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lundi, 29 août 2011

RECONNAISSANCE DES REBELLES LIBYENS: OUATTARA S'INVITE A LA «SOUPE POPULAIRE»



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Comme bien d'autres pays, la Côte d'Ivoire vient de reconnaître les rebelles libyens regroupés au sein du Conseil national de transition (Cnt). Dans l'ordre normal des choses.


Le bal des vainqueurs est à son climax. Et il ne fait pas bon de se tenir à l'écart quand on sait d'où on vient et grâce à qui on est là où on est. Les grandes capitales du monde, qui ont porté à bout de bras les rebelles libyens, saluent la «chute» du Guide libyen Mouammar Kadhafi. Certains pays comme la France, rappellent à qui veut l'entendre qu'ils ont été les premiers à reconnaître les rebelles. Ce n'est pas fortuit, le partage du gâteau est pour bientôt. Le chef des rebelles a dans ce sens promis récompenser, lors de la reconstruction du pays, les Etats ayant aidé les rebelles en '' fonction du soutien''. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la course à la reconnaissance du CNT. Ainsi du gouvernement ivoirien qui, par la voix du ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, «décide en conséquence de reconnaitre le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen pour conduire une transition politique en Libye». En clair, la Côte d'Ivoire, pays de démocratie, reconnait la prise de pouvoir de rebelles. Doit-on s'en étonner ou s'en offusquer ? Certainement pas. Pour qui connaît les méthodes et le pedigree des nouveaux hommes forts d'Abidjan, c'est dans l'ordre normal des choses. Point besoin de rappeler qui a pris les armes contre la mère patrie en 2002, ou encore qui a financé la rébellion - de l'aveu d'un des commandants de la nouvelle armée qui a récemment donné des cours de «babiè» à des dames en détresse - pour s'en convaincre.

Pour justifier cette décision qui s'apparente à du suivisme, le régime Ouattara invoque entre autres, «la justesse et la pertinence du CNT dans la défense des intérêts du peuple libyen et dans sa quête du soutien de la Communauté internationale et du gouvernement ivoirien» ; «les massacres des populations civiles, les atteintes massives aux droits de l'homme». Des maux qu'on retrouve dans la Côte d'Ivoire d'après crise post-électorale, censée écrire une page blanche. Des maux dénoncés dans les deux pays par les organisations de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch et Amnesty international. C'est connu, les oiseaux de même plumage volent ensemble. Les Ivoiriens ne sont pas dupes.


Gérard Koné

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo