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samedi, 28 juillet 2012

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

vendredi, 19 août 2011

INCULPATION DE GBAGBO : QUATRE MOIS DE BRUITS POUR RIEN


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Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire après l'inculpation officielle du président Gbagbo poursuivi non plus pour crimes de guerre passibles devant le TPI mais plutôt pour « crimes économiques ». Pour qui connaît le président Gbagbo, cette mascarade est bien une honteuse opération.

 

Il s'est peut-être mis à couvert en France mais la honte, assurément, risque de rattraper rapidement Alassane Ouattara qui avait juré la perte de Laurent Gbagbo parce qu'il aurait commis d'horribles crimes qui l'enverraient tout droit devant la Cour pénale internationale. Rien de tout cela finalement après quatre mois d'humiliations inutiles. Depuis-hier, les juges du Chef de l'Etat n'ont rien trouvé à reprocher à l'ancien président que de prétendus détournements de deniers publics, un soi-disant braquage de la BCEAO et une tentative de création d'une monnaie ivoirienne. Des chefs d'accusation qui ont provoqué hier l'hilarité générale de ceux qui regardaient le journal de 20 heures au cours duquel l'annonce a été faite.

Alors qu'ils avaient annoncé toutes sortes d'apocalypse sur la tête de l'ancien président, bon selon l'expression de Ouattara pour le Tribunal Pénal International, le Procureur de la République a affirmé hier que ce sont là les seuls  chefs d'accusation qu'ils ont trouvés contre Laurent Gbagbo parce qu'en la matière lui-même  n'est pas tenu par les réquisitions du juge d'instruction.

Ceux à qui on a donc raconté depuis dix ans que Gbagbo est un criminel qui tue de préférence les populations du nord en seront certainement pour leurs frais. Car visiblement, aucune de ces accusations récurrentes n'étaient fondées. Gêné par ailleurs aux entournures face aux accusations d'une justice orientée, le Procureur de la République a indiqué que ce serait faire un équilibrisme de mauvais aloi que de demander que Shérif Ousmane par exemple,  accusé par les organisations de droits de l'homme de crimes massifs contre les partisans de Laurent Gbagbo, soit inculpé parce qu'il est un sauveur. « On était tous ici quand les gens nous tuaient. Il a fallu que ces gens-là viennent nous sauver », a commenté le Procureur qui reprend pour ainsi dire les mêmes rumeurs qu'ils n'ont pu eux-mêmes confirmer.

Alassane Ouattara qui s'est proclamé roi de l'argent durant sa campagne électorale peine aujourd'hui à réunir les moyens nécessaires au fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire n'arrive plus à payer ses fonctionnaires avec ses propres ressources et accumule des impayés depuis son arrivée au pouvoir. Face à cette quadrature du cercle, il n'est pas impossible que le gouvernement ait décidé de rechercher ses difficultés dans des déprédations passées. Et dans ces conditions, ce type d'accusations pourrait bien aider. Mais jusqu'où ? Misère.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.