essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d'un affrontement décisif, changer de méthodes ?


  1. Toute image peut être manipulée. Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l'image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n'avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames...

    Exemple : Lors de l'invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu'il n'y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s'agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l'autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?

    Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l'implication des talibans dans les attentats du 11/09.

    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes
    . Quelles preuves ?

    Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l'opposition libyenne et de l'OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ? Nous présente-t-on la version de propagande d'une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?

    La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : "Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu."


    Pourquoi libérer les libyens d'un côté et soutenir les dictatures de l'autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

Les bombardements de l'OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts. Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l'OTAN s'acharne. Les combats ont repris autour de l'hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Khadafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L'ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d'abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n'ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb, directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

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Journalistes non-menacés

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D'après des analystes interrogés par l'agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP.

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Action


Source: INVESTIG'ACTION

DE TRIPOLI, THIERRY MEYSSAN RELATE LE CARNAGE DONT IL EST TEMOIN


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Image d'archive de combat à Raz Lanouf entre les pro-Kadhafi et les insurgés, le 09 mars 2011.

 

L'offensive «Sirène», lancée samedi 20 août 2011 au soir se déroule en coordination entre le «CNT (l'organe politique de la rébellion à Benghazi)», les combattants dans et autour de Tripoli, et l'«OTAN».

 

Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’« Iftar (la rupture du jeûne de Ramadan) », l’« Alliance atlantique » et le « CNT » ont lancé l’« Opération Sirène ».

Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’« Al Qaeda » à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche 21 août 2011.

Un bateau de l’« OTAN » a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’« Al Qaeda », encadrés par des officiers de l’« Alliance » dans les combats.

Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’« OTAN » bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’« hôtel Rixos » où séjourne la presse étrangère. L’« OTAN » n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve, est assailli sous un tir nourri.

A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

L’« OTAN » avait reçu mission du « Conseil de sécurité » de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

Les Etats-Unis ont intensifié ces dernier jours leur activité aérienne autour de Tripoli en utilisant des « drones Predator » pour détecter, suivre et à l'occasion frapper les troupes du colonel. Ces raids ont détruit les infrastructures militaires du régime.

Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a été « arrêté ». il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la « CPI » pour « crimes contre l'humanité » commis en Libye.

Lundi 22 août 2011, Tripoli est entièrement entre les mains des rebelles, sauf le quartier résidentiel de Mouammar Kadhafi où se déroule actuellement de violents combats. Une foule en liesse arborant les drapeau rouge, noir et vert au couleur de la rébellion, dansant au cri de « Allah Akbar ».

Tous les analystes de l'« OTAN » prédisent la chute de Kadhafi dans quelques heures.

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 20 août 2011

LIBYE: VERS UNE PARTITION?

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Crise en Libye - La partition de la libye, une solution permettant à Seif El Islam de rester au pouvoir, serait avantageuse pour le pays. Depuis des mois, le sud-est tunisien est de plus en plus agité et instable, une situation imposée par le conflit libyen et par les puissances occidentales, soutenues par les riches pays du Golfe. Par le passé, quand la Tunisie avait prêté main-forte à l'Algérie, c'était pour soutenir sa résistance contre le colonialisme dans le cas de la Libye, c'est différent puisqu'il s'agit d'un conflit interne.


Au début de ce conflit, après quelques semaines de révolte «à la tunisienne», les Libyens ne réussissent pas à écarter Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Dans la foulée, des groupes armés de diverses fractions, formés de jeunes recrues sans formation militaire complète, entament à la hâte une offensive visant le contrôle de toutes les villes libyennes, y compris les installations pétrolières. Les forces aériennes françaises, suivies des forces anglaises et américaines se sont attribué la mission de couverture aérienne d'attaque d'objectifs terrestres.


Cependant, il semble que le but recherché de l'action de l'Otan n'est pas de renverser le régime de Kadhafi mais de mettre la main sur les puits et les vannes de pétrole et gaz libyens, comme ce fut le cas en Irak.


Quelques mois de conflit suffisent pour mettre à l'évidence la suprématie aéronavale de l'Otan, plus de la moitié du potentiel militaire de Kadhafi est détruit ou neutralisé.


La bataille terrestre est différente, les insurgés libyens bénéficiant de l'appui aérien réussissent difficilement à progresser vers Tripoli. Ils essuient de lourdes pertes en hommes et en matériels militaires face à une armée de métier libyenne entraînée. Les forces de Kadhafi repoussent les attaques terrestres, harcèlent les insurgés et sans l'appui militaire occidental, ces derniers ne seraient pas en mesure d'arriver aux confins de Tripoli.


Par ailleurs, Kadhafi et ses troupes loyales attirent la sympathie nationale libyenne et internationale par leur capacité d'agir partout en Libye avec de faibles moyens et par leur résistance à l'armada de l'Otan et aux «collaborateurs» libyens.


Le monde entier est aussi témoin de la discorde au sein des insurgés et du gouvernement provisoire qui s'avère non représentatif de tous les libyens et dénué d'autorité sur certaines fractions extrémistes qui lui échappent.


A l'heure actuelle, la situation est confuse et même si Kadhafi choisit l'exil, ou part pour une raison ou une autre, il restera du chemin à faire pour réunifier les libyens et pacifier le pays. Sachant que tout au long de son histoire, la Libye actuelle a toujours été divisée en deux provinces distinctes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine elle ne s'est unifiée que sous l'occupation italienne.


En attendant le retour de la paix, les pays limitrophes de la Libye, et particulièrement la Tunisie, devraient prendre leur mal en patience car leur économie et leur sécurité continueraient à souffrir tant que le spectre de la guerre règne sur la région.


La guerre «internationalisée» en Libye menace l'indépendance de la Tunisie et sa sécurité intérieure parce qu'elle a démarré sans étude stratégique préalable globale, voire sur un «coup de tête» du président Sarkozy. La priorité était de devancer Kadhafi pour défendre la ville «rebelle» de Benghazi.


En effet, l'Occident se soucie peu de la partition de la Libye et de tout changement éventuel dans la géographie des Etats du Maghreb, mis à part le Maroc, pour le moment.


Tout faux pas de la part des Tunisiens durant ce conflit coûterait cher et ses conséquences persisteront des générations.


Depuis le 14 janvier, tous les pays riches sont plus rigoureux avec la Tunisie et la plupart des promesses sont au stand-by.


Pour cela, le gouvernement tunisien, fragilisé depuis le 14 janvier, devrait repenser sa stratégie, la guerre civile en Libye pourrait engendrer une situation de paix et un eldorado pour toute la région du sud-est, comme elle pourrait générer d'autres conflits de faible et moyenne intensité.


Dans tous les cas, la Tunisie bénéficierait mieux d'un scénario, exceptionnel, avec la partition de la Libye en deux Etats, la Cyrénaïque et la Tripolitaine où Seif El Islam serait le chef d'Etat de cette dernière.


Ainsi, Tunis et Tripoli qui partagent plus de huit siècles d'histoire commune, sous différents royaumes, se remettraient tout de suite à réparer les dégâts et reconstruiraient deux Etats voisins modernes.


Kilani Bennasr

La Presse, le 18 août 2011


Source: AFRIQUE EN LIGNE