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mardi, 07 août 2012

ATTAQUE DU CAMP D'AKOUEDO: LE GOUVERNEMENT S'EN PREND A L'ONUCI


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Bert Koenders, Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire, patron de l'ONUCI


Dans la nuit d’hier, des mutins se sont attaqués au camp militaire d’Akouédo dans le quartier de Cocody à Abidjan où après plusieurs échanges de tirs, ils ont réussi à occuper les lieux pendant un moment avant d’en être délogés. Cependant, dans leur retraite, ces éléments frondeurs des FRCI ont accompli la prouesse d’emporter tout l’armement qui était gardé dans la poudrière dudit camp. Les premières images diffusées prouvent clairement que les soldats qui gardaient le camp ont détalé à la vue des mutins, permettant à ceux-ci de surprendre leurs collègues en plein sommeil.

Le gouvernement ivoirien, surpris par la dureté de l’attaque, a mis du temps à s’en remettre surtout à la veille de la Fête de l’indépendance (?) qui est aussi une célébration militaire.

Ce n’est cependant pas la couardise des soldats fuyards qui provoque l’ire du gouvernement mais plutôt le fait que les soldats de l’organisation des nations unies (ONUCI) logés dans le camp n’aient pas réagit à l’attaque. Le camp d’Akouédo abrite en effet un contingent des soldats togolais en mission en Côte d’Ivoire pour le compte de l’ONU.

De sources diplomatiques, le gouvernement Ouattara s’en serait ouvertement plaint au représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders, avant de saisir les ambassadeurs de France et des Etats-Unis sur les bords de la Lagune Ebrié.

L’on se souvient cependant que le camp de refugiés de l’ethnie guéré de Nahibly à Duékoué gardé par des soldats de l’ONU avait été attaqué le 20 juillet par les Dozo et les militants du RDR faisant des dizaines de morts et plusieurs blessés par balles et armes blanches. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le gouvernement dans ce massacre avait plutôt choisi de justifier l’inertie des soldats de la paix (?).

La réforme de l’armée est l’un des grands défis du pouvoir, qui a promis de mettre en place un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants non intégrés dans les FRCI. Ce chantier s’annonce hautement sensible et coûteux.

La Côte d’Ivoire traverse une situation sécuritaire délétère depuis la crise post-électorale née du refus de Dramane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, de reconnaître sa défaite aux élections présidentielles ivoiriennes, et de son installation à la tête du pays par les armes.

Le vainqueur, Laurent Gbagbo, est détenu jusqu’à ce jour à La Haye, tandis qu’aucun membre du camp Ouattara n’a été inquiété près de deux ans après ces événements.


Source: Le blog de Steve Beko