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lundi, 08 novembre 2010

PDCI: UNE DEBACLE FONDATRICE?

HENRI KONAN DEBIE.jpg

 

Cataclysme dans la vie politique ivoirienne : Henri Konan Bédié, président de l'historique  Parti Démocratique de Côte d'Ivoire, sera absent du 2nd tour de l'élection du 31 octobre 2010. Comment en est-on arrivé là ?

 

En 1892, Emile Zola écrivait le dix-neuvième et avant-dernier opus de la série Les Rougon-Macquart, La Débâcle. L'annonce des résultats provisoires quasi-complets de l'élection présidentielle ivoirienne aux premières heures du jeudi 4 novembre 2010, entérinant l'effondrement du PDCI, n'est pas sans rappeler la chute de l'Empire décrite par l'auteur, due dans les deux cas aux décisions néfastes prises par un état-major incompétent.

La sortie de route de Konan Bédié au premier tour de ce scrutin historique suscite la réminiscence de la présidentielle française de 2002, qui vit Jean-Marie Le Pen arrivé au 2nd tour, coiffant Lionel Jospin et l'historique parti socialiste au poteau. Alassane Dramane Ouattara, c'est Le Pen en pire. Le visage hideux du repli identitaire, les mains dégoulinantes de sang en plus.

Egorgeur de liberté et de prospérité, Alassane Dramane Ouattara s'autorise aujourd'hui à se poser comme solution au désastre qu'il a crée. Au lieu de rendre compte de ses crimes devant une cour de justice, il se retrouve au deuxième tour de l'élection présidentielle, usurpant la place de challenger, plus naturellement dévolue à Henri Konan Bédié. Passant par pertes et profits les aspirations de paix, de bien-être et de normalité de tout un peuple, qu'il veut diriger à tout prix mais envers lequel il n'a fait preuve d'aucune magnanimité, il a installé les Ivoiriens dans un quotidien de misère, de viol, de mort, de terreur et de ségrégation.

Commettant sa plus lourde erreur stratégique, Henri Konan Bédié s'est acoquiné avec Alassane Dramane Ouattara au sein du RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix), créé le 18 mai 2005 à Paris. C'est précisément en scellant cette alliance contre nature avec l'homme à l'origine du coup d'Etat qui mit brutalement fin à son propre mandat à Noël 1999 qu'il entrainera le PDCI dans sa lente descente aux enfers. En effet, ce faisant, N'Zuéba poussera beaucoup d'adhérents du vieux parti historique vers la sortie, qui n'ont pas supporté l'idée de cette accointance scabreuse avec celui qui a ouvertement clamé qu'il mettrait leur pays à feu et à sang s'il n'accédait pas à la magistrature suprême, - et qui a exécuté sa menace sans sourciller, avec toutes les conséquences tragiques que l'on connait.

Cependant, comme chez Zola, l'histoire ne se terminera pas forcément sur cette note sombre. La voie royale pour transformer cette déroute électorale en pierre angulaire d'un avenir meilleur viendra du sursaut national dont les électeurs du PDCI sauront faire preuve pour barrer la route au vote et à la politique ethniques d'une laideur sans fin prônés par Dramane Ouattara.

Il ne s'agit pas de stigmatiser ceux qui ont suivi Ouattara dans son entreprise démoniaque. Son électorat, souvent défavorisé et illettré, a été terrorisé, manipulé, conditionné à outrance. Aux kalachnikovs intimidantes des Com'Zones s'est ajouté le mot d'ordre des imams, qui a été assené à l'envi dans les mosquées : celui ou celle qui ne votera pas Dramane s'opposera à la volonté du Tout Puissant. Un véritable lavage de cerveau. Le tribalisme comme solution totale. Toute une population prise en otage, complice volontaire ou non du glissement progressif de l'assouvissement d'une ambition personnelle vers un processus organisé et rationnalisé, en vue de l'anéantissement d'une Nation par petites étapes successives aboutissant à une transgression morale définitive.

Ses alliés politiques, quant à eux, se sont tout simplement laissé berner. La comparaison des résultats dans les régions du Nord et celle du Centre parle d'elle-même : Le score total du PDCI dans le Bafing, les Savanes, le Worodougou et le Denguélé est de 21 321 voix pour 476 974 suffrages exprimés, soit 4,47% (ce qui le place en dernière position à chaque fois) alors que le RDR obtient 26 631 voix dans la seule région des Lacs, soit la deuxième place avec 15,35% des suffrages exprimés. Cerise sur le gâteau, Ouattara se permet de rafler la commune de Treichville, bastion historique du PDCI dans Abidjan. Avec des alliés comme ça, pas besoin d'ennemis !

Une partie de l'électorat PDCI sera probablement tentée de choisir l'abstention comme solution le 28 Novembre. En tant que chef, deux options s'offrent à Henri Konan Bédié : se taire et laisser ses partisans choisir en leur âme et conscience. Ou alors, donner un mot d'ordre clair à ses troupes. Chemin de questionnement, de doute, d'indignation, et finalement, chemin de révolte, menant à une éprouvante mais nécessaire réflexion sur l'impact collectif de dérapages individuels. Ce cheminement fut aussi celui que Zola fit traverser à son héros dans la Débâcle : «C'était le rajeunissement certain de l'éternelle nature, de l'éternelle humanité, le renouveau promis à qui espère et travaille, l'arbre qui jette une nouvelle tige puissante, quand on a coupé la branche pourrie, dont la sève empoisonnée jaunissait les feuilles.» A l'aube du passage de témoin à ses héritiers, nul doute que Konan Bédié souhaite rester dans l'histoire comme celui qui a permis à la maison PDCI de renaitre de ses cendres et non comme le pyromane qui l'a menée à sa perte, et la Nation avec. Cela passe nécessairement par la recommandation d'un vote utile, pour la Côte d'Ivoire et donc inéluctablement contre Ouattara.


Mahalia Nteby in Agoravox le 6 novembre 2010


Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

vendredi, 05 novembre 2010

LA SOCIOLOGIE POLITIQUE N’EST PAS DE L’ARITHMETIQUE

LE RHDP 2.jpg

C’est avec amusement que j’ai vu le quotidien Le Patriote barrer sa Une d’hier du titre : 62,2% pour le RHDP ! Une manière d’annoncer qu’ils sont déjà les vainqueurs du deuxième tour de l'élection présidentielle ivoirienne. Comme si les voix des candidats malheureux de la mouvance allaient automatiquement passer au candidat du RDR. Non, messieurs et mes très chères dames, la sociologie politique n’est pas de l’arithmétique. Ce n’est pas parce qu’Henri Konan BEDIE est sorti du scrutin présidentiel comme le dindon de la farce, pour avoir fait une alliance contre nature dont il fait aujourd’hui les frais, que les suffrages de ses militants et partisans vont s’additionner à ceux d’ADO. Rien n’est moins sûr !

Même s’ils se sont fait avoir une première fois par leur champion, qui les a conduits dans le décor par ses mauvais calculs, je suis entièrement convaincu qu’ils sont désormais en mesure d’appréhender la dimension nationale et indépendantiste (et non ethnique et régionaliste) du combat du candidat LMP. Même si Henri Konan BEDIE donnait des consignes de vote à ses militants en faveur du RHDP, les informations et les contacts rapprochés que nous avons eu, ces derniers jours, nous conforte dans notre conviction qu’un nombre important de militants du PDCI et du RHDP voteront pour GBAGBO. Aucun d’eux n’est prêt à « vendre la Côte d’Ivoire » !

Que LMP soit donc rassuré, le scénario actuel est le meilleur que puisse espérer le camp présidentiel d’un second tour ! Comme l’a dit un ami, « la Côte d’Ivoire est face à son destin » et tous ses dignes fils doivent s’unir dans une totale UNION SACREE pour reprendre en main les destinées de leur pays ! Malgré la campagne souterraine de la France contre lui à travers France 24 qui ne manque aucune occasion de peindre en noir le candidat GBAGBO, le présentant tantôt comme un personnage haineux (ce qui est un affreux mensonge), un boulanger (cela dépend de qui le dit) et d’assassin (affaire KIEFFER), là où elle présente ADO comme « un économiste, un technocrate appliqué ».

Cette chaîne pousse l'incongruité jusqu'à présenter ces deux leaders politiques comme deux hommes qui « se vouent une HAINE RECIPROQUE », ce qui est très loin de la vérité. L'un, certes, éprouve pour l'autre une haine morbide et viscérale au point de lui mettre une rébellion sur le dos depuis huit ans mais l'inverse n'est pas vrai. Auquel cas, ADO n'aurait jamais été candidat à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Cette faveur, il la doit à Laurent GBAGBO.

Qu’à cela ne tienne, le peuple digne de Côte d’Ivoire fera son choix. Avec maturité et détermination. Aucune de nos voix ne doit rester en dehors du décompte final. Mettons hors d’état de nuire tous les conspirateurs qui nous empoisonnent la vie depuis 10 ans, portés à bout de bras par l'exécutif français !


Haut-les-cœurs !


DINDE Fernand AGBO

jeudi, 04 novembre 2010

BEDIE MAUVAIS PERDANT? PAS SI SUR! PLUTOT VICTIME DE SES MAUVAIS CALCULS POLITICIENS



GBAGBO ET BEDIE.jpg

Enfin !, l'élection présidentielle tant attendue en Côte d'Ivoire a pu avoir lieu, ce dimanche 31 octobre 2010. Malgré les appréhensions et les craintes plus ou moins fondées que le scrutin ne bascule dans une violence apocalyptique. La Côte d'Ivoire a hautement tenu son pari : Un taux de participation record estimé à plus de 80%, une couverture médiatique irréprochable (bravo la RTI !), un esprit civique et patriotique remarquable, une détermination citoyenne admirable, une campagne électorale mémorable malgré quelques frictions qu'on peut considérer comme mineures. Ce pugilat électoral fraternel s'est tout naturellement soldé par les scores suivants, en suffrage exprimé par candidat :

- 1er, Laurent GBAGBO : 1.755.495 voix soit 38,3%

- 2ème, Alassane Dramane OUATTARA : 1.480.610 voix soit 32,08%

- 3ème, Henri Konan BEDIE : 1.165.219 voix soit 25,24%

De sorte que tous, aujourd'hui, à savoir la Communauté Internationale, le corps diplomatique en Côte d'Ivoire, l'ONUCI et les observateurs dans leur grand ensemble, sont unanimes sur le fait que cette élection ait été juste et transparente. Il demeure néanmoins un couac : la protestation du PDCI qui dénonce « une volonté manifeste de tripatouillage », dixit DJEDJE Mady, son Secrétaire Général, pour justifier la débâcle. Mais tripatouillage de qui ? Bien malin qui pourra nous le dire quand on sait que tous les commissaires de la CEI sont du RHDP, en Côte d'Ivoire comme à l'étranger. Personne ne peut donc honnêtement accuser le candidat GBAGBO de fraude électorale. Il faudrait alors aller investiguer au sein du RHDP pour savoir « qui a traité qui ? », comme disent les ivoiriens.

Mais en réalité, BEDIE a-t-il vraiment tort de subodorer ou de crier à la fraude ? Non. Voici un seul fait qui pourrait lui donner raison : De tout temps, la ville de Bouaké a été considérée comme la deuxième ville de Côte d'Ivoire après Abidjan et a toujours obtenu les scores les plus élevés de l'intérieur du pays, en période électorale. C'est indéniable. D'où provient-il donc que Korhogo vienne lui ravir ce rang, et pire, devant Daloa et Abengourou, traditionnellement mieux coté que Korhogo ? C'est incongru et suspect. En termes de suffrages exprimés, Korhogo s'en sort avec 297.000 votes devant Bouaké, 290.000. Aucune logique ! Jamais Korhogo n'a eu autant de votants, même avec les projections les plus optimistes. L'explication vient du fait que l'opération d'identification au Nord a été un vrai chaos. En son temps, le président GBAGBO avait prévenu Monsieur Henri Konan BEDIE de ce grand risque pour le scrutin à venir, quand le PDCI s'était joint au reste du RHDP pour récuser les réserves du FPI relativement à la liste blanche qui devait servir aux élections.

BEDIE n'a donc que ses yeux pour pleurer, en ce moment. Il n'a même pas été capable de passer le premier tour, lui dont les militants célébraient déjà la victoire ! Nous avons encore souvenance que des militants du PDCI à Bouaké se plaignaient, en privé, à un ami et frère baoulé de ce que tous les maliens qu'ils connaissaient dans ladite ville se retrouvaient sur la liste blanche. Le PDCI n'avait pas alors jugé nécessaire de s'en plaindre, comptant sur son alliance avec ADO pour battre La Majorité Présidentielle à Bouaké et dans le Nord. Malheureusement pour lui, ses scores y ont été des plus catastrophiques. Même GBAGBO y a été mieux loti que lui. L'alliance n'aura été que de la poudre aux yeux.

Aux dernières nouvelles, il inciterait ses jeunes militants à battre le pavé et à manifester dans les rues. Trop tard, dirons-nous ! C'est avant cela qu'il fallait réagir. Pour l'heure, cet imbroglio est à la totale faveur du candidat GBAGBO. Car en réalité, BEDIE ne digère pas le fait qu'ADO, le faiseur de coups d'état, celui même qui l'a dégommé du pouvoir, a été légitimé devant lui, « le grand BEDIE », dans son statut d'ancien président. Cela, il ne peut le tolérer. La fronde qu'il lève, en ce moment, est pour dire vrai une campagne anti-ADO. L'alliance du RHDP, il faut se le dire franchement, ne survivra pas à cette levée de bouclier de « N'Zuéba ». Il n'existe plus de RHDP, pour le dire plus crûment. A la vérité, BEDIE ne devrait pas être considéré comme un mauvais perdant mais simplement comme une énorme victime de ses propres calculs politiciens. Car ses protestations sont justifiées et fondées mais il lui manque le courage politique pour dénoncer ouvertement les fraudes massives auxquelles s'est livré son allié, pendant l'opération d'identification. Il n'a donc qu'à s'en prendre à lui-même. Il avait été prévenu !

Il appartient désormais à LMP de manœuvrer dans ce flot de dépits du PDCI pour rallier à sa cause tous les militants du parti cinquantenaire. Car comme je connais mes parents baoulé (ma mère est de Tiébissou), qui ont fait un vote purement ethnique et régionaliste en faveur de BEDIE, ils ne voteront jamais un « kanga » (un étranger, un esclave), comme ils ont déjà commencé à le clamer dans nos quartiers et villages. Il faudra donc désormais faire alliance avec le PDCI pour débouter « l'intrus ». D'ailleurs, tous les sondages ont montré que le candidat GBAGBO passe sans ambages devant ADO, au deuxième tour présentant cette configuration, parce que la tendance est que les militants PDCI voteront pour LMP. Il s'agit aujourd'hui de sauver notre pays de l'imposture et du complot néo-colonialiste.

Debout donc, Peuple ivoirien, pour la victoire finale !

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO