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mercredi, 13 novembre 2013

OUATTARA, LA FIN D'UN MYTHE CONSTRUIT SUR DU MENSONGE

ALASSANE OUATTARA. YAKRO INVESTITURE.jpg


Prendre les rênes du pays n’est pas chose difficile, mais c’est gérer le pouvoir qui est chose difficile. Ouattara, depuis toujours, depuis son apparition sur la scène politique ivoirienne, n’a pas caché son intention de gouverner la Côte d’Ivoire en dépit des injonctions de feu Houphouët-Boigny. Et cela, peu importe la manière d’arriver au pouvoir.


Aidé par la France impérialiste et par les Etats-Unis, les gendarmes du monde, Ouattara accède au pouvoir par la manière la plus fracassante. Il enjambe 3000 corps et s’installe dans le fauteuil présidentiel après avoir chassé Laurent Gbagbo démocratiquement élu.

L’on croyait que le mythique économiste, celui dont le métier est de chercher l’argent, allait opérer le miracle tant attendu. D’abord, résoudre le problème de la France confrontée à la crise financière mondiale en lui apportant suffisamment d’argent et ensuite le problème des ivoiriens qui voyait en ce président atypique l’homme qui allait les sauver du naufrage. Mais que non ! Chaque partie n’a que les yeux pour pleurer. C’est la désillusion totale. La situation est plus catastrophique qu’avant. On serait même tenté de dire comme l’autre : ‘’ le vrai bonheur on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a perdu’’. La France de Nicolas Sarkozy a fait plus de tort que de bien en propulsant son poulain Ouattara au pouvoir. Depuis son arrivée aux affaires, rien ne bouge concrètement. Les problèmes des ivoiriens ne font qu’accroître. Il n’y a que ceux qui ne respirent et ne mangent que par lui qui sont heureux. Sinon toute autre élégance n’est que du bluff.

N’importe qui à la place de Ouattara aurait fait mieux que lui. Avoir l’entièreté du territoire et avoir le soutien de la communauté internationale pour donner ce résultat médiocre, c’est faire preuve d’incompétence notoire. Laurent Gbagbo, n’étant pas sous-préfet de qui que ce soit aurait fait mieux. C’est pour l’empêcher de travailler qu’on lui a flanqué une rébellion depuis 2002. Comment peut- on frapper un enfant et l’empêcher de pleurer en même temps. C’est ce que Ouattara et ses soutiens internationaux ont fait à Laurent Gbagbo. A l’instar d’un prophète venu accomplir une mission, Laurent Gbagbo porte fièrement sa croix. Le temps, l’ennemi de l’homme est en train de faire ses effets. Il n’y a que les aveugles et des gens de mauvaise foi comme Tirburce  Koffi qui peuvent comparer l’incomparable en disant qu’en deux ans Ouattara a fait mieux que Gbagbo en dix ans.  C’est mesquin et insidieux de sa part. J’invite donc Tirburce Koffi qui dit avoir un esprit dynamique à être objectif dans ses analyses. Il rendrait service à son nouveau mentor même s’il est en quête de poste juteux. Bref, c’était une parenthèse.

La réalité est têtue mais c’est la réalité. Tout le monde s’accorde y compris les différentes chancelleries en Côte-d’Ivoire à dire que rien ne va dans le pays. La réconciliation est au point mort, l’insécurité est grandissante. Mais Ouattara refuse de voir les choses de cette façon. Il va d’opération de charme en opération de charme pour tenter de redorer son image plus que jamais ternie. L’homme fort d’Abidjan manipule les chiffres pour dire que la Côte-d’Ivoire connaît une croissance économique. En réalité, ce sont des chiffres virtuels pour séduire les personnes qui se laissent facilement manipuler. La Côte-d’Ivoire en chantier n’est qu’un slogan. Le pays travaille pour vous n’est que de la tautologie pour se faire accepter par un peule qui vous renie. Tout cela est du bluff. Les Ivoiriens dans leur ensemble ne sont pas naïfs.

A la vérité, le quotidien des ivoiriens n’a pas changé d’un iota. Le chômage est galopant, le pouvoir d’achat s’est réduit considérablement comme une peau de chagrin, le rattrapage ethnique et l’impunité du côté du pouvoir sont érigés en programme de gouvernement. Monsieur Ouattara est un dictateur hors du commun. La peur du jeu démocratique le hante au point où il continue de traquer ses opposants pour les jeter en prison. Tous ceux qui peuvent critiquer sa gestion scandaleuse sont contraints en exil.

Malgré cette dictature rampante, le pouvoir ethnocentriste D’Abidjan est incapable de transformer la Côte-d’Ivoire en un eldorado. Les FRCI, version Ouattara, font la loi partout. Certains se sont érigés en coupeur de route pendant que d’autres pillent les richesses du pays au vu et au su de tous.

