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lundi, 31 décembre 2012

LETTRE DE FIN D’ANNEE A MONSIEUR ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA - MESSAGE A LA NATION 6 AOUT 2012.JPG

 
 
Monsieur Alassane Dramane Ouattara,
 
 
Par la présente, je viens vous parler comme votre entourage et vos associés ne l’ont jamais fait et ne le feront certainement pas, par manque de patriotisme, voire par manque de nationalisme vrai, par peur et parce qu’ils veulent ‘manger’.

Par le passé, j’avais pensé que vous alliez vous ressaisir dans votre envie féroce d’assassiner tous ceux qui ne pensent pas comme vous.  Mais, avec les événements, j’ai compris que vous ne méritez pas de bénéfice du doute.
 
D’ABORD, L’HONNETETE INTELLECTUELLE M’OBLIGE A RECONNAITRE «VOTRE CONSTANCE DANS LA DESTRUCTION», VOIRE «VOTRE CAPACITE DE NUISANCE».

Tout de suite, rappelons quelques faits qui exposent votre état psychique d’assoiffé de sang et de pouvoiriste  incomparable.
 
Premier ministre du mouton (du moins du bélier de Yamoussoukro), vous avez mis les Ivoiriens à la rue à travers les P.A.S (Programmes  d’Ajustement Structurel que je définis comme suit : Programmes d’Appauvrissement Structuré), reçus depuis les Institutions de Bretton Wood.  Vous avez, en ce temps-là, et avec vos amis, « vendu et racheté » plusieurs compagnies qui appartenaient à l’état au « nom » de la privatisation.  La célèbre loi « anti-casseur » était aussi l’une de vos potions magiques qui devaient maintenir la Côte d’Ivoire sous votre contrôle.  Il y a eu des centaines de prisonniers en 1992.  La carte de séjour, encore une de vos trouvailles pour soi-disant « renflouer les caisses de l’état » (votre mot).
 
A la mort du bélier qui vous a « importé et imposé » aux Ivoiriens, sans aucune cure, vous aviez tenté un coup d’état constitutionnel.  Votre échec fut la conséquence de la vigilance de votre allié d’aujourd’hui,  Konan Bédié (adepte de « l’éléphant blanc ») qui, à son tour, avait demandé aux Ivoiriens de se mettre à sa « disposition » comme dans un sérail. 
 
Vous avez également crié, sur tous les toits, que vous détruirez la Côte d’Ivoire si… Et, vous y êtes arrivé.  Or, sous d’autres cieux, avec ces propos, vous auriez été arrêté et condamné pour une longue période au moins, si ce n’est pas la condamnation capitale.
 
Depuis votre première venue dans le champ du microcosme politique ivoirien, le « BIEN-ÊTRE » de l’Ivoirien ne vous a jamais préoccupé.  A travers la carte de séjour, vous avez lézardé le mur de la cohésion qui existait entre les Ivoiriens et les Africains résidant en Côte d’Ivoire.  Avec votre rattrapage ethnique, vous ne trompez qu’une frange de la population pour servir vos maîtres basés à Paris, à New York…
Pensez-vous faire du bien aux ressortissants du nord ivoirien avec votre politique d’exclusion et tous les abus devenus moyens de gouvernance ? 
 
Encore en arrière, vous disiez que l’on refusait votre candidature parce que vous êtes un musulman et les adeptes de la fameuse « charte du nord » ont applaudi, crié à gorge déployée et dansé avec joie, sans comprendre le sort, le mauvais sort que vous leur réserviez.  Car, vous ne serez pas là éternellement pour pourvoir à leur sécurité ou à leur protection individuelle et tribalique. 

Avez-vous idée de la haine que vous avez inoculée en chaque enfant, en chaque femme, en chaque homme qui a perdu ses parents sous les coups de machette et autres armes de vos assassins importés du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Nigeria et des savanes ivoiriennes ? 
 
Pensez-vous que c’est en se mettant à genoux devant les cameramen que votre majordome, j’allais dire votre bouffon, Konan Banny, va ré-con-ci-lier les Ivoiriens dont vous abusez l’hospitalité? Erreur !
 
Croyez-vous que c’est la mise en liberté provisoire de quelques prisonniers politiques qui va cicatriser la profonde plaie que vous avez créée? Erreur!

ENSUITE, JE VOUS DEMANDE DE VOUS REVEILLER DES MAINTENANT.

Sachez qu’il y’a des dires ou des proverbes qu’il ne faut pas négliger.  Par exemple : « Qui tue par l’épée, mourra par l’épée ».  Les exemples historiques à ce niveau sont légions et je n’ai pas l’intention de les ressasser. Question de temps et d’espace.
 
Avec vous, la Côte d’Ivoire a connu une rébellion très sanglante.  Les enlèvements, les tortures de tous les genres et les exécutions extra-judiciaires continuent malgré votre « victoire » taillée sur mesure par la France, l’Amérique d’Obama et leurs alliés.  Vos assassins prennent tout aux autochtones.  Les propriétaires terriens deviennent étrangers chez eux. Les Mossi, les Maliens, les Nigériens et les Nigérians deviennent des chefs des villages et des cantons.  Malgré tout cela, vous êtes entre deux avions chaque semaine, parce que vous ne pouvez pas et ne pourrez pas gouverner.
 
Vous n’obtiendrez pas le titre de roi que vous recherchez avec toute votre névrose et votre ego torturé par certains manques que vous n’arrivez pas à satisfaire.  La reconnaissance que vous courez après vous échappe chaque jour et votre état de santé se détériore davantage. 
 
Retournez là d’où vous êtes venu pour endeuiller la Côte d’Ivoire, partez et ne revenez plus jamais.  Ceci est la seule et dernière issue qui vous reste si vous voulez bien vivre vos derniers jours.
 
Enfin, pour ne point augmenter vos soucis à travers mes lignes, je serai très court dans mes propositions :
 
SIMPLEMENT, RENDEZ LE TABLIER DES MAINTENANT! 

La tyrannie ne taira jamais l’ardeur des Ivoiriens.  Vous pensez connaître les Ivoiriens ?  Non ! Vous ne connaissez que ceux qui ne vivent que pour manger et donc qui vous vendent leur honneur, leurs êtres, leurs familles et leurs terres pour des promesses que vous ne tenez pas.  Car, « les pluies de milliards » promises hier, refusent de tomber.  C’est la sécheresse du côté de ceux qui chantaient « ADO solutions ».
 
LA COTE D’IVOIRE NE VA PAS CONTINUER DE MARCHER AU RYTHME DE VOTRE ETAT MALADIF!

Il est certes vrai que les rêves constituent ce qui transforme le monde, mais vous devez savoir qu’ils ne sont pas tous réalisables et ce n’est pas tout rêveur qui devient un grand bâtisseur.
 


SYLVAIN DE BOGOU,
(Écrivain, Journaliste & Analyste des R.I). Livre à paraître bientôt : « Afrique et Défis ».
 

jeudi, 19 août 2010

COTE D'IVOIRE: FPI, TRAGEDIE D'UN PARTI QUI INCARNAIT L'ESPOIR

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On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n'est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n'est‐ce pas là l'une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d'Ivoire après l'ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d'une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l'ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët‐Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d'Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d'Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne‐pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d'espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d'ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu'ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J'ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d'Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d'expérience, j'ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu'il ait une seule fois dit qu'il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C'est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd'hui au sein du FPI, et partant en Côte d'Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n'en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l'étaient hier M. Houphouët‐Boigny et M. Konan Bédié, de l'ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N'est‐ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l'abcès ? Alors pourquoi s'émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l'émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons‐nous pour la dignité du Noir, et de l'Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu'ils placent la Côte d'Ivoire au centre ou au‐devant de leur vision politique.

Aujourd'hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d'Ivoiriens ont embarqué, s'est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio‐économique. Au FPI, de l'idéalisme socialiste prometteur, l'on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l'Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d'Abidjan et d'ailleurs.

C'est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d'intérêts à la Côte d'Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire », pour parler comme le Président de l'Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l'idée, du moins porte à convaincre qu'ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d'Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien‐être des Ivoiriens. Le seul problème ou l'un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l'enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d'hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu'à l'espoir. (A suivre)


Sylvain de Bogou,

Directeur de la Rédaction, Le Filament.

sylvaindebogou@yahoo.com

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


Prochainement :

Le FPI, un parti gangréné et aux lendemains incertains.


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15:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, fpi, le filament, sylvain de bogou, léandre sahiri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 13 janvier 2010

LIVRE-NOUVELLE PARUTION: "AGIR POUR LA VICTOIRE DE LAURENT GBAGBO"

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Auteurs : Léandre Sahiri, Sylvain de Bogou et Serge Grah

Editions Kasimex

Couverture : Quadri Recto / Verso, pelliculé. Format  A5, 56 pages.

 

Léandre Sahiri : C’est avec un grand et réel plaisir que je vous annonce la sortie de mon nouveau livre intitulé : « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo », écrit en collaboration avec Sylvain de Bogou, journaliste et écrivain à Londres et Serge Grah, journaliste et chargé d’édition, Chroniqueur littéraire, à Abidjan. Ce livre est paru aux Editions Kasimex, en France, et imprimé pour les besoins de la cause en Côte d’Ivoire. Il est disponible en librairie depuis le 08 janvier 2010.

Pourquoi ce livre ?

Nous publions ce livre, à l'approche de l'élection présidentielle, en vue de mieux faire connaître le candidat Laurent Gbagbo, ses actions, ses idées, sa vision de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et du monde. Et ce, à travers sa biographie, ses interviews, ses discours, ainsi que des témoignages et des prises de position de personnalités diverses. Parce que nous estimons que, de tous les candidats, M. Laurent Gbagbo est, inexorablement, en dépit des errements et des imperfections de son régime, le Président idéal pour diriger notre pays, dans l'état actuel où il se trouve.

En effet, faisant fi des sirènes de milliards qu’on nous promet, nous avons choisi de publier ce livre pour convier nos compatriotes à soutenir M. Laurent Gbagbo, à agir, à participer activement à sa campagne électorale, et, par-dessus tout, à lui accorder leurs voix pour sa victoire, notre victoire. Car, un autre choix nous défavoriserait.

Mais, au fait, qu’entendons-nous par : « agir » ? Pourquoi agir pour la victoire de Laurent Gbagbo? Comment agir pour gagner ? Faut-il désespérer de la « refondation » ? Pourquoi un choix autre que Laurent Gbagbo nous défavoriserait-il ?...

Vous aurez toutes les réponses à ces questions, en lisant « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo ».

Par la même occasion, nous vous annonçons que la présentation officielle du livre et des séances de Dédicace sont prévues. Nous vous en tiendrons informé(es).

Avec mes compliments.

Léandre Sahiri

 

Les auteurs :

 

Léandre Sahiri. Docteur ès lettres de l'Université de la Sorbonne, Paris. Professeur de Littérature. Critique littéraire... Il a enseigné dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d'Ivoire et au Canada. Il est l’auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d'actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l'anglais ; Monica ou De l'injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes, etc.

 

Sylvain de Bogou est journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l'anglais et le français. Il est titulaire d'un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d'enseignant-chercheur. Il est l'auteur de plusieurs articles de presse et d'un recueil de poèmes Unfinished Symphony qui vient de paraître aux Editions AuthorHouse, en Angleterre.

 

Serge Grah est journaliste et chargé d’édition dans une maison d’édition en Côte d’Ivoire. Chroniqueur dans le magazine littéraire ivoirien Point de Lecture. Ambassadeur Universel de la Paix. Il est l'auteur, de Kolou le chasseur (Littérature enfantine) et Une saison au purgatoire (poèmes).

 

Distribution / Diffusion :

Librairie Carrefour Siloe (Cocody Saint-Jean)

22 Boulevard de France – 08 BP 326 ABIDJAN 08 (Côte d’Ivoire)

Tél. 00 225 22 44 23 70 / 00 225 22 44 81 71

Fax : 00 225 22 44 54 96

 

Contact :

Pour plus d’informations et pour commander ce livre, contacter : Mlle Honorine Koudou 

Par Tél. : 00 225 07 21 57 70 / 00 225 01 17 38 55

samedi, 21 novembre 2009

ET DE SEPT POUR LEANDRE SAHIRI!

LIVRE ACCUSATIONS.JPG

Léandre Sahiri, un auteur prolifique! Et de sept pour le brillant homme de lettres ivoirien. Pour vous donner une idée de la grande richesse et de la qualité de cette dernière production, je vous en propose (ci-dessous) la préface. Un texte signé Sylvain de Bogou*. Bonne lecture!

 

 

 

Il est d’abord à remarquer que Léandre Sahiri a pondu une oeuvre dense, intéressante à lire et à enseigner.

 

Au total, 43 poèmes mis à notre disposition et qui révèlent l’une des multiples facettes de cet éternel insatisfait, de cet écrivain prolixe et iconoclaste aux sources d'inspiration variées, spécifiquement intéressé par la promotion des valeurs humaines et rêvant du meilleur des mondes possibles...

 

Au commencement, le poète, en une réflexion interrogative, accuse, nous accuse et s’accuse lui-même,  dans le premier poème éponyme qui justifie bel et bien du titre du recueil « Accusations » :

« Pourquoi toujours trouver

En autrui

Le responsable de nos maux ? »

 

Et, comme répondant, lui-même, à cette interrogation, il lance une invite à chacun et à chacune de nous : face à toutes crises, nous devons  effectuer, en toutes circonstances, une réelle introspection individuelle et, si besoin est,  collective, en vue de trouver les causes de nos maux et les cures idoines :

« Au lieu d’accuser les autres

Accusons-nous 

Nous-même

D’abord ».

 

Dans le même ordre d’idées, et utilisant la parole de Zarathoustra, du moins feignant de se dissimuler derrière ce personnage mythique, Léandre Sahiri nous somme instamment de puiser résolument en nous-mêmes les ressources suffisantes et nécessaires pour trouver les solutions à toute crise que nous vivons. En d’autres termes,      

« … chacun de nous… (doit)

… se confronter à

Sa propre guerre intérieure… ».

 

Le deuxième poème du recueil, notamment « Zarathoustra », ouvre la page des dénonciations des manipulations politiques, domaine dans lequel d’ailleurs Léandre Sahiri excelle.

 

De ce point de vue, on lira avec intérêt les poèmes suivants : « Il n’y aurait pas de guerre » où il accuse les dirigeants d’avoir beau jeu d’allumer partout des foyers de tension (guerres, rebellions…), pour ensuite envoyer à l’abattoir les enfants des autres et faire semblant de jouer aux pompiers, alors que c’est eux les pyromanes ; « Mal à l’Afrique » où il accuse les Africains d’être les premiers ennemis de l’Afrique et de favoriser, consciemment ou inconsciemment, la spoliation et la paupérisation du continent, berceau de l’humanité et de la civilisation, terre qui, on ne peut le nier, regorge de ressources et de richesses (or, diamant, cacao, bauxite, manganèse, coltan, agrumes...) et qui, cependant, est en proie, on ne peut le nier non plus, à d’énormes difficultés… :  trop de problèmes, trop de manques, trop de souffrances, etc.

 

Dans un tel contexte environnemental, on en vient à se demander : la vie a-t-elle encore un sens ? (Ou plutôt) comment donner du sens à la vie ?

 

Cette question fondamentalement existentielle, Léandre Sahiri nous invite à la reposer dans ses poèmes « Zégloubèdè», « Comme des moutons », « Là-bas dans mon pays », « Insomnie », « L’Inutile », « Décrétale d’exil », « A mon peuple »…, dont les personnages pourraient être l’un ou l’une ou l’autre d’entre nous.

 

LEANDRE SAHIRI.JPG

 

Par exemple, on pourrait imaginer aisément que, lorsqu’il nous accuse d’encombrer nos vies de choses  inutiles et de nous accommoder de « l’inutile », lorsqu’il célèbre l’idéal politique dans « A Gabriel Péri »…, ou bien lorsqu’il stigmatise les dérives de la jouissance du pouvoir dans « Nguur » et « Inconscience », Léandre Sahiri fait un clin d’œil particulier, voire donne une griffe, à ses camarades de lutte d’hier, parvenus à la haute marche de l’échelle sociale et étatique, aujourd’hui aux commandes dans son pays d’origine, qu’il accuse de

« Brader

Nos idéologies communes

Hier avec hargne défendues

Et aujourd’hui

Par les réalités de la jouissance du pouvoir

A rude épreuve mises »

Par-delà les thèmes, ce qu’il nous paraît intéressant de souligner dans « Accusations », c’est l’abondance des symboles et des images ; c’est également la grande maîtrise de la langue, ainsi que la qualité du langage de l’auteur.

En effet, Léandre Sahiri refuse volontiers le langage ésotérique qui empêche bien souvent de s’immerger dans une œuvre poétique. Il  a, dans « Accusations », choisi de s’exprimer dans un langage simple et accessible à tous. Il brise ainsi les « murs sécurisés » qui entourent la poésie classique.

Sans doute, veut-il, en procédant ainsi, loin d’enlever à la poésie son essence et sa substantifique moelle, faire de ce genre d’écriture quelque chose qui rime avec notre temps et nos réalités.

 

Sans doute, veut-il, en sa qualité de professeur de Lettres et critique littéraire, prôner une poésie d’actualité qui aborde directement les sujets, sans détours, sans faux-fuyant, sans accroche-cœur, sans sourciller, en toute liberté…

 

Le recueil est, comme nous l’avons souligné plus haut, immense et dense. Et, il n’est pas dans nos forces de prétendre en épuiser la présentation en quelques pages. D’ailleurs, tel n’est pas l’objet d’une préface.

 

Cependant, il nous semble impérieux et important de préciser  qu’on ne sort pas vierge de la lecture de cet amas d’« accusations ». C’est une machine qui transforme et façonne, profondément, positivement, du moins à notre avis. Chacun ou chacune s’y retrouve. On y est parfois surpris par des révélations qui nous touchent, qui nous concernent singulièrement, au point qu’on est, de temps à autre, amené à se demander si, avant d’écrire, Léandre Sahiri, éventuellement, ne nous espionne pas, ou n’enquête pas sur nos vies privées.

 

En tout cas, ceci, entre autres aspects, impose « Accusations » comme une grande oeuvre littéraire que nous apprécions et dont nous avons plaisir à recommander la lecture.

Sylvain de Bogou*

Londres, mai 2009

 

* Sylvain de Bogou est  journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l’anglais et le français. Il est titulaire d’un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d’enseignant-chercheur. Pour son franc-parler dérangeant, son non-conformisme, son engagement politique…, ou on l’approuve, ou on le réprouve. Sa soif de savoir le « contraint » à s’intéresser à presque tous les domaines de la connaissance. Il déclare avoir deux ennemis jurés qu’il combat de toutes ses forces, à savoir l’ignorance et l’injustice. Il est l’auteur de plusieurs articles de presse et d’un recueil de poèmes qui vient de paraître « Unfinished Symphony ».

21:06 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léandre sahiri, accusations, poèmes, écrivain ivoirien, sylvain de bogou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |