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samedi, 28 septembre 2013

ARRETONS DE «TIRER» SUR TOUT CE QUI BOUGE

AFFI NGUESSAN 4.JPG

 

Il y a deux ans environ, lors de la première apparition de Laurent Gbagbo à La Haye, je suis littéralement tombée des nues.

En effet, après avoir lu toutes sortes d’articles sur certains blogs que nous appelons couramment «de la résistance patriotique» qui «crucifiaient» purement et simplement maître Emmanuel Altit, je m’attendais à tout sauf à le voir faire partie de la défense de Laurent Gbagbo, voir même à diriger le pool d’avocat. Durant plusieurs semaines nous avions étés abreuvés d’articles incendiaires à son sujet. Ils donnaient l’impression à ceux d’entre nous qui n’avaient jamais entendu parler de lui auparavant, qu’il s’agissait d’un opportuniste  voulant profiter de la popularité de Laurent Gbagbo pour se faire connaître ou encore se remplir les poches; surtout après l’appel lancé par lui pour soutenir financièrement la défense!

Ceux qui comme moi n’ont pas accès au «secret des dieux» et se contentent de glaner leurs informations sur le net ou auprès d’amis et de parents sont parfois sujets à la désinformation. Même si l’on prend chaque article que l’on lit avec des pincettes et cherche à vérifier tout ce que l’on lit, on tombe tout de même parfois dans le panneau.

Ce que je me demande, c’est le but et la provenance de tels articles: sont-ils planifiés pour semer la zizanie parmi nous? Sont-ils le fait de personnes écrivant de bonne foi mais n’ayant pas toutes les informations? Ou encore sont-ils le fait de personnes qui veulent se rendre intéressantes ou importantes? Ce qui est sûr le résultat est le même: doutes et incertitude s’installent parmi nous. De faux débats sont lancés par ces fausses informations comme pour nous détourner du but véritable.

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Je lisais aujourd'hui une critique à propos d’Affi N’Guessan qui n’aurait pas dû se faire recevoir par Kablan Duncan - selon cet article - au risque de faire de la pub au gouvernement Ouattara. C’est sans doute vrai qu’il leur a fait de la pub - et Dieu sait combien ils en ont besoin! -, mais si l’on suit ce raisonnement, il n’aurait pas non plus dû rencontrer les ambassadeurs de France et des Etats-Unis qui ont pris une part très active à l’installation d’Alassane Ouattara par les armes au pouvoir. Il devrait les éviter car ils ne lui veulent sans doute aucun bien. Mais comme je l’ai dit plus haut, nous ne sommes pas dans le secret des dieux et je ne m’y connait pas plus que lui. Je me contente donc d’observer les actes qu’il pose en me servant de mon bon sens. N’est-ce pas ce que nous devrions tous faire?

Pour en revenir à l’article, ce qui me dérange le plus ce sont ces quelques similitudes qu’il a avec les articles passés sur maître Altit il y a quelque mois, à savoir les insinuations. Je ne connais pas Affi N’Guessan ni les moyens financiers dont il dispose mais pourquoi est-ce à lui que l’on s’en prend? Miaka Oureto s’est bien déplacé plusieurs fois et pas seulement en Côte d'Ivoire. Pourquoi l’auteur ne se demande pas qui a lui a payé les différents billets d’avion pour la Hollande, la France etc... N’est-ce pas là un faux débat?

Pourquoi est-ce à Affi que l’on s’attaque comme c’était le cas pour maître Altit? Le but est-il de nous décourager et nous pousser par déception à abandonner la lutte? Ce serait bien possible.

Un ballon d’essai avait déjà été lancé - c’est mon avis - après la formation du bureau du FPI où un article se plaignait de la mise à l’écart des «cadres du FPI en exil». J’avais alors beaucoup aimé le commentaire d’un lecteur qui demandait que l’on se concentre sur la lutte et non sur une bataille pour les postes. C’était aussi mon avis d’autant plus que les-dits «cadres» ne s’étaient même pas plaints. Doit-on être plus royaliste que le roi?

N’avons-nous pas mieux à faire? Pourquoi ne pas nous concentrer sur cet adversaire commun qu’est le RDR qui ne lâchera pas le pouvoir de lui-même si nous le poussons par notre résistance vers la porte? Quel est le but que cache ces fausses querelles? Leur but est-il de nous détourner du véritable combat? Si ce sont des  membres de la «résistance patriotique» qui lancent de telles discussions, il  est temps der revenir à  l’essentiel et ne pas faire le jeu de l’adversaire. Mais là se trouve toute la question, ces informations viennent-elles véritablement de l’un de nous?

Dans tous les cas il serait bien de regarder devant nous et laisser derrière nous ces querelles de clocher qui ne font que le jeu de l’adversaire et qui peut-être même sont causées par lui, ce qui naturellement serait de bonne guerre

A bon entendeur salut!

 

Votre soeur, N. Coulibaly

samedi, 04 mai 2013

HOMMAGE A SIMONE GBAGBO

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Il est peu probable que nous nous rencontrions un jour, vu le fait que nous évoluions dans des sphères totalement différentes, ou que vous ayez – vu votre incarcération dans ce que certains appellent un de nos «goulags ivoiriens» – l'occasion de lire cette note mais je tenais tout de même à la  publier.

Chère Simone,

Permettez-moi d'utiliser votre prénom, sans que je ne sache vraiment pourquoi, vous ne quittez pas mes pensées depuis un bon moment. A part prier pour vous, la seconde option aurait été de vous envoyer une carte, une lettre, ou même un petit mot d'encouragement. Mais malheureusement et contrairement à votre mari, cette possibilité ne nous est pas donnée dans votre cas. Il ne me restait alors que cette dernière solution. M'adresser à vous par la voie publique, tout en sachant la probabilité pour vous de lire ces écrits très faible. Mais qu'importe... Peut-être qu´ils vous parviendront tout de même, qui sait?

Chère Simone,

Je me souviens encore de cette interview sur TV5, il y a quelque années - à l´époque je regardais encore cette chaîne - peu après la publication de votre livre «Paroles d'honneurs». Vous aviez demandé à la France d'alors, celle de Jacques Chirac, de «savoir raison garder». Malheureusement pour la Côte d'Ivoire et pour les Ivoiriens en général, les intérêts financiers ont été de tout temps plus importants que la raison. Les «grands» de ce monde ne s'embarrassent même plus de scrupules et agissent véritablement sans vergogne. Ils n'hésitent même plus au grand jour, à faire régner la loi du plus fort. Dans le passé ils prenaient au moins la peine d'habiller leurs différentes interventions du manteau «humanitaire» ou d'excuses plus ou moins plausibles. Aujourd´hui, ils s'en passent hélas et bien souvent  allègrement.

Mais je ne m'en prendrai pas à eux aujourd'hui car ce ne sont pas eux qui font le «sale boulot» mais nos propres frères. Je me demande parfois s'ils - je veux parler du pouvoir actuel et des Ivoiriens qui l'ont aidé à s'installer sous les bombes françaises et dans le sang de leurs frères - sont satisfaits du résultat final. Ce résultat qui se résume à une Côte d'Ivoire devenue méconnaissable, déchirée et exsangue. Mais cela leur importe peu, sans doute.

Mais à eux non plus, je ne voudrais pas consacrer plus de lignes aujourd´hui, car c'est à vous que je voudrais m'adresser; à vous et à vos compagnons de lutte mais aussi d'infortune. 

Chère Simone,

Je me souviens encore de ces photos de vous à Odienné, qui est malheureusement mon lieu de naissance, même si je n'en suis pas originaire, où l'on vous voyait si amaigrie, mais tout de même avec un sourire si radieux! Comme pour dire à vos tortionaires «directs» - et lointains, dans les palais d'Abidjan - qu´ils pouvaient vous brimer et vous malmener physiquement, mais que moralement et spirituellement ils n'auraient pas le dessus sur vous. Depuis que nous connaissons les conditions d'incarcération de votre mari Laurent Gbagbo, il n'est pas difficile de se faire une idée de ce que vous vivez tous. Michel, Aboudramane Sangaré, Affi N'Guessan, Genéviève Bro Grébé, Charles Blé Goudé (pour ne citer que ceux-là) et tous ces autres prisonniers politiques anonymes, en savent quelque chose. L'on a peu de nouvelles de vous et peu de blogs et de sites parlent de vous. J'espère que cela est dû au fait qu'ils n'aient  rien de nouveau à signaler, plutôt qu'au fait qu'ils vous aient oubliée...

Merci à vous tous de porter haut pour nous, assis dans nos salons douillets, le flambeau de cette lutte, qui est, à n'en pas douter, la lutte pour notre «indépendance véritable».

Celle qui nous permettra de choisir ceux que nous voulons comme chefs d'Etat.

Celle qui nous permettra de fixer nos dates d'élections sans que quelqu'un d'autre soit «intraitable» à propos de la date qu'il nous aura fixée. J'espère de tout coeur et je souhaite qu'elle aboutisse. C'est vrai qu'il est facile pour moi de vous encourager à lutter tout en demeurant en liberté, mais sachez que nous ne vous avons pas oubliée, et que nous ne ne sommes pas près de le faire. Tout comme nous n'oublions pas tous ces anonymes qui croupissent dans les geôles dramaniennes.

A tous je dirai: Ne les laissez pas avoir le dessus sur vous, tenez-bon et Allez Jusqu'Au Bout!

Que Dieu vous bénisse, Simone!

 

Une de vos «petites» soeurs ivoirienne admirant votre combat.

 

N. Coulibaly

 

NB: Je viens de lire, ce matin (vendredi 3 Mai), que vous aviez été transférée pour des soins à Abidjan. Quand j'écrivais ce texte, il y a trois jours, j'étais loin de me douter que vous alliez si mal. Que le Seigneur vous garde!

jeudi, 26 juillet 2012

MASSACRES DE DUEKOUE - UNE RESSORTISSANTE DU NORD AVERTIT SES FRERES: «LA VENGEANCE RISQUE D'ETRE TERRIBLE!»

 

 

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Je m'abstiens en général de les regarder, mais cette fois-ci, il était quasi impossible de les éviter. Aussi ai-je versé quelques larmes en voyant les images de la dernière tuerie, de Nahibly près de Duékoué. L'ouest! Oui encore lui! Région martyre qui paie très cher son soutien à Laurent Gbagbo – d'après ce qu'on dit. A moins que ce ne soit plutôt la présence de terres fertiles.

Je souffre avec cette population qui n'a même pas trouvé de protection alors qu'elle pensait trouver refuge dans ce camp de réfugiés, auprès de casques bleus sensés la protéger. Après avoir tout perdu, il ne leur restait - pour la plupart d'entre eux - que la vie. Ils viennent elle aussi de la perdre de manière brutale. Non, que dis-je? De manière barbare, car cela ressemble à une vraie boucherie.

Je n'ai pas pu regarder toutes les images tellement elles étaient brutales, horribles. Imaginez alors le sentiment de tous ceux qui les voient «en direct» et non derrière un écran d'ordinateur comme moi. La souffrance de ceux-là qui ont perdu de cette manière un père, une mère, un frère, une soeur, un oncle, une tante, etc... ou même un ami.

Est-ce cela la réconciliation? Je n'ai pas encore entendu Konan Banny. Cette barbarie l'a-t-elle rendu muet?

Les explications données par le représentant du gouvernement ne me satisfont pas: il y aurait eu des miliciens pro-Gbagbo dans ce camp?  J'ai envie de répondre: «Et puis?». N'y a-t-il plus de lois dans ce pays? Ne pouvait-on pas les arrêter au lieu d'occasionner une telle boucherie? Personne ne mérite une telle fin, fût-il «milicien  pro-Gbagbo», comme ils disent. Encore que cela reste à prouver. C'est de mon avis une bien piètre excuse. Où est passée la compassion pour ces populations qui souffrent déjà depuis trop longtemps et paient un très lourd tribut de leur soutien à Laurent Gbagbo? Même si les politiciens des autres régions leur accordent peu d´intérêt, où sont passés leurs «frères» qui  font partie de ce gouvernement? Ne peuvent-ils pas exiger qu'on les protège? Pauvre Côte d'Ivoire! On en est arrivé à ce point où la vie de ceux d'un autre bord poilitique ne semble plus avoir aucune valeur! Ces gens seraient-ils morts au combat, les armes à la main – dans un combat équitable donc – que vous ne m'auriez pas entendue. Mais je refuse de participer à cette déshumanisation de mon pays qui a lieu sous nos yeux à tous. C'est vrai  que je n'y peux pas grand-chose, mais je voudrais au moins ouvrir la bouche pour dire ma désaprobation.

Et quand je lis que ce sont les populations du Nord (encore une fois) avec l'aide de celles des pays de la sous-région qui sont responsables de ce massacre, je me pose la question: Mes frères du Nord ont-ils perdu le Nord? Je ne reconnais plus mon pays, je ne reconnais plus les gens de ma région. Mon coeur saigne pendant que j'écris ces lignes. Car si ces meurtres sont vraiment leur fait, qu'ils s'attendent à la pareille au moment où le pays sera libéré d'Alassane Ouattara et de ses complices. Je ne m'en réjouis pas – loin de là – mais c'est un fait et j'aimerais tant que quelqu'un ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard. J'ai l'impression de crier dans le désert. Ce qui semble tellement évident à un grand nombre de personnes, ne semble sauter aux yeux d'aucun des membres de ce gouvernement!!! Ils mènent ceux qu'ils sont venus «libérer» - je me demande bien de quoi - tout droit à la boucherie, sur une route pavée il est vrai des corps de toutes leurs victimes depuis 2002...

Cette question me revient toujours: Quel est le but véritable de ces tueries répétées? Et où se trouve cette «communauté internationale» instauratrice de  «démocratie » en Côte d'Ivoire, qui donnait tant de la voix du temps de Laurent Gbagbo?  Rien que des protestations timides quand ce n'est pas le silence total. De toute façon, je ne crois  que nous les intéressions vraiment, ou que nous ayons quoi que ce soit à attendre d'eux. En effet, tant qu'ils ont la mainmise sur les richesses du pays, que leur importe que nous nous entretuions ?

 

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!

 

N. Coulibaly

mercredi, 18 avril 2012

RATTRAPAGE ETHNIQUE DE OUATTARA: UNE IVOIRIENNE DU NORD TIRE LA SONNETTE D'ALARME

 

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Se rendent-ils compte des conséquences?

 

C'est vrai que l'Ivoirien moyen a, en ce moment, d'autres sujets de préoccupation (ne serait-ce que le coût très élevé de la vie) que ce que j'ai à dire, mais je ne pouvais pas rester «la bouche fermée» face à ce que je vois. Depuis le temps où j'observe l'actualité ivoirienne, mes inquiétudes ne font qu'augmenter, à tel point que j'en suis arrivée à la conclusion que l'aventure «dramanienne» risque de très mal se terminer.

J'aime vraiment la Côte d'Ivoire, sans doute de façon exagérée même, raison pour laquelle mon cœur saigne de la voir ainsi malmenée. Chaque jour qui passe ajoute à ma tristesse au travers d´informations glanées ici et là, soit sur le Net soit auprès de ma famille ou encore de mes amis. Ma plus grande peur est causée par le danger d'une explosion de la situation, d´un conflit entre ressortissants du Nord et du Sud. Je suis l'une de ceux qui sont convaincus que la situation qui prévaut en ce moment en Côte d'Ivoire ne durera pas éternellement, tellement elle hérisse une partie de la population, pas toujours membre du camp LMP comme on voudrait le faire croire. Je ne suis pas seulement triste, mais je suis inquiète et même très inquiète du traitement que l'on fait subir à certains groupes ethniques de Côte d'Ivoire sans que personne ne s'en émeuve ou n'élève la voix (du moins officiellement): agressés, battus, leurs villages détruits ou pillés, des femmes violées, leurs terres occupées contre leur gré etc...etc...Tout cela, sans compter les nombreux morts qu'il y a déjà eu.

L'exclusion des populations du Nord, au nom de laquelle les anciens rebelles devenus Forces Nouvelles et enfin FRCI et leurs chefs ont pris les armes, est plus que jamais d'actualité sous leur «règne». Sans doute se sont-ils accaparés tous les «bons» postes qu'ils croient leur revenir, mais savent-ils ce qui se passe dans le cœur des autres habitants de ce pays? De tous ceux-là qu'ils maltraitent ou exproprient selon leur bon plaisir? Pensent-ils, ces hommes ou femmes «du Nord» (et leurs complices des autres régions) qui nous dirigent, que le reste de la population ivoirienne se tait simplement parce qu'il approuve ce qu'ils font? Je souffre, je suis attristée et j'ai peur, car contrairement à eux qui pourront fuir (voyez les cadres LMP en exil), le moment venu, la population nordiste restera en grande partie sur place, exposée à la vindicte des anciens oppressés. Je ne parle pas de ceux qui sont coupables d'exactions et autres crimes à l'endroit de la population civile. Mais j'ai surtout peur pour tous ces innocents embarqués dans une aventure dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. Tous ces innocents qui ont étés abreuvés de propagande jusqu'à perdre de vue la vérité, même quand elle se présente à eux de manière têtue, et qui sont convaincus qu'ils ont étés très mal traités depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire (ce qui est faux, Ndlr). C'est maintenant que leur exclusion a véritablement lieu par la faute de leurs soi-disant «défenseurs».

Deux anecdotes racontées par un parent illustrent bien, à mon avis, la situation actuelle en Côte d'Ivoire. Elle m'ont, pour l'une, mise en colère et pour l'autre, très attristée: la première qui depuis a reçu le nom de «rattrapage», date de l'année 2011. Étant du nord (tout comme moi d'ailleurs), mon parent a une femme ressortissante du Centre; ce qui n´est pas étonnant, vu le brassage des populations en Côte d'Ivoire. Cette dernière travaillait dans une boîte (une entreprise, Ndlr), dont le chef a été remplacé - ou rattrapé, selon le cas - après le changement de l'équipe dirigeante du pays; chose à laquelle je ne trouve pas vraiment à redire, chacun «plaçant» en général ses hommes (ou ses femmes). Là où le bât blesse, c'est que non content de remplacer le personnel qualifié, on est allé même jusqu'à remplacer le petit personnel par des personnes ayant des noms à consonance... nordiste ! Au grand dam de ma «belle-soeur».

La seconde s'est passée au moment des affrontements entre les FRCI et une partie de la population à Arrah, à la mi-février. J'appelle encore une fois ce même parent qui habite la région pour lui demander s'il se porte bien, tout en espérant qu'il n'ait aucun problème. Dieu merci, c'était le cas. Mais comme je lui racontais que j'étais assez choquée que la population «civile» du nord se soit associée aux FRCI pour attaquer d'autres civils, il me sort l'autre anecdote: sa ville n'étant pas loin d'Arrah, un de ses amis, qui lui n'est pas du nord, est venu lui confier des biens de grande valeur (de un à deux millions de francs CFA), par crainte qu'ils ne tombent aux mains des FRCI. C'est le message caché dans cette démarche (le fait qu'il lui confie ces affaires) qui est en fait le plus inquiétant: craignant que les FRCI ne déferlent aussi sur ce lieu, il met tout simplement ses biens à l'abri chez... un nordiste qui lui, ne sera certainement pas inquiété en cas d'attaque des FRCI... Mon parent me dit: «Imagine que l'histoire se soit passée dans l'autre sens...». Sans commentaires!

Le drame dans tout cela, c'est que les barrières sont plus que jamais déterminées par l'appartenance régionale. Le vote pluriethnique connu sous Gbagbo ne semble plus être qu'un vieux souvenir. Car ce qu'il faut savoir, c'est que ce parent, tout comme moi, ne sommes nullement sympathisants du RDR ou encore moins de l'ancienne rébellion qui dirige actuellement la Côte d'Ivoire. Ce fait qui est pourtant connu de cet ami ne l'a pas empêché de mettre ses biens « à l'abri » chez lui. On semble donc en être arrivé à une équation aussi réductrice que dangereuse en Côte d'Ivoire: Rébellion + RDR + FRCI = Ivoirien du Nord. Est-ce cela la «solution»? Merci «ADO solutions»!

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire!

 

N. COULIBALY