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samedi, 29 août 2009

LES GABONAIS SERONT-ILS CAPABLES DU SURSAUT HISTORIQUE?

 

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Demain, dimanche 30 août 2009, le Gabon pourrait écrire une nouvelle page de son histoire ou manquer totalement le rendez-vous de l’Histoire. Au risque de sombrer pour longtemps dans l’instabilité ou des lendemains imprévisibles et incertains. Après plus de 40 ans d’un règne sans partage du Président Omar Bongo Ondimba, véritable tribun et oligarque achevé, dans ce petit pays dont la population est d’à peine 1,6 millions d’habitants, l’équivalent de celle d’un quartier d’Abidjan.

Un pays dont le budget s’évalue à environ 1700 milliards de francs CFA, l’équivalent – à peu de chose près - du budget de la Côte d’Ivoire, qui compte plus de 16 millions d’habitants. Pour saisir le sens de ces chiffres et comprendre la monstruosité du pillage du Gabon, imaginez un quartier de la Commune de Yopougon, à Abidjan, géré avec le budget de la Côte d’Ivoire tout entière ! Alors, comment comprendre que le Gabon puisse avoir de si graves problèmes d’infrastructures sanitaires et scolaires, avoir une population aussi pauvre, ne posséder que 900 Kms de bitume ? Comment comprendre que les gabonais dépendent, en ce qui concerne leur vivrier, du voisin du Nord, le Cameroun, et que le Gabon n’ait que deux villes dignes de ce nom, Libreville et Port-Gentil ?

La question logique qui découle de ce questionnement, c’est de savoir où passe toute la manne financière générée par la forte production pétrolière, par les industries extractives d’uranium et de manganèse et par l’exploitation abondante du bois de ce petit pays de 268 000 Km2 d’Afrique centrale, couvert à plus de 70% d’une forêt dense équatoriale ?

Cette véritable mine d’or naturelle qu’est le Gabon croupit dans la misère. Est-ce seulement pensable, acceptable ? Ce précieux trésor n’était qu’au service du tribun et de l’oligarchie qui constituait sa cour. Et au besoin, servait à acheter ou soudoyer des opposants politiques encombrants et empêcheurs de ‘’manger en rond’’, pour en faire des alliés, à jamais muselés. L’essentiel de cette manne atterrissait dans les caisses d’entreprises politico-mafieuses françaises comme ELF et consorts, et à entretenir des relations françafricaines indispensables pour se maintenir au pouvoir, ad vitam aeternam.

Visiblement, pendant plus de quatre décennies, le Gabon aura été administré comme une entreprise française dont Omar Bongo Ondimba était le Président Directeur Général (vous avez dit PDG ? Le PDG est le parti politique d’Omar Bongo, actuellemnt au pouvoir). Et le candidat Ali Bongo n’en est que le digne successeur. Il est donc, le plus naturellement du monde, celui qui bénéficie de tout l’appui (politique et militaire) de l’Elysée et du soutien des milieux ultralibéraux les plus orthodoxes de France.

Le peuple gabonais acceptera-t-il, de bon cœur, de laisser se prolonger, pour quelques nouvelles décennies, sa propre prise en otage, se rendant ainsi complice de sa propre captivité ou trouvera-t-il les ressorts nécessaires, au plus profond de sa dignité, pour mettre le holà définif à ce simulacre de démocratie dont on le repaît depuis une petite éternité ? Les résultats de l’élection présidentielle de demain nous le diront ! Que DIEU bénisse le peuple gabonais !

DINDE Fernand AGBO

18:53 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Gabon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élection présidentielle gabonaise, omar bongo ondimba, ali bongo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |