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mercredi, 27 mars 2013

OUEST COTE D'IVOIRE - DEPUIS SON FIEF DU MONT PEKO, AMADE OUEREMI MENACE LES FRCI: «SI VOUS ATTAQUEZ, NOUS ALLONS FRAPPER FORT»

  

AMADE OUEREMI.jpg


« Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de toute action contre nous… Si vous attaquez, nous allons frapper très fort ». Ces phrases, plus que des menaces ouvertes, mais une déclaration de guerre, selon des sources dignes de foi, sont de l’homme fort du Mont-Péko, Amadé Ouéremi, un ex-supplétif des Forces républicaine de Côte d'Ivoire (Frci) qui veut retourner ses armes contre celles-ci.
Le jeudi 21 mars, il a battu le rappel de ses « chefs de guerre » et de nombreux soldats, disséminés dans les forêts classées du Mont-Péko et de Gouin-Debé, dans le cadre de ce qui apparaît, clairement comme un « conseil de guerre ».

De fait, Amadè Ouérèmi et ses hommes qui contrôlent le parc du Mont péko, n’ont pas du tout apprécié la sortie des populations de Gohouo le 10 mars dernier lors de la visite du préfet dans cette localité. Le jeudi 21 mars, après la rencontre entre le préfet et les populations, Amadé Ouérémi, en personne, aurait convoqué tous ses hommes à une réunion dans son quartier général (Qg) basé sur les hauteurs de ce parc national.

Au cours de ce conclave toujours selon nos sources « le seigneur du mont Péko » a dénoncé le comportement des populations et ce qu’il entend faire de sa propriété. Il a d’abord comparé les propos des populations de Gohouo à un défi. « Depuis que nous sommes ici, nous n’avons jamais attaqué un seul campement, nous n’avons jamais occupé de plantations de paysans de Gohouo. Mais c’est eux qui disent aux autorités que nous les rackettons, que nous leur arrachons des campements, des plantations et que nous les traumatisons, alors que tout cela est faux », a-t-il dénoncé. Ensuite il a ajouté : « Comme c’est cainsi qu’ils veulent nous traiter, nous allons prendre des dispositions pratiques », a menacé « le milliardaire du mont Péko ». A ses hommes, Ouérèmi a tenu ce langage de guerre: « Tenez-vous prêts. S’ils veulent nous chasser, nous allons réagir sans état d’âme. Si les Frci nous attaquent, nous frapperons fort », a dit celui qui, au moyen des armes, s’est rendu « propriétaire » du mont Péko.

Par la suite, il a confié que lui et ses hommes n’avaient aucune intention de s’en prendre aux populations civiles dont ils assurent la protection depuis bientôt 10 ans face aux grands bandits qui pullulaient dans la région. « Quand nous venions ici, cette région était invivable. Nous avons pacifié cette zone et aujourd’hui, ceux qui avaient fui, viennent nous traiter comme des criminels. Nous ne partirons pas de cette forêt sans dédommagement », se serait emporté Amadé Ouérèmi. Aux autorités militaires, notamment les Frci, Ouérèmi a tenu à dires ses vérités : « Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de tout action tendant à la force. Cette forêt nous a été cédée parce que nous avons aidé à libérer ce pays. Si vous tentez de réagir, vous le regretterez car je connais votre faiblesse », a laissé entendre l’homme fort du Mont péko, sous l’effet de la colère. « Le Mont péko sera votre cimetière si vous vous aventurez ici », s’est-il voulu beaucoup plus précis. 

Après s’être vidé, Amadé Ouérèmi s’est voulu conciliant. « Je ne suis pas plus fort qu’une armée nationale. Je suis prêt à discuter avec le pouvoir pour trouver une solution humaine au problème de ce lieu », a conclu le chef des hommes armés du parc national du mont Péko.

Pour rappel, le 10 mars dernier, les populations de Bangolo, ont demandé au gouvernement de faire déguerpir le mont Péko de ses occupants indésirables. Par la voix de leur porte-parole, elles avaient menacé de chasser ces combattants qui occupent le parc depuis 12 ans. 

In le quotidien ivoirien "Soir Info".


Source: ABIDJANTV.NET

samedi, 25 août 2012

DUEKOUE - CAPITAINE OUATTARA KPOLO: «CEUX QUI SONT A L'INTERIEUR DU PARC DU MONT PEKO SONT MAJORITAIREMENT ETRANGERS»

 

CAPITAINE OUATTARA KPOLO.jpg

 

Ce que vous allez lire est totalement surréaliste. La Côte d'Ivoire est-elle encore un Etat? Y a-t-il des gouvernants sur ce lopin de terre africaine ou sommes-nous en pleine jungle où chacun peut faire impunément ce qu'il veut? Faites-vous en une opinion! Bonne lecture.


Capitaine Ouattara Kpolo (Office ivoirien des Parcs et Réserves): ''Ceux qui sont à l’intérieur du parc sont majoritairement des étrangers. Chaque semaine, deux à trois cars de transport en commun y déversent les clandestins, augmentant ainsi leur population. Si l’ on part sur la base de deux convois par semaine, on se retrouve facilement avec 600 personnes par mois.''


Comment va le secteur parc du Mont Péko, aujourd’hui ?
 
J’ai pris fonction à Duékoué en décembre 2011. En fait, j’étais déjà ici en 2008-2009 et je suis allé en formation. En ce qui concerne la conservation du parc, notre absence sur le terrain depuis 2002 a eu un impact. C’était partout la même chose. Même nos locaux étaient occupés par les militaires. Nous n’existions même plus en ville. Après la crise post-électorale, nous sommes revenus occuper nos locaux qui étaient devenus, entre-temps, les logements de certains éléments des Frci. Nous avons réhabilité partiellement un bâtiment en mars 2012. Malheureusement pour nous, on nous annonce que les Frci reviennent. On nous a dit que c’est provisoire. Mais cela nous inquiète.

Et le parc lui-même ?

Au plan technique, c’est un autre problème. C’était difficile. Le personnel que j’ai trouvé sur place n’allait pas sur le terrain. Les risques d’attaque étaient grands. Surtout qu’au niveau du parc, il y avait beaucoup d’informations qui circulaient.

Que disent ces rumeurs?
 
Il s’agit principalement de la présence d’hommes armés à l’intérieur du parc. Moi-même, après six mois de présence, je n’y suis entré qu’une seule fois.

Pourquoi, avez-vous peur aussi ?
 
J’avais été averti de la situation dès mon arrivée. Ma méthode a donc été d’approcher les populations riveraines avant de rencontrer ceux qui sont à l’intérieur du parc. Nous sortons d’une crise armée. Je ne peux pas engager, dès mon arrivée, la répression. J’ai eu des instructions fermes de ma hiérarchie dans ce sens. Je suis donc venu en tant qu’agent de développement. Localement, je me suis appuyé sur la population. Parce que les gens pensaient que les Eaux et Forêts n’allaient plus revenir et que la zone avait été déclassée. J’ai pu réussir ma mission en partie parce que les préfets et sous-préfets m’y ont aidé. Les deux tiers du parc sont dans le département de Bangolo et l’autre tiers à Duékoué. Il était question de rencontrer les infiltrés. Je leur ai adressé des convocations avec l’aide des sous-préfets de Guinglo-Taouaké, Bléni-Méhouin. Mais ces derniers ont refusé de me rencontrer.

De quelle nature est la population infiltrée ?
 
Pour nous, ce sont des paysans. Ceux d’entre eux qui m’ont répondu, m’ont demandé de prendre attache avec Amadé Ouérémi avant de les rencontrer. Or pour moi, il s’agit de personnes individuellement en infraction. C’est là que j’ai compris qu’elles sont organisées. A partir de février 2012, j’ai changé de stratégie en cherchant à rencontrer Amadé Ouérémi, en vain. Je suis passé par ces mêmes sous-préfets, sans plus de succès. Et quand j’ai voulu entrer dans le parc pour le voir directement, on m’en a dissuadé en évoquant le danger auquel je m’exposais.

Avez-vous essayé de joindre Amadé Ouérémi par téléphone ?
 
Son numéro que j’ai eu marche bien. Mais il ne décroche jamais. J’ai appris, par la suite, qu’il ne répond pas aux appels émanant de numéros qu’il ne connaît pas. J’ai donc changé de méthode encore.

En quoi faisant ?
 
Je suis passé par des gens qui lui sont proches. Notamment ses compatriotes burkinabè. On ne m’a fait que des promesses. J’ai tenté de le rencontrer par le biais du sous-préfet de Bagohouo qui m’y a envoyé à des réunions pour me présenter à la population, en vain.

Qu’avez-vous donc fait ?
 
Finalement, j’ai pris mon courage à deux mains pour pénétrer dans le parc.

Pourquoi une telle décision lourde de conséquences ?
 
J’avais une contrainte de temps du fait de la mission d’évaluation des parcs. Les experts devaient venir voir la dégradation du Péko (faune et flore). Je me suis référé au sous-préfet de Bagohouo qui m’y a encouragé. Quant au chef de ce village, il m’a dit : «Allez-y, mais, je ne peux pas vous accompagner». Il restait une semaine pour la mission. J’ai pris la voie qui mène au campement d’Amadé Ouérémi. Je suis arrivé à un corridor où des individus m’ont demandé ce que je venais faire en ce lieu.

Ces personnes étaient-elles armées ?
 
Elles étaient en civil et ne portaient aucune arme. Elles étaient une douzaine. On m’a demandé si j’avais rendez-vous avec Amadé Ouérémi. Quand j’ai répondu par la négative, on m’a demandé d’attendre. Quinze minutes après, Amadé Ouérémi est arrivé. C’était le 25 avril. Il n’était pas content que je sois entré dans la forêt.

Qu’a-t-il donné comme argument pour justifier son mécontentement ?
 
Il a demandé qui m’a autorisé à entrer dans le parc. Il m’a menacé en disant qu’il n’aime pas les Eaux et Forêts parce que c’est sa forêt. Il m’a même dit que si je suis venu chercher des histoires, il était prêt. Il a proféré des menaces de mort à mon endroit.

Que vous a-t-il dit exactement ?
 
Il a dit qu’il allait nous tuer.

Combien de personnes ont fait cette mission ?
 
Nous étions quatre. J’ai répondu à Amadé Ouérémi que j’avais mesuré le danger auquel je m’exposais. Mais, je n’étais pas là pour créer des problèmes. Il est devenu un peu froid. Je lui ai dit : « Depuis cinq mois, je n’arrive pas à vous rencontrer. Je suis le responsable du Mont Péko et je suis venu vous annoncer qu’une mission d’évaluation viendra d’Abidjan dans une semaine pour visiter le parc. C’est dans votre intérêt et le nôtre. Cette mission est diligentée par l’Etat de Côte d’Ivoire. Si vous vous y opposez, c’est comme si vous vous opposiez à l’Etat de Côte d’Ivoire ».

Quelle a été sa réaction ?
 
Il m’a dit qu’il a investi beaucoup d’argent dans le parc. Si la mission venait le lui arracher, il ne se laisserait pas faire. Qu’il doit être dédommagé.

Qu’entend-il par “ investir de l’argent dans le parc’’ ?
 
Il a fait des plantations. Je lui ai répondu: « Je suis un simple commis de l’Etat. Il faut montrer aux responsables de la mission vos investissements dans le parc. Seul l’Etat peut décider de votre sort. Si un jour, le parc est déclassé, je serai affecté ailleurs ».

A-t-il autorisé la mission des experts ?
 
Il n’était pas question d’une autorisation. Mais juste de lui annoncer une mission qui s’impose à nous tous.

Cette mission a-t-elle eu lieu ?
 
Elle a effectivement eu lieu de février à mars.

Sans accroc ?
 
Le deuxième jour de la mission, les hommes d’Amadé Ouérémi ont voulu faire de la résistance à la vue des agents en treillis dans le groupe. Ils s’en sont pris à un expert en oiseaux, il faut savoir que la particularité de ce parc est qu’il abrite une espèce rare d’oiseaux. C’est ce qui lui a permis de bénéficier d’un projet. Il fallait s’assurer que cet oiseau était encore là. Il y avait tout de même deux fausses notes.

Lesquelles ?
 
Quand les sociologues sont venus, ils ont vu les chefs des villages voisins, ils ont demandé à croiser les infiltrés. Ouérémi et ses éléments ont refusé. Vers la fin de la mission, nous étions stressés. Un dernier volet devait faire l’état des pistes qui ceinturent le parc dont l’une des vocations est le développement du tourisme. Dès que la mission est finie, il y a eu le communiqué du gouvernement qui demandait aux infiltrés de sortir des aires protégées. Amadé Ouérémi et ses hommes ont pensé que l’objet de la mission était de connaître leur position et les signaler à Abidjan.

Etiez-vous de la mission ?
 
Non. J’ai fait partir deux éléments. On me connaissait déjà, il fallait éviter que les esprits s’échauffent. Je faisais la ronde autour du parc pour alerter les autorités en cas de besoin.

La mission a-t-elle pu voir cet oiseau rare ?
 
C’est ma hiérarchie qui peut vous répondre. Je ne peux pas évoquer les conclusions d’une mission dont je ne suis pas le commanditaire.

Le parc peut-il encore être sauvé ?
 
La vocation d’un parc, ce n’est pas forcément la forêt. C’est aussi le relief, le paysage, la faune. Si on le laisse tranquille, il peut se reconstituer. Il y a des éléphants et des chimpanzés dans ce parc. Ils sont chassés. L’exploitation agricole est également très intense. Cela met le parc en péril.

Que dites-vous aux populations riveraines qui se plaignent qu’on les empêche de travailler dans le parc, alors qu’Amadé Ouérémi y est en toute tranquillité ?
 
Elles ont raison. Ce parc est préservé depuis la période coloniale. Il a un rôle très important dans la région. Aujourd’hui, on se rend compte que le fleuve Sassandra est en train de mourir. Une des causes de cette situation est la destruction du Péko qui est un de ses réservoirs. Tous les cours d’eau qui partent du Péko sont à sec. Dans les champs, les populations déforment les lits des cours d’eau.

Comment régler, selon vous, le cas d’Amadé Ouérémi ?
 
Nous nous référons à notre hiérarchie et au gouvernement. Le dossier est très sensible pour diverses raisons.

Lesquelles ?
 
Ceux qui sont à l’intérieur du parc sont majoritairement des étrangers. En tant que gestionnaire du Mont Péko, il ne m’appartient pas de mener des actions qui peuvent entraîner des troubles dans la région.

Quel est l’état réel du parc aujourd’hui ?
 
On ne peut pas vous répondre sans faire une étude du parc. Or, il est impossible de la faire. Parce que, le parc est devenu une poudrière. Chaque semaine, deux à trois cars de transport en commun y déversent les clandestins, augmentant ainsi leur population. Si l’ on part sur la base de deux convois par semaine, on se retrouve facilement avec 600 personnes par mois. Au départ, les nouveaux venus étaient des manœuvres agricoles au service des anciens. Quand ils ont des moyens, après leurs contrats, ils achètent à leur tour des parts de forêt. Ils sont bien organisés sur place.

Pourquoi ne pas passer du côté de Bangolo ?
 
Partout, on vous renvoie à Amadé Ouérémi. En fait, il y avait deux groupes au départ. A Bangolo, un certain Bakary et Ouérémi dans la zone de Duékoué. Chacun travaillait de son côté. Il y a eu conflit de compétence entre les deux quand les champs des deux groupes se sont touchés autour de 2008-2009. A la suite des affrontements, Amadé Ouérémi a pris le dessus.
 
 

Interview réalisée à Duékoué par Doua Gouly.

In le quotidien pro-gouvernemental Fraternité Matin.