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vendredi, 17 février 2012

ALORS QU'IL VIRE UN MILLIER D'EMPLOYES, LE DG DE LA SOTRA RECRUTE SUR FOND TRIBAL


MEITE BOUAKE. DG PAR INTERIM DE LA SOTRA.jpg

La Société des transports abidjanais (Sotra) reste sous les feux des projecteurs depuis plus d'une semaine avec le licenciement de plus d'un millier de travailleurs. Seulement, cette vraie fausse mesure de «redressement» de l'entreprise cachait mal une vaste opération de recrutement sur fond tribal. Les preuves d'une scandaleuse dérive managériale.

On se demande bien si le monde est à l'envers sous ce régime. Des intérimaires qui s'arrogent des superpouvoirs pour renverser tous les fondements socioprofessionnels en Côte d'Ivoire. Hier, c'était à la Rti où le Dg par intérim, Aka Sayé Lazare, renvoyait plus de 300 agents professionnels et expérimentés, pendant qu'il recrutait la «main d'œuvre» bon marché à Tci, Al Bayane, Radio CI piratée, TV Notre Patrie (Bouaké)... Aujourd'hui, c'est au tour de Méité Bouaké, DG par intérim de la Sotra d'en faire autant. Au moment où il vire 1219 agents (des machinistes aux cadres supérieurs), Méité Bouaké recrute à satiété, et de surcroît sur fond tribal dans l'esprit de «rattrapage» prôné par Alassane Ouattara.

Officiellement, ce sont une soixantaine de «notes de service» qui informeront le personnel des nouveaux recrutements faits par le DG intérimaire, au moment où il parle de difficultés de trésorerie. Devant l'indignation du personnel vis-à-vis de ces embauches, Méité Bouaké va adopter une autre méthode. A savoir un recrutement silencieux, sans ameuter la troupe. Ainsi donc, ces recrutements se poursuivront sans que le personnel n'en sache rien. Puisque plus aucune note de service, avec pour objet «tournée de connaissance d'entreprise», synonyme de nouvelle embauche, ne circulera.

Des recrutements sur fond tribal

Selon les informations en notre possession, Méité Bouaké, DG par intérim de la Sotra, depuis sa prise de fonction jusqu'à ce jour, a procédé à plusieurs dizaines de recrutements. Les éléments de preuves en notre possession l'indiquent. Notamment, les recrutements de Mlle Silué Adjaratou Somondéné, matricule 14729-00, engagée à la Daf en juin 2011, moins de deux mois après sa prise de fonction. Mlle Kamagaté N'garamoko Haminatou, matricule 14731-10, engagée le 27 juin 2011, en qualité d'Assistant auditeur à la direction de l'Audit général. Mlle Touré Assitan, matricule 14756-10, M. Méité Vazoumana, matricule 14755-10, engagés tous les deux le 21 novembre 2011 en qualité de Technicien d'assurance. Et même pendant qu'il préparait activement le licenciement massif des agents, les recrutements parallèles n'ont guère cessé. Puisque le 20 janvier 2012, Mme Silué épouse Touré Katiama Awa était recrutée sous le matricule 14758-00, en qualité de comptable au département Finances et comptabilité.

Cerise sur le gâteau, le patron de la Sotra ne manquera pas entre temps de «grader» quelques membres de son clan. Comme son frère Méité Lassana, matricule 07821-10, précédemment Assistant auditeur technique qu'il a bombardé chef de service Contrôle qualité à Sotra Industrie, le 12 juillet dernier. Avant de prendre une mesure de suspension des avancements catégoriels, selon lui, «en raison de la situation de trésorerie particulièrement tendue de l'entreprise et dans le souci de préserver les emplois». Et pourtant, cette situation ne l'a pas empêché de nommer son frère, de faire des recrutements ethniques et surtout de virer plus d'un millier d'agents de la Sotra. Toutes ces mesures qui n'ont fait que -  malheureusement - mettre à mal l'entreprise.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 02 août 2011

BROU AKA, SEUL COUPABLE ?

BROU AKA PASCAL 2.jpg

Bien qu'émanant d'un quotidien pro-Ouattara (Nord-Sud), cet article est d'une rare lucidité et d'une honnêteté remarquable. Bravo, Kouakou Liza !


Alassane Ouattara a déjà décidé de sévir pour donner l'exemple. Et, le premier à faire les frais de cette gouvernance de rigueur est Pascal Brou Aka, anciennement directeur général de la Radiodiffusion-Télévision ivoirienne (Rti). Il paie notamment pour une maladie congénitale à la Rti qu'il n'a pu guérir au bout de neuf mois de gestion de ce média audiovisuel de service public. Mais, assurément l'épée du président ivoirien n'était pas suffisamment tranchante puisqu'elle n'a coupé qu'une seule tête. En réalité, aussi bien à la Rti que dans le staff de communication de la présidence de la République, d'autres responsables auraient dû subir le même châtiment. Sous l'officieux prétexte que des journalistes auraient pu se faire la belle, ils ont convaincu Alassane Ouattara de ne pas embarquer de journalistes, cette fois-ci, pour le voyage aux Etats-Unis. Qu'à cela ne tienne !

Mais, pour ce voyage important, à plus d'un titre, l'on pouvait s'attendre à meilleure collaboration de la part du service Communication, présent à toutes les étapes de la visite du numéro Un ivoirien. Aucune note, aucune image n'ont été envoyées aux médias ivoiriens pour informer l'opinion nationale. Si la presse (écrite) a dû se contenter de dépêches d'agences internationales, la Rti n'a eu droit qu'à des images de camera amateur envoyées sur internet par le service Communication. D'ailleurs, seules les images des entretiens entre Alassane Ouattara et Robert Zoelick président de la Banque mondiale, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international et la visite à la Fondation de la paix ont été envoyées à la Rti. Pas plus.

Pour la rencontre au sommet entre Alassane Ouattara et Barack Obama, les agents de Pascal Brou Aka ont dû se contorsionner pour avoir quelques images sur le site de la Maison blanche. Pourquoi n'avoir pas « sacrifié » un des membres du service de communication pour embarquer avec un cadreur professionnel de la Rti pour que celui-ci ramène, au moins, des images de qualité de cette visite historique ? Personne n'a la réponse du côté de la présidence de la République où c'est la croix et la bannière quand il s'agit d'avoir des informations avec certains responsables du service Communication.

Selon des journalistes de la Rti, c'est d'ailleurs le manque de collaboration entre ce service et la direction des informations de la Télévision ivoirienne, qui serait à la base du fâcheux incident qui vient de coûter sa place à Pascal Brou Aka. Les principaux responsables du service communication (ou, disons, les principaux conseillers de M. Ouattara) étant aux Etats-Unis ou ailleurs, hors du pays, c'est bien tardivement que l'équipe chargée de couvrir l'arrivée du président de la République a eu l'information. « Nous n'avions personne pour nous informer de manière précise », confie un agent de la Rti. Qui est, alors, le vrai coupable?

Du côté du service Communication, on estime que, non seulement Pascal Brou Aka aurait dû prendre les dispositions pour dépêcher une équipe aux Etats-Unis mais, qu'en plus, il aurait pu, à défaut d'avoir un interlocuteur, envoyer ses reporters à l'aéroport de Port-Bouët, quitte à y attendre pour quelques heures. « Les gens aiment qu'on leur serve tout sur un plateau d'or, sans fournir le moindre effort », critiquent les communicants de la présidence de la République. Soit ! S'il s'agit réellement de rigueur, estiment de nombreux Ivoiriens, Alassane Ouattara aurait pu valablement trancher la tête du directeur de la 1ère chaine de la Télévision ivoirienne, Lazare Aka Sayé, tout aussi coupable que son supérieur hiérarchique.

La même rigueur de M. Ouattara aurait dû s'appliquer aussi au directeur de l'information, au Rédacteur en chef, etc. Mieux, les Ivoiriens ne comprennent pas tous pourquoi le ministre de la Communication ou le service Communication de la présidence de la République ont été épargnés par les sanctions prises par le chef de l'Etat. Surtout que, selon nos informations, Fraternité Matin, média de service public et plusieurs journaux, auraient brillé aussi par leur absence à l'aéroport.

 

Kouakou Liza

 

Source: NORD-SUD

COTE D'IVOIRE: ALASSANE OUATTARA, LE PRESIDENT QUI ATTENDAIT LA CAMERA

 

ALASSANE OUATTARA 8.jpg

L'information a fait la une des médias ivoiriens de ce lundi 1er août 2011. Le président ivoirien, fraîchement rentré de son séjour aux Etats-Unis, a pris une décision qui a surpris plus d'un. En effet, ce dimanche même, Alassane Ouattara a signé un décret limogeant le premier responsable des médias publics en Côte d'Ivoire, en la personne du très célèbre Brou Aka Pascal. Certes, il est de la prérogative de tout chef d'Etat de se séparer d'un fonctionnaire qui, à ses yeux, n'est pas en mesure de se conformer aux règles et principes susceptibles de contribuer à la réalisation des idéaux, et des aspirations qui sont ceux de l'administration. En n'ayant pas diligenté à temps le déploiement d'une équipe de reportage pour couvrir l'arrivée d'Alassane Ouattara, à l'aéroport d'Abidjan, ce dimanche 31 juillet 2011, le dossier de l'ex-directeur de la RTI est difficilement défendable. Pour autant, on ne peut pas non plus comprendre que, juste pour l'absence de cette équipe de reportage, Alassane Ouattara ait attendu pendant trente bonnes minutes, à l'aéroport international d'Abidjan, avant de descendre de son avion. Rien que pour le filmage de la télévision !?

C'est dire que le président ivoirien est vraiment friand de sa propre image. Au point de suspendre son agenda et certainement de retarder des dossiers, juste pour avoir le plaisir de se faire filmer. On comprend alors un peu plus le caractère stratégique de la bataille que pro-Ouattara et pro-Gbagbo s'étaient livrés autour du contrôle de la maison de la télévision ivoirienne. On comprend l'intérêt, sinon l'obsession avec laquelle le chef de l'Etat ivoirien appréhende son reflet sur le petit écran, quand on pense que lui-même, s'est imposé une pause de trente minutes dans un appareil qui avait déjà atterri.

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Comme on le voit, le fait de rester dans cet avion à attendre que les cameramen de la télévision arrivent n'était pas l'unique solution qui se présentait à Alassane Ouattara. Mais touché dans son orgueil du fait de cet "affront", il a pris son décret.

Cette situation rappelle étrangement ce que l'on vit quasiment dans d'autres pays du continent africain. C'est dire que dans beaucoup de nos Etats, l'image, notamment celle de la télévision nationale a une dimension quasi sacrée. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de constater des retards volontaires des médias audiovisuels, lors des cérémonies d'ouvertures ou de clôtures de plusieurs rencontres et événements du continent. En prime, les responsables attendent toujours les reporters. Les événements sont faits pour les médias et ... non le contraire !


En définitive, sur le continent africain, la télévision n'a pas à courir après les événements, ces derniers l'attendent toujours. Sacré privilège des professionnels de la télévision en Afrique. Une "exception" qui surprend nombre de leurs confrères de par le monde.


 

Brahim Bangoura sur GuineeConakry.info


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN