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vendredi, 07 décembre 2012

LES DINDES DE NOEL DU PDCI ET DE L'UDPCI

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Après une crise stratégico-artificielle en vue de procéder au nettoyage de son gouvernement, Alassane Ouattara a nommé en la personne de son vieil et fidèle ami Daniel Kablan Duncan, un nouveau Premier Ministre. En remplacement de Jeannot Ahoussou-Kouadio, appelé à aucune nouvelle fonction.

Jeannot Ahoussou-Kouadio rattrapé par l'opportunisme

Les choix d'Alassane Ouattara, ces deux dernières semaines, sont riches en enseignements car pleins de renseignements sur le cap de ses prochaines relations avec l'Opposition qu'il n'a toujours pas réussi à dompter. (Mal)Heureusement…

Nommé le 13 mars 2012, Jeannot Ahoussou-Kouadio aura passé 8 mois à la Primature sans que l'on puisse dire s'il était à la tête de la Primature, encore moins chef du Gouvernement. Dans son cas, nul n'est même en mesure de certifier qu'il était le premier des ministres (comme les Ivoiriens aiment à railler tout premier ministre sans grand pouvoir), tant les conseillers et d'autres centres de décision avaient plus d'influence sur le fonctionnement de l'état.

On retiendra de l'ex-Premier Ministre qu'il a joué très à fond la carte Alassane Ouattara, préférant l'accompagner à Dakar, solliciter et officialiser le soutien de Wade, alors qu'il lui incombait, entre les deux tours, d'acheminer les réclamations de Bédié, au Conseil Constitutionnel. Nul doute que l'issue de ces réclamations, si elles avaient été transmises au Conseil Constitutionnel comme le prévoit le code électoral ivoirien, aurait donné le cours de l'histoire du pays.

Ministre de la Justice dès la formation du premier gouvernement, puis Premier Ministre cumulant le portefeuille de la Justice après avoir rongé ses freins dans l'attente d'un point de chute à Guillaume Soro, Jeannot Ahoussou-Kouadio a aussi appuyé à fond sur l'accélérateur de la justice des vainqueurs. Cet avocat pour lequel "le premier des droits est le droit de la force" n'a pas fait dans la dentelle dans l'instrumentalisation de la justice contre tout ce qui pouvait rappeler Laurent Gbagbo.

La mise en congé du Gouvernement de Loma Cissé, sa ministre déléguée à la Justice, en même temps que lui, situe sur le niveau des dégâts de la justice des vainqueurs sur l'image d'Alassane Ouattara dans l'opinion occidentale. Toutefois, fidèle à sa politique ségrégationniste appelée de son propre terme "rattrapage", Ouattara a quand même vite fait de nommer Loma Cissé au poste de Conseillère Spéciale aux Affaires Judiciaires.

Mis en mission par Alassane Ouattara, celui qui a justifié l'emprisonnement de Michel Gbagbo par sa seule filiation, n'a pas su s'envoyer. Cela se paie cash dans un régime qui prend de l'eau de toutes parts au point de nommer Coulibaly Gnenema, ex-chargé des droits de l'homme de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles au Ministère de la Justice en signe de gages à Soro Guillaume, qui pourrait difficilement échapper à la CPI, son cauchemar du moment.

Enfin de la flexibilité politique…

De 38, le nombre des membres du Gouvernement passe à 30. Alassane Ouattara se sent plus à l'aise avec des équipes restreintes. Ce Gouvernement porte donc enfin sa marque mais en même temps il lui laisse de la flexibilité. Notamment de la flexibilité politique avec la possibilité d'y faire entrer 3 à 5 ministres supplémentaires, surtout que des personnalités maintenues dans le dernier Gouvernement sont assises dans des fauteuils rendus éjectables par leur corruption. En sortir 2 ou 3 pour une nouvelle équipe de 32 membres, en scindant de gros ministères lui laisse donc une marge de 5 à 6 portefeuilles, au cas où il convaincrait l'opposition à participer à une "aventure ambigüe". Les "Patriotes" l'auraient-ils compris ainsi, eux qui mènent déjà la vie dure à Sylvain Miaka Ouretto, président intérimaire du FPI en «mission de repositionnement du FPI» en Europe?

Le prix du zèle

Le Gouvernement enregistre 4 entrants et 11 partants. Au nombre des partants, l'Ouest perd 3 ministres dont Banzio, Albert Flindé et Konaté Sidiki auxquels on pourrait ajouter Charles Legré (l'homme à la révérence renversante lors de la dernière CAN) et Clément Nabo.

Les 5 personnalités ont en commun d'avoir renié les leurs.

Ainsi, pressenti pour représenter le MFA au Gouvernement dans les premières heures de l'ère Ouattara, Philippe Legré s'est vite débarrassé de son téléphone portable, confié à un assistant, avec pour consigne de ne lui passer aucune communication de tout pro-Gbagbo, de loin ou de près. La mystification du chef et le reniement ne lui ont pas suffi pour rester au Gouvernement.

Quant à Banzio, approché en mai 2011, par les doyens des cadres du Cavally en vue de discuter des souffrances des populations et des exilés de cette région, il aurait opposé une arrogance stupéfiante, avant de "livrer" ensuite, Mao Glofiehi, pieds et mains joints aux FRCI. Il s'agissait pourtant d'un projet de simples échanges avec un collectif informel de ministres de l'ancienne région du Moyen-Cavally, à savoir Adama Toungara (Duékoué!), Anne Ouloto (Toulepleu), Mamadou Sanogo (Guiglo), Banzio (Bloléquin). La suite, on la connaît… On pourrait multiplier les exemples sur chacun de ces partants, histoire de rappeler qu'une fonction politique appelle d'abord le soutien des siens.

Le PDCI et l'UDPCI, les dindons de la farce?

Au 1er tour de l'élection présidentielle, l'UDPCI est arrivée en 4ème position, derrière la LMP, le RDR et le PDCI avec environ 3% des suffrages. 3ème force politique du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, l'UDPCI passe de deux à un seul portefeuille ministériel. Mais à l'UDPCI, tant que le seigneur Albert Mabri Toakeusse est servi, l'essentiel est sauf.

Quant au MFA, il n'en fait plus partie et c'est sans doute tant mieux pour son président Anaky dont chaque représentant au Gouvernement finit toujours par se retourner contre lui, depuis que lui-même a été éjecté des Gouvernements "Marcoussistes" par Banny en 2006, à la suite de la crise des déchets toxiques. Alassane Ouattara ayant confié, lors de sa visite dans le ZANZAN s'être réconcilié avec Anaky, attendons les retombées pour le dernier nommé, car au RHDP seul compte le partage du gâteau, fut-il de plus en plus cramé au four de la haine.

Daniel Kablan Duncan, ami de longue date de Ouattara depuis la BCEAO et dont il fut le ministre de l'Economie et des Finances à l'époque d'un Félix Houphouët-Boigny (FHB) au soir de sa vie et diminué par la maladie, aura une grande marge de manœuvre. Au contraire de Jeannot Ahoussou-Kouadio.

Seulement vêtu du maillot PDCI sans obligation de dépendance, Daniel Kablan Duncan qui doit tout à Alassane Ouattara et presque rien au PDCI de Bédié, inspire confiance pour n'avoir pas été de la galerie des faucons tout au long de la honteuse période que nous vivons depuis avril 2011. Ni pendant celle de la conquête du pouvoir depuis le Golf. Duncan est donc pour Ouattara un espoir. Encore que (…)

Même registre politique pour Jean-Claude Brou, proche parmi les proches d'Alassane Ouattara dont il était membre du cabinet à la Primature. Actuel Ministre de l'Industrie, Jean-Claude Brou qui a été, comme Alassane Ouattara, fonctionnaire du FMI a raté de justesse la primature. Ce cadre d'Aboisso, de la même région que l'épouse du président du PDCI, sera moins société civile que compté sur le quota du PDCI sans devoir vraiment lui rendre des comptes.

Le richissime Charles Koffi Diby transféré des Finances aux Affaires Etrangères, le PDCI perd la "Caisse du Gouvernement". La Primature qui lui revient par alliance électorale et cette caisse, sont désormais dans l'escarcelle directe d'Alassane Ouattara à travers son ami de longue date, Daniel Kablan Duncan qui cumule à la fois la Primature et le Ministère de l'Economie et des Finances.

Aux Infrastructures économiques, Achi Patrick s'est vu retirer les juteuses tutelles. Accrédité d'une longue participation au Gouvernement qui dure depuis octobre 2000, Achi Patrick semble pourtant affaibli, suspecté de peu de fidélité quand ses intérêts sont en jeu. Intelligent, technocrate doté d'une capacité d'argumentation, il traîne hélas l'image d'un homme calculateur. Ce qui le fragilise vis-à-vis du RDR qui n'oublie pas qu'il faisait valider ses décrets dans la chambre de Laurent Gbagbo, avant de se retourner contre lui dès après septembre 2002.

En plus des analyses sur les fourberies du PDCI qui s'est déculotté à l'Assemblée Nationale dès la petite "lame de Ouattara" sous la forme de la menace de la dissolution du Gouvernement, ce parti demeure le grand perdant de ce remaniement. Le PDCI qui a cogéré à la fois avec le président Laurent Gbagbo et maintenant avec le RDR a désormais sur la tête plus qu'une lame, mais une véritable épée de Damoclès avec toutes les casseroles de ses cadres. Avec en prime un Bédié humilié! A défaut d'être les dindons de la farce, le PDCI et l'UDPCI seraient-ils les dindes de Noël du RDR?

Face à un RHDP divisé et un RDR sonné par les tortures, les exécutions sommaires et le boulet nauséabond du génocide WE, les démocrates ivoiriens ont de la marge pour garder le cap de la dignité.


Nelson Degol, le 3 Décembre 2012.

dimanche, 18 novembre 2012

HENRI KONAN BEDIE, LE TRUBLION DE LA POLITIQUE IVOIRIENNE

 

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La Côte d’Ivoire n’a plus de gouvernement depuis le 13 novembre. Il a été brutalement dissous par le président Alassane Ouattara.

Motif officiel de ce coup de sang, le rejet en commission par les députés du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire, ex-parti unique), toujours dirigé par Henri Konan Bédié (chef de l'Etat ivoirien de 1993 à 1999), d’un projet de loi sur le mariage instituant l’égalité des droits entre l’homme et la femme.

Le texte avait pourtant été présenté par la ministre de la Famille, Raymonde Goudou, elle-même issue de ce parti.

En votant contre, les députés PDCI et ceux de l’UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire) de Mabri Toikeusse (jusque là ministre du Plan et du Développement) auraient rompu la solidarité gouvernementale, estime Ouattara.

Depuis la chute de Laurent Gbagbo, les partisans de Bédié participaient au gouvernement et le soutenaient à l’Assemblée nationale où ils avaient obtenu, lors des législatives du 11 décembre 2011, 77 sièges contre 127 au RDR, le parti de Ouattara.

Voilà donc la Côte d’Ivoire plongée dans une crise politique, alors que de nombreux chantiers sont à l'arrêt: réconciliation avec les partisans de Laurent Gbagbo en panne, désarmement des milices et autres dozos (chasseurs traditionnels) renvoyé aux calendes grecques, environnement d’insécurité pour les investisseurs, appauvrissement de la population, en raison notamment de la hausse de denrées essentielles comme le riz, racket sur les routes des «corps habillés» (uniformes)…

Même si le nouveau pouvoir annonce une croissance économique forte, même si de grands travaux sont lancés avec l’aide de bailleurs de fonds internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie du gouffre.

Une stratégie boîteuse

Faut-il pour autant voir dans la dissolution du gouvernement un symptôme aggravant? Ou considérer que cette crise entre le RDR (Rassemblement des Républicains et le PDCI, réunis sur un seul programme, le TSG (Tout Sauf Gbagbo), pourrait finalement être salutaire? Que pourrait naître, enfin, un gouvernement d'union nationale avec des hommes nouveaux vraiment préoccupés par le développement de leur pays?

Pour l'heure, c’est toute la stratégie d’Henri Konan Bédié qui risque d'être définitivement sanctionnée.

Le président du PDCI, qui, malgré ses 78 ans révolus, n'a toujours pas annoncé sa retraite politique, collectionne les échecs.

Lors de la présidentielle en octobre 2010, il n'a pas voulu laisser la place à un autre membre de son parti, qui, lui, aurait eu de grandes chances de devancer Ouattara au premier tour et d’affronter, avec de larges chances de succès, Gbagbo au second.

Il a mené une campagne insipide, ponctuée de discours fastidieux, marmonnés de sa voix nasillarde. Il a quand-même réussi à rallier un quart des voix, provenant de l’électorat baoulé, l’ethnie dominante du centre du pays, avant de se désister en faveur de Ouattara et lui servir de marchepied dans sa conquête du pouvoir.

Lors des législatives qui ont suivi, le PDCI a perdu une vingtaine de sièges au profit du RDR. Et, malgré les appels au renouvellement des cadres lancés par de jeunes militants comme Bertin Kouadio Konan (dit KKB), il a refusé de céder la direction du parti, s’asseyant sur le couvercle d'une marmite qui recommençait à bouillir grâce à l’octroi de nombreux postes ministériels.

Depuis vingt ans, l'histoire du PDCI se confond avec celle de Bédié, l'héritier d'Houphouët-Boigny (président de 1960 à 1993). Quand il accède au pouvoir à la mort du «père de l'indépendance», il hérite d'un pays déjà affaibli par la crise économique.

Au lieu de lancer des réformes, Konan-Bédié se replie sur une gestion sclérosée, égoïste et patrimoniale des affaires de l’Etat. Son mandat est marqué par de nombreux scandales financiers.

Au milieu des années 90, il invente l' «ivoirité», un concept «culturel» qui est, en fait, destiné à écarter Ouattara (soupçonné d’être d’origine burkinabè) de la course au pouvoir.

Les Ivoiriens ne descendent pas dans la rue pour protester quand, le 24 décembre 1999, il est renversé par quelques centaines de soldats mutins qui porteront au pouvoir le général Robert Gueï.

Le lendemain, jour de Noël, de sources diplomatiques, il serait aller frapper à la porte de la résidence de l'ambassadeur de France: «Je suis le président Bédié», se serait-il présenté au bidasse de faction, qui ne l'ayant pas reconnu, l'aurait fait poireauter quelques minutes avant qu'un de ses supérieurs identifie le visiteur.

Enfin introduit, il aurait demandé un verre de champagne, sa boisson préférée, pour se remettre de ses émotions.

Après le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 contre Laurent Gbagbo, il reste longtemps dans l’expectative, attendant de savoir de quel côté le vent va tourner.

Son parti, le PDCI, dont le fonctionnement était payé sur les caisses de l’Etat, jusqu’en 1999, commence à péricliter et ses membres de base à crier famine.

C'est alors que Bédié semble se rapprocher du RDR de Ouattara et des Forces nouvelles de Guillaume Soro (actuel président de l'Assemblée nationale). Une alliance de circonstance qui va finir par emporter Gbagbo. Et redonner à l'ex-président l'impression de peser sur l'avenir de son pays.

Un renouvellement générationnel espéré

On le voit, à la sortie d'une réunion, grimper sur le marchepied d'un 4X4 pour s'adresser aux journalistes. Déclenchant quelques murmures dans l'assistance: «Mais, il se croit toujours président celui-là!»

Pour N'zuéba (l'eau qui coule), son surnom en langue baoulé, l'histoire s'est arrêtée le 24 décembre 1999 et la crise politique actuelle n'est qu'un des épisodes de sa longue agonie politique, où il risque d'emporter le PDCI.

Alassane Ouattara a crié haut et fort qu'il allait créer un véritable Etat de droit dont les véritables fondations tardent à sortir du sol spongieux de la lagune Ebrié (qui traverse Abidjan).

Pour l'heure, des affairistes en tout genre continuent à s'agiter dans l'entourage du nouveau pouvoir et les ministres PDCI ne sont pas les derniers à faire passer leurs intérêts personnels avant ceux de l'Etat.

Le refus de voter une loi qui permettrait aux femmes de «porter la culotte», comme l’écrit le quotidien ivoirien Nord-Sud, ne serait que la manifestation publique de dissensions plus profondes entre le nouveau pouvoir et le PDCI d'Henri Konan Bédié.

L'ex-président ivoirien a promis d’organiser, enfin, un congrès de son parti, mais il n’a pas dit qu’il céderait sa place à une jeune génération. Le dernier qui partira éteindra la lumière et ce sera peut-être l’inénarrable N’zueba.

 

Philippe Duval

mercredi, 29 février 2012

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


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Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.

mercredi, 16 novembre 2011

KONATE SIDIKI, UN TRIBALISTE PRIMAIRE

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Lisez ce qui suit et vous aurez une idée de la « nouvelle Côte d'Ivoire », version Ouattara. Que DIEU garde notre chère patrie de ceux qui disent l'aimer et qui sont, en réalité, son pire cauchemar !


LES VERITES DE KONATE SIDIKI AU RHDP


Pour sa première sortie officielle en qualité de candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux législatives prochaines dans la commune de Man, le ministre Konaté Sidiki n'a pas eu la langue dans la poche. Au cours d'une rencontre qu'il a tenue, le samedi 12 novembre au siège du RDR, le candidat de Ouattara a tenu un discours peu rassembleur, frustrant du coup les responsables de son parti et même ceux du RHDP. Pour le ministre de l'Artisanat, les partis alliés au RHDP doivent effectivement soutenir le RDR aux législatives dans la commune de Man parce que ce parti y a eu le plus de voix au scrutin présidentiel denovembre2010. «Le PDCI et l'UDPCI ne devraient pas présenter de candidat à Man car nous RDR avons fait un grand score ici. Nous devons faire le même scénario comme aux présidentielles où le RHDP a soutenu le RDR qui était devant», a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le chef de l'Etat ivoirien ne reconnaitra que les députés issus du RDR.

Pour ce membre du gouvernement, le refus surtout de l'UDPCI de ne pas soutenir le RDR aux législatives à Man pourrait lui créer des préjudices. «Il faut que les gens de l'UDPCI se mettent en tête que nous, les Malinké, nous sommes déjà maîtres du territoire manois. Nous allons prendre la députation et aussi la mairie et d'ailleurs, tous les adjoints au maire seront ''Dioula''», a averti le candidat du RDR à Man. «On ne peut prétendre aimer Ouattara et se présenter à l'élection présidentielle contre lui. On ne peut pas dire aimer le président de la République et présenter des candidats contre ses candidats aux élections législatives. Il faut dire que tous ceux qui guettent le fauteuil du chef de l'Etat ne sont pas seulement des gens de Gbagbo. Cela voulait dire que nos ennemis sont proches de nous. Mais nous les mettons engarde, demandez à tous ceux qui m'ont connu à Man, je faisais partie des groupes de palabre dans ma jeunesse. S'ils veulent du bien, nous allons faire cette élection tranquillement. Mais s'ils veulent gâter, on va se mélanger à Man», a-t-il martelé.

Ce langage châtié n'a pas été du goût d'une partie du public, dans la mesure où certains sages du RDR à Man ont commencé à quitter les lieux avant même la fin de la rencontre.


K. A.

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CARTON ROUGE A KONATE SIDIKI!


S'ils sont avérés, ces propos tenus par Konaté Sidiki, ministre de la République, tels qu'ils sont rapportés, donnent à désespérer de ce futur député avant qu'il ne soit élu pour l'hémicycle.

Quelle démocratie M. Sidiki, ex-porte-parole des Forces nouvelles (mouvement armé), prétend-il instaurer en Côte d'Ivoire en encensant le tribalisme, le clanisme et même le vandalisme ? A l'heure où la vie en Côte d'Ivoire rythme avec le triptyque Réconciliation, Restauration de la cohésion sociale et Reconstruction selon les vœux chers au président de la République, Alassane Ouattara, carton rouge à Konaté Sidiki, qui devra rectifier ses propos devant le même public et présenter des excuses à ceux qu'il aura offensés.

C'est cela aussi l'humilité. Ce comportement qui devra habiter les futurs députés que les Ivoiriens attendent au Parlement pour bâtir la Côte d'Ivoire nouvelle.


F. D. Bony


In le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

jeudi, 03 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: RHDP, LA LUNE DE MIEL TOURNE AU FIEL


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Trahison, frustration, abus de confiance.., les militants et avec eux, la presse proche du Pdci-Rda n'avaient pas assez de mots pour exprimer hier, leur déception, leur révolte devant la gestion ''scandaleuse'' du dossier de candidature des cadres RHDP aux élections législatives à venir. Ils estiment avoir été lésés dans la répartition des cartes. Tenez, à Abidjan, par exemple, sur 27 postes de députés que la coalition des houphouétistes s'engage à briguer, seulement 8 cadres du parti sexagénaire sont en piste contre 19 pour le Rdr. Une arithmétique squelettique qui rappelle celle toute aussi dérisoire du partage des portefeuilles ministériels de la fin avril dernier et qui avait déjà suscité la même réaction dans les rangs des ''pédécéistes''.  Sur les 36 postes à pourvoir, le PDCI s'était contenté de 8 strapontins contre une vingtaine pour le principal allié, le Rdr.

A l'époque, le président Aimé Henri Konan Bédié, avait dû se reprendre à plusieurs fois, déployant au passage, un trésor de diplomatie et des promesses de rachat pour calmer la grogne des siens. C'est donc à juste titre que les cadors du vieux parti, attendaient le  temps des  législatives pour couronner leurs ambitions personnelles contenues ou refoulées depuis plus d'une décennie pour la plupart, pour exister de nouveau, politiquement s'entend. C'est pourquoi,  ils fondaient beaucoup d'espoirs en la foi de leur patron, le ''sphinx'' de Daoukro, consacré entre temps, inspirateur théorique de la présidence de M. Alassane Dramane Ouattara. Un titre que Bédié lui-même étrenne fièrement et ne manque aucune occasion de le faire savoir à tous ceux qu'il a l'amabilité de recevoir chez lui, entre deux petits verres.

Ils pensaient logiquement donc, que passé le coup tordu de la formation du gouvernement, les choses rentreraient dans l'ordre avec notamment un Rdr moins arrogant et moins boulimique. Mais à l'arrivée, rien de tout cela. La part congrue du gâteau a été une fois de plus réservée aux ''vert et blanc'' pendant que la vague orange des ''ouattaristes'' se déploie et tourne même à l'humiliation pour l'allié Pdci. Et rien n'indique que la tendance pourrait s'améliorer dans les jours à venir ou à l'occasion des futures joutes électorales,  pour  cette dernière formation politique. On se demande bien comment ''N'zuéba'', s'y prendra cette fois, pour refroidir la rage des mécontents.

Hier une rencontre houleuse sur le sujet a eu lieu à la maison du Pdci, à Cocody. De bonnes sources, les proches collaborateurs de Bédié qui dirigeaient les débats, ont eu du mal à contenir les éclats de voix qui fusaient de partout. Ce n'est pas tout, puisque l'autre question à résoudre par les pontes du Rhdp est celle des candidats indépendants qui se recrutent parmi les recalés des listes communes présentées par la coalition au pouvoir. Un dossier, qui, s'il n'est pas géré avec beaucoup de tact pourrait contrarier bien des calculs. Au vu de ce qui précède, c'est peu d'affirmer que le bel unanimisme affiché depuis le second tour de la dernière présidentielle ivoirienne par les houphouétistes est en train de voler en éclats, si ce n'est déjà fait. Car il ne se passe pratiquement plus de jour sans qu'un des farouches défenseurs d'hier, de cet accord, ne porte de violents coups de canif à celui-ci. La dernière sortie en date est celle de Jean Blé Guirao de l'Udpci qui, en des mots bien choisis, a exprimé son blues face aux nombreuses promesses non tenues par M. Dramane Ouattara  à l'endroit des formations politiques alliées du Rdr.

Pour mémoire, cet ancien Secrétaire général de la puissante fédération estudiantine de Côte d'Ivoire (Fesci) avait déjà pesté contre le régime actuel, dans un passé récent, pour le  poste de directeur général (DG) de l'Agefop qui à l'en croire, lui tendait les bras et qui, en définitive a été attribué à un proche du chef de l'Etat. Au total, c'est à une belle ambiance de déchirement, une météo exécrable que l'on assiste actuellement au Rhdp, où visiblement, la lune de miel a pris un sacré goût de fiel.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.