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vendredi, 20 août 2010

50 ANS APRES L'INDEPENDANCE, LA COTE D'IVOIRE MALADE DE SES INTELLECTUELS

 

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Dans les sociétés primitives, l'intellectuel était le prêtre, le gardien de la tribu. Son savoir était spirituel et matériel. Il savait interpréter les rythmes lunaires pour que les bonnes périodes de semence et de récolte soient respectées. Il connaissait les propriétés des plantes qui guérissent. Sa connaissance de l'homme dans toute sa dimension faisait aussi de lui un psychologue, et parfois même un psychiatre... Dans ces sociétés-là, c'est à l'intellectuel qu'était confiée, de diverses manières, la responsabilité de toute la communauté. L'image de celle-ci, était à sa charge. Il devait la préserver et signaler quand cette image commençait à s'effondrer du fait des comportements de certains membres de ladite communauté.

La fonction de l'intellectuel n'est donc pas récente. Aujourd'hui encore, ce vocable désigne toute personne qui s'engage publiquement pour défendre des valeurs. Comme on le voit, l'intellectuel n'est pas nécessairement un universitaire. Il n'a pas forcément de lien avec le niveau scolaire. C'est une personne qui dispose d'une forme d'autorité qu'il met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Par exemple, clarifier les enjeux majeurs de son temps et définir les principales menaces pour la paix, le développement, la justice sociale, la vraie indépendance nationale, ainsi qu'identifier et soutenir les principaux défenseurs de ces principes. Par le seul fait de son intégrité et de son héroïsme à se porter en exemple, il convainc par son autorité morale. Par ses seules idées et analyses, il apporte éclairage dans tous les secteurs de la société, afin que les décisions soient prises en toute connaissance de cause.

Que sont devenus nos intellectuels ?

Notre pays commémore aujourd'hui 50 ans d'indépendance... dit-on. Et à ce stade, il convient de s'interroger rigoureusement sur le rôle de nos intellectuels dans la marche de notre Nation. L'heure est venue de nous questionner sur leur rapport à la société ivoirienne. Quelle a été leur responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ? Où sont-ils ? Que font-ils aujourd'hui ? La réponse, c'est Paul Nizan qui la donne dans « Les Chiens de garde » : « Ils gardent leur silence. Ils n'avertissent pas. Ils ne dénoncent pas... L'écart entre leur pensée et l'univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alertés. Et ils n'alertent pas. L'écart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu'il ne fut jamais. Et ils ne bougent point... » Le constat est triste et amer. Qu'après 50 ans, nos intellectuels en soient encore à faire le sempiternel procès de la traite négrière, de la colonisation, de la néo-colonisation, de la mévente des matières premières ou de leur pillage. C'est vrai qu'on ne doit pas faire comme si l'esclavage et ses ravages n'ont jamais eu lieu. Mais on ne doit pas non plus rester figé à l'émotion de cette parenthèse horrible de notre histoire. Et être frappé de paralysie intellectuelle. Parce qu'il est clair que le bilan politique de notre pays est honteux. Mais celui des intellectuels est des plus catastrophiques. Car, force est de le reconnaitre, leurs actions ont été plus dangereuses et plus dévastatrices. Puisque plus insidieuses et plus vicieuses, parce qu'agissant directement sur la conscience des populations.

Depuis l'indépendance, nos intellectuels se partagent quasiment seuls l'espace politique. Et exercent des fonctions de pouvoir... Ils ont choisi de défendre égoïstement leur chapelle et d'ainsi sacrifier l'intérêt général au profit du leur. Certains ont même développé la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle, prémices de la dépravation des mœurs à laquelle nous assistons impuissants. D'autres se sont perdus dans un nombrilisme suicidaire. Hélas ! Et pourtant, on attendait d'eux qu'ils endossent la tâche exaltante de modeler la société et de se poser en vecteurs des valeurs positives. Au contraire, ils ont préféré inoculer à la population le virus des inconduites nocives à la société. Ils ont inscrit ces comportements de déstabilisation sociale dans notre culture, poussant la population à haïr et à dédaigner la vérité, l'honnêteté, la responsabilité, le civisme, etc. Des attitudes qui ont inondé la Côte d'Ivoire de fausses idéologies et ruiné la population toute entière. En définitive, ils ont bradé tout ce qu'ils avaient de crédibilité. Dans un tel environnement, la population miséreuse à outrance a perdu tous ses repères, ses modèles et même sa foi en la vie. Ainsi les Ivoiriens en sont-ils venus ainsi à développer des réflexes de survie caractérisés par la corruption, le je-m'en-foutisme, le pillage des biens publics, la prostitution, etc. Et il s'en trouve qui déplorent leur indolence devant la faillite de leur propre réalité, mais oublient de rappeler de quelles fables ils ont été bercées 50 ans durant...

Finalement, nos intellectuels se sont tus. Et le bruit de leur silence cinquantenaire est devenu bien plus qu'assourdissant et révoltant. Surtout, en cette période de crise aiguë d'où nous avons du mal à sortir. En réalité, c'est la Vérité qu'ils ont tue pour promouvoir des fausses valeurs sur lesquelles a été bâtie une fausse réalité sociale et politique. Ceux qui étaient sensés être nos lumières nous ont donc plongés dans les ténèbres. Pendant 50 ans, nos intellectuels n'ont pas su améliorer notre perception de nos handicaps majeurs. Pis, ils n'ont même pas été capables de nous offrir une grille de lecture simple et efficace qui rende intelligibles les raisons de nos faiblesses et de nos défaites historiques. Pour éviter ces responsabilités historiques, et sociales, ils ont installé des comportements de nature à faire prospérer le désespoir, la fatalité et l'absence de toute éthique.

N'est-ce pas eux les fameux idéologues des régimes qui ont bloqué toute idée d'ouverture et de modernisation de notre pays ? 50 ans durant, ils ont soutenu l'injuste système des équilibres régionaux au détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours. Si des idées comme « la terre appartient à celui qui la met en valeur » ou « on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides », « l'école télévisuelle », « le complot du chat noir », « la rébellion armée du 19 septembre 2002 », etc. ont prospéré et détruit notre pays, c'est bien grâce à la caution de ces intellectuels ou supposés tels. Ils ont soutenu à cors et à cris qu'on pouvait tripatouiller la Constitution, comme un simple règlement intérieur d'association de quartier. Ce sont les mêmes qui ont dit que le parti unique était une chance pour notre pays et le multipartisme, une vue de l'esprit. Ils ont été les fervents défenseurs des programmes d'ajustement structurel. Ce sont eux encore qui, aujourd'hui, dénoncent doctement et avec véhémence les ravages causés par ces PAS. Comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de notre pays, ont-ils pu se faire dicter des mesures économiques par des jeunes cadres sans expérience du FMI et de la Banque mondiale ? Quant à leur conviction politique, inutile d'en parler. Car pour parvenir au sommet de l'échelle sociale, ils ont trempé dans toutes les combines politiques et intellectuelles. Dans tous les compromis et toutes les compromissions. Ils ont participé à toutes les rapines économiques. Ils ont expérimenté toutes les idéologies et tous les régimes : ils étaient houphouétistes, ils sont devenus bédiéistes, puis guéistes, ils sont aujourd'hui gbagboéistes. Pendant 50 ans, ils se sont reniés et ont ruiné le crédit de leur corporation en trahissant leur vocation à la Sagesse. Finalement, leur rapport à la population fait penser à cette parabole : « le ventre de ma mère peut être fermé, du moment que j'en suis sorti ! »

En clair, c'est de morale qu'il faut parler aujourd'hui aux intellectuels ivoiriens. S'il est une valeur qu'ils ont oubliée, c'est bien celle-là. Non pas pour l'asséner à leurs compatriotes. Mais pour l'appliquer à eux-mêmes. Car, s'ils sont aujourd'hui complètement inaudibles, c'est qu'eux-mêmes n'entendent pas ce qu'ils doivent entendre : la parole des autres, la parole du peuple. Et s'ils n'entendent pas, c'est qu'ils n'écoutent pas. Or, être intellectuel c'est non seulement parler, mais, par sa parole, écouter, et aller chercher la vérité là où elle se trouve, c'est-à-dire dans la parole des autres.

Fort heureusement, il existe encore chez nous des intellectuels, dans le sens noble du terme, des femmes et des hommes probes qui résistent et qui refusent de tremper dans les combines et combinaisons sordides. Et en ces heures difficiles, il faut le dire, le Pr Mamadou Koulibaly fait partie de ces rares spécimens, malheureusement en voie de disparition, qui sauvent l'honneur de la classe intellectuelle ivoirienne et portent cette charge écrasante avec foi et conviction.

Qu'attendons-nous de nos intellectuels ?

Que peuvent donner les intellectuels ivoiriens ? Que doivent-ils refuser ? C'est vrai qu'en tant qu'êtres sociaux, ils ont des appartenances. Mais dans quelle mesure sont-ils au service de la Nation ? Parce qu'il est vrai que dans toutes les sociétés, ce sont les hommes qui, engagés fermement, font l'histoire à travers leurs actions pour orienter le destin de leur Nation. C'est pourquoi, les intellectuels doivent s'impliquer et être attentifs aux réalités de leur pays. En un mot, être les témoins de leur temps. Des témoins qui vont témoigner, au nom de la Vérité. Et suivre résolument la voie de leur conscience quel qu'en soit le prix à payer.

C'est ce niveau de perfection réflexive et discursive que lui envient tous ceux qui reconnaissent son savoir. Il participe ainsi à la reproduction d'une valeur sociale. Cependant, comme l'écrit Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison, « on peut dire que les hommes sont des intellectuels, mais que tous les hommes n'ont pas dans la société la fonction d'intellectuel. » Alors, combien sont-ils dans notre pays à exercer réellement cette fonction d'intellectuel ?

Pareils aux philosophes du siècle des Lumières en Europe, il faut aux intellectuels ivoiriens absolument être les éclaireurs du progrès, de la modernisation et de la vraie indépendance. Cette période de crise est justement l'occasion pour les intellectuels ivoiriens de se manifester, se distinguer, sortir du lot du commun des mortels, et s'obliger à produire des idées de génie afin qu'un terme soit mis aux souffrances des populations.

Car rien ne défigure plus l'image des intellectuels que le louvoiement, le silence prudent, le vacarme patriotique et le reniement théâtral. L'adhésion des intellectuels ne doit pas être synonyme d'allégeance servile. L'affiliation politique, l'appartenance régionale et ses fidélités ne doivent à aucun moment prendre le pas sur les critères de Vérité. Son rôle n'est pas de produire des louanges pour le pouvoir lui-même en contrepartie d'une rente, mais d'émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité pour faire avancer la société grâce à un débat contradictoire utile, son refus du silence face à l'inacceptable, son autorité morale, sa capacité à proposer des solutions... et son intransigeance dans ses idées. Ne pas le faire, c'est démissionner.

Nul n'a donc besoin d'être un économiste ou politologue sorti de Harvard pour comprendre que « l'indépendance et le développement » dans un système de dépendance politique, économique et culturel n'est rien d'autre qu'un leurre, une grosse farce dont le seul et unique objectif est d'occulter les vrais problèmes pour justement éviter de les poser... Si nous sommes encore en proie à ces désordres qui bloquent notre vraie indépendance et handicapent notre développement, c'est bien parce qu'il y a des choix contestables qui ont été faits en amont et qui sont, hélas, encore entretenus.

Nos éminences grises ont passé 50 ans à juste inventorier les facteurs qui seraient caractéristiques de notre sous-développement, sous-entendant qu'il suffirait de surmonter les problèmes de la démocratie, de la pauvreté, etc. pour que les portes de la liberté et du développement s'ouvrent à nous. Un pays peut être aussi riche que possible, mais si son élite est irresponsable et corrompue, abandonnant sa structure économique et politique asservie à un système dont elle-même ne contrôle pas les données, ce pays ne sera jamais indépendant, encore moins développé. Il faut vraiment faire preuve d'une mauvaise foi déconcertante ou souffrir d'une grave myopie intellectuelle pour ne pas le reconnaître.

Nous croyons qu'une autre Côte d'Ivoire est possible et même nécessaire pour les 50 prochaines années ! Et c'est maintenant qu'il faut la construire. Mais par pitié, que nos élites ne commettent plus l'erreur de le faire avec des comportements et attitudes que nous ne voulons plus, et qui de toute façon ne sont pas viables. Un tel édifice ne peut que s'écrouler avant même son achèvement, entraînant un nouveau naufrage cinquantenaire, un second drame, une autre tragédie.


Serge Grah

Source: Le Blog de Serge Grah

mardi, 02 mars 2010

SERGE GRAH: LE RHDP, TOUTE HONTE BUE...

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Du remarquable blogueur, Serge Grah. Pour comprendre la vacuité d'un attelage disparate (le RHDP), qui tire la Côte d'Ivoire vers le bas!

 

 

 

 

« Les grands esprits ont toujours rencontré

une opposition farouche des esprits médiocres » (Albert Einstein)

 

C’est fini « l’affaire Mambé ». Bien terminée. Comme elle est venue. L’important pour l’heure étant de comptabiliser ses gains. En portefeuilles ministériels. En sièges à la nouvelle Commission Electorale Indépendant. Et pourtant, que n’a-t-on pas entendu lors de cette triste affaire qui a donné lieu, pendant plusieurs semaines, au déchaînement des leaders de l’opposition réunis au sein du RHDP ? Des leaders politiques qui ont recherchés désespérément à vendre au monde entier la « démission » du Président Gbagbo. Avec une agressivité sans égal et dans une prose endiablée, une logorrhée infernale, un cynisme vénéneux dont ils ont seuls le secret, ces messiers tentent de se déculpabiliser dans le répugnant scandale des 429 000 pétitionnaires. Comment ne pas donc sourire, avec un brin de pitié, lorsqu’on se rappelle les propos puérils de Djédjé Mady et de ses mandants : « Le RHDP ne reconnait plus Monsieur Gbagbo comme Chef de l’Etat… Le RHDP exige la démission de Gbagbo… Le RHDP ne participera pas au nouveau gouvernement si Mambé n’est pas rétablit dans sa fonction… » Et patati et patata ! C'est devenu un rituel… Dès que le RHDP se retrouve face à son incompétence et à sa volonté de rester scotché à son butin de guerre, son directoire se livre à cette phraséologie nauséabonde…

 

Ça peut, peut-être, marcher avec certains. Mais jamais avec Laurent Gbagbo ! Woody ne s’est donc pas laissé conter. Au final, Mambé a été bel et bien viré, au grand soulagement des Ivoiriens. Et la terre a continué de tourner sur elle-même, comme d’habitude. Mieux, Laurent Gbagbo est toujours Président de la République de Côte d’Ivoire. Et le RHDP, toute honte bue, siège dans la nouvelle CEI et négocie, à l’abri des regards de ses militants, son entrée dans le nouveau gouvernement… Le ridicule ne tue pas. Et parfois, c’est bien dommage.

 

C’est donc peu que de le dire. Le RHDP est au bout du rouleau ténébreux de ses brouillards paranoïaques. Pour toute personne bien assise sur des convictions intellectuelles et morales les plus communément admises, peu d’hommes sont aussi piteux que les leaders du RHDP. C’est vraiment triste que l’éthique politique dans notre pays prenne cette allure effrayante d’une catastrophe humanitaire. Avec eux, la misère morale ne fait plus scandale. Parce que ce n’est pas possible que la reconquête du pouvoir puisse pousser à de telles hérésies.

 

De l’affaire Mambé…

Ainsi, contrairement à ce qu’aurait pu croire l’opinion publique internationale, l’affaire Mambé n’a pas divisé les Ivoiriens. Loin s’en faut. Et ce malgré toutes ces scènes regrettables de banditisme et de vandalisme qui ont eut lieu. Il y a des Ivoiriens, la majorité, qui,  disposant de tout leur équilibre mental et de leur sens du discernement, sont consternés devant ce spectacle lamentable que leur infligent Bédié et consorts. Et puis, il y en a quelques autres. Désabusés par le renvoie de Mambé, ils en sont arrivés à se torturer et à incendier leurs propres maisons. C’est grâce à cette seconde catégorie d’Ivoiriens que Djédjé Mady peut se surprendre à crier à tue-tête à la démission de Laurent Gbagbo. C’est aussi à cause d’eux, en passant, que la démocratie en Côte d’Ivoire n’a pas encore triomphé des pourris, des fraudeurs impénitents et de tous ces jouisseurs de guerre. Car c’est bien à cause d’eux que le processus de sortie de crise traîne et prolonge les souffrances des populations, au nombre desquels on retrouve ces mêmes  Ivoiriens. Ce sont des gens qui ont tué en eux tout esprit critique et sont maintenus dans cet état par l’inconscience, l’inculture et le fanatisme. Ce qui traduit leurs comportements suicidaires de ces derniers jours. Et pourtant, c’est très facile de comprendre cette affaire Mambé… où la CEI devait être utilisée pour un compte personnel et pour les intérêts électoraux du RHDP, aveuglé par sa haine viscérale pour Gbagbo.

 

Ce qui a écœuré et choqué au plus haut point dans cette affaire pitoyable, c’est l’attitude de Mambé lui-même… Pour tester la lucidité du jugement qu’il porte sur lui-même, il suffit de chercher quelle définition ce héros ( ?) de notre histoire moderne donne à « dysfonctionnement ». Au bout du compte, on a découvert un homme lige complètement dysfonctionné, accroché à une prébende, incapable de se rendre compte de l’énormité de sa situation, dédaigneux et hautain, méprisant la vérité qui pourtant s’imposait à lui. Le reconnaître n’est pas un parjure. Mambé s’est vraiment contrefoutu des Ivoiriens. C’est ce qui explique pourquoi il se débattait, tel un diable dans un bénitier, pour continuer imperturbablement, à infliger ses manigances au peuple de Côte d’Ivoire. Au mépris des intérêts les plus essentiels, ceux de la Cote d’Ivoire qu’il prétendait servir, ce « militant » aura bien réussi à inspirer un dégout absolu et à faire le vide autour de lui. Oui, en effet, c’est bien pire que d’être humilié par soi-même.

 

Peur des élections et conspiration opportuniste à l’extrême

Les leaders du RHDP eux-mêmes, par leur soutien à Mambé, apparaissent ainsi, au grand jour, tels qu’ils l’ont toujours été : des comploteurs, intriguant à l’extrême, des manipulateurs… des couards. Des démons dont le seul projet politique est de faire tuer de pauvres Ivoiriens. Ils doivent bien se retourner dans leurs tombes, ces morts du RHDP. Comprenant, trop tard, qu’aucune sueur ne mérite d’être versée pour Bédié et consorts. A plus forte raison, une vie précieuse.

 

Et s’il demeurait encore quelques doutes dans l’esprit de certains de nos concitoyens sur le sens à donner à leur vote à la prochaine présidentielle ; et s’il est vrai aussi qu’il existait quelques minces chances que ces concitoyens envisageaient d'évaluer lors de l’élection présidentielle à l’endroit de Bédié et consorts, l’affaire Mambé, leur aura permis de faire une saine évaluation. Aujourd'hui, le RHDP vient de perdre le peu de crédit que ces Ivoiriens auraient pu lui accorder. Ses leaders vivent ainsi leurs derniers moments. Leur manque de lucidité les a ensevelis sous les décombres de leur sinueuse carrière politique. Ils sont morts. Spirituellement et physiquement.

 

Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder de très près ceux qui font la une des « canards boiteux » ces derniers temps et qui dénigrent la Côte d’Ivoire et les institutions qui l’incarnent dans les couloirs boueux des médias occidentaux : Des excités, des anarchistes, des politiciens déchus. Toute chose qui laisse transparaître tout le sens qu’ils donnent à la démocratie. Parce que, pour des gens qui réclament, à cors et à cris, une élection « juste et transparente », on s’étonne de ne pas les voir militer pour que les membres de la CEI ne soient plus inféodés aux partis politiques, mais plutôt dirigée par des personnes qui bénéficient d’un minimum de présomption de neutralité et d’impartialité. Que non ! Pour le RHDP, c’est très transparent d’être arbitre et, en même temps, joueur.

 

Au demeurant, le RHDP surestime, bien à tort, son poids politique dans le pays… Ses leaders, pour ne pas avouer leur inaptitude à faire mieux que Gbagbo, préfèrent jouer le temps et les effets de manche pour donner le change, et faire porter le chapeau des blocages récurrents observés ça et là dans la conduite du processus de sortie de crise au seul Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, derrière leur attitude irrévérencieuse, il faut voir une vérité que cache leur hétérogénéité : la peur des élections… qui mettra fin à tout leur petit boucan. Au lieu de réclamer tout et rien et n’importe quoi, pourquoi ne disent-ils pas aux Ivoiriens ce qu’ils proposent concrètement pour permettre à notre pays de sortir de la crise.

 

Mais on s’en rendra bien vite compte. Les leaders du RHDP sont pauvres. Intellectuellement. Moralement. Politiquement. Si bien qu’il est légitime de s'interroger si cette opposition peut faire autre chose que se donner au quotidien tristement en spectacle. N’est-ce pas, finalement, sa nature que de s’opposer systématiquement et de prendre les Ivoiriens en otage ? Quelle est l’utilité de Bédié et consorts dans notre jeune démocratie ?

 

De l’utilité du RHDP

Parce que c’est connu. Une opposition doit constituer un contre-pouvoir. Elle doit représenter aussi la possibilité d’une alternance politique : participer à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Enfin, une opposition crédible doit travailler au renouvellement du personnel politique. Comme on le voit, le rôle d’une opposition est essentiel en démocratie. Une opposition forte, imaginative, constructive est un gage de dynamisme et de développement dans un pays. Parce que faire de la politique, vouloir gouverner, ce n’est pas seulement s’admirer parler dans les médias étrangers. C’est d’abord avoir un projet de société à proposer au peuple. C’est la seule adhésion du peuple à ce projet qui conduit au pouvoir.

 

Malheureusement, pendant près de 40 ans de règne sans partage, cette classe politique rouillée, construite sur la couardise, la haine, le clientélisme et la compromission, a été  frappée par une inimagination sans pareille. Mis à part la même rancœur à l'encontre de Laurent Gbagbo et de ceux qui défendent des idées novatrices de la démocratie et du partage équitable de la prospérité nationale. Et c'est bien pour cela que le mépris des Ivoiriens à l’égard de ces individus fait place à de la pitié, car ces individus apparaissent avant tout comme pathétiques. Parce qu'ils sont emblématiques d'un travers de plus en plus répandus dans notre pays, alliant la mauvaise foi à une nostalgie béate d’un pouvoir perdu. Ce sont ces gens-là qui créent aujourd’hui une croisade insurrectionnelle anti-constitution. Des gens qui tiennent toute leur carrière politique de situations d’exception et au respect scrupuleux que les Ivoiriens vouent à leur Constitution…

 

Aujourd’hui, c'est la faute à Gbagbo, aux refondateurs. Bref, « au régime illégitime du FPI », selon la terminologie houphouétiste bon marché en Côte d’Ivoire. Comment comprendre ces bons messieurs du RHDP qui veulent brûler le pays juste pour demeurer ministre et pour contrôler la CEI et, qui, en toute irresponsabilité ne veulent point être comptables de la gestion du pouvoir d’Etat dans lequel ils ont les deux mains plongées.  Ah qu’il a raison Anaky – même s’il l’a dit sans vraiment y croire – quand il dit que : « C’est parce que l’opposition est au gouvernement que les choses n’avancent pas. C’est cette compromission qui bloque les élections et qui va encore retarder le processus électoral… Ceux qui sont au pouvoir gouvernent et ceux qui sont dans l’opposition s’opposent. » Cette incongruité que dénonce Anaky résume à elle seule, toute l’incohérence et l’inconséquence des leaders du RHDP. Qui veulent  le beurre, l’argent du beurre, mais aussi, et peut-être surtout, les fesses de la crémière. Et c’est le témoignage à la fois d'une inculture politique en vogue chez nous et d'un amalgame préoccupant.

 

Le RHDP et l’héritage d’Houphouët-Boigny

 

On remarquera que cet attelage de prétendus houphouétistes, ne savent pas grand chose du Président Houphouët-Boigny… Houphouët était avant tout un esprit pragmatique. Cohérent et honnête. Toute chose qui lui aurait permis, bien au contraire, d’apprécier sainement la réalité politique de notre pays. Si Houphouët voyait aujourd'hui la Côte d’Ivoire déchirée par les turpitudes de ses soi-disant  « héritiers », il pourrait en surprendre plus d'un en se déclarant un fervent pro-Gbagbo, c’est-à-dire, capable de se sacrifier, de s’humilier pour la Côte d’Ivoire.

 

Le mal de la Côte d’Ivoire ce n’est donc pas Gbagbo. Il est surtout une grande partie de la solution. Sans lui notre pays en pâtirait, et les difficultés quotidiennes seraient infernales. Le mal de la Côte d’Ivoire c’est bien cette nouvelle classe d’opposants. Qui au mépris des principes démocratiques ont voulu écourter le mandat du Président Gbagbo. Résultat, ils l’ont rallongé eux-mêmes de 10 ans. Non sans avoir installé le pays dans le chaos. C’est donc être amnésique, myope, sourd ou simplement d’une mauvaise foi révoltante que de dire que c’est Gbagbo qui refuse d’aller aux élections. Car il leur suffisait seulement de respecter le plus élémentaire des principes démocratiques : le choix du peuple. Combien faudra-t-il de morts dans notre pays pour que le RHDP le comprenne et cesse de « rendre ce pays ingouvernable » ?... Que Bédié et consorts prennent, enfin, conscience qu’aucun coup de force ne placera personne à la tête de la Côte d’Ivoire. A bon entendeur…

 

Serge Grah

Journaliste,

Ambassadeur Universel pour la Paix

serge_grah@yahoo.fr

 

mercredi, 13 janvier 2010

LIVRE-NOUVELLE PARUTION: "AGIR POUR LA VICTOIRE DE LAURENT GBAGBO"

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Auteurs : Léandre Sahiri, Sylvain de Bogou et Serge Grah

Editions Kasimex

Couverture : Quadri Recto / Verso, pelliculé. Format  A5, 56 pages.

 

Léandre Sahiri : C’est avec un grand et réel plaisir que je vous annonce la sortie de mon nouveau livre intitulé : « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo », écrit en collaboration avec Sylvain de Bogou, journaliste et écrivain à Londres et Serge Grah, journaliste et chargé d’édition, Chroniqueur littéraire, à Abidjan. Ce livre est paru aux Editions Kasimex, en France, et imprimé pour les besoins de la cause en Côte d’Ivoire. Il est disponible en librairie depuis le 08 janvier 2010.

Pourquoi ce livre ?

Nous publions ce livre, à l'approche de l'élection présidentielle, en vue de mieux faire connaître le candidat Laurent Gbagbo, ses actions, ses idées, sa vision de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et du monde. Et ce, à travers sa biographie, ses interviews, ses discours, ainsi que des témoignages et des prises de position de personnalités diverses. Parce que nous estimons que, de tous les candidats, M. Laurent Gbagbo est, inexorablement, en dépit des errements et des imperfections de son régime, le Président idéal pour diriger notre pays, dans l'état actuel où il se trouve.

En effet, faisant fi des sirènes de milliards qu’on nous promet, nous avons choisi de publier ce livre pour convier nos compatriotes à soutenir M. Laurent Gbagbo, à agir, à participer activement à sa campagne électorale, et, par-dessus tout, à lui accorder leurs voix pour sa victoire, notre victoire. Car, un autre choix nous défavoriserait.

Mais, au fait, qu’entendons-nous par : « agir » ? Pourquoi agir pour la victoire de Laurent Gbagbo? Comment agir pour gagner ? Faut-il désespérer de la « refondation » ? Pourquoi un choix autre que Laurent Gbagbo nous défavoriserait-il ?...

Vous aurez toutes les réponses à ces questions, en lisant « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo ».

Par la même occasion, nous vous annonçons que la présentation officielle du livre et des séances de Dédicace sont prévues. Nous vous en tiendrons informé(es).

Avec mes compliments.

Léandre Sahiri

 

Les auteurs :

 

Léandre Sahiri. Docteur ès lettres de l'Université de la Sorbonne, Paris. Professeur de Littérature. Critique littéraire... Il a enseigné dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d'Ivoire et au Canada. Il est l’auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d'actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l'anglais ; Monica ou De l'injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes, etc.

 

Sylvain de Bogou est journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l'anglais et le français. Il est titulaire d'un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d'enseignant-chercheur. Il est l'auteur de plusieurs articles de presse et d'un recueil de poèmes Unfinished Symphony qui vient de paraître aux Editions AuthorHouse, en Angleterre.

 

Serge Grah est journaliste et chargé d’édition dans une maison d’édition en Côte d’Ivoire. Chroniqueur dans le magazine littéraire ivoirien Point de Lecture. Ambassadeur Universel de la Paix. Il est l'auteur, de Kolou le chasseur (Littérature enfantine) et Une saison au purgatoire (poèmes).

 

Distribution / Diffusion :

Librairie Carrefour Siloe (Cocody Saint-Jean)

22 Boulevard de France – 08 BP 326 ABIDJAN 08 (Côte d’Ivoire)

Tél. 00 225 22 44 23 70 / 00 225 22 44 81 71

Fax : 00 225 22 44 54 96

 

Contact :

Pour plus d’informations et pour commander ce livre, contacter : Mlle Honorine Koudou 

Par Tél. : 00 225 07 21 57 70 / 00 225 01 17 38 55

vendredi, 30 octobre 2009

AU SECOURS, LE PROF EST NOIR!

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Peut-on être noir et enseignant en France ? La question a de quoi surprendre. Et pourtant nombreux sont les profs antillais et africains, de la maternelle à la terminale, qui se la posent chaque matin en se rendant dans leur salle de classe.

Confrontés à des élèves qui moquent leur accent ou leur couleur, des parents qui les déconsidèrent et des collègues qui doutent de leur compétence, ils doivent également surmonter bien des obstacles pour obtenir leur titularisation.

Un quotidien que ces enseignants vivent particulièrement mal d’autant que l’Education nationale ne fait rien, selon eux, pour les aider. Bien au contraire ! Elle les envoie en priorité dans les banlieues chaudes à majorité black et beur.

Profs noirs dévalorisés pour élèves noirs défavorisés. S’achemine-t-on vers des ghettos, comme au Canada ou en Angleterre, où existent déjà des écoles pour Noirs dans lesquelles élèves et professeurs se retrouvent entre eux ?

Ce livre, véritable plongée au cœur du système scolaire, donne la parole, pour la première fois, à des hommes et des femmes qui souffrent de ne pas être reconnus à leur juste valeur dans un monde toujours persuadé que le savoir est blanc.

Source: Le Blog de Serge Grah

mardi, 06 octobre 2009

UN LIVRE A T-IL INFLUENCE VOTRE VIE?


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Lu pour vous sur ABIDJAN TRIBUNE.

Un livre a-t-il influencé, voire changé votre vie ? Comment ? Nous avons posé cette question à des écrivains, des journalistes, des étudiants, etc. Ils nous ont aidés à établir ce constat : oui, un livre peut avoir un impact sur un individu au point de modifier le cours de son existence. Parfois de façon radicale.

Le livre procède comme d'un lieu vide qui lui a été obscurément aménagé pour réaliser ses prouesses. Celles-ci sont variées. Elles ont toutes les dimensions, toutes les formes, toutes les couleurs. L'impact peut être minuscule et mal discernable ou bien fracassant. Parfois, il s'apparente à une lente érosion. Ou bien c'est l'éclair, le déchirement. C'est du moins ce que pensent les personnes interrogées.

Henry N'koumo, critique d'art et, par ailleurs Directeur du Musée de Cocody, se rappelle avec émotion la lecture de Cahier d'un retour au pays natal de Césaire. " Ce livre m'a ébranlé par la force de ces images. Ces dernières sont porteuses d'émotions qui m'ont habité profondément... Il y a des livres comme ça, qui restent en soi ".

Le livre peut être plus héroïque encore : il trace les chemins d'une vocation ou il modifie un engagement. Marguerite Dago, lit passionnément le Livre de la vie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle se convertie au catholicisme. Certaines personnes ont avoué ne trouver le courage de persévérer dans leur vie ou tout simplement dans leur métier qu'en puisant des leçons d'énergie dans les livres. Il en est ainsi de Yéo Sita, photographe. Elle a été éblouie par Martin Gray dont les livres influencent énormément son existence. A travers ceux-ci, elle a acquis " une maîtrise de soi et un optimisme sans borne... Ne pas s'apitoyer sur ses problèmes, mais plutôt les braver. Savoir écouter les autres et juger l'homme selon l'acte qu'il pose. "

Le livre remplit aussi bien souvent une mission de nettoyage. Il agit comme un éboueur. Il fait table rase. Il détruit les forteresses qu'une éducation a construites autour d'un individu. Ainsi le livre écarte-t-il les voiles et fait scintiller un paysage qui était là, déjà, mais qu'on ne voyait pas. Combien de chants de gratitude à un livre, rencontré au bon moment, et qui a percé, dans un destin, l'issue de secours, le tunnel de l'évasion n'attend-on pas entendu ici et là ?

Ambroise Favier, informaticien, a croisé sur son chemin Fragments d'un enseignement inconnu de P.D. Ouspensky. Son témoignage : " Il y est question d'un homme qui suivait un enseignement ésotérique de G.I. Gurdjieff. Le thème de cet enseignement est que l'être humain "dort" - même s'il se croit " réveillé " - qu'il ne se connaît pas lui-même, et n'est pas maître de ses propres énergies intérieures ainsi que des influences extérieures qui agissent sur lui régulièrement... Ce livre a donc été pour moi, le point de départ d'une quête essentielle et permanente et, d'un nouveau regard sur le sens de la vie en général. "

Pour Véronique Duchesne, anthropologue-chercheur, " il est difficile de dire qu'un livre, spécialement, a changé ma vie. Chaque livre que j'ai lu m'a apporté un changement puisqu'il est porteur d'idées, qui en trottant dans la tête influencent la manière de voir, d'agir aussi, sans aucun doute... Et pourtant, L'étranger de Camus reste le livre qui fait un peu partie de moi-même. Il est lié à mes années d'adolescence, pleine de questions sur la vie... et sur la mort. L'étranger m'a paru alors si proche : se sentir en décalage, en léger décalage par rapport au monde qui va, aux autres qui vont. Se sentir parfois légèrement à côté... Ce livre m'a aidé à vivre tout simplement. "

" J'ai lu Discours de la méthode de René Descartes, dit Pierre-David Koffi Koukoua, Délégué Pédagogique. Et j'ai eu l'impression d'être déniaisé. D'une part, l'oeuvre m'indiquait les limites de ma propre expérience, d'autre part, cela me montrait le ridicule de la raison que je faisais mienne pour me battre dans l'existence ". Il arrive qu'un destin soit capturé par un autre, à travers un livre, comme un cours d'eau est capturé par un autre cours d'eau. " Sans doute, confesse Dezo Ferdinand, étudiant, ne serais-je pas celui que je suis si en classe de quatrième, je n'avais pas découvert, lu, dévoré, La carte d'identité de Jean Marie Adiaffi et, en m'identifiant totalement à Méledouman le personnage principal. Aujourd'hui encore, dix ans après, Méledouman demeure mon modèle conscient et inconscient.

Les écrivains aiment parler de l'éveil de leur vocation. Et celle-ci est l'effet de leurs noces avec un livre. L'écrivain Désiré Anghoura a, quant à lui, été fortement influencé par, La vie et demi de Sony Labu Tansi et D'éclairs et de foudres de Jean-Marie Adiaffi. " Le style tout nouveau que ces livres inauguraient, leur capacité à aller au-delà du réel, la force que chaque mot même ordinaire porte pour conférer un souffle presque palpable aux textes et aux personnages ont totalement changé mon approche de l'écriture. Ces deux auteurs sont de vrais inventeurs de mondes, des faiseurs d'univers ", reconnaît-il. C'est Le monde s'effondre de Chinua Achebe qui a eu raison du président des écrivains, Foua Ernest de Saint-Sauveur : " ce livre m'a séduit " dit-il avec joie. Mais, c'est plutôt Sony Labu Tansi, par son écriture qui m'a véritablement façonné ...Pourtant, une seule raison m'a conduit à l'écriture : retrouver ma mère que j'ai perdue à l'âge de trois ans. "

Quand on lui pose la question, Adjé Yed Noelie, étudiante, se souvient immédiatement d'un seul livre : Les erreurs de maman de Joslin Kalla. " Ce livre, dit-elle, m'a appris qu'on ne récolte que ce qu'on a semé. Et cela, en bien ou en mal. Ce livre aujourd'hui est la boussole qui oriente ma vie. Dorénavant. " Marie-Therèse Ahogny, assistance d'édition, s'est abreuvé dans Les oiseaux se cachent pour mourir. " Ce livre est la preuve, si besoin encore est, de la puissance de l'Amour. C'est une démonstration de la faiblesse de l'être humain devant l'Amour. On pourrait donc se demander : Qu'est-ce qui peut encore résister à l'Amour ?… Et pour moi, c'est une grande leçon dont je fais mienne. "

Comme on le voit, le livre n'est pas seulement un objet, mais un riche interlocuteur avec qui nous discutons et, qui nous apporte, très souvent, quelque chose de fabuleux. Il joue le rôle d'un ami qui nous prête une oreille attentive. A n'importe quel moment, le livre nous éduque, nous façonne et nous modèle. Beaucoup plus que n'importe qu'elle autre éducation. Et pourtant, le livre reste encore absent chez bien de personnes qui parviennent malheureusement à l'âge adulte sans jamais avoir connu les joies et les bouleversements que provoquent certains ouvrages… transformant si heureusement les âmes.

Serge Grah

21:17 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : serge grah, livre, influence du livre, culture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 12 août 2009

MEA CULPA: ITINERAIRE D'UN JOURNALISTE CORROMPU

                                    

Lu sur Le Blog de Serge Grah. Honnête. Tout simplement. Je vous le propose. Bonne lecture!
Ça n'a pas été facile pour moi de l'avouer et de l'exposer sous l'Art à palabres. Moi, journaliste, censeur devant l'Eternel… Vous savez, quand vous n'avez pas de réelles responsabilités, vous croyez avoir toutes les réponses à tous les problèmes. Vous croyez détenir toutes les vérités. En tout cas, moi, je suis journaliste, citoyen exceptionnel. C'est moi qui distribue les bons et les mauvais points. Ma voix retentit en écho au quotidien et fait trembler les lois qui nous gouvernent. Je suis un pouvoir: le quatrième en son genre. Mais, comme dit le proverbe : Quand on veut grimper aux arbres, il vaut mieux avoir son cul propre. Sous mes airs de probe, je cache une âme souillée… Je suis corrompu ; oui, perverti jusqu'à la moelle. Vous l'avez bien compris. Et je suis peut-être le pire de tous ; parce que les effets de ma corruption sont plus dangereux, plus dévastateurs. Car ma corruption est plus insidieuse et plus vicieuse, puisqu'elle agit directement sur la conscience. Et pour faire diversion, ma plume a vite fait d'épuiser le débat. Point final. Les corrompus sont tout trouvés : les autres, notamment les corps à billets. Les pauvres poulets ! Il faut toujours qu'on les sacrifie, à la moindre occasion. Non, mais ça suffit ! Aujourd'hui, le miroir me renvoie ma propre image. Mon Dieu, quelle hideur !

Maintenant, il me faut le dire, tout net. Sans fioritures : MEA CULPA ! Ma gorge aux relents fétides a pendant longtemps empuanti ma plume et la société tout entière. Coincé entre des pressions complexes et subtiles, face auxquelles je n'étais pas suffisamment armé pour résister. Comment alors revendiquer une indépendance ? Comment rester objectif et impartial, quand ces pressions me poussent chaque jour à de graves manquements. Je vivais désormais accroché à des tiers, extorquant çà et là le prix de mon silence ou de mes éloges.

Pourtant, quand je commençais ma jeune carrière, il y a à peu près une décennie, j'étais tout plein d'ambitions, plein de rêves, avec des modèles de haut vol. Ceux-là, oui, c'étaient de vrais journalistes. Ils ont imposé respect, par l'immensité de leur culture… Je faisais donc mes armes dans un magazine dit culturel. Abusivement et pompeusement. J'étais entouré d'anciens gratte-papiers qui n'hésitaient pas à exhiber fièrement leur butin du printemps de la presse. Et c'est comme ça que je fus dérouté. Jugez-en vous-mêmes. A la demande de mon chef, j'ai rédigé une série d'articles sur une exposition d'œuvres d'art. L'expo se tenait au siège d'une grande banque de la place. A la fin, mon chef, manifestement satisfait, me fit cadeau d'un petit billet. Grand geste de gentillesse. N'allez pas croire autre chose. Incapable de rendre la sonorité des œuvres exposées, je me suis évertué à pondre de grossiers publi-reportages. J'appris, bien après, que notre Red'chef était en train de négocier un gros emprunt auprès de ladite banque, ce qui expliquait cela. Pauvre de moi !

Initié à la pratique, j'en fis ma principale activité, un petit commerce honteux mais juteux : articles alimentaires, règlements de comptes, flagorneries, chantages, etc. En bon élève, j'essayai de reproduire le schéma. Mon énergie éthique est littéralement tombée. Devenu vulnérable aux espèces sonnantes, mon potentiel critique s'est effondré. En effet, pour neutraliser un journaliste, la corruption est plus efficace que la censure. Là où la menace stimule le courage, la corruption anéantie toutes les forces. Elle paralyse l'esprit. Mais en fait, quelqu'un lancerait-il le premier la première pierre ? On entend même dire que si l'on poursuivait les gens pour corruption, pas un seul Ivoirien ne serait en liberté.

Inexorablement, j'ai ainsi conduit mon esprit vers une mort certaine : une neogonie, comme dirait l'autre. Sur des sujets d'intérêt national, et pour des raisons inavouées, je fournissais des témoignages partiels et partiaux. Si l'on soumettait au verdict de l'équité toutes les campagnes de presse auxquelles j'ai participé, bon nombre seraient injustifiées, tant elles imprégnaient les informations d'un parti pris flagrant ; l'intérêt du public au nom duquel on menait ces campagnes se confondant généralement avec de gros intérêts.

Naturellement, dans une société où l'immoral a pris la place de la morale, où l'anormal s'est substitué au normal, il est facile de ne pas être un héros. Surtout que, moi, j'avais une bonne excuse. Mes conditions déplorables de travail. Et pire, j'étais payé au lance-pierre. Qu'y a-t-il de plus dégradant ? A partir de là, j'étais devenu un journaliste gombo. Je choisissais les reportages non pas à la pertinence du sujet mais au poids de l'enveloppe. Le fameux perdiem, codifié, inscrit dans les mœurs et dans les registres. Pas de perdiems, pas de papiers. Et bien souvent, j'empochais le diem et je n'écrivais pas l'article. Oh, mais ce n'est pas trop grave ; ce n'était pas ça l'essentiel. A la Tour bleue, le schéma est presque identique. Avec un argumentaire des plus ahurissants : On doit gagner plus parce que nous on a le son et l'image en même temps. S'ils sont d'humeur professionnelle ce jour, ils arriveront en milieu de cérémonie et, avec un peu de chance, une caméra en main. Et le chauffeur a fini, lui aussi (qui est fou ?), par exiger sa part de diem. N'est-ce pas qu'ils forment une équipe… de reportage ?

Une anecdote pour terminer, une histoire presque vraie qui a achevé de me convaincre sur l'une des plaies dont souffre notre presse, une histoire dont les conséquences auraient pu être dramatiques… pour la population. Une amie à moi, consommatrice invétérée de friandises, découvre un cafard (un vrai) dans un sachet de jus de fuit industriel vendu à la sauvette dans Abidjan. Le fabriquant est une grande entreprise sise à Yopougon. L'émotion et la colère passées, mon amie juge nécessaire de prévenir la presse qui - sait-on jamais - estimera utile d'avertir ses lecteurs-consommateurs. Elle porte donc les faits à son ami journaliste que je suis. Pour une fois, je tenais un bon sujet. J'en informe mon chef chargé des faits divers. Il considère l'affaire d'importance. Il est lui-même consommateur, et sa famille aussi. Mon chef, à son tour, informe un chef au-dessus de lui. Comprenez ! Les rédactions sont très hiérarchisées. Cet un peu-plus-que-chef trouve le sujet intéressant. Il pense déjà au gros titre à la Une : Un cafard dans un… Il jubile : Demain, on va vendre, mon petit.

Vient le moment rituel de la journée où tous les sous-chefs de quelque chose (Vous ne le savez peut-être pas, mais les rédactions sont aussi de véritables armées mexicaines) viennent défendre ce qu'ils ont sous la dent et où un chef, un peu plus-chef-que-les-autres, décide de ce qui est d'importance et de ce qui ne l'est pas pour le journal du lendemain. Le sous-chef chargé des faits divers est content. Il est sûr d'avoir le meilleur papier du jour, un papier qui vaut dix fois la Une. Mais le plus-chef-que-les-autres n'est pas de cet avis. A la surprise générale. Il estime même qu'il ne faut rien publier sur le sujet. Rien du tout. Ni à la Une ni ailleurs. Nada ! Ce n'est pas notre rôle de créer la panique, s'était-il justifié. Un sous-chef courageux et, quand même, ambitieux, choqué par une telle décision, va cafter l'affaire au sur-chef-au-dessus du plus-chef-que-les-autres. L'ambitieux sous-chef revient avec une mine de deuil. Il n'y aura pas une seule ligne sur ce fait divers. Affaire classée. C'était vraiment à s'étrangler de rage. Mais, c'est cela le côté presqu'invisible de l'iceberg.

La fin de cette triste histoire a montré que notre plus-chef-que-les-autres et son sur-chef étaient, en prime de leur boulot officiel, les rédacteurs attitrés et appointés du bulletin de liaison de la grande entreprise en question. Et grassement payés. N'est-ce pas qu'ils méritaient bien leur salaire ?

Le plus-chef-que-les-autres et son sur-chef sont toujours dans la presse. Ils sont même montés en grade depuis. D'ici, je vois la tête qu'ils vont faire en revisitant ce souvenir… Quant à moi, j'ai fini par quitter le milieu… Avec des regrets, certes. Mais rassurez-vous, je ne me suis jamais porté aussi bien que maintenant.

A très bientôt !

Par Serge Grah
In Point de lecture n° 3 de juillet 2009

12:57 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : serge grah, méa culpa, journaliste corrompu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 13 mars 2009

SERGE BILE: LE RACISME, UNE PRATIQUE ORDINAIRE AU VATICAN

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À deux semaines de la visite du pape Benoît XVI en Afrique, un essai de Serge Bilé relance la polémique sur la ségrégation raciale au sein de l’Église catholique.

« J’ai fait de la réhabilitation de l’image des Noirs un combat. » Après Noirs dans les camps nazis, La Légende du sexe surdimensionné des Noirs, Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, Serge Bilé, qui passait pourtant pour un bon catholique, a publié en janvier Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican (éd. Pascal Galodé). Un ouvrage que le journaliste franco-ivoirien, actuellement en poste à RFO-Martinique, a coécrit avec un confrère camerounais, Audifac Ignace. Il suscite déjà une très vive polémique. Mgr Méranville, archevêque de Martinique, a appelé ses fidèles à ne pas acheter un ouvrage « stercoraire », adjectif qualifiant les espèces animales ou végétales se nourrissant d’excréments…

Vous attendiez la première visite du pape Benoît XVI en Afrique pour sortir votre livre ?

Non. J’ai rencontré Ignace Audifac lors d’une conférence à Rome début 2005. Nous partagions la même idée : écrire sur les trois papes africains de l’Histoire, Victor Ier (189-199), Miltiades (311-314), tous deux d’origine nord-africaine, et Gélase Ier (492-496), né à Rome de parents africains, alors que l’on commençait à évoquer l’idée d’un pape noir pour succéder à Jean-Paul II. Il m’a présenté quelqu’un qui nous a remis le télégramme envoyé par l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Saint-Siège, sir d’Arcy Osborne, au commandement des forces alliées en 1944. Ce courrier demandait, sur requête de Pie XII, qu’aucun soldat noir ne soit déployé à Rome pour la libération. Cela nous a donné envie d’enquêter sur le racisme au Vatican à travers les siècles, ainsi que sur la vie des religieux africains dans la capitale italienne.

On doit néanmoins à Pie XII la nomination du Béninois Bernardin Gantin à la tête de l’évêché de Cotonou, faisant de lui le premier Noir à diriger, à 34 ans, un diocèse dans toute l’Afrique de l’Ouest…

C’est vrai. Mais cette nomination fut une réponse à la protestation d’un groupe de séminaristes antillais et africains, faisant leurs études à Rome, qui ont publié en 1956 un livre retentissant, Les prêtres noirs s’interrogent, pour dénoncer le manque de considération du Vatican à leur égard. En fait, Pie XII a toujours eu une attitude ambiguë. Quand il était nonce apostolique en Allemagne, il s’est associé à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, de soldats noirs de l’armée française accusés d’être des violeurs et de répandre la syphilis. Ce n’est pas le seul pape à avoir eu des positions critiquables. Pie XI n’a lui, rien trouvé à redire aux lois raciales adoptées par Mussolini contre les Noirs en Italie et a fait marche arrière, après avoir dénoncé les exactions de l’armée italienne en Éthiopie, de peur de s’attirer les foudres du Duce.

Vous écrivez « l’Église est humaine jusque dans la curie ». La hiérarchie serait donc elle aussi minée par le racisme ordinaire ?

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est l’ancien secrétaire de Gantin, l’évêque béninois Paul Vieira. Voir un Noir gravir les échelons est difficilement accepté en Italie. Gantin, comme l’évêque zaïrois Emery Kabongo, secrétaire particulier de Jean-Paul II, ont subi l’hostilité de prélats et citoyens européens qui n’ont aucune considération pour les ecclésiastiques africains ou asiatiques. Certains ont reçu des insultes, des courriers xénophobes et ont même été agressés par des inconnus, comme Kabongo, dans un passé récent. Gantin avait confié que les prélats africains devaient en faire deux fois plus pour être reconnus.

Autre révélation de votre ouvrage : il y aurait une centaine de prêtres africains « clochards » à Rome…

Ces prêtres, qui viennent compléter leur formation dans la capitale romaine, sont envoyés par leurs évêques avec une bourse qui suffit à peine pour payer leur nourriture et leur loyer. Ils sont amenés à faire des petits boulots, comme célébrer des messes dans les familles au détriment de leurs cours. Si bien que certains ne parviennent pas à finir leurs études et restent sans pouvoir renouveler leur carte de séjour.

Une cinquantaine de sœurs seraient également « en délicatesse avec leur vocation »…

Le sujet est tabou. Nous avons eu un mal fou à trouver des personnes qui ont bien voulu nous parler. Mais il y a effectivement des religieuses noires qui exercent le plus vieux métier du monde pour 50 ou 100 euros auprès d’hommes d’affaires mais aussi de prêtres blancs ou noirs. Cela pose le problème de la vocation. Beaucoup de filles entrent dans les ordres en Afrique pour échapper à la misère. Arrivées en Italie, elles se retrouvent souvent sans moyens, corvéables à merci. Elles ne résistent pas toujours aux avances d’un prêtre ou d’un évêque. Le Vatican n’est bien évidemment pas complice. Mais, dans certains cas, les autorités ferment les yeux. Il y a une filière congolaise que l’on peut difficilement ne pas connaître à Rome…

Vous dénoncez encore les discriminations quotidiennes à l’égard des religieuses et des prêtres africains…

Les sœurs noires sont souvent chargées des tâches ingrates quand leurs consœurs européennes se voient confier les fonctions administratives. Les prêtres africains qui enseignent dans les collèges catholiques mettent plus de temps à être titularisés que les Européens…

Pourquoi se murent-ils dans le silence ?

La peur des sanctions, le carriérisme…

On ne parle plus trop aujourd’hui d’africanisation des pratiques, d’acculturation…

C’est totalement vrai. On fait même marche arrière. Le pape vient de réintégrer toute la communauté de la fraternité Saint-Pie X, dont certains membres sont négationnistes. Tous sont opposés à Vatican II, qui a marqué l’ouverture de l’Église, notamment en matière d’acculturation, et la fin de la malédiction de Cham, utilisée pour justifier le racisme et l’esclavage des peuples d’Afrique noire. En réintégrant 100.000 intégristes, on les conforte dans leurs positions – n’oublions pas qu’ils frayent avec l’extrême droite en France et en Belgique – passéistes et intégristes. On peut se demander si le pape ne partage pas certaines de leurs idées quand on voit qu’il a remis au goût du jour la messe en latin et la prière de conversion aux juifs.

Benoît XVI a-t-il une politique africaine ?

J’espère que son voyage africain en mars nous permettra d’en savoir plus. Beaucoup pensent qu’il se désintéresse de l’Afrique et reste très centré sur l’Europe. Jean-Paul II s’est rendu treize fois sur le continent. On a presque l’impression que Benoît XVI y va à contrecœur quatre ans après son élection. Jusqu’à présent, son message s’est limité aux incantations habituelles contre la guerre ou le sida.

L’Afrique est pourtant le continent où la dynamique d’évangélisation est la plus forte…

C’est paradoxal, mais les Africains – qui ne comptent que quinze cardinaux contre quarante italiens – sont sous-représentés au sein de l’Église.

Avec l’élection d’Obama, on se remet à parler de pape noir…

Ce serait un symbole fort. Mais certains considèrent, comme feu le théologien camerounais Jean-Marc Ela, que cela ne change pas grand-chose, car les ecclésiastiques africains, à l’exception de certains, sont devenus plus romains que les Romains. Francis Arinze est, comme Benoît XVI, opposé à l’avortement, au préservatif et à l’ordination des femmes prêtres. Gantin l’était aussi.

Par : Propos recueillis par Pascal Airault
Source : Jeune Afrique l’Intelligent

15:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vatican, racisme, bénoît 16, serge bilé, serge grah, rfo-martinique, ségrégation raciale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |