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vendredi, 12 octobre 2012

DEBUT 2013, OUATTARA AUGMENTE LE PRIX DU CARBURANT ET DE L’ELECTRICITE

 

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 Mines des mauvais jours!!! Lundi 1er octobre 2012. Abidjan. Palais de la présidence. Alassane Ouattara accorde une audience à une mission du FMI conduite par M. Michel Lazare, Sous-Directeur du Département Afrique.

 

C’est l’un des rarissimes sujets qui met d’accord toutes les sensibilités médiatiques ivoiriennes. Dans leurs livraisons d’hier (mardi 2 octobre 2012, Ndlr), la presse ivoirienne, toutes tendances confondues, a parlé d’une même voix: les prix de l’électricité et du carburant vont connaitre une hausse!

L’information émane de la rencontre entre les autorités ivoiriennes et les envoyés du Fmi avant-hier lundi 1er octobre. Michel Lazare, sous-directeur Afrique dudit organisme et tête de la délégation hôte a en effet signifié à Alassane Ouattara qu’il doit absolument augmenter le prix du pétrole et du courant électrique. Et cette exigence des puissances économiques qui régentent le monde doit entrer en vigueur dès 2013. 

« Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux pressions exercées par la hausse mondiale des prix de l’énergie notamment sur les mécanismes d’ajustement, de fiscalisation et de subvention des prix des produits pétroliers (...) », professe Michel Lazare. Traduisons en des termes simples les exigences de la délégation du Fonds monétaire international. Il y a une hausse mondiale du prix de l’énergie, le courant électrique y compris.

Par conséquent, l’Etat de Côte d’Ivoire doit faire des « efforts supplémentaires », c’est-à-dire augmenter le prix du courant, afin de pouvoir faire face aux exigences de cette hausse. Comment augmenter le courant? Michel Lazare donne la recette: augmenter la fiscalité, faire des ajustements, etc. Autrement dit, dès 2013, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), filiale de la multinationale française Bouygues, va augmenter le prix du courant. Ça va chauffer dans les poches!

Il ressort des échanges avec le régime d’Abidjan que les envoyés de Christine Lagarde ne sont pas contents des autorités ivoiriennes car les augmentations devraient être faites depuis bien longtemps. Mais elles ont trainé jusqu’à ce jour. D’où la « nécessité » des efforts qui doivent être faits début 2013.

Face à ces exigences, le gouvernement  Ouattara, qui n’a d’autre choix que de se conformer aux desiderata des puissances économiques, a montré son embarras. Les autorités sont en effet coincées entre le marteau des institutions de Bretton Woods et le soulèvement populaire que pourraient entrainer des telles mesures. « Le choix est difficile pour le gouvernement, nous voulons faire un choix conséquent », a avoué l’Argentier ivoirien. Qui s’est tout de même plié à la volonté de Michel Lazare et de sa délégation : «Ces mesures seront certes impopulaires mais elles seront comprises avec le temps», s’est-il résigné.

Les bénéfices engrangés par ces augmentations visent, si l’on en croit M. Michel, à « assurer un financement adéquat et pour l’accroissement de la production et l’extension du réseau de distribution, l’introduction de la flexibilité dans la détermination des prix des carburants, la maitrise de la masse salariale, etc. » Disons ça aussi en des termes accessibles à tous: les bénéfices serviront à la multinationale détentrice exclusive de l’exploitation de l’électricité en Côte d’Ivoire, la CIE, ainsi qu’aux exploitants du pétrole ivoirien à étendre leur réseau, et asseoir leur influence.

Hormis cela, la délégation du Fonds monétaire a aussi donné dans la mystification en pondant des chiffres qui ont fait sourire plus d’un dans la salle. En effet, selon le communiqué de presse de fin de mission, les experts occidentaux ont affirmé que « les résultats économiques au cours de la première moitié de l’année 2012 ont été meilleurs que prévus. » Mais l’Ivoirien lambda se demande de quels meilleurs résultats parlent ses hommes. On a du mal à se nourrir par manque d’argent, et quand il y en a, les prix des denrées alimentaires sont hors de portée des bourses.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du mercredi 3 octobre 2012.

dimanche, 30 septembre 2012

INSCRIPTION EN LIGNE: L’ECOLE IVOIRIENNE EST DEVENUE LA POULE AUX ŒUFS D’OR DU POUVOIR OUATTARA


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Le moins que l’on puisse dire avec les inscriptions en ligne instituées par le régime d’Alassane Ouattara, c’est que l’école ivoirienne est devenue un lieu où des opérateurs économiques privés peuvent venir se faire du sou. Beaucoup de sous. Pas en investissant dans la construction de salles de classe, de matériels didactiques ou quelque autre aspect de l’école mais en servant de paravent aux pontes du pouvoir pour empocher des milliards.

De fait, cette année, ce n’est plus un seul opérateur qui se charge d’enregistrer les inscriptions en ligne des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire pour la rentrée 2011-2012. Ils sont désormais trois: Celpaid, MTN et Orange. Officiellement, les deux derniers, opérateurs de téléphonie mobile qui règnent en maitres sur le marché national du cellulaire, ont été recrutés après appel d’offres. Si nous n’en savons pas grand-chose sur cet appel d’offre, nous savons en revanche que le premier, c’est-à-dire Celpaid, est la propriété du cadre Rdr et ministre de la Construction, Sanogo Mamadou créé à cet effet.

Le passage d’un à trois opérateurs pour les inscriptions peut s’expliquer: l’année dernière, la manne récoltée par le pouvoir dans cette affaire s’élève à 3,651 milliards FCFA. De quoi susciter l’appétit d’autres proches du pouvoir qui y voient là l’occasion de s’enrichir. Et les sociétés de téléphonie servent de parfaits paravents.

Au fait, depuis l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir le 11 avril 2011, le pouvoir RDR a institué une inscription en ligne dans les écoles ivoiriennes. C’est-à-dire que tous les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire doivent désormais effectuer leurs inscriptions via internet, sur des plateformes que les opérateurs économiques susmentionnés ont mis sur pied à cet effet. Ces derniers travaillent en étroite collaboration avec le pouvoir qui y tire de consistants dividendes. Sinon comment expliquer l’augmentation de 500 F advenue cette année sur les inscriptions?

En effet, l’inscription qui était de 5.500 F l’année dernière est passée à 6.000 F cette année. Sur les motifs de l’augmentation, aucune explication n’est donnée officiellement. Ainsi donc, les opérateurs privés peuvent empocher les 500 F des milliers de jeunes Ivoiriens à qui les parents ont déjà du mal à assurer le pain quotidien.

Sur l’institution même de l’inscription en ligne, le ministre en charge de l’Education nationale, Kandia Camara, avance que l’objectif est de lutter contre les recrutements parallèles dans les établissements scolaires, éviter les braquages des économats, etc. 

Cette ambition aurait été louable si elle n’avait pas servi de prétexte - qu’il ne serait pas faux de qualifier de malsain – à des hommes tapis dans l’ombre. C’est assez choquant de savoir que l’école qui fait partie des prérogatives régaliennes de l’Etat, les inscriptions dans les écoles publiques et privées sont confiées à des milieux d’affaires privés. 

En effet, pour les besoins de la cause, c’est un cadre Rdr, ministre de la Construction, Mamadou Sanogo, qui crée une société dénommée Celpaid chargée d’enregistrer les souscripteurs. L’appel d’offres qui, selon le ministre Kandia Camara, aurait servi à recruter les deux autres opérateurs pue la magouille à mille lieues. Sinon la logique aurait voulu que l’opération débute par un appel d’offres, ce qui n’aurait certainement pas placé Celpaid en pôle position comparativement aux deux nouveaux opérateurs.

A cela, il faut ajouter qu’aucun chef d’établissement n’a été associé à cette décision. Un fondateur d’établissement que nous avons interrogé lors de notre micro trottoir réalisé en début de semaine n’a pas manqué de décrier cet état de fait. « L'initiative est louable. Mais, il aurait été judicieux d'associer à cette décision l'avis des chefs d'établissements privéIls sont aussi indispensables. Sinon comment expliquer à des parents qu’une inscription qui leur a coûté 5.500 F l’année dernière, on leur demande aujourd’hui de payer 6.000 F pour la même opération ? Mais en plus, est-ce que l’Etat donne la latitude à chaque chef d’établissement de choisir l’opérateur avec qui il veut traiter vu qu’ils sont aujourd’hui trois? A mon humble avis, je crois qu’il y a encore des choses à éclaircir si on veut accorder du crédit à cette opération d’inscription en ligne», se désole M. M. S. Michel, fondateur d’école dont nous taisons le nom de l’établissement.

Plus grave, les élèves payent mais le reçu de paiement ne porte aucune signature. « Personnellement je ne comprends plus rien. J’ai payé 6.000 F à la comptabilité dans un collège de Bingerville pour l’inscription en ligne de mon enfant. On me remet un reçu sans indiquer l’opérateur qui s’occupe de l’enregistrement en ligne », témoigne un autre parent d’élève.

Le plus aberrant, c’est que l’inscription en ligne pour la rentrée à l’Université est imposée aux élèves de Terminale sans que ceux-ci ne soient assurés d’obtenir le Baccalauréat. Vous avez dit privatisation de l’école?


Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui ».

samedi, 08 septembre 2012

C’EST QUEL TREILLIS ÇA?

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L’histoire que vous lisez est vraie. Elle s’est passée à l’aéroport international FHB. Un voyageur, surpris de voir une tenue bizarre sur un homme – il avait pensé à un vigile – s’approche de lui et lui demande : « Excusez monsieur, c’est quelle tenue, ça ? » Et l’homme de lui répondre : « C’est la nouvelle tenue de la gendarmerie. ». « Aaah, c’est vilain hein ! », lance-t-il à nouveau. « Ah, c’est ça vous avez vu-là. », s’enquit le gendarme. L’homme se mit à rire sous cape devant le regard déçu de l’homme en tenue. Ce dernier avait mal à sa tenue. Il était évident qu’il n’ose pas en parler et qu’il n’osera jamais se plaindre, astreint qu’il est aux règlements rigides de l’armée. Mais nous au moins pouvons en parler.

Nous-mêmes reconnaissons que nous ne sommes pas spécialistes de la question. Mais a-t-on besoin d’être cordon bleu pour apprécier un bon plat ? Quelle est cette tenue bizarre et inutilement dévoileuse que le régime fait porter aux forces dites républicaines ? Une tenue militaire est d’abord et avant tout une tenue de camouflage. Elle est censée fondre le soldat dans la nature, le cacher d’une certaine manière, l’exposer moins aux regards. C’est cette idéologie qui a toujours et de tous temps sous-tendu l’habillage des forces armées partout dans le monde. Une tenue militaire est toujours adaptée au milieu dans lequel elle est portée. Un peu comme le caméléon. Ainsi, le soldat mauritanien s’habillera dans une tenue adaptée aux dunes de sable. Un alpiniste français sera en vert à cause de la végétation uniquement composée d’alpes. Un russe sera en blanc pour mieux se camoufler dans la neige en hiver.

Qu’en est-il sous Ouattara en Côte d’Ivoire ? Après avoir semé la graine de la méfiance en accusant les ex-Fds dans les récentes attaques contre les Frci, il a jugé utile de se payer leur tête à tous en les habillant de telle sorte qu’ils soient repérables partout. Les raisons qui pourraient expliquer cette légèreté sont les suivantes : Ado ne connait rien dans le domaine militaire. C’est pourquoi il passait, par exemple, son temps à brocarder les forces armées nationales quand Gbagbo se gardait de le faire même quand celles-ci posaient des actes incompréhensibles à vue. Ensuite, il a une milice pour sa propre sécurité. Notre vie à tous, soldats y compris, ne l’intéresse que très peu.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

EXACTIONS ET CRIMES EN COTE D’IVOIRE: OU EST L’EGLISE CATHOLIQUE?

 

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Trop amorphe

 

Au-delà de l’Eglise catholique, ici spécifiquement interpellée par le quotidien «Aujourd’hui», c’est toute la société ivoirienne qui est prise à témoin devant les graves exactions et crimes subis par les Ivoiriens, ces dernières semaines, de la part du régime en place, et ce sont nos valeurs morales, culturelles et spirituelles qui sont interrogées face au silence assourdissant qui couvre toutes ces dérives inacceptables. C’est au point où on se demande s’il y a dans ce pays des chefs coutumiers, des autorités religieuses ou d’autres objecteurs de conscience. Tous font le mort. Quand ces crimes auront enfanté ce qu’ils doivent enfanter, chers messieurs et dames aphones, vous en serez tenus pour co-responsables. Devant l’Histoire. A bon entendeur… Bonne lecture !

 

Si nous n’avons pas qualité et autorité pour porter un jugement sur les agissements de l’Eglise catholique en Côte d’Ivoire, nous pouvons tout de même nous permettre de porter un regard critique sur elle. Pour trois raisons. Primo, elle est la plus vieille confession chrétienne installée en Côte d’Ivoire. Secundo, elle se veut un garant moral et spirituel de la société. Tertio, elle est la lampe censée éclairer le monde conformément aux Saintes Ecritures.

Alors pour coller à l’actualité, nous nous permettons de poser les questions qui suivent : où est l’église pendant qu’on massacre des Ivoiriens à l’Ouest ? Où est l’église pendant que des hordes de voleurs, d’expropriateurs, de vandales, de néo-colons, etc, envahissent, exproprient et pillent l’Ouest comme des criquets migrateurs ? Où est l’église quand le politique tue l’intelligentsia à travers des mesures que même les pays les plus pauvres de la terre n’ont jamais envisagées pour leur jeunesse ? Où est l’église quand les Frci s’adonnent aux violations graves des droits les plus élémentaires de l’Homme ? Où est l’église quand les détournements et autres magouilles de ceux qui nous dirigent sont érigés en sports nationaux ? Le constat que l’Ivoirien lambda fait est clair et sans appel : l’église est devenue aphone.

Or, le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Cette attitude, bien d’hommes de Dieu l’ont refusée et ont joué franchement leur rôle de conscience sociale. L’exemple le plus récent est Mgr. Tumi, l’Archevêque métropolitain de Kinshasa qui a dénoncé ouvertement et vertement sur Rfi le flou artistique qui a entouré les élections et qui a servi de prétexte au couple France-Onuci pour intervenir violemment dans une affaire qu’eux-mêmes ont qualifiée d’ivoiro-ivoirienne. Où a-t-il eu ses informations ? Du clergé ivoirien qui, lui, a apparemment opté pour le ni vu ni connu !? Pourquoi ce silence là où tous les Ivoiriens attendent de la mère de toutes les églises une interpellation claire et sans fioritures des autorités pour leurs propos justifiant les exactions ? Cela pose – encore une fois – le problème évident de la crédibilité de l’Eglise et des chrétiens en Côte d’Ivoire comme le souligne la Commission épiscopale de l’action et de l’apostolat des laïcs.

L’amorphie qui semble s’être emparée de l’église et le mutisme derrière lequel elle s’est muré ne sont pas faits pour arranger les choses. Vivement, la renaissance !

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

LE RDR PEUT-IL CASSER LE FPI, LE PARTI DE LAURENT GBAGBO?


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Le Rassemblement des républicains (Rdr), parti au pouvoir, est décidé à briser son rival le Front populaire ivoirien (Fpi) par tous les moyens. Après s’être donné les moyens de réduire au silence le géant aux pieds d’argile qu’est le Pdci version Konan Bédié. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons. Intimidations de toutes sortes, répression des meetings, agressions, enlèvements, arrestations, emprisonnements, etc, tout y passe.

Mais au lieu de faire capituler le Fpi, au contraire les méthodes sauvages du pouvoir ne font que ragaillardir l’opposition significative. Lorsque le régime constate l’inflexibilité du parti de Laurent Gbagbo quant à sa ferme volonté de participer au débat politique, il change de stratégie. Le jeu consiste désormais à le décapiter en mettant aux arrêts tous ses responsables. Pour ce faire, les arguments les plus farfelus sont fabriqués depuis les laboratoires de la rue Lepic: atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, vol aggravé, etc. En tout cas pour Alassane Ouattara et ses acolytes, il faut casser vaille que vaille le front populaire ivoirien. Mais en ont-ils seulement les moyens ? En sont-ils capables ? Non, ils n’en ont pas les moyens !

D’abord l’histoire récente de la Côte d’Ivoire est là qui rappelle à la mémoire collective que tenter de faire disparaitre un parti es la plus grave erreur politique qu’un pouvoir puisse commettre. Konan Bédié qui pratique à ce jour un suivisme dégoûtant et humiliant pour le Pdci en sait quelque chose. En effet, c’est lui qui a emprisonné toute la direction du Rdr en 1998, suscitant ainsi un regain de vitalité de ce parti et même la sympathie de toute la Côte d’Ivoire pour Henriette Dagri Diabaté, alors secrétaire générale du Rdr.

Rancunier et sans grand bagage politique, il s’acharne sur son opposition par les brimades en tous genres, faisant ainsi la publicité d’un parti qui n’avait rien d’autre à offrir aux Ivoiriens que l’incivisme et la violence. La suite, on la connait. Lorsqu’il chute brutalement sous les coups de boutoirs de Ouattara (voir Le Patriote N°58 du 13 septembre 1999), c’est tout le peuple qui applaudit sa chute. Même ses propres partisans ont ri sous cape. Face à cet enseignement de l’histoire, Ouattara n’osera pas commettre la même erreur. Sauf s’il est frappé de cécité ou aveuglé par la haine viscérale qu’il n’a jusque-là pas cessé de manifester envers l’opposition.

Par ailleurs, le Front populaire lui-même est né dans l’adversité comme aimait à le dire Laurent Gbagbo, son fondateur. Que n’a pas fait le tout-puissant Houphouët-Boigny pour faire taire l’impénitent de Gbagbo qui osait le critiquer quand tout le peuple se prosternait devant lui ? Le contexte de feu dans lequel évolue le Fpi lui forge une carapace telle qu’il n’y a aucune adversité qui soit au-delà de ses forces. Il l’a prouvé par neuf pendant son règne.

En dix années de gouvernance, en effet, avec un panier à crabes en guise de gouvernement et un pays coupé en deux, l’enfant de Mama a tenu correctement le pays avec des finances assainies, les salaires régulièrement payés, les dettes intérieure et extérieure honorées, de grands chantiers entrepris. Dans cette situation pas évidente, l’opposition est ménagée avec un financement conséquent. Même pour le Rdr, absent à l’Assemblée nationale. Alors que cette opposition fait montre d’un incivisme qui paralysait toute entreprise politique, LG surmonte avec brio les difficultés du moment. A son génie qui transforme toute difficulté en opportunité, Gbagbo sait communiquer avec son peuple. Cela lui vaut la profonde sympathie et la popularité qui ne cessent de grandir au sein des populations y compris dans les rangs mêmes du Rdr.

Aujourd’hui encore, avec l’épée de Damoclès que le pouvoir fait peser sur le Fpi, le parti est plus que jamais debout. Tenez, pendant que le régime procède à des enlèvements ou à l’arrêt des responsables frontistes, le Fpi, comme une hydre repousse à chaque fois et continue de fonctionner comme si de rien n’était. C’est dans cette atmosphère politiquement empestée que le Front populaire prévoit une conférence, des meetings et fait des déclarations. Le message que ce parti livre est on ne peut plus clair: si le serpent ne nous a pas fait peur, ce n’est pas le ver de terre qui nous effrayera.

 

Pascal Bellasset, in le quotiden ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.