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mardi, 31 juillet 2012

AUGMENTATION DES FRAIS D'INSCRIPTION DANS LES UNIVERSITES: CHARLES BLE GOUDE ECRIT A GUILLAUME SORO


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Monsieur le président et ancien compagnon de lutte,

Je voudrais humblement vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette correspondance. Comme vous le savez, mon statut actuel ne m'offre que cette voie pour vous faire parvenir mon cri de cœur. Loin de moi, l'intention de vous juger publiquement; je n'en ai ni les moyens, ni la capacité. Mais ce que mes yeux ont lu et que mes oreilles ont entendu au sujet de l'augmentation drastique des frais d'inscription dans les universités de notre pays, oblige mon regard à se tourner vers vous. Je le fais aussi pour des raisons historiques.



Monsieur le président, de mon lieu d'exil, je viens d'apprendre qu'il a été notifié aux étudiants de Côte d'Ivoire et à leurs parents, la décision d'augmenter les frais d'inscription qui passent désormais de six mille francs CFA à cent mille francs CFA, deux cents mille francs CFA et trois cents mille francs CFA selon les cycles. Comme beaucoup d'Ivoiriens, je suis choqué et sidéré par une telle décision.

Monsieur le président et cher ancien compagnon de lutte, cette décision d'augmentation des frais d'inscription constitue à n'en point douter, une remise en cause des acquis de notre combat que nous avons mené en faveur des étudiants issus de familles aux revenus modestes (familles pauvres) quand nous étions les dirigeants du principal mouvement étudiant à l'époque . Par le truchement de la fédération estudiantine et scolaire de Côte d'ivoire (FESCI), Nous avons fait grève, meetings, sit in, grève de la faim afin d'obtenir une réduction des frais d'inscription qui étaient de six mille francs. Nous avons même fait la prison pour cette cause en faveur des enfants des pauvres dont nous étions les portes voix. Pour nous, il fallait faire sauter les goulots d’étranglement, car la pauvreté ne saurait constituer un frein à l’éducation. Les élèves et étudiants, nos camarades, nos seuls soutiens à l'époque, ont cru en nous et ils ont souffert le martyr avec nous. Grâce à leur détermination, les frais d'inscription n'ont pu connaître une augmentation malgré les multiples tentatives de l'administration d'alors. 



Monsieur le président, ancien dirigeant d'étudiants, vous êtes aujourd'hui le président de l'Assemblée Nationale d'un pouvoir sous lequel les frais d'inscription viennent d'être augmentés à plus de 1600%. Cette décision est prise dans une Côte d'Ivoire post crise où la pauvreté gagne du terrain, avec son cortège de cherté de la vie, de licenciements. C'est pourquoi, je m'interroge: Quel problème le pouvoir veut il solutionner en procédant à une telle augmentation? Quel diagnostic de l'école avez vous posé au point d'aboutir à une telle solution, qui a y regarder de près, me semble plus meurtrière que le problème lui même ? Est-ce la voie que le pouvoir a choisie en vue de donner les chances égales aux enfants de notre pays pour l'accès à l'éducation ?

Monsieur le président, même si nos visions et positions actuelles nous opposent, il est indéniable quenous avons en commun, notre passé de militants pour de meilleures conditions d'études et de vie des élèves et étudiants. C'est pourquoi, je vous invite à dire "non" à cette solution de destruction massive de l'intelligentsia. Elle est un frein d'accès à ce temple de connaissances, qu'est l'université pour les enfants de pauvres. Pour une famille pauvre qui enregistre un bachelier, avec un étudiant en maîtrise, la joie risque de se transformer en en des funérailles, puisqu'il va falloir réussir à débourser la bagatelle somme de quatre cents mille francs CFA pour inscrire les enfants à l'université, sans compter les frais de fournitures scolaires, de transport, de restauration , d'hébergement, etc... 

Monsieur le président, comme vous pouvez le comprendre aisément , la solution n'est pas appropriée. Et le mécontentement se lit sur les visages apeurés des parents d'élèves et étudiants. Quant aux étudiants, eux même ne peuvent publiquement dénoncer cette décision, de peur de représailles de la part des FRCI. C'est pourquoi je me tourne vers vous, monsieur le président et ancien compagnon de lutte. Vous n'avez pas le droit de vous taire. Car le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Pour le respect de la mémoire de KPEA DOMIN, assassiné le 02 mars 1990, Akpélé AKpélé Marcelin, Elélé Sombo Mages, deux étudiants morts respectivement en janvier 1997 et en mai 1998, sous votre mandat, pour cette cause, vous devez dire "non" à cette décision. L'homme politique doit savoir se fidéliser aux mécanismes des idées et de la constance qui doivent être le moteur de son action. C'est pourquoi, au nom de notre combat commun contre la souffrance des élèves et étudiants, et au delà de tout calcul politicien, je vous invite à dire "NON".

Les anciens étudiants de la génération de Martial Ahipaud, Eugène Djué, Jean Blé Guirao, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, Jean Yves Dibopieu, feu Kuyo Serges, Koffi Serges, Mian Augustin , vous regardent.Monsieur le président, prenez rendez vous avec l'histoire, car elle aussi vous regarde. Tout en vous traduisant ma gratitude pour le temps que vous avez pris pour me lire, et dans l'espoir que mes propos trouveront auprès de vous un écho favorable, veuillez agréer, monsieur le président, l'expression de mes sentiments respectueux.


Fait le 29 juillet 2012 

De mon lieu d'exil 

Charles Blé Goudé 

Ancien dirigeant étudiant (1998-2000), Opposant en exil forcé


SourceABIDJAN.NET

samedi, 21 juillet 2012

LA GUERRE A L’HIVERNAGE

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Nous sommes actuellement dans une vaste opération consistant à tordre le coup à l’histoire. Il s’agit en effet pour les tenants du pouvoir ivoirien et leurs alliés, d’imposer une nouvelle vision du monde ; un monde qui répond bien à leurs aspirations. L’épine dorsale du monde qu’ils tentent ainsi de créer n’est rien d’autre que le mensonge, le faux. C’est donc un combat contre la vérité, une déformation sauvage des faits qui à l’évidence apparait comme une vaine guerre, une guerre à l’hivernage, une guerre perdue d’avance. Dans ce périple organisé par les hommes du pouvoir ivoirien, un autre vient de montrer son zèle : Raphaël Oré Lapké actuel président du Conseil National de la Presse (CNP).

Il est certes vrai qu’il n’a pas eu besoin de succéder à M. Eugène Kacou pour prouver son militantisme et son attachement à Alassane Dramane Ouattara, mais il a fallu qu’il soit à son nouveau poste pour nous situer sur l’idée que le ridicule décrédibilise l’homme. Sa tâche consiste exclusivement à mettre au pas la presse de l’opposition qui semble avoir un peu trop de liberté. Selon lui, Soro Guillaume n’est plus un ex chef rebelle parce qu’une loi d’amnistie lui aurait retiré ce titre. Fort de cette conviction il a intimé l’ordre aux organes de presse de la façon la plus claire : « N’écrivez plus que Guillaume Soro, actuel Président de l’Assemblée Nationale est un ex chef rebelle. C’est un outrage à l’autorité. Cela est interdit pas la loi. » En d’autres termes tous ceux qui s’hasarderont à appeler l’auteur de Pourquoi je suis devenu rebelle, ex rebelle, se verront tout simplement sanctionnés. Quel zèle ! 

Pour la bonne compréhension de tous, il aurait fallu que Raphaël Lakpé présente la loi d’amnistie qui dénie à Soro Guillaume le titre d’ex rebelle. S’il ne l’a pas fait c’est tout simplement parce qu’il sait qu’une loi d’amnistie n’efface que des faits. Et dans le cas ivoirien les faits qualifiés « d’atteinte grave aux droits de l’homme et les crimes économiques » ne sont nullement couverts par la loi d’amnistie. En tout état de cause, les faits, mêmes effacés par la loi, demeurent dans les esprits tout comme le titre de l’auteur des faits. L’amnistie n’est donc pas une amnésie. Mais le service que Raphaël Lakpé avait voulu rendre à Guillaume Soro est refusé par celui-ci. En effet, Soro Guillaume lui-même a écrit un ouvrage intitulé Pourquoi je suis devenu rebelle. Le titre de cet ouvrage nous fait comprendre, sans le lire, que Soro Guillaume ne réprouve pas son activité de déstabilisation menée contre la Cote d’Ivoire.

Comment doit-on l’appeler après avoir visité, ou seulement posé un regard sur l’ouvrage ? Comment doit-on l’appeler après avoir confié à Alain Foccard sur RFI que dans sa rébellion il n’y avait aucune autorité au dessus de lui. N’avait-il pas été nommé premier Ministre parce qu’il était le chef de la rébellion, Secrétaire Général du MPCI, mouvement rebelle? Raphaël Lapké ne nous répondra certainement pas parce que sa guerre à l’hivernage à pour finalité le musellement de la presse de l’opposition, singulièrement celle acquise à la cause du Président Laurent Gbagbo. Cela est d’autant plus vrai que les journalistes du pouvoir bénéficient d’une bénédiction extraordinaire quant il s’agit de dégouliner des monstruosités sur le Président Laurent Gbagbo. Comment cette presse du pouvoir nomme-t-elle Laurent Gbagbo? Pour le quotidien le Nouveau Réveil, Gbagbo est « le colis gênant », l’Expression parle du « Machiavel d’Abidjan », le Patriote, lui, vole d’insanités en insanités sur Gbagbo qui est tantôt le « boucher d’Abidjan », tantôt « Hitler. » Nous n’avons pas connaissance d’une loi qui ôte au Président Laurent Gbagbo, son statut d’ancien chef de l’Etat. Si donc dire de Soro qu’il est un ex chef rebelle est « un outrage à l’autorité », alors dire également de Gbagbo qu’il est « un colis gênant » ou « le Machiavel d’Abidjan » est aussi un outrage à l’autorité, puisque son statut d’ancien chef de l’Etat fait de lui une autorité, tout comme le Président Henri Konan Bédié. Et si dans son entendement, n’est autorité que celui qui est aux affaires, alors qu’il s’empresse de faire abroger la loi portant statut des anciens chefs d’Etat. 

Il y a donc lieu, pour le militant du RDR, Président du CNP, de savoir que la presse ne rend qu’honneur à Soro Guillaume qui lui-même vante ses mérites de chef rebelle dans son ouvrage. On ne peut être plus royaliste que le roi. Si par extraordinaire, cette presse s’alignait sur les positions intéressées du Président du CNP (juste pour éviter les sanctions), les consciences garderont éternellement que Guillaume Soro est un ex chef rebelle. C’est en cela que l’acte de Lakpé est une guerre à l’hivernage.

Quoi qu’il fasse, ce titre de Soro Guillaume est déjà scellé dans l’histoire de notre pays. C’est donc une guerre perdue d’avance.

Cette guerre à l’hivernage épouse également la campagne de communication menée par le RDR ces derniers temps et dont l’objectif est de « désintoxiquer » ceux que les pro-Gbagbo ont, selon eux, « intoxiqué ». Le porte parole principal du RDR, le nommé Joël N’Guessan s’offre des plateaux pour en définitive retourner sans avoir « désintoxiqué ». Cela se comprend certainement parce qu’il n’est tombé amoureux du RDR que le 11 Avril 2011, jour de sa prise controversée du pouvoir. Pour lui, il n’y a pas de rattrapage ethnique en Côte d’Ivoire, le pouvoir n’est pas tribal. Pour se ridiculiser sur Vox Africa, il fait croire que si le rattrapage ethnique existait, lui baoulé, ne serait jamais responsable du Rdr. Avait-il besoin de préciser que le RDR est un parti essentiellement composé de nordistes et qu’il est juste là pour faire « joli » ? Avait-il besoin d’indiquer qu’il existe en Côte d’Ivoire une armée tribale dirigée par des nordistes avec des chasseurs traditionnels tous nordistes ? Etait-il nécessaire de souligner que l’administration est en mode « RDR », donc nordiste ? La liste étant peut être trop longue il a dû prendre un raccourci en se limitant a son ethnie baoulé. A-t-il pour autant convaincu le monde ? Non.

A-t-il convaincu le monde lorsqu’il a lâché qu’il était au gouvernement pour la forme ? Non. Que fait-on lorsqu’au gouvernement, le chef de l’exécutif vous arrache vos prérogatives, vous retire votre budget vous lie les bras ? On démissionne si on a un brin de dignité, à moins qu’on nous dise qu’on est dans l’équipe pour une autre mission, donc un agenda privé. Cette campagne de communication est donc une campagne perdue d’avance et le Professeur Harris Memel Fôté n’a pas eu tord de parler de guerre à l’hivernage. Car, les consciences sont déjà domestiquées par les prouesses du RDR : tribalisme, violence, mauvaise foi, vengeance.

Dans la même veine, le juge unique de la CPI Silvia Fernandez Gurmendi vient de rejeter la requête de mise en liberté provisoire du Président Gbagbo formulée par la défense. Ce qu’il y a lieu de retenir en gros est que Laurent Gbagbo demeure un homme politique bien ancré dans les cœurs des africains. Il est selon le juge un « politicien professionnel » qui a des « contacts internationaux » et des « liens » qui peuvent l’aider à « prendre la fuite ». Le juge établit ainsi la popularité de Gbagbo. Il a donc commis un « délit de popularité » c’est pourquoi sa demande de mise en liberté provisoire lui est refusée. La gravité des chefs d’accusation et la saugrenue idée d’une installation par la force de Gbagbo au pouvoir ne peuvent en aucun cas dissoudre l’idée de fond et la nature du procès. L’idée de fond est que Laurent Gbagbo est un homme politique qui gêne, les forces rétrogrades. Le procès lui, est politique. 

Le juge veut mener un faux combat qui d’ailleurs n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit pour elle de réprimer la popularité de Gbagbo. Comment peut-on légitimement rejeter une requête de mise en liberté provisoire au motif que l’intéressé est populaire ? Est-ce la faute à Gbagbo s’il est adulé par son peuple ? Est-ce la faute à Gbagbo si autour de lui se crée un bouillonnement intellectuel qui nous rappelle bien Nelson Mandela ? Est-ce la faute à Gbagbo si ses adversaires sont incapables d’éveiller les plumes d’intellectuels qui constituent des références au monde? Si son aura dérange la CPI c’est qu’il y a matière à réflexion. La CPI devrait bien s’interroger sur la véracité des faits dont le procureur et sa suite accusent Gbagbo. C’est donc en vain que Silvia Fernandez tente de condamner la popularité de Laurent Gbagbo. Plus les décisions de la CPI sont floues et imprécises, plus la sympathie pour Gbagbo prend l’ascenseur. La CPI pense-t-elle qu’elle parviendra à faire faiblir l’amour que « monsieur tout le monde » porte à Gbagbo ? Non. Tenter de le faire, c’est faire une guerre à l’hivernage et cette guerre est perdue d’avance.

Au-delà de cet aspect, notons que la CPI n’a cessé d’être taxée d’être une justice politique avec une fourrure juridique. Certains croient, sans doute naïvement, que la CPI est indépendante de l’occident, des grandes puissances ou des puissances d’argent. Jusque là, elle peine à le prouver. Malgré toutes ses bonnes déclarations, certaines faites la main sur le cœur, d’autres faites avec entre les mains, un courrier de félicitations destiné à Guillaume Soro, aucun début de signe ne nous permet de croire que l’institution est impartiale. 

Dans l’affaire opposant le procureur de la CPI au Président Laurent Gbagbo, celui-ci est accusé d’avoir à lui seul tué 3000 personnes dans une guerre l’opposant à une autre force militaire soutenue entièrement par l’Onu et ses agents commerciaux. Cette force fidèle à Alassane Dramane Ouattara n’a visiblement tué personne bien qu’elle ait mené une rébellion armée de Septembre 2002 au 11 Avril 2011 ! Fermer hermétiquement les yeux sur les tueries, vols, viols et autres pillages orchestrés par les forces pro-Ouattara pour ne juger que le seul Gbagbo, c’est convaincre le monde qu’il s’agit d’une justice politique donc partiale. Toutes les déclarations et autres incantations déversées ça et là par cette CPI n’est que de la poudre aux yeux. Elle ne fait que faire une guerre à l’hivernage car il est établit que la CPI est « le tribunal » des grandes puissances juste là pour servir leurs intérêts.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant


bouikhalaud10@gmail.com

mardi, 03 juillet 2012

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR GUILLAUME KIGBAFORI SORO, PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D’IVOIRE

 

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 Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,

 
Je viens d’apprendre, dans un communiqué signé des mains de Madame Fatim Camara, Responsable service Communications et Presse de l’Ambassade de Côte d`Ivoire en France, que vous effectuez une visite de travail en France et que vous serez reçu par votre homologue français, M. Claude BARTOLONE, ce lundi 2 juillet 2012 à 15 heures à l`Hôtel de Lassay, au 128 rue de l`Université Paris 7ème.
 
A l’occasion de cette visite en France, je vous adresse, ce lundi 2 juillet 2012, cette lettre, en espérant qu’elle vous parviendra et que vous la lirez jusqu’au bout.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, comme tout le monde le sait, la rébellion ivoirienne a vu le jour le 19 septembre 2002, avec comme chef, vous-même, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Vous vous êtes alors révélé au monde par ses déclarations ronflantes et parfois tonitruantes dans les medias et dans votre livre intitulé «Pourquoi je suis devenu un rebelle» et sous-titré «La Côte d'Ivoire au bord du gouffre» (Editions Hachette, Paris, 2005).
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avec cette rébellion, il a été donné aux Ivoiriens de vivre et de subir des horreurs immondes et des violences inouïes d’un groupe d’individus en armes de toutes sortes, pour la plupart analphabètes ou demi lettrés, sans légitimité aucune, sans foi, manquant de bon sens et d'«esprit des lois» (Montesquieu), et prétendant imposer leur volonté et leurs caprices, tels des cow-boys dans les films westerns d'antan, lesquels cow-boys, hors-la-loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du District, règnent en maîtres et, par la force de leurs pistolets, dictent leur loi.
 
Vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, et les autres rebelles sembliez ignorer (du moins méconnaître) que cette époque est révolue et que les temps modernes commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes, en vue de contribuer à favoriser leur bien-être et le progrès de l'humanité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, on peut se demander ce que les populations ivoiriennes et l’Afrique ont gagné, ce que vous avez ajouté à l'humanité, quelle image vous représentez pour le présent et le futur dans l'histoire, quelle leçon la jeunesse africaine peut tirer de vos actes ?... La réponse est claire et nette : du gâchis.
 
Par exemple, en Côte d’Ivoire, on compte plus de huit années de situation de guerre, durant lesquelles le fonctionnement des institutions a été pratiquement en péril, où tout a été considérablement dégradé, où les ressources ont été systématiquement livrées au pillage...
 
Pendant que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils…, pour notre confort, pour notre santé…, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO et les autres rebelles, ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), vous n’avez eu aucune honte, aucun regret, ni remords de tuer vos propres parents et amis. Vous n’avez éprouvé aucune gêne à basculer notre pays dans un état lamentable de régression, ni aucun dégoût à vous faire payer sans travailler, ni aucun scrupule à piller et à faire piller les ressources de notre pays. Vous avez été toujours fiers de narguer, de troquer les autorités et les élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos Institutions et notre Constitution, en toute immoralité et en toute impunité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, plus que jamais auparavant, le sang a coulé, trop coulé en Côte d’Ivoire, comme dans les autres pays concernés par les rebellions. Du sang des autochtones comme des étrangers. Du sang des forces de l’ordre et des populations civiles comme des rebelles. «Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu’entre nous et les Forces loyalistes», avait déclaré sur Radio France Internationales (RFI), votre chargé de communication des rebelles... Ces pertes importantes de vies humaines ont énormément endeuillé les populations ivoiriennes et suscité partout animosité, rancœur, indignation, colère et désirs de vengeance... Tels sont les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne dont vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, êtes un des instigateurs privilégiés.
 
Vous êtes l’un des premiers responsables, devant Dieu et devant les hommes, des exactions, des tueries perpétrées depuis 2002 par les rebelles, rebaptisés « Forces nouvelles » (FN), puis Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
 
Vous avez siégé, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, dans le gouvernement de M. Laurent Gbagbo, en tant que Premier ministre. Vous avez mangé à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé par vos mandataires (Marcoussis) et voulant emprunter des raccourcis, vous aviez mission, selon vos propres déclarations, d’assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir, pour accéder (vous ou un de vos commanditaires) à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire. C’est aujourd’hui mission accomplie.
 
Mais, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avez-vous compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang de barbares des temps anciens, réduisent l’Afrique à l’état de jungle ou de champ de bataille permanent où le label démocratique est vidé de son contenu ? De plus, avez-vous réalisé que les rebellions africaines enrichissent les fabricants d’armes et ont pour victimes les populations africaines, c'est-à-dire des femmes, des hommes, des enfants innocents qui ne demandent qu’à vivre ?

Avez-vous compris que ceux qui fabriquent les armes, les vendent et ceux qui arment les rebelles ne sont nullement responsables de l’utilisation que l’on en fait ?  Avez-vous compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent leurs propres ennemis et que, ceux qui arment et financent les rebellions, s’intéressent, d’abord et avant tout, aux ressources minières et naturelles des régions concernées?...
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, le 22 février 2002, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, est tombé au front, les armes à la main, M. Jonas Malheiro Savimbi, un des plus vieux rebelles de l’histoire d’Afrique, chef de l’UNITA, fondée le 13 mars 1966. C’est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud-est de l’Angola, non loin de la frontière zambienne, que ce vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l’armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s’être défendu : quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui, Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi-clos. II a fini comme vous finirez, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Il a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce : Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences inouïes, par des tueries sans nom. En tout cas, tel est le sort de tous les rebelles, c'est-à-dire des individus qui, comme vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, prétendent rétablir leurs concitoyens dans leurs droits humains, et qui, contradictoirement, leur ôtent le premier des droits humains, à savoir : « le droit à la vie ».
 
L’Histoire retient que le leader de l’UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté longtemps, très longtemps, de 1962 à 2002, et qu’il avait été à la fois un chef charismatique, un stratège, un «nationaliste» intransigeant et obstiné avec un parcours exceptionnel, un rebelle jusqu’au bout, du moins jusqu’à la mort. Certes, la mort l’a, finalement, emporté sur le succès qu’il escomptait.
 
Et comme Jonas Savimbi, vous serez, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,  très bientôt rattrapé. Pour les crimes que vous avez commis, ainsi que par vos exactions et vos tueries, perpétrées depuis 2002, que nous gardons en mémoire, et telles qu’elles ont été consignées dans les journaux, dans votre livre et les livres d’histoire.
 
Enfin, que vous soyez Président de l`Assemblée Nationale de Côte d`Ivoire ou pas, vous en rendrez bientôt compte devant la justice, envers et contre vous, même si vous prétendez n’avoir pas de souci à vous faire, ni rien à vous reprocher. Rappelez-vous le cas Maurice Papon, impliqué dans l'arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise, entre 1942 et 1944. Quoiqu’il eût de très hautes fonctions, il a été inculpé, plus de 40 ans après, notamment en 1983, à la suite de plaintes déposées en 1981, a été jugé à partir d'octobre 1997 et condamné le 2 avril 1998. 
 
Bon séjour à Paris, Monsieur le Président.
 
 
Paris, le 2 juillet 2012
 


Léandre Sahiri, Ecrivain et Enseignant chercheur.

vendredi, 02 décembre 2011

OUATTARA-OCAMPO: L'INDECENCE D'UNE RENCONTRE, LE SCANDALE D'UNE ACCOINTANCE

 

OUATTARA ET OCAMPO.JPG

Selon le tabloïd français L'Express, « A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée (25-26 novembre 2011, Ndlr) le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine ». Comme par hasard, dirions-nous. Les deux hommes auraient notamment évoqué le transfèrement à La Haye du président Laurent Gbagbo. Une accointance de mauvais augure et une coïncidence de fort mauvais goût. Qu'est-ce qu'a un procureur instruisant un dossier à charge contre une des parties en contentieux - c'est le moins que l'on puisse, par euphémisme, dire - à s'afficher sans cesse avec la partie adverse ?

L'on se souvient encore que le vendredi 14 octobre 2011, à la demande du nouveau pouvoir ivoirien et sous l'instigation de l'exécutif français, Monsieur Luis Moreno-Ocampo a effectué une visite en Côte d'Ivoire, au cours de laquelle il a rencontré le chef de l'Etat Alassane Ouattara, le Premier ministre Soro Guillaume, le Garde des sceaux et ministre de la justice, Me Ahoussou Jeannot, le président de la Commission Dialogue , Vérité et Réconciliation, Charles Konan Banny et le président par intérim du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo, Miaka Oureto. L'«illustre hôte» n'a pas même daigné rencontrer, pour entendre ou simplement voir où se trouve illégalement retenu en captivité par Ouattara, l'ancien chef de l'Etat ivoirien.

Mieux, nous décriions le mois dernier le fait que ce soit lors d'une première visite d'Alassane Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI , que cette cour a lancé sa machine sur le dossier ivoirien, en prenant le soin de bien circonscrire la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Blanchissant du coup le camp Ouattara de tous les crimes commis depuis 2002. Bien avant le procès. Etat de fait qu'a dénoncé l'une des juges de la CPI , Madame la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo, éventant, en des mots à peine différents, un complot au sein de l'instance judiciaire internationale visant à tronquer les faits et à rendre un jugement partial.

Il faut relever avec indignation et souligner avec force que la visite de Michel Mercier à La Haye , au juge sud-coréen Sang-Hyun Song, président de la Cour pénale internationale a, elle aussi, été suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques à la même CPI, accompagné du même Michel Mercier, pour une saisine officielle sur le dossier ivoirien. Ce ballet avait vraiment quelque chose de sinistre, de nauséeux et de pas du tout transparent. Nous dénoncions alors une collusion qui laissait présager une justice à sens unique de l'instance internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches.

Quant s'ajoute à tout ce bataclan la fabrication de preuves par les pro-Ouattara, assistée par les services même de la CPI , le scandale ne peut plus être couvert. En effet, Le Nouveau Courrier rapportait dans son édition du jeudi 24 novembre 2011 qu'une délégation du greffe de la Cour pénale internationale, composée de personnels en charge de la sensibilisation et de l'encadrement des victimes présumées au sein de la juridiction serait bientôt à Abidjan où elle prendrait part, à l'Hôtel Tiama, à une journée d'information. Ce séminaire a été organisé le samedi 26 novembre, conjointement par la Section de l'information et de la documentation et la Section de la participation des victimes et des réparations, toutes deux appartenant au Greffe de la Cour pénale internationale. Il visait, selon Caroline Maurel, fonctionnaire adjointe chargée de la Sensibilisation - Section de l'information et de la documentation de la CPI , « à informer les acteurs de la société civile ivoirienne sur le rôle et le mandat de la Cour ainsi que sur les droits des victimes devant la Cour  ».

Mais bien avant la tenue de ce séminaire d'information, des sources au sein de cette même CPI et du système des Nations Unies ont dénoncé ce qui apparaissait à leur sens comme un montage grotesque en vue de recueillir des preuves tangibles contre le président Gbagbo - dont le régime Ouattara fait du transfèrement à la Haye une priorité voire une obsession morbide.

Selon ces sources, les dossiers réceptionnés par la CPI contre le président Laurent Gbagbo seraient frappés d'un atavisme déconcertant : manque notoire de consistance et de sérieux. Les ONG plaignantes ayant fait du faux en se servant des images des crimes commis par les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » à Duékoué, Guiglo et Bloléquin pour documenter leurs accusations. Y a-t-il cynisme plus outrageant et machiavélisme plus criant ! Ainsi, à la place des présumées victimes de Gbagbo dont les identités ont été préalablement clairement déclinées, ce sont les images des femmes de l'ethnie Guéré qui ont fui les exactions et les tueries des FRCI dans ces localités qui sont produites, ainsi que les photos des massacres qu'ils y ont perpétrés. Devant des fonctionnaires de la CPI médusés, sidérés par l'énormité de la fraude morale.   De tels plaignants ne devraient-ils pas, de fait, être disqualifiés ? Que non ! On cherche à rattraper le tir, on les aide à parfaire la fabrication de preuves inexistantes, qui soient plus crédibles et plus solides. Ce faisant, on descend soi-même au charbon, pour faire passer la pilule de la condamnation prochaine de l'ancien chef de l'Etat ivoirien. D'où le voyage d'Abidjan. Y a-t-il des termes pour qualifier cette imposture ?

Toute cette alchimie rocambolesque donne la preuve, selon nos informateurs, que « quelque chose ne tourne pas rond. Toutes ces actions maladroitement planifiées visent à montrer aux yeux du monde que Gbagbo est un criminel de guerre ». Il n'en est rien, en réalité. Toutes les preuves sont là. Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara, Luis Moreno-Ocampo - procureur iconoclaste - et tout le pouvoir RHDP le savent. Mais qu'importe, il faut urgemment mettre hors d'état de nuire un indépendantiste, un démocrate, un patriote africain et un homme politique rétif, transcendant au sein de son peuple, atypique, empêcheur de tourner en rond, dans une nébuleuse françafricaine à bout de force après un demi-siècle de nuisance diabolique, en quête d'une nouvelle vie et d'un nouveau souffle. Au détriment de tout le continent africain et de sa démocratie à peine existante.

Le bouquet de l'affaire, c'est la nomenclature des ONG qui ont, pour ainsi dire, porté plainte contre le président Laurent Gbagbo. Avancer qu'elles sont inconnues en Côte d'Ivoire sur le terrain de la défense des droits humains, c'est peu dire, tant leur anonymat est prononcé et leur représentativité nulle. En réalité, elles ont été fabriquées de toutes pièces par le camp Ouattara - autant que leurs preuves - pour incriminer l'ancien président ivoirien et sont presque toutes tenues par des ressortissants du Nord, région d'origine d'Alassane Ouattara, versant une fois de plus dans le clivage ethnique, le cloisonnement tribal et l'enfermement régionaliste. Appréciez de vous-mêmes : Collectif des victimes de la barbarie de Laurent Gbagbo de Mamadou Sanogo ; l'Alliance pour le changement (APC) du frère cadet et conseiller du Premier ministre Soro Guillaume ; Assistance bénévole sans frontière de Moussa Zalié ; AIECA d'Abobo ; Femmes actives de Côte d'Ivoire ; des ONG maliennes ou burkinabé comme Malian Ambassy de Nouhou Diallo, etc.

Plus grave, comme l'a relevé Le Nouveau Courrier dans sa parution du jeudi 24 novembre, alors qu'il y a en Côte d'Ivoire un ministre en charge des Droits de l'Homme et une Commission nationale des Droits de l'Homme, c'est la « Coalition ivoirienne pour la CPI  », organisation fantoche du nommé Ali Ouattara, qui est l'interface de la Cour pénale internationale en Côte d'Ivoire. Autant d'incongruités qui nous laissent sans voix.

Le fait donc pour nous de voir Alassane Ouattara recevoir, en catimini - c'est le lieu de le dire - le procureur de la CPI , de passage comme par enchantement en France, au moment où le chef de l'Etat ivoirien s'y trouve, pour évoquer dans une messe basse, l'hypothèse du transfèrement à La Haye - imminent selon L'Express.fr - du président Laurent Gbagbo, en résidence surveillée à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis le mois d'avril 2011, ainsi que le sort d'autres cadres, civils ou militaires de son régime, nous apparaît inacceptable. Ouattara en tête à tête avec Ocampo pour échanger sur le transfert d'un adversaire politique à qui il a fait la guerre depuis 2002, par rébellion interposée, nous semble d'une impudicité repoussante.

Les deux hommes auraient également planché sur le sort de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. Nous en doutons fortement. A moins qu'il s'agisse de manœuvres pour traduire le patron des Forces Nouvelles et des FRCI, Soro Kigbafori Guillaume, devant la CPI , pour servir de souffre-douleur à Alassane Ouattara, personnellement loin d'être innocent dans les tueries massives de la crise postélectorale. C'est un secret de Polichinelle. Cette « discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français » n'augure donc rien qui vaille et nous incline plus que jamais à penser que les plus grands ennemis de la réconciliation nationale se trouvent être notre actuel chef d'Etat, le procureur de la CPI , Luis Moreno-Ocampo, et le président français Nicolas sarkozy. Certainement pas Laurent Gbagbo dont le transfert à La Haye est présenté par le pouvoir RHDP comme salutaire pour notre pays car devant favoriser la réconciliation des Ivoiriens. Méprise monumentale ! A cet effet, ce mardi 29 novembre 2011, La Cour pénale internationale a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, en prélude à ce transfèrement, et l'a effectivement transféré à La Haye, le même jour.

De toutes les façons, la Justice qui transcende toutes les autres justices triomphera bien, un jour, dans ce pays. N'en doutons pas un seul instant. Peut-être plus tôt qu'on pourrait l'imaginer ou que ne pourraient le laisser présager les évènements actuels.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 380 du 1er décembre 2011.

jeudi, 13 octobre 2011

ECOLE IVOIRIENNE: A QUAND LA REOUVERTURE DES UNIVERSITES PUBLIQUES?


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Les travaux de réhabilitation au sein des universités publiques de Côte d'Ivoire servent de cache-sexe au pouvoir Ouattara pour justifier que 3 promotions de bacheliers soient laissées sur le carreau et pratiquement sacrifiées. La pluie de milliards annoncée, qui a fait défaut, est en réalité le véritable problème de Ouattara. Nous pouvons, à travers les trois articles éloquents du quoditien L'INTER (ci-dessous), voir à quel point l'école et l'éducation tiennent à coeur à nos nouvelles autorités. Liquider l'école pour des questions de trésorerie, j'ai rarement vu pareille incongruité. Ainsi va, malheureusement, la "nouvelle" Côte d'Ivoire. Et pourtant, le Premier ministre Guillaume Soro ne s'est pas privé de se fendre en propos irréels à Korhogo, en prétendant qu'Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Gbagbo n'a pas fait en 10 ans! Laurent Gbagbo n'a jamais fait fermer l'école pendant 6 mois, ni remis sa réouverture aux calendes grecques. Ne serait-ce que ça. Ridicule, quand tu nous tiens!


A quand la reprise des cours à l'université de Cocody et à l'université d'Abobo-Adjamé? Bien malin qui pourra répondre à cette question. ''Nous ne voulons pas faire du bricolage. Le plus important, c'est de repartir de bon pied'', s'est contenté de lancer le Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume lors d'une visite jeudi dernier 06 octobre à l'université de Cocody pour s'enquérir de l'état d'avancement des travaux de réhabilitation de ladite université. Soro emboîte ainsi le pas à son ministre de l'Enseignement supérieur qui comme lui, n'a pas voulu se lancer dans le fétichisme des dates. Personne ne veut situer et apporter des réponses précises aux nombreuses questions que se posent actuellement les étudiants.

Aucune autorité ne veut clairement dire si oui ou non, cette année académique 2010-2011 sera déclarée blanche.

