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mercredi, 12 décembre 2012

RECONCILIATION NATIONALE: LE «OUATTARISME» ENTRE DESILLUSION ET REALISME

 

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Pour une paix viable en Côte d’Ivoire

 

Gbagbo, c’est fini ; Gbagbo c’est du passé ! Non ceux qui sont dans la logique de cultiver de l’ostracisme à l’endroit de Laurent Gbagbo ont tort. Il faut regarder les faits et les réalités en face. Ceux qui continuent de cultiver la haine à l’endroit de tous les soutiens de Laurent Gbagbo, doivent bien se frotter les yeux pour voir et comprendre que ce qu’ils veulent imposer en Côte d’Ivoire ne peut pas y prendre corps. Simplement en regardant la Constitution, on voit qu’« aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil ».

Après qu’une partie des Ivoiriens a été assassinée ; pendant que les soutiens réels ou supposés de Laurent Gbagbo continuent d’être martyrisés et pourchassés ; alors que des Ivoiriens sont torturés ; pendant que des fosses communes sont découvertes et qu’aucune enquête fiable n’est ouverte. Alors que Laurent Gbagbo est à La Haye, ses camarades et ses proches dans des goulags de la Côte d’Ivoire quand ils ne sont pas simplement contraints à l’exil … Peut-on parler de réconciliation nationale ? Qui veut-on réconcilier avec qui alors que les concernés sont enfermés ? Monsieur Ouattara le « démocrate de la Communauté internationale », il nous semble que vous devez mettre fin à l’ignominie constante que vos pratiques produisent à l’endroit de vos parrains. Regardez la vérité en face et souvenez-vous ! Avant le forum de réconciliation nationale d’octobre à décembre 2001, Laurent Gbagbo avait organisé votre retour en Côte d’Ivoire. Vous aviez quitté auparavant la Côte d’Ivoire suite à un mandat d’arrêt que Konan Bédié avait lancé à votre encontre. Konan Bédié lui-même s’était exilé après le coup d’Etat de décembre 1999. Vous avez voulu faire oublier Laurent Gbagbo par la peur induite par la brutalité de vos pratiques, en complicité avec vos parrains. Vous devez comprendre que des pratiques du passé ne peuvent plus faire bonne recette au 21è siècle.

La vérité vous reviendra toujours à la figure tant que vous ne ferez pas dos à cette ingratitude innommable qui est malheureusement un socle dans vos approches dans la gouvernance. La haine, la vengeance et l’autoritarisme ne peuvent pas prospérer dans notre pays. Nous n’accepteront pas que des Ivoiriens soient chassés de leur pays. Ce n’est pas simplement une volonté ; c’est parce qu’il ne peut en être autrement. Nous n’avons pas d’autres choix que de vivre en paix chez nous. Non Laurent Gbagbo, ce n’est pas du passé ; non Laurent Gbagbo, ce n’est pas fini. Oui Laurent Gbagbo, c’est aujourd’hui ! Oui Laurent Gbagbo, c’est l’actualité. Vous avez louvoyé pendant des années croyant que la violence et la peur qu’elle induit, ferait reculer les Ivoiriens. Il faut oublier cette posture parce qu’elle n’est pas compatible avec les réalités socio-politiques ivoiriennes. Le niveau de conscience que les Ivoiriens ont acquis les amène à distinguer la vérité de l’ivraie. Vous devez faire avec cette réalité incontournable si vous pensez vraiment être le chef de l’Etat des Ivoiriens.

Libérez Laurent Gbagbo ! D’abord pour des raisons politiques mais également pour des considérations d’ordre juridique. En effet, les faits que vous incriminez ne peuvent voir les suspects être jugés pour une partie en Côte d’Ivoire et pour l’autre partie à La Haye. Vous êtes en totale contradiction avec le statut de Rome. On ne peut pas étouffer les vœux des Ivoiriens ; on ne peut pas museler les Partis d’opposition. Vous dites « Démocratie et Droits de l’Homme ». Alors, jouons le jeu démocratique en évitant l’arbitraire.

Libérez Laurent Gbagbo et tous ses camarades et mettons-nous franchement, sans ruse ni évitement à la table des négociations. Nous devons retenir qu’il est plus que temps que les extrémistes des différents bords se rendent compte que le peuple veut la paix pour le développement du pays. Il nous semble que vous poursuivez ces mêmes objectifs.


Dr Claude Koudou

Ecrivain - Analyste politique

mercredi, 22 août 2012

JEUNE AFRIQUE DENONCE LES DERIVES DE SORO GUILLAUME


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Capture d'écran du blog de Guillaume Soro. © Capture d'écran



Une fois n'est pas coutume. Jeune Afrique, habituellement soutien quasi-inconditionnel d'Alassane Ouattara et de son régime, a dénoncé, à travers son site internet, les derniers appels à "éradiquer" le FPI, assimilé à une "organisation terroriste", diffusé sur le blog de Guillaume Soro, qui se pose désormais en véritable média de la haine. DEBOUTCIV.


 

 

 

Côte d'Ivoire: Un post du blog de Guillaume Soro appelle à "éradiquer" le FPI, qualifié d'"organisation terroriste" 



"On aurait pu attendre moins "clivant" de la part du président de l’Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, pays à la recherche d'une réconciliation qui semble toujours hors de portée. Sur son blog personnel relayé par les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro a publié, mardi 21 août, un article intitulé "Le FPI : une organisation terroriste ivoirienne à éradiquer", signé par un de ses conseillers spéciaux. L’ancien parti de Laurent Gbagbo y est comparé à Al-Qaïda ou encore au Mujao.

 

Le 4 juillet 2012, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, déclarait : « La réconciliation nationale fait son chemin en Côte d’Ivoire ». Il semble cependant que, dans son esprit, les efforts d'apaisement soient désormais bien loin. Alors que le pays est secoué par des violences, dont les auteurs ne sont pas encore clairement identifiés, les propos belliqueux reviennent au pas de charge. Jusqu’au plus haut sommet de l’État.

De fait, Guillaume Soro a relayé sur son blog personnel, mardi 21 août, les écrits d’un de ses conseillers les plus proches, Félicien Sékongo, ancien porte-parole des Forces Nouvelles (ex-rebéllion). L’article, intitulé « Le FPI : une organisation terroriste à éradiquer », n'est rien de moins qu'un tract incendiaire à l’encontre du Front populaire ivoirien (FPI), l’ancien parti de Laurent Gbagbo, accusé - sans preuves - d'être derrière les récentes attaques contre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).

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"Au nom de l'humanité"

« Aqmi, Al Qaïda, Mujao... Ces organisations ont des ramifications qui prennent des appellations diverses en fonction du continent, du pays où elles sont implantées. En Côte d'Ivoire, le pendant de ces organisations est sans nul doute le FPI », explique le texte, qui trônait fièrement, mardi après-midi, en Une du blog de Guillaume Soro.

Et d’expliquer « par a + b » que « l’essence politique du FPI, c’est la banalisation de la mort, la désacralisation de la vie humaine. Ses adeptes ont appris et accepté qu'un être humain mort est comme un chien enragé qu’on tue, et pis et que cela devait même être source de réjouissance. » Avant de conclure : « C'est le lieu donc d'appeler à l'union sacrée pour éradiquer, une fois pour toutes, le fléau FPI. Cela, au nom de l'humanité. » Rien que cela.

La Côte d’Ivoire avait-elle besoin d’un nouvel appel à la violence ? Surtout émanant du second personnage de l’État ? Les Ivoiriens jugeront.

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Source: JEUNE AFRIQUE

samedi, 25 février 2012

COTE D'IVOIRE: QUAND L'ETAT CENTRALISE SE NOURRIT DE LA DIVISION ETHNIQUE

 

Tout commence, comme souvent, par une petite phrase entendue dans la rue : « La Côte d'Ivoire ne peut pas être en paix puisqu'elle est composée d'ethnies différentes ; des groupes sociaux différents ne peuvent pas cohabiter, ils sont trop différents ». Il y a aussi des déclarations telles que celle du Président Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, en janvier 2012 dernier, qui dans le journal « l'Express », alors qu'on lui demandait « pourquoi tant de "nordistes" étaient brutalement nommés à des postes à responsabilité dans son pays », a déclaré qu'il s'agissait « [...] d'un simple rattrapage. Sous Laurent Gbagbo la communauté du Nord, soit 40% de la population, était exclue des postes de responsabilité ». Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio.



Quand la division ethnique se nourrit de l'Etat centralisé

Cette logique tribale émanant du chef de l'Etat sensé être le garant de l'« unité nationale » pose problème et semble extrêmement dangereuse pour la réconciliation de la Côte d'Ivoire puisque le Président lui-même se pose en défenseur de son propre groupe, ce qui ligue les autres contre lui et nourrit la division.

Des théories à une approche pratique: fondements des maux?

Qu'est-ce qu'une ethnie ? L'« ethnie » est un groupe social à transmission identitaire par le sang, c'est-à-dire que se mêlent deux données complémentaires : d'une part le caractère héréditaire de l'appartenance (il faut que les parents appartiennent à une certaine « ethnie » pour que l'enfant puisse prétendre l'intégrer par la suite) et, d'autre part, l'imprégnation dès les premiers instants de l'existence par un ensemble normatif fort, affirmé en opposition de ceux des autres groupes humains présents sur la même aire géographique.

Ethnie et tribu: une pure différence de mots?

Non ; les deux termes désignent bien deux réalités différentes. D'une part l'« ethnie », qui est composée de tribus différentes mais qui reprennent, toutes, dans leurs processus de reproduction identitaire via les mécanismes mimétiques un fonds commun et un lien au-delà des sphères sociales : un lien de sang, partagé, inaliénable. Et d'autres part les tribus qui, bien qu'appartenant à la même ethnie, ont vis-à-vis d'elle des adaptations différentes consubstantielles à leur implantation géographique et aux impératifs extérieurs (vêtements différents si l'« ethnie » est implantée sur un vaste territoire mais qu'une partie des « tribus » qui la composent vivent en plaine et une autre partie en montagne). Les codes sociaux, l'ensemble normatif qui va régir la vie en commun au sein d'un même groupe humain, peuvent varier entre deux « tribus » qui, pourtant, se rejoignent, d'un point de vue identitaire, au sein de la même «ethnie».

Qu'est-ce qui différencie l'ethnie et la nation?

La question est formidablement intéressante car elle permet de dégager deux dimensions opposées de la vie en commun des êtres humains. L'« ethnie » est la formation spontanée, c'est-à-dire qu'elle obéit à un ordre échappant aux volontés humaines : ses modalités de vie en commun, ses valeurs, ses règles, évoluent avec le temps en fonction de contraintes extérieures. Les « langues tribales », par exemple, tendent à être complétées, pour certains mots introduits par des rencontres avec d'autres groupes, par d'autres termes jusque là ignorés puisque ne renvoyant pas l'esprit de celui qui parle à un état de réalité (le terme soda, par exemple, n'était pas utilisé avant l'arrivée des premières boissons sucrées) ; les ethnies dont les individus ont souhaité en consommer se sont donc adaptées en intégrant ce terme à leur lexique traditionnel. La « Nation », quant à elle, est une formation politique -ce qui tend à la rendre artificielle-. Elle est accompagnée d'un Etat qui va la régir, la modifier, en fixer les règles et veiller à ses applications en sanctionnant, voire en éliminant, ceux qui refuseront de se soumettre.

Tribus, ethnies, nations et Etas centralisés: c'est concilier l'inconciliable?

D'un point de vue anthropologique, concilier des groupes humains aux normes sociales différentes ne pose pas de problème puisque, sans intervention extérieure, la coexistence de « tribus », sur un même territoire, même si elles appartiennent à des « ethnies » différentes se règlera soit par une mutation des normes sociales communes (avec, en parallèle, renforcement de « l'identité tribale et ethnique ») soit par un évitement consciencieux (caractère « tabou » de certaines zones, mécanismes de captation de la violence individuelle et transposition à un degré supérieur).

Pourtant, il est facile d'objecter à ce constat des phénomènes d'une cruauté particulière ; songeons, pour n'emprunter à l'histoire qu'un seul type d'exemples, aux épurations ethniques. Or, l'histoire ne méconnait pas la barbarie dont les hommes sont capables ; mais elle permet aussi, par une lecture attentive des données factuelles, de dégager un acteur souvent ignoré car gênant : les structures étatiques, lesquelles génèrent les facteurs déclencheurs de conflits.

Ainsi, des hommes obligés à vivre ensemble par des contraintes géographiques, devant partager par exemple la même source d'eau, les mêmes terres, et des espaces sociaux proches, vont être obligés de cohabiter dans une harmonie réglée et convenue. Point n'est besoin de verser dans un angélisme déplacé pour ne pas insister sur des manifestations de victimisation visant à la paix sociale : c'est le cas, par exemple, lorsqu'une personne d'une « tribu » voisine était sacrifiée, physiquement, ou moralement, afin que son groupe social soit sauvé (règlement d'un conflit autour d'un vol entre deux tribus, par exemple). De cette justice, pourtant, découlait une harmonie globale, prenant en compte les typicités normatives des groupes sociaux en présence, et de leurs habitudes ancestrales.

Ce système d'autorégulation de la vie en société fonctionne spontanément et s'adapte parfaitement aux diverses contraintes extérieures, et engendre, sans aucune intervention, ses propres solutions. Même la violence trouve une explication cohérente dans pareille lecture des sociétés ivoiriennes, servant souvent de thermomètre des contraintes difficilement compressibles : le manque de nourriture et le vieillissement d'un groupe faute de naissances, par exemple, entrainant souvent la destruction de la « tribu » concernée puis son intégration dans une « tribu » plus forte où les individus encore capables de procréer sont mêlés à leurs semblables et garantiront, ainsi, la pérennité de l'ensemble. Le système « juridique/de droit » s'adapte lui aussi et confère soit, par le mariage, un statut à la femme concernée comme étant semblable à une native de cette « tribu », soit un statut hybride mais garantissant, par le sang du nouveau mari, une intégration parfaite des enfants. Or, le système s'enraye lorsque des modèles d'organisation sociale différents font ingérence.

L'apport colonial le plus marquant, et le moins naturellement en accord avec la Côte d'Ivoire, est un Etat centralisé. Il rejette, de par son existence et la forme figée de ses structures publiques, toutes les différences entre tribus, et entre « ethnies ». Il est le responsable majeur d'une dynamique sociale allant à l'encontre de toute idée de « réconciliation nationale ». La raison en est assez simple : quiconque est à la tête de la machine étatique va porter les couleurs de sa propre appartenance tribale et, par ce biais, générer spontanément contre lui l'opposition des autres groupes sociaux, des autres tribus, des autres ethnies. Et de se demander si ce n'est pas dans la décentralisation, c'est-à-dire dans la création de structures locales de gouvernance, où toutes les tribus seraient représentées, que se trouve la clef de la réconciliation nationale ivoirienne. La voie de l'adoption d'un régime parlementaire est à explorer également puisqu'un tel régime limite le pouvoir absolu des dirigeants et donne du poids aux parlementaires issus de toutes les régions du territoire national.

[ N'est-ce pas le plus grand des droits de l'Homme que de pouvoir vivre conformément à sa nature dans le respect de ses coutumes et de ses semblables? ]
NOTE:


Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio, Enseignant, Chercheur-associé au « CREEADP (Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence) »; membre du Collège des personnalités qualifiées, « Audace Institut Afrique ». Article publié en collaboration avec « Audace Institut Afrique ».


Source: NERRATI.NET

dimanche, 19 février 2012

KKB: «ADO AURAIT PU SE METTRE AU-DESSUS DU TRIBALISME»


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Le président de la jeunesse du Pdci-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB a animé, hier jeudi 16 février, une conférence de presse à la maison du Pdci à Cocody. Il s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique mais a surtout réagi aux attaques dont il est l'objet au sein de son parti. KKB, pur produit du Pdci et allié du Rdr n'est pas d'accord avec la manière de gérer le pays d'Alassane Ouattara. «Si j'avais la possibilité d'être un conseiller du président ou même la chance de le croiser, je le lui aurais dit. Le mal de la Côte d'Ivoire est profond. Lui qui a vécu aux Etats Unis et qui a même eu la chance d'épouser une Européenne aurait pu se mettre au dessus du tribalisme et sauver la Côte d'Ivoire». Selon KKB, l'heure n'est pas aux règlements de compte comme croit si bien le faire le régime Ouattara qui fait de la traque aux pro-Gbagbo la priorité de son programme de gouvernement. Aux dires du président de la Jpdci, il est nécessaire de faire la réconciliation dans notre pays mais celle-ci impose «des sacrifices de la part du régime en place». Par ailleurs, il estime que pour que cette réconciliation soit effective, un rapprochement entre Ivoiriens du Fpi et ceux du Rhdp s'impose. Auquel cas, cette réconciliation ne sera qu'un leurre.

Après ce constat, il a abordé l'actualité au sein de son parti où il affirme qu'on «veut sa peau» en l'opposant à son leader, le président Henri Konan Bédié. Sur la question, KKB a nommément cité Denis Kah Zion, fondateurs du quotidien «Le Nouveau Réveil» par ailleurs membre du secrétariat du Pdci, de lui en vouloir. «Kah Zion sait dans quel rôle il se trouve en ce moment. Il tente par tous les moyens de m'opposer au président Bédié. Il a fait de nombreuses victimes au sein du parti mais moi je reste sa dernière cible parce qu'il ne parviendra pas à ses fins. Moi, ma chair est amère», a-t-il assené. Puis il poursuit pour crier son indignation car il estime «qu'être propriétaire d'un journal ne signifie pas qu'il faut chercher à mettre les bâtons dans les roues des autres. Je suis victime d'une cabale». C'est un KKB très en colère qui a tenu à rappeler à Denis Kah Zion le combat qu'il a mené, selon lui, pour que son quotidien qui était persona grata dans certaines localités du pays puisse être vendu. «Kah Zion est un grand frère mais je ne sais pas ce qui l'anime. Mais dans cette bataille qu'il a ouverte, chacun de nous va se défendre. Lui est propriétaire d'un journal mais qu'il sache que la Jpdci va se défendre à sa façon avec les armes dont elle dispose. Il n'a d'ailleurs pas intérêt à continuer», a menacé KKB.

Après quoi, il a rappelé qu'il vouait un respect au président Bédié dont le parcours l'a toujours inspiré. Et que par conséquent, il ne serait jamais dans une logique de défiance envers celui pour qui il s'est toujours battu. «Mon combat pour Bédié ne date pas d'aujourd'hui. Depuis 1993 que je suis président de la jeunesse, j'ai toujours soutenu le président Bédié. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent Bédié lorsqu'il pose de bons actes. En réclamant un congrès ou encore en demandant de faire le bilan du parti après tous les échecs qu'on a enregistrés après la présidentielle et les législatives, où est la défiance ?» s'est-il interrogé.

Dans la foulée il a annoncé pour le 17 mars prochain la rentrée politique de la Jpdci. A cet événement, KKB a indiqué que ce sera le rendez-vous du débat et que les personnes allergiques au débat en «auront pour leur compte». Ce sera selon KKB le lieu pour faire le bilan de la situation sociopolitique mais aussi des échecs enregistrés par le parti lors des dernières élections.

 

Hermann Djea


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 10 octobre 2011

COMMENT OUATTARA A SABOTE ATTA MILLS

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Alors que le président ghanéen souhaitait encourager un dialogue fructueux entre les exilés pro-Gbagbo et le régime Ouattara, ce dernier s'est livré à une drôle de mise en scène destinée à faire la porte à des discussions sérieuses. Précisions.

 

La visite d'Alassane Ouattara à Accra va-telle renforcer la compréhension mutuelle entre la Côte d'Ivoire et le Ghana ou contribuer à donner de la consistance à l'atmosphère de méfiance que le régime ivoirien essaie de créer, notamment à travers des accusations médiatiques au vitriol? En tout cas, l'histoire secrète du séjour de Ouattara au Ghana illustre le double langage déroutant de son régime, qui prétend vouloir la paix par la conciliation des différences et se signale, dans la pratique, par une irascibilité périlleuse pour la stabilité nationale.

A l'origine de la rencontre avortée entre Ouattara et les réfugiés LMP, deux audiences de ces derniers avec le président Atta Mills. En bon père de famille et en dirigeant responsable, Atta Mills souhaite créer un dialogue constructif qui permettra le retour au bercail des exilés, dans une atmosphère apaisée. Lors de la première audience qu'il accorde aux proches de son ancien homologue ivoirien, Mills leur explique, selon des sources dignes de foi, qu'il va inviter Ouattara et en profiter pour plaider auprès de lui pour qu'il fasse tout pour apaiser le climat en Côte d'Ivoire.

Lors de la seconde audience, il annonce à ses invités que l'invitation qu'il avait promis de transmettre l'a bien été. Et il leur demande ce qu'ils aimeraient qu'il dise, de leur part, à «leur» président. Il va plus loin en les exhortant à accepter de le rencontrer lors de son séjour au Ghana, histoire d'engager un vrai dialogue, préalable à un retour massif et non contraint de tous les réfugiés - dans la mesure où ceux qui sont dans les camps appartiennent à la même obédience que les cadres avec lesquels Mills a entamé des discussions.

Un grand nombre de cadres exilés est hostile à une rencontre avec Ouattara. Mais la proposition ne peut être rejetée. On ne peut pas traiter par le mépris l'offre de bons services d'un hôte aussi bienveillant, qui propose même d'être présent pour en quelque sorte, rassurer les différentes parties et fluidifier les échanges. Une délégation de personnalités représentatives de LMP est désignée.

La rencontre est prévue pour jeudi à 15 heures. A 14 heures, les cadres de LMP sont installés dans une annexe. Puis, ils sont conviés à entrer dans la salle de conférences où la réunion doit avoir lieu.

Mais ils sont frappés par plusieurs choses:

Premièrement, on leur demande de venir s'installer dans une salle bondée de partisans de Ouattara qu'il est question de présenter comme des réfugiés, mais qui portent des tee-shirts à son effigie et débordent d'amour pour lui - alors qu'ils sont censés avoir fui les représailles de ses nervis.

Deuxièmement, Atta Mills, qui avait promis d'être présent, n'est pas là. Ce qui signifie, selon leur analyse, que le format de discussion qu'il a préconisé a été saboté par Ouattara. Et qu'il a, selon toute évidence, pris acte de ce sabotage.

En effet, comment peut-on sérieusement commencer un dialogue fructueux en parquant ses partisans surexcités dans une salle, et en demandant à ses adversaires de prendre les premières places dans cette salle-là. Pour créer un effet totalement artificiel de percée politique, là où il n'y a qu'incompréhension mutuelle. Ou pire, pour faire huer ses adversaires par de pseudo-réfugiés et s'empresser de faire raconter à travers les médias qu'une prétendue «division» existe entre cadres et, si l'on peut dire, réfugiés de base.

«Pour résumer, il faut bien que l'on admette que Ouattara n'est pas un interlocuteur crédible», constate un cadre LMP exilé. La Côte d'Ivoire a du souci à se faire...

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 337 du samedi 8 octobre 2011. 

lundi, 16 mai 2011

MAMADOU KOULIBALY DEVOILE SON AGENDA SECRET

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C'est une interview réalisée par le quotidien "L'inter". Nous la publions telle que nous l'avons reçue. A chacun de juger de la sincérité de celui qui fut un très proche du président Gbagbo.


Les ex-tenants du pouvoir, dans la tourmente après le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, sont à l'épreuve de l'opposition. Affaire de coup d'Etat LMP, réconciliation nationale, entrée du FPI au gouvernement... Autant d'interrogations auxquelles Mamadou Koulibaly le Président de l'Assemblée nationale a bien voulu répondre. A travers cette interview, le numéro 2 du Fpi crache ses vérités et dit tout.


Monsieur le président, la presse à Abidjan rapporte de façon persistante que des cadres LMP préparent une opération de déstabilisation depuis l'extérieur, qu'en dites-vous ?

Je ne suis pas au courant d'une telle opération de déstabilisation. Les militants et cadres avec qui je suis en contact ont tous conservé un esprit républicain. Cependant, dans tous les camps, il y a aujourd'hui encore des passions qui s'expriment soit par la peur, soit par l'agressivité. Au Front populaire ivoirien, nous sommes prêts à appuyer le nouveau gouvernement dans sa mission de réconciliation, à condition que celui-ci fasse preuve d'une réelle volonté d'apaisement. Il est impératif que le gouvernement garantisse la sécurité des biens et des personnes, de toutes les personnes, quelles que soient leurs origines, ethnies, religions, opinions politiques, ce qui permettrait aux dizaines de milliers d'Ivoiriens qui sont réfugiés dans les pays voisins de retourner en Côte d'Ivoire pour y vivre en paix.

Vous vous êtes inscrit dans une approche de collaboration avec les nouvelles autorités, quel est le degré d'adhésion des cadres à cette option ?

Tous les cadres avec lesquels j'ai eu l'occasion de discuter sont prêts à apporter leur contribution à la reprise économique et au retour à la normalité en Côte d'Ivoire. Le gouvernement doit travailler à créer le climat de sécurité qui permettra à toutes les bonnes volontés de se déployer pour le bien de la Côte d'Ivoire. Les objectifs du gouvernement et ceux du Front populaire ivoirien s'accordent sur ce point, mais pour qu'on y arrive, il faut qu'on laisse le FPI travailler, qu'on permette à ses militants de se réunir et d'apporter leurs pierres à la reconstruction de la Nation.

Pourquoi, en dehors de quelques partisans FPI/LMP d'Europe et sur Internet, aucun cadre connu de votre parti n'a contrarié vos positions ?

Chaque fois qu'on a pu discuter, on est tombé d'accord. Cela ne me surprend pas qu'il y ait encore des incompréhensions ici et là. Cela signifie simplement qu'il y a encore un travail d'explications à effectuer. D'où l'urgence d'un retour rapide à la normalité en Côte d'Ivoire.

Peut-on estimer que vous assurez l'intérim au FPI jusqu'à nouvel ordre ?

Je suis le troisième vice-président du Front populaire ivoirien, donc numéro quatre dans la hiérarchie du parti. Le président Affi Nguessan, le premier vice-président Aboudrahamane Sangaré et la deuxième vice-présidente Simone Gbagbo sont aujourd'hui malheureusement dans l'incapacité d'assumer leurs fonctions. La responsabilité de diriger le parti m'échoit donc momentanément et j'assume ce rôle. J'entends travailler avec le concours des instances du parti, que je souhaite réunir rapidement, dès que le gouvernement nous donnera l'assurance que nous pouvons le faire sans danger.

Pourquoi n'êtes-vous pas encore allé voir Laurent Gbagbo, Simone, Affi Nguessan ? Est-ce vrai que c'est parce qu'ils ont refusé de vous recevoir, pour éviter de cautionner votre démarche et vous légitimer auprès de la base ?

Je ne sais pas ce qui vous permet de dire cela. Vous savez, nos camarades sont aujourd'hui emprisonnés ou en résidence surveillée, sans droit de visite. Certains n'ont même pas encore eu l'occasion de consulter leurs avocats. J'ai néanmoins pu, au sortir de l'audience que m'a accordée le président Ouattara, obtenir son autorisation pour voir certains d'entre eux, notamment Simone Gbagbo, Aboudrahamane Sangaré, Diabaté Béh, Geneviève Bro Grébé, Jean-Jacques Béchio, Dakoury-Tabley, Dedi Adèle, Michel Gbagbo, etc. alors qu'ils étaient encore emprisonnés à l'Hôtel du Golf. Très récemment, à l'issue de la prestation de serment du chef de l'Etat, j'ai obtenu l'autorisation du ministre de l'Intérieur pour rendre visite aux camarades retenus à la Pergola. Nous n'avons pas oublié Laurent Gbagbo. Dès que l'opportunité se présentera, j'irai le voir.

Vos proches et amis disent que vous n'avez pas attendu l'arrivée de Ouattara ou le départ de Laurent Gbagbo pour marquer votre différence, car vous vous comportiez déjà comme un opposant dans le FPI. Si pour eux, le FPI aurait gagné à vous écouter, les autres estiment par contre que ce sont vos critiques qui ont perdu le parti...

Ce ne sont certainement pas mes proches et mes amis qui vous ont dit que je me comportais «comme un opposant dans le FPI». Le Front populaire ivoirien est une instance éminemment démocratique au sein de laquelle la diversité des opinons est perçue comme une richesse. J'ai eu l'occasion d'exprimer mes points de vue sur certains sujets ou problèmes, comme d'autres ont exprimé les leurs. Cela n'a donc pas pu conduire le parti à sa perte, d'autant moins que le FPI est très loin d'être perdu. Il est là, il est vivant, et il entend jouer entièrement son rôle dans la difficile et très sensible période de sortie de guerre et reconstruction de l'unité du pays dans laquelle nous nous trouvons.

Est-il possible de décider d'entrer au gouvernement et de proposer des cadres, sans avoir réuni le secrétariat général du parti ? Une rencontre ne pourrait-elle pas assurer un débat et une plus large adhésion, de sorte à atténuer les critiques des militants du net ?

Vous allez vite en besogne. Aucune discussion en ce sens n'a eu lieu à ce jour, à ma connaissance. Une décision relative à une éventuelle participation du Front populaire ivoirien à un gouvernement d'union ne peut intervenir qu'après consultation des militants, afin d'éviter que des décisions personnelles ne prennent le pas sur la volonté du parti. Si le FPI participait à un tel gouvernement, il devrait assumer ce qui s'y ferait. Il serait donc impératif que nous soyons d'accord sur les missions assignées à ce gouvernement. Je suis un partisan de l'organisation rapide d'un secrétariat général et d'un comité central extraordinaire, dès que les conditions sécuritaires seront réunies.

Si les autorités ne peuvent, même avec le soutien des forces impartiales, garantir la liberté de réunion, comment cela peut-il rassurer les cadres qui seront nommés ?

Cela serait un vrai problème. Le gouvernement doit mettre tout en œuvre pour que les libertés fondamentales, dont celle de réunion, de tous les Ivoiriens, qu'ils soient au gouvernement ou pas, soient respectées, et que la sécurité de tous ceux qui ont des intérêts en Côte d'Ivoire soit assurée.

Certains au RHDP et autour du Président de la République doutent que le FPI, LMP et vous-même jouiez franc-jeu. A la lumière de l'expérience vécue au sein de l'ancien pouvoir, qu'avez-vous à dire pour les rassurer ?

Tout d'abord, je crois que la responsabilité de rassurer les gens incombe en premier lieu au gouvernement ! Aujourd'hui encore, dix jours après la prestation de serment du président Ouattara, des pillages et des exactions continuent sur tout le territoire ivoirien. Les Ivoiriens sont toujours dans la peur. Nombre d'entre eux sont toujours en exil ou vivent terrés dans les forêts. Tout le monde a donc intérêt à jouer franc-jeu, toute autre chose serait problématique. Il faut pouvoir se faire confiance, c'est primordial. C'est le manque de confiance et de dialogue qui nous a menés à la guerre. Si le président Ouattara ne fait pas confiance aux Ivoiriens, il ne pourra pas y avoir de réconciliation.

Quel est votre agenda personnel Monsieur le Président par intérim du FPI ?

Quant à moi personnellement, je crois que mon passé parle pour moi. J'étais dès le départ contre la guerre. On n'aurait jamais dû aller si loin dans l'abominable. Je ne suis pas un va-t-en guerre. Je suis un homme qui se veut de dialogue et de consensus. Dès le début de la crise postélectorale, j'ai répétitivement appelé toutes les parties au dialogue et à la mesure. Je n'ai malheureusement pas été écouté. Cela va peut-être changer.


Charles Kouassi


In le quotidien ivoirien L'INTER

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE