topblog Ivoire blogs

samedi, 04 février 2012

COTE D'IVOIRE: L'OEUF OU LA POULE?

ALASSANE OUATTARA OEUF.jpg

Lors de son séjour dans la capitale Française, Alassane Ouattara a lâché une petite bombe qui, sur l'instant, est passée inaperçue. En effet, lors de ses interviews par les médias Français, ce dernier a exprimé sa volonté de ne pas livrer à la CPI la femme de l'ex-président Ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que leurs plus proches amis et collaborateurs.

Si pour d'aucuns, ce « geste » pourrait sembler magnanime, en réalité, il est loin, très loin de l'être.

Alassane Ouattara est dans une impasse. Sa réconciliation nationale bat de l'aile, son pouvoir et sa sécurité dépendent en grande partie de son premier ministre Guillaume Soro, de l'ONUCI ainsi que des quelques militaires Français actuellement basés sur Abidjan. Ajouté à cela le monde entier qui n'arrête pas de lui réclamer à tort et à travers la tête de ceux à qui, pourtant, il est en partie redevable de son statut actuel de numéro 1 Ivoirien !!

Ainsi, après avoir constaté son erreur d'appréciation sur l'ampleur du phénomène Gbagbo, car c'est loin d'être de bon coeur qu'il aura pris telle décision, Alassane Ouattara informe le monde entier de « sa préférence » de juger tous les Pro-Gbagbo sur le territoire Ivoirien.

Ce geste faisant, il se donne un peu d'air et montre des gages de bonne volonté à tous ses proches éclaboussés par l'affaire, ceux là même qui, plus que quiconque, sont responsables de terribles atrocités et autres crimes de guerre et qui ne doivent pas manquer de lui mettre une énorme pression pour « échapper à leur sort ».

Si l'on peut se réjouir de ce revirement brusque, ne serait-ce que pour tous les pro-Gbagbo enfermés ou en cavale, une chose pourtant demeure !! Mr Alassane Ouatttara peut toujours tenter de faire diversion, il n'empêche que la véritable question reste et restera toujours celle de la libération de Laurent Gbagbo !!

La crise douloureuse qu'a traversé la Côte d'Ivoire (et qu'elle traverse toujours, du reste) est du fait d'une guerre de pouvoir entre deux individus.

Mr Ouattara, incapable de se résoudre à la victoire de Laurent Gbagbo se sera évertué à lui pourrir sa présidence tout du long. Les médias Français, jusqu'au bout, n'auront eu de répit de  nous ressortir à chaque fois, encore et encore, la même rengaine, comme si elle leur avait été ainsi dictée : « crise postélectorale née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle et qui aura entraîné son pays dans une guerre qui aura causé plus de 3000 morts ... et bla bla bla et bla bla bla ».

Ainsi, on reproche à Laurent Gbagbo de s'être ravitaillé en armes pour défendre son pays. N'est-ce point le rôle de tout président, de tout chef des armées? Oui, c'est en toute logique que Laurent Gbagbo aura répondu à l'agression par une contre agression. Il ne pouvait en être autrement.

Il s'agissait bien d'un coup d'état à l'origine lorsqu'en 2002, des hommes ont fait irruption en pleine nuit dans la capitale Ivoirienne, massacrant tout sur leur passage. Ces évènements tragiques, entre les rebelles d'Alassane Ouattara (car aujourd'hui, plus personne ne peut le nier) et les FDS de Laurent Gbagbo, auront donc coûté des vies comme dans toute guerre. Peut-on dès lors parler de crimes contre l'humanité hormis, entre autres, le cas Duékoué? Il faut bien comprendre que ce sont ces mêmes évènements ayant eu lieu depuis 2002 qui ont inexorablement débouché sur cette situation. On ne saurait donc dissocier la récente crise postélectorale, elle même, de tout ce qui fut, au cours de ces dix dernières années !!

Ce fameux rapport sur le massacre de Duékoué, imputable aux rebelles armés Ouattaristes (soutenus par une France qui a décidément le génocide dans le sang), rédigé par Human Right Watch, pourtant à la solde de Georges Soros et donc de son allié Ouattara, dressait une liste de pas moins de 800 à 1500 civils assassinés sans vergogne. Nous pouvons donc affirmer, sans ambages aucuns, que l'actuel président Alassane Ouattara devrait, dans ce cas, avoir son siège aux cotés de Laurent Gbagbo, s'il était réellement question de rendre justice. Après tout, la justice doit être égale pour tous,  il ne saurait y avoir ni justice de vainqueurs ni justice de vaincus. Déterminer qui est à l'origine de tous ces morts, c'est un peu comme se demander de qui, entre l'oeuf et la poule, est apparu en premier !! Et c'est sur ce flou que profite tout ce monde pour faire porter le chapeau à l'un tout en ménageant l'autre...


Ecrit par Yann-Yéc'han, in le quotidien burkinabé "San Finna".


Source: SAN FINNA