topblog Ivoire blogs

lundi, 09 juillet 2018

CRISE DU PARTI UNIFIE AU PDCI - LA POLITIQUE DU VENTRE VA PERDRE LA COTE D'IVOIRE

 

ADJOUMANI KOBENAN KOUASSI.jpg

 

C’est hallucinant de voir presque tous les cadres du PDCI en poste dans l’administration, basculer du côté d’Alassane Ouattara, c’est-à-dire du nouveau mouvement créé par le ministre Adjoumani Kobenan Kouassi, « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Un courant visant selon son auteur, à œuvrer à la mise en place d’un parti unifié du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, RHDP, alors même que son parti, le PDCI, membre de ce groupement politique, « ne permet pas et n’admet pas en son sein des courants formellement constitués ». Et plus, il a déjà clos ce débat à l’occasion du Bureau politique du 17 juin 2018 où, « démocratiquement et souverainement » les militants ont statué sur l’Accord Politique pour la création d’un Parti Unifié dénommé RHDP (…) et il a été demandé « que chacun des militants observe, de façon scrupuleuse, dans la discipline et le respect, les décisions des organes du Parti. » Et la décision majeure, c’était que le PDCI voulait demeurer PDCI et non disparaître et ne parlera de parti unifié qu’après les élections de 2020. Parce que le PDCI aura son candidat à ces joutes.

Mais voilà qu'Adjoumani Kobenan Kouassi, ministre des Ressources animales et halieutiques et ses amis, qui veulent effacer le PDCI, formation mythique d’où est sorti le RDR de Djéni Kobena, au profit du RDR d’Alassane Ouattara, ce dernier candidat présumé à un troisième mandat, créent un courant, pour faire ce que leur parti ne veut pas : "Nous nous engageons à sensibiliser les bases du PDCI pour adhérer au parti unifié", explique Adjoumani le mardi 3 juillet 2018, à l'Ivoire golf-club, à Cocody, au lancement de son mouvement. 

Il s’agit de forcer la main à leur parti ou de le déstabiliser de l’intérieur. Et cela, parce qu’ils veulent faire carrière dans la jouissance étatique grâce à une reconnaissance bien rémunératrice de Ouattara. Et ils étaient nombreux, les ministres PDCI, directeurs, diplomates, etc., à la cérémonie de présentation de « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Car Ouattara ne cesse d’agiter le spectre d’un remaniement ministériel visant à écarter des éléments qui ne seraient pas favorables au parti unifié, garant de sa longévité à la tête de la Côte d’Ivoire. Alors on renie son parti et on est même prêt à le combattre pour le bonheur de Ouattara qui tient pour l’heure, le cordon de la bourse. Oui, la bourse ! C’est elle qui est si capable de faire perdre son âme à un intellectuel supposé.

Sur les traces de quel Houphouët-Boigny ?

Sur les traces d’Houphouët-Boigny ? Mais sur les traces de quel Houphouët-Boigny ? Quel Houphouët-Boigny n’aurait pas craint de liquider sa propre œuvre, le PDCI-RDA, pour de l’aventure ? Quel Houphouët-Boigny se serait renié aussi aisément ? Quel Houphouët-Boigny se ferait hara-kiri en détruisant sans regret, son instrument de combat historique, qu’il a construit au prix de mille efforts et pendant un demi-siècle ? Sur les traces de quel Houphouët-Boigny Adjoumani prétend être, en semant la zizanie dans sa famille politique ? N’est-ce pas là, une injure à Houphouët-Boigny que de faire croire que le premier Président de la Côte d’Ivoire serait capable d’effacer le PDCI-RDA, l’œuvre de sa vie, héritage de millions de générations, au profit d’Alassane Ouattara ? De quel Houphouët-Boigny parle Kouassi Adjoumani avec une telle légèreté ? On comprend que par ces temps difficiles, l’on peut se tromper de « traces ». Et Adjoumani s’est certainement trompé en prenant les traces d’un caméléon, d’un félon, pour celles d’Houphouët-Boigny, un homme resté constant toute sa vie. La direction du PDCI a bien raison de s’indigner de l’acte de l’ancien porte-parole du président Bédié. 

Les moyens de ses convictions

Voilà l’un des problèmes majeurs que connaît la Côte d’Ivoire ! Des cadres qui, pendant plus de dix ans pour certains, gèrent librement, et même « goulûment » des affaires de l’Etat, mais n’ont pas su épargner ou investir pour financer plus tard leur autonomie, leur fidélité à leur parti et à leurs convictions politiques… Les voilà donc qui chavirent massivement, pour leur confort digestif, sans considérer qu’ils mettent ainsi en difficulté leur président, Henri Konan Bédié. Quand ils agissent ainsi, ne voyant que leurs intérêts matériels, alors que Ouattara, pour lequel ils n’ont plus de lucidité, plonge le pays dans le 36e dessous, que peut-on espérer de cette catégorie de cadres ? Que Ouattara brade la Côte d’Ivoire, qu’il la donne à un franc symbolique à des amis d’ici et d’ailleurs, cela ne les offusque aucunement pas, tant que leurs avantages seront saufs. 


A qui irions-nous donc, comme dirait l’autre, si le pays finance les études de ses enfants pour l’aider à soigner ses intérêts, sauver son honneur, sa souveraineté, assurer son développement et le protéger en toutes circonstances, et qu’au lieu de cela, ceux-ci le trahissent de la sorte ? A qui irions-nous ? 

C’est là, la différence entre les cadres pro-Gbagbo et certains qu’on peut trouver dans tous les partis politiques, citoyens véritablement de conviction, et ces personnes guidées par autre chose : le diktat de la panse. Car ils sont nombreux ces cadres qui, depuis le 11 avril 2011, sont écartés de l’activité rémunératrice, et même jetés en prison ou en exil. Ils sont maltraités, affamés, parce que FPI et/ou pro-Gbagbo, mais ils restent fidèles à leur parti, leurs convictions et leur combat aux côtés de leur leader Laurent Gbagbo.

C’est du côté de cette catégorie de cadres que se trouve l’espoir. Sinon, cette crise du parti unifié à laquelle nous assistons au PDCI-RDA, bâtie autour de la politique du ventre, risque de perdre toute la Côte d’Ivoire.

 

Eugénie Dallo

 

Source : L'Horizon Info

dimanche, 23 juin 2013

REVELATIONS DE LA LETTRE DU CONTINENT: BEDIE A VENDU LE PDCI A OUATTARA

 

côte d'ivoire,révélations de la lettre du continent,bédié a vendu le pdci à ouattara,henri konan bédié

Henri Konan Bédié, un homme politique pitoyable et sans vision, qui a réduit les destinées du PDCI-RDA à la satisfaction égocentrique de ses intérêts familiaux.

 

«Alassane Dramane Ouattara s'appuie sur Henri Konan Bédié pour étouffer toute velléité de candidature d'une personnalité forte sous la bannière du Pdci, à commencer par celle de l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny. Les deux hommes auraient ainsi convenu d'unir leurs formations - le Pdci et le Rdr - au plus tard avant la fin de 2014 pour permettre au président sortant de se présenter comme unique candidat ».

Cette révélation, qui fera assurément bouillonner de colère et de rage de nombreux militants du Pdci-Rda, émane de la publication La Lettre du Continent N°661 du 19 juin 2013. Si ce que le confrère parisien dit est exact, c’en est fini pour le parti politique créé en 1946 par Félix Houphouët-Boigny après moult sacrifices et luttes contre l’administration coloniale. Bédié aura ainsi tué l’héritage laissé par Houphouët. En faisant du Pdci, un parti quelconque à la remorque du Rdr.

Le Pdci sera devenu une formation politique sans âme ni ambition qui « étouffe toute velléité de candidature d’une personnalité forte sous la bannière Pdci, à commencer par celle de Charles Konan Banny » face à Alassane Dramane Ouattara afin que celui-ci soit un candidat unique à la présidentielle de 2015. En d’autres termes, selon La Lettre du Continent, Bédié a conclu un deal avec Ouattara pour que le Pdci sorte totalement des radars pour la gestion au premier plan de la Côte d’Ivoire.

Des observateurs avertis ont pensé qu’avec la gestion chaotique du pouvoir par Alassane Dramane Ouattara et les difficultés doublées d’injustices que vit le Fpi, le Pdci avait l’occasion en 2015 de reprendre le pouvoir qu’il a perdu par un coup d’Etat, en décembre 1999. Et jouer le rôle de réconciliateur véritable des Ivoiriens. Cette vision ne semble pas être celle d’Henri Konan Bédié qui a opté de vendre le Pdci au plus offrant, en l’occurrence, Alassane Dramane Ouattara qui entretient, a-t-on appris, Bédié et sa famille. Les intérêts personnels des Bédié ont visiblement triomphé des intérêts du parti légué par Houphouët.

C’est feu Djéni Kobenan, un des fondateurs du Rdr et premier SG de ce parti qui s’en réjouira du fond de sa tombe. Lui qui disait, dans les années 90, que le Rdr est né pour « réduire le Pdci en état de relique au Nord et de vestige au Sud ». Les récentes élections municipales et régionales controversées furent un avant-goût. En 2015, ce sera le clou total. Et Bédié y contribue. Au dire de La Lettre du Continent.


Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr


In le quotidien ivoirien "Notre Voie".

vendredi, 21 juin 2013

KKB SUR RFI: «MARCOUSSIS NE FAIT PAS PARTIE DES ORGANES DU PDCI. POUR ETRE PRESIDENT DU PDCI, IL FAUT AVOIR ENTRE 40 ET 75 ANS»

 

kouadIO KONAN BERTIN DIT KKB.JPG

 

«KKB sur RFI: “Marcoussis ne fait pas partie des organes du Pdci. Pour être président du Pdci, il faut avoir entre 40 et 75 ans”.

Boisbouvier: “Bedié doit donc partir?”.

KKB: “C’est pas moi qui le demande. Je pense que le prochain congrès du PDCI-RDA sera le rendez-vous des jeunes. Ou bien les jeunes prennent le pouvoir, ou bien ils font un roi. La moitié des secrétaires généraux ont mon âge, il y a un besoin de rajeunissement du PDCI-RDA.»

Il se nomme Kouadio Konan Bertin, mais il préfère qu'on l'appelle par ses initiales, KKB. Est-ce parce que ces trois consonnes claquent comme un étendard au vent?

A 44 ans, le président des jeunes du Parti démocratique de Côte d'Ivoire part à l'assaut de la citadelle Henri Konan Bédié, le président du PDCI. Surtout, il réclame un candidat PDCI face au candidat Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015.

De passage à Paris, et quatre mois avant le prochain congrès du PDCI, le député ivoirien répond sans détour aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI.

 

Source: Autre Presse

samedi, 15 juin 2013

LES CONTRE-VERITES DE BEDIE: MARCOUSSIS N'A PAS ABROGE LA CONSTITUTION

HENRI KONAN BEDIE.jpg


«Il s’agit des dispositions qui ont été prises à l’époque. Mais l’âge de 75 ans a été aboli, au niveau de l’Etat, de l’élection présidentielle à Marcoussis. Pour le prochain congrès, il s’agit de faire comme au niveau de l’élection présidentielle. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite d’âge pour la vie politique», répond Aimé Henri Konan Bédié à la question posé par le journaliste de Rfi relativement à la limite d’âge inscrite dans les textes de son parti concernant la présidence du Pdci.

Ainsi, pour Bédié, Marcoussis lève le verrou pour qu’il n’y ait plus de limite d’âge en politique. C’est bien une façon de dire tant qu’il est en vie, il pourra toujours demeurer à la tête de son parti, peu importe la force physique. Le président du Pdci évacue donc tout le doute sur son désir de se porter encore candidat au prochain congrès de son parti.

Bédié a raison, car un parti politique est une association privée. C’est une cuisine interne qui ne concerne que les militants de son parti. Si ceux-ci veulent d’un président à vie, ils s’inscriront dans cette dynamique à leur congrès. Mais il n’est pas normal que Bédié établisse un lien avec l’élection présidentielle. Car Marcoussis avait fait des faveurs momentanées et de façon exceptionnelles en raison de la crise.

Quand le président du Pdci se réfère à Marcoussis, cela voudrait dire que Marcoussis se substitue désormais à la loi fondamentale, la Constitution ivoirienne. Marcoussis ne régit pas le fonctionnement de la Côte d’Ivoire. La preuve, après Marcoussis, Laurent Gbagbo a fait usage de l’article 48 de la Constitution pour permettre à Ouattara d’être candidat de façon exceptionnelle.

Pour dire que Marcoussis ne doit pas servir d’éternelle boussole au fonctionnement de la Côte d’Ivoire. Qu’un ancien président de la République raisonne de la sorte, c’est faire preuve de méconnaissance de son pays et des lois qui le régissent. En tout état de cause, Marcoussis peut abolir la limite d’âge, mais l’être humain peut trouver que ses forces le lâchent et renoncer à un poste.

On l’a vu au Cameroun avec Amadou Ahidjo qui a quitté le pouvoir. En Afrique du Sud, Nelson Mandela s’est contenté d’un seul mandat, avant de renoncer au pouvoir. Tout près de nous, au Ghana, Jerry Rawlings a laissé le pouvoir. Au Sénégal, Léopold S. Senghor a su partir de la présidence de la République. Pourtant, ces personnes avaient la possibilité de mourir au pouvoir, mais elles ont trouvé qu’elles n’avaient plus l’énergie nécessaire pour rester à la tête de l’Etat.

C’est sur la présidentielle de 2015 qu’on attendait une clarification du Pdci. Est-ce que le Pdci, le plus vieux parti, aura un candidat ? «La politique, c’est l’art de l’impossible. Ce qu’on ne peut pas imaginer peut être la réalité». Telle est la réponse du président Bédié. Ce qui voudrait dire que, pour lui, il est fort possible que le Pdci ne présente de candidat pour la présidentielle 2015. C’est là une autre façon de dire que le Pdci peut s’abstenir de présenter un candidat en 2015.

Le raisonnement de Bédié donne raison à ceux qui le soupçonnent de vouloir liquider le Pdci au profit de la candidature d’Alassane Ouattara. Il veut préparer le terrain pour permettre à Ouattara de s’adosser au Pdci afin de se maintenir au pouvoir.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 Juin 2013.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

samedi, 25 mai 2013

ALLIANCE FPI-PDCI EN 2015: AMANI NGUESSAN REPOND A KONAN BEDIE


AMANI NGUESSAN MICHEL.jpg

«J’aurais trouvé qu’il triche», «Concernant Gbagbo, la vérité juridique est sue».

 

Suite à la réponse que Henri Konan Bédié, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, a donnée au FPI au sujet de l’alliance entre les deux partis, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo, Amani N’guessan Michel, a réagi, dans une interview qu’il nous a accordée par téléphone, ce vendredi 24 mai 2013. Aussi, il a donné son avis sur le verdict attendu du côté de la CPI concernant son mentor.


Que pensez-vous de la réponse que Monsieur Bédié a donnée face à l’appel du FPI à une alliance avec son parti, le PDCI?

Je pense que monsieur Bédié donne l’occasion aux deux partis de s’asseoir et de discuter, car aucune alliance sérieuse ne peut se réaliser sans discussions préalables. Monsieur Bédié engage déjà la discussion. C’est heureux de le constater. On ne va pas au mariage sans se dire la vérité. Nous pensons que c’est une bonne sortie qui augure des lendemains meilleurs.

Même quand il pose le problème de la sincérité du FPI, vous dites qu’il a raison.

Nous ne disons pas qu’il a raison, c’est un point de vue. La critique est partagée, c’est-à-dire qu’à deux, l’un et l’autre, on a des choses à se dire. C’est ce qui justifie la discussion pour clarifier les positions et les points de vue. Donc, ce que dit monsieur Bédié est une vérité pour lui mais qui peut ne pas être forcément notre vérité. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que nous devons savoir, au PDCI-RDA et au Front Populaire Ivoirien, aller à l’essentiel. Le pays est en danger, il faut le sauver. C’est cela l’essentiel. On peut discuter tout le reste.

A priori, le président Bédié ne vous ai pas favorable?

Je suis plutôt satisfait. Parce que si Monsieur Bédié ne donne pas son avis sur l’appel et surtout sur le Front Populaire Ivoirien, j’aurais trouvé même qu’il triche avec lui même et avec l’histoire. Car l’histoire politique en Côte d’Ivoire n’est pas aussi linéaire que cela. Il faut être honnête et reconnaître que nous avons combattu le parti unique et il y a des actes qui ont été posés. Aujourd’hui, l’heure est à la discussion pour apprécier tout cela. Monsieur Bédié ne peut pas dire qu’il n’a rien à dire. Moi, je suis heureux qu’il parle car, en effet, c’est lorsque qu’on lave les cœurs qu’on tisse un mariage solide.

A votre niveau, que reprochez-vous au PDCI qui vous accuse de l’avoir traité de ‘‘serpent’’ et d’avoir voulu le tuer par la création du Front Républicain?

Personnellement, je trouve que le débat sur l’alliance probable PDCI-FPI dans les journaux est malsain. Il faut s’asseoir, et en toute responsabilité, discuter. Ce n’est pas dans les journaux que nous allons tisser l’alliance. Il nous faut nous asseoir, nous reprocher ce que nous avons à nous reprocher réciproquement, et en tant que fils d’une même famille, être devant le danger qui nous guette tous. Nous devons savoir en tirer les leçons.

Pensez-vous que le PDCI répondra positivement à cet appel?

Je ne suis pas un devin, mais je suis sûr que monsieur Bédié, en acceptant de parler de l’appel, veut qu’on en discute. C’est déjà ça qui est important.

Quelles sont vos attentes relativement au verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo qui est pour bientôt?

J’ai toujours dit depuis le début de cette affaire que si c’est le droit qui est dit, monsieur Gbagbo doit être libéré. Mais tout le monde entier a découvert que c’est un procès politique. La CPI est l’instrument des grandes puissances qui, aujourd’hui, ont décidé de faire la guerre à certains chefs d’État africains d’une certaine vision. Peut-être que c’est leur droit, mais nous ne partageons pas la même vision. De ce point de vue, ils pourront décider tout ce qu’ils veulent. J’ai même dit quelque part qu’ils peuvent condamner monsieur Gbagbo, mais la vérité juridique est sue et chacun appréciera.

 

César DJEDJE MEL, in Linfodrome

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

jeudi, 16 mai 2013

KKB: «LE PDCI NE FAIT PAS BON MENAGE AVEC LES ARMES, LE RHDP A VOLE EN ECLAT!»

 

côte d'ivoire,kkb kouadio konan bertin,pdci-rda,rdr,n'guessan joël,kkb le pdci ne fait pas bon ménage avec les armes,le rhdp a volé en éclat,rhdp,fpi

 

Kouadio Konan Bertin, KKB, a dit: (…) «Le PDCI ne peut plus porter à bout de bras le Rhdp. Le RDR est loin d’être le 1er parti de Côte d’Ivoire. Le PDCI ne rejette pas l’appel du FPI qui fera l’objet de débat et de réflexion à son congrès en octobre. Le RDR prépare le divorce, s’il n’est pas déjà consommé. La coalition a volé en éclat à cause des velléités hégémoniques du RDR» (…)

«Ce qu’il convient de dire, c’est que depuis 2001, on ne gagne plus les élections en Côte d’Ivoire, si on n’a pas d’armée. Depuis 2001, on ne gagne plus les élections dans ce pays quand on n’a pas une branche armée».

«Ce qui est vrai, c’est qu’en effet depuis 2001, le PDCI n’a plus gagné d’élections. La raison est toute simple et je le dis à nos alliés. J’ai déjà fait le constat. La zone CNO est réservée exclusivement au RDR, la concurrence n’y est pas possible, mais nous le savons tous. Le PDCI est dans la situation où il a grillé sa face et son dos. Il ne peut pas prospérer au Nord, en même temps au Sud, les Ivoiriens du Sud lui reprochent de s’être allié aux rebelles et s’éloignent de nous. Rien que pour ça, parce que pour les Ivoiriens du Sud, notre alliance avec le RDR, c’est l’alliance avec la rébellion et ils ne nous ont jamais pardonné cela».

«Ces dernières élections ont montré que malgré la présence de Gbagbo à la Haye, les élections ont été organisées dans la violence. Faisons en sorte que plus jamais il n’y ait des élections avec violence en Côte d’Ivoire. Pourquoi pensons-nous que chaque fois qu’il doit avoir une élection en Côte d’Ivoire, il faut forcément la violence? Or c’est connu, le PDCI RDA ne fait pas bon ménage avec les armes, avec la violence».


Kouadio Konan Bertin dit KKB

----------------------------------------------


RHDP: KKB accuse le RDR de «préparer le divorce»


Le Président des jeunes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique), Bertin Konan Kouadio, également Député à l’Assemblée nationale ivoirienne a accusé mercredi le Rassemblement des républicains (RDR, le parti présidentiel) de «préparer le divorce» des partis membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

«Sous nos yeux, le RDR est en train de préparer le divorce», a-t-il accusé lors d’une conférence de presse, prévenant qu'«il y a des femmes qu’on ne divorce pas».

Commentant l’actualité électorale marquée par les élections locales du 21 avril dernier, le Président de la JPDCI, surnommé «KKB», a dénoncé l’hégémonie de son allié, le RDR sur le Nord du pays.

«Le RDR ne joue jamais à la carte de l’alliance dans les régions qui lui sont favorables», a-t-il dit à ce propos, en s’élevant contre la mainmise du parti présidentiel sur le Nord du pays où le PDCI est de moins en moins présent.

La tension est montée d’un cran entre le RDR et son principal allié, le PDCI lors des élections régionales et municipales couplées du 21 avril, boycottées par le camp de Laurent Gbagbo.

Faute de consensus pour des candidatures RHDP dans la plupart des circonscriptions, les houphouëtistes se sont mutuellement accusés de fraudes lors de ce scrutin, marqué en certains endroits par des violences.

«Depuis 2001, on ne peut pas gagner une élection en Côte d’Ivoire, si on n’est pas armé», a regretté «KKB», faisant remarquer que «le PDCI ne fait pas bon ménage avec les armes».

Invitant à des élections sans violence en Côte d’Ivoire, il a rassuré que le PDCI ne va jamais rompre avec sa bonne pratique de la paix.

«Je voudrais dire au RDR qu’on ne traite pas un allié comme il le fait. Nous avons un passé très récent (…) On ne crache pas dans la soupe qu’on a mangé hier», a lancé le Président des jeunes du PDCI.

Ce sont au total 163 requêtes en annulation qui ont été envoyées à la Commission électorale indépendante (CEI) sur 519 têtes de listes pour les municipales. Elles ont été toutes transmises ensuite à la Cour suprême par la CEI.

En attendant ce verdict de la Cour suprême, les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) donnent 65 communes remportées par le RDR contre 49 pour son allié, le PDCI.

Le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA sont les quatre partis politiques membres du RHDP.

Le porte-parole du RDR, Joël N’guessan, a annoncé la semaine dernière que «23 indépendants ont formellement rejoint le RDR», permettant au parti présidentiel de totaliser pour le moment «88 maires» sur les 197 communes que compte le pays.

L’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) s’en sort avec 5 communes et 3 pour le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Au Conseil régional, le RDR remporte ladite élection avec 10 régions, quand le RHDP obtient 9. Les indépendants remportent 6 contre 4 pour le PDCI, suivi de l’UDPCI avec 1. Ces dernières élections locales bouclent le cycle du processus électoral ivoirien.

S’agissant des reformes annoncées sur la nationalité et le code foncier, l’honorable Bertin Konan Kouadio a estimé que «pour l’instant, nous sommes au stade des rumeurs».

«Le PDCI n’agit pas avec les rumeurs», a-t-il poursuivi, en ajoutant dans la foulée que «s’il arrivait que ces rumeurs se confirment, le PDCI donnera sa position». M. Kouadio a en outre rappelé que la loi de 1998 sur le code foncier est l’une des rares lois ayant fait l’unanimité.

Parlant de l’appel du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo pour un rassemblement avec le PDCI, Bertin Konan Kouadio, a indiqué que le congrès de «clarification» de l’ex-parti unique qui se tiendra en octobre prochain y donnera une réponse.


LS/APA, Agence de Presse Africaine


Source: AFRIK53.COM

côte d'ivoire,kkb kouadio konan bertin,pdci-rda,rdr,n'guessan joël,kkb le pdci ne fait pas bon ménage avec les armes,le rhdp a volé en éclat,rhdp,fpi

 

Côte d’Ivoire – KKB crache du feu: «Le Pdci a un candidat 2015», «Le Rhdp est mort». Le régime riposte «KKB est devenu fou», «Il est manipulé»!


KKB traité de fou par «Le Patriote», après avoir confirmé la mort du RHDP, et dénoncé la dictature Ouattara.

 

Kouadio Konan Bertin dit KKB, président de la Jpdci et député, a mis le régime Ouattara en branle hier, en annonçant au cours d’une conférence de presse au siège du Pdci à Cocody, la mort du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), et en dénonçant la dérive guerrière et dictatoriale du régime. Et crime de lèse-majesté, KKB a annoncé que son parti avait déjà son candidat pour l’élection présidentielle de 2015, là où les Républicains de Ouattara espéraient encore que le Pdci n’en présente aucun. C’est la raison de l’annonce surprise de la candidature de Ouattara à la présidentielle de 2015, deux ans avant la fin de son mandat, un fait extrêmement rare pour être souligné. D’habitude, les candidats en exercice attendent au dernier moment pour annoncer leur flamme.

C’est aussi le sens des intenses pressions exercées en ce moment sur le président Bédié, président du Pdci, par Alassane Dramane Ouattara, afin que le Pdci renonce à avoir un candidat, et qu’il lui livre comme en 2010, son parti sur un plateau d’or.

Pour le RDR, la sortie de KKB hier, s’apparente à une déclaration de guerre et une grave menace pour la survie du régime. Car sans le Pdci, qui de plus en lorgne vers le FPI depuis l’Appel du 12 avril dernier de Christian Vabé du Rpci-Ac à s’unir pour sauver la Côte d’Ivoire en danger, le régime Ouattara n’est rien. Et à coup sûr, il s’écroulera en 2015 comme un château de cartes. Il faut donc d’urgence diaboliser KKB, le ridiculiser, voire le marginaliser.

Ce matin donc, notre confrère «Le Patriote», journal du régime, fait feu de tout bois contre le président de la Jpdci: «KKB dans tous ses états hier», «Ce petit bonhomme est devenu fou», «C’est une marionnette manipulée par des barons cachés», «C’est pour casser le Rhdp», «C’est un coup d’Etat pour chasser Bédié».

Selon nos informations, KKB n’est pas devenu fou ni même manipulé par qui que ce soit. Il exprime la pensée de la majorité des cadres et militants du Pdci, excédés par tant de frasques et de dérives du régime Ouattara, en qui ils avaient cru. Ces derniers, ayant compris leur grave erreur de s’être alliés au Rdr, et devant les mensonges et l’incapacité de Ouattara à apporter des solutions aux problèmes des Ivoiriens, ont décidé de prendre les choses en main, afin de sauver la Côte d’Ivoire d’un naufrage collectif, et avant qu’il ne soit trop tard.

KKB a juste dit ce que la majorité des ivoiriens pensent désormais, qu’ils soient étudiants, chômeurs, villageois, agriculteurs, réfugiés, cadres, enseignants, et quelles que soient leur appartenance ethnique et leur religion: Alassane Dramane Ouattara est une erreur de casting qu’il faut corriger au plus vite.

 

Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

jeudi, 13 décembre 2012

VISITE DE OUATTARA DANS LE ZANZAN: VAINE TENTATIVE D’EFFACER GBAGBO DE LA MEMOIRE DES POPULATIONS

 

LAURENT GBAGB0 22.jpg

 

Les candélabres se sont éteints sur la première visite d’état de l’homme fort d’Abidjan dans le district du Zanzan. Après le festival de promesses et de discours digne des campagnes électorales, place à la réalité. Le bilan en termes de retombées et de bien-être pour les populations reste mitigé. L’euphorie et le rêve font place à la déception de plus en plus grandissante d’une partie de la population de cette région abreuvée de mensonges et de chimères.

Vaste région riche de sa diversité culturelle et naturelle, le Zanzan a toujours été l’objet de toutes les convoitises et le théâtre de confrontations souvent tragiques. Les principaux groupes ethniques qui peuplent cette région sont les Agni (Bona, Bini et Barabo), les Bron, les Koulango, les Lobi et les Malinké. Depuis la fin des conquêtes, ces groupes vivent en bonne intelligence malgré quelques frictions observées de temps à autre entre Lobi et Koulango. Au plan politique, après avoir été traversé par plusieurs courants politiques le Zanzan a constitué l’un des bastions sûrs du PDCI jusqu’à la fin de la première République qui a mis un terme au long règne du parti du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Les élections législatives, communales et départementales organisées après la présidentielle de 2000 ont bousculé le vieux parti qui a dû céder du terrain à d’autres formations politiques dont le Front Populaire Ivoirien (FPI) qui a fait élire deux maires, deux députés et un président de Conseil général.

Dans son souci d’apaiser le climat politique empoisonné par la gestion scabreuse de Konan Bédié ainsi que par le coup d’état qui en a résulté, le Président Laurent Gbagbo a ouvert son gouvernement aux principaux partis politiques que sont le PDCI, le RDR, le PIT et le MFA. Cette politique salutaire pour la réconciliation nationale n’a pas permis au Président Gbagbo de nommer des militants FPI originaires du Zanzan au gouvernement jusqu’en 2007. Ce sont le PDCI et le MFA qui ont eu le privilège d’avoir des militants originaires du Zanzan au gouvernement de 2002 à 2010. Ce n’est qu’en 2007 après l’Accord Politique de Ouaga (APO) qu’un cadre FPI originaire du Zanzan a fait son entrée au gouvernement pour la première fois.

Pour montrer l’intérêt qu’il porte à cette région, le Président Gbagbo y a effectué de nombreux déplacements et est allé à la rencontre des populations dans les endroits les plus reculés et les plus difficiles d’accès. En 2010, c’est dans le Zanzan que le candidat de LMP a lancé sa campagne électorale. A l’occasion du meeting qu’il a animé à Bondoukou le 28 septembre 2010, le Président Gbagbo a situé les Ivoiriens sur les raisons de son attachement à cette région. «…Nous voici à Bondoukou pour faire le discours de campagne électorale du Zanzan… Mais nous sommes là pour parler de la Côte d’Ivoire et des élections qui vont arriver bientôt. Oui, chers frères, je suis venu ici en 1990, je suis venu ici en 1993, je suis venu ici en 2006, je suis venu ici en 2008 et me voici ici aujourd’hui. Pourquoi ? Cette région, le Zanzan, est l’une des régions les moins développées de Côte d’Ivoire. Vous vous souvenez des incendies de 1984 qui ont fait disparaitre ici les cultures de cacao et de café… ». 

Revenant  sur la tentative de coup d’état de 2002 muée en rébellion, le Chef de l’État a tenu à rendre hommage une nouvelle fois au Zanzan, en ces termes : « …Bondoukou a résisté. A 11 reprises, des attaques ont été lancées contre Bondoukou ; mais, à 11 reprises, Bondoukou a repoussé ces attaques. Je voudrais remercier et féliciter les femmes qui ont cotisé, ont fait la cuisine pour nourrir les militaires, les jeunes. Je voudrais féliciter les jeunes, les dignitaires religieux et les Chefs traditionnels de cette Région qui se sont mobilisés pour que Bondoukou soit épargné… ».

C’est un truisme de dire que Gbagbo connaît le Zanzan et reconnaît l’apport de cette région dans l’équilibre de la société ivoirienne. Toutefois, il n’ignore pas le rôle pernicieux joué par des fils de cette région dans la déstabilisation du pays. Pour autant, soucieux d’avancer, il ne s’y attarde pas. Mieux il n’en fait jamais cas. L’essentiel pour le Président Gbagbo était de créer les conditions de vie meilleure pour permettre à chaque Ivoirien de vivre heureux dans sa région d’origine ou partout ailleurs en Côte d’Ivoire. Pour cela et contrairement à ses adversaires qui promettent des milliards de francs grâce à leurs relations, le Président Gbagbo agit en bon père de famille en donnant filets, barques et instruction pour la pêche à ses enfants, plutôt que de leur offrir du poisson. C’est pourquoi « …Nous avons créé les conseils généraux pour faire le développement à la base. Nous avons créé les communes pour faire le développement à la base. Tout est communalisé aujourd’hui. Vous avez 84% d’augmentation du nombre des communes. Ici dans le Zanzan, c’est la région où j’ai créé le plus de départements. J’ai créé le département de Koun-Fao, Transua, Sandegué, Nassian, Doropo, Téhini... ».

Au niveau de la promotion des cadres de la région, en dix années de pouvoir, Gbagbo a nommé Cinq (5) ministres, soit le même nombre que le pouvoir PDCI en quarante années de règne. Il apparaît utile de noter que sous Gbagbo, ces promotions ne tiennent pas compte de la famille politique des intéressés. Il en est ainsi des deux ministres issus du MFA, du ministre issu du PDCI, de la Haute Autorité pour le Développement de Bouna, des Présidents de Conseils d’administration de sociétés d’État (Côte d’Ivoire Télécom, SICOGI, etc.), des Directeurs généraux (GESTOCI, SODEFOR, INSAAC, etc.), sans oublier les nombreux Directeurs et Sous-directeurs d’administration centrale.

côte d'ivoire,visite de ouattara dans le zanzan,vaine tentative d’effacer gbagbo de la mémoire des populations,alassane ouattara,laurent gbagbo,rdr,fpi,pdci-rda,henri konan bédié,pit,mfa,côte d’ivoire télécom,sicogi,gestoci,sodefor,insaac,fodjo kasabi laurent sociologue

Alassane Ouattara dans le Zanzan

Malgré la crise qui a déstructuré le pays et qui a privé l’économie de ressources conséquentes, les trois Conseils généraux de la région, dont deux sont présidés par des militants du PDCI,  ont réalisé un certain nombre d’infrastructures sociales, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations. Un programme spécial d’électrification rurale a été confectionné pour cette région qui enregistrait en 2000 un taux d’électrification rurale de moins de 5%. En 2010 ce sont plus de 100 localités qui ont goûté au plaisir et au confort de l’électricité, et plus de 90 autres en cours d’électrification. Mieux, le Zanzan qui est une des régions les plus pauvres du pays occupe une place de choix dans le Document de Stratégie pour la  Réduction de la Pauvreté (DSRP) validé par le président Gbagbo et les institutions financières internationales en 2009.

Le PDCI, visiblement gêné par les actions concrètes touchant au quotidien des populations, n’a eu d’autre choix que de diffamer le Président, l’accusant d’avoir créé la guerre en Côte d’Ivoire. Ces accusations aussi irresponsables qu’absurdes n’empêcheront pas le Président Gbagbo d’avoir la faveur du Zanzan. Il en est de même des promesses farfelues de distribuer des milliards de francs et d’acheter les noix de cajou à 2 000 F le kilo que le RDR et le PDCI ont servi à profusion au mépris de la souffrance des populations.

Au premier tour du scrutin d’octobre 2010, le Président Gbagbo est arrivé en tête avec 36,21% des voix dans toute la région, suivi du Président Bédié avec 30,38% et enfin de Monsieur Ouattara avec 24,95%. Malgré la violence qui a émaillé le second tour du scrutin à Bouna, la coalition du RHDP (PDCI, RDR, UDPCI, MFA, PIT, etc.) n’a eu qu’une courte avance (53%) sur le candidat de LMP (47%). Le Président Gbagbo a battu son adversaire dans les départements du sud de la région : Tanda (50,98%), Koun-Fao (57,60%) et Transua (60,25%).

Dix huit mois après la capture du Président Gbagbo et l’installation de Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir, le Zanzan vient d’accueillir l’homme fort de la Côte d’Ivoire. En réalité, en allant dans cette région, le Chef de l’État avait à cœur d’accomplir un devoir de reconnaissance à l’égard de ses chefs de guerre qui ont occupé depuis le coup d’état manqué de 2002 l’ancien département de Bouna. Il est bon de rappeler qu’au nombre des têtes fortes de la rébellion figurent Ouattara Issiaka dit Wattao, Kouakou Fofié, Mourou Ouattara, tous originaires du Zanzan. N’ayant pu prendre Bondoukou, la rébellion s’est installée dans cette partie de la région déjà éprouvée par la rigueur du climat et par le manque de vision de développement du PDCI au cours de son long règne de quarante ans. C’est en réalité cette partie du Zanzan qui intéresse Ouattara, pour des raisons d’affinités ethniques et idéologiques, mais aussi pour celles évoquées plus haut.

Le conquistador ivoirien sait en effet que cette région ne lui est pas acquise, à défaut de lui être hostile. Les résultats de la dernière présidentielle sont là pour montrer la préférence du grand peuple du Zanzan. Ouattara ne pèse que 25% dans la région. Dans les départements situés au sud de la région il a obtenu au premier tour moins de 8% des suffrages.  Mais curieusement, c’est le RDR, qui a raflé la quasi totalité des sièges de la région à l’occasion du « désert électoral » boycotté par le FPI en décembre 2011, au grand dam de son allié PDCI réduit aujourd’hui à sa plus simple expression. Piètre politicien, Ouattara qui connaît les chiffres de l’élection présidentielle de 2010, ne pardonne pas aux populations des régions qui lui ont fait mordre la poussière. Même dans les localités où le RDR s’est donné, sans compétition, des députés, Ouattara sait qu’il n’a aucune audience réelle.

Par ailleurs, les populations du Zanzan savent que c’est Ouattara qui est responsable de l’accroissement de la pauvreté dans la région. Non seulement il n’a aucun plan crédible de développement, mais il est en outre incapable de restaurer ce que sa rébellion a détruit depuis 2002.

C’est pourquoi, bien que réduits au silence, les partisans de Laurent Gbagbo auxquels se joignent de nombreux déçus, n’en demeurent pas moins convaincus de la justesse de la vision du fondateur du FPI. Aujourd’hui, dans le Zanzan comme partout en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens regrettent Laurent Gbagbo. L’avenir reste incertain en dépit du soutien massif de la communauté internationale qui porte le régime à bout de bras et couvre ses nombreux crimes. Les propos de Gbagbo relatifs aux vendeurs d’illusions et aux agents de l’étranger sonnent aujourd’hui comme une prophétie qui s’accomplit, malheureusement. Dans ces conditions, espérer effacer le souvenir du héros ivoirien de la mémoire des populations du Zanzan est une entreprise vouée à l’échec.

 

Fodjo Kasabi Laurent

Sociologue

vendredi, 07 décembre 2012

LES DINDES DE NOEL DU PDCI ET DE L'UDPCI

 ALASSANE OUATTARA 15.jpg


Après une crise stratégico-artificielle en vue de procéder au nettoyage de son gouvernement, Alassane Ouattara a nommé en la personne de son vieil et fidèle ami Daniel Kablan Duncan, un nouveau Premier Ministre. En remplacement de Jeannot Ahoussou-Kouadio, appelé à aucune nouvelle fonction.

Jeannot Ahoussou-Kouadio rattrapé par l'opportunisme

Les choix d'Alassane Ouattara, ces deux dernières semaines, sont riches en enseignements car pleins de renseignements sur le cap de ses prochaines relations avec l'Opposition qu'il n'a toujours pas réussi à dompter. (Mal)Heureusement…

Nommé le 13 mars 2012, Jeannot Ahoussou-Kouadio aura passé 8 mois à la Primature sans que l'on puisse dire s'il était à la tête de la Primature, encore moins chef du Gouvernement. Dans son cas, nul n'est même en mesure de certifier qu'il était le premier des ministres (comme les Ivoiriens aiment à railler tout premier ministre sans grand pouvoir), tant les conseillers et d'autres centres de décision avaient plus d'influence sur le fonctionnement de l'état.

On retiendra de l'ex-Premier Ministre qu'il a joué très à fond la carte Alassane Ouattara, préférant l'accompagner à Dakar, solliciter et officialiser le soutien de Wade, alors qu'il lui incombait, entre les deux tours, d'acheminer les réclamations de Bédié, au Conseil Constitutionnel. Nul doute que l'issue de ces réclamations, si elles avaient été transmises au Conseil Constitutionnel comme le prévoit le code électoral ivoirien, aurait donné le cours de l'histoire du pays.

Ministre de la Justice dès la formation du premier gouvernement, puis Premier Ministre cumulant le portefeuille de la Justice après avoir rongé ses freins dans l'attente d'un point de chute à Guillaume Soro, Jeannot Ahoussou-Kouadio a aussi appuyé à fond sur l'accélérateur de la justice des vainqueurs. Cet avocat pour lequel "le premier des droits est le droit de la force" n'a pas fait dans la dentelle dans l'instrumentalisation de la justice contre tout ce qui pouvait rappeler Laurent Gbagbo.

La mise en congé du Gouvernement de Loma Cissé, sa ministre déléguée à la Justice, en même temps que lui, situe sur le niveau des dégâts de la justice des vainqueurs sur l'image d'Alassane Ouattara dans l'opinion occidentale. Toutefois, fidèle à sa politique ségrégationniste appelée de son propre terme "rattrapage", Ouattara a quand même vite fait de nommer Loma Cissé au poste de Conseillère Spéciale aux Affaires Judiciaires.

Mis en mission par Alassane Ouattara, celui qui a justifié l'emprisonnement de Michel Gbagbo par sa seule filiation, n'a pas su s'envoyer. Cela se paie cash dans un régime qui prend de l'eau de toutes parts au point de nommer Coulibaly Gnenema, ex-chargé des droits de l'homme de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles au Ministère de la Justice en signe de gages à Soro Guillaume, qui pourrait difficilement échapper à la CPI, son cauchemar du moment.

Enfin de la flexibilité politique…

De 38, le nombre des membres du Gouvernement passe à 30. Alassane Ouattara se sent plus à l'aise avec des équipes restreintes. Ce Gouvernement porte donc enfin sa marque mais en même temps il lui laisse de la flexibilité. Notamment de la flexibilité politique avec la possibilité d'y faire entrer 3 à 5 ministres supplémentaires, surtout que des personnalités maintenues dans le dernier Gouvernement sont assises dans des fauteuils rendus éjectables par leur corruption. En sortir 2 ou 3 pour une nouvelle équipe de 32 membres, en scindant de gros ministères lui laisse donc une marge de 5 à 6 portefeuilles, au cas où il convaincrait l'opposition à participer à une "aventure ambigüe". Les "Patriotes" l'auraient-ils compris ainsi, eux qui mènent déjà la vie dure à Sylvain Miaka Ouretto, président intérimaire du FPI en «mission de repositionnement du FPI» en Europe?

Le prix du zèle

Le Gouvernement enregistre 4 entrants et 11 partants. Au nombre des partants, l'Ouest perd 3 ministres dont Banzio, Albert Flindé et Konaté Sidiki auxquels on pourrait ajouter Charles Legré (l'homme à la révérence renversante lors de la dernière CAN) et Clément Nabo.

Les 5 personnalités ont en commun d'avoir renié les leurs.

Ainsi, pressenti pour représenter le MFA au Gouvernement dans les premières heures de l'ère Ouattara, Philippe Legré s'est vite débarrassé de son téléphone portable, confié à un assistant, avec pour consigne de ne lui passer aucune communication de tout pro-Gbagbo, de loin ou de près. La mystification du chef et le reniement ne lui ont pas suffi pour rester au Gouvernement.

Quant à Banzio, approché en mai 2011, par les doyens des cadres du Cavally en vue de discuter des souffrances des populations et des exilés de cette région, il aurait opposé une arrogance stupéfiante, avant de "livrer" ensuite, Mao Glofiehi, pieds et mains joints aux FRCI. Il s'agissait pourtant d'un projet de simples échanges avec un collectif informel de ministres de l'ancienne région du Moyen-Cavally, à savoir Adama Toungara (Duékoué!), Anne Ouloto (Toulepleu), Mamadou Sanogo (Guiglo), Banzio (Bloléquin). La suite, on la connaît… On pourrait multiplier les exemples sur chacun de ces partants, histoire de rappeler qu'une fonction politique appelle d'abord le soutien des siens.

Le PDCI et l'UDPCI, les dindons de la farce?

Au 1er tour de l'élection présidentielle, l'UDPCI est arrivée en 4ème position, derrière la LMP, le RDR et le PDCI avec environ 3% des suffrages. 3ème force politique du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, l'UDPCI passe de deux à un seul portefeuille ministériel. Mais à l'UDPCI, tant que le seigneur Albert Mabri Toakeusse est servi, l'essentiel est sauf.

Quant au MFA, il n'en fait plus partie et c'est sans doute tant mieux pour son président Anaky dont chaque représentant au Gouvernement finit toujours par se retourner contre lui, depuis que lui-même a été éjecté des Gouvernements "Marcoussistes" par Banny en 2006, à la suite de la crise des déchets toxiques. Alassane Ouattara ayant confié, lors de sa visite dans le ZANZAN s'être réconcilié avec Anaky, attendons les retombées pour le dernier nommé, car au RHDP seul compte le partage du gâteau, fut-il de plus en plus cramé au four de la haine.

Daniel Kablan Duncan, ami de longue date de Ouattara depuis la BCEAO et dont il fut le ministre de l'Economie et des Finances à l'époque d'un Félix Houphouët-Boigny (FHB) au soir de sa vie et diminué par la maladie, aura une grande marge de manœuvre. Au contraire de Jeannot Ahoussou-Kouadio.

Seulement vêtu du maillot PDCI sans obligation de dépendance, Daniel Kablan Duncan qui doit tout à Alassane Ouattara et presque rien au PDCI de Bédié, inspire confiance pour n'avoir pas été de la galerie des faucons tout au long de la honteuse période que nous vivons depuis avril 2011. Ni pendant celle de la conquête du pouvoir depuis le Golf. Duncan est donc pour Ouattara un espoir. Encore que (…)

Même registre politique pour Jean-Claude Brou, proche parmi les proches d'Alassane Ouattara dont il était membre du cabinet à la Primature. Actuel Ministre de l'Industrie, Jean-Claude Brou qui a été, comme Alassane Ouattara, fonctionnaire du FMI a raté de justesse la primature. Ce cadre d'Aboisso, de la même région que l'épouse du président du PDCI, sera moins société civile que compté sur le quota du PDCI sans devoir vraiment lui rendre des comptes.

Le richissime Charles Koffi Diby transféré des Finances aux Affaires Etrangères, le PDCI perd la "Caisse du Gouvernement". La Primature qui lui revient par alliance électorale et cette caisse, sont désormais dans l'escarcelle directe d'Alassane Ouattara à travers son ami de longue date, Daniel Kablan Duncan qui cumule à la fois la Primature et le Ministère de l'Economie et des Finances.

Aux Infrastructures économiques, Achi Patrick s'est vu retirer les juteuses tutelles. Accrédité d'une longue participation au Gouvernement qui dure depuis octobre 2000, Achi Patrick semble pourtant affaibli, suspecté de peu de fidélité quand ses intérêts sont en jeu. Intelligent, technocrate doté d'une capacité d'argumentation, il traîne hélas l'image d'un homme calculateur. Ce qui le fragilise vis-à-vis du RDR qui n'oublie pas qu'il faisait valider ses décrets dans la chambre de Laurent Gbagbo, avant de se retourner contre lui dès après septembre 2002.

En plus des analyses sur les fourberies du PDCI qui s'est déculotté à l'Assemblée Nationale dès la petite "lame de Ouattara" sous la forme de la menace de la dissolution du Gouvernement, ce parti demeure le grand perdant de ce remaniement. Le PDCI qui a cogéré à la fois avec le président Laurent Gbagbo et maintenant avec le RDR a désormais sur la tête plus qu'une lame, mais une véritable épée de Damoclès avec toutes les casseroles de ses cadres. Avec en prime un Bédié humilié! A défaut d'être les dindons de la farce, le PDCI et l'UDPCI seraient-ils les dindes de Noël du RDR?

Face à un RHDP divisé et un RDR sonné par les tortures, les exécutions sommaires et le boulet nauséabond du génocide WE, les démocrates ivoiriens ont de la marge pour garder le cap de la dignité.


Nelson Degol, le 3 Décembre 2012.

jeudi, 29 novembre 2012

NATURALISATION TOUS AZIMUTS DES BURKINABE - LE COUP QUE OUATTARA PREPARE - MENACE SUR LA NATIONALITE

 

 

ALASSANE OUATTARA ET BLAISE COMPAORE.jpg


«On ne sait plus où on va», a dit, il n’y a pas longtemps, un officier pro-Bédié qui fait aujourd’hui partie des hommes de mains de Ouattara. Il avouait presque son impuissance, en voyant la manière dont la Côte d’Ivoire est dirigée. On dira que c’est peut-être lui qui ne sait pas «où on va». Sinon du côté du palais, la question ne se pose sûrement pas. Après avoir pris le pouvoir dans les conditions que tout le monde sait, Ouattara se propose de consolider son pouvoir en s’appuyant sur des personnes étrangères qui ne sont pas forcément demandeurs de la nationalité ivoirienne. L’homme voudrait naturaliser, de façon systématique et sans aucune forme de procès, 4 millions de Burkinabè. Un chiffre qui donne forcément froid dans le dos. 

Il va même au-delà de la grande mascarade de Linas-Marcoussis qui avait, par le passé, demandé au Président Gbagbo de naturaliser «3 millions de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire depuis longtemps». Un arrangement au forceps, qui on se le rappelle bien, n’a pas manqué de choquer la bonne opinion ivoirienne. «C’est donc pour ça qu’ils ont pris les armes alors», se sont demandé les Ivoiriens, stupéfaits. Le Président Gbagbo n’est plus là. C’est Ouattara qui a désormais les leviers du pouvoir. Malgré tout le folklore ahurissant qui l’a fait passer pour le choix des Ivoiriens, Ouattara est bien convaincu de la réalité. Il sait que la Côte d’Ivoire regarde de loin son pouvoir avec beaucoup d’indifférence. 

C’est pourquoi en prévision de l’élection de 2015, il veut s’offrir un bétail électoral sur mesure. Un électorat qu’il ne va disputer avec aucun parti politique de Côte d’Ivoire. Surtout que selon le plan prévu dans les officines du Rdr, cette naturalisation massive sera accompagnée du droit de vote qui leur sera automatiquement accordé. Avec le régime actuel, tout est permis. Pourvu que cela soit fait à la gloire de Ouattara. L’homme a chassé de la Primature Ahoussou Jeannot qui est farouchement opposé à ce projet. Pour faire plier le Pdci à l’assemblée nationale. La loi sur le mariage n’était, dit-on, qu’un ballon d’essai avant la grande manœuvre. Ouattara veut bien donner un vernis démocratique à cette mascarade qui va sûrement heurter la conscience des Ivoiriens. Le projet sera donc déposé sur la table des députés. 

C’est vrai que le Rdr s’est taillé la part du lion à l’Assemblée nationale. Ouattara n’a donc pas de craintes à avoir à ce niveau. Tous les textes qui y atterriront seront rapidement applaudis et adoptés sans le moindre débat. Le Rdr n’est ni le Pdci, ni le Fpi. Ce parti dont le secrétaire générale propose qu’on envoie tous ceux qui s’attaquent à Ouattara au cimetière, n’a pas la culture du débat démocratique. Avec eux, c’est la loi des biceps. Le pouvoir est donc convaincu que le Pdci qu’on sait intraitable sur la question de la nationalité rejettera son texte, a mis en place un «stratagème anti blocage» pour lever le verrou de Bédié en cas de besoin. Car pour le régime actuel, la naturalisation massive des 4 millions de Burkinabè à qui le régime va proposer son projet est une question de survie. En fait, le Rdr craint que le Pdci qui a déjà refusé une simple loi sur le mariage, ne s’oppose avec la même hargne au projet de naturalisation massive des d’étrangers résidant en Côte d’Ivoire. On soupçonne que le Pdci ne va pas voter les yeux fermés. 

Le plan pour faire plier Bédié 

Mais si le régime Ouattara a déjà joué une carte, avec la dernière dissolution du gouvernement, que va-t-il faire alors pour faire plier Bédié et le Pdci? Dans les bureaux douillets du palais, on ne s’est pas posé de question. Surtout que Nzuéba est censé traîner «de vieilles casseroles qui continuent d’ailleurs de faire du bruits», a confié un cadre du Rdr. Cependant, «ce n’est pas en Côte d’Ivoire que ce passé sera exhumé», indiquent nos sources. Mais en Europe. Et le schéma est le suivant. Une ONG déjà bien connue et qui a pignon sur rue dans le domaine de la bonne gouvernance, se verra confier la mission de remettre au goût du jour, comme un cheveu sur la soupe, la question des prétendus «biens mal acquis (Bma)» de Bédié lors de son passage à la tête de la Côte d’Ivoire. Ainsi, Bédié, s’il venait à prendre le risque de contrarier le projet d’Ouattara pourrait contracter une BMA. 

Une «maladie mortelle» pour les présidents françafricains dont les biens sont soigneusement dissimulés en Europe. Feus Bokassa, Mobuto et Omar Bongo en ont su quelque chose. L’organisation ira même jusqu’à le classer dans la catégorie des dictateurs dont les avoirs doivent être simplement gelés en Occident. Si on ne le juge pas digne d’atterrir à la Cpi pour des crimes passés. En fait, un remake du scénario d’avant la présidentielle passée de 2010. Pour forcer un soutien du président du Pdci à Ouattara, la France avait vite fait de le classer dans le lot des dictateurs dont les avoirs devaient être gelés. C’est ce qui lui a été brandi comme un chiffon rouge. Nzuéba qui ne voulait pas perdre ses biens a été obligé de jouer la carte de Ouattara en se retrouvant au Golf Hôtel contre son gré. 

L’ambassadeur de France le dit d’ailleurs en des termes très clairs. «Je remercie le président Bédié qui a décidé de ne pas aller au deuxième tour de l’élection présidentielle», a-t-il confié à la sortie d’une audience avec Bédié en 2011. Le diplomate s’est laissé trahir par un lapsus. On connaît la suite. Ce même schéma sera remis au goût du jour en Europe, rien que pour faire plier Bédié à nouveau. Puis Ouattara sentirait toujours à l’aise les scénarios, sera dans un nouveau beau rôle. Il proposera, en effet, d’aider le prince de Daoukro à conserver ses biens, mais à condition qu’en retour le Pdci accepte de voter le projet de loi sur la naturalisation proposé aux 4 millions de burkinabè résidant en Côte d’Ivoire depuis longtemps. 

De sorte que ce projet de loi ne porte pas la seule marque du Rdr. Plus clairement, il aura un caractère national, parce qu’il portera aussi la marque du Pdci, un parti qui a une grande couverture nationale. «C’est difficile à croire, mais c’est ce qu’ils veulent faire. On ne sait pas ce qu’ils veulent faire de la Côte d’Ivoire. Pour le moment, ce projet de loi n’est pas encore arrivé sur nos bureaux, donc nous attendons de voir. On verra la conduite à tenir quand il va arriver. Mais je crois que l’honorable Ouassenan, le président de notre groupe parlementaire a déjà été très clair sur la question. Il leur a dit que nous ne seront pas des députés béni-oui-oui», explique un député Pdci proche de Bédié.

Le Sphinx de Daoukro est-il au fait de ce qui se trame contre lui? «Allez-y lui poser la question. Je ne saurai répondre à cette question. Mais je crois qu’il a été chef d’Etat dans ce pays non! Je pense qu’on se comprend», répond-t-il sèchement. Les mois à venir s’annoncent difficiles pour la Côte d’Ivoire. Et le Pdci aura à choisir entre l’avenir de ce pays et celui du Rhdp, une alliance de dupes, sans avenir. Ainsi se résume toute la question. 


Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du 28 novembre 2012.

dimanche, 18 novembre 2012

HENRI KONAN BEDIE, LE TRUBLION DE LA POLITIQUE IVOIRIENNE

 

HENRI KONAN BEDIE 4.jpg


La Côte d’Ivoire n’a plus de gouvernement depuis le 13 novembre. Il a été brutalement dissous par le président Alassane Ouattara.

Motif officiel de ce coup de sang, le rejet en commission par les députés du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire, ex-parti unique), toujours dirigé par Henri Konan Bédié (chef de l'Etat ivoirien de 1993 à 1999), d’un projet de loi sur le mariage instituant l’égalité des droits entre l’homme et la femme.

Le texte avait pourtant été présenté par la ministre de la Famille, Raymonde Goudou, elle-même issue de ce parti.

En votant contre, les députés PDCI et ceux de l’UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire) de Mabri Toikeusse (jusque là ministre du Plan et du Développement) auraient rompu la solidarité gouvernementale, estime Ouattara.

Depuis la chute de Laurent Gbagbo, les partisans de Bédié participaient au gouvernement et le soutenaient à l’Assemblée nationale où ils avaient obtenu, lors des législatives du 11 décembre 2011, 77 sièges contre 127 au RDR, le parti de Ouattara.

Voilà donc la Côte d’Ivoire plongée dans une crise politique, alors que de nombreux chantiers sont à l'arrêt: réconciliation avec les partisans de Laurent Gbagbo en panne, désarmement des milices et autres dozos (chasseurs traditionnels) renvoyé aux calendes grecques, environnement d’insécurité pour les investisseurs, appauvrissement de la population, en raison notamment de la hausse de denrées essentielles comme le riz, racket sur les routes des «corps habillés» (uniformes)…

Même si le nouveau pouvoir annonce une croissance économique forte, même si de grands travaux sont lancés avec l’aide de bailleurs de fonds internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie du gouffre.

Une stratégie boîteuse

Faut-il pour autant voir dans la dissolution du gouvernement un symptôme aggravant? Ou considérer que cette crise entre le RDR (Rassemblement des Républicains et le PDCI, réunis sur un seul programme, le TSG (Tout Sauf Gbagbo), pourrait finalement être salutaire? Que pourrait naître, enfin, un gouvernement d'union nationale avec des hommes nouveaux vraiment préoccupés par le développement de leur pays?

Pour l'heure, c’est toute la stratégie d’Henri Konan Bédié qui risque d'être définitivement sanctionnée.

Le président du PDCI, qui, malgré ses 78 ans révolus, n'a toujours pas annoncé sa retraite politique, collectionne les échecs.

Lors de la présidentielle en octobre 2010, il n'a pas voulu laisser la place à un autre membre de son parti, qui, lui, aurait eu de grandes chances de devancer Ouattara au premier tour et d’affronter, avec de larges chances de succès, Gbagbo au second.

Il a mené une campagne insipide, ponctuée de discours fastidieux, marmonnés de sa voix nasillarde. Il a quand-même réussi à rallier un quart des voix, provenant de l’électorat baoulé, l’ethnie dominante du centre du pays, avant de se désister en faveur de Ouattara et lui servir de marchepied dans sa conquête du pouvoir.

Lors des législatives qui ont suivi, le PDCI a perdu une vingtaine de sièges au profit du RDR. Et, malgré les appels au renouvellement des cadres lancés par de jeunes militants comme Bertin Kouadio Konan (dit KKB), il a refusé de céder la direction du parti, s’asseyant sur le couvercle d'une marmite qui recommençait à bouillir grâce à l’octroi de nombreux postes ministériels.

Depuis vingt ans, l'histoire du PDCI se confond avec celle de Bédié, l'héritier d'Houphouët-Boigny (président de 1960 à 1993). Quand il accède au pouvoir à la mort du «père de l'indépendance», il hérite d'un pays déjà affaibli par la crise économique.

Au lieu de lancer des réformes, Konan-Bédié se replie sur une gestion sclérosée, égoïste et patrimoniale des affaires de l’Etat. Son mandat est marqué par de nombreux scandales financiers.

Au milieu des années 90, il invente l' «ivoirité», un concept «culturel» qui est, en fait, destiné à écarter Ouattara (soupçonné d’être d’origine burkinabè) de la course au pouvoir.

Les Ivoiriens ne descendent pas dans la rue pour protester quand, le 24 décembre 1999, il est renversé par quelques centaines de soldats mutins qui porteront au pouvoir le général Robert Gueï.

Le lendemain, jour de Noël, de sources diplomatiques, il serait aller frapper à la porte de la résidence de l'ambassadeur de France: «Je suis le président Bédié», se serait-il présenté au bidasse de faction, qui ne l'ayant pas reconnu, l'aurait fait poireauter quelques minutes avant qu'un de ses supérieurs identifie le visiteur.

Enfin introduit, il aurait demandé un verre de champagne, sa boisson préférée, pour se remettre de ses émotions.

Après le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 contre Laurent Gbagbo, il reste longtemps dans l’expectative, attendant de savoir de quel côté le vent va tourner.

Son parti, le PDCI, dont le fonctionnement était payé sur les caisses de l’Etat, jusqu’en 1999, commence à péricliter et ses membres de base à crier famine.

C'est alors que Bédié semble se rapprocher du RDR de Ouattara et des Forces nouvelles de Guillaume Soro (actuel président de l'Assemblée nationale). Une alliance de circonstance qui va finir par emporter Gbagbo. Et redonner à l'ex-président l'impression de peser sur l'avenir de son pays.

Un renouvellement générationnel espéré

On le voit, à la sortie d'une réunion, grimper sur le marchepied d'un 4X4 pour s'adresser aux journalistes. Déclenchant quelques murmures dans l'assistance: «Mais, il se croit toujours président celui-là!»

Pour N'zuéba (l'eau qui coule), son surnom en langue baoulé, l'histoire s'est arrêtée le 24 décembre 1999 et la crise politique actuelle n'est qu'un des épisodes de sa longue agonie politique, où il risque d'emporter le PDCI.

Alassane Ouattara a crié haut et fort qu'il allait créer un véritable Etat de droit dont les véritables fondations tardent à sortir du sol spongieux de la lagune Ebrié (qui traverse Abidjan).

Pour l'heure, des affairistes en tout genre continuent à s'agiter dans l'entourage du nouveau pouvoir et les ministres PDCI ne sont pas les derniers à faire passer leurs intérêts personnels avant ceux de l'Etat.

Le refus de voter une loi qui permettrait aux femmes de «porter la culotte», comme l’écrit le quotidien ivoirien Nord-Sud, ne serait que la manifestation publique de dissensions plus profondes entre le nouveau pouvoir et le PDCI d'Henri Konan Bédié.

L'ex-président ivoirien a promis d’organiser, enfin, un congrès de son parti, mais il n’a pas dit qu’il céderait sa place à une jeune génération. Le dernier qui partira éteindra la lumière et ce sera peut-être l’inénarrable N’zueba.

 

Philippe Duval

jeudi, 15 novembre 2012

LE PDCI REALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR

 

côte d'ivoire,LE PDCI RéALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR,alassane ouattara,henri konan bédié,rhdp,rdr,pdci-rda,djéni kobéna,John K. Silué Financier N'Y

 

Le Président ivoirien vient de signer l'acte de décès officiel du RHDP par la dissolution unilatérale du gouvernement de coalition conduit par Jeannot Ahoussou Kouadio. Cette décision pour le moins inattendue est révélatrice des dissensions qui minent le rassemblement des Houphouétistes, coalition politique créée en 2003 sous l'instigation de Jacques Chirac pour évincer le Président Gbagbo du pouvoir.

Officiellement, la décision de l'homme fort d'Abidjan est motivée par le refus des députés PDCI et UDPCI de voter un texte portant réforme de la loi ivoirienne sur le mariage. Pour le monarque installé par la communauté internationale, l'attitude de ses alliés est un affront inacceptable. Ça c'est la face visible de l'iceberg ! En effet, pour les observateurs attentifs de la politique ivoirienne, la coalition de circonstance mise en place pour parachever le coup de force contre Laurent Gbagbo ne pouvait pas résister à l'épreuve de la réalité socio politique de la Côte d'Ivoire. Pour deux raisons essentielles.

La première est liée à la qualité des membres de ladite coalition. Les formations politiques membres du RHDP, à l'exception du MFA de Anaky Kobenan, sont issues du vieux parti fondé par le premier président de la Côte d'Ivoire, feu Félix Houphouët Boigny. L'on se souvient que la guerre de succession engagée au lendemain de la mort du "Vieux" avait eu pour corollaire la création de plusieurs partis politiques dont le RDR de Djeni Kobenan en 1994 et l'UDPCI du Général Guei Robert en 2000. De 1994 à 2000, les héritiers putatifs de Houphouët Boigny se sont livrés une guerre sans merci dont l'épilogue a été le coup d'état historique qui avait chassé le Président Konan Bédié du pouvoir en décembre 1999.

Quelques années plus tôt, le successeur constitutionnel de Houphouët Boigny avait mal digéré l'entêtement de Alassane Ouattara à briguer la présidence de la République ivoirienne en dépit de ses origines burkinabé avérées. Les idéologues du PDCI inventèrent alors le concept de l'ivoirité qui servira de fondement à l'exclusion d'Alassane Ouattara de la course au fauteuil présidentiel. Le Président Bédié lui même montera au créneau en soutenant dans son livre "les chemins de ma vie" que Alassane Ouattara n'est pas Ivoirien et que par conséquent il n'avait pas à se mêler de la politique ivoirienne. Monsieur Bédié ira jusqu'à lancer un mandat d'arrêt international contre celui qui a inauguré le poste de Premier ministre sous l'ère Houphouët. La suite on la connaît! Le RDR version Alassane Ouattara fera de la chute de Bédié une exigence de survie politique au point de planifier et d'exécuter avec méthode des actes de sabotage du régime qu'il menaçait de faire chuter à tout instant.

Après le coup d'état de 1999, Robert Guei prend goût au pouvoir et décide de le conserver en s'appuyant sur le PDCI dont il avait pris soin d'éloigner le président en la personne de Konan Bédié. Le refus de la direction intérimaire du parti de suivre celui qui a mis fin à son règne quarantenaire sera à la base de la création de l'UDPCI, formation politique confinée dans la région d'origine de Robert Guei. Le mérite reviendra à Laurent Donan Fologo qui, en l'absence du Président Bédié en exil, tentera de récoler les morceaux d'un parti qui avait perdu le sens de la lutte, usé qu'il était par un long règne sans partage. En 2002, lors de la tentative de coup d'état contre Laurent Gbagbo, Guei Robert a été tué, tout comme Émile Boga Doudou alors ministre de l'intérieur.

Quant au MFA, son leader, Anaky Kobenan, est un membre fondateur du FPI, emprisonné et embastillé sous le parti unique, avant de prendre ses distances du parti de Laurent Gbagbo. Anaky Kobenan était un des pourfendeurs les plus virulents du Président Houphouet Boigny dont il désapprouvait la politique et contre qui il prônait la manière forte.

Le dernier groupe membre de la coalition au pouvoir en Côte d'Ivoire est constitué des Ex rebelles dont le chef de fil est Guillaume Soro. Dès l'éclatement de la rébellion en 2002, ses principaux chefs de guerre n'avaient pas caché leur sympathie pour Alassane Ouattara qui, selon Koné Zakaria, est le père de leur mouvement. Devenue Forces Nouvelles, la rébellion qui a endeuillé la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011 constitue avec le RDR la principale force politique de la coalition dotée d'une armée à faire pâlir bien des États.

Que pouvait-on espérer de mouvements dont les leaders se vouent une haine viscérale en raison des rancœurs et des frustrations nées de la lutte pour le contrôle de l'héritage politique de Félix Houphouët Boigny ? Chaque membre de la coalition a des raisons d'en vouloir à l'autre et rumine sa vengeance en attendant le moment opportun.

La deuxième raison de cette rupture prévisible tient aux circonstances et aux acteurs qui ont favorisé cette union que d'aucuns qualifient de contre nature. C'est un secret de polichinelle que de dire que le RHDP est sorti des laboratoires de la France après l'échec du coup d'état contre Laurent Gbagbo en septembre 2002. À cette époque le complot contre la Côte d'Ivoire n'était pas perceptible par le commun des mortels et nombreux furent les observateurs tant nationaux qu'internationaux de la vie politique ivoirienne qui ont fait une grave méprise sur la situation socio politique du pays. En réalité, avant même la disparition du premier président ivoirien les faiseurs de rois en Afrique avaient décidé d'installer Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire. Sans doute que le président Bédié avait flairé ce coup, d'où sa hargne à combattre celui qu'il considère comme un étranger aux ambitions démesurées. Mais l'opération "installer ADO au pouvoir" connaîtra diverses fortunes. En décembre 1999, malgré le coup d’état contre Bédié, le poulain ne réussit pas à prendre le pouvoir, Guei Robert ayant décidé de le conserver avant même d'avoir fini de balayer la maison. En 2002, le coup d'état contre Laurent Gbagbo échoue et Alassane Ouattara se réfugie dans une ambassade étrangère à Abidjan avant de s'exiler en France.

En 2003, à Marcoussis la France crée une plate forme pour épauler une rébellion manifestement dépassée par l'ampleur des événements. Le contrat de dupes proposé par la France aux forces politiques et rebelles avait un seul but: pousser le président Gbagbo à la démission après l'avoir dépouillé de ses prérogatives constitutionnelles au profit de l'opposition. En acceptant un tel compromis à Paris, les mouvements politiques ivoiriens venaient de prendre date dans le processus de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Pour bien faire les choses, la mémoire de Houphouët Boigny est évoquée pour tenter de recréer une unité autour de cette figure emblématique africaine dont Jacques Chirac s'honore de l'amitié. De la sorte aucune force politique sortie des entrailles du PDCI ne peut rejeter une telle proposition assortie de soutiens multiformes et ayant pour objectif la reprise d'un pouvoir qui n'aurait jamais dû échoir à Laurent Gbagbo. L'opération est tellement séduisante que des opposants farouches à la politique d'Houphouët Boigny se sentent subitement  l'âme d'Houphouétistes. Et l'union fut scellée à Paris sous le parrainage du Président de la République française!

Au regard de ce qui précède, il apparaît que l'alliance entre les frères ennemis houphouétistes est une alliance issue de la seule volonté de la France. Les partis concernés ne l'avaient pas conçue et par conséquent ne pouvaient pas lui donner une âme. Par ailleurs la coalition n'avait ni projet de société, ni programme de gouvernement commun. Le seul point d'intérêt commun était le renversement de Laurent Gbagbo. Une alliance de circonstance donc! Enfin, les principaux acteurs du RHDP se vouent une telle haine qu'après la chute de Laurent Gbagbo ils ne peuvent que réveiller leurs vieux démons et se régler les comptes.

Le premier défi du RHDP a été la présentation d'un candidat unique pour affronter Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle. L'absence de consensus sur cette question était en soi un signe du manque de cohérence d'une coalition dans laquelle, chacun des deux poids lourds nourrissait le secret espoir de coiffer l'autre au poteau. Visiblement, chacun voulait se servir de l'autre pour accéder au fauteuil présidentiel.

Malheureusement pour le PDCI les dés étaient jetés. Les maîtres avaient décidé que C'est Alassane Ouattara qui devait être le futur Président de la Côte d'Ivoire. Tant pis pour ceux qui ne l'auraient pas ainsi compris. Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 éliminent définitivement le sphinx de Daoukro avec la complicité de certains cadres du Pdci déjà au fait des manœuvres de la françafrique. Tout sera mis en œuvre par la suite pour obliger Bédié à appeler ses militants à voter pour le "Brave Chè" au second tour et à lui apporter le soutien politique nécessaire à son accession au pouvoir. Les pressions et les compromis ont eu raison des dirigeants du PDCI qui venaient de réaliser qu'ils ont été le dindon de la farce dans un RHDP conçu pour accompagner le RDR au pouvoir. Dès lors, il ne restait plus qu'à sauver les meubles pour ne pas sortir complètement perdant dans l'opération. Il fallait aussi sauver certaines apparences d'un partage équitable du pouvoir entre alliés politiques. D'où les promesses de strapontins et l'énoncé de formules insensées du genre "je gouvernerai sous l'autorité du président Bédié".

L'ennemi commun défait grâce à la France, grand metteur en scène de la tragédie ivoirienne, les contractions de l'alliance ne tarderont pas faire surface. Après avoir fait le sale boulot les cadres du PDCI font l'amer expérience de la rancune tenace d'un Alassane Ouattara qui n'a jamais digéré toutes les entourloupettes à lui faites par le PDCI. Pour Ouattara c'est l'heure des règlements de compte là où l'allié PDCI s'attend au partage du gâteau et à la reconnaissance pour service rendu.

L'expression visible du malaise au sein de l'alliance est le refus du RDR de céder le poste de premier ministre au PDCI comme convenu. Pendant ce temps Alassane Ouattara continue de se servir du PDCI pour accomplir les sales besognes de la République. C'est ainsi que Ahoussou Jeannot est commis à la tâche de poursuivre en justice les pro Gbagbo. L'ex premier ministre Charles Konan Bany est chargé de faire la réconciliation nationale pendant que les ministres RDR et le président Alassane lui même sabotent l'entreprise. Les départements ministériels qui ont échu au PDCI sont vidés de leurs prérogatives au profit, soit de conseillers du président, soit des membres de sa famille. En dehors de Bédié qui semble tirer un profit personnel de la situation, les cadres de son parti s'estiment lésés à l'heure du partage. Même son de cloche du côté du MFA dont le leader a décidé de ne plus se ridiculiser en revendiquant sa part de gâteau qui tarde à lui être servie. L'UDPCI de l'ouest montagneux ne s'en sort pas mieux, même si son président semble personnellement comblé par son portefeuille de ministre d'état.

Au delà de ces quêtes légitimes de postes dans le cadre d'un pouvoir partagé, les observateurs de la scène politique ivoirienne ont été amusés de voir les alliés se livrer à un véritable pugilat à l'occasion des élections législatives de décembre 2011. Ces élections sans enjeux, en raison du boycott de l'opposition significative représentée par le FPI, ont confirmé d'une part le caractère violent du régime RDR et d'autre part, l'impossible cogestion du pouvoir par les frères ennemis regroupés au sein du RHDP. Malgré tout, le PDCI veut continuer à entretenir l'illusion d'être au pouvoir. Quand il obtient finalement la Primature au forceps il crie victoire et se fait plus royaliste que le roi en invectivant constamment, curieusement et inutilement le FPI par sa presse interposée.

L'on comprend mieux aujourd'hui la fébrilité du PDCI qui sans avoir gagné l'élection présidentielle de 2010 et sans être le choix de la communauté internationale prend des allures de parti de pouvoir. En réalité le parti de Konan Bédié n'a jamais été autant fragilisé. Il est même menacé de disparition. Ce parti, faiseur de Président alors qu'il peine à obtenir la majorité des sièges au parlement malgré l'absence du FPI, veut être effectivement l'autorité sous laquelle Alassane Ouattara gouverne. Quelle naïveté!

Pour avoir pratiqué Ouattara de 1990 à 1993, le PDCI a une connaissance parfaite de l'homme de la communauté internationale qui agit pour ses mandants et pour lui même. Pour lui les intérêts nationaux doivent être sacrifiés pour satisfaire l'appétit des multinationales. La cession du patrimoine national dans des conditions non transparentes avaient en son temps crée l'émoi dans la classe politique. Et les députés issus du PDCI n'avaient pas hésité à demander des comptes à Alassane Ouattara alors premier ministre, sur sa politique de privatisation sauvage. La presse nationale avait dénoncé pour sa part les nombreux délits d'initiés qui ont accompagné ces privatisations incontrôlées. "Alassane vend et rachète" résumait la perception de l'opinion publique ivoirienne à l'ère du technocrate venu du FMI pour redresser l'économie nationale en déconfiture. Le PDCI voit donc dans la gouvernance de Ouattara des signes annonciateurs d'un bradage et d'un pillage des ressources nationales au seul profit du clan RDR. En outre, Bédié réalise que même s’il a réussi à placer les membres de sa famille dans des secteurs juteux, à terme il risque de tout perdre. La volonté de Ouattara d'effacer les traces de Bédié de la mémoire des ivoiriens est manifeste. En effet, les discours de Ouattara font uniquement référence à Houphouët Boigny comme si après le premier président il y a eu un vide, vingt années durant. En rebaptisant les universités de Côté d'Ivoire, Alassane Ouattara ne fait pas que montre de son narcissisme, il ignore à dessin ses prédécesseurs immédiats dont Konan Bédié, successeur de Félix Houphouët Boigny.

Par ailleurs, le PDCI suspecte Alassane Ouattara de revenir sur un certain nombre de dispositifs légaux mis en place par Bédié pour préserver les intérêts de la côte d'Ivoire et des Ivoiriens. Il s'agit notamment du code de la nationalité et du foncier rural. La table ronde de Linas Marcoussis a fait de ces deux points une priorité pour les premiers ministres imposés à Laurent Gbagbo. Qui avait intérêt à revenir sur une loi votée à l'unanimité des députés en son temps? Qui a intérêt à remettre en cause le code de la citoyenneté et de l'éligibilité à la présidence de la république?

De fait, la nouvelle loi sur le mariage dont la seule originalité est de faire de la femme un chef de famille en plus de l'homme n'est qu'un ballon d'essai. Son adoption ouvrira la voie à des modifications d'envergure plus grande et touchant à des secteurs plus sensibles, comme l'économie nationale. Le PDCI qui a avalé de nombreuses couleuvres semble fixer une limite à ne pas franchir, lui qui revendique d'être le fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. Sa responsabilité historique est en jeu, même s'il n'est pas à une contradiction près.

Enfin, la situation de la Côte d'Ivoire sous Ouattara est à la limite du tolérable. Jamais notre pays n'avait atteint un tel degré de délitement et de cruauté. Pour des ambitions personnelles, des milliers d'Ivoiriens ont été massacrés. Presque deux ans après cette forfaiture le pays est loin de retrouver ses marques. Les nouvelles autorités n'ont d'autres programmes que la chasse aux sorcières. La répression des pro Gbagbo, les exactions des FRCI sur d'innocentes populations, la déconfiture du tissu économique, la négation des droits politiques et sociaux, la colonisation des terres à l'Ouest du pays avec son cortège de tueries massives, l'exil forcé de milliers d'Ivoiriens sont autant d'actes et de méfaits qui ne peuvent laisser personne indifférent. Le PDCI a-t-il enfin compris le combat de Laurent Gbagbo? A-t-il les moyens de dire à Alassane Ouattara "Trop c'est trop, ça suffit!", sans  craindre de perdre ses privilèges? Wait and see!

 

John K. Silué

Financier N'Y.

mercredi, 07 novembre 2012

ISMAEL OUATTARA (RENOUVEAU PDCI): «BEDIE PARTIRA ET IL N'Y AURA RIEN»

 

HENRI KONAN BEDIE 2.jpg


L’actuel chef du PDCI-RDA partira et il n’y aura rien. Voici ce que pense Ismaël Ouattara, membre du Grand Conseil et Secrétaire général du Mouvement "Renouveau PDCI".


Pour être en rogne contre le président de son parti, M. Ouattara l’était, récemment, quand il rencontrait des jeunes, membres de son mouvement pour les instruire sur la conduite à tenir lors du prochain congrès. La rencontre qui a eu pour cadre un restaurant de Bouaké avait pour seul point à l’ordre du jour la «candidature du président Bédié au prochain congrès». «Nous tenons à signifier aux Bédéistes de la dernière heure que l’attitude d’Houphouët-Boigny consistait à discuter et à nous entendre pour le bien de tous et non à effrayer les militants avec de lugubres prévisions du genre «si Bédié prend sa retraite politique, c’est la mort du Pdci». Non, le Père fondateur Houphouët nous a quittés et le Pdci n’est pas mort. Son successeur Bédié a fait son temps avec notre soutien. Aujourd’hui, est venue l’heure de son départ. Il partira et il n’y aura rien», a estimé Ismaël Ouattara. Il a déconseillé aux uns et aux autres de fabriquer des dictateurs à la tête des partis politiques, voire des nations. Pour lui, tous ceux qui font allusion à l’exception constitutionnelle qui a autorisé la candidature au scrutin présidentiel de l’actuel président du Pdci, font fausse route. 

HENRI KONAN BEDIE.jpg

Avant de donner sa position, Ismaël Ouattara a donné des leçons à ceux qui croient qu’il n’est pas Bédiéiste. «En 1999, suite au coup d’Etat qui a fait perdre le pouvoir au Pdci et à M. Bédié, c’est nous, jeunes à qui l’on veut aujourd’hui dénier tout droit à la parole, qui avions mené le combat pour rétablir le patron du parti dans ses droits, au motif qu’on n’abandonne pas un chef en difficulté. Et nous avions remporté ce combat de la dignité, en dignes fils de Félix Houphouët-Boigny. 

Où étaient-ils à cette époque, les tenants de la thèse «Bédié ou rien»? Le moment est venu pour dire à toutes ces personnes que leur temps est révolu», a assené celui s’oppose de façon farouche à la candidature de Bédié au prochain congrès. Selon lui, l’ex-chef d’Etat doit céder la place à la tête du Pdci-Rda à plus jeune que lui et peu importe la région et l’ethnie, «pourvu qu’il soit des nôtres». 



Ladji Abou SANOGO (Correspondant régional Soir Info).


Source: AFRIK53.COM

mardi, 09 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


ALASSANE OUATTARA 13.jpg

 

Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

côte d'ivoire,alassane ouattara,le quai d'orsay,la cour pénale internationale,laurent gbagbo,cpi,onuci,pdci-rda,fpi,frci,maca,rti,fmi,banque mondiale,côte d’ivoire pourquoi ouattara n’y arrive pas,crise postélectorale ivoirienne,philippe duval,slate afrique.com

3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

côte d'ivoire,alassane ouattara,le quai d'orsay,la cour pénale internationale,laurent gbagbo,cpi,onuci,pdci-rda,fpi,frci,maca,rti,fmi,banque mondiale,côte d’ivoire pourquoi ouattara n’y arrive pas,crise postélectorale ivoirienne,philippe duval,slate afrique.com

4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

côte d'ivoire,alassane ouattara,le quai d'orsay,la cour pénale internationale,laurent gbagbo,cpi,onuci,pdci-rda,fpi,frci,maca,rti,fmi,banque mondiale,côte d’ivoire pourquoi ouattara n’y arrive pas,crise postélectorale ivoirienne,philippe duval,slate afrique.com

7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

mardi, 07 août 2012

COMMUNIQUE DU FPI SUITE AUX ACCUSATIONS DU MINISTRE HAMED BAKAYOKO

côte d'ivoire,communiqué du fpi suite aux accusations du ministre hamed bakayo,laurent akoun,henri konan bédié,konan kouadio bertin dit kkb,pdci-rda,pro-gbagbo,le ministre de l'intérieur hamed bakayoko,front populaire ivoirien

Le Front Populaire Ivoirien condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières qui ont eu pour cibles des camps militaires.

Le Front Populaire Ivoirien réitère son attachement à la transition pacifique à la démocratie et ne peut que regretter l'effusion de sang consécutive aux attaques susmentionnées.

Le Front Populaire Ivoirien préconise l'ouverture d'enquêtes impartiales permettant de situer les responsabilités quant à ces attaques.

Le Front Populaire Ivoirien s'insurge devant les accusations infondées formulées par le Ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko qui a imputé, sur les ondes d'une radio (RFI, Ndlr), ces attaques meurtrières au FPI et à de prétendus "miliciens pro-Gbagbo" (venus du Ghana, Ndlr).

C'est le lieu de rappeler au pouvoir d'Abidjan, que son partenaire au sein du RHDP à savoir le PDCI d'Henri Konan Bédié a annoncé ces dernières semaines dans sa presse (le Nouveau Réveil) qu'une attaque se préparerait et viserait la ville d'Abengourou. Par ailleurs, toujours ces dernières semaines, le député PDCI Konan Kouadio Bertin alias KKB, s'est montré extrêmement virulent à l'égard des tenants du pouvoir. Le Front Populaire Ivoirien invite en conséquence le Ministre de l'intérieur à bien regarder dans son entourage politique proche à qui pourrait profiter de telles attaques.

Par ailleurs, le Front Populaire Ivoirien attire l'attention du ministre sur le suivi d'heure en heure de ces attaques et les commentaires quasi-instantanés du Président de l'Assemblée Nationale qui s'en sont suivis.

Le Front Populaire Ivoirien réaffirme son attachement à la légalité constitutionnelle et aux méthodes démocratiques dans l'exercice de la fonction politique. Il ne se reconnait absolument pas dans les allégations fallacieuses d'Hamed Bakayoko qui se grandirait à laisser les services d'enquête faire leurs investigations avant de tirer quelque conclusion expéditive.


Source: ACC-COTE D'IVOIRE

mardi, 31 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE TEMPS DE L'ISOLEMENT DIPLOMATIQUE

 

ALASSANE OUATTARA 5.jpg

 


Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative.

- Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

- Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

- Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

- Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat».«Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ?

Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.

 

Théophile Kouamouo

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 25 juillet 2012

DECLARATION DES MILITANTS DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D’IVOIRE EN EUROPE ET EN AMERIQUE

 

ALASSANE OUATTARA ET KONAN BEDIE.jpg

Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, leaders du RHDP

 

Le PDCI-RDA, ce Grand Parti qui a conduit notre pays à l’indépendance, formé la grande majorité des cadres qui font aujourd’hui la fierté de la Côte d’Ivoire, posé les fondements de l’Etat ivoirien, commencé la construction de la nation ivoirienne et propulsé notre pays au rang des nations reconnues et respectées, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

En effet, depuis le malencontreux coup d’Etat de 1999, ce Parti donne l’impression de s’étioler à cause de ses inlassables querelles intestines, de certaines de ces décisions politiques qui laissent pantois le plus ordinaire de ses militants et sympathisants. Pour ces raisons, nous avons le devoir de donner de la voix afin d’attirer l’attention des dirigeants actuels sur l’avenir de ce Parti qui nous interpelle tous: Anciens, Doyens, Intellectuels, Cadres, Jeunes du Parti, Femmes du Parti ainsi que sympathisants.

Le dernier élément d’appréciation des décisions prises par les responsables du Parti qui nous met tous en demeure de réagir ici et maintenant est cette alliance dénommée Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et son but inavoué.

Bien que toute alliance politique pour l’avancement de la démocratie véritable soit un acte politique de haute stratégie, il convient de reconnaître que le RHDP qui n’est HOUPHOUETISTE que de nom, dessert les objectifs et la vision du président Houphouët, fondateur du PDCI-RDA, parce qu’à l’épreuve de l’action politique, le RHDP s’est révélé aux antipodes de la philosophie principale d’Houphouët-Boigny qui est la paix, le respect de la vie et de la parole donnée. En outre, le PDCI-RDA en tant que parti politique, avant même la perte du pouvoir d’Etat en 1999, avait déjà renoncé à l'application du projet de développement économique et social du président Houphouët-Boigny pour la Côte d’Ivoire.

Que nous est-il donc donné de constater avec le RHDP?

Un groupement politique hétéroclite qui s’est appuyé sur une rébellion armée pour parvenir au pouvoir alors qu’Houphouët-Boigny nous a toujours enseigné le dialogue pour la résolution de tout conflit.

En sus, l’unité nationale devient un lointain souvenir avec les actes que pose quotidiennement le gouvernement du RHDP: les arrestations arbitraires d’Ivoiriens, les enlèvements et détentions injustifiées, les bastonnades et mauvais traitements que subissent les jeunes raflés partout sur toute l’étendue du territoire jusqu’à ce que mort s’en suive parfois.

En fait, un régime de répression et de torture avec les meurtres et assassinats à répétition dans notre pays aujourd’hui transformé en un véritable Far-West. En particulier à l'Ouest du pays où les autochtones sont pourchassés, déplacés et parqués pendant qu'un mouvement continu de populations venues d'ailleurs occupe leurs terres illégalement créant ainsi une situation insupportable.

Devant de tels actes, nous, militants du PDCI-RDA, nous nous interrogeons sur la nécessité de nous maintenir dans cette alliance qui constamment viole notre éthique morale et politique mais aussi notre idéal humain et avons donc décidé de prendre nos responsabilités.

Concernant la vie du Parti, nous joignons nos voix à celles des membres du Bureau Politique du PDCI-RDA dont la dernière rencontre a suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir du Parti pour leur demander de poursuivre la réflexion afin de sortir notre pays du marasme politique dans lequel il s’enfonce de jour en jour, en plus d’une gestion partisane voire ethniciste du pouvoir d’Etat.

C’est pourquoi, considérant les éléments énumérés ci-dessus qui ne sont d’ailleurs pas exhaustifs, nous militants et militantes du PDCI-RDA,

Exigeons:

-Le retrait du PDCI-RDA de cette alliance du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ;

-La publication de la date du prochain Congrès ordinaire de notre Parti qui a été repoussée à plusieurs reprises afin de permettre le renouvellement des structures du PDCI-RDA mais surtout de revenir aux fondamentaux du projet de société du président Houphouët Boigny notamment l'action à l'endroit du monde paysan et la promotion de la jeunesse par la formation et préparer notre Parti aux futurs défis qui se présentent au pays et qui doivent être relevés pour le bonheur des Ivoiriens et repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international ;

-Lançons un appel à la communauté internationale: l’ONU et ses agences très impliquées en Côte d’Ivoire, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les Etats-Unis, la Russie et tous les pays amis et alliés qui continuent de soutenir ce pays, la Côte d’Ivoire, pour demander au gouvernement RHDP au pouvoir:

*La restauration de l'autorité de l'Etat central sur l'ensemble du territoire national en s'appuyant sur l'armée régulière la gendarmerie, et la police et dans le même temps le désarmement de toutes les milices et le démantèlement de tous les trafics organisés par les chefs de guerre dans toutes les régions du pays ;

*La libération de tous les prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire, le retour immédiat et libre de tous les réfugiés Ivoiriens des pays voisins et lointain dans leur pays sans qu’aucun d’entre eux ne soit arbitrairement poursuivi ;

*Plus généralement, la restitution de tous les biens et avoirs aux personnes morales et physiques injustement spoliées.

 

Fait, le 13 juillet 2012

En Côte d’Ivoire, en France, en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis, et au Canada.


SIGNEE:


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Côte d’Ivoire,
Le Coordonnateur: Beugré Jérôme


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en France,
Le Coordonnateur: Kouakou Kouassi Bernard


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suisse,
La Coordonnatrice: Tra Brigitte


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suède,
La Coordonnatrice: Silué Maïlé


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA aux Etats-Unis,
Le Coordonnateur: Essis Mel Antoine


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA au Canada,
Le Coordonnateur: Tia Oulai Ferdinand


AMPLIATION:


- Secrétariat Général du PDCI-RDA

- Secrétariat Général de l’ONU

- Présidence de la Commission Européenne

- Présidence de l'Union Africaine

- Présidence de la Commission de l'Union Africaine

- Présidence de la République Française

- Présidence des Etats-Unis

- Gouvernement du Canada

- Présidence de Russie

- Confédération Helvétique

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

vendredi, 16 mars 2012

DERRIERE LE LEURRE DE LA PRIMATURE «DONNEE» AU PDCI - OUATTARA ET LE RDR PRENNENT TOUS LES POUVOIRS



BEDIE-OUATTARA-MADY.jpg

Après plusieurs jours sans gouvernement, la Côte d'Ivoire a enfin des ministres. Rien de nouveau sous le soleil, ou presque : le Pdci-Rda a été floué avec une primature vide. Ouattara et les siens ayant déjà pris soin de tout «délocalisé» à la présidence. Décryptage. Comment monopoliser tous les pouvoirs tout en donnant l'impression d'être partageur, et de respecter - après tout de même près d'un an - ses engagements avec l'allié PDCI ? C'est  cette question que les stratèges du RDR ont visiblement eu à l'esprit dans l'orchestration du mouvement de chaises musicales que représentent la mise en place de l'Assemblée nationale et d'un nouveau gouvernement. Certes, Jeannot Ahoussou Kouadio est désormais le locataire de la «Maison Blanche». Mais il est d'ores et déjà sérieusement circonvenu à la fois par Alassane Ouattara, par les «historiques» et les «durs» du RDR qui affûtent leurs longs couteaux - à titre préventif - dans les bureaux feutrés de la Présidence et par une Assemblée nationale majoritairement contrôlée par les ouattaristes. Selon toute évidence, «la Case» se prépare à phagocyter Ahoussou et les prétentions du PDCI - ou à les combattre sans la moindre complaisance.

Les signes de cet état d'esprit sont évidents. La prise en main directe de la Défense, donc de la gestion au quotidien des FRCI et de la réforme de l'armée par Ouattara, empêchera Ahoussou de seulement oser mettre son nez dans la tambouille sécuritaire du pays, dans la délicate gestion des comzones, des dozos et de tout l'appareil répressif de l'Etat-RDR. De plus, le ministère de l'Intérieur reste entre les mains d'Hamed Bakayoko, fils spirituel du couple Ouattara. Tout ce qui est «corps habillés» restera donc étranger à Ahoussou.

La montée en puissance de l'administration de la Présidence, avec la nomination comme ministres de grognards historiques du RDR comme Amadou Gon Coulibaly - ministre d'Etat - et Marcel Amon Tanoh, ainsi que de Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l'Etat chargé de gérer la «cagnotte», indique très bien que plus que jamais, le Palais est le principal centre de décision. Le rôle du gouvernement deviendra de plus en plus décoratif, et c'est peut-être pour cela que revoir le casting n'était pas la priorité. La Présidence se renforce donc. Notamment pour donner une vraie marge de manœuvre institutionnelle aux nombreux conseillers français qui la hantent, dont le symbole est Philippe Serey-Eiffel, et qui n'auront plus à subir les humeurs ombrageuses d'un Guillaume Soro tenu à l'écart.

La guerre de l'ombre contre les FRCI va-t-elle commencer ?

Les Français du Palais, comme les analystes de la «bulle explicative mondiale» (Human Rights Watch, International Crisis Group, etc.) et les diplomaties occidentales plaident depuis longtemps pour la mise hors d'état de nuire des anciennes figures de la rébellion, pudiquement appelée «Forces armées des forces nouvelles». Désormais qu'ils seront «traités» à partir de la présidence, peut-on imaginer que le général Claude Réglat et le colonel Marc Paitier, tous anciens de la Direction du renseignement militaire (DRM) française, vont renforcer leur guerre secrète destinée à faire diminuer l'influence des figures de proue des FRCI ? Le pari est risqué pour un Ouattara qui apparaîtrait en première ligne contre ceux qui l'ont fait roi. Plus sûrement, on peut penser qu'il mettra à profit les mois qui viennent pour prendre le contrôle direct de la troupe, sans passer par le truchement de Soro. Une configuration périlleuse pour lui : en tant que ministre de la Défense, il est directement responsable des exactions de ses nervis, qui ne s'arrêteront pas automatiquement parce qu'il se sera octroyé un maroquin.

Un cadeau piégé pour le PDCI

Le vieux parti s'est battu et a crié pour que la promesse de la Primature soit honorée par Ouattara. Mais d'ores et déjà, ce poste se présente comme un cadeau piégé pour le PDCI. Parce que Jeannot Ahoussou Kouadio s'installe à la Primature dans un climat de «guerre civile» entre deux camps : le camp «collaborationniste» qui assume une dilution dans la «maison Ouattara», et le camp «autonomiste» qui veut assumer sa singularité et aller seul aux municipales demain et à la présidentielle de 2015 après-demain. Ahoussou est la tête de file des «collaborationnistes» quand Kouadio Konan Bertin dit KKB incarne celui des «autonomistes». En renforçant Ahoussou, Ouattara sert ses intérêts puisqu'il permet à ses partisans au sein du PDCI d'avoir les moyens d'une machine clientéliste dans le cadre d'une bataille interne qui s'annonce rude. Mais il irrite encore plus un grand nombre de cadres du PDCI qui rongent leur frein. Surtout, la personnalité d'Ahoussou, peu charismatique, ne représente un danger ni pour Bédié (qui veut garder le parti alors qu'il ne sera selon toute évidence pas candidat en 2015) ni pour Ouattara. Contrairement à un Patrick Achi par exemple, il n'a pas d'emblée un profil de présidentiable à court terme. Mais il va mener la bataille contre le camp adverse. Et c'est toujours ça de pris pour le RDR.

 

Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 01 mars 2012

LA REPUBLIQUE DANS UNE ZONE DE TURBULENCES


UNE N° 3027 LE NOUVEAU REVEIL.jpg

Le Nouveau Réveil se "réveille"-t-il, enfin? Le PDCI-RDA est-il parcouru par un instant de lucidité avec les sorties remarquables du désormais "patriote" KKB? Osons l'espérer avant qu'ils ne deviennent tous comptables du plus grand chaos, en approche, de l'histoire de la Côte d'Ivoire, et peut-être de l'Afrique! Merci, Akwaba Saint-Clair, même si je ne partage pas tous les passages de cet article, notamment les suspicions contre le camp Gbagbo car à cette allure, vous allez (le RHDP) faire encore plus de victimes innocentes, sur la base du simple soupçon et Ouattara finira par lancer un mandat d'arrêt international contre sa propre ombre, à force de se faire peur à lui-même. Et si pour mettre un terme à tout ceci, il envisageait, enfin, une VRAIE réconciliation entre les Ivoiriens? Fernand Dindé.


En dépit des efforts considérables et des moyens colossaux consentis par les autorités ivoiriennes pour remettre la Côte d'Ivoire sur les rails de la normalité, l'horizon politique national demeure encore brumeux, le grand chantier de la réconciliation nationale reste toujours un gros point d'interrogation. Et pendant ce temps-là, les clivages politiques s'accentuent, les tensions sociales s'éveillent, la vie est chère et l'école tarde à retrouver ses marques.

L'Etat a-t-il attrapé un gros rhume ?

L'atmosphère est lourde et cela est bien perceptible à divers égards.

Au plan politique d'abord. Tout se passe comme si le pays est dans l'attente d'une renaissance, comme si nous vivions une trêve, une sorte de transition politique qui doit déboucher sur la mise en place d'un nouveau gouvernement et de la nouvelle Assemblée nationale. Et cette attente impulse un ralentissement général à toutes les activités, à toutes les initiatives. La République semble quelque peu crispée, à commencer par les membres du gouvernement, ceux-là mêmes qui devraient être les catalyseurs et donner du rythme à la marche du pays vers l'avant sont si préoccupés par leur avenir politique personnel que cela crée à leur niveau une espèce de sclérose. Leur attitude semble guidée par une calculette, il faut tout faire pour ne pas se faire virer du gouvernement. Et aussi longtemps que cette situation perdurera, le pays ne retrouvera pas sa vitesse de croisière.

Dans cet imbroglio politique, il y a la situation du Premier ministre Soro qui devra être clarifiée, au plus vite. L'incertitude sur le point de chute de celui qui est annoncé comme partant de la Primature est devenue une source de vive préoccupation depuis que la Cpi a décidé d'ouvrir les yeux sur les évènements antérieurs à la crise post-électorale. Du moins pour le commun des Ivoiriens qui souhaiterait être rassuré.

Par ailleurs, depuis quelque temps, les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo ne cachent pas leurs intentions subversives vis-à-vis du pouvoir en place. A l'instar de Bernard Doza (in Le Quotidien d'Abidjan du lundi 27 février), ils ébruitent des scénarios visant à renverser les institutions de la République. Et effectivement, ils ne dorment pas. Puisque les plus hautes autorités militaires du pays viennent de révéler, par la voix du Cdt Koné Zakaria, qu'un coup d'État, en voie de préparation à Bonoua, aurait été déjoué il y quelques semaines. De manière périodique, des heurts entre les Frci et la population viennent nous rappeler que les partisans de l'ex-président ont plus d'un tour dans leur sac et que peut-être que les autorités commettent une erreur de les minimiser.

En outre, au sein même du pouvoir, il faut admettre que l'épreuve des élections locales a révélé les plaies cachées du Rhdp. Or, jusqu'à ce jour, aucune initiative appropriée n'a été envisagée ni même étudiée pour essayer de panser ces blessures qui tendent au contraire à s'aggraver.

Tout cela a, bien entendu, des répercussions sur l'économie du pays. Car les opérateurs économiques composent avec la météo politique, c'est connu. Tant qu'on restera dans cette espèce de transition, il sera difficile d'envisager des solutions durables contre la cherté de la vie qui étrangle les ménages et qui en rajoute aux tensions sociales.

De fait, les échéances sont connues. Le gouvernement (le nouveau) ne sera mis en place que lorsque l'Assemblée nationale sera installée début avril.

Pour autant, le pays ne peut sombrer dans cette sorte de somnolence. Il revient donc au chef de l'Etat de libérer les énergies, de donner du rythme à la vie publique, d'insuffler le dynamisme nécessaire, de mettre ses ministres en confiance. Il faut rassurer, remettre le pays au travail.


Akwaba Saint-Clair


Source: LE NOUVEAU REVEIL

KONAN BEDIE, LE CHEF DEVENU UN CHIFFON

BEDIE LE CHIFFON.jpg

Lors de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, mon parti, le PDCI-RDA avait pour slogan : « Notre expérience au service de la Côte d'Ivoire ». Le PDCI-RDA, parti bâtisseur de la Côte d'Ivoire moderne, avec toutes ces années passées à diriger le pays d'abord sous le président Félix Houphouët Boigny et ensuite sous  le Président Henri Konan Bédié était pour nous le parti le mieux indiqué pour sortir la Côte d'Ivoire notre chère patrie des moments difficiles qu'elle traverse depuis le funeste coup d'état de décembre 1999.

Pour nous jeunes du PDCI-RDA, il était plus que nécessaire de remettre l'enfant qui pleure à sa mère car elle seule sait comment le faire taire. Depuis que le PDCI-RDA a été injustement chassé du pouvoir par la force des armes, notre pays a rompu avec les mots PAIX et STABILITE, pour nous c'était l'élection de l'espoir, il fallait remettre notre pays sur les rails pour sortir de cette honteuse crise qui n'avait déjà que trop duré. En tout cas au niveau de la jeunesse, DIEU est au courant, malgré nos maigres moyens, nous avons vendu le produit 'Bédié', nous avons mouillé le maillot mais malheureusement notre candidat est tombé au premier tour. Nous avons beaucoup  pleuré et ce n'est pas Kouadio Konan Bertin qui nous dira le contraire. C'était difficile pour nous. Pour la première fois de son histoire, le PDCI-RDA venait de perdre à l'élection du Président de la République. On venait ainsi de rater l'occasion de mettre notre expérience au service de la Côte d'Ivoire, le rêve de mettre notre expérience au service de la jeunesse, venait ainsi de se briser.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, installé au pouvoir par la force des hélicoptères de guerre de l'armée française sur ordre de Nicolas Sarkozy après avoir massacré des milliers d'ivoiriens, dit qu'il gouverne la Côte d'Ivoire sous l'autorité de Bédié. Ivoiriennes, ivoiriens, démocrates, militantes et militants du PDCI-RDA, voilà maintenant plus de dix mois que Monsieur Alassane Ouattara gouverne notre pays sous l'autorité de Bédié. Ensemble faisons le point.

Depuis l'avènement d'ADO Solutions (?), l'insécurité s'est accrue de façon exponentielle, la Côte d'Ivoire est bien classée parmi les pays les plus dangereux du monde, la preuve : des ambassades délocalisent et la destination Côte d'Ivoire est déconseillée. On assiste à plusieurs braquages et même les églises ne sont pas épargnées. Les universités sont fermées, les étudiants qui constituent l'élite de demain ne vont plus à l'école, pourtant le Président Bédié voulait mettre son expérience au service de l'école. A la place des emplois promis, on nous sert des licenciements massifs dans toute l'administration, le chômage augmente à grand échelle. Nos parents paysans sont spoliés de leur plantation et de leur terre. Le tribalisme a pris de l'ampleur, les admissions dans les concours et les nominations se font sur des bases ethniques. Les FRCI, la milice ethno-religieuse du RDR, continue de tuer les populations ivoiriennes. Les commandants de zone font la loi partout dans le pays. La liberté d'expression a vraiment perdu la langue et la démocratie a foutu le camp.

Tout ceci favorise la division entre les différents peuples de Côte d'Ivoire. Vigilance, vigilance, vigilance ! Ivoiriennes, ivoiriens, militantes, militants et sympathisants du PDCI-RDA, ouvrons les yeux sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire. On tue sous l'autorité de Bédié, on viole sous l'autorité de Bédié, on pille sous l'autorité du président du PDCI-RDA. Pour la Côte d'Ivoire, nous invitons le Président Bédié à refuser la gouvernance de Monsieur Alassane Dramane Ouattara sous son autorité parce qu'à cette allure, nous risquons de détruire tout l'héritage du père fondateur.

Au PDCI-RDA, nous parlons de politique intérieure unificatrice dont le substratum est LA PAIX PAR LE DIALOGUE tandis qu'au RDR, ils sont adeptes de la paix par le massacre des opposants. A l'antipode des valeurs fondatrices du PDCI. Il est donc difficile de faire chemin  ensemble.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, ayant échoué au sommet de l'état, veut maintenant nous imposer une guerre civile. Les peuples de Côte d'Ivoire ne laisseront pas « le rattrapage » aller à son terme. PDCI-RDA, notre accointance avec le RDR nous perdra (preuve, voir résultats des élections législatives). Chers aînés,  Houphouët-Boigny vous a laissé un PDCI-RDA très fort et au pouvoir ; pourquoi donc vous voulez à tout prix nous laisser un parti vomi de tous, à votre tour ? Jeunes du PDCI-RDA, voilà pourquoi nous devons demeurer toujours vigilants et mobilisés en prenant nos responsabilités. L'histoire nous regarde.

Les dix mois de Monsieur Alassane Dramane Ouattara nous démontrent que la rébellion qui a endeuillé notre pays est aux commandes aujourd'hui !  Donc le masque du vrai chef de la rébellion est maintenant tombé.

Pour s'en apercevoir, faisons une petite étude comparative entre la Côte d'Ivoire actuelle et les zones sous contrôle des rebelles. Vous verrez, par exemple, les groupes de Wattao, les groupes de Zackaria Koné, les groupes de Chérif Ousmane, ainsi de suite. Chaque secteur a un commandant. L'école n'est ni une nécessité, ni une priorité pour eux, ils sont arrivés au sommet de la société sans la fréquenter, la preuve : l'université est fermée et ils sont d'accord avec ça. On assiste aux phénomènes de braquage des banques, les intimidations, les viols, les tueries partout dans le pays. Une dictature rampante s'est installée. Des leaders politiques et des chefs militaires sont emprisonnés. Nos parents meurent en exil, ils ont leurs comptes bloqués, ils meurent de faim, incapables de se soigner.

Et c'est dans cette atmosphère qu'un certain Charles Konan Banny devra réconcilier les ivoiriens. Voici encore un cadre du PDCI-RDA à qui on confie une mission impossible. Pourquoi le PDCI et non le RDR ? Attention ! Ce Monsieur a une volonté farouche d'en finir avec notre parti.  Monsieur Charles Konan Banny, Alassane Dramane Ouattara, sachant que vous êtes un de ses concurrents, veut vous conduire à l'échec pour que les ivoiriens vous rejettent; il s'en fout de votre Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Ecoutez, Alassane Dramane Ouattara ne fait rien avec la réconciliation entre les ivoiriens car ayant opté pour  le « rattrapage »; donc comprenez enfin que vous n'avez pas les mêmes objectifs.

A la limite, il ne vous accorde aucun respect parce que nous vous savons travailleur, nous savons aussi que vous avez la volonté de faire de grandes choses mais malheureusement vos efforts sont noyés par le sang des ivoiriens qui continue de couler par la volonté du RDR et sa milice ethno-religieuse alias FRCI. Lorsque vous arrangez, eux ils s'évertuent à gâter. Monsieur Charles Konan Banny, de nombreux ivoiriens espèrent encore en vous. Vous êtes encore utiles pour le PDCI-RDA et la Côte d'Ivoire. Notre pays est à un tournant assez décisif de son histoire alors c'est le moment où nous devons prendre des décisions courageuses. Cher aîné, le monde entier vous regarde. Mais la seule chose dont vous devez être sûr, c'est que jamais vous ne pourrez réconcilier les ivoiriens à l'ère du « rattrapage » et vous serez définitivement écarté de la scène politique ivoirienne.

Ne serait-il pas bon pour nous d'analyser la vraie nature du nouveau pouvoir d'Abidjan avant d'aller encore plus loin ? Continuerons-nous de confondre dialogue et tueries ? Paix et guerre ? Houphouétisme et anti-Houphouétisme ?

Agissons maintenant car demain peut s'avérer très tard.

L'histoire est têtue.

Dieu  aime la Côte d'Ivoire et les ivoiriens.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Vive le PDCI-RDA!


Pour la jeunesse du PDCI-RDA,

Yao Kouamé Patrick

Président de la jeunesse du PDCI-RDA en exil.

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

mercredi, 29 février 2012

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


UNE N° 155 AUJOURD'HUI.jpg

Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.