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vendredi, 20 septembre 2013

MORT DE MAHAN GAHE - JUSQU'AU BOUT DE LA HAINE

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La nouvelle de la disparation du syndicaliste, fervent défenseur des travailleurs et de la légalité, continue de nous secouer. Nul ne pouvait s’imaginer que le Secrétaire Général de la Centrale Syndicale Dignité quitterait en ce jour du 16 Septembre 2013, la terre des hommes. On le savait combattif, déterminé à aller jusqu’au bout de l’espoir de voir une Côte d’Ivoire nouvelle. Mais, à l’opposé le régime était déterminé à aller jusqu’au bout de la haine. Une haine que ce régime imposé manifesta dès sa prise controversée du pouvoir d’Etat. Parmi, ceux qu’il fallait éteindre, se trouvait Mahan Gahé Basile. Et lorsque ceux qui règnent chez nous fixent leur haine sur ceux qu’ils considèrent comme les damnés de la république, ils vont jusqu’au bout.

Mahan Gahé tomba entre les mains vengeresses et brulantes du pouvoir qui, maitrisant habilement tous les rouages de la torture,  mania celle-ci avec une indicible froideur. Mahan Gahé y laissa des côtes brisées et des vertèbres cervicales cassées. Bien que physiquement diminué, le régime lui imposa un long séjour dans l’une de ses nombreuses geôles du nord. Lentement, comme un vieillard qui marche à pas pesant,  Basile s’approcha de la mort et lorsqu’il fut libéré le 22 Décembre 2012, c’est une coquille vide que le régime brandit comme un haut fait à vénérer. Mahan était déjà fini. Il essayait de s’accrocher à la vie. Mais la haine du régime était tellement forte que la maigre force qui restait au martyr, ne tint point. Le régime poussa la haine jusqu’au bout et Mahan se coucha. La cible est atteinte. Le « Général » est parti.

Pour avoir dit « Non », il a été invité à rejoindre les autres victimes du régime. Il a dit «  Non » à l’imposture, « Non » à la destruction d’un pays hospitalier attaqué par des rebelles sanguinaires une nuit de Septembre 2002. Le « Général » resta au chevet de la mère patrie, pria et se battit pacifiquement pour elle. Il s’offrit en sacrifice pour les oubliés du système abonnés aux Smig insignifiants qu’il invita à travailler lorsque vers nous, courrait le complot international. Lorsque les comploteurs fermèrent les banques pour nous affamer, posèrent un embargo sur nos médicaments pour nous voir mourir, il se trouva dans les rangs des hommes dignes, le « Général » Mahan Gahé. Pour cet engagement, le régime alla jusqu’au bout de la haine. Mahan Gahé devait être torturé, diminué physiquement et en conséquence mourir comme une flamme qui s’éteint lentement.

Parti, Mahan Gahé Basile laisse au régime d’autres morts en sursis. Et Dieu seul sait combien sont-ils à souffrir entre quatre murs. Il part, confiant à nos souvenirs ce qui est désormais une tradition: la torture, la persécution de ceux qui refusent d’accompagner, soutenir et encenser le régime. Il part avec le sentiment que les damnés de la république, tous abandonnés à la méchanceté du régime, ne devront compter que sur leurs propres forces pour faire fleurir une nation nouvelle.

Pour le conduire aux portes de l’éternité, nous ne porteront  pas son corps. La vérité est là, toute nue comme le sont les tortionnaires. Il serait inutile de forcer une porte déjà ouverte. Nous l’accompagneront avec des langues de rameaux parce qu’il fut un homme de paix. Il ira se reposer comme tous ceux qui ont combattu le bon combat.  Et nous, sur terre, notre mission sera de briser la haine que développe le régime. Toujours la tête haute et le regard fixé vers l’objectif. Nous mourrons débout !

 

Alain BOUIKALO, Juriste

jeudi, 19 septembre 2013

DECES DE MAHAN GAHE - LE TEMOIGNAGE DE NYAMIEN MESSOU N'GUESSAN, SG DU SYNARES, SG DE LA FESACI, ANCIEN MINISTRE DU TRAVAIL

 

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La nouvelle est tombée comme un couperet : Mahan Gahé est mort. Bien sûr, Mahan est un mortel mais cette mort revêt une signification toute particulière. La nouvelle a été si dure pour moi que je n'ai pas eu la force nécessaire de témoigner de son combat le même jour.

Arrêté à son domicile sous le fallacieux prétexte de cacher des armes, Mahan a été battu et conduit chez Niava Henri qui a subit le même sort que lui. Il leur a été demandé d'aller indiquer le domicile de Nyamien Messou, ce qui fut fait mais hélas, il était déjà parti.....

Je voulais juste rappeler ce qui précède pour dire que les nouveaux maîtres recherchaient tous ceux qui ont osé s'opposer au coup d'Etat depuis le 19 septembre 2002 .

En regardant les images relatives à la passation de charges entre Miaka et Affi N'Guessan, je me suis rendu compte de ce que deux personnes tenaient Mahan Gahé. Il avait besoin d'aide pour se déplacer. J'ai donc appelé un de nos camarades syndicalistes, RABET Zagou, et lui ai demandé d'aller voir Mahan dès le lendemain pour savoir comment il allait. Dès le lendemain, lorsqu'il s'est rendu au domicile de Mahan Gahé, il m'a appelé pour que je parle directement avec lui. La  voix de Mahan était à peine audible. Il a tout juste eu le temps de m'expliquer que son état de santé s'était aggravé et qu'il allait être admis a l'hôpital. Je lui ai  souhaité beaucoup de courage et lui ai rappelé qu'il avait un projet de voyage au Ghana. C'était, hélas, notre dernier entretien.

Par la suite, nous avons appris par les journaux que son tableau clinique était très sombre : 7 vertèbres cervicales et 5 côtes brisées. Après avoir passé plus de deux années en prison, il a bénéficié d'un non-lieu. Les autorités doivent tirer les conséquences de leurs actes, en commençant par le Premier ministre Ahoussou Jeannot dont les déclarations sont à l’origine de ces mauvais traitements dont Mahan Gahé a été l'objet Mahan, déclarations dans lesquelles il affirmait que Mahan a été arrêté sur le théâtre des opérations.

Que retenir du combat de Mahan?

Au plan strictement syndical, Mahan Gahé est une des figures de proue du syndicalisme ivoirien de notre temps. Son histoire se confond avec celle des travailleurs de Côte d'Ivoire. En effet, il a crée la première centrale syndicale en dehors du juron de l'UGTCI. A cette époque, il fallait du courage et de la témérité. Mahan n'en manquait pas. Il a surtout apporté au syndicalisme ivoirien une dimension nouvelle : se préoccuper davantage des ouvriers et des classes moyennes. Ainsi, de la bataille de IRHO La Mé à celle non moins épique des dockers, en passant par celle menées à la CARENA, Mahan a permis aux travailleurs d'engranger des victoires importantes. En 1990, le SYNARES, le SYNACCASCI et le SYNESCI ont conduit la lutte des travailleurs contre les plans d'ajustement structurels pour aboutir au multipartisme. Mahan a apporté la dimension secteur privé dans le nouveau paysage syndical ivoirien.

C'est lui qui a insisté auprès du Ministère du travail pour imposer véritablement le tripartisme. Il a pesé de tout son poids pour la mise en place du Conseil national du Travail dont il a assumé les charges de la vice-présidence travailleur. Nous devons associer à toutes ces victoires celui qui a été pendant une décennie Ministre en charge du travail, le Ministre OULAYE Hubert.

En septembre 2002, quand la Côte d'Ivoire est attaquée, je prends contact avec un certains nombre de responsables de la société civile ivoirienne pour expliquer que la France vient d'attaquer la Côte d'Ivoire. Il se rallie très rapidement à cette cause et organise avec nous la résistance. C'est d'ailleurs ce combat qui lui a valu son arrestation, j'en suis persuadé.

Mahan est mort, mais son œuvre sera gravée à jamais dans la mémoire collective des Ivoiriens dignes. Nous ne pourront terminer sans tirer quelques enseignements :

- La barbarie avec laquelle les FRCI ont torturé Mahan nous fait comprendre la gravité des actes que peuvent poser des gens qui sont assurés de leur impunité dès lors qu'ils agissent par procuration pour le compte des puissances occidentales.

- Les camarades élargis doivent tous faire des bilans de santé, y compris des radios pour tenir compte des bastonnades dont ils ont été victimes.

Puisse la mort de Mahan Gahé donner l'occasion aux commanditaires de toute cette barbarie de se réconcilier avec la loi.

 

Nyamien Messou Nguessan

MORT DU SYNDICALISTE IVOIRIEN MAHAN GAHE: LES VICTIMES DE DUEKOUE ACCUSENT LA FRANCE

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C’est avec émotion et douleur que nous venons d’apprendre le décès du syndicaliste ivoirien, Basile MAHAN GAHE. Surpassant comme il se doit la douleur relative à cette autre mort gratuitement et méchamment occasionnée par le régime Ouattara et ses dozos au pouvoir, les victimes de Duékoué, une fois de plus, voudraient crier leur indignation à la face de la France dont les pouvoirs se succèdent dans un faux changement car en France, seuls les intérêts comptent plus que les amis, selon De GAULLE.

Pour qui sait véritablement ce qui s’est passé ici en notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis ces douze ou treize dernières années et surtout plus récemment en Mars et Avril 2011, nous, victimes de Duékoué, disons  qu’il serait lâche, irresponsable ou imbécile de ne voir que cette rébellion avec à sa tête Ouattara, en fait de simples pantins de service, des chiens aux ordres de maîtres tapis dans les couloirs obscurs des réseaux mafieux qui ont leurs entrées chez les gouvernants français de tout bord politique. Oui, ici et maintenant, nous crions haut et fort que c’est la France qui a tué MAHAN GAHE, notre frère, notre parent comme elle fait torturer en ce moment même Simone GBAGBO, Charles BLE GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, Martial YAVO ainsi que tous ces milliers de civils et militaires qui croupissent dans les geôles de l’Attila local, simplement parce que toutes ces victimes de l’injustice de la France et de Ouattara ont fait preuve de patriotisme et ont de tout temps osé dire non à la volonté de leur soumission à un esclavage mental par la France. A l’occasion, rappelons ici la mémoire de BOGA Doudou, DAGROU Loula, DALI Oblé, TAGRO Désiré, BOHOUN Bouabré, GNAN Raymond, DIAGOU Gomont, KONE Dramane et Marcellin YACE, pour ne citer qu’eux.

Oui, peuple français, toi qui brilles tant par ton silence, ton indifférence et ton inaction face à notre douleur et à nos souffrances, c’est bien par la méchanceté de tes gouvernants successifs que nous en sommes arrivés là et souffre ici d’en avoir ici quelques détails :                                                        

- en Septembre 2002, ton ministre de la Défense, a juré la main sur le cœur, depuis le Burkina Faso, qu’aucune rébellion n’était sur le point d’attaquer la Côte d’Ivoire depuis ce pays frontalier du nôtre. Mensonge et hypocrisie de la part d’un Etat français qui avait pourtant conçu, planifié et appuyé cette rébellion qui allait déstabiliser la Côte d’Ivoire et ses institutions quelques jours plus tard.

- en Octobre 2002, la France, par une perfidie dont elle seule a le secret, a remis sur pied la rébellion et l’a réarmée, alors que l’armée ivoirienne l’avait pratiquement écrasée et boutée hors de Bouaké, la deuxième ville au centre du pays. Pour ensuite, à partir de Bouaké, consacrer la partition de notre pays au profit de la rébellion qu’elle précédait dans chaque ville et région dont les militaires français organisaient et coordonnaient la prise par leurs protégés rebelles. Il y a même eu cette scène d’horreur où des soldats français ont assisté à une scène où des rebelles et dozos ont égorgé un gendarme ivoirien, ont versé son sang dans une calebasse et ont été accompagnés dans un rituel sauvage et répugnant par ces militaires  français qui ont eux aussi  lavé leurs mains dans le sang du malheureux gendarme et s’en sont badigeonnés ensuite le corps (peuple français, vas sur google, lance ‘’gendarme égorgé par les rebelles ivoiriens à Bouaké et tu sauras).

- passons sur la table ronde de Marcoussis (Janvier 2003) près de Paris et ses inepties déshumanisantes à l’endroit du peuple ivoirien mais insistons sur les bombardements et les fusillades des jeunes patriotes ivoiriens aux mains nues à Abidjan par l’armée française sous Jacques CHIRAC en Novembre 2004 puis en 2011 sous le tristement inénarrable Nicolas SARKOZY avec la fermeture des banques pour priver les patriotes ivoiriens de leur propre argent et l’embargo sur les médicaments ‘(du jamais vu au monde), tous ces coups tordus pour chasser du pouvoir le candidat élu par notre peuple au profit d’un imposteur et fraudeur que le monde entier a fini par découvrir et par éviter, tellement ses actes sont abominables !

Or, c’était en prévention de toutes abominations, de toute cette cruauté inutile, de cette décadence humaine que la France mijotait alors que MAHAN GAHE, en patriote résolu et engagé, n’a pas pris de gant, début Octobre 2002, place de la République à Abidjan, pour accuser les multinationales, les réseaux mafieux et les colons français experts en trafics délictueux et toujours tapis dans leurs cavernes obscures pour un ésotérisme ou de plus en plus dépravant !

Comme on le voit donc, il n’est point du tout hasardeux et mal pensé de conclure que c’est la France avide de pétrole et de ressources naturelles en Côte d’Ivoire pour sa propre survie qui a tué Basile MAHAN GAHE, tuer ou faire tuer (en se barricadant derrière de faux concepts ou préjugés tels que dictature ou démocratie) relève pour les victimes que nous sommes, du même degré de responsabilité. Car à y voir de près, tous les suppliciés et prisonniers de fait de Ouattara, leurs humiliations et maltraitances à commencer par GBAGBO, son épouse, ses ministres, Geneviève BRO GREBE, Jean Jacques BECHIO ou le banquier DAKOURY, tous ces jeunes patriotes et militaires ne sont en réalité que ceux-là même qui ont dénoncé publiquement et opposé un niet catégorique au sale jeu de sodomie mentale et de spoliation de notre pays à la France, ses gouvernants et  ténébreux réseaux qui, confus et manquant de courage aujourd’hui à faire mea culpa, en pâtissent eux-mêmes gravement. Oh, honte ! Comme disait Simone GBAGBO.

Voici, peuple français, une vérité qui doit désormais t’habiter : tes gouvernants et tes réseaux ont toujours été l’alpha et l’oméga des rébellions et des coups d’Etat qui assassinent nos frères ici en Afrique en même temps que ces méthodes sauvages (est-ce bien cela la civilisation tant vantée par tes intellos ?) nous appauvrissent toujours davantage. Quand chez vous, la bourgeoisie en place, ses fétus de paille et ses mercenaires de tous ordres s’offrent tous les jours de notre sang innocent dans leurs fastes et luxures. Oh, honte !

Honneur et hommage à toi, MAHAN GAHE ! Tu n’es pas mort pour rien  car la France, à défaut d’une repentance sincère, paiera un jour pour la voracité vampirique et le racisme de ses gouvernants!

   

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 16 Septembre 2013.