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mardi, 07 août 2012

COMMUNIQUE DU FPI SUITE AUX ACCUSATIONS DU MINISTRE HAMED BAKAYOKO

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Le Front Populaire Ivoirien condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières qui ont eu pour cibles des camps militaires.

Le Front Populaire Ivoirien réitère son attachement à la transition pacifique à la démocratie et ne peut que regretter l'effusion de sang consécutive aux attaques susmentionnées.

Le Front Populaire Ivoirien préconise l'ouverture d'enquêtes impartiales permettant de situer les responsabilités quant à ces attaques.

Le Front Populaire Ivoirien s'insurge devant les accusations infondées formulées par le Ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko qui a imputé, sur les ondes d'une radio (RFI, Ndlr), ces attaques meurtrières au FPI et à de prétendus "miliciens pro-Gbagbo" (venus du Ghana, Ndlr).

C'est le lieu de rappeler au pouvoir d'Abidjan, que son partenaire au sein du RHDP à savoir le PDCI d'Henri Konan Bédié a annoncé ces dernières semaines dans sa presse (le Nouveau Réveil) qu'une attaque se préparerait et viserait la ville d'Abengourou. Par ailleurs, toujours ces dernières semaines, le député PDCI Konan Kouadio Bertin alias KKB, s'est montré extrêmement virulent à l'égard des tenants du pouvoir. Le Front Populaire Ivoirien invite en conséquence le Ministre de l'intérieur à bien regarder dans son entourage politique proche à qui pourrait profiter de telles attaques.

Par ailleurs, le Front Populaire Ivoirien attire l'attention du ministre sur le suivi d'heure en heure de ces attaques et les commentaires quasi-instantanés du Président de l'Assemblée Nationale qui s'en sont suivis.

Le Front Populaire Ivoirien réaffirme son attachement à la légalité constitutionnelle et aux méthodes démocratiques dans l'exercice de la fonction politique. Il ne se reconnait absolument pas dans les allégations fallacieuses d'Hamed Bakayoko qui se grandirait à laisser les services d'enquête faire leurs investigations avant de tirer quelque conclusion expéditive.


Source: ACC-COTE D'IVOIRE

vendredi, 03 février 2012

LA GUERRE SORO-OUATTARA FAIT RAGE: LA BATAILLE LICORNE-US FORCES CONTRE FORCES NOUVELLES SE PREPARE

 

SORO ET ADO.jpg

Ce n'est pas fini ! 9 mois après la bataille d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro Kigbafory, remettent le couteau entre les dents. Ils s'apprêtent à livrer une autre bataille. Certainement la der des ders. Chacun fourbit ses armes. Ouattara a le soutien de Licorne «appuyée» par l'Us Forces, tandis que Soro peut encore compter sur quelques fidèles com-zones.

Ça sent le souffre entre la Présidence et la Primature d'Abidjan, depuis la visite d'Hillary Clinton à Ouattara. L'atmosphère entretenue par la paire au sommet de l'Etat ivoirien traduit bien l'adage qui dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Tout le monde savait plus ou moins qu'un jour ou l'autre les deux hommes finiraient par se planter le couteau dans le dos. Parce qu'il ne peut y avoir deux capitaines dans un même bateau. Mais la dernière réaction de la première puissance mondiale change la donne et précipite tout. Les Etats-Unis d'Amérique, secret de Polichinelle, veulent la tête du Secrétaire général et des pontes de la rébellion des Forces nouvelles.

En transit à Abidjan alors qu'elle était plutôt attendue au Ghana et au Libéria, des pays anglophones qui ne comprennent rien aux bizarreries francophones, Mme Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat américain avait fait injonction au président Ouattara de livrer Guillaume Soro à la Cpi. Ce serait à cette condition que le nouveau pouvoir ivoirien pourrait bénéficier des aides américaines.

Soro : les conséquences dramatiques d'une rébellion meurtrière

Préalablement informé par ses services renseignés, Soro n'avait pas jugé utile de pointer à l'aéroport d'Abidjan où se faisait l'accueil de Mme Clinton. Mais qu'à cela ne tienne, les carottes semblent désormais cuites pour l'auteur de «pourquoi je suis devenu rebelle», recueil de récriminations dans lequel Guillaume Soro justifie de façon prémonitoire les crimes dont ses chefs de guerre allaient se rendre coupables sur les populations civiles. L'heure du jugement a-t-elle sonné pour le super Premier ministre ? En tout cas, ce dernier et une bonne partie de ses com-zones pourraient être arrêtés par les forces françaises assistées de l'Us forces et «déférés de force», selon une source militaire, devant la Cour pénale internationale, à la Haye, en Hollande. Si ce n'est que de cela qu'il s'agit, c'est une petite affaire pour les Usa, affirment nos sources diplomatiques, très renseignées. Les choses semblent, malheureusement, se précipiter contre l'ex-leader estudiantin qui a pris le raccourci d'une rébellion meurtrière alors qu'il était attendu sur les bancs d'amphithéâtre pour la fin de ses études universitaires.

France : «On n'engage pas un bras de fer avec son allié traditionnel»

Quelque peu hésitante, la france qui a compris qu'il ne sert à rien d'engager un bras de fer avec son allié traditionnel pour quelqu'un qui de toute façon n'en vaut la peine, a fini par «s'aligner sur la position de Washington».

L'atmosphère était déjà sulfureuse entre le palais d'Abidjan et la Primature d'une part et entre les militants du Rdr pro-Ado et les partisans des Forces nouvelles dont de nombreuses familles ont jeté leurs enfants dans les bras de la rébellion pour «chasser Gbagbo du pouvoir». C'est dans ces conditions de préparation d'avant-guerre que le chef d'Etat ivoirien surfe entre Abidjan et Paris. M. Ouattara avait quitté la capitale française, du 25 au 27 janvier, pour Addis-Abeba, en ethiopie, où se tenait l'Assemblée annuelle de l'Union africaine. Avant d'y retourner, le 30 janvier pour une visite, cette fois-ci, privée.

Alassane Dramane Ouattara qui avait disqualifié la Cpi pour le jugement «des personnes dans ses rangs» qui auraient commis des exactions, est bien obligé, lui aussi de «s'aligner sur la position de Washington», comme son parrain Sarkozy. En avait-il le choix ? Pas vraiment. C'est un chef d'Etat qui agit désormais de «guerre lasse», susurre-t-on dans les chancelleries, à Abidjan. Mais à la guerre comme à la guerre.

Soro fourbit ses armes en toute discrétion

Guillaume Soro dont la tête est mise à prix n'entend pas se laisser conduire à la guillotine de la Cpi , sans jeter ses dernières forces dans la bataille. Pendant que le président Ouattara voltige entre Paris, Addis-Abeba et Abidjan, Soro lui, préfère rester à la maison où il peut sereinement fourbir ses armes. Plusieurs de ses chefs de guerre s'étaient retrouvés en conclave dans un village de Tiébissou, au centre du pays à une cinquantaine de kilomètres de leur fief de Bouaké. Ce conclave de Tiébissou «à l'initiative d'un chef militaire» mais certainement une autre idée «géniale» du Secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, était l'occasion pour les com-zones «de prendre leurs responsabilités » vis-à-vis du pouvoir politique qui entend les mener au purgatoire.

«Si on veut bien voir, nous avons mené une guerre à crédit. On refuse de nous payer et on nous menace de transfèrement à la Cpi. On ne s'est pas battu pour rien, pour faire plaisir à quelqu'un».

Les fuites de Tiébissou annoncent des jours sombres pour les populations civiles. Guillaume Soro et ses hommes attendent Alassane Dramane Ouattara et les siens de pieds fermes.

Ouattara et Soro : Les forces de chacun

Du côté des forces nouvelles, il y aura non seulement les com-zones mais aussi leurs éléments démobilisés à qui ils pourront faire appel à tout moment moyennant pièces sonnantes et trébuchantes. La fièvre monte.

Depuis dimanche 30 janvier, ce n'est plus la sérénité dans la partie Nord du pays. Un couvre-feu qui ne dit pas son nom y est même perceptible. Il y a une forte concentration de soldats, surtout à Bouaké, fief de la rébellion. La plupart des chefs de guerre font mouvement sur leurs secteurs de commandement respectifs. Néanmoins, les forces de Soro sont très affaiblies.

Soro est amputé de son chef d'Etat-major, Soumaïla Bakayoko, promu Général de Division, chef d'Etat-major des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci, armées unifiées) par Alassane Dramane Ouattara.

Le général Bakayoko joue désormais le son Ouattara dans le tocsin tragique. Soro ne peut plus compter sur Koné Zakaria, lui aussi promu à la tête de la Police militaire par le chef de l'Etat. Les forces nouvelles partent affaiblies car démobilisées.

Ouattata y a semé la zizanie en ne nommant à tour de bras que ceux qui peuvent facilement trahir Soro. La désunion est totale, contrairement au bon vieux temps lorsqu'il s'agissait pour «les frères Dioulas du Nord» de combattre Gbagbo. Alors qu'Alassane Dramane Ouattara qui bénéficiera, certainement, de l'appui de certains chefs de guerre dont il a fait la promotion, peut également compter sur les mercenaires Burkinabès de sa garde rapprochée. Mais le chef d'Etat ivoirien a aussi le soutien des forces françaises pour lesquelles il vient de signer un nouvel accord de défense avec Nicolas Sarkozy. Déjà, alors qu'il séjourne encore en France, 300 légionnaires de l'armée française ont débarqué à Abidjan, ce lundi 31 janvier. Ceux-ci n'ont rien à avoir avec l'effectif de Licorne déjà en place et évalué à 300 autres soldats. Nous en avons eu confirmation par une source française qui nous a joints, hier, au téléphone après avoir lu notre article. Se satisfaisant de la justesse de notre information, la source a félicité la rédaction de votre journal préféré, Le Temps, pour ses investigations poussées. Au cas où ça devient compliqué pour se saisir» de Soro et de ses com-zones, Ouattara peut toujours compter sur le soutien des Américains. Des GI's attendant en base arrière pour «faire le travail».


Simpice Allard, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du 2 février 20121.

al08062317@yahoo.fr


Source: EBURNIENEWS

samedi, 17 décembre 2011

VENANCE KONAN DEPEINT SORO GUILLAUME

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Un pan entier de notre histoire sous la plume de Venance Konan, DG de Frat-Mat, qu'il n'est guère dans mes habitudes de publier. Intéressant tout de même à plus d'un point. Révélateur. Un brin ironique. Bonne lecture!


Guillaume le Conquérant


«Guillaume, aujourd'hui, tu es le quasi vice-président de la Côte d'Ivoire. Quel chemin tu as parcouru, à seulement 39 ans, et malgré pas mal de casseroles. Chapeau, l'artiste !»

Par Venance Konan.

***


Chapeau bas pour Guillaume Kibafory Soro, alias Bogota, de son nom de guerre du temps de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d'Ivoire, la Fesci. Tu mérites effectivement respect, Guillaume, au vu de ton parcours.

Chapeau, l'artiste!

Te souviens-tu de ce jour de 1998 où je te remis le trophée de l'homme de l'année dans mon bureau de rédacteur en chef d'Ivoir'Soir? A cette époque tu étais le frêle secrétaire général de la Fesci et nos lecteurs t'avaient plébiscité pour le titre d'homme de l'année, parce que tu donnais du fil à retordre au gouvernement de Bédié. Et j'avoue que cela me plaisait bien de te décerner le titre, parce que j'aime bien ceux qui cassent les pieds aux pouvoirs politiques.

A cette époque la Fesci ne réglait pas ses différends à coup de machette, ne tuait pas, ne violait pas, ne rackettait pas, et nous croyions que vous aviez raison d'exiger d'être formés dans de bonnes conditions. Nous ignorions que votre syndicat était l'appendice des partis d'opposition d'alors.

Les caciques du régime de Bédié m'en ont voulu pendant longtemps pour t'avoir donné cette consécration. Je sais que tu t'en souviens, puisque tu m'en as parlé le jour où nous nous sommes rencontrés à nouveau dans ton bureau de secrétaire général des Forces nouvelles à Bouaké. Tu étais alors le ministre d'Etat, chargé de la communication dans le gouvernement d'après Marcoussis. Et aujourd'hui, tu es le quasi vice-président de la Côte d'Ivoire. Quel chemin tu as parcouru, depuis ce jour de 1998! A seulement 39 ans, et malgré pas mal de casseroles. Chapeau, l'artiste!

Nous n'en croyions pas nos yeux

En 1998 donc, tu es étudiant à l'université d'Abidjan et secrétaire général de la Fesci. Tu étais né à Kofiplé, dans les environs de Ferkéssédougou, en pays Sénoufo, là-bas dans le grand nord ivoirien. En 1999 tu cèdes la place à Charles Blé Goudé et disparaît de la scène.

Tu ne réapparais qu'après la chute de Bédié, à la fin de 1999. En 2000 tu es le colistier d'Henriette Diabaté pour les législatives dans la commune de Port-Bouët. La candidature d'Alassane Ouattara est refusée et le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire, le RDR, son parti sous les couleurs duquel tu voulais te présenter, se retire des élections. Tu disparais à nouveau.

Tu te caches dans un premier temps dans une villa inoccupée à Vridi-Cité, dans la petite cité dite des «50 villas». Je vais t'épater Guillaume. C'est dans cette villa que je vis depuis un peu plus de deux ans. Ce sont les voisins qui me l'ont dit lorsque je m'y suis installé. Le propriétaire de cette maison, un proche parent à moi, ne le savait pas. Il est tombé des nues lorsque je le lui ai dit. C'est cette maison qui a été pillée il y a environ un mois par les Fescistes de la cité universitaire de Vridi après que je me suis sauvé pour l'étranger.

Puis tu pars pour l'Europe. On te dit entre la Grande-Bretagne et la France, pour tes études. Tu réapparais à Ouagadougou peu avant la rébellion. La presse ivoirienne a publié des photos de toi faisant la java dans une boîte de nuit de Ouagadougou en compagnie de ceux qui apparaîtront plus tard comme des chefs de guerre. Les Ivoiriens ne te reverront qu'en 2002, lorsqu'éclate la rébellion. Tu en es le porte-parole.

Nous n'en croyions pas nos yeux. Toi, le jeune étudiant qui n'avait même pas encore fini ses études, à la tête de ce gros truc? Nous pensions tous que tu étais un paravent pour masquer les vrais parrains de la rébellion. Et comme ton ancien camarade Blé Goudé qui disait qu'en te regardant il voyait un cadavre ambulant, personne ne donnait cher de ta peau. On parlait de massacres commis par tes hommes à Bouaké, de fils de gendarmes tués, de charniers, de viols. Moi j'étais convaincu que tu finirais au mieux devant un tribunal international, comme Jean-Pierre Bemba.

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Ministre d'Etat à 31 ans à peine

Et puis il y a les négociations de Linas-Marcoussis en janvier 2003. Tu en sors ministre d'Etat. A 31 ans à peine. Mais tes débuts de ministre se passent plutôt mal. Tu manques de peu de te faire lyncher par les «jeunes patriotes» de Blé Goudé le jour où tu décides d'aller visiter la télévision. Tu te retires à Bouaké, le fief de ta rébellion. C'est là-bas que tu m'accorderas en 2003 une longue interview qui paraîtra sur trois éditions de Fraternité Matin, et qui me vaudra l'inimitié profonde des supporters de Laurent Gbagbo, pour t'avoir donné la parole à toi, le rebelle, dans le journal gouvernemental. Tes gens venaient de cambrioler l'agence de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest de Bouaké et roulaient en carrosse. Ils avaient tous au moins trois téléphones portables dans les mains, au cou, car un bon rebelle qui se respecte doit avoir plusieurs téléphones.

Quelque temps plus tard, j'ai pu photographier ta luxueuse maison et celles de quelques-uns de tes chefs de guerre à Ouagadougou. Je sais que tu n'as pas beaucoup apprécié que je montre aux Ivoiriens vos petits secrets ouagalais. Plus tard, des divergences apparaissent entre toi et Ibrahim Coulibaly dit «IB», que l'on présentait comme le père originel de la rébellion à qui tu aurais ravi la première place. Vous réglez le contentieux à coup de fusils. On compte plusieurs dizaines de morts à Bouaké. Il y a le fameux Kassoum Bamba, «Kass», chef militaire dont le corps est même brûlé. A Korhogo, ton chef de guerre Martin Kouakou Fofié enferme des dizaines de personnes dans des conteneurs exposés au soleil. Ils meurent tous. Et Fofié est sanctionné par l'ONU.

En 2006, tu deviens le ministre d'Etat chargé de la reconstruction dans le gouvernement de Charles Konan Banny. Tu ne reconstruis évidemment rien du tout. En 2007, Laurent Gbagbo, qui cherchait tous les moyens de retarder l'élection présidentielle, sort de son chapeau le dialogue direct avec toi. Vous dialoguez à Ouagadougou, et tu deviens le Premier ministre de la Côte d'Ivoire à 35 ans. Qui dit mieux?

Mais peu de temps après, un mystérieux commando tire des roquettes sur ton avion à son atterrissage à Bouaké. Quatre de tes compagnons sont déchiquetés, mais toi tu en sors indemne. Il faudra me donner l'adresse de ton féticheur. On m'a dit que tu es très attaché aux croyances traditionnelles et que tu fréquentes beaucoup les féticheurs. Jusqu'à ce jour nous ne savons pas qui a tiré sur ton avion.

Ton attelage avec Laurent Gbagbo fonctionne tant bien que mal - plutôt bien que mal - au point où vers la fin de son règne, il ne tarissait pas d'éloges à ton égard. Il a dit à plusieurs reprises que tu as été le meilleur de ses Premiers ministres. Tu sais que j'ai été l'un de ceux qui disaient qu'il y avait un deal entre vous deux. Il te laissait faire ce que tu voulais au Nord, que tes chefs de guerre ont pillé sans vergogne, pendant que lui et les siens pillaient avec encore moins de vergogne le Sud.

Quoi d'autre?

Pendant ce temps tu prends de l'embonpoint. Je sais que tu aimes la bonne chère. Tu aimes la cuisine européenne, mais tu apprécies surtout le tô de chez toi à base de farine de manioc, avec la sauce Tchonron faite avec des feuilles de patates ou de manioc. Tu aimes bien le whisky, le bon vin et le champagne comme tout bon Ivoirien qui a réussi. Tout ça, tu sais bien que ce sont tes proches qui me l'ont dit. Je sais même que tu as fait un régime pendant un certain temps pour perdre un peu de poids.

Aimes-tu aussi la bonne chair? Je suppose que tu es comme tout bon Ivoirien. Ce que je sais c'est que tu as eu trois enfants avec une certaine Sylvie Tagro, de l'ethnie Bété, du village de Zakoua dont son père était le chef. Il est décédé il y a quelques mois. Ça je le sais parce que mon meilleur ami vient de ce village situé à sept kilomètres de Daloa et que je connais bien. Les enfants de Sylvie vivent quelque part dans une banlieue de Paris. Tu as eu un autre enfant avec une femme burkinabè prénommée Kady. Je sais aussi que de ton passage au petit séminaire de Katiola lorsque tu étais au collège, tu as gardé de très fortes relations avec un prêtre français du nom de Marcel Dussud, que tu considères comme ton père spirituel et qui vit à Lyon. Tu as même prénommé ton premier fils Marcel Dussud Soro.

Quoi d'autre? Tu adores les gadgets électroniques, les téléphones portables dernier cri, et les belles voitures. On m'a dit que tu en possèdes une bonne dizaine et que Kadhafi t'a même offert une BMW blindée. Tu es aussi un inconditionnel du chanteur congolais Koffi Olomidé que tu écoutes partout; chez toi, en voiture.

Tu lis aussi beaucoup, surtout les écrivains ivoiriens (m'as-tu lu?), les biographies des grands hommes politiques, tous les livres sur le Mossad et les services secrets israéliens, français, et américains, tu as dévoré les mémoires de Jacques Foccart http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Foccart , et côté cinéma, tu te fais envoyer de France les derniers films. Il y a un an, au moment où je cherchais à mieux te connaître, tu t'étais fait offrir les films de Mr Bean et ceux touchant à la Seconde Guerre mondiale. Tu aimes aussi le football et tu es un supporter de l'ASEC d'Abidjan. Voici en gros pour ton côté jardin.

Tu as eu le nez creux

Revenons à Laurent Gbagbo, qui fut ton idole lorsque tu militais à la Fesci. Ensemble, vous avez réussi à reporter l'élection présidentielle en 2007, 2008, 2009 et ce n'est qu'à la fin de 2010 qu'elle s'est tenue. Avec les résultats que l'on sait. Beaucoup de gens te soupçonnent d'avoir voté pour Laurent Gbagbo au premier tour, dans l'espoir de demeurer son Premier ministre. Mais tu as su bondir sur la branche de Ouattara lorsque tu as vu que celle où se trouvait Laurent Gbagbo avait toutes les chances de casser. Tu as eu le nez creux. Et personne ne saurait nier que si Ouattara peut aujourd'hui entrer au palais présidentiel, c'est grâce à toi et ton armée que tu as finalement eu la bonne idée de ne pas désarmer. Même si au passage on parle de massacres perpétrés par tes hommes à Duékoué.

Que te reste-t-il, Guillaume? Ministre d'Etat comme premier job dans la vie à 31 ans, Premier ministre à 35, sauveur de la République et de la démocratie à 39; que te reste-t-il? Bien sûr que nous le savons. Il te reste à être président de la République pardi! Mais auras-tu la patience d'attendre? D'attendre que les mauvais souvenirs des exactions et des rapines que tes hommes et toi avez laissés à Bouaké et dans les zones que vous contrôliez se soient estompés?


Venance Konan


Source: SLATE AFRIQUE

lundi, 31 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN


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Les 3 parutions de cette fin de semaine en un seul post. Génial, non? Bonne lecture!

 

Aussi illogique et excessif que cela puisse paraître comme propos venant d'un homme qui gère un Etat en lambeaux et qui devrait faire profil bas, le Premier ministre Soro Guillaume, triomphaliste, ne s'est pas embarrassé de scrupules pour s'en fendre : « Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Laurent Gbagbo n'a pas fait en 10 ans ». Quand même ils bouclent 6 mois d'exercice du pouvoir. Sans pour autant nous dire, concrètement et précisément, dans un rapport ou document scientifique, les avancées effectuées et les réalisations de Ouattara, depuis qu'il occupe le palais du Plateau, et qui suscitent tant d'enthousiasme et de lyrisme.

Les libertés individuelles et collectives? La démocratie? La sécurité? L'économie? La santé publique? Les infrastructures? L'école et notamment l'université? L'affirmation de la souveraineté et la concrétisation de notre indépendance? Le respect de la Constitution? L'emploi jeunes? La croissance économique? Le recouvrement des recettes douanières? La justice? La santé des entreprises? L'initiative PPTE? La réconciliation nationale et la cohésion sociale? L'agriculture? L'autosuffisance et la sécurité alimentaires? Le prix d'achat du cacao et du café aux planteurs? Franchement, dans quel domaine, exactement ?

Effet d'annonce médiatique pour gogo et occidentaux néocolonialistes, disons-nous, pour quiconque vit en Côte d'Ivoire, touche les réalités du pouvoir Ouattara et porte un regard objectif et critique sur sa gestion, depuis avril 2011.

Nous n'allons pas donner l'occasion à toutes les mauvaises langues qui pullulent dans la « nouvelle Côte d'Ivoire » de nous accuser de délation. Nous exposerons des faits objectifs, palpables, pour permettre à tous d'apprécier, en toute lucidité, de sorte que jamais plus cette contre-vérité ne soit entendue ou dite, en Côte d'Ivoire.

D'abord les indicateurs économiques et sociaux, ceux qui comptent le plus pour le peuple : selon l'UGTCI (Union Générale des Travailleurs de Côte d'ivoire), la plus ancienne et plus grande centrale syndicale ivoirienne, proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir de Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois ; le Président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Monsieur Jean-Louis Billon, lui, parle de 120.000 emplois détruits.

En réalité, avec les licenciements abusifs (exemple de la Présidence, plus de 1300 déflatés, des personnels des institutions de l'Etat et, bientôt, de la RTI qui projette la libération de 600 agents), les déguerpissements de commerces informels et d'habitat précaire (dans le cadre de l'« Opération pays propre » qui, curieusement, ne touche pas les communes RDR), la dissolution des Conseils généraux et l'annulation de 120 concours de la Fonction publique, il faudrait plutôt parler de 150 à 200.000 destructions d'emplois en 5 mois. Exactement, ce qu'il avait promis créer comme emplois, chaque année. Avec autant de sans abri enregistrés. Sans compter les arriérés de salaires de plusieurs mois au BNETD, dans les institutions et établissements d'Etat et au niveau des agents des forces de l'ordre.

Le Patronat ivoirien, avec à sa tête Monsieur Jean Kacou Diagou, lui, a annoncé, dans la période de gouvernance dont se targue le Premier ministre, une perte sèche - pour toutes les entreprises de droit ivoirien - qui s'évalue à la somme astronomique d'environ 1000 milliards de francs CFA. Plus de 400 PME et PMI ont été déclarées en faillite par Monsieur Diagou. Ont-elles été ressuscitées en 100 jours de gestion de Ouattara, quand sous Gbagbo elles existaient bel et bien ? Sûrement pas. D'ailleurs, seules les entreprises françaises ont eu droit à un début de dédommagement (et aux nouveaux marchés, de gré à gré) de la part du Chef de l'Etat. En rapport avec ses accointances élyséennes. Les ivoiriennes, elles, rongent encore leurs freins. Ouattara ne leur prête pas le moindre regard de compassion. En plus de leur devoir énormément d'argent : la dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de francs CFA. Il n'y a pas encore eu un début franc de décaissement.

Le taux de croissance, lui, est passé au niveau record et historique de -7,8% (abyssal), au lendemain du renversement du Président Gbagbo par les Forces spéciales françaises. Les institutions de Bretton Woods, récemment en mission en Côte d'Ivoire, n'envisagent qu'un relèvement de -5,8% fin 2011, pour la prévision la plus optimiste. Déjà deux fois pire que le taux de croissance enregistré par le Président Laurent Gbagbo en 2002-2003, en pleine crise militaro-politique. Rien que ça. La prévision la plus pessimiste pour la Côte d'Ivoire, fin 2011, étant de -7%. Y a-t-il comparaison possible ?

Ouattara annonce, en outre, un taux de 8% pour 2012 quand les plus brillants spécialistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international réunis prévoient, au meilleur des cas (et nous y insistons), 6% de croissance pour... 2014-2015 ! L'effet d'annonce, Ouattara adore ! Et berce ses suiveurs d'illusion. Il n'est pas possible qu'il ait fait mieux en 100 jours que Gbagbo en 10 ans. C'est mathématiquement impossible ! Et rien ne nous garantit, d'ailleurs, qu'il fera mieux en 5 ans de mandat ou même la moitié, en 10 ans.

Quand s'y ajoute l'exacerbation du racket, sur tout le territoire national, des commerçants, des transporteurs et des planteurs sur nos routes, dans nos ports et à nos frontières, on comprend aisément que bien d'opérateurs économiques étrangers se soient détournés de la destination Côte d'Ivoire et que l'économie peine à reprendre. La « Centrale » - le Trésor de l'ex-rébellion - est officiellement démantelée mais continue d'exister dans les faits et à détourner nos recettes douanières. Il faut bien que les ex-FAFN vivent. Ouattara ne leur a pas encore versé leur pécule de guerre (5 millions de francs CFA promis par combattant).

D'un autre côté, des centaines d'Ivoiriens sont toujours en exil ou déplacés de guerre. Pas moins de 270.000 d'entre eux sont hors de la Côte d'Ivoire, selon les chiffres des Nations Unies, dont 29.000 dans les camps du HCR, au comble du malheur et de la pauvreté. 450.000 sont déplacés, sur toute la surface du territoire ivoirien et dans les missions catholiques, selon les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés. Soit environ - en tout et pour tout - un peu moins d'un million d'Ivoiriens ! Qu'a fait Ouattara pour leur retour et leur réintégration ? Rien ! A part la remise de quelques vivres, aussi rares, insuffisants que ponctuels. Si nous nous trompons, qu'on nous démente. Il fait même déguerpir les camps des déplacés de Duékoué pour sa prochaine visite dans l'Ouest. Ouattara ne veut pas voir la misère dans laquelle il a plongé les Ivoiriens.

De sorte qu'actuellement, dans l'indifférence la plus absolue, l'Ouest du pays est dans la détresse et l'insécurité alimentaires les plus totales et ne doit sa survie qu'à la présence d'ONG comme « Action contre la faim » et celles citées plus haut.

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Le quotidien des Ivoiriens est un désastre continu : les prix sur les marchés ont flambé à cause du racket des FRCI sur les transporteurs et les commerçants du vivrier. Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du bœuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques (INS). Dans un contexte global de stress professionnel, d'insécurité de l'emploi et de chômage prononcé. Les Ivoiriens mangent par accident, « mort subite » assurée pour tous (un repas unique par jour), comme disent les chanteurs de Zouglou. Avec Ouattara, la pauvreté des Ivoiriens s'est plus que jamais accentuée.

La santé gratuite et les médicaments gratuits annoncés à grand renfort médiatique et de proclamations politiques ont fait long feu. Rien de tout cela sur le terrain. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Ils manquent de tout. Pire, les médecins et personnels médicaux sont régulièrement les victimes des exactions et des bastonnades des FRCI, à Abidjan et à l'intérieur du pays. La récente grève générale illimitée du personnel du CHU de Treichville - circonscrite quelques jours plus tard par la tutelle - en dit long sur les rapports des « sauveurs » avec les personnels de santé, en Côte d'Ivoire. Jamais pareille dérive militaire n'avait été observée sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo contre les services de santé.

Au niveau du prix du cacao, le gouvernement (qui signe son retour en force, quand il devait être en retrait de la filière, selon les exigences des institutions financières internationales) a annoncé le prix de 1000 francs CFA. Les pisteurs et les acheteurs grossistes le prennent aux producteurs à 600 francs à peine. Il est capital de relever que le prix du cacao payé effectivement aux planteurs était de 250 à 350 francs CFA, au lendemain de la prise de pouvoir de Ouattara, là où il leur était payé entre 1000 francs et 1300 francs CFA, sous la gouvernance de Laurent Gbagbo. Aucune comparaison possible ! Ouattara a appauvri nos agriculteurs et n'inverse toujours pas la tendance.

Du point de vue des infrastructures, le pouvoir RHDP continue d'inaugurer les travaux et de se prévaloir des projets du président Gbagbo plutôt que de les inscrire dans la continuité de l'Etat : la réfection des voies, le pont de Jacqueville, le pont de la 7ème Tranche d'Angré, l'autoroute de Grand-Bassam, l'autoroute du Nord et le pont Riviera-Marcory baptisé par Alassane Ouattara « Pont Henri Konan Bédié », bouclé à 85 milliards de francs CFA, sans péage, par Laurent Gbagbo et surfacturé à 125 milliards de francs CFA par Ouattara, avec péage (700 francs CFA par véhicule et par passage, soient 2.800 francs CFA par jour pour un travailleur ivoirien qui ferait deux aller-retour par jour pour se rendre au travail et à la maison, pendant 30 ans, au profit de l'entreprise française Bouygues !). Qui s'est le plus mis en peine du portefeuille de l'Ivoirien ? La réponse est sans appel.

En ce qui concerne les libertés individuelles et collectives, les droits du citoyen et la justice, la côte d'Ivoire a fortement régressé avec le RHDP : interdiction de rassemblements et de réunions observée contre le FPI, violences politiques (coups, blessures et casses aux meetings de Koumassi et de Yopougon Place CP1 organisés par le FPI), arrestations arbitraires à connotation politique (de Laurent Gbagbo et plus de 40 de ses parents, collaborateurs et proches), emprisonnements de journalistes et hommes de médias (Hermann Aboa, Franck Anderson Kouassi, Serge Boguhet, malgré l'interdiction formelle de la loi ivoirienne), entorses aux procédures judiciaires (incarcération avant inculpation et sans prise en compte de statut politique et administratif : chef d'Etat, premiers ministres, ministres, députés), mandats d'arrêt internationaux contre des autorités ivoiriennes en exil, chasse à l'homme (voyage de Ouattara au Ghana, arrestation du Commandant Séka Yapo Anselme), justice des « vainqueurs » (aucun proche, collaborateur ou partisan de Ouattara inquiété par la justice malgré tous les crimes commis depuis 2002 et les massacres de Duékoué), prisons, commissariats de police et palais de justice incendiés, saccagés ou pillés dans bien des villes du Sud et non encore réhabilités, plongeant ces localités dans l'insécurité totale ; gel des avoirs bancaires et occupation illégale de domiciles et de résidences (de la plupart des responsables du FPI en exil et de pro-Gbagbo), confiscation de biens privés (immeubles, sociétés, voitures des pro-Gbagbo et des cadres du FPI). Malgré les interpellations de Madame Lohourignon Odette, Présidente l'Organisation des femmes du FPI et de plusieurs autres responsables de ce parti, Alassane Ouattara reste sourd et de marbre. Toutes ces choses étaient impensables sous la gouvernance de Gbagbo. En quoi donc Ouattara a-t-il fait mieux que lui si ce n'est d'avoir fait bien pire ?

Relativement à l'administration territoriale et communale, l'Etat est en faillite : les préfets de région, préfets  de départements et sous-préfets ne représentent plus rien. Ils ne sont revêtus d'aucune autorité et ne sont désormais que l'ombre d'eux-mêmes. Ce sont les FRCI et les ex-Com-Zones qui décident et qui gouvernent nos circonscriptions. Leurs décisions s'imposent à nos autorités locales et nul ne s'aviserait de leur faire ombrage. Sur l'ensemble du territoire national. Des maires sont démis de leurs postes électifs, par coup de force du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, en personne : Yopougon, Guiglo, Issia, Méagui, Marcory, Daloa, Gagnoa, Mankono, etc. Leur crime : être proches de Laurent Gbagbo ou de son obédience (LMP).

Du côté institutionnel, c'est la morgue : l'Assemblée nationale est illégalement suspendue si ce n'est dissoute de fait. Les députés restent des mois entiers sans salaires ni prérogatives ; le Conseil constitutionnel a été renouvelé anticonstitutionnellement, avant le terme de son mandat  ; Monsieur Zadi Kessy, actuel président du Conseil économique et social a été nommé au poste, contre les textes en vigueur, sans même être un conseiller économique et social (jamais pareille dérive n'a vu le jour en Côte d'ivoire) et nommé conseiller économique et social, après coup seulement ; le chef de l'Etat continue à être le président du RDR, son parti, contre toutes les dispositions de la Constitution ivoirienne (Article 54) et n'a toujours pas encore déclaré ses biens devant la Cour des comptes, comme l'exige notre Loi fondamentale (Article 55). De ce point de vue, il est en antinomie totale avec Laurent Gbagbo.

Pour ce qui est du volet capital de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale, en son temps, le Président Gbagbo avait fortement travaillé au retour des illustres exilés ivoiriens qu'étaient le Président Henri Konan Bédié et le Premier ministre Alassane Ouattara, réfugiés en France, et le reclus volontaire qu'était devenu le Général Guéi Robert, à Kabakouma, son village natal, dans la région de Man. Un Forum de la réconciliation nationale avec un président qui n'est pas un proche de Gbagbo, à l'opposé de Ouattara aujourd'hui, a été organisé et a ressoudé quelque peu le tissu social ivoirien en compote. Mais la malhonnêteté humaine, les ambitions démesurées pour le fauteuil présidentiel ivoirien de ceux qui se proclament, en ce moment, « héritiers d'Houphouët-Boigny » et la perfidie de la France de Chirac ont replongé notre beau pays dans la violence et le crime, un certain 19 septembre 2002. Gbagbo a fait revenir les exilés ivoiriens, Ouattara, lui, les pourchasse jusque dans leurs derniers retranchements, au Ghana, avec des mandats d'arrêt internationaux et des décisions de gel d'avoirs bancaires. Peut-il y avoir comparaison ? Certainement pas.

ADO ET SORO 6.jpg

Les nominations à base ethnique et tribale observées dans le gouvernement, dans toute l'administration ivoirienne et à la tête des services centraux de l'Etat, des entreprises et sociétés d'Etat ne contribuent pas davantage au retour de la cohésion sociale et à la réconciliation. Pas plus que l'affectation sanction massive des ex-FDS en zone CNO. De ce point de vue, Laurent Gbagbo est reconnu pour être tout l'opposé de Ouattara.

Quant à la sécurité, il suffit de se renseigner auprès des chancelleries occidentales qui se sont récemment rendues chez Ouattara pour « exiger » le retour de la sécurité pour s'en faire une idée. La situation sécuritaire du pays est préoccupante, au plus haut point. Ainsi, le mardi 18 octobre 2011, Alassane Ouattara a reçu en audience, au Palais présidentiel au Plateau, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire (ONUCI), Arnauld Akodjénou et quatre diplomates accrédités en Côte d'Ivoire : les ambassadeurs de France, Jean-Marc Simon et des Etats-Unis, Philip Carter III, du Chargé d'Affaires du Royaume-Uni et du Représentant de l'Union européenne. Le communiqué de presse de l'ONUCI, à la fin de cette rencontre, fait état de l'examen de questions de sécurité en Côte d'Ivoire. Cela, c'est la version diplomatique.

En réalité - et il faut clairement le dire -, il n'y a plus de sécurité en Côte d'Ivoire. Des milliers de prisonniers de droit commun libérés de nos geôles pour servir de supplétifs, dans toute la partie Sud du territoire national, par les combattants pro-Ouattara pendant leur offensive finale, écument nos villes et localités. Des micro-finances, des agences de transfert d'argent, des supermarchés, des entreprises, des églises, des domiciles privés, des prêtres, d'honnêtes citoyens dans tout le pays, sont constamment victimes d'attaques à mains armées, d'enlèvements, de braquages et de cambriolages d'hommes en treillis. Des véhicules diplomatiques continuent d'être braqués. De simples civils, des étudiants, des élèves, des agents de l'ordre abattus par les FRCI ou des hommes en tenue militaire font régulièrement la Une des tabloïds ivoiriens. Ceci est un secret de Polichinelle.

Nous avons, en outre, encore souvenance du rapt du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau (fait oh combien impensable des « sauveurs » contre un des leurs), enlevé alors qu'il rentrait du service, « séquestré durant trois heures » (selon son propre témoignage dans la presse ivoirienne) et soulagé de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de portables et de montre de luxe. Nous n'oublierons pas la scabreuse affaire du kidnapping d'ex-officiers français délestés de la grassouillette somme de 25 millions de francs CFA par les hommes du Commandant Issiaka Ouattara alias « Wattao », non encore résolue malgré la plainte déposée.

L'éducation est le plus grand crève-cœur que nous aura servi, depuis son installation, le pouvoir Ouattara. Sous le fallacieux prétexte de problèmes de trésorerie (35 milliards recherchés), les universités publiques ivoiriennes sont fermées et les étudiants à la rue, depuis 6 mois. Des travaux de réhabilitation (aussi urgents et indispensables soient-ils) peuvent-ils justifier qu'on sacrifie trois promotions de bacheliers (2008-2009-2010 voire très certainement 2011), tous les cycles de recherches ainsi que tous les niveaux intermédiaires, et qu'on remette la rentrée universitaire d'après-crise aux calendes grecques ? De mémoire de terrien et de citoyen du monde, c'est la première fois que nous entendons une énormité pareille. On peut tout reprocher à Laurent Gbagbo mais on ne l'accusera jamais d'avoir intentionnellement fermé l'école, sacrifié les étudiants et universitaires tous cycles confondus et renvoyé l'ouverture des classes à des dates improbables. Ici encore, la comparaison ne tient pas la route.

En ce qui concerne l'affirmation de notre souveraineté et la concrétisation de notre indépendance, le pouvoir RHDP nostalgique de la Côte d'Ivoire postcoloniale ( ?) des années 60, nous a ramené à l'ère des coopérants français, des conseillers élyséens au Palais d'Abidjan et de « l'indépendance sous haute surveillance » - avec un vice-président près Monsieur Ouattara qui ne dit pas son nom : Monsieur Philippe Serey-Eiffel, homme de main de Nicolas Sarkozy, et le retour en force du 43ème BIMA français - page que le Président Gbagbo avait tournée pour nous rendre toute notre honorabilité et notre dignité d'Africains libres. Avoir lutté 50 ans pour en arriver là, il aura fallu Ouattara pour réussir ce tour de force ! Durant plusieurs mois, la France a même payé les salaires des fonctionnaires ivoiriens. Inconcevable sous Gbagbo ! Une politique économique judicieuse avait permis à la Côte d'Ivoire, sous son règne, de vivre de ses propres ressources. Ouattara, lui, nous a embarqués dans un surendettement record et une gouvernance sur fonds extérieurs. Rabaissant notre pays à la mendicité internationale. Il a, en outre, durablement compromis l'aboutissement de l'initiative PPTE quasiment bouclé par Laurent Gbagbo en 2010, pour mars 2011.

Pour la démocratie, pas davantage d'espoir. La Commission électorale indépendante (CEI) est à coloration unique. Celle du RHDP. Y compris tous ses démembrements régionaux, départementaux et locaux. Le pouvoir Ouattara l'a verrouillé pour concrétiser sa dictature et le retour triomphant du parti unique. Sur 31 postes représentatifs, il ne veut bien consentir qu'à peine cinq à ce qui lui tient lieu, actuellement, d'opposition. La règle d'équilibre et de représentativité jadis de rigueur dans l'institution sous Gbagbo (qui avait même concédé plus de postes à son opposition, au nom des clauses des différents accords pour la paix et d'une transparence absolue) a volé en éclat avec Ouattara, le « nouveau démocrate ». Les appels du FPI à la discussion et au consensus politique restent lettres mortes. Les législatives de décembre approchent donc dans une ambiance de suspicion totale. Les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » sont encore en armes dans tous nos campements, villages et villes, semant angoisse et terreur. Le remake de l'élection présidentielle est en marche. Inexorablement.

Nous voulons donc bien croire, avec Monsieur le Premier ministre, qu'en 100 jours Alassane Ouattara ait fait mieux que Laurent Gbagbo en 10 ans mais les faits sont là, têtus, qui prouvent tout le contraire. Mieux, pour rester honnête, il faut même dire que Ouattara a réussi l'exploit de détruire, en seulement 100 jours, ce que Gbagbo a construit en 10 ans. Parce que construire un pays, une nation, ce ne sont pas seulement les infrastructures ou les opérations de salubrité - du reste problématiques. C'est aussi forger une âme, une dignité, une fierté nationales, respecter sa Constitution, faire régner le droit, accorder au peuple ses libertés individuelles et collectives, assister les plus pauvres, secourir les sinistrés, permettre à tous de se nourrir décemment et à chacun de vivre sans peur. Cela, Ouattara ne l'a pas réussi. Du moins, pas encore. Qu'on ne vienne donc pas nous proclamer le contraire. Nous lui souhaitons, toutefois, bon vent à la tête de notre pays.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353, 354 et 355 des jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011.

dimanche, 30 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (3)


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Les nominations à base ethnique et tribale observées dans le gouvernement, dans toute l'administration ivoirienne et à la tête des services centraux de l'Etat, des entreprises et sociétés d'Etat ne contribuent pas davantage au retour de la cohésion sociale et à la réconciliation. Pas plus que l'affectation sanction massive des ex-FDS en zone CNO. De ce point de vue, Laurent Gbagbo est reconnu pour être tout l'opposé de Ouattara.

Quant à la sécurité , il suffit de se renseigner auprès des chancelleries occidentales qui se sont récemment rendues chez Ouattara pour « exiger » le retour de la sécurité pour s'en faire une idée. La situation sécuritaire du pays est préoccupante, au plus haut point. Ainsi, le mardi 18 octobre 2011, Alassane Ouattara a reçu en audience, au Palais présidentiel au Plateau, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire (ONUCI), Arnauld Akodjénou et quatre diplomates accrédités en Côte d'Ivoire : les ambassadeurs de France, Jean-Marc Simon et des Etats-Unis, Philip Carter III, du Chargé d'Affaires du Royaume-Uni et du Représentant de l'Union européenne. Le communiqué de presse de l'ONUCI, à la fin de cette rencontre, fait état de l'examen de questions de sécurité en Côte d'Ivoire. Cela, c'est la version diplomatique.

En réalité - et il faut clairement le dire -, il n'y a plus de sécurité en Côte d'Ivoire. Des milliers de prisonniers de droit commun libérés de nos geôles pour servir de supplétifs, dans toute la partie Sud du territoire national, par les combattants pro-Ouattara pendant leur offensive finale, écument nos villes et localités. Des micro-finances, des agences de transfert d'argent, des supermarchés, des entreprises, des églises, des domiciles privés, des prêtres, d'honnêtes citoyens dans tout le pays, sont constamment victimes d'attaques à mains armées, d'enlèvements, de braquages et de cambriolages d'hommes en treillis. Des véhicules diplomatiques continuent d'être braqués. De simples civils, des étudiants, des élèves, des agents de l'ordre abattus par les FRCI ou des hommes en tenue militaire font régulièrement la Une des tabloïds ivoiriens. Ceci est un secret de Polichinelle.

Nous avons, en outre, encore souvenance du rapt du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau (fait oh combien impensable des « sauveurs » contre un des leurs), enlevé alors qu'il rentrait du service, « séquestré durant trois heures » (selon son propre témoignage dans la presse ivoirienne) et soulagé de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de portables et de montre de luxe. Nous n'oublierons pas la scabreuse affaire du kidnapping d'ex-officiers français délestés de la grassouillette somme de 25 millions de francs CFA par les hommes du Commandant Issiaka Ouattara alias « Wattao », non encore résolue malgré la plainte déposée.

L'éducation est le plus grand crève-cœur que nous aura servi, depuis son installation, le pouvoir Ouattara. Sous le fallacieux prétexte de problèmes de trésorerie (35 milliards recherchés), les universités publiques ivoiriennes sont fermées et les étudiants à la rue, depuis 6 mois. Des travaux de réhabilitation (aussi urgents et indispensables soient-ils) peuvent-ils justifier qu'on sacrifie trois promotions de bacheliers (2008-2009-2010 voire très certainement 2011), tous les cycles de recherches ainsi que tous les niveaux intermédiaires, et qu'on remette la rentrée universitaire d'après-crise aux calendes grecques ? De mémoire de terrien et de citoyen du monde, c'est la première fois que nous entendons une énormité pareille. On peut tout reprocher à Laurent Gbagbo mais on ne l'accusera jamais d'avoir intentionnellement fermé l'école, sacrifié les étudiants et universitaires tous cycles confondus et renvoyé l'ouverture des classes à des dates improbables. Ici encore, la comparaison ne tient pas la route.

En ce qui concerne l'affirmation de notre souveraineté et la concrétisation de notre indépendance , le pouvoir RHDP nostalgique de la Côte d'Ivoire postcoloniale ( ?) des années 60, nous a ramené à l'ère des coopérants français, des conseillers élyséens au Palais d'Abidjan et de « l'indépendance sous haute surveillance » - avec un vice-président près Monsieur Ouattara qui ne dit pas son nom : Monsieur Philippe Serey-Eiffel, homme de main de Nicolas Sarkozy, et le retour en force du 43ème BIMA français - page que le Président Gbagbo avait tournée pour nous rendre toute notre honorabilité et notre dignité d'Africains libres. Avoir lutté 50 ans pour en arriver là, il aura fallu Ouattara pour réussir ce tour de force !

Durant plusieurs mois, la France a même payé les salaires des fonctionnaires ivoiriens. Inconcevable sous Gbagbo ! Une politique économique judicieuse avait permis à la Côte d'Ivoire, sous son règne, de vivre de ses propres ressources. Ouattara, lui, nous a embarqués dans un surendettement record et une gouvernance sur fonds extérieurs. Rabaissant notre pays à la mendicité internationale. Il a, en outre, durablement compromis l'aboutissement de l'initiative PPTE quasiment bouclé par Laurent Gbagbo en 2010, pour mars 2011.

Pour la démocratie , pas davantage d'espoir. La Commission électorale indépendante (CEI) est à coloration unique. Celle du RHDP. Y compris tous ses démembrements régionaux, départementaux et locaux. Le pouvoir Ouattara l'a verrouillé pour concrétiser sa dictature et le retour triomphant du parti unique. Sur 31 postes représentatifs, il ne veut bien consentir qu'à peine cinq à ce qui lui tient lieu, actuellement, d'opposition. La règle d'équilibre et de représentativité jadis de rigueur dans l'institution sous Gbagbo (qui avait même concédé plus de postes à son opposition, au nom des clauses des différents accords pour la paix et d'une transparence absolue) a volé en éclat avec Ouattara, le « nouveau démocrate ». Les appels du FPI à la discussion et au consensus politique restent lettres mortes. Les législatives de décembre approchent donc dans une ambiance de suspicion totale. Les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » sont encore en armes dans tous nos campements, villages et villes, semant angoisse et terreur. Le remake de l'élection présidentielle est en marche. Inexorablement.

Nous voulons donc bien croire, avec Monsieur le Premier ministre, qu'en 100 jours Alassane Ouattara ait fait mieux que Laurent Gbagbo en 10 ans mais les faits sont là, têtus, qui prouvent tout le contraire. Mieux, pour rester honnête, il faut même dire que Ouattara a réussi l'exploit de détruire, en seulement 100 jours, ce que Gbagbo a construit en 10 ans. Parce que construire un pays, une nation, ce ne sont pas seulement les infrastructures ou les opérations de salubrité. C'est aussi forger une âme, une dignité, une fierté nationales, respecter sa Constitution, faire régner le droit, accorder au peuple ses libertés individuelles et collectives, assister les plus pauvres, secourir les sinistrés, permettre à tous de se nourrir décemment et à chacun de vivre sans peur. Cela, Ouattara ne l'a pas réussi. Du moins, pas encore. Qu'on ne vienne donc pas nous proclamer le contraire. Nous lui souhaitons, toutefois, bon vent à la tête de notre pays.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 355 du samedi 29 octobre 2011.

samedi, 29 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (2)

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Le quotidien des Ivoiriens est un désastre continu : les prix sur les marchés ont flambé à cause du racket des FRCI sur les transporteurs et les commerçants du vivrier. Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du bœuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques (INS). Dans un contexte global de stress professionnel, d'insécurité de l'emploi et de chômage prononcé. Les Ivoiriens mangent par accident, « mort subite » assurée pour tous (un repas unique par jour), comme disent les chanteurs de Zouglou. Avec Ouattara, la pauvreté des Ivoiriens s'est plus que jamais accentuée.

La santé gratuite et les médicaments gratuits annoncés à grand renfort médiatique et de proclamations politiques ont fait long feu. Rien de tout cela sur le terrain. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Ils manquent de tout. Pire, les médecins et personnels médicaux sont régulièrement les victimes des exactions et des bastonnades des FRCI, à Abidjan et à l'intérieur du pays. La récente grève générale illimitée du personnel du CHU de Treichville - circonscrite quelques jours plus tard par la tutelle - en dit long sur les rapports des « sauveurs » avec les personnels de santé, en Côte d'Ivoire. Jamais pareille dérive militaire n'avait été observée sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo contre les services de santé.

Au niveau du prix du cacao , le gouvernement (qui signe son retour en force, quand il devait être en retrait de la filière, selon les exigences des institutions financières internationales) a annoncé le prix de 1000 francs CFA. Les pisteurs et les acheteurs grossistes le prennent aux producteurs à 600 francs à peine. Il est capital de relever que le prix du cacao payé effectivement aux planteurs était de 250 à 350 francs CFA, au lendemain de la prise de pouvoir de Ouattara, là où il leur était payé entre 1000 francs et 1300 francs CFA, sous la gouvernance de Laurent Gbagbo. Aucune comparaison possible ! Ouattara a appauvri nos agriculteurs et n'inverse toujours pas la tendance.

Du point de vue des infrastructures , le pouvoir RHDP continue d'inaugurer les travaux et de se prévaloir des projets du président Gbagbo plutôt que de les inscrire dans la continuité de l'Etat : la réfection des voies, le pont de Jacqueville, le pont de la 7ème Tranche d'Angré, l'autoroute de Grand-Bassam, l'autoroute du Nord et le pont Riviera-Marcory baptisé par Alassane Ouattara « Pont Henri Konan Bédié », bouclé à 85 milliards de francs CFA, sans péage, par Laurent Gbagbo et surfacturé à 125 milliards de francs CFA par Ouattara, avec péage (700 francs CFA par véhicule et par passage, soient 2.800 francs CFA par jour pour un travailleur ivoirien qui ferait deux aller-retour par jour pour se rendre au travail et à la maison, pendant 30 ans, au profit de l'entreprise française Bouygues !). Qui s'est le plus mis en peine du portefeuille de l'Ivoirien ? La réponse est sans appel.

En ce qui concerne les libertés individuelles et collectives, les droits du citoyen et la justice , la côte d'Ivoire a fortement régressé avec le RHDP : interdiction de rassemblements et de réunions observée contre le FPI, violences politiques (coups, blessures et casses aux meetings de Koumassi et de Yopougon Place CP1 organisés par le FPI), arrestations arbitraires à connotation politique (de Laurent Gbagbo et plus de 40 de ses parents, collaborateurs et proches), emprisonnements de journalistes et hommes de médias (Hermann Aboa, Franck Anderson Kouassi, Serge Boguhet, malgré l'interdiction formelle de la loi ivoirienne), entorses aux procédures judiciaires (incarcération avant inculpation et sans prise en compte de statut politique et administratif : chef d'Etat, premiers ministres, ministres, députés), mandats d'arrêt internationaux contre des autorités ivoiriennes en exil, chasse à l'homme (voyage de Ouattara au Ghana, arrestation du Commandant Séka Yapo Anselme), justice des « vainqueurs » (aucun proche, collaborateur ou partisan de Ouattara inquiété par la justice malgré tous les crimes commis depuis 2002 et les massacres de Duékoué), prisons, commissariats de police et palais de justice incendiés, saccagés ou pillés dans bien des villes du Sud et non encore réhabilités, plongeant ces localités dans l'insécurité totale ; gel des avoirs bancaires et occupation illégale de domiciles et de résidences (de la plupart des responsables du FPI en exil et de pro-Gbagbo), confiscation de biens privés (immeubles, sociétés, voitures des pro-Gbagbo et des cadres du FPI). Malgré les interpellations de Madame Lohourignon Odette, Présidente l'Organisation des femmes du FPI et de plusieurs autres responsables de ce parti, Alassane Ouattara reste sourd et de marbre. Toutes ces choses étaient impensables sous la gouvernance de Gbagbo. En quoi donc Ouattara a-t-il fait mieux que lui si ce n'est d'avoir fait bien pire ?

Relativement à l'administration territoriale et communale , l'Etat est en faillite : les préfets de région, préfets  de départements et sous-préfets ne représentent plus rien. Ils ne sont revêtus d'aucune autorité et ne sont désormais que l'ombre d'eux-mêmes. Ce sont les FRCI et les ex-Com-Zones qui décident et qui gouvernent nos circonscriptions. Leurs décisions s'imposent à nos autorités locales et nul ne s'aviserait de leur faire ombrage. Sur l'ensemble du territoire national. Des maires sont démis de leurs postes électifs, par coup de force du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, en personne : Yopougon, Guiglo, Issia, Méagui, Marcory, Daloa, Gagnoa, Mankono, etc. Leur crime : être proches de Laurent Gbagbo ou de son obédience (LMP).

Du côté institutionnel , c'est la morgue : l'Assemblée nationale est illégalement suspendue si ce n'est dissoute de fait. Les députés restent des mois entiers sans salaires ni prérogatives ; le Conseil constitutionnel a été renouvelé anticonstitutionnellement, avant le terme de son mandat  ; Monsieur Zadi Kessy, actuel président du Conseil économique et social a été nommé au poste, contre les textes en vigueur, sans même être un conseiller économique et social (jamais pareille dérive n'a vu le jour en Côte d'ivoire) et nommé conseiller économique et social, après coup seulement ; le chef de l'Etat continue à être le président du RDR, son parti, contre toutes les dispositions de la Constitution ivoirienne (Article 54) et n'a toujours pas encore déclaré ses biens devant la Cour des comptes, comme l'exige notre Loi fondamentale (Article 55). De ce point de vue, il est en antinomie totale avec Laurent Gbagbo.

Pour ce qui est du volet capital de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale , en son temps, le Président Gbagbo avait fortement travaillé au retour des illustres exilés ivoiriens qu'étaient le Président Henri Konan Bédié et le Premier ministre Alassane Ouattara, réfugiés en France, et le reclus volontaire qu'était devenu le Général Guéi Robert, à Kabakouma, son village natal, dans la région de Man. Un Forum de la réconciliation nationale avec un président qui n'est pas un proche de Gbagbo, à l'opposé de Ouattara aujourd'hui, a été organisé et a ressoudé quelque peu le tissu social ivoirien en compote. Mais la malhonnêteté humaine, les ambitions démesurées pour le fauteuil présidentiel ivoirien de ceux qui se proclament, en ce moment, « héritiers d'Houphouët-Boigny » et la perfidie de la France de Chirac ont replongé notre beau pays dans la violence et le crime, un certain 19 septembre 2002. Gbagbo a fait revenir les exilés ivoiriens, Ouattara, lui, les pourchasse jusque dans leurs derniers retranchements, au Ghana, avec des mandats d'arrêt internationaux et des décisions de gel d'avoirs bancaires. Peut-il y avoir comparaison ? Certainement pas. (A suivre).


DINDE Fernand AGBO

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 354 du vendredi 27 octobre 2011.

vendredi, 28 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (1)


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Aussi illogique et excessif que cela puisse paraître comme propos venant d’un homme qui gère un Etat en lambeaux et qui devrait faire profil bas, le Premier ministre Soro Guillaume, triomphaliste, ne s’est pas embarrassé de scrupules pour s’en fendre : « Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Laurent Gbagbo n’a pas fait en 10 ans ». Quand même ils bouclent 6 mois d’exercice du pouvoir. Sans pour autant nous dire, concrètement et précisément, dans un rapport ou document scientifique, les avancées effectuées et les réalisations de Ouattara, depuis qu'il occupe le palais du Plateau, et qui suscitent tant d’enthousiasme et de lyrisme.

Les libertés individuelles et collectives? La démocratie? La sécurité? L'économie? La santé publique? Les infrastructures? L'école et notamment l'université? L'affirmation de la souveraineté et la concrétisation de notre indépendance? Le respect de la Constitution? L'emploi jeunes? La croissance économique? Le recouvrement des recettes douanières? La justice? La santé des entreprises? L'initiative PPTE? La réconciliation nationale et la cohésion sociale? L'agriculture? L'autosuffisance et la sécurité alimentaires? Le prix d'achat du cacao et du café aux planteurs? Franchement, dans quel domaine, exactement ?

Effet d’annonce médiatique pour gogo et occidentaux néocolonialistes, disons-nous, pour quiconque vit en Côte d’Ivoire, touche les réalités du pouvoir Ouattara et porte un regard objectif et critique sur sa gestion, depuis avril 2011.

Nous n’allons pas donner l’occasion à toutes les mauvaises langues qui pullulent dans la « nouvelle Côte d’Ivoire » de nous accuser de délation. Nous exposerons des faits objectifs, palpables, pour permettre à tous d’apprécier, en toute lucidité, de sorte que jamais plus cette contre-vérité ne soit entendue ou dite, en Côte d’Ivoire.

D’abord les indicateurs économiques et sociaux, ceux qui comptent le plus pour le peuple : selon l’UGTCI (Union Générale des Travailleurs de Côte d’ivoire), la plus ancienne et plus grande centrale syndicale ivoirienne, proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir de Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois ; le Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Louis Billon, lui, parle de 120.000 emplois détruits.

En réalité, avec les licenciements abusifs (exemple de la Présidence, plus de 1300 déflatés, des personnels des institutions de l’Etat et, bientôt, de la RTI qui projette la libération de 600 agents), les déguerpissements de commerces informels et d’habitat précaire (dans le cadre de l’« Opération pays propre » qui, curieusement, ne touche pas les communes RDR), la dissolution des Conseils généraux et l’annulation de 120 concours de la Fonction publique, il faudrait plutôt parler de 150 à 200.000 destructions d’emplois en 5 mois. Exactement, ce qu’il avait promis créer comme emplois, chaque année. Avec autant de sans abri enregistrés. Sans compter les arriérés de salaires de plusieurs mois au BNETD, dans les institutions et établissements d’Etat et au niveau des agents des forces de l’ordre.

Le Patronat ivoirien, avec à sa tête Monsieur Jean Kacou Diagou, lui, a annoncé, dans la période de gouvernance dont se targue le Premier ministre, une perte sèche – pour toutes les entreprises de droit ivoirien – qui s’évalue à la somme astronomique d’environ 1000 milliards de francs CFA. Plus de 400 PME et PMI ont été déclarées en faillite par Monsieur Diagou. Ont-elles été ressuscitées en 100 jours de gestion de Ouattara, quand sous Gbagbo elles existaient bel et bien ? Sûrement pas. D’ailleurs, seules les entreprises françaises ont eu droit à un début de dédommagement (et aux nouveaux marchés, de gré à gré) de la part du Chef de l’Etat. En rapport avec ses accointances élyséennes. Les ivoiriennes, elles, rongent encore leurs freins. Ouattara ne leur prête pas le moindre regard de compassion. En plus de leur devoir énormément d’argent : la dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de francs CFA. Il n’y a pas encore eu un début franc de décaissement.

Le taux de croissance, lui, est passé au niveau record et historique de -7,8% (abyssal), au lendemain du renversement du Président Gbagbo par les Forces spéciales françaises. Les institutions de Bretton Woods, récemment en mission en Côte d’Ivoire, n’envisagent qu’un relèvement de -5,8% fin 2011, pour la prévision la plus optimiste. Déjà deux fois pire que le taux de croissance enregistré par le Président Laurent Gbagbo en 2002-2003, en pleine crise militaro-politique. Rien que ça. La prévision la plus pessimiste pour la Côte d’Ivoire, fin 2011, étant de -7%. Y a-t-il comparaison possible ?

Ouattara annonce, en outre, un taux de 8% pour 2012 quand les plus brillants spécialistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international réunis prévoient, au meilleur des cas (et nous y insistons), 6% de croissance pour… 2014-2015 ! L’effet d’annonce, Ouattara adore ! Et berce ses suiveurs d’illusion. Il n’est pas possible qu’il ait fait mieux en 100 jours que Gbagbo en 10 ans. C’est mathématiquement impossible ! Et rien ne nous garantit, d’ailleurs, qu’il fera mieux en 5 ans de mandat ou même la moitié, en 10 ans.

Quand s’y ajoute l’exacerbation du racket, sur tout le territoire national, des commerçants, des transporteurs et des planteurs sur nos routes, dans nos ports et à nos frontières, on comprend aisément que bien d’opérateurs économiques étrangers se soient détournés de la destination Côte d’Ivoire et que l’économie peine à reprendre. La « Centrale » – le Trésor de l’ex-rébellion – est officiellement démantelée mais continue d’exister dans les faits et à détourner nos recettes douanières. Il faut bien que les ex-FAFN vivent. Ouattara ne leur a pas encore versé leur pécule de guerre (5 millions de francs CFA promis par combattant).

D’un autre côté, des centaines d’Ivoiriens sont toujours en exil ou déplacés de guerre. Pas moins de 270.000 d’entre eux sont hors de la Côte d’Ivoire, selon les chiffres des Nations Unies, dont 29.000 dans les camps du HCR, au comble du malheur et de la pauvreté. 450.000 sont déplacés, sur toute la surface du territoire ivoirien et dans les missions catholiques, selon les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés. Soit environ – en tout et pour tout – un peu moins d’un million d’Ivoiriens ! Qu’a fait Ouattara pour leur retour et leur réintégration ? Rien ! A part la remise de quelques vivres, aussi rares, insuffisants que ponctuels. Si nous nous trompons, qu’on nous démente. Il fait même déguerpir les camps des déplacés de Duékoué pour sa prochaine visite dans l’Ouest. Ouattara ne veut pas voir la misère dans laquelle il a plongé les Ivoiriens.

De sorte qu’actuellement, dans l’indifférence la plus absolue, l’Ouest du pays est dans la détresse et l’insécurité alimentaires les plus totales et ne doit sa survie qu’à la présence d’ONG comme « Action contre la faim » et celles citées plus haut. (A suivre).

 

DINDE Fernand AGBO

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353 du jeudi 27 octobre 2011.