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mardi, 27 août 2013

GUERRE HUMANITAIRE AU MALI: AUCUNE VICTIME?

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Au cours des longues heures passées à fouiller l'hémérothèque online, jamais je n'avais vu d'intervention militaire aussi réussie que celle de la France au Mali. D'après les sources consultées, celle-ci n'a fait aucune victime civile ou innocente, tout en permettant de neutraliser des centaines de terroristes. Voyons ce qu'il en est de la seule victime que j'ai pu attester : la vérité.

 

Pour prendre la mesure de cette guerre ouverte dans le nord de l'Afrique, j'ai tenté de faire le décompte des victimes innocentes sur la base des informations publiées par les médias nationaux maliens. J'ai découvert que près de 99% d'entre elles proviennent de médias français, notamment l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France internationale (RFI).

À en croire ces sources, seuls sont morts des soldats des troupes alliées et islamistes, djihadistes ou terroristes. Les rares civils mentionnés ont été abattus par les terroristes. On ne peut que s'étonner puisque depuis le 11 janvier dernier, lorsque la France "a répondu à l'appel au secours lancé par le Malí", sa stratégie a consisté en un bombardement intensif.

Un exemple. Le 15 janvier, il est dit que 5 djihadistes ont péri dans les bombardements nocturnes intensifs de Dialbaly par l'aviation française. La veille, l'information selon laquelle les islamistes avaient attaqué ou pris le contrôle de cette localité avait fait le tour du monde, mais sans aucun chiffre quant aux victimes civiles tuées par les terroristes. Aucun chiffre non plus concernant la population de ce lieu apparemment peu peuplé, ni aucune image. L'AFP explique que les terroristes s'étaient cachés parmi la population, qu'ils avaient prise en otage. Dans ce cas, le bilan officiel de cinq terroristes et aucun civil articulé après les bombardements n'est guère crédible. Selon le témoignage d'un voisin habitant une ville située à 20 kilomètres, des islamistes qui fuyaient les bombardements dans un véhicule tout terrain ont eu un accident qui a coûté la vie à certains d'entre eux. Cinq ? Et les bombardements n'ont pas tué une seule personne ?

Le 18 janvier, l'agence de presse chinoise Xinua, à laquelle se réfère également le site Malijet, cite un haut responsable malien. D'après les estimations de celui-ci, les troupes alliées (maliennes et françaises) auraient tué "de nombreux" terroristes qui fuyaient Konna. Qui battaient en retraite ? En leur tirant dans le dos ? Ils n'ont pas fait de prisonniers ? Ne faudrait-il pas enquêter sur ce type d'actions ?

Le bilan du ministre de la Défense, fourni le 5 février, est celui qui répond le mieux à ces doutes. Il fait état de plusieurs centaines de djihadistes tombés sous les bombes dans les régions de Konna et Gao. À un journaliste qui lui a demandé s'il y avait des prisonniers, le ministre a répondu par un laconique "quelques-uns". Avant d'avoir lu la moitié du texte, on ignore s'il s'agit du ministre malien ou du ministre français, mais on découvre qu'il s'agit bel et bien du Français Jean-Yves Le Drian. Quant à l'information, elle provient de l'AFP.

Le 9 février, deux soldats maliens viennent s'ajouter à la liste, bien qu'ils n'aient pas perdu la vie au combat, mais dans l'un des nombreux affrontements internes entre bérets rouges (partisans d'Amadou Toumani Touré, le président démis destitué en 2012) et bérets verts (partisans du capitaine putschiste Amadou Sanogo).

Le 19 février, plus de 20 islamistes sont morts au cours de l'un des combats les plus durs, dans les montagnes d'Adrar des Ifoghas, après l'opération Panthère, menée par des soldats maliens et français. Un parachutiste français est également décédé – soit le deuxième au Mali, un premier ayant péri dans un accident d'hélicoptère. Selon des informations postérieures, également fournies par l'AFP, ces combats n'auraient finalement coûté la vie qu'à 15 djihadistes, qui ont été "neutralisés".

Le 3 mars, Europe 1, qui cite l'AFP et qui sera relayée par Malijet, annonce la mort d'au moins 50 islamistes, à 60 kilomètres au nord de Gao. Aucune victime parmi les alliés.

Le 27 mars, le porte-parole du ministère de la Défense malien, le lieutenant-colonel Souleeymane Maïga, trans-met à l'AFP un bilan général de 63 soldats maliens, 2 Togolais, 1 Burkinabé, 36 Tchadiens et 600 combattants, islamistes probablement. Pour expliquer ce chiffre arrondi – ce qui se fait souvent –, il avance que généralement, les islamistes emportent leurs morts pour les enterrer, comme pour souligner une particularité sordide des ces protagonistes.

On peut trouver une autre explication à cette approximation. Le 19 février, l'AFP informe, via Malíjet, que les habitants de Gao ont lynché un leader islamiste, lequel avait tué le journaliste Kader Touré, "qu'il accusait de travailler pour l'ennemi" (RFI). Le supposé lynché est en réalité Alioune Touré, chef de la "police" islamique de Gao. Mais n'allons pas trop vite en besogne et n'ajoutons pas son nom à la liste des défunts, car RFI a ensuite annoncé que Kader était vivant. Le 10 mai, Alioune Touré lui-même revendique un double attentat suicide au nord du pays, dans les villes de Ménaka et Gossi, selon RFI. Cinq personnes ont péri : quatre à Gossi et une à Ménaka, toutes des kamikazes. Apparemment, au Mali, les auteurs d'attentats suicides n'interviennent pas seuls. Ils vont par deux, par trois, voire par quatre, comme à Gossi, où l'explosion n'a pourtant fait aucune victime.

Autre terroriste revenu à la vie, le fameux Mokhtar Belmokhtar, à qui l'on impute la responsabilité des attentats avec prise d'otages à In Amenas, en Algérie, puis au Mali, où des militaires tchadiens ont assuré à la presse internationale qu'ils l'avaient tué. Une photographie du cadavre a été publiée dans le monde entier – les droits revenant à RFI, bien entendu. Or, le 24 mai, le mort-vivant, comme certains l'appellent au Mali, commet un attentat suicide… au Niger !

Difficile de croire qu'il n'y a pas eu d'autres victimes civiles hormis les 23 personnes tuées par les rebelles touaregs du MNLA (20 dans le village de Bougoumi, dans la région de Mopti, le 20 mars et 3 à Kidal, le 24 avril) et celles dont on ignore encore le nombre, qui ont perdu la vie dans les exactions commises par les soldats maliens lors de leur percée au nord, en répression contre les islamistes. D'autres que moi ont une connaissance plus approfondie et plus directe de l'histoire et de la culture du Mali. L'analyse que je mène repose sur mon expérience et sur le terrain qui m'est familier : les médias et l'information. La première chose que je mets en doute est que l'entrée de la France au Mali, le 11 janvier, ait été une réaction rapide à l'appel au secours lancé par le président Dioncounda Traoré – dont les Maliens disent que la seule et unique décision qu'il ait jamais prise était de porter une écharpe blanche et dont le régime est qualifié de système d'"ATT sans ATT". Pour accorder un certain crédit à cette version officielle, il faudrait considérer comme le fruit d'un heureux hasard le fait qu'étaient déjà positionnés au Mali des troupes françaises du premier régiment d'infanterie de la marine, un régiment de parachutistes, des hélicoptères d'opérations spéciales, trois Mirage 2000D, deux Mirage F-1, trois C135, un Hercules C130 et un Transall C160, comme l'a révélé en janvier le journaliste français Thierry Meyssan.

La France n'est intervenue que pour assurer ses intérêts économiques au Mali et dans la région. Personne n'en doute plus, pas même les Maliens, qui ont accueilli les soldats français lors de leur "entrée triomphale, en agitant des drapeaux français et en criant Merci la France !" (AFP, 16 janvier). Désormais, leurs doutes portent sur les "véritables intentions de la France" et ils s'irritent de la voir faire des concessions aux Touaregs du MNLA, qui ont gardé le contrôle de Kidal, protégés par l'Hexagone bien que les Maliens ne veulent pas envisager de leur laisser une seule région. Le conflit a tourné à la guerre de guérilla et aucune issue ne se profile. Officiellement, la région a pratiquement été libérée et la France considère qu'elle pourrait se retirer, si ce n'est que selon elle, personne au Mali n'est capable de diriger le pays. "À qui allons-nous remettre les clefs ?", s'est lamenté Pierre Lellouche à l'Assemblée nationale française, le 22 avril.

N'oublions pas le rôle des États-Unis. Dans les années 60 déjà, il était question, dans certains documents du gouvernement américain aujourd'hui déclassés, de faire pression sur les pays ("amis") européens pour les inciter à intervenir en Afrique dans la lutte pour le contrôle des matières premières, tout donnant à voir à l'opinion publique une attitude "d'observateurs préoccupés". Aujourd'hui, les États-Unis sont à nouveau bluffant dans ce rôle, mais il est désormais de notoriété publique – bien que le fait ne soit pas très médiatisé – que l'aide militaire apportée en Afrique est colossale et que sans elle, même la France n'aurait pas pu mener les guerres en Côte d'Ivoire, en Lybie et au Mali. Par exemple, quand l'OTAN s'est embourbée dans des combats contre les forces de Kadhafi en Lybie, un sous-marin américain "en observation" en Méditerranée l'USS Florida, a lancé 100 missiles de croisière contre les forces de défense aériennes de Kadhafi en une seule nuit, ouvrant ainsi un corridor par lequel la France et d'autres pays européens de l'OTAN allaient pouvoir passer pour poursuivre leur conquête de la Libye.

N'oublions pas non plus le rôle des dirigeants africains de la région, qui ont copieusement démontré leur ineptie ou leur manque d'intérêt pour les véritables problèmes des peuples. Quand enfin ils se sont réunis afin de débattre de la situation au Mali, leur principale conclusion a été qu'il fallait demander davantage d'argent. Lors de la réunion de l'ECOWAS ou CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) du 25 février, ils avaient à porté de main une aide à la guerre de 455 millions de dollars, promise par les "donateurs" internationaux en janvier. Après des débats menés immanquablement dans un hôtel de luxe, ils ont déclaré que les coûts du conflit correspondraient au double, soit au moins 950 millions de dollars, et ils se sont mis à demander publiquement des fonds supplémentaires. Ce procédé n'a plus surpris les Africains, qui en ont assez de leurs dirigeants et de leurs chers "donateurs", et qui se retrouvent criblés de dettes illégales qu'ils ne pourront jamais rembourser. Et où donc est passé l'argent demandé au nom du peuple aux "partenaires occidentaux" ? Probablement qu'il est allé grossir la dette, mais rien de tangible ni de payable.

Face aux critiques qui remettent en question ces interventions militaires, on entend souvent "Mais alors, quoi faire ? Quelle est la solution ? Ils souffraient !". Lorsque les Maliens ont appelé à l'aide, ils ne demandaient certainement pas que leurs villes et leurs villages soient bombardés. Les Européens qui souhaitons aider les Maliens, peut-être devrions-nous regarder de plus près en quoi consiste l'aide fournie par nos gouvernements et payée par nos impôts : des bombardements intensifs. Est-ce là le soutien que nous souhaitons apporter ? Cette méthode a-t-elle jamais aidé quelqu'un ? Répond-elle à ce qui était demandé ? Cette militarisation occidentale a-t-elle amélioré la situation des Maliens ?

Difficile de répondre à ces questions dans un contexte où l'information sur la réalité de la guerre au Mali est manipulée et tronquée par les "intervenants" eux-mêmes. Comment pouvons-nous avaler une version des faits totalement extravagante, irresponsable et fausse ? Dans un article d'une grande dureté intitulé "Le naufrage et l'offense. Le Mali à rendre aux Maliens", la Malienne Aminata Traoré l'explique par "le credo de Margaret Thatcher -There Is No Alternative (TINA)". Les médias nous l'ont prêché et rabâché, tant et si bien que nous croyons désormais qu'il n'y a effectivement pas d'autre solution que de bombarder les populations pour les aider.

 

Traduction : Collectif Investig'Action

In RevistasPueblos

 

Source: MICHELCOLLON.INFO

dimanche, 28 mars 2010

LA GRANDE ESCROQUERIE QUI EST LA VRAIE CAUSE DE LA GUERRE EN COTE D'IVOIRE

 

 

LE GENERAL DE GAULLE.jpg

 

C'est écrit dans les accords de coopération franco-ivoiriens! L'ivoirien Laurent Gbagbo a eu le culot de le remettre en cause et de s'engager dans un multilatéralisme tous azimuts.

 

 

 

I- TRANSFERT DE COMPETENCES SANS INDEPENDANCE

 

L'Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté à la République de Côte d'Ivoire.

Le gouvernement de la République de Côte d'Ivoire d'une part,
Le gouvernement de la République française d'autre part, ont convenu de ce qui suit :

Article premier - La République de Côte d'Ivoire accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la communauté.

Art .2 - Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 Octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République de Côte d'Ivoire, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite constitution.

 

Fait à Paris, le 11 Juillet 1960

Félix Houphouët-Boigny

Michel DEBRE

 

DE GAULLE-HOUPHOUET BOIGNY. 1958.jpg

 

 

II -TOUTES LES RICHESSES RESERVEES A LA FRANCE

 

ANNEXE A l'accord de Défense entre la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey, la République Française et la République du Niger concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques.

Afin de garantir leurs intérêts mutuels en matière de Défense, les parties contractantes décident de coopérer dans le domaine des matériaux de Défense dans les conditions définies ci-après:

Article premier : Les matières premières et produits classés stratégiques comprennent :
- Première catégorie : les hydrocarbures liquides ou gazeux ;
- Deuxième catégorie : l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, leurs minerais et composés.
Cette liste pourra être modifiée d'un commun accord, compte tenu des circonstances.

Article 2 : La République Française informe régulièrement la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger de la politique qu'elle est appelée à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, compte tenu des besoins généraux de la Défense, de l'évolution des ressources et la situation du marché mondial.

Article 3 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger informent la République Française de la politique qu'elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu'elles se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique.

Article 4 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays.

Article 5 : La République Française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exportation hors du territoire de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger des matières premières et des produits stratégiques de deuxième catégorie énumérés à l'article premier.

En ce qui concerne ces mêmes matières et produits, la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger, pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République Française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle.

Article 6 : Les Gouvernements procèdent, sur les problèmes qui font l'objet de la présente annexe, à toutes consultations nécessaires.

FELIX HOUPHOUET-BOIGNY.jpg

Fait à Paris, le 24 avril 1961

 

Félix HOUPHOUET-BOIGNY

Hubert MAGA

Michel DEBRE

Hamani DIORI

 

Source: Patrick Eric Mampouya.com,

Tiré de l'article: Lu, vu et entendu pour vous...

Illustration photo et texte du chapeau: Fernand Dindé.

jeudi, 04 mars 2010

NIGER: LES GAGNANTS DU COUP D'ETAT

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Par D. Anza

(LE TEMOIN du 24 au 28 février 2010)

 

 

Sarkozy prévoyait de dépêcher à Niamey soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja par rapport à sa politique minière. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène…

 

Le putsch du 18 février dernier qui a raccourci l’espérance de vie de Tazartche à moins de 60 jours fait l’affaire de plusieurs groupes d’intérêts, les uns plusieurs fois plus importants que les autres.

 

Le premier intérêt gagnant est sans aucun doute la France, la patrie d’Areva. Comme tous les Nigériens le savent, le puissant groupe nucléaire français n’a jamais pardonné à l’ancien Président de la République sa politique minière courageuse. Une politique qui mettait en cause tous les accords contraires aux intérêts du Niger signés entre l’ancêtre d’Areva et les anciens régimes non nationalistes qu’avait connus notre pays. Et comme la fille aînée de l’Eglise est veinarde, chaque fois que ses intérêts sont menacés dans ses anciennes colonies, la source de cette menace se trouve, comme par hasard, éradiquée. En 1974, le Président Diori Hamani avait clairement manifesté son intention de revoir en faveur du Niger les accords miniers qui nous liaient à la France. Il voulait arracher un prix juste à la COGEMA pour faire face à la crise alimentaire et économique qui menaçait notre pays. Il refusait d’accepter que les Nigériens ne puissent pas jouir du don que le Dieu leur a fait. C’était là une offense contre la toute puissance France. La suite on l’a connaît. Trente trois ans plus tard, en 2007, le Président Tandja a fait sienne la doctrine de Diori. Le secteur minier fut diversifié au profit du Niger. Plusieurs opérateurs de divers pays obtinrent de permis de recherche de minerais et d’hydrocarbures.

 

Pour la première fois de son histoire, le Niger procéda à sa première vente directe de l’or jaune, après que Tandja eût courageusement imposé à Areva la révision des accords alors même que le contrat n’était pas arrivé à terme. Tous les Nigériens s’étaient sentis fiers. Mais la France était en colère ; très en colère. Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France Et comme tout cela ne suffisait pas, et face au regain d’intérêt que suscite l’uranium, le Président Tandja tenta d’aller encore plus loin en fin 2009.

 

D’abord il fait savoir à Areva que les prochaines négociations prévues à Paris en 2010 doivent consacrer la hausse de la quotte part que le Niger peut vendre sur le marché international. Surtout que le premier acheteur de la vente directe par le Niger de son uranium, à savoir les Etats Unis, avaient, par leur voix la plus autorisée, celle de Barack Obama, déclaré qu’ils construiront trente quatre nouvelles centrales nucléaires. Ce qui devrait être une bonne aubaine pour le Niger, mais un manque à gagner pour Areva. Ensuite, le Président Tandja avait demandé à Areva de mettre à l’écart son projet de la mise en place de la «plateforme», une supra structure qui coifferait la SOMAIR, la COMINAK et IMOURAMEN. La « plateforme », une appellation à connotation mafieuse, vise essentiellement à remettre en cause le niveau de contrôle des cadres nigériens. Cette plateforme qui sera dirigée par des Français, centralisera à son niveau toutes les informations nécessaires à un contrôle (comptabilité, achat, exploitation, etc.). Le Niger ne verrait que du rouge. Tandja a dit non. Et ces sont ses deux décisions majeures que le Premier Gamatie devrait défendre à Paris s’il n’y avait pas eu l’intervention de l’Armée. En plus, il faut ajouter que la France n’avait pas du tout aimé la volonté de rapprochement entre le Niger et l’Iran. D’ailleurs, Sarkozy prévoyait de dépêcher, en mars prochain, soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène. Comme on peut le constater, à tout point de vue, Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France dont la production énergétique dépend à plus de 70% de l’uranium nigérien.

 

D’ailleurs, en 2007, beaucoup d’hommes politiques nigériens avaient prédit que Tandja ne finirait pas son deuxième mandat tant qu’il continuerait sa politique à la Chavez. Ainsi, même si la France a publié un communiqué condamnant le putsch, il faut tout simplement voir en cela des larmes de crocodiles. Anne LOVERGEON a dû certainement sauté un champagne en compagnie de quelques proches de Sarkozy. L’Occident ne veut pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium.

 

Après la France, la mise à l’écart de Tandja profite aux leaders des principaux partis de l’Opposition à savoir le PNDS, la CDS et le Lumana. Eux qui avaient vu leurs rêves de lui succéder se transformer en cauchemar. Leurs intérêts coïncidant avec ceux de la France, ils ont conduit celle-ci à faire pression sur la CEDEAO pour faire de Tandja un hors la loi devant la communauté internationale. Une communauté internationale composée uniquement des voix des grandes puissances et dont les intérêts ne peuvent jamais coïncider avec ceux des pays pauvres mais toujours avec ceux des quelques hommes de mains au sommet des Etats.

 

Et si les patrons politiques de la CFDR ont abandonné le combat de la légitimité pour celle de la légalité, c’est parce qu’ils savaient qu’ils auraient des oreilles attentives en Occident qui ne voulait pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium. L’ennemi de ton ennemi étant ton ami…

 

Enfin, le troisième gagnant est la CEDEAO. Cette organisation sous régionale, animée pour l’essentiel par des non et des mal élus, a voulu se donner une nouvelle image, suite au discours d’Obama à Accra, en acceptant plus un autre «mauvais démocrate» de plus. Ainsi, sans se fatiguer, la CEDEAO voit son problème résolu. Du reste, tous ses gagnants ne le sont que manière virtuelle pour l’instant. A écouter les responsables de la junte, tout laisse croire qu’ils sont pleinement conscients de là où se trouve les intérêts du Niger. Et, ils ne semblent pas être des personnes qui vont succomber aux chants des sirènes venus d’ailleurs. Leur jeunesse et par conséquence leur manque d’expériences des combines politiques et mafieuses sont des gages d’une Transition qui se ferait dans la sauvegarde des intérêts du Niger. Nous attendons d’eux d’être intransigeants par rapport à tout ce qui peut remettre en cause les actes patriotiques posés par leur frère d’arme Tandja Mamadou et notamment lors des prochaines négociations avec Areva. Il ne faudrait pas que la France, profite de leur manque de légitimité et de légalité pour leur imposer retour à la situation d’avant 2007.

lundi, 22 février 2010

LE DESTIN DES "HOMMES PROVIDENTIELS"

MAMADOU TANDJA.gif

La communauté internationale a condamné, presqu'à l'unanimité, le coup d'Etat de jeudi dernier qui a renversé le régime de Mamadou Tandja. Mais elle a condamné… du bout des lèvres, presqu'en s'excusant et tout juste pour préserver une " position de principe ". Parce que, pour une fois, tout le monde aurait souhaité applaudir des deux mains devant ce qui était devenue la seule issue pour régler une crise politique nigérienne que le chef d'Etat désormais déchu a réussi à complexifier en voulant satisfaire son égo personnel et les calculs de ses courtisans. " Le prix de l'entêtement ", titrions-nous vendredi dernier, au lendemain du coup de force ayant écarté du pouvoir Mamadou Tandja. Comment ne pas le rappeler pour indiquer que ce militaire sans histoires, élevé au rang de chef de la junte qui renverse Ibrahim Barré Mainassara en 1999, aurait pu rentrer dans l'Histoire si, au terme de deux mandats présidentiels au cours desquels il a contribué à la modernisation du pays, il avait entrepris de reformer les institutions pour passer la main à une nouvelle génération d'hommes politiques ?

L'ivresse du pouvoir doit avoir des effets pervers particulièrement en Afrique. Et Mamadou Tandja n'y a pas échappé qui, se couvrant derrière la " demande populaire " et malgré les réprobations de la classe politique, y compris d'une grande majorité issue de ses propres rangs, a entrepris un référendum suicidaire, après avoir mis entre parenthèses les institutions de la République comme l'Assemblée nationale ou le Conseil constitutionnel.
Or, nous le relevions déjà lundi le 29 décembre 2008, au lendemain du coup d'Etat en Guinée ayant consacré l'arrivée au pouvoir de Moussa Dadis Camara, " L'inévitable déliquescence d'un pouvoir qui dure, qui ne vit que de durer, de s'imposer à son peuple par la force et la corruption, est un terreau au chaos, une proie pour les "aventuriers" en tenue et en armes, qui pourraient bien devenir les "sauveurs" de la République. " Nous ajoutions même que " Personne n'est plus là avec vous quand la fin s'annonce inexorablement.

Tous sont dans l'attitude du Machiavel des Discours, sur la Première Décade de Tite Live : "Il faut être assez loin du Prince pour ne pas être emporté par sa chute ; mais assez proche pour être à portée de profiter de ses débris. " Toujours dans ce même éditorial, nous indiquions : " Plus on est âgé et usé par le pouvoir, plus on s'estime vigoureux et capable d'action. Alors on modifie (pour faire beau et ne pas dire "tripatouille") les Lois fondamentales bénéfiquement limitatrices de mandats présidentiels ; on s'impose à l'occasion de scrutins aussi fantaisistes que folkloriques. On règne avec des coteries toujours plus refermées, brutales et paranoïaques à mesure que la légitimité du pouvoir se fragilise. Même ceux qui sont chrétiens oublient, ostensiblement, l'enseignement du Psaumes 90, verset 10 : " Les jours de nos années s'élèvent à 70 ans. Et pour les plus robustes, jusqu'à 80 ans. " Une telle durée ne participe plus de la stabilité positive, mais de la fragilisation du système de gouvernance, articulé non pas sur des institutions garantes de l'avenir, mais sur l'allégeance à un individu distributeur de situations de rente.

Cette durée n'est plus un ferment de progrès, mais le signe d'une décrépitude. Avoir le sens patriotique, aimer assez son peuple pour lui éviter le pire, c'est savoir passer la main à de nouveaux acteurs, à de nouvelles générations et à ne pas se prendre pour indispensable. "
On avait cru que le coup d'Etat de Guinée à Noël 2008 était une alerte et un motif d'espoir pour l'Afrique. Avant que Dadis Camara ne plonge le pays dans la mégalomanie et le ridicule. Le coup d'Etat du Niger de jeudi dernier est une autre étape dans les motifs d'espoir, à condition que le nouvel homme fort de Niamey soit plus proche de Sekouba Traoré et d'un Moussa Dadis Camara. Qu'il comprenne qu'il est venu écrire un pan de l'Histoire, et que ce n'est pas lui qui fera l'Histoire.

Evoquant jeudi dernier à l'Ecole supérieure des sciences et techniques de l'Information et de la Communication, Esstic comme un signe prémonitoire- les relations entre le pouvoir politique et les médias, Charly Gabriel Mbock, chercheur et homme politique connu, évoquait une nécessaire politique du consensus à travers le respect de la vie, politique qui devait permettre à un groupe d'individus, autour de 49% de la population ayant perdu une élection, de se soumettre au verdict des urnes et de la majorité, mais aussi à cette majorité de considérer que, en gouvernant sur un pays où 49% des populations avait voté contre lui, il devait forcément en tenir compte dans ses politiques publiques.

Mais comment cela peut-il être possible lorsque le pouvoir en question a été élu non pas à 51% des suffrages exprimés, mais à moins de 30% des suffrages réels -en marge de tous les tripatouillages- et que ce même pouvoir évoque sans cesse une adhésion populaire superficielle pour imposer un diktat aux populations sans cesse paupérisées ? Mamadou Tandja doit y méditer en ce moment : ici comme ailleurs, il faut éviter le piège de l'homme providentiel qui, arrivé au pouvoir par un concours de circonstances, devient un surhomme qui sait tout et ne se trompe jamais. La vie ne s'est pas arrêtée au Niger la semaine dernière. Parce que " les cimetières sont peuplés de gens qui se croyaient indispensables ".


Par Alain B. Batongué

Source: MUTATIONS. Le 22 février 2010

 

MAMADOU TANDJA. NIGER.jpg

 NIGER-PUTSCH :

Cap sur l’organisation d’élections libres et transparentes

Le vœu est clairement exprimé tant par l’opposition politique sur place, qui ne cesse d’organiser de manifestations de soutien aux nouveaux maîtres du pays, que par les dirigeants sous régionaux de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO, dont une délégation a été reçue à Niamey le samedi 20 février dernier, par le chef de la junte au pouvoir, le capitaine d’escadron, Salou Djibola, qui a rassuré  ses interlocuteurs de sa volonté et de celle de ses frères d’arme, de ne pas s’éterniser au pouvoir, mais de tracer durant leur présence aux affaires, les grands axes d’un environnement devant conduire à la remise sur les rails du processus démocratique au Niger.


L’arrivée des militaires putschistes aux affaires, est fortement saluée par la société civile et l’opposition, dont les invitations à la retenue en direction du président déchu, Mamadou Tandja, se sont révélées vaines. Ce dernier ayant opté  contre l’avis de tous, pour une modification controversée de la constitution en vue de se maintenir au pouvoir, ce, au delà de la fin de son deuxième et en principe dernier mandat à la tête du pays, achevé depuis fin décembre 2009, selon la loi fondamentale d’avant constitution controversée.


En plus de cette entorse à la loi fondamentale, Mamadou Tandja, paierait pour son jeu flou dans le deal à l’international de l’uranium très convoité de son pays. Car après des assurances données à la France, Tandja a finalement essayé de revisiter unilatéralement sa copie, proposant le marché de l’uranium nigérien à d’autres partenaires, à l’exemple de la Chine notamment. Un jeu d’équilibriste, qui n’est pas forcément innocent dans cet avenir politique de Mamadou Tandja qui s’écrit plus que jamais en pointillé.

 

 

Source: MAZLECK.INFO. Le 20 février 2010

 

20:32 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Niger | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, niger, mamadou tandja, coup d'état au niger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |