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mardi, 10 juin 2014

TENTATIVE DE BÂILLONNEMENT DE LA PRESSE PANAFRICAINE, RSF INTERPELLE AFFOUSSY BAMBA

 

 

Reporters sans frontières

 


LETTRE OUVERTE DE RSF À LA MINISTRE DE LA COMMUNICATION DE COTE D’IVOIRE


PUBLIÉ LE MARDI 3 JUIN 2014.



Madame Affoussiata Bamba Lamine, Ministre de la Communication de la République de Côte d’Ivoire, BP. V 138 ABIDJAN 01 CÔTE D’IVOIRE

Objet : Atteinte au pluralisme des médias

AFFOUSSIATA BAMBA.jpg

Madame la Ministre de la Communication,

 

Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de l’information, souhaite vous faire part de son étonnement à la lecture de votre lettre adressée à votre homologue béninois en date du 14 mai 2014 dans laquelle vous lui demandez de « mettre un terme » aux émissions « Devoir de vérité » et « Devoir de vérité Actu ».

Les émissions ont par la suite été suspendues en date du 30 mai 2014 sur décision de la Haute Autorité de la communication béninoise.

Nous avons pleinement conscience du caractère partisan et de la présentation partiale des faits par ces deux émissions, néanmoins cela ne nous semble pas justifier une telle ingérence dans l’audiovisuel privé d’un pays voisin.

Le 12 mai 2014, lors de notre rencontre à Abidjan, le président Alassane Ouattara avait certes estimé que le climat politique n’était pas encore « propice » à la libéralisation des médias audiovisuels, mais s’était néanmoins déclaré en faveur de l’esprit d’une telle évolution. Comment justifier alors cette plainte qui va clairement à l’encontre du pluralisme et de l’ouverture voulus par le président ?

Quand l’audiovisuel ivoirien sera libéralisé, après les élections de 2015, engagement du président Ouattara, le gouvernement ivoirien aura sûrement à faire face à des opinions très critiques. La solution du ministère de la Communication sera-t-elle alors de faire taire ces voix dissidentes, hors de tout recours légal ?

Nous vous demandons de réaffirmer au plus vite votre attachement au pluralisme des médias audiovisuels et de mettre un terme à ces mesures interventionnistes.

Je vous remercie par avance pour l’attention que vous porterez à notre demande et vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma haute considération.

 

Christophe Deloire
Secrétaire général de Reporters sans frontières

 

CC/
Monsieur Komi Koutché, Ministre de la Communication de la République du Bénin

Monsieur Amadou Coulibaly, Conseiller en communication pour l’audiovisuel et les TIC, Présidence de la République de Côte d’Ivoire

Monsieur Charles Providence Gomis, Ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire en France

Monsieur Théophile Nata, Président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication de la République du Bénin

mardi, 27 novembre 2012

OPERATION «20 DONATEURS POUR SECOURIR AWA EHOURA» - RELANCE 2013

 

AWA EHOURA.jpg

 

Chers lecteurs,

Le 22 janvier 2012, nous lancions l'opération "20 donateurs pour secourir Awa Ehoura" afin d'apporter un appui financier à l'ex-journaliste de la RTI, brillante présentatrice du 20H de la télévision nationale ivoirienne.

A cette date-là Awa se portait terriblement mal: crises de diabète à répétition. Plusieurs actions ponctuelles avaient alors été lancées en sa faveur (journalistes ivoiriens, Reporters Sans Frontières et particuliers), mais AUCUNE sur la durée.  

Tombée sous le coup de mesures repressives du nouveau régime ivoirien, elle avait vu ses comptes gélés, comme des centaines d'autres ivoiriens. Pour ne rien arranger, elle a été mise en chômage technique par la nouvelle direction de la RTI et vivait donc sans salaire et sans assurance santé, pour la grande malade qu'elle était et est toujours, d'ailleurs. Elle a été finalement licenciée par la direction de la RTI et vit sans ressources ni travail.

C'est ainsi que nous avons initié, sur une idée lumineuse de l'internaute RITAFLOWER, cette opération qui a vu l'adhésion de 23 personnes au total, dispersées dans le monde (Côte d'Ivoire, Afrique, Europe, Amérique), pour un engagement de groupe d'au moins 200.000 F CFA par mois (305 EURO, coût de ses soins mensuels), soient 10.000 F CFA par donateur et par mois. Avec plus ou moins de réussite.

L'opération arrive à son terme, fin DECEMBRE 2012, et plusieurs d'entre nous ne sont plus à mesure de continuer la belle aventure, pour des raisons diverses (engagement pris pour une seule année, problèmes de famille, problèmes personnels, diverses sollicitations, engagements multiples, etc). Il faut donc de nouveaux donateurs. Et nous espérons vivement pouvoir vous compter parmi nous.

Ayant eu plusieurs désistements en cours de parcours (8 donateurs sur 23), cette année 2012, ce qui nous a fragilisés et a réduit notre apport à Awa (qui en a subi des dommages), plus nombreux serons-nous, mieux cela vaudra. Car les droits de départ à elle payés par la télévision ivoirienne ont fondu comme neige au soleil, depuis bien longtemps, et l'assurance-maladie RTI qui lui a été laissée, par scrupule humanitaire et qui s'estompe en MARS 2013, n'opère que si elle assure elle-même les 20% du montant (fort élevé) des prestations hospitalières de la PISAM dont elle bénéficie, ou plus exactement, dont elle espère bénéficier. Elle ne travaille plus et n'a plus de ressources. Impossible donc pour elle de faire face à toutes ses charges de santé. Sauf si nous lui apportons notre soutien.

Ce manque de moyens est arrivé au point où des complications neurologiques sont venus se greffer aux symptômes classiques du diabète. Elle a du mal à marcher, souffre des nerfs des dents, perd progressivement de son acuité visuelle et de l'usage de ses mains. Pour y faire vigoureusement face, il lui faut beaucoup de soins et de séances de rééducation. Nous seuls pouvons l'y aider, parce qu'aussi curieux que cela puisse paraître, Awa Ehoura est, aujourd'hui, ETRANGEMENT seule. Où sont passés les nombreux amis, collègues et connaissances? Mystère!!!

Dans l'attente pour Awa de trouver une source durable de revenus, des ressources permanentes (par exemple: activités génératrices de revenus), nous devons donc continuer à prendre le relai pour assurer une vie plus ou moins acceptable à celle dont nous avons, en tant qu'Ivoiriens, tous tant apprécié le talent et que nous continuons d'aimer. Si vous désirez nous rejoindre, veuillez bien nous le signaler à l'adresse suivante: dindefernand2@yahoo.fr.

 

VOLET DOMESTIQUE DE L'OPERATION

 

 AWA EHOURA 2.jpg

 

Ce premier volet (ci-dessus) ne concerne que les soins médicaux de notre soeur, c'est-à-dire l'aspect sanitaire. Mais l'expérience vécue dans la conduite de cette initiative en 2012, nous a montré que tout en se soignant, Awa doit pouvoir se nourir convenablement (régime alimentaire lié à son mal) et faire face à un certain nombre d'autres contingences (déplacements en taxi, appels téléphoniques, factures, scolarité et entretien des enfants, etc). De ce point de vue, l'année 2012 a été tout simplement désastreuse. Je l'ai rencontrée, ce jeudi 22 novembre, chez sa mère où elle vit temporairement; nous en avons longuement parlé. Elle en souffre dramatiquement! J'en ai eu la gorge nouée.

Ce faisant, j'ai décidé d'ouvrir un deuxième volet à notre opération pour permettre à Awa de faire face à toutes ses charges domestiques, de sorte que ne soient pas réduits à néant tous les efforts déployés pour lui assurer les soins spécialisés appropriés.

Pour ce faire, j'invite tous les Ivoiriens et autres donateurs qui souhaiteraient mettre à la disposition d'Awa de quoi vivre au quotidien, à bien vouloir donner, chaque mois, 1000 F CFA pour ses besoins domestiques; cette modique somme est expressément fixée pour permettre au plus grand nombre de participer au volet domestique de l'opération, sans pression. S'inscrire à la même adresse, pour un engagement d'une année (2013): dindefernand2@yahoo.fr. Ce qui fera une contribution annuelle de 12.000 F CFA (19 EURO) par donateur; ce volet sera entièrement indépendant du premier, relatif au soutien sanitaire. Ceux qui veulent commencer dès cette fin de mois de NOVEMBRE 2012 également, en ont la latitude. Cette aide sera d'autant plus importante pour elle que c'est bientôt la fin de l'année. Une manière pour nous de l'aider à passer les fêtes de fin d'année en toute quiétude. Je sais pouvoir compter sur votre promptitude et votre compassion.

Le paiement des 1000 F CFA sera entièrement centralisé sur le numéro ORANGE MONEY, 07 04 71 11, et chaque fin de mois, la somme collectée sera remise, main à main à Awa, en votre nom, pour ses besoins personnels, et un point régulier vous en sera fait, tous les mois, dans vos boîtes e-mail. 

Nota Bene: Ce numéro ORANGE MONEY concerne uniquement les donateurs vivant en Côte d'Ivoire et les 1000 F CFA ne concernent que le volet domestique de l'opération. Tous les donateurs pour ce volet, vivant à l'étranger, peuvent nous faire parvenir leurs dons (montant libre) par MONEYGRAM, RIA ou WESTERN UNION. Nous contacter INBOX (dindefernand2@yahoo.fr) pour les détails de la destination des mandats.

Dès cet instant, j'attends vos inscriptions pour l'année 2013 et vos contributions pour son cadeau de fin d'année et de nouvel an.

Soyez richement bénis pour chaque franc que vous consentirez à sacrifier pour cette bien-aimée soeur!

Bien à tous.

DINDE Fernand AGBO

mardi, 04 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA, LE NOUVEAU BEN ALI DE LA FRANCE?


ALASSANE OUATTARA SUR TF1.png

C’était le 13 septembre dernier. Laurence Ferrari recevait, sur le plateau de TF1, Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Durant cet entretien, la présentatrice de la chaîne parvenait à faire l’impasse sur les sujets les plus dérangeants pour son interlocuteur. Pas un mot sur la grande insécurité qui règne dans le pays, entretenue par les éléments les plus criminalisés de la nouvelle armée, dominée par les ex-rebelles qui ont combattu Laurent Gbagbo durant neuf ans. Aucune question sur les promotions dont ont bénéficié les chefs de guerre accusés, dans des rapports de  l’ONU et des organisations de défense de droits de l’Homme, d’exécutions sommaires ou de recrutement d’enfants-soldats.

Quelques mois plus tôt, une présentatrice de CNN, interviewant Alassane Ouattara, insistait sur le sort d’Hermann Aboa, journaliste de la RTI arrêté pour des faits relevant de l’exercice normal de sa profession, et dont Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, et même certains quotidiens pro-Ouattara, ont demandé la libération. Cette question n’était visiblement pas prioritaire pour la journaliste française, qui a préféré donner l’occasion à Ouattara de parler du phénoménal taux de croissance que la Côte d’Ivoire devrait avoir en 2012, et des grands travaux d’infrastructure engagés par son exécutif. Les mauvaises langues diront que ce tropisme n’est pas étonnant, dans la mesure où Martin Bouygues, actionnaire principal de TF1 et  ami proche d’Alassane Ouattara depuis une vingtaine d’années, à qui la construction du troisième pont d’Abidjan a d’ores et déjà été confiée, est un professionnel du béton…

Aucune enquête sur la fortune de Dominique Ouattara et ses liens avec les «biens mal acquis»

Au-delà de l’anecdote, de nombreux observateurs africains sont frappés par l’incroyable protection dont bénéficie Alassane Ouattara en France, où tout est mis en œuvre dans les cercles politiques et médiatiques les plus influents, pour sculpter sa légende. Opposant, il passait pour la victime immaculée de l’ivoirité, un concept tellement flou qu’il a servi à diaboliser successivement Henri Konan Bédié, Robert Guei et Laurent Gbagbo. Ses propos incendiaires attisant, dès 1999, le «dolorisme» nordique et la fameuse «charte du Nord» rédigée dès le début des années 1990 par ses partisans n’ont quant à eux presque jamais été relevés dans les médias français. Ses relations troubles avec la rébellion qui a éclaté le 19 septembre 2002 alors que son parti avait des représentants au sein du gouvernement de réconciliation mis en place par Laurent Gbagbo n’ont jamais été véritablement interrogés, y compris après que des enquêtes d’ONG comme Global Witness aient mis en lumière la forte implication de cadres de premier plan de sa formation politique dans l’économie de contrebande en zone «occupée» et le trafic du «cacao de la guerre». La fortune de son épouse, dont l’agence immobilière a géré le patrimoine de chefs d’Etat comme Omar Bongo Ondimba, symbole de toute la lutte contre les «biens mal acquis» des  présidents africains en Occident, n’a jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses dans la presse parisienne.

DOMINIQUE OUATTARA.jpg

Durant l’épreuve de force qui a suivi l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la classe politique française s’est alignée derrière Ouattara, au nom de la validation onusienne de son élection, sur laquelle de nombreuses zones d’ombre persisteront toujours. En effet, pour la première fois dans l’histoire mondiale, un organisme chargé de proclamer les résultats d’un scrutin donnait un taux de participation officiel (70%), puis se ravisait plusieurs jours plus tard, et augmentait de 11% ce taux, en validant des centaines de procès-verbaux où le nombre d’électeurs dépassait largement le nombre d’inscrits… Ce détail plutôt comique n’est que l’une des nombreuses données troublantes qui, mises à la disposition de l’opinion, auraient soutenu la demande du camp Gbagbo, qui sollicitait alors un recomptage des voix, comme cela a été fait dans le même type de circonstances à Haïti. Mais, une fois de plus, l’omerta pro-Ouattara a prévalu.

Un establishment politico-médiatique parisien déterminé à soutenir Ouattara

Aujourd’hui, Alassane Ouattara est au pouvoir. Amnesty International a accusé ses troupes d’avoir perpétré le plus grave massacre de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire dans le quartier Carrefour à Duékoué. Un massacre aux motivations purement ethniques, comme le prouvent les cartes d’identité collectées et jetées à proximité des charniers. Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé accusé d’avoir dirigé ce massacre, n’a été ni inculpé ni même désarmé. Il continue de semer la terreur dans la région. Imaginons un seul instant qu’il s’agissait d’un mercenaire à la solde de Laurent Gbagbo durant sa présidence. Qu’aurait écrit la presse hexagonale ?

La détermination de l’establishment politico-médiatique parisien à soutenir Alassane Ouattara est telle que même la mort de Philippe Rémond, un professeur d’Université français, tué selon ses amis par les forces soutenant Alassane Ouattara lors de leur entrée à Yamoussoukro en mars dernier, a été fort peu médiatisée. L’enquête n’a pas avancé d’un pas, aucune inculpation n’a été enregistrée, l’enterrement s’est déroulé dans la plus grande indifférence… Ressortissant français, le fils aîné de Laurent Gbagbo, qui n’a jamais été un activiste de premier plan, est incarcéré depuis plus de cinq mois à Bouna, petite ville du nord du pays. Motif officiel : «il était avec son père», nous apprend le ministre de la Justice de Ouattara.

Sur le terrain du dialogue politique, les choses ne s’améliorent pas en Côte d’Ivoire. Le FPI, parti de Laurent Gbagbo, a suspendu sa participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), pour une raison qui mérite que l’on s’y attarde. La CEI est contrôlée à 95% par des membres de la coalition au pouvoir. En clair, ce sont les partisans de Ouattara qui doivent organiser de bout en bout un scrutin au cours duquel ils seront arbitre et partie. Quand l’on sait qu’en 2003, à la faveur des accords de Linas-Marcoussis, la France faisait pression pour que cette Commission soit plus «équilibrée», alors qu’elle était nettement moins favorable au pouvoir de l’époque, l’on mesure le degré d’amertume qui peut être celui de l’opposition d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Les Français, qui aiment à croire que leur exécutif est l’héroïque accompagnateur des révolutions arabes, avec les promesses de démocratisation qu’elles charrient, doivent se souvenir d’une chose. C’est le soutien œcuménique de la classe politique française, gauche et droite confondues, et l’aveuglement de la presse de leur pays face aux dérives progressives de Zine-el-Abidine Ben Ali, qui ont contribué à forger et à renforcer sa dictature «développementaliste». Petit signe qui vaut son pesant de signification. Ouattara et Ben Ali ont un point commun. Ils ont l’un et l’autre signé des contrats globaux de communication avec Anne Méaux, la patronne d’Image 7, une société chargée de dompter les médias hexagonaux à leur profit.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 25 mai 2011

UN JOURNALISTE ASSASSINE, UN JOURNAL D'OPPOSITION TRAQUE, LES REGLEMENTS DE COMPTE SE POURSUIVENT EN COTE D'IVOIRE

 

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Reporters sans frontières est choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, membre au bureau de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire, rédacteur-adjoint et présentateur d'émissions à la Radio de Yopougon, commune d'Abidjan, théâtre ces derniers mois de violents affrontements entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du Président Alassane Ouattara et des miliciens de l'ancien président, Laurent Gbagbo. Sylvain Gagnetaud était connu pour sa proximité avec le Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, manifestée lors de ses activités journalistiques. Selon des sources convergentes, il aurait été arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara dans le quartier de Koweït à Yopougon, aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens. Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées. Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours qui viennent, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés.

Reporters sans frontières constate avec une grande déception que l'heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d'Ivoire, où la situation demeure toujours tendue et délicate pour de nombreux journalistes. La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies. Reporters sans frontières exhorte la justice ivoirienne à retrouver et à juger les commanditaires de cet assassinat afin de mettre un terme à l'impunité. L'organisation appelle ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à tenir ses promesses et à créer les conditions d'une presse libre et indépendante.

Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir, à cette date, alors que le quartier de Yopougon était le lieu de violents combats. Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues. Malgré la nouvelle encourageante du retour en kiosques de la presse d'opposition, et les promesses faites, les journalistes politiquement engagés auprès de Gbagbo lors des violences électorales, sont traqués. Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, la société éditrice du journal Le Temps, a été arrêtée ce matin par des hommes armés inconnus. Elle s'était rendue dans les locaux du journal afin de dresser l'état des lieux avec un avocat et un huissier, en vue de la réouverture prochaine du quotidien.


Source: REPORTERS SANS FRONTIERES