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lundi, 06 février 2012

L’IMPACT DE LA PERTE DU TRIPLE A DE LA FRANCE SUR LES PAYS DE LA ZONE FRANC


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Le 13 janvier 2012, la France a vu son triple A voler en éclat. Qualifiée d’électrochoc par certains et de catastrophique par les autres, la perte du triple A suscite des commentaires en Afrique et principalement dans les pays africain de la zone franc (PAZF). Le présent article se propose de revenir sur cette perte du triple A de la France sous le regard africain.

1.    Une présentation sommaire des agences de notation


Une agence de notation désigne généralement une agence de notation financière et ne doit pas être confondue avec une  agence de notation sociale et environnementale. Une agence de notation désigne  une entreprise ou une institution chargée de la  notation financière des collectivités (Etats etc.) ou des entreprises selon certains critères définis par une réglementation ou par les acteurs du marché. La notation apparaît aux  Etats-Unis où se développe le marché financier aux  19e siècles. La  panique bancaire de 1837 fait ressentir le besoin d'évaluer la solvabilité des entreprises. En 1841,  à New-York naît The mercantile Agency, première société d'analyse financière de crédit.

Le développement des chemins de fer américain développe ce secteur : les importants investissements des compagnies ferroviaires nécessitent l'appel au  marché obligataire  auprès du grand public et des investisseurs institutionnels. John Moody crée en 1909 la Moody’s  qui vend ses études statistiques sur l'activité des compagnies ferroviaires.

Dans la foulée sont créées The Poor's Publishing Company (1916), The Standard Statistic Company (1922),  Fitch(1924, spécialisée dans la notation du secteur bancaire et communal), Duff & Phelps Corporation (1932, spécialisée dans la notation du secteur des compagnies d’électricité). La  grande dépression a conduit, dans les années  1970  à revisiter le métier des agences qui notent plus sévèrement et n'analysent plus simplement les créances à long terme (obligations) mais aussi à court terme (billet de trésorerie). Avec la mondialisation,  les deux principales agences américaines  Standard & Poor’s et Moody’s développent leurs services sur le marché international. Parallèlement se créent des agences nationales (la première en France en 1986 est l'ADEF, Agence d'évaluation financière) qui ne travaillent qu'à l'échelon local.

Les crises financières et bancaires à répétition ont fini par donner à ces agences, des pouvoirs absolus même si parfois leur diagnostic est mauvais.

Retenons simplement que ces agences de notation financière sont spécialisées dans ce que l'on nomme en anglais le « rating ». Elles se chargent d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs. Les emprunteurs, dans ce cas précis, peuvent être des entreprises privées ou publiques, des Etats, des collectivités locales comme les départements ou les régions, des communes.

Le rôle des agences de rating est de mesurer précisément le risque de non remboursement des dettes que présente l'emprunteur, on parle aussi de la « qualité de la signature ».

Quels sont donc les systèmes de notation de ces agences ?

Chaque agence de notation financière possède son propre système de notation. Schématiquement, les notes s'établissent de A à D avec des échelons intermédiaires. Ainsi, la meilleure note est AAA, c'est notamment celle des pays industrialisés (Etats-Unis, Allemagne, France etc.). Ensuite on trouve AA puis A chez Standard and Poor's, ou Aa, A, etc. chez Moody's.

On trouve également des notations intermédiaires : en effet, les notes peuvent être affublées d'un "+" ou "-" ou encore d'un "1" ou "2", etc. Ainsi on retrouvera des notations du type AA+, A-, Aa2, etc. Cela permet des classifications plus fines des différents emprunteurs.

Ces différentes notations peuvent être scindées en deux grandes familles : la catégorie "Investissement" ou "High Grade" contenant les notes comprises de AAA à BBB, la catégorie dite "spéculative" pour les notes inférieures.

Il faut également souligner que la notation est assortie d'une orientation à moyen terme permettant de situer un peu mieux la tendance à venir pour la qualité de l'émetteur. Dans certaines situations, on parle de "mise sous surveillance". En effet, les étapes les plus importantes de la vie des sociétés (acquisitions, fusions, investissements très importants...) sont susceptibles de modifier fortement leur physionomie.

2.    Les conséquences de la perte du triple A pour la France


Pour aborder la question portant sur les conséquences de la perte du triple A en France, il semble nécessaire de présenter avant l’impact de la notation des agences de notation.

Pour une entreprise  qui cherche à se financer, la notation obtenue sera déterminante pour les conditions de l'opération. Que ce soit par financement bancaire ou par émission d'obligations sur le marché, plus la note sera élevée et plus l'entreprise trouvera des fonds bon marché à des taux d'intérêt faibles.

A l'inverse, une mauvaise note signifiera un taux d'intérêt plus élevé et des difficultés pour mettre sur pied un financement. La différence de niveaux entre les taux d'intérêt constituera la prime de risque.

Le problème devient notamment important pour les Etats ou les sociétés situées dans la catégorie "spéculative". Les investisseurs institutionnels, principaux pourvoyeurs de fonds du marché, ne prennent pas de risques et n'investissent pas sur ce type de valeurs. Boucler une émission obligataire pour une telle société devient dès lors difficile.

La note n'est pas figée et évolue tout au long de la vie des obligations par exemple. Une révision de la note à la baisse peut faire baisser le cours du titre visé. De même, un changement d'évaluation à la hausse peut faire monter le cours. Les investisseurs sont très attentifs aux modifications de notes ou aux mises sous surveillance des titres.

Enfin, il est important de souligner que les notations attribuées ne sont en aucun lieu des recommandations d'achat ou de vente de titres, il s'agit uniquement de l'estimation du risque de solvabilité à un instant donné et mesuré de manière statistique.

Concernant la France, la perte du triple A  a deux  types de conséquences pour le pays : les conséquences politiques et les conséquences économiques et financières.

Sur le plan politique, l’annonce du vendredi 13 janvier, sonne comme une gifle pour Nicolas Sarkozy. En effet, le président Sarkozy a tellement fait du maintien du triple A français un marqueur politique, que sa perte lui revient comme un boomerang.  Depuis trois ans, le chef de l'Etat fondait son action économique sur le maintien du triple A. Il en avait fait une affaire personnelle, un test de son volontarisme. Une réforme des retraites, deux plans de rigueurs en l'espace de quelques semaines, des hausses d'impôts ciblées puis généralisées, tous ces sacrifices étaient justifiés au nom du maintien du triple A, accordé à la France depuis qu'elle est notée (en 1975) et qu'elle n'a jamais perdu depuis.  Dans le combat de rivalité qu’il a engagé entre la France et l’Allemagne, le coup est d'autant plus dur que l'Allemagne conserve la note maximum, consacrant ainsi le décrochage de la France par rapport à son principal partenaire. Le président Sarkozy est tout simplement « KAO débout ».

Le président et candidat du MoDem, François Bayrou, a ainsi estimé que cette dégradation signait l'échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy - en substance, "avec moi on garde le triple A avec les autres on le perd."

Pour François Hollande «  Ce n’est pas la France qui est dégradée mais la politique de Nicolas Sarkozy ».
Il est fréquent d’entendre que le président Sarkozy a commis une triple erreur.

Premièrement, une erreur de méthode. La méthode qui consiste à multiplier les annonces pour occuper le terrain de la réforme et du «courage»  a perdu le président Sarkozy. Car celles-ci peuvent donner, au contraire, l’image de «l’agitation» que Nicolas Sarkozy fustige par ailleurs; accréditer l’idée d’une parole forte suivie d’une action faible; et surtout s’annuler.

Deuxièmement, une autre erreur  a consisté à encourager Claude Guéant dans sa chasse aux voix lepénistes, au motif que, là, seraient les vraies questions posées par les vrais gens. Or, c’est quasiment une ligne directe d’approvisionnements du vote Le Pen qui a été construite; et l’offensive de Nadine Morano contre Marine Le Pen vient bien tard.

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vendredi, 20 janvier 2012

UN NOIR VENDREDI 13: LA FRANCE ET NICOLAS SARKOZY «DEGRADES»


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Le vendredi 13 janvier 2012 est venu en rajouter à toutes les superstitions fantaisistes sur cette date « singulière ». Un authentique vendredi noir qui a vu la dégradation en cascade de plus de la moitié des pays européens membres de la zone euro (9 sur 17), victimes d'une gouvernance européenne non concluante qui plonge une bonne partie de l'Europe dans l'incertitude et les lendemains improbables. Oui, le couperet, après plusieurs mois de tergiversations et de circonlocutions, est tombé, dru : La France a perdu son triple A, avec une perspective négative, et bien d'autres pays ont été dégradés. Mais pas l'Allemagne qui conserve une perspective stable. « Une double claque pour le gouvernement français », comme dit le journal français Le Figaro.

L'agence de notation américaine Standard & Poor's (S&P) qui a infligé cette sanction à l'Europe portait ainsi un regard des plus sévères sur les institutions et les dirigeants européens qui, au terme de multiples sommets de dernière chance, ne sont finalement pas parvenus à apporter des solutions suffisantes à la crise de la dette qui frappe de plein fouet la zone euro.


Le plus grand grief de l'agence de notation contre les européens, c'est le fait de fonder leurs réformes et mesures de sortie de crise financière sur la seule et unique austérité budgétaire, contre productive et non compétitive. L'Europe, en ne donnant pas ainsi de garantie de croissance et de compétitivité aux marchés financiers, devient peu sûre et tombe tout logiquement sous le coup d'une décision implacable qui dégrade sa compétitivité.


Elle épingle, en outre, l'insuffisance des ressources constituant les fonds de secours de la zone euro, et - pour bien faire les choses -, dégrade aussi d'un cran le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), véritable fonds de soutien - si ce n'est de salut - européen, trois jours seulement après avoir dégradé les pays européens (le lundi 16 janvier 2012) et après que l'Allemagne ait marqué sa volonté de ne pas le renflouer, rendant inévitable la nouvelle sanction de Standard & Poor's.


Cette notation de l'agence américaine est un véritable camouflet, un revers cinglant, pour Nicolas Sarkozy qui avait toujours présenté ce triple A comme un « trésor national » et qui confiait en coulisse : « Si on perd le triple A, je suis mort », « il faut qu'on garde, coûte que coûte, le triple A ». François Fillon, le Premier ministre français, était même péremptoire : « La perte du triple A, c'est la ruine de la France ». Eh bien, c'est fait ! Le socialiste François Hollande ne fait pas la fine bouche : « C'est une politique qui a été dégradée, pas la France ». Pour Dominique de Villepin, c'est « l'échec d'un quinquennat, l'échec d'un choix, le choix d'ouvrir les vannes de la dépense ». Le parti de Nicolas Sarkozy, l'UMP, relativise l'information qu'elle affirme ne pas être une catastrophe et rebondit sur le maintien du triple A de la France par les agences de notation Moody's et Fitch Ratings qui constituent avec S&P (la plus ancienne et la plus influente sur les marchés financiers de la planète), une oligopole devenue incontournable, depuis une vingtaine d'années, pour les investisseurs du monde entier. Moody's et Fitch maintiennent, certes, le triple A de la France mais, à la vérité, elles la tiennent (la France) à l'œil pour les prochains mois et il ne faut pas se faire d'illusions, elles dégraderont bel et bien la dette souveraine française, tout comme S&P. C'est juste une question de temps. Tout simplement parce que la France ne dispose d'aucun mécanisme pour rebondir avant plusieurs années. Elle n'offre aucune garantie de croissance, en ce moment. Sa seule matière première : l'austérité, la rigueur, la cure d'amaigrissement drastique. Pas précisément faites pour relancer l'économie. Vous parlez d'un cercle vicieux !


En réalité, la France et singulièrement Nicolas Sarkozy, sont victimes d'une longue tradition de gouvernance nationale chaotique et de gestion internationale apocalyptique. D'une part, depuis 32 ans, tous les budgets de la France sont en déficit. Le dernier en équilibre se trouvait être sous Valéry Giscard d'Estaing. En clair, cela remonte à une petite éternité. D'autre part, l'on se souvient encore des récentes croisées de ce pays, en Afrique, qui ont fait des milliers de morts en Côte d'Ivoire et en Libye, ainsi que des destructions immenses, innommables qui, au final, n'ont fait tomber aucune véritable dividende dans l'escarcelle d'un Hexagone en faillite, qui s'agrippe avec le désespoir d'un damné pour ne pas descendre dans les profondeurs abyssales, quitte à déglinguer au passage des Etats tranquilles, souverains et qui ne demandent qu'à décider, sans intrusion ni ingérence, de leur propre histoire. Elle fait, actuellement, la cour à la Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, avec la visite remarquée du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Il faut d'ores et déjà craindre pour la Birmanie, dans les mois à venir. Car la « communauté internationale » a choisi son candidat.

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La France doit redevenir humble, réaliste et conséquente envers elle-même : on ne mène pas grand train de vie quand on est paumé. Pour parler trivialement. C'est le bon sens même ! Nous le disons une fois de plus : la France doit revoir ses prétentions à la baisse, seule voie de sortie. Et de salut. Et transformer son modèle économique, non compétitif, ainsi que son modèle de société, trop coûteux, en socle de stabilité et de croissance.  Pourquoi un Etat qui est loin d'avoir les performances d'une Allemagne bonne élève, première puissance économique d'Europe, possédant une armée modeste, sans base militaire à l'extérieur et résolument au travail, prétendrait-il entretenir plus de 10 bases militaires en dehors de son territoire et se payer le rythme de vie qui est le sien, en ce moment ? Avec quelles ressources les ferait-il fonctionner et avec quoi maintiendrait-il son modèle de société actuel quand l'économie nationale part en vrille ?

La France ne peut continuer à vivre au-dessus de ses moyens au point d'arrimer le simple fonctionnement de l'Etat à un endettement excessif. Point des comptes : 1700 milliards d'euro de dette à la fin du troisième trimestre 2011. Plus de 85% du PIB. Phénoménal. Déprimant. Pour autant, elle dispose encore de trois voies possibles pour éponger cette lourde créance : une forte inflation (spoliation des épargnants ; ce qui n'est pas souhaitable), une forte croissance, ou une hausse significative des recettes publiques. La France ne peut envisager aucune d'elle. A tout le moins, pour l'heure. Elle n'en a pas les moyens.

Pour ne pas avoir voulu se soumettre à cette règle élémentaire d'économie, le pays de Nicolas Sarkozy s'est offert, avec sa bénédiction, « poings et pieds liés aux marchés financiers », comme le dit si bien Monsieur Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche. Cette dégradation d'un cran de la dette souveraine française, avec perspective négative, n'est en réalité que le premier maillon d'une chaîne déclinante qui verra la descente aux enfers de la deuxième économie d'Europe. Une déchéance bien amorcée pour la décennie. Pour la simple et bonne raison que Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs ont pris toutes les décisions et instauré toutes les réformes sauf la seule qui vaille : cesser de vivre de l'économie de prédation et des guerres démocratico-humanitaires - qui ne sont rien d'autre en réalité qu'impérialistes et ne représentent pas la vraie richesse du pays - et se mettre résolument au travail comme l'Allemagne. Mais pour y arriver, il faut une bonne dose d'humilité que n'a pas la France.

L'Allemagne pour rappel, dans l'optique d'atteindre une industrialisation et une force de production suffisantes pour booster son économie, ainsi que son développement, et se mettre au large, avait adopté une réforme baptisée en allemand « Feuille de patate » : c'est-à-dire serrer la ceinture, vivre selon ses moyens, quitte à manger de la patate et des feuilles de patates. Or, Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat français chargé du Commerce extérieur, sur le plateau de l'émission « Mots Croisés » de France 2, ce lundi 16 janvier 2012, l'a dit sans détours, bien qu'étant membre du gouvernement d'un pays au bord du précipice : « La France n'ira tout de même pas jusqu'à manger des feuilles de patates ! ». Très révélateur de l'état d'esprit d'un peuple imbu et suffisant (tous les français ne le sont pas, heureusement), peu disposé au sacrifice. Surtout quand ce sont les plus faibles qui doivent payer, pendant que le CAC 40 distribue des milliards d'euro de dividendes, profits dont le montant s'élève à 12 fois ses charges fiscales réelles payées à l'Etat français, selon Monsieur Jérôme Cahuzac, Président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Chargé du pôle budget et fiscalité dans l'équipe de campagne de François Hollande.

Espérons que « la grande France » trouve les solutions idoines à son mal, un mal profond qui risque de l'emporter, irrémédiablement. « ADO Solutions », qui a juré la main sur le cœur avoir une réponse à chacun de nos problèmes, pourrait même lui prêter main forte s'il parvient à se sortir des sables mouvants ivoiriens dans lesquels il est lui-même empêtré, depuis bientôt dix mois, nous donnant le net sentiment de naviguer à vue et de conduire le navire Ivoire dans les rochers, à l'image du commandant Francesco Schettino du bateau de croisière Costa Concordia, échoué vendredi dernier (13 janvier !), aux larges de l'île de Giglio (Ouest de l'Italie).

Compétitivité et mise en ordre des finances publiques - et nous ajouterions volontiers « mise à plat de l'ego surdimensionné de la France » - paraissent être les seules issues objectives qui s'offrent à un Nicolas Sarkozy, groggy, qui ne peut pas plus mal commencer sa campagne présidentielle 2012. Au-delà des euphémismes de rigueur pour ne pas perdre son aplomb. En attendant, les Ivoiriens pleurent, dans la plus grande indifférence du gouvernement ivoirien, le décès du ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, le père du « budget sécurisé » et du « budget de sauvegarde » qui nous ont donné de grandes fiertés, nous épargnant de nous inscrire dans la mendicité internationale, option résolument affichée du nouveau régime d'Abidjan. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 420 du jeudi 19 janvier 2012.

dimanche, 27 novembre 2011

POUR JACQUES ATTALI, LA FRANCE A DEJA PERDU SON TRIPLE A

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L'économiste Jacques Attali

 

Erreur technique, manipulation, lapsus ? La diffusion à certains de ses abonnés d'un message annonçant la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's (S&P), une des trois agences de notation, a semé la panique au sein du gouvernement français.

Ce ne serait qu'une « erreur technique » assure l'agence, « qui va mener une enquête ».

Le triple A (AAA), la meilleure dans l'échelle de notation, permet - théoriquement - à la France d'emprunter de l'argent sur les marchés pour financer sa dette à des taux raisonnables. Mais L'Allemagne, également gratifiée d'un triple A, emprunte à des taux bien plus intéressants que la France, expliquait Jacques Attali, ancien patron de la Berd, jeudi dans La Tribune.

Ce vendredi matin sur Europe 1, il enfonce le clou :

« Quand on regarde le taux de l'emprunt d'Etat à dix ans (supérieur à 3%) et l'évolution du spread France-Allemagne [écart sur les emprunts d'Etat à dix ans passés de 40 à 120 points de base], la dette française correspond à une note AA. »

« C'est juste une question de timing... »

Pour le président de PlaNet Finance, ex-conseiller et « sherpa » de François Mitterrand, auteur d'une mission pour Nicolas Sarkozy (comment débloquer et réformer la société française), il s'agit juste d'une question de timing :

« Peu importe [cette erreur, ndlr], c'est symbolique, c'est un peu comme un journal qui publie une fausse nouvelle, se reprend, puis après on apprend que la nouvelle était vraie. »



Une crise "plus grave qu’on ne le dit" par Europe1fr

 

Jeudi, après l'entretien dans La Tribune, Valérie Pécresse, ministre du Budget s'était offusquée :

« Des propos de ce type sont irresponsables car ils sont faux : aujourd'hui nous faisons tout pour garder ce triple A. Dire que le triple A est déjà perdu, se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable. Et c'est démobilisateur pour des Français à qui nous demandons de faire davantage d'efforts. »

Accusé de devenir un « militant pro-Hollande » par Patrick Ollier, ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacques Attali va bientôt se voir accusé d'être responsable de cette « tragédie ». Le premier qui dit la vérité...

Il n'est pourtant pas le seul à voir l'avenir économique de la France en noir. La Commission européenne estime que le budget de rigueur de la France ne suffira pas. Les prévisions de croissance de 1% sont surévaluées, et la Commission table plutôt sur 0,6%.


Source : RUE 89

17:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, europe, triple a, échelle de notation, spread france-allemagne, jacques attali, standard and poor's, (s&p) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |