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mercredi, 18 décembre 2013

IDOLATRER MANDELA ET VILIPENDER GBAGBO, QUELLE INCONGRUITE!

 

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En cette fin d’année 2013, vient de mourir une illustre personne, l’icône de la lutte contre l’Apartheid, Nelson Mandela. Dieu lui a donné de vivre 95 longues années. Ayant passé, injustement, 27 ans en prison, on peut dire qu’il a vécu seulement 68 années à cause de la méchanceté, de la voracité des hommes, particulièrement des hommes blancs qui ont manipulé une soi-disant justice pour le mettre en prison et l’éloigner de ses compatriotes. Il nous fait penser au sort de Gbagbo et à l’exploitation honteuse et mensongère de la CPI pour éloigner ce dernier définitivement du pouvoir. En quoi, dénoncer et combattre la ségrégation raciale, agir pleinement pour l’intérêt de ses concitoyens, sont-ils des crimes? 

A la vérité, l’homme blanc d’Afrique du Sud, afrikaner ou de France, néocolonialiste, est encore aujourd’hui raciste. Une preuve récente et éclatante étant la convocation à l’Elysée de tous les chefs d’état africains pour traiter des problèmes de sécurité concernant l’Afrique. Comment cette France initiatrice de toutes les guerres, rébellions et autres dérives contre la paix sur ce continent peut-elle pousser l’outrecuidance et l’hypocrisie jusqu’à se présenter comme la bienfaitrice de l’Afrique et des africains?

Cette rencontre de la Françafrique, avec le décès de ce patriote africain, a été symboliquement placée sous la Présidence de feu Mandela. Il n’y a que des adeptes de sectes ésotériques, spirites, précisément maçonniques pour confier la Présidence d’une réunion de ce type à un défunt. On comprend alors aisément, que cette réunion n’est qu’une rencontre de membres criminels de cette secte satanique des francs maçons.

Voilà un homme, autrefois, vilipendé par les occidentaux, traité de tous les mauvais noms et spécifiquement de terroriste par les leaders occidentaux dont Reagan, le Président américain et Mme Thatcher 1er Ministre de la Reine d’Angleterre, mais aujourd’hui encensé, adulé, même idolâtré, par les responsables politiques et les instruments de propagande médiatiques des grandes puissances de ce Monde. Quelle versatilité!
 
Comme du temps du séjour carcéral de Mandela, Gbagbo continue de faire l’objet d’une campagne affreusement mensongère, le présentant comme un criminel, un dictateur. Ainsi, au père de la démocratie ivoirienne, qui plusieurs fois a été jeté en prison pour ses idéaux de liberté, sont attribués les crimes perpétrés en Côte d’Ivoire par les Présidents-Criminels français Chirac et Sarkozy et leurs hommes de mains Soro et Ouattara. Ce sont eux qui ont levé une rébellion, choisi la voie de la guerre et des tueries, plutôt que celle du recomptage paisible des voix, réclamée par le Président Gbagbo. Quelle ignominie! 

Aujourd’hui, ces éloges que clament ces voraces occidentaux, ces mises en scène dignes d’excellents dramaturges visent à compatir hypocritement à la douleur des Sud-Africains et à la célébration de leur libérateur. Ils ne doivent pas faire oublier les objectifs toujours égoïstes des ces voraces occidentaux. Pourquoi donc tant de flatteries pour ce combattant des heures chaudes de l’Apartheid? Plusieurs raisons justifient ce branle-bas des hommes politiques occidentaux.

Les regrets d’une prise de conscience tardive de l’abomination que fut l’Apartheid, un système de discrimination raciale, à l’origine présenté comme un moyen de développement séparé des africains et des blancs d’Afrique du sud; il est bon de se souvenir que pendant longtemps les anglais, américains, français et autres européens ont été des soutiens inconditionnels de cette abominable discrimination raciale; ce sont ces mêmes qui supportent aujourd’hui l’odieux système proche du nazisme qu’est le rattrapage ethnique, appliqué par Ouattara. En témoignent, les enlèvements, les emprisonnements arbitraires, les exactions, les tueries massives de pro-Gbagbo.

Ces regrets ne tiennent pas au choix du soutien à ce dégradant système inhumain, mais plutôt à la manière dont il s’est fait. Ces hypocrites regrettent de n’avoir pas fait très tôt le choix d’une condamnation du bout des lèvres qui les aurait blanchis comme c’est le cas de la France dans ces actions de pyromane-pompier vis-à-vis du continent noir.

Pour corriger le tir, des négociations avec l’ANC, une organisation autrefois qualifiée de terroriste, seront imposées aux dirigeants Sud-Africains par les impérialistes occidentaux.

Le culte voué, à la pratique et dans les faits, à Mandela s’explique aussi par son maintien des avantages consentis aux Sud-Africains blancs et aux investisseurs occidentaux. Ainsi, aucune tentative de réforme agraire n’a été entreprise à ce jour comme le réussit si bien le vétéran de la guerre de libération du Zimbabwé, le Président Mugabé.

Les blancs détiennent toujours des milliers d’hectares de terres fertiles et les noirs sont parqués dans des zones arides et vivent, pour beaucoup encore, dans une situation de précarité et de pauvreté aggravée.

Ce statut-quo de préservation des intérêts financiers des blancs fait de Mandela une personne de tous les éloges. Pour ce noir étranger, ces voraces et hypocrites occidentaux mettent leurs drapeaux en berne, décrètent des jours de deuil, car il faut encourager les autres noirs sur cette voie de préservation des intérêts des Blancs. Il faut éviter que les successeurs du 1erPrésident noir d’Afrique du Sud n’utilisent la voie Mugabe de nationalisation des terres et de redistribution des richesses.

On peut comprendre que cette compromission du statut quo ante fut, sans nul doute, la principale condition de libération de cet homme qui, jusqu’au bout, serait resté fidèle à l’engagement pris lors des dernières négociations ayant abouti à sa libération.

Mandela a aussi permis aux occidentaux d’imposer à l’Afrique une échelle des valeurs purement occidentales; ainsi l’Afrique du Sud a été le premier pays africain à accepter l’homosexualité, bien avant même certains pays européens. Cet amour des occidentaux pour «Madiba» qui les a combattus de surcroit militairement peut s’expliquer aussi par des intérêts spirites communs. Ces illuminatis et francs-maçons n’aiment que leurs frères en lumière (en réalité des frères de ténèbres) et font tout pour les soutenir, les encenser et facilitent à tout prix leur promotion. Il ne serait pas surprenant d’apprendre que Mandela était un des leurs.

Dans le cas de Gbagbo son refus de se lier, après plusieurs sollicitations, à cette secte luciférienne explique bien l’acharnement et la propagande mensongère orchestrés contre sa personne.      

Aujourd’hui, les éloges de ce combattant de la liberté doivent faire comprendre aux africains, que seule la lutte paie. Avec Mandela, a pris fin la ségrégation raciale en Afrique du Sud, mais la ségrégation économique a toujours été maintenue et même prend de l’ampleur au détriment des Africains. Il faut donc continuer le combat de Gbagbo, cet autre Mandela, jusqu’à la victoire finale. Tout comme Mandela, l’emprisonnement injuste de Gbagbo par les impérialistes occidentaux et particulièrement français doit permettre à tous les africanistes vivants en Europe et en Afrique de redoubler d’effort. C’est le moment de manifester la fidélité à ce défenseur de l’autonomie, de la démocratie et de l’indépendance des pays africains: Gbagbo en prison, doit donner plus de tonus aux indépendantistes et aux autonomistes africains.

Un jour, comme Mandela aujourd’hui, Gbagbo fera l’objet d’éloges de la part, non des grands de ce monde mais plutôt des démocrates et hommes de paix, pour sa sincérité, son amour de la démocratie et de la paix. Il n’a, contrairement à Mandela, jamais utilisé la voie de la violence et même, dans une certaine mesure, a toujours préservé les intérêts français et occidentaux. Car à la vérité privilégier les intérêts africains n’est pas destructeur pour les Etats Européens. Le potentiel de richesses du continent noir étant considérable.

On ne peut donc comprendre qu’on idolâtre Mandela et qu’on vilipende Gbagbo.


NANWOULET G. Simone

vendredi, 05 octobre 2012

VISITE DU RESPONSABLE DE L’ONUCI AU GHANA - LES REFUGIES POLITIQUES IVOIRIENS DISENT TOUT A KOENDERS

 


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En visite de quelques jours au Ghana, Bert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a rencontré, ce Mercredi 3 Octobre 2012, les responsables des réfugiés politiques ivoiriens à l’International Conférence Center d’Accra au Ghana. Les réfugiés ont vidé leur cœur et sont repartis légers.


Bert Koenders est venu rencontrer les réfugiés ivoiriens vivant sous les tentes dans les camps tenus par le HCR à travers le Ghana. Cette visite commence ce jeudi 4 Octobre. Mais avant, le Mercredi 3 octobre, sur suggestion des autorités ghanéennes, il a rencontré de 14 H à 16 H, ceux des refugiés vivant à Accra après avoir rencontré dans la matinée le Président ghanéen John Dramani Mahama. 

D’entrée, Koenders a indiqué qu’il souhaitait écouter les refugiés sur les questions de la nécessité du dialogue politique et de la restauration de la paix pour faire avancer les choses en Côte d’Ivoire. Il était entouré de la responsable de la représentation de l’ONU à Accra, de l’ambassadeur du Ghana en Côte d'Ivoire, du vice-ministre ghanéen des affaires étrangères et de deux collaborateurs de l’ONUCI. 

Les responsables des réfugiés étaient tous là. Le Dr Assoa Adou et l’ensemble du Bureau de la coordination du Fpi en exil, Ben Dagbo de l’Association des réfugiés ivoiriens et de la diaspora (Arid) et un membre de son bureau. Presque tous les leaders en exil de la galaxie patriotique étaient également présents. 

Ils ont été cinq à prendre la parole. Assoa Adou pour les premiers mots, Emile Guiriéoulou pour décrire la situation calamiteuse des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Don Mello Ahoua pour les graves violations de tous les droits en Côte d’Ivoire, Ben Dagbo pour décrire à Koenders les difficultés que vivent les exilés ivoiriens dans les camps aux Ghana et enfin l’ambassadeur Raymond Koudou Kessié pour stigmatiser toute la fraude électorale grossière sur laquelle la communauté internationale a fermé les yeux pour l’avènement du pouvoir Ouattara.

Assoa Adou a indiqué pour commencer que les refugiés ont longuement hésité avant d’accepter de participer à la rencontre, craignant un autre traquenard de l’onuci après celui tendu en avril 2011 aux dirigeants du FPI à l’hôtel Pergola d’Abidjan. Des dirigeants qui, allés chercher la protection de l’ONUCI, ont été livrés par celle-ci aux forces de Ouattara et qui se sont tous retrouvés en prison au Nord du Pays. Assoa Adou a alors demandé à Koenders de dire ceci à Ouattara: Les exilés ivoiriens sont tous partisans de la paix pour retourner en Côte d’Ivoire leur pays. Aucun ne veut et ne prépare la guerre à partir du Ghana. Les réfugiés ont trois préoccupations quotidiennes: comment se loger, comment se nourrir et enfin comment se soigner en cas de maladie. Tous leurs biens étant détruits et leurs comptes sont gelés.

Personne n’est venu avec un butin de guerre, vu les conditions dans lesquelles les uns et les autres se sont retrouvés au Ghana. Aucun ne dispose donc de ressources pour préparer un coup en vue de renverser le régime Ouattara. Toute chose qui du reste ne fait pas partie de notre philosophie politique. 

Si donc Mr Ouattara veut une paix durable en Côte d’Ivoire qu’il crée les conditions qui rassurent et sécurisent les participants au dialogue, ainsi donc:

1- Qu’il libère tous les prisonniers politiques, civils et militaires;

2- Qu’il arrête les poursuites contre les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire et à travers le monde; 

3- Qu’il organise un dialogue direct avec le FPI.

Emile Guiriéoulou a d’entrée dit à Koenders que les nouvelles ne sont pas bonnes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est originaire. Il suffit aujourd’hui en Côte d’Ivoire d’être Guéré pour être considéré de fait comme un criminel. Le rôle de l’Onu n’est-il pas de dénoncer les crimes? Pourquoi l’Opération des nations unies qu’il dirige se tait sur les graves violations des droits humains qui se déroulent sous ses yeux? Quatre armées étrangères Burkinabés sont aujourd’hui installées à l’Ouest à Duékoué, Bloléquin et Taï. Personne ne s’en émeut. Leurs responsables viennent même aux cérémonies officielles. Tous ceux qui ont commis les crimes les plus graves à l’Ouest comme Ben Laden, qui était le chef rebelle de l’Ouest entre 2002 et 2003, connaissent aujourd'hui la promotion. Les tueries massives du camp de Nahibly ont même été minimisées par Koenders! J’ai le sentiment que pour l’ONU nous ne comptons pas en Côte d’Ivoire, s’est écrié Emile Guiriéoulou.

Ahoua Don Mello avec le verbe qu’on lui connait n’a pas pris de gants pour dénoncer de manière véhémente la passivité, la complicité voire la responsabilité de l’ONU dans la crise ivoirienne. Pour lui la valeur qui est à la base de la fondation de l’Onu est que les citoyens sont égaux en droit et en dignité. Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, les citoyens qualifiés de pro-Gbagbo n’ont ni droit ni dignité. Je vous demande de dire à Ouattara ceci: Des citoyens ivoiriens sans droit et sans dignité ne peuvent pas financer des coups d’Etat. La Côte d'Ivoire vit une grave injustice. Comment des gens qui depuis 2002 continuent de tuer, égorger, piller sont considérés comme des démocrates, connaissent la promotion et l’Onu ne dit rien! Par contre des gens qui depuis plus de trente ans se sont battus sans armes pour réinstaurer le multipartisme et la démocratie dans le pays, et ont travaillé à la promotion d’un Etat de droit sont pourchassés partout en Côte d’Ivoire et dans le monde. Même par des chasseurs traditionnels qui parce que justement chasseurs de profession, confondent tout: Droit de l’homme et chasse à l’homme. Et l’Onu ne dit rien. Est-ce cela la démocratie que l’Onu et la France ont voulu instaurer en Côte d’Ivoire par les bombes? On veut une réconciliation après la justice mais ceux qui rodent dans les allées du pouvoir ne sont pas moins coupables que ceux qu’on emprisonne et qu’on pourchasse. Allez dire à Ouattara que s’il veut la réconciliation alors qu’il fasse comme en Afrique du Sud. Declerk a sorti Mandela de prison. Ils se sont assis. Ils ont discuté, ont trouvé les solutions aux problèmes sud-africains et ils ont avancé. Dites donc à Ouattara de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter les poursuites, de s’assoir pour discuter de la Côte d'Ivoire pour avancer. 

Ben Dagbo au nom de l’Arid a répété qu’aucun refugié ne prépare de coup d'Etat au Ghana. Les réfugiés dans les camps du HCR ont besoin de tentes et de nourriture, exposés qu’ils sont aux morsures de serpents. Ils ont besoin de documents pour se déplacer. Il a demandé à Koenders de dire un grand merci aux ghanéens qui ont accueilli en frères tous les refugiés qui continuent aujourd’hui encore d’arriver et dont le nombre dépasse 22 000.

En réponse, Mr Koenders, dans un discours elliptique et diplomatique du fonctionnaire de Nations Unies qu’il est, a cherché à arrondir les angles. Je ne peux pas dire que vous avez raison dans tout ce que avez dit ni chercher à excuser l’ONU. Nous ne sommes pas saints, nous travaillons à trouver des solutions aux problèmes qui sont nombreux et que vous avez énoncés: foncier, démobilisation, justice équitable, sécurité… et qui ont occasionné une opération de paix en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pays aveugles nous voyons… aidez nous à renouer le dialogue et arriver à un consensus. 

Avant de lever la séance, Koenders a soulevé une question qui certainement lui tenait particulièrement à cœur: « Le Président Ouattara dit que vous ne voulez pas le reconnaitre en tant que Président de la République ». La réponse d’Assoa Adou a été incisive: nous ne reconnaissons pas Ouattara comme le président ELU de la Côte d’Ivoire mais comme celui qui a été imposé par les forces françaises et celles de l’Onu à la tête de la Côte d'Ivoire. Mais c’est lui qui occupe le fauteuil présidentiel et c’est pourquoi notre parti est allé discuter avec lui.

On a discuté avec Guéi Robert après son coup d’Etat, nous pouvons discuter aussi avec lui. Voilà.



Correspondance particulière depuis ACCRA de Yves Komenan