La Côte-d’Ivoire allait tout droit dans le mur. Aucun investisseur sérieux n’était prêt à venir jeter son argent dans un pays sans tête ni queue. Fort heureusement, certains pays amis, soucieux et au fait des vraies réalités, ont crié leur holà en faisant des rapports objectifs, en dénonçant la dictature de Ouattara qui poussait ce pays dans un gouffre. Aujourd’hui sa supercherie est découverte. Ces soutiens extérieurs sont fatigués de le soutenir et de toujours faire du faux au détriment des ivoiriens.

La preuve, leur pression a eu raison de lui. Les responsables politiques du FPI ont été libérés. Le dialogue pouvoir-FPI qui était une vue de l’esprit est aujourd’hui une réalité. Sentant le danger venir, chacun des hommes forts du régime Ouattara  cherche une porte de sortie. C’est ainsi que Ouattara multiplie ses voyages à l’extérieur du pays à la recherche d’un hypothétique soutien. Quant à Soro Guillaume, l’homme qui a entraîné la chienlit dans ce pays, il joue maintenant au bon samaritain en se rendant à Gagnoa, le fief de Laurent Gbagbo. Le tout  puissant ministre de l’intérieur, Ahmed Bakayoko semble sonner ces derniers temps. Ces discours de mépris et de condescendance ont pris du plomb dans l’aile. En un mot, ce pouvoir installé par la violence est en disgrâce.

A dire vrai, il fallait que Ouattara gouvernât un peu pour que tout le monde se rendît compte qui il est en réalité afin que le pays connaisse la paix une bonne fois pour toute. Avec cette gestion négative du pouvoir, personne n’est prêt à sacrifier sa vie pour lui. Les ivoiriens y compris ses propres sympathisants et la communauté internationale sont rassasiés de cette gestion scandaleuse. Voici le chercheur d’argent  qui est dans les cordes, en train de négocier encore pour qu’on efface des dettes après avoir obtenu le PPTE.

La vérité finit toujours par triompher du mensonge. Ouattara ne peut plus  cacher le soleil avec sa main. A l’épreuve de la gestion du pouvoir, il a étalé ses carences et montrer ses limites. Oui, c’est la fin de celui qui se ventait d’être le meilleur président, qui se prenait pour un dinosaure incontournable de la vie politique ivoirienne. Ouattara, comme un château de carte est en train de s’écrouler. C’est la fin d’un mythe construit sur du mensonge. Ces apparitions aux côtés de François Hollande, lors des jeux de la francophonie n’est que le signe d’une personne qui se noie et qui s’accroche à une bouée de sauvetage. C’est la fin d’un cycle. Démocrates de tout bord, le moment est venu de faire tomber le grand Timonier, le grand dictateur de tous les temps. La liberté est à nos portes.

G. OURA Kouakou

ourandrin@yahoo.fr


Source: CAMEROONVOICE

vendredi, 18 octobre 2013

RATTRAPAGE ETHNIQUE: ÇA REPART DE PLUS BELLE

côte d'ivoire,Amadou Soumahoro, LIDER, Ouattara, Rattrapage ethnique,lider-ci.org

 

Les maires et présidents des conseils régionaux nouvellement élus ont été instruits hier par la direction du Rdr d’appliquer la politique de rattrapage ethnique et partisan d’Alassane Ouattara.

«Un maire ou un président de conseil régional qui embauche les jeunes, et en particulier nos jeunes qui ont mené le combat, contribue à la réalisation du programme de gouvernement du Chef de l’Etat» a déclaré le secrétaire général par intérim M. Soumahoro devant les élus locaux du parti au pouvoir hier au siège du Rdr.

Il a révélé qu’en faisant la promesse électorale de créer 1.000.000 emplois informels au terme de son premier mandat, le candidat Alassane Ouattara  comptait sur les élus locaux du parti.

 

Source: LIDER-CI.ORG

22:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, amadou soumahoro, lider, ouattara, rattrapage ethnique, lider-ci.org | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 septembre 2013

LIDER ACCUSE OUATTARA DE HAUTE TRAHISON ET APPELLE LE PEUPLE A EN TIRER LES CONSEQUENCES

 

côte d'ivoire,Tags: Constituion, haute trahison, LIDER, Ouattara

 

La presse rapporte des conflits internes aux partis du Rhdp. LIDER n’aurait accordé aucun intérêt à ce type de débats, si les propos tenus de part et d’autre ne révélaient pas le malaise général de la démocratie dans notre pays. Les partis politiques qui ont gouverné l’Etat de Côte d’Ivoire non seulement ne respectent pas leurs propres constitutions, c’est-à-dire leurs statuts et leurs règlements intérieurs, mais une fois au pouvoir, sont incapables d’assurer le respect de la Constitution et la construction de la Nation, comme le dispose l’article 34 de la loi fondamentale : «Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il incarne l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des engagements internationaux.»

Pour preuve, Alassane Dramane Ouattara, qui a prêté serment le 6 mai 2011, reste encore aujourd’hui, 2 ans et demi après, président du Rdr, cumulativement à ses fonctions de président de la République. La loi n° 2000-513 du 1er août 2000 portant Constitution de la Côte d’Ivoire, dispose pourtant en son article 54 que les fonctions de président de la République sont incompatibles avec celle de président d’une formation politique : «Les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de tout emploi public, de toute activité professionnelle et de toute fonction de dirigeant de Parti Politique.»

LIDER n’a de cesse de dénoncer les violations du droit et de la Constitution par Alassane Dramane Ouattara depuis son accession à la présidence de la République. Comment peut-il être capable de construire la nation ivoirienne, si lui-même viole le serment qu’il a prêté sur la Constitution, dont le contenu, selon l’article 39, est le suivant : «Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les Droits et Libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment

Au vu de ce qui précède, LIDER constate la haute trahison de son serment par Alassane Dramane Ouattara depuis 864 jours et, conformément à l’article 109 de la Constitution ivoirienne qui dispose que «le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions et traduit devant la Haute Cour de Justice qu’en cas de haute trahison», souhaite la mise en place urgente de la Haute Cour de Justice, et la comparution devant elle de M. Ouattara.

LIDER  rappelle par ailleurs au peuple souverain de Côte d’Ivoire qu’il est en droit d’utiliser tous les moyens constitutionnels pour retirer sa confiance au Dr. Ouattara.

LIDER reste à la disposition des  populations, de la société civile et des politiques pour mener ce combat pour la bonne gouvernance.

Ensemble, nous réussirons.

 

Par LIDER, 16 septembre 2013

 

Source: LIDER-CI.ORG

dimanche, 18 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: ASSEMBLEE FAMILIALE OU NATIONALE?

 

RENE KIMBASSA.jpeg

 

... Ouattara Birahima, Ouattara Siaka, Ouattara Anzoumana, Ouattara Lamine, Ouattara Abbas, Ouattara Nagnin, Ouattara Issa, Ouattara Ally, Ouattara Mohamed, Ouattara Aboubakar, Ouattara Siaka, Coulibaly Gon, Coulibaly Sangafowa, Coulibaly Sériba, Coulibaly Yaya, Coulibaly Tiémoko, Coulibaly Issa, Aly Coulibaly, Coulibaly Aboubakary, Coulibaly Yaya (2ème du nom), Coulibaly Sériba (2ème du nom)...

Ce n'est pas la liste d'émargement d'une réunion de famille entre les Ouattara et Coulibaly. C'est juste un échantillon assez représentatif de la ''DIVERSITÉ'' des nouveaux députés du préfet Ouattara. Vive la Côte d'Ivoire multi-ethnique!

 

NB: 70% des députés de l'Assemblée nationale ivoirienne sont issue du Nord de la Côte d'Ivoire, région d'origine présumée d'Alassane Ouattara, et les 30 autres %, du reste du pays. Ahurissant, non? Tout juste pour votre gouverne.


Source: Le blog de René Kimbassa

mercredi, 22 décembre 2010

ASSASSINAT DE LAURENT GBAGBO : UN COMMANDO DE 26 SNIPERS A ABIDJAN DEPUIS HIER



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In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 Gilles Naismon


Le président français, après avoir donné un ultimatum de 72h (qui n'a eu aucun effet) à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir, veut passer à l'action militaire, en éliminant le président ivoirien.

Nos sources au Burkina Faso et dans l'Hexagone, notamment à Paris, sont formelles et confirment aisément cette information sur laquelle travaillent les fins limiers ivoiriens. 26 snipers de l'armée française, des hommes de couleur, ont pu rallier Abidjan via Ouagadougou et Bouaké avec l'appui de l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui les a habillés dans ses uniformes. Encagoulés sous le couvert de «soldats de la paix», ces tireurs d'élite se sont vus confier la tâche d'exécuter un certains nombre de personnalités du pouvoir parmi lesquelles figure en première place l'actuel président de la République Laurent Gbagbo. Les 26 tireurs d'élite, qui ont transité par Ouagadougou, ont pu prendre des instructions auprès du général Emmanuel Beth, ancien commandant de l'opération Licorne et actuel ambassadeur de la France au Burkina Faso. La nomination de celui-ci à ce poste était perçue comme un positionnement stratégique dans la poursuite de déstabilisation d'Abidjan, au cas où Ouattara perdrait les élections présidentielles à la régulière.

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Le gouvernement américain cité dans le convoyage de mercenaires allemands

Le gouvernement américain, vu que son numéro un s'est impliqué fortement dans l'opération « tout sauf Gbagbo », est également très actif dans cette opération «tout sauf Gbagbo ». Ainsi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique a sollicité et obtenu une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny accordée sous le N°1353/PR/EMP. Il s'agissait d'un appareil de type GULF STREAM N°186/PA ou N°184 PA ou SUBS exploité par la compagnie Phénix Air avec pour commandant de bord, le commandant Brian Edminster qui devait atterrir comme prévu à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Au grand étonnement des autorités légales du pays, l'appareil descend à Bouaké, fief des rebelles, via Alger, la capitale algérienne. Un commando de mercenaires composé d'une douzaine d'allemands a été débarqué. En réalité, l'autorisation d'escale et de survol demandée par les Américains pour enquête à leur ambassade d'Abidjan, suite à une roquette qui l'aurait touchée jeudi dernier, n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et avoir accès à l'un des aéroports ivoiriens.

Une délégation de Ouattara a séjourné au Burkina pour boucler l'opération

Dans la nuit du 19 au 20 décembre dernier, le président du Rdr, Alassane Ouattara a envoyé une délégation auprès du président burkinabé pour solliciter, selon des sources crédibles, un «soutien logistique, matériel et humain». Ce soutien vise à engager une épreuve de force visant à mettre à la tête de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Le président Blaise Compaoré, à qui la demande a été adressée, a confié le dossier au colonel Diendiéré Gilbert, son chef d'état-major particulier. La délégation d'ADO et le colonel Diendieré ont eu une séance de travail à cet effet le 20 décembre à Ouagadougou.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 15 décembre 2010

ALCIDE DJEDJE: LES DESSOUS D'UNE MANIPULATION MEDIATIQUE MONDIALE

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C'est le premier entretien que vient d'accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Il dénonce l'ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d'un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre sur la radio Kernews. Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d'un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l'enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à Sciences Po, a notamment été représentant permanent de la Cote d'Ivoire à l'ONU. Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.


Télécharger l'interview en format audio Mp3:

http://dl.free.fr/mnn64cQxA

 

Kernews : Que se passe-t-il en Côte d'Ivoire ? Pourquoi pensez-vous que Paris et Washington ont pris parti à ce point sur cette question de politique intérieure ivoirienne ? Pour vous, est-ce une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain ?

Alcide Djédjé : Oui, il s'agit d'une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire de la part de la France et des États-Unis. Cette ingérence s'est faite d'abord au Conseil de sécurité à New York, puisque le représentant des services extérieurs des Nations Unies a reçu des fortes pressions pour que le président de la Commission électorale indépendante, qui normalement siège de façon collégiale et par consensus, soit amené dans les locaux de l'ONUCI à Abidjan pour proclamer les résultats. Monsieur Choi a refusé et il m'a appelé à cet effet. C'est ainsi que le président de la Commission électorale indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l'Hôtel du Golf, le QG de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont France 24, pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. Voilà ce qui se passe en Côte d'Ivoire et cela a été fait par la France et les États-Unis... L'ambassadeur de France et l'ambassadeur des États-Unis en Côte d'Ivoire sont très actifs et, la veille, le président Sarkozy avait envoyé un courrier au président de la Commission électorale indépendante pour lui demander de proclamer les résultats sur le champ. J'étais moi-même en face de militaires Français qui, à 22h40 le soir, tentaient de remettre le courrier au président de la Commission électorale indépendante. Cela nous a été signalé par les militaires ivoiriens. Je me suis rendu sur les lieux moi-même et j'ai appelé l'ambassadeur de France qui a demandé aux militaires de retourner au camp Licorne, ils semblaient très embarrassés. Ce sont ces instructions du président Sarkozy qui ont été exécutées le lendemain. Ensuite, le président Sarkozy, et aujourd'hui le président Wade, ont appelé le président Jonathan Goodluck pour orienter la décision de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Plus grave encore, l'ambassadeur américain à Abidjan, que j'ai reçu en mon bureau, connaissait la veille la position que l'Union africaine allait prendre. Donc, il s'agit non seulement d'une ingérence dans les affaires intérieures, mais d'une manipulation des institutions telles que la CEDEAO et l'Union Africaine pour que Alassane Ouattara soit déclaré président. Malheureusement pour eux, Monsieur Ouattara n'a aucune prise sur la réalité du terrain ici en Côte d'Ivoire. Donc, nous avons formé notre gouvernement parce que le président Gbagbo a été élu président de la République comme suite aux réclamations faites et aux décisions du Conseil Constitutionnel qui l'a proclamé vainqueur. Voilà comment les choses se présentent aujourd'hui à Abidjan.

Excellence, vous nous avez rappelé cet état de fait : c'est-à-dire cette différence de voix, l'écart entre la participation et le nombre de voix proclamé au moment de l'élection, avec près de 630 000 bulletins de vote en plus. En France, on disait ironiquement il y a quelques décennies, à l'époque où il y avait des bourrages d'urnes dans certaines banlieues, que l'on faisait voter les morts... Nous n'en sommes pas très loin, finalement...

Oui, bien sûr, on voit bien que tout a été orchestré parce qu'ils voulaient absolument qu'il y ait cette proclamation illégale, hors délai, de la Commission électorale indépendante. Pendant que les trente autres membres de la Commission centrale attendaient au siège de la CEI, Monsieur Bakayoko a été kidnappé par l'ambassadeur de France et des États-Unis, encadré par des gendarmes des Forces nouvelles et l'ONU, pour aller proclamer des résultats et, plus grave, au QG de campagne de l'un des candidats. Ceci, sur une télévision française... Je ne comprends pas cet empressement et nous voyons aujourd'hui que c'était vraiment grossier. Cela apparaît comme quelque chose de surréaliste et une ingérence trop grossière, trop flagrante... J'ai dit à l'ambassadeur des États-Unis qu'il n'était pas subtil dans sa manière de faire. On peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable. On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le Conseil Constitutionnel est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la Cour suprême des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d'autre, aucun autre Etat, n'a contesté la validation par la Cour suprême des États-Unis de l'élection de Monsieur Bush. En France, il y a eu des invalidations qui concernent Madame Ségolène Royal, je n'ai pas d'éléments précis là-dessus, mais le Conseil Constitutionnel joue ce rôle en France. Pourquoi, en Côte d'Ivoire, ce serait un représentant du secrétaire général des Nations Unies qui jouerait ce rôle ? Simplement, on pense qu'il faut toujours flouer notre souveraineté, on pense qu'il faut toujours nous écraser et cela, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous avons formé notre gouvernement. Peut-être que l'on viendra nous écraser, nous chasser tous de Côte d'Ivoire, faire de la purification, pour qu'il y ait une Côte d'Ivoire conforme à la façon de penser de Monsieur Sarkozy et des autorités américaines. Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu'un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington.


Les médias occidentaux nous expliquent qu'il y a une pression de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo et son équipe. Que signifie la communauté internationale ? On a vu que la Russie a une position légèrement divergente, que la Chine ne partage pas cette position, ainsi que beaucoup d'autres pays. Cela signifie-t-il qu'il y aurait une communauté internationale médiatique, celle qui donne le la dans les médias internationaux, celle qui forge l'opinion publique mondiale et que seule cette communauté internationale médiatique compterait ?


Vous avez raison. Dans cette affaire, la Russie a pris position très clairement. D'abord, il n'y a pas eu à New York de déclaration présidentielle, comme le souhaitait Susan Rice qui préside en ce moment le Conseil de sécurité pour les États-Unis. Il y a eu un communiqué de presse, qui n'a pas la même valeur... Et même le contenu de ce communiqué de presse a été discuté pendant plusieurs jours, ce qui est très rare, pour que finalement, suite à la manipulation qui a été faite par le président français à la réunion de la CEDEAO, la Russie, par principe, tout en n'étant pas d'accord sur le fond et en maintenant sa position sur la souveraineté de la Côte d'Ivoire - en disant que ce n'était pas le mandat des Nations Unies de scinder des comptes et de proclamer des résultats dans une élection présidentielle dans un Etat souverain - la Russie a laissé publier ce communiqué. Nous avons rencontré le représentant russe après et cela ne veut pas dire qu'elle était d'accord sur le fond. La Chine, également, a eu une attitude très claire. Le gouvernement chinois a fait un communiqué pour dire qu'il fallait laisser prévaloir le droit, respecter les institutions et aller au dialogue politique. C'est la teneur du communiqué de la Chine. Vous avez raison de dire que la Chine, la Russie, et même l'Afrique du Sud, car il y a une position qui n'était pas similaire à celle de la CEDEAO, ni à celle de l'Union Africaine... et également l'Angola, la Libye et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) sont très clairs là-dessus. Simplement, ce qui fait la différence, comme vous le dites, c'est le battage médiatique : c'est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout parce qu'ils s'attendaient à ce qu'à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d'Ivoire pour lui et la Côte d'Ivoire avec lui. Il a l'armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d'Ivoire. C'est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n'est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c'est venir envahir la Côte d'Ivoire et installer Ouattara. Même après l'avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. Donc, vous avez raison d'affirmer qu'il y a une espèce de campagne médiatique très forte orchestrée par deux capitales principalement, Paris et Washington, certains autres faisant du suivisme opportuniste.

Vous avez évoqué certains Etats, j'ajoute que le nonce apostolique a rencontré le président Gbagbo en l'appelant ainsi : cela signifie-t-il que le Vatican reconnaisse aussi le président Gbagbo ?


Oui. Bien qu'il n'ait pas encore fait de déclaration, le Vatican est très réservé sur ce qui se passe. Il y a des pays qui sont réservés et qui jouent leur rôle habituel de neutralité, tels que la Suisse. Ce que je veux vous dire - faites la différence entre le président Gbagbo et les puissances qui veulent imposer Monsieur Ouattara - c'est que nous voulons construire la paix en Côte d'Ivoire et eux veulent imposer quelqu'un au pouvoir en vue d'en profiter, étant donné qu'ils font partie de certains réseaux, des réseaux d'intérêts. Ils veulent intervenir dans les affaires de la Côte d'Ivoire, ils veulent mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire pour pouvoir mieux saisir et exploiter nos richesses. C'est la différence entre eux et nous. Pour eux, peu importe le nombre de morts qui pourraient sortir d'un conflit tel qu'ils l'attisent actuellement. Ils sont devenus des déstabilisateurs et ils ne sont plus des faiseurs de paix. Ils utilisent les Nations Unies pour déstabiliser la Côte d'Ivoire. Ce qui se passe est très grave. Les Nations Unies sont en train de déstabiliser un pays alors que le rôle des Nations Unies, sa charte, c'est d'être un faiseur de paix. C'est très, très grave.

Cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Voilà des pays membres permanents du Conseil de sécurité à qui incombe une très lourde responsabilité pour ramener la paix dans le monde et, au contraire, ces pays utilisent les Nations Unies à leur profit pour des raisons d'intérêts. Peu importe pour eux ce qui peut se passer après. On voit bien que l'on nous a forcés à aller à des élections sans désarmement du Nord ! Pouvez-vous imaginer que l'on puisse organiser des élections dans une partie de la Côte d'Ivoire avec des rebelles armes au poing ? C'est ce qui s'est passé. En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j'étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l'époque avions demandé qu'il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d'aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd'hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C'est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d'Ivoire et du blocage actuel en Côte d'Ivoire. Ils n'ont pas la capacité de gérer correctement le monde. Il y a un problème de gouvernance qui se pose pour les puissances membres du Conseil de sécurité, notamment la France et les États-Unis, et qui entraîne des parties du monde dans l'impasse actuellement. Il est bien beau de parler de bonne gouvernance, mais la gouvernance mondiale est ingérable aujourd'hui. La France n'a pas de politique africaine actuellement. Elle procède par petits coups comme en Côte d'Ivoire, en utilisant certains réseaux, c'est bien dommage.

Deux réflexions s'imposent de la conversation que nous venons d'avoir. D'abord, on a tenté d'organiser des élections dans un Etat souverain, alors qu'une partie du territoire de cet État souverain était encore contrôlée par des milices armées...

Oui.

Deuxième point, celui de la gouvernance mondiale, ce qui m'amène à une question plus personnelle : ce problème avait été soulevé au moment de la guerre en Irak, or finalement rien n'a été fait depuis sept ans...


Vous avez raison, rien n'a été fait depuis sept ans. Cela coïncide même avec le début de la crise ivoirienne qui a commencé en 2002. Vous vous souviendrez qu'au départ, les Nations Unies étaient chargées de régler le problème en Côte d'Ivoire et, au lieu de chercher à ramener la paix en Côte d'Ivoire, la France, après l'accord de Marcoussis, a fait endosser cet accord de Marcoussis par les Nations Unies et a toujours tenté de faire partir le président Gbagbo, au lieu de régler le problème de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Après, nous avons eu la signature de l'accord de Ouagadougou (APO). Nous avions espéré avoir, avec cette prise en main par les ivoiriens eux-mêmes et avec l'aide du président Compaoré, des élections après la réunification. C'est ce qui était prévu dans l'accord politique de Ouagadougou : les élections devaient avoir lieu deux mois après le désarmement et la réunification. Mais les Nations Unies, par l'intermédiaire de la France et des États-Unis, ont fait des pressions en disant que le président Gbagbo ne veut pas aller aux élections et qu'il est possible de faire les élections maintenant, etc... Comme à New York, c'est la France qui a l'initiative du projet de résolution sur la Côte d'Ivoire. Bien que récusés par le président Gbagbo, ils ont continué et imposé que les élections aient lieu même avant le désarmement au nord et avant la réunification. Voilà, en manipulant les Nations Unies, la CEDAO et l'Union africaine ont abouti à un échec total sur le cas de la Côte d'Ivoire et cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Il n'y a pas d'objectif, il n'y a pas d'idéal de paix, mais il n'y a que les réseaux d'intérêts qui comptent et cela aboutit à ce que l'on voit aujourd'hui en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire un pays bloqué par la faute des États-Unis et de la France. Ils méprisent les institutions dont la Côte d'Ivoire s'est dotée et qu'elle a calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis, et qui ont déjà statué dans des cas précis, comme l'élection de Monsieur Bush face à Monsieur Al Gore, pour laquelle personne n'a rien eu à redire dans le monde puisqu'il s'agissait d'une question de souveraineté. Mais lorsqu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, puisque c'est un petit pays, peut-être pensent-ils que le président Gbagbo n'est pas de leur réseau ? Peut-être pensent-ils qu'il faut le faire partir et bafouer d'une façon grossière les grands principes qui régissent le monde, c'est-à-dire la souveraineté des Etats et les grands principes qui disent que les peuples doivent disposer d'eux-mêmes ? Il est complètement scandaleux que le président Sarkozy, les ambassadeurs de France et des États-Unis, interviennent d'une façon aussi peu subtile, aussi peu fine, dans les institutions d'un pays souverain. À l'heure où je vous parle, l'ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision (RTI) et d'autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c'est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n'a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l'indépendance.

Dans un territoire qui a un maître, en d'autres temps, on appellerait cela un acte de guerre...


Oui, c'est un acte de guerre. Étant donné que nous n'avons pas d'outrage, il y a certaines choses qui sont tolérées... pour l'instant.

Pour avoir des clefs de compréhension sur ce qui pourrait, peut-être, se passer dans quelques jours : on lit sur Internet certains messages expliquant que vos opposants pourraient envoyer des bataillons d'enfants au premier rang avec, derrière, les forces rebelles armées, pour éventuellement créer la pagaille dans Abidjan et forcer l'armée à réagir devant les caméras de télévision pour montrer à l'opinion publique mondiale que l'armée du président Gbagbo s'attaque à des enfants... Que pensez-vous de cela ?

Nous sommes sur le terrain, je ne crois pas qu'ils puissent en arriver là. S'ils en arrivaient là, vous êtes là pour juger, cette affaire fait déjà le tour du monde. Vouloir mettre les enfants en tête pour ensuite accuser l'armée ivoirienne, qu'ils en prennent la responsabilité. De notre côté, nous ferons tout pour qu'ils n'en arrivent pas là. Ce ne sont pas des méthodes classiques de lutte pour le pouvoir.

Enfin, Paul Collier, professeur à l'université d'Oxford, souligne que l'Occident estime que son modèle de démocratie peut être dupliqué dans d'autres territoires qui n'ont pas toujours la même culture ou la même problématique de population. Or, il considère que l'on continue de se tromper. Cette crise ne révèle-t-elle pas ce problème ?

Oui, on aurait même pu l'accepter et nous l'acceptons en tant que tel. Mais quand on fonctionne au gré de ses intérêts, on bafoue ce modèle occidental. L'exemple de la Côte d'Ivoire est clair et net. Il y a des institutions, la Commission électorale siège de façon collégiale et par consensus, mais ceux qui prônent le modèle démocratique se mettent hors la loi quand le fonctionnement des institutions ne les arrange plus. Ils emmènent le président de la Commission électorale indépendante dans le QG de campagne d'un des candidats. C'est incroyable ! C'est la première fois au monde que cela arrive ! Ensuite, on conteste l'arbitrage du Conseil Constitutionnel, alors que dans leur propre démocratie c'est ce qui s'est fait. Même en acceptant leur modèle, ils agissent au gré de leurs intérêts. Finalement, ils n'ont pas d'idéal et de modèle. L'opinion publique est très forte dans leur pays et ils sont donc obligés de respecter le modèle démocratique dans leur pays. Mais dans les pays les plus faibles, je crois que leur modèle est finalement la dictature. C'est pourquoi je pose le problème de la gouvernance mondiale qui est complètement à la dérive aujourd'hui, par la faute des États-Unis et de la France, dans le cas de la Côte d'Ivoire.



Propos recueillis par Yannick Urrien.

 

Source: KERNEWS.FR

VOUS AVEZ DIT: "ACQUIS A SA CAUSE"?


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La communication de Ouattara et de ses soutiens est axée sur un pivot unique : décrédibiliser le conseil constitutionnel, ce qui justifierait que Choi et l'ONU et à leur suite la communauté internationale s'accrochent aux résultats "proclamés" par Bakayoko au nom de la CEI.

Ce pivot est exprimé dans leur discours et dans celui des agences de presse par cette phrase «  Gbagbo a été déclaré vainqueur par un conseil constitutionnel acquis à sa cause » dont les trois derniers mots sont systématiquement repris dans toutes les dépêches de l'AFP.

Je crois urgent de revoir notre propre communication, qui est un peu désordonnée et va dans tous les sens pour la recentrer sur quatre axes :

un premier axe, simple et fort : Ouattara a été proclamé vainqueur par un Bakayoko partisan, tout comme l'ensemble de la CEI, presque exclusivement composée de membres du RHDP allié de la rébellion et soutenant Ouattara :

Dans le présidium de la CEI, le président Bakayoko et trois autres vice-présidents sont du RHDP et de la rébellion, soutiens de Ouattara ; 1 seul vice-président est de LMP;

Dans la commission centrale de la CEI, le RHDP et les mouvements rebelles soutenant Ouattara détiennent plus des ¾ des sièges

Toutes les 19 CEI régionales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara;

380 des 415 CEI locales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara

Deuxième axe de communication simple : la proclamation de résultats par Bakayoko est un non-évènement juridique car nulle dans la forme et le fond :

La CEI n'ayant pu proclamer de résultat dans le délai impératif de 3 jours, était forclose et dessaisie d'office au profit du conseil constitutionnel lorsque Bakayoko s'est exprimé ;

Bakayoko n'étant pas, in personae, une institution, en l'occurrence la CEI, il n'a pu dès lors se prononcer qu'à titre personnel et sous sa seule responsabilité, les propos tenus n'émanant ni n'engageant la CEI.

Seuls des résultats provisoires, donnés par le président de la CEI agissant en cette capacité et dans les délais (3jrs) et formes imposées par la loi auraient été susceptibles d'engager la CEI, savoir :

o Au siège de l'institution : en l'espèce, le fait pour le président de la CEI de s'exprimer solitairement au siège même du RHDP est gravissime et révélateur d'une collusion manifeste rendue évidente par l'appartenance du candidat ADO et de Bakayoko au même RHDP ; ce fait n'est rien d'autre qu'une action solitaire et personnelle ;

o Entouré des vice-présidents, des commissaires centraux et des représentants des candidats, lesquels étaient absents

Les « résultats » donnés par Bakayoko sont des résultats personnels, n'engageant pas la CEI, car non validés selon le mode opératoire adopté ; il faut donc conclure que la CEI n'a jamais donné de résultats provisoires.

Troisièmement : les résultats de la CEI, même lorsqu'ils sont légalement proclamés, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ne sont que des résultats PROVISOIRES par nature donc INACHEVES et comme tels, ils sont dépourvus de toute valeur légale :

La CEI, qui est un simple organe administratif, ne proclame que des résultats retraçant une compilation des votes, lesquels sont par nature provisoires puisque soumis au contrôle a posteriori aussi bien des candidats que du Conseil constitutionnel. En effet, dès la clôture du scrutin s'ouvre automatiquement et nécessairement la période du contentieux électoral qui est du ressort exclusif du conseil constitutionnel, laquelle période ne s'achève que par  la publication des résultats définitifs dans la forme d'une décision juridictionnelle ayant force de chose jugée irrévocable. Cette période du contentieux électoral comporte deux délais impératifs sanctionnés par la forclusion :

Le premier, s'ouvrant à la clôture du scrutin, est de 3 jours et doit permettre aux candidats de déposer leurs éventuels recours auprès du conseil constitutionnel : c'est d'ailleurs pour cela que la CEI doit impérativement avoir achevé la publication de ses résultats dans le même délai, faute de quoi elle mettrait les candidats dans l'impossibilité d'exercer leurs recours à temps ;

Le deuxième, d'une durée de 7 jours, court à compter de l'expiration du premier délai et est celui dans lequel  le Conseil constitutionnel automatiquement saisi, doit remplir sa mission juridictionnelle de contrôle du processus électoral; d'office ou sur plainte de candidats malheureux, il peut prendre toute décision pouvant affecter les résultats provisoires proclamés par la CEI, y compris leur annulation totale ou partielle ;

Enfin, la position actuelle adoptée par l'ONU est une grave atteinte à la souveraineté nationale de la Côte d'Ivoire et à la charte des nations unies, car:

Portant atteinte au processus électoral en « certifiant » une élection inachevée, au stade des résultats provisoires, alors que le processus électoral commence par l'établissement des listes électorales et s'achève par la proclamation définitive des résultats par le conseil constitutionnel ;

Portant atteinte à la constitution ivoirienne en prétendant ignorer la proclamation définitive de résultats de l'élection présidentielle par la plus haute juridiction de cet Etat souverain ;

Portant atteinte à la déclaration du conseil de sécurité qui, à la suite de la proclamation (illégale et hors délai) des résultats provisoires par M. Bakayoko, avait expressément appelé les candidats à porter leurs éventuelles réclamations devant le conseil constitutionnel selon les voies légales auxquelles ils se sont engagés à recourir ;

Constituant un grave précédent juridique, une jurisprudence qui, si elle était maintenue, pourrait désormais être imposée à tout Etat membre et à tout gouvernement de par le monde !

N'oublions pas : on a tous un Ouattara chez soi! A bon entendeur..., salut !

 

Source: PIAN! IVOIRE-BLOG.COM