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Pourtant, tous les ingrédients à cet effet sont réunis. Pendant ce temps, l'inquiétude et même le désespoir gagnent de plus en plus, les rangs des étudiants qui n'ont aucune information officielle quant à la réouverture prochaine de l'université. On parle d'une probable rentrée au mois de janvier 2012. La question est de savoir qui rentre en janvier prochain. 3 promotions de bacheliers attendent toujours de vivre l'ambiance des amphithéâtres de l'université et de recevoir leurs premiers enseignements universitaires.

Mais cela ne semble pas vraiment préoccuper les autorités de ce pays pour qui seule compte la réhabilitation de l'université.


Franck Souboné, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4009 du mardi 11 octobre 2011.


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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR: LE GOUVERNEMENT COINCE


Ce serait un exercice périlleux que de s'aventurer à fixer la date probable de la réouverture des universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé. Tant les déclarations tenues par le gouvernement ivoirien n'invitent pas à la sérénité des étudiants qui depuis plus de six mois, rongent leurs freins à la maison.

Côté officiel, les étudiants ne retrouveront le chemin des amphis que lorsque les conditions adéquates seront réunies pour permettre une bonne reprise des enseignements. Pour le chef du gouvernement, l'important, « c'est l'assainissement du milieu universitaire pour que les étudiants aient des enseignements de qualité et des diplômes crédibles et certifiés ».

Côté officieux, il faut purifier les espaces universitaires dont la conquête était devenue un enjeu stratégique pour nos gouvernants.

Et la bête à éliminer, c'est la fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI).

D'ailleurs, le premier ministre Guillaume Soro a dû se rappeler des moments à la fois exaltants et douloureux lors de sa visite sur le site de l'université de Cocody le 06 octobre dernier, lui qui a été l'un des dirigeants de cette organisation syndicale. Mais comme le disent si bien les militants, la FESCI est un esprit.

Enfermer donc ce qu'on ne voit pas s'apparente à un jeu de dupes. Au-delà de cette réalité, se dresse en face l'épineuse question du financement de l'enseignement supérieur. Mobiliser 35 milliards de francs CFA en ces temps de vache maigre est compliqué pour le gouvernement.

Le ministère en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique peine à boucler le financement.

Le pays a de nombreuses priorités, et il faut y faire face. Les secteurs de la santé, de l'Education pour tous semblent pour l'instant être la préoccupationdes bailleurs de fonds et des organismes bilatéraux. Financer ces travaux sur ressources propres nécessite de faire un grand sacrifice au moment où le gouvernement s'attelle à maîtriser les dépenses publiques et à ne pas tomber dans les déficits budgétaires. C'est certainement l'une des explications de la lenteur dans l'exécution des travaux de réhabilitation des universités publiques.


Bertrand Gueu, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4009 du mardi 11 octobre 2011.


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PROMOTION 2008-2009-2010: UN FARDEAU POUR BACONGO


Les autorités compétentes n'ont pas chaussé de gant pour dévoiler leurs ambitions pour les universités publiques d'Abidjan. A la lumière de leurs différentes déclarations publiques, éviter une année blanche en Côte d'Ivoire est le dernier de leurs soucis. Que ce soit le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahim Cissé Bacongo ou le Premier ministre, Guillaume Kigbafori Soro, les convictions restent les mêmes. A commencer par le premier cité (Cissé Bacongo) qui, lors d'une visite des travaux de réhabilitation de l'université d'Abidjan Cocody, en juillet dernier, est resté catégorique.

''Pourquoi s'inquiéter d'une année blanche alors que plusieurs années ont été cumulées? Nous ne voulons plus d'année en dents de scie. Nous allons régler la situation au cas par cas pour que l'université d'Abidjan redevienne une référence dans le monde. Mais ne me demandez pas quand est-ce que l'université sera rouverte, je ne saurais vous répondre'', a coupé court le ministre de l'Enseignement supérieur. Se prononçant sur la même question, jeudi 06 octobre dernier, au cours d'une visite des lieux, le Premier ministre Guillaume Soro a indiqué clairement que le gouvernement qu'il dirige n'entend pas ''faire du bricolage''. Une façon de dire que le pouvoir d'Abidjan mettra le temps nécessaire qu'il faut à la réouverture des amphithéâtres.

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Ces positions du reste fermes des deux personnalités gouvernementales, renvoient à une préoccupation majeure.

Que vont devenir les milliers d'étudiants qui, depuis 2008, n'arrivent pas à intégrer le Temple du savoir. En effet, les trois générations de bacheliers que sont les promotions 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011 qui se retrouveront certainement en première année si l'université rouvre, sont loin de retenir l'attention des gouvernements successifs. À ce gros ''contingent'', vont certainement s'ajouter les nombreux bacheliers de la rentrée académique 2011-2012. Selon des indiscrétions, les universités d'Abidjan (Cocody et Abobo-Adjamé) sont gangrenées par la politique.

Aussi les nouvelles autorités ivoiriennes ont-elles, manifestement, à coeur de faire payer ces étudiants qui ont apporté leur soutien au régime déchu de Laurent Gbagbo. Si tel est le cas, l'actuel gouvernement doit revenir au plus vite à la raison ; car le droit à l'éducation est garanti et inviolable par toutes les conventions nationales et internationales qui régissent le fonctionnement des sociétés.


G. De Gnamien, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4009 du mardi 11 octobre 2011.