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mardi, 10 juillet 2018

LA RUSSIE POUSSE L'OCCIDENT HORS DE L'AFRIQUE SANS COMBAT

 

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La Russie est de retour en Afrique noire, mais contrairement à l’URSS pendant la guerre froide, elle n’a pas l’intention d’attaquer de front l’influence occidentale sur le continent.

Par Evgeny Krutikov

 

La République centrafricaine « est tenue par les mercenaires russes ». Le Mozambique « relance » les relations avec la Russie et réfléchit à la liste des armes qu’il veut recevoir. La République démocratique du Congo suggère à la Russie de « s’engager » dans la coopération militaire. Ailleurs, des négociations sur la construction d’une base militaire russe à Djibouti sont en cours.

Ce ne sont pas des manchettes paranoïaques de la BBC ou de CNN. C’est la réalité des deux derniers mois. Ce n’est pas aussi proche de nous que, disons, les événements de Kiev, et cela reste quelque part à la périphérie de nos préoccupations. Mais nos partenaires américains et européens sont déjà sérieusement troublés par l' »invasion russe » de l’Afrique noire qui, en termes de couverture géographique, dépasse déjà les temps mémorables du pic de l’influence soviétique. Et cela se construit sur un principe complètement différent.

L’Occident a commencé à devenir très nerveux après le 30 mars, lors de la célébration du deuxième anniversaire de l’élection à la présidence de Faustin-Archange Touadéra (au stade de la capitale Bangui) en République centrafricaine (RCA). Le Président est arrivé dans un stade qui avait été construit par les Français, accompagné d’une protection d’une blancheur suspecte, vêtue de tenues de camouflage sans insignes. Officiellement, la protection de tels événements devait être assurée par les Rwandais appartenant à ce qui restait des forces de maintien de la paix de l’ONU en RCA. Mais une semaine auparavant, des Blancs bien armés et bien organisés ont remplacé les patrouilles rwandaises dans les rues de la ville.

Il est vite devenu clair que les gardes de sécurité blancs contrôlaient complètement l’administration présidentielle, le garage du Président et les véhicules blindés, et avaient un accès illimité à ses déplacements et aux personnages clés de son entourage. Des patrouilles de Blancs sont apparues dans les rues de Bangui, et des conseillers d’apparence européenne ont été remarqués dans les unités militaires de la RCA, et pas seulement dans la capitale. Les Français, préoccupés par leur responsabilité historique à l’égard de leurs anciennes colonies, ont commencé à faire retentir la sonnette d’alarme. Et le président Touadéra a fini par tout expliquer.

Son administration a officiellement indiqué qu’il existe désormais « un groupe de forces spéciales russes pour renforcer la sécurité du Président ». Un nouveau poste est apparu dans la structure de l’administration présidentielle – un « directeur de la sécurité » parmi les officiers russes qui est également responsable du travail du « groupe de gardes du corps ». Les Français affirment que ce même officier est aussi  » un intermédiaire clé pour les contacts entre la RCA et la Russie dans le domaine de la défense et de l’économie « .

Déjà le 31 mars, le Président Touadéra a accueilli un défilé des troupes de la première compagnie (200 personnes) de l’armée centrafricaine, qui a été complètement réarmée avec des armes russes, habillé en tenue de camouflage russe, et ce sont également des Russes qui ont commandé le défilé. En général, l’accord sur la modernisation de l’armée de la RCA par la Russie a été conclu en octobre de l’année dernière à Sotchi, où Touadéra s’était rendu. Il avait d’abord demandé de préparer deux bataillons (1 500 personnes) avec des armes de tir, des lance-grenades et des véhicules blindés. A cette fin, il était nécessaire de lever les restrictions de l’ONU sur les livraisons d’armes à la RCA. Un mois plus tard, l’ONU acceptait de lever partiellement ces restrictions pour Moscou, et le 26 janvier, le premier avion de transport militaire Il-76 atterrissait à Bangui.

Les Américains ont été particulièrement mécontents que le Président Touadéra ait ordonné de remettre aux « Russes » les voitures Ford d’état-major que le Pentagone avait précédemment livrées à la RCA comme aide militaire. 1,5 million de dollars sont passés aux mains des Russes, qui  » circulent sans vergogne  » dans ces  » Fords  » à Bangui. Touadéra a ensuite remis le « Palais de Berengo » – l’ancienne résidence du célèbre dictateur Bokassa, abandonnée dans la banlieue de Bangui – aux conseillers militaires russes pour leur logement et en tant que QG.

« On ne peut rien faire. Les Russes attendent une réaction de l’Amérique. De plus, ils utilisent des méthodes que nous n’utilisons pas « , a déclaré un diplomate français anonyme en RCA. « Ils corrompent impudemment tous ceux qui ouvrent leurs portes devant eux ».

 (C’est le comble ! Historiquement, la France ne vivait en RCA que de pots-de-vin – et ces pots-de-vin ont été donnés et pris dans les deux sens. Les Français, soit dit en passant, ont essayé de faire en sorte que leur protégée, la mairesse de Bangui, Catherine Samba-Panzala, devienne la Présidente du pays. Mais en février 2016, le recteur de l’université locale Faustin-Archange Touadéra remporte une victoire décisive aux élections présidentielles, et les Français commencent à partir progressivement vers le Gabon et le Mali).

L’une des principales plaintes des résidents locaux au sujet des parachutistes français concernait leur inutilité complète. Ils ont rapidement pris sous leur contrôle les mines d’uranium diamantifères qui restaient encore formellement dans la concession française, et n’ont rien fait dans les rues de Bangui. Ils ont même commencé à être accusés d’aider au génocide, comparant ce qui s’est passé à Bangui au Rwanda des années auparavant. Et c’est là que « ces Russes » sont apparus.

Jusqu’à présent, il n’y a pas de données sur qui contrôle maintenant les mines de diamants et d’uranium en exploitation. Habituellement, cela se produit plutôt rapidement et sans effusion de sang. Une autre chose est que le contrôle physique des champs et des mines ne signifie pas la transition légale de la propriété. Pour le président Touadéra, l’efficacité des actions du contingent invité à protéger les frontières, à éliminer la menace des groupes musulmans, et le rétablissement définitif de la sécurité sur tout le territoire du pays – à commencer par la capitale – sont plus importants. Et si les Français n’ont pas été capables d’y faire face, alors pourquoi les Russes n’essaieraient-ils pas ?

Mais le récent accord russe avec le Mozambique est resté moins remarqué par les médias occidentaux. Au début, les ministres de la Défense de la Fédération de Russie et du Mozambique ont signé un accord sur l’entrée gratuite des navires de guerre russes dans les ports du Mozambique. En vertu de cet accord, les navires de guerre russes peuvent s’arrêter dans les ports mozambicains selon le schéma simplifié de service et de ravitaillement, qui fait de ce pays sud-africain pratiquement une base de la marine russe. Ce n’est pas, bien sûr, une base à part entière comme l’est celle de Tartous en Syrie, mais ce n’en est pas loin.

Puis (le 22 décembre 2015) un contrat complet de coopération militaro-technique assurant la livraison au Mozambique d’armements russes, d’équipements, ainsi que la formation du personnel a été signé. Et le 28 mai 2018, le ministre des Affaires étrangères du Mozambique, José Pacheco, a déclaré que la nomenclature de ces livraisons était en cours de discussion. « Cet accord dans le domaine militaire fait partie du processus général de lancement des relations bilatérales entre le Mozambique et la Russie », a-t-il noté. « Parmi les priorités figurent la formation et la livraison de différents équipements ». « Nous sommes en train de discuter avec la Russie de questions techniques pour définir exactement ce dont le Mozambique a besoin et comment financer ces achats ».

Le fait que cela se produise dans un pays où il n’y avait même pas de présence soviétique, malgré les tentatives continues de l’URSS pour s’enraciner dans la région de l’Afrique centrale – la République démocratique du Congo – est devenu une percée inattendue. La convention sur la coopération militaire entre Moscou et Kinshasa a été signée en 1999, mais était resté « dans les tiroirs » pour des raisons politiques (l’accord n’est pas entré en vigueur à cause de la position pro-occidentale du gouvernement du Congo).

Et le 27 mai de cette année, la convention a été relancée. Les livraisons d’armes, d’équipements et d’autres équipements spécifiques russes sont incluses dans le nouvel accord. En outre, la présence de conseillers russes et la formation d’experts militaires du Congo en Russie sont prévues. « Aujourd’hui nous sommes dans un nouveau paradigme, dans une impasse avec l’Occident, et puisque la Russie s’intéresse à l’Afrique, nous voyons sa présence en RCA, nous » mettons à neuf « un ancien document », a déclaré un politicien congolais.

Une autre ligne de négociations a lieu avec le Sud-Soudan, pays producteur de pétrole, qui a un besoin urgent de véhicules blindés et d’artillerie lourde, et Djibouti, qui vend en gros et au détail son territoire stratégiquement important pour la construction de bases militaires étrangères.

Les négociations sur la construction d’une base militaire russe près d’une base chinoise déjà en activité et d’une base américaine non loin de là se poursuivent depuis longtemps, mais avaient été interrompues à cause d’une crise financière. Il n’y a en général aucune idéologie dans les actions des autorités de Djibouti – pour elles les bases étrangères ne sont qu’une question de chiffres d’affaires financier. A l’heure actuelle, la Russie souhaite bénéficier d’un accès immédiat à l’aérodrome et au port qui sont déjà en cours de construction sur un terrain ouvert (à la manière djiboutienne, « en plein désert »). Ce sont les Américains qui vivent dans cet aérodrome qui résistent à cette idée, ne voulant pas le partager avec les Russes. Mais les négociations continuent néanmoins.

Les Américains affirment que la pénétration inattendue et massive de la Russie dans le continent noir est le début d’une « bataille pour l’Afrique » à grande échelle, qui, contrairement aux guerres par « proxy » de la guerre froide, utilisera non seulement des méthodes purement armées, mais aussi politico-stratégiques. Ils prétendent qu’un certain « projet africain » russe existe.

Que ce projet existe ou non, il est difficile de le dire. Mais déjà il est possible de prétendre que l’Afrique noire deviendra presque certainement une « zone de compétition » de plus, comme nos partenaires américains aiment à l’appeler ces derniers temps.

 Source : RIA Novosti

Via : https://russia-insider.com/en/politics/russia-squeezing-w...

Traduction : Avic – Réseau International

 

Source : RESEAU INTERNATIONAL

lundi, 17 juin 2013

VLADIMIR POUTINE COMMENTE LE COMPORTEMENT DE GRANDE PUISSANCE DES USA

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Moscou est prête à améliorer les relations avec l'Occident. Pourtant certaines démarches de Washington, notamment l'adoption de «l'acte Magnitski», sont loin de contribuer à ce processus.


Vladimir Poutine a répondu à la question de savoir si l'état de chose actuel lui rappelle la situation dans l'arène politique de l'époque de la guerre froide. Un certain refroidissement des rapports entre la Russie et les pays occidentaux a commencé à l'époque de l'opération militaire en Irak de 2003, a rappelé le président. Les événements en Libye et dans d'autres régions du globe ont suivi et Moscou ne pouvait pas les négliger, a noté Vladimir Poutine.
 
« J'ai déjà maintes fois exprimé ma position à cet égard. Nous observons le chaos et nous ne croyons pas que la position de nos partenaires est tout à fait correcte. Pourquoi devons-nous soutenir ce que nous trouvons incorrect?
 
Au cours de mon dernier déplacement beaucoup de temps dans les négociations a été consacré aux droits des minorités sexuelles et à d'autres questions du même genre. Eux, ils ont les standards qui sont les leurs. Je me suis exprimé là-bas et je peux répéter ici: si aux Pays-Bas un tribunal autorise l'organisation diffusant la pédophilie, pourquoi devons-nous suivre ces standards? S'ils veulent  procréer aux frais des immigrés, qu'ils le fassent, ce n'est pas notre affaire. Nous avons une société différente, un pays très varié: c'est le Caucase du Nord, l'Extrême-Orient, le Nord, le centre du pays.
 
Et si nous exigions d'intrdoduire nos standards chez eux ? Je trouve qu'il ne faut rien exiger les uns aux autres, témoignons plutôt du respect les uns envers les autres.
 
Nous ne faisons rien pour provoquer une détérioration. Est-ce que c'est nous qui avons adopté la «liste Magnitski»? Personne ne peut dire quelle était la raison d'existence de l'amendement Jackson-Vanik limitant le commerce entre l'Union soviétique et les Etats-Unis suite aux restrictions relatives au départ des Juifs soviétiques. Il a été introduit il y a plusieurs décennies. Maintenant nous sommes à l'époque de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce et cela avec l'aide des Etats-Unis. Si ces derniers maintenaient l'amendement Jackson-Vanik, ils commenceraient à subir eux-mêmes des pertes de caractère économique après l'adhésion de la Russie à l'OMC. Aussi ont-ils été obligés de l'annuler. C'était un bon prétexte pour oublier tout ce qu'il y a eu lieu à l'époque de la guerre froide et pour aller en avant. Mais non, il leur a fallu introduire un autre acte antirusse: l'acte Magnitski.
 
Selon Poutine, par l'adoption de «l'acte Magnitski» les Etats-Unis ont fait montre de «comportement de grande puissance dans le domaine de politique extérieure». Peut-être la réponse russe à cette loi est déficiente, mais Moscou était obligée de répondre, a souligné le président.
 
En dépit de tels incidents, la Russie et l'Occident doivent chercher les voies de rapprochement, les possibilités de mieux comprendre les uns les autres. Il faut oeuvrer pour améliorer les rapports, a conclu le président.
 
 

vendredi, 24 mai 2013

SYRIE - DE LA DEROUTE IMMINENTE DES FORCES ARABO-OCCIDENTALES A GENEVE II

 

REUNION SUR LA SYRIE A AMAN. JOHN KERRY ET LES PARTICIPANTS.jpg

 

Une lecture politique de ce qui se déroule actuellement en Syrie montre un bouleversement des données, des visions et des objectifs, mais également un effondrement visible des projets et espérances des agresseurs.


Les ballets diplomatiques surtout vers la Russie et les réponses de Poutine et de Lavrov qui ne souffrent d’aucune ambiguïté, ainsi que les déclarations, devenues plutôt sensées, des responsables américains - par leurs références à la réalité et à la légalité, quoique encore équivoques, sûrement pour ne pas contrarier ses alliés en inquiétude - montrent que pour l’Amérique la limite est atteinte sans percevoir le minimum de ce qui est planifié, comme résultat sur la Syrie, se réaliser.

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Deux années de guerre contre un peuple, son armée, ses institutions et son histoire sans l’apparition ne serait-ce qu’une faille significative dans l’édifice syrien ; deux années de destruction des infrastructures de toutes natures sans voir la déliquescence prévue malgré les dizaines de milliards de dollars «investis» dans un contexte de récession ou de faillite des économies occidentales sachant que les bailleurs sont de riches monarchies arabes sous tutelle américaine. La volonté d’exister, la détermination et la patience des syriens ont eu raison sur l’agresseur, ses ruses et son aliénation.

En arriver à mobiliser des groupes terroristes intégristes disséminés à travers le monde, surtout musulmans, que l’on traquait hier, pour en faire aujourd’hui, contre de l’argent, des combattants «de la liberté» et «de la justice» sous la fausse bannière de l’Islam, au motif fallacieux du ‘‘Djihad’’, sans résultats probants, ne peut qu’obliger les puissants commanditaires, aussi déraisonnables qu’ils soient, au pragmatisme et au renoncement de cette aventure belliqueuse, onéreuse et sans horizon, qui virait vers une déflagration régionale, voire mondiale !

L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées au regard surtout des résultats militaires sur le terrain des combats. Depuis l’annonce, par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut ultime round pour celer cet encombrant et dangereux dossier, il ne reste plus chez les autres protagonistes, impliqués dans le versement du sang syrien, que de s’aligner malgré leurs murmures, leurs agitations trahissant une profonde désillusion. Quand Moscou et Washington ont décidé que la conférence aura lieu les 14 et 15 juin à Genève, au niveau des ministres et vice-ministres des Affaires étrangères, suivi de Ban Ki-Moon, position que Berlin ‘partage’, les autres seront contraint de suivre, y compris la funeste et félonne «Ligue arabe»que dirige le Qatar.

En effet, dans le cas d’une guerre, toutes les décisions d’ordre politique s’inspirent ou se réfèrent aux résultats sur le terrain des combats; c’est une condition sine qua non. Et ces résultats c’est l’armée syrienne qui les imprime.   Il n’y a que la France, inféodée à Israël, qui dévoile, sans pudeur, son incompétence. C’est précisément au moment où les deux «Grands» envisagent d’y mettre fin, suite à un accord, en y convoquant cette Conférence, pour juste entériner la décision, que la France, honteuse et confuse, se sentant marginalisée, s’incruste pour manifester sa présence par un ‘m’as-tu-vu’ en déclarant, pour la galerie, que «l’Iran ne doit pas participer» tout en reprenant le refrain désuet «Bachar al-Assad doit partir», narguant la Russie qui trouve sa participation essentielle. L’Iran, qui est aussi visé, est lié par un accord de défense mutuel avec la Syrie.

Selon Reuters, Lavrov a haussé le ton ainsi : «La chose principale est que l’Occident veille à la participation à la conférence des groupes d'opposition sans condition préalable et de faire pression pour que les adversaires d'Assad n’exigent pas des choses irréalistes» ajoutant «aucun doute qu'il est obligatoire d'inviter tous les voisins de la Syrie, sans exception. L’Iran, comme vous le savez, est un pays voisin de la Syrie». La France justifie sa position par une tromperie (qui s’appliquerait plutôt sur elle) en claironnant : «Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu’un pays [l'Iran] qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence ».

Prôner la paix en refusant les principaux protagonistes est non seulement insensé, mais motif de disqualification. C’est la France aussi qui soutient et arme les terroristes en Syrie en éloignant la solution. C’est donc la France qui représente une menace à la paix dans cette région, qui lui est étrangère, dont la participation est superflue, voire problématique, par ses accointances douteuses! Elle persiste encore, à reconnaitre un CNS, issu du néant, sans ancrage et sans élection, comme «le seul représentant légitime du peuple syrien». Quel cynisme ! Surprise de taille, au même moment, elle ‘perd’ une de ses colonies, la Polynésie, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU qui l’inscrit territoire à décoloniser par une résolution - présentée par trois minuscules pays - affirmant «le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance».

Elle crie maintenant à «l’ingérence flagrante…un détournement des objectifs que les Nations Unies se sont fixées en matière de décolonisation» (rien que ça ?) alors qu’elle ne cesse de s’immiscer dans les affaires des autres peuples, en s’employant à choisir à leur place, tels la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Syrie est bien d’autres !

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Finalement, cela n’arrive pas qu’aux autres. La France se rend compte, à ses dépens, qu’elle ne vaut pas grand-chose sur la scène internationale. Le front ‘Ennosra’ qui constitue le groupe «djihadiste», composé de wahabo-takfiro-sionistes, le plus puissant de Syrie semble en débâcle, selon les derniers développements sur le terrain militaire, sous les coups de boutoir de l’armée syrienne et/ou en s’entre-tuant suite à des conflits intestins et sur le terrain politique en déchéance puisqu’il vient d’être classé désormais, perfidement , par son parrain, groupe «terroriste» après avoir misé sans succès sur lui en lui ‘‘déléguant’’ sa sale besogne par le truchement d’une «opposition syrienne à l’étranger» fragmentée, aux intérêts antinomiques.

Les Américains, qui ne visent que leurs intérêts, y verraient certainement d’un bon œil l’armée syrienne la débarrasser de toute cette racaille au risque de les voir retourner dans leurs pays poursuivre leurs méfaits. Les services européens de sécurité demandent même l’aide des services syriens pour les identifier, d’autant que le ministre allemand de l’Intérieur reconnaît l’existence d’environ 700 terroristes.La Syrie avait, en effet, présenté à l’ONU une liste de terroristes, issues de 28 pays (dont EU et Européens), actifs en Syrie. Ces terroristes ne peuvent être traqués sans une coordination étroite avec, surtout, les services syriens, libanais et iraniens. 

A Al Qseir, dans la banlieue de Homs près de la frontière libanaise et à 15 km de Homs, est considéré point hautement stratégique pour les américano-sionistes - par sa position de carrefour et importante porte d’entrée des groupes armés et des armes venant de l’étranger - pour envahir Damas, est finalement sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne ainsi que 36 villages situés dans sa banlieue. Toutes les voies d'approvisionnements d' «Ennosra» seraient coupées. Le député libanais, Assam Ghansou, a confié à ‘‘Al Nachra’’ que des dizaines d’officiers français, britanniques, belges, hollandais, qataris auraient été capturés. Ne reste important, selon lui, que la libération de l'aéroport Al Zabgha qui permettra d'annoncer zones sûres les frontières syro-libanaises. La chute d’Al Qseir sera un tournant décisif de la guerre; un coup rude à l’axe wahabo-takfiro-occidentalo-sioniste.

Du coup, le Conseil national syrien appelle  à une réunion urgente de la Ligue arabe pour arrêter cette«tentative de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte» suivie de cris d’orfraie des commanditaires dont les EU qui ‘‘condamnent’’ l’assaut de l’armée syrienne pour libérer cette ville. Ce qu’ils autorisent chez eux, ils le dénient à la Syrie. De la fantaisie ?  On parle aussi de «nettoyage» par ratissages, depuis quelques semaines,  des zones et autres banlieues de Damas, d'Idleb, de Lattaquié, d'Alep,  de Deir Ezzor, de  Daraa  et de Hama essentiellement - beaucoup sont déjà sous leur contrôle - où l’on rapporte des centaines de tués par jour parmi les groupes armés composites pour la plupart des mercenaires étrangers et ce, sans possibilités d’être approvisionnés, remplacés ou renforcés.

Un enfer où il ne reste que la mort ou, avec chance, la fuite ou la reddition. Cette dernière, qui est considérée trahison, a pour réponse l’exécution immédiate par les pairs. Cependant, devant la mort certaine, des milliers ont choisi de se rendre. Cette bataille d’Al Qseir précipitera, sans aucun doute la tenue de cette Conférence que les analystes syriens assurent qu’elle sortira avec un résultat en deçà de ce qui est programmé par les autorités syriennes.  Forcément !

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Selon les observateurs, l´armée syrienne, majoritairement sunnite, qui a une doctrine et l’expérience, aidés par les forces de «défense nationale », procède par intelligence, discernement, méthode et patience : informations, étude, stratégie, contre stratégie, tactiques, contre-tactique, offensive contre-offensive contrairement à la horde mercenaire, hétéroclite, indisciplinée, sans conviction, qui répond par les assassinats de civils, le lancement des obus sur les villes, les attaques des concentrations de personnes par des voitures piégées, les destructions des infrastructures économiques, sociales et culturelles, les attentats-suicides, l’éviscération des cadavres, les kidnapping dont des vieillards amnésiques pour les utiliser sûrement comme monnaie d'échange, l’embrigadement des enfants. Ils s’autorisent aussi de décréter le‘‘Djihad sexuel’’ (forme de prostitution), de rendre licite le viol et le vol. Les planificateurs de cette conquête de la Syrie doivent être atteints d’une grave déchéance mentale pour engager et compter sur ces barbares-là ! 

Dans ces situations, la guerre contre la Syrie ne peut que toucher à sa fin, en faveur de la Syrie, au regard de la débandade qui règne dans leurs rangs d’une part et de la fébrilité et l’agitation sur le plan diplomatique qui saisit les États impliqués d’autre part. Cette certitude se vérifie d’abord par les incontestables succès de l’armée syrienne, ensuite par le «coup de grâce» porté suite à l’acquisition récente par la Syrie de moyens de défense redoutables - tels les S300 et les nouveaux missiles de pointe, sol-mer, du type ‘Yakhont’, des antinavires équipés de radars sophistiqués - qui ont ôté tout espoir de poursuivre la guerre encore moins de la gagner ! Le tout pris en tenaille par une armada de navires de guerre russes dont 12, au moins, ont accosté récemment au port Tartus.

Ceci a fait réagir de façon curieuse le général Martin Dempsey, chef de l’état-major interarmes américain, qui estime que cela «risquait d’encourager l’armée régulière syrienne et de prolonger le conflit» (?!). Plutôt mettre fin aux provocations si l’on se réfère à Nick Brown, rédacteur en chef de la revue IHS Jane’s, qui fait autorité en matière de défense, qui affirme que ces missiles sont «difficiles à détecter et encore plus difficiles à abattre…[qu’ils sont] de taille pour tenir les bâtiments de guerre à distance des rivages syriens». L’intention cachée est révélée par d’autres responsables US qui pensent que ces engins«empêchent un blocus maritime de la Syrie et bloquent toutes possibilités de ravitaillement des groupes armés via la mer».

La dissonance, toutefois, vient du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel qui a déclaré que les États-Unis allaient «continuer à discuter avec la Russie» et que les deux pays «ont un intérêt commun à empêcher une guerre régionale potentiellement explosive». Les autres éléments qui ont accéléré les choses vers leurs fins sont notamment le raid israélien qui a eu pour conséquence un effet inverse de celui projeté; une aggravation de la «sécurité» d’Israël par l’ouverture du front du Golan - auquel adhère l’Irak avec l’annonce, par le conseiller de Maliki, Heydar Al Lami, de la création de comités pour la libération de ses hauteurs occupées par les sionistes - la fourniture d’armes plus sophistiquées au redoutable Hezbollah et, enfin, la sortie fortuite de Carla Del Ponte qui a démoli l’argument de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques qui allait justifier une intervention militaire extérieure.

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C’est les groupes armés, que soutient l’Occident, qui l’ont utilisé affirme-t-elle, sans ambages, après enquête. La dernière menace d’Israël d’user d’un autre raid sur la Syrie a non seulement reçu déjà la mise en garde ferme de la Russie, mais fait réagir l’ex-chef du renseignement sioniste, Amos Yadlin (photo), qui a mis en doute le succès des raids prochains en affirmant que  «cette entreprise ne peut être couronnée…de succès vu les tensions que créerait une telle campagne…et les réactions que le camp d'en face manifesterait» ajoutant que «les S300 sont capables de viser les avions israéliens à des dizaines de kilomètres». Selon ‘Haaretz’, une autorité militaire aurait confié qu’Israël a«sous-estimé la puissance militaire du régime syrien et l'attitude à suivre fait toujours débat au sein de la hiérarchie militaire». Il faut toutefois rester vigilant avec cet Israël connu pour sa vilénie et ses coups tordus! 

On ‘’réfléchit’’ même à un ultime (?) stratagème qui consiste en l’envoi de «Casques bleus» afin, dit-on, de «rassurer certains groupes ethniques» et «aider à stabiliser le pays», alors que ce genre de force ne se déploie qu’en cas d’accord de paix d’une part et lorsqu’il y a conflit entre groupes ethniques d’autre part ; ce qui loin d’être le cas en Syrie contrairement à la propagande de l’Occident ! Et puis, le monde connaît maintenant le rôle des «Casques bleus» de l’ONU…des espions déguisés onusiens pour la plupart ! Rien n’y fera. Tout est fini.

Il n’y aura plus d’hégémonie américaine sur la région ni de supériorité sioniste. Le multilatéralisme est désormais établi. Le couplet monotone rabâché à la nausée «communauté internationale» ne prendra plus, l’attrape-nigaud «Ligue des États arabes» ne piégera et ne trompera plus. Nous verrons que le monde reconnaîtra, l’héroïsme, les sacrifices et la résistance du modeste peuple syrien face à la puissante alliance qui voulait le sacrifier pour l’intérêt et la suprématie.

L’écrivain et philosophe russe, proche de Poutine, Alexander Prokhanov fait cette remarque d’importance«ceux qui ne veulent pas voir l’occupation rampante de la planète par les Américains feraient bien d’observer la Syrie et le rôle qu’y joue l’Occident » ( ‘hebdo.ch’, du 16 mai 2013). 

Terminons par un extrait de l’entretien donné, par Bachar al-Assad, au journal argentin ‘Clarin’ qui nous renseigne sur les principes qu’il ne faudra pas toucher et sur des faits qui battent en brèche les versions tronquées occidentales: «Je ne sais pas si Kerry ou les autres ont reçu un pouvoir du peuple syrien pour parler en son nom, à savoir, qui devrait partir et qui devrait rester. Cela sera déterminé par le peuple syrien par les élections…la présence d’observateurs est une décision nationale».

Sur le terrorisme, il a déclaré «soyons clairs…il y a confusion dans le monde entre la politique et la solution au terrorisme. Ils estiment qu’une conférence politique peut arrêter le terrorisme sur le terrain. C’est irréel».

Sur les armes chimiques et les accusations, il explique ainsi «ces déclarations de nos ennemis…changent tous les jours. Les armes chimiques sont des armes de destruction massive. Ils disent que nous les avons utilisés dans des zones résidentielles. Si je vous dis qu’une bombe nucléaire a été larguée sur la banlieue et qu’il a dix ou vingt personnes victimes, vous allez me croire ? L’utilisation des armes chimiques dans les zones résidentielles signifie…des dizaines de milliers de personnes tuées en quelques minutes. Qui pourrait cacher une telle chose ?».

On comprend, en effet, pourquoi les Américains corrigent l’accusation en disant, maintenant, «en petite dose» à défaut de se renier. Dans peu de temps, il ne restera que les stigmates et les ondes d’une guerre psychomédiatique sans précédent, perfide, mensongère et vengeresse qui nourriront, durablement, plus de haine surtout pour les États compromis dans cette guerre injuste et prédatrice. Une haine, bien sûr envers tous ces pseudos politiciens, ces pseudos journalistes ou chroniqueurs avec leurs médias-mensonges, ces pseudos organisations dites des «droits de l’homme», ces pseudos philanthropes qui font passer ces assassins,  ces gueux, ces lâches, ces ignorants, ces obscurantistes, ces dégénérés pour des vertueux ou de «bons samaritains», des épris de justice, de paix et de liberté.


Djerrad Amar


Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 17 mars 2011

LA DEMOCRATIE ET LES PAUVRES (OU LA DEMOCRATIE DES PAUVRES)

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Au lieu de s'attarder sur l'insondable attitude de deux monarchies, pas démocratiques du tout, l'Arabie saoudite et les Emirats, avec leur soutien empressé aux insurgés libyens, agrémenté d'un soutien au roi du Bahreïn contre ses insurgés, il sera peut-être plus rentable de défricher le concept de démocratie qui fait débat concernant les «arabes».

En cherchant un peu, loin des philosophies et de leurs circonvolutions, on peut trouver un éclairage qui touche intimement les contours de la «démocratie» telle qu'elle peut être vécue dans des pays similaires à l'Algérie. Le principe fondateur est que «la participation de la population au processus de décision est aujourd'hui considérée comme une des conditions de réussite des programmes de développement». Partant de là, une étude, qui repose sur un postulat dont on n'entend pas beaucoup parler, a été menée dans des pays africains entre 2001 et 2003. Ce postulat veut que la  «démocratie», que l'étude associe à l'économie de marché, rencontre des difficultés d'instauration à cause des réticences des pauvres. Ceux-ci sont plus portés à considérer que l'État, malgré ses déficiences, est plus susceptible d'assurer l'objectif d'équité que le marché. Il en est de même pour ceux qui dénoncent les inégalités comme une forme d'injustice. Mais, en réalité, les pauvres sont plutôt contre  la libéralisation et non contre la démocratisation. Les pauvres apparaissent, ainsi, comme plus pragmatiques par le contenu qu'ils mettent dans la démocratie. Elle  signifie, pour eux, que l'Etat ne peut gagner la confiance des citoyens que s'il œuvre concrètement contre l'exclusion, les inégalités et la corruption. Ce pourquoi ils rejettent le libéralisme dans lequel ils ne perçoivent que l'appauvrissement des plus faibles.

Ils doivent savoir de quoi ils parlent, pour vivre dans des pays où la richesse n'est pas assez abondante pour que des miettes arrivent en bas et atténuent la misère. Donc, les pauvres nous apprennent que la «démocratie» n'est pas aussi simple à comprendre et que tout dépend du point de vue à partir duquel on l'aborde. Ils disent clairement qu'ils ne veulent pas de ce qui leur est proposé, c'est-à-dire, pour paraphraser Jacques Higelin, une société qui serait un supermarché, et dont l'Etat serait un service des réclamations. Dans le langage des «experts», on parle de libre-entreprise, de marché et d'Etat régulateur.

Finalement, rien n'est aussi absolu qu'il y paraît. C'est dire que tout doit être discuté sérieusement, que  les slogans les plus répandus ne sont pas forcément ceux de tout le monde, qu'ils ne sont pas compris de la même façon et la «démocratie» est une chose suffisamment sérieuse pour qu'elle soit bien expliquée et non enfermée dans deux ou trois slogans, aussi clinquants soient-ils. Chez les «arabes» cela va être assez difficile. Pas chez nous où nous avons tout expérimenté et, par-dessus tout, les recettes du Fonds Monétaire International (FMI) et celles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec le «retrait de l'Etat». Il suffit de donner la parole, sans oublier, surtout, ceux qui ont patiemment attendu que l'Etat soit remplacé par le marché et qui n'ont rien vu venir et qui ne connaissent que l'émeute pour s'inviter sur la scène, au contraire de ceux qui disposent, pour se faire, de grands canaux nationaux et internationaux.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM