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dimanche, 04 mars 2012

TRAFIC MARITIME: LE PORT D'ABIDJAN ENREGISTRE UNE FORTE BAISSE


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Le bilan 2011 du Port autonome d'Abidjan (PAA) est négatif, comparé aux performances de ces trois dernières années. Selon les données livrées au cours de la rentrée commerciale qui s'est déroulée hier, à la direction générale du PAA, en présence du ministre des Infrastructures, Patrick Achi, le trafic global en 2011 est de 16 642 542 tonnes contre 22 483 915 tonnes en 2010. Soit une baisse de 26%. Le volume des importations connait une baisse de 24,8%, passant de 12 800 826 tonnes en 2010 à 9 628 024 tonnes en 2011. Idem au niveau des exportations qui chutent de 9 683 089 tonnes en 2010 à 7 014 518 tonnes en 2011.

Le trafic en transit enregistre une baisse de 26,3% en 2011, avec 764 940 tonnes contre 1 037 766 tonnes en 2010. Au niveau du trafic conteneurs, le niveau global est de 412 257 tonnes en 2011  contre 546 417 tonnes en 2010. Soit une baisse de 2,7 %. «Alors que le port d'Abidjan se veut un hub port, nous constatons que le trafic de transbordement est en baisse enregistrant une chute de 20,7% en 2011», relève le directeur commercial, qui tire ainsi la sonnette d'alarme. Au niveau des autres composantes, notamment du trafic navires, c'est la même situation. On enregistre 2278 escales au titre de l'année 2011 contre 2951 escales en 2010, soit une baisse de 22,8%.

Le tableau mensuel comparatif 2010 et 2011 donnent une moyenne de 8 navires par jour en 2010 contre 6 par jour en 2011. Voici globalement présenté, le tableau peu reluisant des performances du port d'Abidjan sous Alassane Ouattara. Les prévisions pour le trafic global 2012, selon le directeur commercial, sont de 23 946 184 tonnes, soit une forte croissance de 43% par rapport à 2011 et 3,8 % par rapport à 2010.

Ces performances, on se demande comment l'équipe dirigeante actuelle s'y prendra pour les traduire en actes. Vu les erreurs de management que le Dg Hien Sié et ses hommes multiplient, avec les licenciements massifs qui ont une incidence réel sur le rendement des travailleurs.

Dans son intervention, le ministre Patrick Achi a reconnu la nécessité d'ouvrir de grands chantiers et de prendre des mesures urgentes pour faire face efficacement à la concurrence. Pour y arriver, il a annoncé séance tenante la réactivation de la commission compétitivité des ports ivoiriens et la poursuite des chantiers de réhabilitation et d'extension du PAA engagés sous Marcel Gossio.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 23 février 2012

ALASSANE OUATTARA, L’HOMME PAR QUI LE CHOMAGE ETHNIQUE EST ARRIVE


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Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d'Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l'on pourrait s'attendre à de nouveaux feux d'artifice dans le ciel abidjanais, à l'image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l'occasion de la fin d'année 2011.

Un constat s'impose pourtant: Au lieu du million d'emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu'Alassane Ouattara a déversé en Côte d'Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d'un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l'Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d'en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n'étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s'agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d'un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d'Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l'Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d'août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

La tribu comme premier critère qualifiant

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d'Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d'un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

Ce tribalisme d'Etat domine également l'affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l'éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l'Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu'il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s'offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d'autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l'inventeur du pernicieux concept de l'ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s'en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l'apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l'instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d'attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s'apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l'an Un de l'accession de leur champion à la présidence que le plus fort d'aujourd'hui ne demeurera pas indéfiniment en position d'écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d'avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l'avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d'éviter les ravages d'une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux, uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n'est pas inlassablement combattu.


Abidjan, le 22 février 2012

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER


Liberté et Démocratie pour la République

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 09 février 2012

IVOIRIEN, LE RHDP TE PARLE: DONNE TA VOIX AU LICENCIEMENT MASSIF ET A LA MISERE!


NE DONNE PAS TA VOIX AU CHOMAGE - RHDP.jpg

"RHDP Solutions pour l'emploi - Ivoirien, le RHDP te parle: Ne donne pas ta voix au chômage". C'est avec de tels slogans de campagne qu'on a trompé les Ivoiriens qui voulaient bien se laisser tromper. Nous sommes des millions à ne pas y avoir mordu. Nous voyions venir l'arnaque. Et nous avons eu raison. Appréciez:


Présidence de la République: Licenciement de 1.300 personnes par Alassane Ouattara.

Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI): Mise à l'écart de 322 agents.

Port Autonome d'Abidjan (PAA): 120 employés mis au chômage.

Société des Transports Abidjanais (SOTRA): Mise au chômage technique de 1200 agents, soit près du 1/3 du personnel de l'entreprise.

Agence Nationale de la Formation Professionnelle (AGEFOP): 32 agents reçoivent leur lettre de licenciement.

Air Ivoire: 482 employés laissés sur le carreau.

Palaces de Côte d'Ivoire: Licenciement de 260 agents.

Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD): Des mois d'impayés de salaire depuis 2011.

Assemblée Nationale: Salaires du personnel impayés depuis de longs mois.

Conseil Economique et Social: De nombreux membres du personnel mis à l'écart sans préavis, à l'arrivée du tout nouveau locataire.

Des centaines de PME/PMI ont mis la clé sous le paillasson ou sont en difficulté économique: Des milliers d'Ivoiriens sont au chômage et des milliers d'autres vivent par à-coup, avec des salaires réduits ou payés au compte goutte.


"RHDP Solutions pour l'emploi - Ivoirien, le RHDP te parle: Ne donne pas ta voix au chômage mais donne-la au licenciement massif et à la misère!", dirions-nous. Car c'est ce qui est, aujourd'hui, dans notre pays. Le chômage a bel et bien rattrapé les Ivoiriens avec le RHDP et la précarité est devenue une cruelle réalité dans la "nouvelle Côte d'Ivoire"! Où sont donc passées les pluies de milliards annoncées?


DINDE Fernand AGBO

mardi, 07 février 2012

COTE D'IVOIRE: LE TEMPS DE L'AUSTERITE

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La semaine qui vient de s'achever a été «riche» en informations inquiétantes dans la rubrique «social» en Côte d'Ivoire. Après un long et éprouvant jeu du chat et de la souris, les actuels dirigeants de la Société des transports abidjanais (SOTRA) ont annoncé la mise au chômage technique de 1200 agents, soit près du tiers du personnel de l'entreprise. Une nouvelle qui intervient après l'annonce du licenciement de 120 personnes au Port autonome d'Abidjan, et la mise à l'écart de 322 employés à la Radio télévision ivoirienne (RTI), une autre structure parapublique.

Dans une interview accordée à Onuci FM, le ministre de la Fonction publique Gnamien Konan a annoncé la possibilité d'un plan de départs volontaires et un ralentissement dans l'organisation des concours de recrutement des serviteurs de l'Etat. En ce début de mois de février, les salariés du privé ont pu constater la baisse de leur salaire net, liée à l'augmentation du taux des cotisations retraite, qui a été couplée avec un allongement de l'âge de départ à la retraite - une forme de double peine, en somme. La relance annoncée d'Air Côte d'Ivoire n'est toujours pas à l'ordre du jour, et les employés de la compagnie aérienne sont sur le carreau. L'annonce par Alassane Ouattara de la privatisation et de la liquidation des banques publiques suscite les inquiétudes parmi les employés de ces institutions, qui craignent plans sociaux et démantèlements ravageurs. Alors que l'Université est toujours fermée et que les travaux n'avancent pas à un rythme rassurant pour une reprise des cours d'ici septembre, à tel point que le ministre Cissé Bacongo fait appel à des «étudiants volontaires» dans le cadre d'un marché pourtant gagné par une  entreprise privée, qui ne fait pas dans le bénévolat. Dans les semaines ou les mois qui viennent, les prix de l'électricité et du carburant pourraient prendre l'ascenseur, les bailleurs de fonds faisant pression sur un gouvernement qui brûle d'arriver au point d'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE).

Pourquoi se voiler la face ? Pourquoi céder au messianisme anachronique des zélateurs du régime qui répètent comme un mantra «le pays est au travail» et nous font miroiter des «lendemains qui chantent» sur la seule foi des relations à l'étranger du «super économiste» ? La Côte d'Ivoire est entrée, de plain-pied, dans le temps de l'austérité. Après avoir conquis dans le feu et dans le sang un pays privé de paix et de stabilité pendant douze ans au nom de ses ambitions politiques, Alassane Ouattara fait face à la crise économique qui résulte de toutes ces années perdues en utilisant les méthodes sans originalité expérimentées sous sa houlette il y a vingt ans, alors qu'il était Premier ministre. A la hache, il se lance dans une coupe claire des dépenses publiques à travers une augmentation des prélèvements, une politique de licenciements et de gel des embauches. Et engage des privatisations des entreprises publiques dont on est en droit de penser qu'elles seront opaques, au regard des opérations de ce type menées quand il était à la Primature, et au vu de l'indécence avec laquelle ses ministres se distribuent les marchés publics.

L'austérité, donc. Dans l'état où la Côte d'Ivoire se trouve actuellement, était-elle inévitable ? Peut-être. Mais elle sera forcément mal vécue, et très mal acceptée. Pour plusieurs raisons.

Premièrement, parce que la campagne incroyablement populiste et démagogique d'Alassane Ouattara à l'occasion de l'élection présidentielle, ainsi que la mythologie sur le triptyque Argent-Diamant-Or (ADO), a inconsciemment préparé les esprits faibles à une «pluie de milliards» qui n'arrivera pas de sitôt. Quand il promettait cinq universités en cinq ans, un million d'emplois en cinq ans, quand il disait que son métier était de trouver l'argent, quand il refusait tout argument expliquant les difficultés économiques par la guerre, savait-il que sa forfanterie se retournerait contre lui s'il arrivait au pouvoir ? Etre un homme d'Etat, c'est aussi faire campagne comme un homme d'Etat, même quand il se trouve qu'on est dans l'opposition.

Deuxièmement, parce qu'il est visiblement incapable de créer l'union sacrée autour du redressement national, enfermé avec ses partisans dans un récit national subverti où ils représentent le bien absolu tandis que le camp Gbagbo représente le mal absolu, la cause unique de l'état pitoyable dans lequel se trouve la Côte d'Ivoire aujourd'hui. Mais à qui peut-on faire croire que la stratégie coûteuse de prise du pouvoir de l'actuel chef de l'Etat n'a rien à voir avec le fait que la Côte d'Ivoire soit le dernier pays africain, avec le Soudan, à n'avoir pas bouclé son programme PPTE ? Que les dizaines de bus calcinés par les activistes «républicains», notamment lors de la guerre postélectorale, n'expliquent pas en partie les problèmes apparents de la SOTRA ? Que le fait que les zones CNO ne paient pas leurs factures d'électricité pendant près de dix ans n'a pas aggravé les déséquilibres du secteur ? Que les pillages hystériques des FRCI et associés qui n'ont pas épargné les campus ne justifient pas, plus que toute autre considération, les deux années blanches qui désespèrent les étudiants ?

Troisièmement, comment peut-on accepter les sacrifices et privations alors qu'à peine installés, les copains et les coquins de la «nouvelle» Côte d'Ivoire se signalent par leur passion du «business», instrumentalisant l'Etat pour s'enrichir personnellement sans scrupules excessifs ? Alors que la RTI, par exemple, met des professionnels expérimentés à la porte pour recruter des activistes de TCI, ancienne télé pirate du RDR ? Alors que l'idéologie antirépublicaine du «rattrapage ethnique», assumée au sommet de l'Etat, se déploie sans vergogne ?

Quatrièmement, le refus quasi-structurel de ce pouvoir d'engager le dialogue social avec les syndicats et l'opposition sur les réformes qu'il juge nécessaires et de communiquer clairement avec le peuple sur les sacrifices qui lui sont et lui seront demandés n'arrange rien.

L'austérité qui vient sera difficilement acceptée. Et il est fort probable que le régime Ouattara utilise la stratégie de la tension qui lui a tant «réussi» dans l'opposition et lors de son installation au pouvoir pour empêcher, par la menace latente, la contrainte explicite ou la violence de rue, toute montée du mercure social.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER