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lundi, 05 septembre 2016

L’EXIGENCE DU «RECOMPTAGE DES VOIX» DE LA PRESIDENTIELLE GABONAISE, UNE PREUVE DE PLUS DE LA NUISIBLE DUPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE !

 

 

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Il faut vraiment que la France, les USA, l’ONU et leurs complices de l’ordre du crime imposé à l’humanité à travers une certaine « Communauté Internationale », prennent les autres peuples du monde pour moins que des « bouts de bois de Dieu ». Ce sont ces gens-là qui, en 2011, se sont opposés avec un acharnement démentiel, à Laurent Gbagbo, lorsqu’il demandait que soient recomptées les voix de la présidentielle ivoirienne, juste pour démontrer que le protégé de « la Communauté Internationale » Alassane Ouattara, porté à bouts de bras par la France, les USA et l’ONU, n’avait pas pu gagner l’élection en Côte d’Ivoire, ce pays où, en réalité, Ouattara était connu comme indigne de confiance.

Le Secrétaire Général du « machin de New York », le sieur Ban Ki Moon, avait même osé déclarer sans sourciller, que « recompter les voix de l’élection était faire honte à Alassane Ouattara », l’homme qu’on avait décidé d’imposer aux Ivoiriens, par tous les moyens, y compris en les bombardant, avec les armes de l’ONU, de la France et des USA, après avoir usé de tout, y compris de la mesquine lâcheté, pour priver le pays du moindre outil de défense.

Dans la foulée, un obligé de cet ordre inique imposé à l’humanité, un certain Jean Ping, alors au premier rang de l’Union Africaine, déclara, à la 16ème session ordinaire de cette Union, le 28 janvier 2011, à propos du contentieux électoral en Côte d’Ivoire, que « la réouverture des résultats de l’élection serait une grave injustice et un précédent fâcheux (…) L’UA ne reviendra pas en arrière. Il y a des gens qui demandent de recompter les voix. Les opinions sont libres. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Mais nous, notre position est claire ». Voilà ce que clamait Monsieur Jean Ping, adossé à ses maîtres dans la falsification de l’Histoire.

Ce sont aujourd’hui, ces mêmes falsificateurs de l’Histoire, pour placer leur pion, qui demandent qu’au Gabon, l’on recompte les voix de l’élection présidentielle ! C’est vrai que depuis longtemps, ces gens-là ont montré et démontré qu’ils n’ont aucun scrupule pour torde le cou à la vérité et à la justice. C’est également vrai que, convaincus d’être les plus forts, ils ne respectent rien qui soit aux autres sur la terre. Mais devraient-ils continuer de massacrer et faire massacrer tous les autres peuples de la terre, il faudra toujours leur opposer une résistance, aussi faible puisse-t-elle être, pour leur rappeler leur laideur morale et intellectuelle.

Apparemment, ils trouvent toujours dans les pays, des égoïstes vénaux, des corrompus sans état d’âme, appuyés par de soi-disant experts qui sont en réalité des agents de la falsification, dans un monde qu’ils ont pourri et continuent de détruire chaque jour un peu plus, un monde où les valeurs cardinales qui fondent l’humanité sont foulées au pied. La résistance, aussi minime soit-elle, est la voie qui permettra d’arrêter la progression de la destruction de l’harmonie entre les peuples. 

Pour l’observateur qui a suivi les crimes de la « Communauté Internationale » en Côte d’Ivoire, crimes qui ont conduit le président élu par les Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo, à la prison de La Haye, où il est maintenu depuis des années sans aucune preuve de quelque culpabilité que ce soit, rien de ce qui peut  venir de cette communauté du crime ne peut rien présager de bon pour les Africains.

Même si Jean Ping avait pu gagner l’élection au Gabon, la posture de ses « amis » de la « Communauté Internationale » est une preuve que les Gabonais, pourvu qu’ils soient lucides, doivent se rendre compte que ce Jean Ping-là ne peut être que le « Cheval de Troie » des prédateurs occidentaux, qui se sont autoproclamés « Communauté Internationale ».

Notre propos n’est pas fondé par une quelconque haine de qui que ce soit. Nous n’exprimons pas non plus un sentiment de dépit : nous sommes bien au-delà de cela ! Ces gens nous ont rassasiés de l’usage qu’ils font, sans aucun discernement, du mensonge, de la falsification, des armes et de tous, pour s’approprier indûment ce qui appartient aux autres. Et ce serait cela être « une grande puissance ! ». De quoi susciter du dégoût, comme celui qu’on a du gangster qui écume les quartiers ! Non ! Ils ne peuvent plus nous étonner, ni susciter de ressentiment fort en nous. Sans être blasés, nous les prenons comme ils sont : des manipulateurs, que chacun peut qualifier comme il veut, et que le temps dévoilera au grand jour, un jour prochain, pour le bonheur de l’humanité !

 Nous réagissons ici, pour soutenir le peuple gabonais, afin qu’il reste ferme, non pas parce que Monsieur Ali Bongo, élu selon les lois du pays, est le meilleur d’entre eux, mais simplement parce que son adversaire ne peut pas être meilleur que lui. Même si les deux hommes peuvent avoir des tares identiques, le fait que l’autre soit soutenu par les prédateurs occidentaux, au point de vouloir que les Gabonais s’entretuent, fait de ce dernier un pion, le pire possible.

Il n’y a pas longtemps, les Nigériens ont fait barrage à la France qui avait misé sur l’ancien président de l’Assemblée Nationale en fuite à Paris ; en Centrafrique, le peuple a récusé celui que la France avait choisi ; au Bénin, l’homme de la France a été retourné à ses affaires ; au Burkina Faso, le peuple a mis en congé Blaise Compaoré, le coursier des occidentaux dans la déstabilisation des pays africains ; au Tchad, le rejet de Déby n’a pas marché, malgré le déploiement de gros moyens. Il semble que c’est seulement au Congo Brazza que l’argent des Congolais a servi à permettre à la France de contrôler le jeu de la présidentielle. Pour ce qui est du Mali, de nombreuses questions restent encore sans réponse, tandis que la Côte d’Ivoire va à vau l’eau avec le pion des prédateurs, en dépit d’une communication bien arrangée…

Nous avons choisi de taire pour le moment notre opinion sur les autres pays (ex)colonies françaises en Afrique. La réalité, c’est que chacun des pays, surtout en Afrique, où la France est profondément enracinée, a besoin de savoir que cette puissance occidentale ne peut rien lui apporter de positif. Comme d’un serpent dont on se méfie même s’il est endormi, il faut craindre tout ce qui vient de ce pays, quand bien même cela paraîtrait sans danger.

 

BEDI HOLY, Enseignant.

jeudi, 30 mai 2013

DESESPERANTE AFRIQUE… 50 ANS APRES LA NAISSANCE DE L’OUA (DEVENUE UA)


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Le Président Français François Hollande est l’invité spécial de Madame Nkosazana Dlamini-Zuma (Présidente de la Commission de l'Union africaine), pour la célébration des 50 ans de l’UA. Et même que Mr Alassane Dramane Ouattara le ‘préfet’ installé par la France à la tête de la Côte d’Ivoire comme Président, devrait prendre la parole devant les membres de cette assemblée du haut de cette tribune continentale. La vivante Françafrique en Force, revigorée par ses dernières victoires néo-colonialistes en Côte d’Ivoire puis au Mali.

C’est à désespérer de cette institution qui se révèle être devenue une coquille vide. Diallo telli doit certainement être en train de se retourner dans sa tombe. Six pieds sous terre, Modibo Keïta et Sylvanus Olympio doivent se demander si ceux qui conduisent cette institution née pour une grande et belle aventure Africaine ont lu la charte qu’ils ont rédigée en 1963. 

La première ligne de la charte de l’OUA dit : ‘Nous, Chefs d’Etat et de Gouvernement africains, réunis à Addis Abéba, Ethiopie ; 

CONVAINCUS QUE LES PEUPLES ONT LE DROIT INALIÉNABLE DE DETERMINER LEUR PROPRE DESTIN […]

Oui… nos peuples Africains ont le droit inaliénable de déterminer leur propre destin, mais nombre d’entre eux ont fait le choix de confier ce destin au vorace Empire Français. 

Finalement, c’est quoi le but de la ‘lutte’ de l’OUA (UA)? 

Nous avons le droit de lutter, mais ne nous trompons pas d’adversaires.

Nous avons le droit de rêver, mais ne dormons pas sur nos lauriers (bien entendu, si nous en avons).

Nous avons le droit de vouloir d’une Afrique plus représentative dans le concert des nations, mais c’est à nous de bâtir cette Afrique-là et ce n’est pas ainsi que nous y parviendrons en reniant les règles de base que nous nous fixons. 

Comme le dit Aimé Césaire dans la Tragédie du Roi Christophe: «Les autres ont fait à petits coups de siècles. Où est pour nous le salut, si ce n’est que nous ferons -nous- à grands coups d’années.» 

Que faut-il faire pour susciter un nouvel élan dans la démarche émancipatrice de l'Afrique (de l’Afrique Noir surtout)?


Source: Le blog de Claudus

mardi, 28 mai 2013

HAILEMARIAM DESALEGN: «LA CPI MENE UNE SORTE DE CHASSE RACIALE ENVERS LES AFRICAINS»


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Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn. © AFP


Déclaration du président en exercice de l'Union Africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

 

La Cour pénale internationale (CPI) mène une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains, a affirmé lundi le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, après la clôture du sommet des chefs d'Etat de l'organisation à Addis Abeba.


Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toute sorte d'impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale, a-t-il déclaré, à l'issue d'un sommet qui a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, pour crimes contre l'humanité.

Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre ces présidents (les deux chefs de l'exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser des Africains, a-t-il poursuivi devant la presse.

Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des terribles violences ayant suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

Ces violences s'étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, accompagnés de meurtres brutaux, viols et mutilations, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

Le procès d'Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela, a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a en fait inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l'ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI. Les affaires concernant le Darfour et la Libye - non signataires - l'ont été à la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, tandis que le procureur de la CPI s'est autosaisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de l'inaction des autorités kényanes en vue d'établir les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Plusieurs chefs d'Etat africains ont récemment accusé la CPI de cibler exclusivement des Africains.


Source: AFP

lundi, 10 décembre 2012

LETTRE OUVERTE A TOUS LES CROYANTS SE RECLAMANT «FILS DU DIEU D’ABRAHAM»

 

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Frères et sœurs, Abraham est le Père des trois religions dites ‘révélées’ que sont, dans l’ordre chronologique, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Chacune de ces religions se donnent des guides ou pasteurs : Rabbin pour les juifs, Pasteur (Prêtre, Evêque, Bishop), pour les chrétiens, et Imam pour les musulmans. Je ne suis ni rabbin, ni prêtre (encore moins évêque), ni pasteur, ni imam. Je ne suis donc pas une autorité religieuse. Ne possédant pas cette qualité, je n’ai aucune compétence (habilitation) à m’adresser aux croyants d’une religion, encore moins à tous les croyants se réclamant fils d’Abraham.

Cependant, je suis chrétien, baptisé et confirmé catholique. A ce titre, et à ce titre seul, je suis frère de tous les croyants en un Dieu unique, le Dieu d’Abraham. C’est donc en ma qualité de frère des croyants, et en cette qualité seule, que j’ose m’adresser à mes frères et sœurs, descendants et descendantes d’Abraham.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu nous enseigne, en la Création, que Dieu créa l’homme et la femme. Dieu-Le-Créateur Tout-Puissant n’a pas créé l’HOMME. Il a créé l’homme et la femme, ‘‘male’’ et femelle’’ il les créa («Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa; male et femelle il les créa», Genèse, 1, verset 27). Dieu, l’Omniscient et l’Omnipotent, a créé le genre, en Adam (Adama) et Eve (Awa). Et Dieu a confié à Adam-Adama et à Eve-Awa la lourde charge de peupler la terre par la non moins lourde mais combien exaltante responsabilité de la procréation («Dieu les bénit et Dieu leur dit : ‘‘Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la.’’ Genèse, 1, verset 28). En tant que procréateurs de l’humanité, l’homme et la femme sont, tous les deux et ensemble, conjointement, les continuateurs de l’œuvre de Dieu. En cela aussi, l’homme et la femme sont à l’image de Dieu.

Frères et sœurs, il est vrai que, à travers nos pratiques religieuses, nous avons des divergences quant à la manière de plaire à Dieu, notre Créateur. Mais, j’estime, pour ma part, que nos divergences ne doivent pas nous faire renoncer à (ou nous détourner de) notre responsabilité de croyants descendants d’Abraham.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens ou musulmans, nous savons que l’impudicité ne date pas de maintenant. Et nos religions, toutes, condamnent cette impudicité, suivant en cela le Dieu d’Abraham auquel elles conduisent. Descendants d’Abraham, nous devons nous souvenir des villes de Sodome et de Gomorrhe, détruites par le soufre et le feu de Dieu (Genèse, 19, 23 à 25), et surtout des raisons de la destruction de ces villes. Oui, seul le neveu d’Abraham, Loth, le fils de Harặn, a été épargné de la destruction de Sodome (Genèse, 19, verset 29), ainsi que ses filles. Et rappelons-nous que de Sodome, nous avons tiré les termes ‘sodomie’, ‘sodomiser’, ‘sodomisation’.

Dans l’Evangile selon Saint Matthieu (chap. 10, verset 15), Jésus, le Fils de Dieu, le Messie, pour les chrétiens, prévient : «Je vous le dis, en vérité : le jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là».

Frères et sœurs dans le Dieu d’Abraham, par les nouvelles dispositions de la loi sur le mariage, notre pays se prépare à devenir le ‘Capharnaüm’, ‘cette ville-là’ dont parle Jésus. En effet, cette loi, qui parle des époux sans les nommer ‘la femme et l’homme’, prépare, sans le dire et l’avouer, donc sans le dévoiler, la Côte d’Ivoire, notre pays, à créer ‘Capharnaüm’, à légaliser le mariage homosexuel, non pas parce que les Ivoiriennes et les ivoiriens le veulent ainsi, mais parce que la communauté internationale l’exige. C’est ce qu’a dit, à l’assemblée générale de l’Union africaine (Ua) de Jean Ping, le Coréen Ban Ki-Moon, ci-devant secrétaire Général de l’Organisation des nations unies (Onu), en exigeant des Etats africains la reconnaissance des droits des homosexuels. C’était en janvier 2011, au moment où ce fonctionnaire de la communauté internationale, soutenant l’actuel chef de l’Etat ivoirien, avait déclaré que recompter les voix, pour savoir qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, serait une injustice.

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Et il revient à tous, aujourd’hui, que c’est ce nouveau deal que cette fameuse communauté internationale signera avec les nouveaux chefs d’Etat africains qui veulent être élus ou réélus ‘président’ de leur pays : «Nous vous aiderons à conquérir ou à garder le pouvoir d’Etat dans votre pays si vous nous promettez de reconnaître les droits des homosexuels au mariage et à l’adoption des enfants. Voulez-vous que nous vous aidions pour votre développement? Eh bien, reconnaissez les droits des homosexuels» Voilà le pacte diabolique! Mais diantre! Les enfants de qui vont-ils adoptés, ces homosexuels qui refusent d’en avoir?

Frères et sœurs en Dieu d’Abraham, quelle sera notre responsabilité, la responsabilité de tous les croyants et de chacun des croyants? Elle sera lourde si nous ne dénonçons pas ce qui se prépare, si nous ne nous opposons pas à ce qui vient. Nous serons tous comptables, au moins en tant que co-auteurs indirects, si nous laissons faire les choses. Mais si nous dénonçons ce qui se prépare et que nous nous y opposons, nous pouvons espérer sauver notre pays de la situation de Sodome et Gomorrhe, la destruction. Et si nous n’y parvenons pas malgré tous nos efforts, alors nous serons de nombreux ‘Loth’, et nous trouverons grâce aux yeux de notre Dieu («Voici, ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux et tu as usé envers moi d’une grande amitié en me conservant la vie», Genèse, 19, verset 19). Notre Dieu nous épargnera.

Frères et sœurs en Dieu, en vous informant, je fais ma part du chemin. Que chacun, dans son lieu de culte où il va rencontrer son Dieu (synagogue, église, temple, mosquée), ou quand il rencontre un homme créé à l’image de Dieu, fasse sa part du chemin pour sauver notre pays. Loth a parlé aux habitants de Sodome; il a parlé aux fiancés de ses deux filles. Personne ne l’a écouté. Mais Loth a été épargné par le Dieu d’Abraham. Se taire devant l’ignominie, c’est cautionner cette ignominie. Et cela équivaut à pratiquer cette ignominie.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens, musulmans, nous devons refuser ce marché satanique que l’occident nous propose. Nous devons refuser ce ‘‘développement’’, leur ‘‘développement’’, leur ‘‘évolution’’. L’occident n’a pas le droit de nous imposer son type de société. L’Afrique n’a pas le devoir de vivre comme l’occident. Il est vrai que l’occident a apporté à l’Afrique la bonne nouvelle du Fils du Dieu d’Abraham. Mais, si l’occident a choisi d’être la nouvelle Sodome, nous n’avons pas le devoir de le suivre dans sa perdition.

Frères et sœurs en Dieu, surtout, ne disons pas, quand viendra, demain, l’heure du jugement, que nous ne savions pas. L’ignorance n’est pas une excuse, comme le reconnaît d’ailleurs la loi des hommes (Nul n’est censé ignorer la loi). Et cette loi des hommes est d’inspiration divine, puisque, en Luc (16, versets 19-31), nous sommes prévenus, dans la parabole du riche et du pauvre Lazare, que nous avons nos prophètes (guides religieux et intellectuels) pour nous enseigner, nous informer.

Mais l’intellectuel africain qui cachera l’information à son peuple aura refusé, ipso facto, d’entrer dans l’histoire, comme celui dont Sarkozy a parlé, au Sénégal, le 26 juillet 2007, en ces termes : «L’homme (en fait, l’intellectuel) africain n’est pas assez entré dans l’histoire… L’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.». Cet intellectuel-là, l’Afrique l’oubliera.

Et le guide des croyants en Dieu qui faillit à sa mission de ‘‘Berger’’, le pays de Sodome et de Gomorrhe «sera traité moins rigoureusement que» lui, prévient le Christ-Jésus.

Mais je prie le Dieu d’Abraham que je me trompe sur toutes ces prévisions annoncées pour la Côte d’Ivoire et les pays africains. Et j’en serais le premier heureux.

 

QUE DIEU NOUS GARDE ET NOUS ACCORDE LA CONNAISSANCE.

 

Fraternellement en Dieu,

Un de vos frères


NEA Kipré

Enseignant d’Université

samedi, 03 novembre 2012

MME DLAMINI ZUMA CHOQUEE PAR LA GESTION DE JEAN PING: 97% DES PROGRAMMES DE L'UA FINANCES PAR DES FONDS OCCIDENTAUX

 

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Dlamini-Zuma choquée par la gestion de Jean Ping: Elle découvre que 97% des programmes de l’Union Africaine sont financés par les fonds occidentaux. C’est inacceptable.

 

La présidente de l’Union africaine (UA) tenait un banquet dans son pays, elle a dit à quel point elle a été choquée d'apprendre que les bailleurs de fonds occidentaux financent la quasi-totalité des programmes de l'organisme continental. 

"Aucun esprit libéré ne peut penser que son programme de développement soit financés entièrement par les bailleurs de fonds étrangers", dixit Dlamini-Zuma, lors d'un Business Unity, banquet organisé en son honneur, le week-end dernier. 
 
"Plus de 97% des programmes de l'UA sont financés par les bailleurs de fonds occidentaux. Nous devons être plus autonomes. Nos gouvernements doivent mettre de l'argent dans l'UA", dit-elle. C'est un investissement à long terme. 
 
Elle a dit que les bailleurs de fonds ont même payé la facture pour les institutions africaines pour élaborer un programme stratégique du continent, une tâche fondamentale dans ce qui a été appelé "le siècle de l'Afrique". 

La flambée de la valeur des ressources minérales dans la dernière décennie a donné à l'Afrique une occasion sans précédent de façonner son propre avenir, selon madame Zuma.


Source: La page Facebook de Rose Josée

lundi, 16 juillet 2012

UA: L'AFRIQUE DIGNE TRIOMPHE A ADDIS-ABEBA


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La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), le dimanche 15 juillet au soir, à Addis-Abeba, lors du 19e sommet de l’institution. Quatre tours ont été nécessaires aux chefs d’Etats réunis en huis clos pour départager le Gabonais, Jean Ping, président sortant, et sa concurrente.

Au premier tour, Dlamini-Zuma a emporté 27 voix contre 24 pour Ping. L’écart n’a ensuite cessé de s’élargir. Au deuxième tour, la ministre sud-africaine des Affaires intérieures a gagné deux partisans supplémentaires (29 voix contre 22), avant d’en totaliser 33 contre 18 au troisième tour.

C’est alors que Jean Ping s’est désisté[1]. Il restait à son opposante à gagner le vote de confiance. En janvier dernier, la configuration était diamétralement opposée et Ping n’était pas parvenu à emporter la majorité des deux-tiers des voix nécessaire à l’élection du président, malgré le désistement de la Sud-Africaine.

EXPLOSION DE JOIE

Cette fois-ci, cette dernière a su s’imposer haut la main avec 37 voix. Dès que les résultats ont été rendus publics, les partisans de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) ont explosé de joie dans les couloirs du siège de l’UA où se tiennent les travaux du sommet.

La bataille entre Ping et Dlamini-Zuma, qui a duré plus de 6 mois, se termine donc au premier soir du sommet, avec la victoire de la candidate du pays d’Afrique subsaharienne le plus puissant. C’est la première fois qu’un anglophone dirigera la Commission de l’UA.

QUI EST LA NOUVELLE PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UA ?

Si la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et ministre sud africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, a été mariée avec le président Jacob Zuma, elle ne lui doit pas sa position. Cette figure du parti au pouvoir siégeait au gouvernement depuis 1994.

Certes, c’est une « Zuma ». Oui, elle est ministre d’un gouvernement présidé par son ex-mari. Comme lui, elle est zouloue. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Nkosazana Dlamini-Zuma, élue ce dimanche à la tête de la Commission de l’Union africaine, ne doit rien – ou si peu – à Jacob Zuma.

Ministre sans interruption depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994, c’est un poids lourd du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud). Lors de la conférence de Polokwane, en 2007, son nom a même circulé pour succéder à Thabo Mbeki à la présidence. À 62 ans, elle gère un portefeuille important, celui de l’Intérieur. La compétence de cette travailleuse discrète, qui est parvenue à redresser un ministère autrefois synonyme d’inefficacité et de corruption, est unanimement reconnue.

Militante anti-apartheid depuis l’adolescence, elle s’exile dans les années 1970. Elle étudie la médecine en Angleterre avant de revenir sur le continent, au Swaziland. C’est là qu’elle rencontre Jacob Zuma, qu’elle épouse au début des années 1980 (la date exacte de leur mariage est incertaine). Après la chute de l’apartheid, Nelson Mandela la nomme ministre de la Santé. Son baptême du feu politique est rude : elle croise le fer avec les groupes pharmaceutiques sur la question des brevets et se retrouve accusée de mal gérer le budget de la prévention contre le sida. Nkosazana Zuma (comme on l’appelle encore à l’époque) était pourtant l’une des premières à alerter sur la gravité de l’épidémie, à une époque où le déni dominait chez ses pairs. Les critiques la touchent. C’est alors qu’« elle se retire dans une coquille défensive », note William Gumede, auteur d’un ouvrage de référence sur Thabo Mbeki, dont elle est très proche.

BUCHEUSE

En 1998, elle divorce de Jacob Zuma. « Je crois qu’elle ne supportait plus ses autres femmes, indique Jeremy Gordin, biographe de l’actuel président sud-africain. Mais ils ont gardé un profond respect l’un pour l’autre. »

L’année suivante, Thabo Mbeki confie à cette militante de la renaissance africaine le portefeuille des Affaires étrangères. À ce poste, qu’elle occupera pendant dix ans, Nkosazana Dlamini-Zuma se taille à l’Union africaine une réputation de bûcheuse coriace. Pour perfectionner son français, elle n’hésite pas à passer trois semaines en immersion dans l’Hexagone. Après dix-sept années au sommet dans son pays, une haute responsabilité à l’échelle du continent - avec son lot de crises - l’attend désormais. 


In Jeune Afrique

 


  

[1] Onna Gbagbolite: "Afin d’atténuer les effets de la défaite éclatante de Jean Ping, Jeune Afrique raconte qu’il s’est retiré au 3ème tour. C’est complètement FAUX!!! Jean Ping encouragé par Ouattara, le Niger et le Kenya, s’est bel et bien présenté au 4ème tour, car il voulait obtenir un blocage. Mal lui en a pris, il s’est fait massacrer par Mme Zuma, perdant par rapport au 3ème tour 4 autres soutiens…"

mardi, 28 février 2012

MANDATS D'ARRET CONTRE LES PRO-GBAGBO: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BENINOIS BONI YAYI

 

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Lettre ouverte au Président Boni Yayi, Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et au Ministre de l'Intérieur Benoît Dègla

 

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,


Il nous revient que des manœuvres politiques secrètes sont actuellement en cours visant à exécuter les termes d'un mandat d'arrêt international  contre de paisibles personnalités ivoiriennes réfugiés chez nous. La récente visite d'Alain Juppé, Ministre français des Affaires Etrangères, au Bénin s'inscrit certainement aussi dans ce cadre, eu égard au rôle combien néfaste que joua la diplomatie française dans le coup d'Etat militaire contre le Président Gbagbo en Avril 2011.

En effet, dans sa parution du 20 février 2012, le quotidien béninois Fraternité nous apprend que 13 hauts dignitaires de l'ancien régime de Laurent Gbagbo sont l'objet d'un mandat d'arrêt international  par la section béninoise d'Interpol.

Par ailleurs, une note du Ministre béninois de l'Intérieur Benoît Dègla, à votre attention,  affirmait que « D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Je voudrais vous signifier, au travers de cette interpellation publique, le caractère dangereux et suicidaire d'une telle entreprise si elle venait à s'accomplir. Votre responsabilité en tant que Chef d'Etat béninois ainsi que celle de votre gouvernement seraient clairement engagées devant l'Histoire, l'opinion publique béninoise et africaine comme responsable de ce qu'il adviendrait de ces personnalités réfugiées chez nous.

Au regard de ce qui précède, mon hostilité à l'exécution de ce mandat se fonde entre autres, sur les raisons suivantes :

1- Votre responsabilité de Président en exercice de l'Union Africaine

Monsieur le Président, vous aviez à votre corps défendant, tenté de concilier les vues des différents protagonistes de la crise ivoirienne avec l'infortune qu'on sait. Donc vous connaissez parfaitement les méandres de cette crise ainsi que les responsabilités de chaque acteur politique ivoirien. A ce titre, vous devez claire¬ment vous opposer à cette manœuvre politique de M. Ouattara et ses complices qui voudraient faire du Bénin l'allié objectif d'une mascarade judiciaire grave¬ment attentatoire à une véritable réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. 

Par ailleurs, en votre qualité de Président assurant la présidence tournante de l'Union Africaine, il n'est pas superflu de porter à votre attention que de nombreuses personnalités ivoiriennes et leurs proches sont détenues dans les prisons de M. Ouattara au mépris des dispositions juridiques de la Charte africaine des droits de l'Homme notamment en ses articles 5, 6, et 7 qui consacrent la liberté et sécurité individuelles ainsi que la dignité humaine hors de tout traitement inhumain dégradant. Ces personnalités, depuis plusieurs mois sont incarcérées sans jugement.

Il est aussi de votre ressort d'exhorter de manière ferme les nouvelles autorités à cultiver un dialogue inclusif sans préalable visant à créer les conditions d'une sécurité réelle des biens et des personnes, laquelle favoriserait le retour d'exil des milliers de réfugiés ivoiriens vivant au Togo, Bénin, Libéria et au Ghana.

C'est le minimum qu'on puisse attendre de votre mandat à la tête de l'Union Africaine.

L'Union Africaine, vous en conviendrez sans doute, doit impérativement faire peau neuve et changer de paradigme quant à sa façon de résoudre les conflits qui meurtrissent si souvent l'Afrique. Son discrédit va grandissant au sein de l'opinion publique africaine qui la perçoit comme une institution-croupion phagocytée par l'Occident.

2- Préserver la réputation de terre d'hospitalité du Bénin

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Malgré tous les soubresauts qu'a connu notre pays, il est édifiant de constater combien ont toujours été sauvegardées la cohésion nationale et une certaine « paix des braves » entre les différentes chapelles politiques béninoises.

Même durant les années où nous étions considérés à juste titre comme « l'enfant malade » de l'Afrique à cause de la propension du Dahomey d'alors, à enfanter des putschs militaires, jamais nous n'avions franchi le rubicond des assassinats politiques et autres massacres massifs des populations béninoises.

C'est une expérience politique à faire partager aux nouvelles autorités en charge de la Cote d'Ivoire. Comment ne pas ressentir une certaine fierté personnelle lorsqu'à l'occasion d'un évènement officiel (la fête nationale du 01 Août, par exemple), tous nos anciens Chefs d'Etat -civils ou militaires- se tenaient proches les uns des autres et ce, en estime réciproque. Ainsi les Présidents Maga, Ahomadegbé, Zinsou, Kouandété, Kérékou, Soglo... ont su préserver l'essentiel en évitant de recourir à l'assassinat politique de leurs adversaires respectifs. Leur esprit de tolérance et d'ouverture politique explique sans doute cela.

Sur un tout autre plan, le Bénin a longtemps accueilli des milliers de réfugiés togolais sur son sol durant les années 90 et plus récemment en 2005 lors des massacres ayant suivi le décès du Président togolais Gnassingbé Eyadema et le transfert des charges présidentielles à son fils Faure Gnassingbé.

Idem pour de nombreux citoyens rwandais et burundais durant le génocide au Rwanda et les massacres au Burundi dans les années 1994/1995.

Que dire des nombreux citoyens congolais des deux rives du fleuve Congo que notre pays a accueilli en 1997 durant la guerre civile à Brazzaville (Congo) d'une part et l'arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila en République Démocratique du Congo d'autre part. L'accueil récent des centaines de réfugiés ivoiriens fuyant la barbarie des milices tribales de Guillaume Soro sous la responsabilité de M. Ouattara, s'inscrit aussi dans cette longue tradition d'hospitalité béninoise.

Or la perspective d'une extradition éventuelle des personnalités ivoiriennes proches du Président Gbagbo ou anciens serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire serait non seulement une faute politique grave mais aussi une menace pour la cohésion nationale ivoirienne déjà fort mise à mal par « le rattrapage ethnique » de M. Ouattara. Cette extradition éventuelle pourrait dissoudre le « contrat d'accueil » qui nous lie depuis plusieurs décennies déjà aux personnes réfugiées dans nos contrées.

Vous devez, Monsieur le Président, ne pas prêter flanc à cette mascarade judiciaire en vous opposant fermement à tout renvoi de ces réfugiés vers Abidjan.

3- Récuser la vengeance justicière en cours en Côte d'Ivoire

Une sagesse bantoue nous apprend que « lorsqu'on a mis les genoux de son adversaire à terre, il est inutile de lui jeter du sable à la figure ».

L'innommable se produit sous nos yeux à Abidjan ! Le crime, le mensonge, le déshonneur et le poltronisme politique dans toute sa laideur. Sans parler de la Justice ivoirienne, cette faucheuse à sens unique dont le discrédit public a atteint le seuil de l'infamie. Comment qualifier aujourd'hui ce qui se passe à Abidjan sinon d'une volonté d'humilier et de faire rendre gorge tous ceux qui n'ont pas l'heur de plaire aux nouveaux « administrateurs » de l'Etat de Cote d'Ivoire et à leurs mandataires occidentaux. Les dignitaires de l'ancien régime relégués désormais au rang de « sans-culottes », sont contraints à la mendicité, à la maladie et à l'indigence matérielle pour survivre. Rien pourtant ne justifie cette chasse à l'homme.

Tous les proches de M. Ouattara et des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire !) coupables de pires crimes comme les massacres à Duékoué (27 au 29 mars 2011), les incendies de villages, les pillages de banques locales, les exécutions sommaires de citoyens, les pillages et vols à main armée, ne sont guère inquiétés et narguent leurs victimes.

Plus affligeant encore, est l'absence d'un grand dessein national dans ce sombre tableau ivoirien. La Côte d'Ivoire est « gérée » au jour le jour sans rétrospective et hélas, sans prospective. Une gouvernance à la petite semaine !

L'insécurité règne en maître, le saupoudrage est partout, l'auto-adoration est célébrée et le griottage médiatique fait le reste. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont licenciés sans ménagement de l'administration publique et autres offices d'Etat parce que jugées proches de Gbagbo. Cette nouvelle doxa politique s'appelle le « rattrapage ethnique », sorte de néologisme de l'Etat-dioula inventé par M. Ouattara, ce Barrientos aux petits pieds. 

Cet état de fait abondamment décrit par les médias ivoiriens et internationaux résume bien le nouvel ordre ivoirien.  Un pays en réalité victime de ce que Wangari Maathai, l'ancienne Prix Nobel de la Paix qualifie de « syndrome du mauvais autobus » parce que porteur d'instabilité, de précarité sociale et d'impasse politique.

Monsieur le Président, vous avez à l'égard du peuple ivoirien et des africains, une exigence de vérité et de justice, loin de toutes collusions politiciennes. 
Le Bénin vous observe.

En guise de conclusion, je voudrais vous rappeler que le Bénin n'est pas une république bananière, par conséquent, votre responsabilité politique est clairement engagée  si ces différentes personnalités ivoiriennes venaient à être renvoyées à Abidjan. Inutile de vous décrire ce qui les attend dans les geôles ivoiriennes. Le Bénin a une ancienne culture de dialogue politique, ce qui fait qu'aucun prisonnier politique ne croupit dans nos prisons depuis le Renouveau démocratique opéré après la Conférence Nationale de Février 1990.

Votre leadership doit pouvoir capitaliser tout cet héritage historique et politique béninois, en affirmant clairement la primauté des principes et règles démocratiques face à la tentation autocratique de M. Ouattara.

Salutations distinguées.                       


Bruxelles, le 26 février 2012



Olivier FADO


Citoyen béninois
Vice-président du MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)
m.moraf@yahoo.fr

mercredi, 22 février 2012

CRISE AU NORD MALI: LA RANÇON DE LA CRISE LIBYENNE


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L'Afrique et ses dirigeants ont vécu la crise libyenne comme un spectacle et dont les conséquences sont loin de se limiter de nos jours, à ce que nous vivons au Mali. Les dirigeants africains et leur organisation, l'Union africaine ont assisté passivement à la liquidation du régime du colonel Mouammar Kadhafi. Pour le colonel Mouammar Kadhafi, la page s'est définitivement refermée le 20 octobre dernier.

Tué ce jour-là, il en finissait définitivement avec les contradictions et les soucis de son existence de révolutionnaire ; mais pour bien d'autres États africains dont le Mali et les autres pays de l'espace Uémoa, les difficultés n'ont commencé que ce jour-là.

Il en est ainsi de la rébellion touarègue à laquelle nous assistons. Des experts en tout genre cherchent à trouver les raisons qui ravivent ce conflit que l'on croyait éteint suite à la signature du Pacte national. Mais le combat que les Touaregs mènent actuellement contre notre armée n'a rien d'identitaire. Il est existentiel. Il s'agit d'hommes et de femmes qui, estimant ne pas pouvoir trouver de quoi vivre chez eux-mêmes, avaient décidé d'aller voir ailleurs.

Le hasard les conduit alors en Libye où ils trouvent de quoi mener une existence à l'abri de l'indigence. Mais un beau jour, leur quotidien devait subitement être bouleversé. Plus parce que sa tête ne plaisait plus à certains que parce qu'il gérait mal son pays, le colonel voyait se lever contre lui une armée mondiale. L'issue fut tragique. Et pour les touaregs accusés à tort ou à raison de s'être rangés du côté du perdant, c'est la chasse aux sorcières, c'est le vandalisme, c'est le pillage des biens et c'est le retour forcé.

Retour d'émigrés démunis, pleins d'amertume mais puissamment armés. L'Etat ayant, à travers les autorités militaires ayant failli à leur devoir de désarmer les revenants, la crise était inévitable. Aujourd'hui, c'est la nation malienne qui est menacée dans son unité et son intégrité territoriale et le processus électoral jadis prometteur, est plus que compromis. On n'entend aucune des puissances impérialistes qui étaient intervenues en Libye, reconnaître leur part de responsabilité dans la crise actuelle que traverse le Mali et par ricochet, les pays comme le Niger, le Burkina Faso puisque ces pays accueillent de nombreux Maliens réfugiés.

L'Onu qui avait donné quitus à l'intervention, à travers sa fameuse résolution 1973 est muette de nos jours. Au Mali et à tous les autres pays sur lesquels se déversent actuellement les conséquences de cette crise libyenne de les gérer. Les autres avaient pour mission de tuer Kadhafi. Celle-ci accomplie, ils se sont retirés et tant pis pour le reste. Pauvre Afrique !

Et c'est là que se manifeste la responsabilité des dirigeants africains. Eux qui avaient laissé faire, ils avaient naïvement pensé que cela se limiterait à Kadhafi seulement. Eh bien, ils se sont dangereusement trompés. Parce qu'en réalité, la crise malienne ne sera certainement pas la seule conséquence fâcheuse que l'Afrique aura à déplorer, suite à son incapacité à se faire respecter par le monde entier.

Déjà, le fiasco enregistré lors de l'élection du président de la commission de l'Union africaine, est également à mettre au compte de ces conséquences malheureuses et regrettables. Car la gestion calamiteuse de l'interventionnisme occidental dans les crises ivoirienne et libyenne par Jean Ping est l'élément fondamental de l'inimitié absolue que l'Afrique du sud éprouve à son encontre.

Le 40e sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale nigériane Abuja saura -t-il tirer une belle leçon de ce vécu ? Les sommets étant souvent de grandes rencontres au cours desquels des discours mielleux sont prononcés sans que des actes concrets ne s'en suivent.


Denis Koné, in IRIB WORLD SERVICE


Source: TSIMOKI GASIKARA

samedi, 11 février 2012

HAITI, MEMBRE DE L'UNION AFRICAINE?

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La nouvelle est quasiment passée inaperçue. Jusque-là simple « observateur », Haïti, la première République noire de l'Histoire, est devenu, début février à Addis-Abeba, « membre associé à part entière » de l'Union Africaine (UA).

Inédit dans l'histoire de l'Organisation panafricaine! Cette décision, la première de ce type concernant un pays de la Diaspora, sera officialisée lors du prochain sommet de l'UA prévu en juin/juillet à Lilongwe, capitale du Malawi. Sans doute en présence du président Haïtien, Michel Martelly, dont on annonce, cette année, le premier périple africain. (Par Francis Kpatindé).

Mais sans attendre, les chefs d'Etat réunis à Addis-Abeba ont chaleureusement salué, et on les comprend, le retour d'Haïti au sein de la grande famille africaine, rappelant les efforts diplomatiques consentis à partir de 1945 par ce pays pour l'avènement d'Etats africains libres, ses dénonciations de l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie mussolinienne, ses prises de position progressistes contre la guerre d'Algérie, le soutien à l'indépendance de la Libye et l'assistance au Rassemblement démocratique africain, cette grande formation politique panafricaine qui accompagna nombre de pays du continent vers la souveraineté internationale.

Haïti s'intéresse à l'Afrique ? C'est dans l'ordre des choses. Tous ceux qui, comme moi, ont vécu dans ce beau pays n'en sont pas surpris. Ce tiers d'île en apnée depuis plus de deux siècles est, après tout, le plus « africain » des Etats d'Amérique du Sud et des Caraïbes. Haïti, comme nombre d'Etats africains, est, de façon récurrente, en proie à l'instabilité et à la violence, alors que l'écrasante majorité de ses enfants croupit dans une misère sans nom. Indépendant le 1er janvier 1804, peu après les Etats-Unis d'Amérique (1776), mais bien avant la Colombie (1810, l'Argentine (1816), le Brésil (1822) et le Canada (1867), Haïti est à la traîne de tout, sauf de la littérature, de la poésie, de la peinture, de la musique, autrement dit, ce qui fait « l'âme » d'un peuple.


Lu sur TSIMOKI GASIKARA


Source: IRIB WORLD SERVICE

mercredi, 14 décembre 2011

LE RDR S'EST ENCORE SIGNALE PAR UNE FRAUDE MASSIVE, DES SACCAGES D'URNES ET LA FALSIFICATION DES RESULTATS

 

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Marche des militants du PDCI-RDA, ce mardi 13 décembre 2011, à Yopougon, pour protester contre les fraudes électorales du RDR et le vol de leur victoire.

 

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Le RDR, un parti violent et anti-démocratique! La preuve par mille nous a été donnée dans ces législatives. A peine 14% de taux de participation et il a encore massivement fraudé, flouant ainsi des dizaines d'élus PDCI et de bien d'autres partis. La grogne s'amplifie et la déflagration couve.

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Des préfets et sous-préfets ont été séquestrés, des urnes ont été saccagées et de faux résultats locaux, proclamés, le président de la CEI de Kouibly, pris en otage à son siège et contraint d'annoncer des résultats truqués, le RDR y saccage tout et s'y proclame vainqueur, les militants du PDCI-RDA marchent et crient à la fraude à Yopougon et à Bouaké, le MFA porte plainte contre le RDR à Bouna, l'UDPCI veut prendre la rue, des fraudes dénoncées à Divo et Facobly, des morts votent à Attécoubé, l'annulation du scrutin exigé. Qui donc jubilait: "Le FPI absent, la violence aussi"? La presse pro-ADO? Vraiment partisane jusqu'à la bassesse professionnelle!

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Et qui donc parle, aujourd'hui, de légitimité et de scrutin libre et transparent? L'UEMOA et l'UA? Ces machines à détruire l'Afrique, ces lèches-bottes de l'Occident et de Nicolas Sarkozy? Pfff!!! Nous prenons, ici, à témoin tous les fils de l'Afrique digne et le monde entier: la vérité sur la victoire écrasante de Laurent Gbagbo à la Présidentielle 2010 est désormais sous vos yeux!

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Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

vendredi, 25 novembre 2011

LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

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Pour l'universitaire Michel Galy, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara met en danger l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire.

 

Les malheurs de l'université ivoirienne, en passe d'être détruite aujourd'hui, remontent pourtant plus loin: comme pour l'ensemble du pays, la zone rebelle a servi, depuis le coup d'Etat manqué de 2002, de banc d'essai; l'université de Bouaké, dans le fief de la rébellion ouattariste, a en effet été complètement pillée et rendue à ce point inutilisable qu'étudiants et professeurs se sont retrouvés à ...Abidjan, squattant au début amphis et cours du campus de Cocody la nuit ou le dimanche -puis se retrouvant dans de nouveaux locaux construits malgré la guerre civile.

Une dégradation progressive de l'université

Que faire d'autre quand livres, bancs, équipements -jusqu'aux huisseries et métaux de construction ont été volés, pillés ou incendiés? Cette libérianisation de l'université ivoirienne a été appliquée à grande échelle pendant et après le coup d'Etat franco-onusien d'avril 2011.

Tout se passe comme si l'Université ivoirienne, ses professeurs et ses étudiants étaient devenus l'ennemi collectif du nouveau régime; dans une déclaration faite à Lomé, Alassane Ouattara ne vient-il pas d'annoncer la fermeture pour deux ans des établissements publics ivoiriens d'enseignement supérieur! La Côte d'Ivoire, entre maîtres de guerres et technocrates, sera-t-elle le seul pays au monde à avoir détruit sa propre Université?

Le contraste est patent avec le régime précédent qu'on a pu nommer (en référence malicieuse à la III ème république française), la «République des professeurs». De l'historien Laurent Gbagbo à l'économiste Aké N'gbo Gilbert- tous deux en déportation sans inculpation ni jugement à Korhogo et à Bouna, du philosophe Voho Sahi à l'historien Pierre Kipré- en exil quant à eux à Accra, capitale du Ghana, tous ont exercé, revanche sur l'affairisme houphouétiste et «l'idéologie du planteur», des responsabilités politiques; on aura reconnu, dans l'ordre cité, le président et le premier ministre ivoirien, le ministre de la Culture et l'ambassadeur de Côte d'ivoire en France.

Et certes, contrairement aux calomnies, cette république des professeurs et des chercheurs, bien qu'en butte à une rébellion armée aidée par la droite française dans sa prise du pouvoir a bien été, par certains côtés, celle de l'intelligence.

J'en voudrai pour preuve ce formidable effort de réflexion national (et même panafricain) qu'a été en 2010 la commémoration des 50 ans des Indépendance, pauvre indépendance bafouée et humiliée lors du putsch sanglant de 2011! Ce qu'on pourrait nommer, en termes heideggériens, l'auto-affirmation de l'université ivoirienne, s'est notamment traduit par cinq colloques successifs, établissant l'état des lieux, prospectant les futurs possibles, cherchant les voies d'une «seconde indépendance».

Et si c'était cette intelligence collective, critique et rebelle, mais en même temps porteuse des luttes des Indépendances comme des révolutions africaines encore à venir, qu'on a voulu, qu'on veut toujours anéantir?

La France, allié de poids de Ouattara

Car du point de vue géopolitique, un tournant était en cours, vers une pluralité d'acteurs, notamment la Chine- ce qui n'était nullement exclusif avec une collaboration franco ivoirienne soucieuse des intérêts communs et du respect de l'autre; y a-t-il d'ailleurs des dirigeants plus francophones et francophiles par certains côtés que ces professeurs ayant pour la plupart fait leurs études dans les universités françaises, continuant à produire articles et ouvrages avec leurs collègues français- ceux-là même qui les ont abandonnés, reniés et parfois insultés quand ont commencé les temps mauvais de la délégitimation politique et des campagnes médiatiques préalables?

Il y a bien eu, hélas trahison des clercs et forfaiture médiatique! Il faudra bien, un jour, faire l'inventaire des délateurs de la presse et des intellectuels organiques des Services ou du sarkosysme, intoxicant l'opinion publique internationale, jusqu'au monde intellectuel français qui connaissait pourtant les acteurs ivoiriens et, pour certains, le pays...

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Un pays laissé à l'abandon

Le silence des intellectuels, lorsque tombaient les bombes franco onusiennes sur la présidence et la résidence, mais aussi campus et cités, CHU et camps militaires habités par des familles entières, tuant des centaines de civils (dont nombre d'étudiants engagés) semble, depuis avril, assourdissant.

A quoi bon disserter sur les «guerres humanitaires» au Kosovo, en Irak et en Libye- demain en Syrie ou en Iran, rappeler les immenses massacres du «Cameroun» sans voir que le même modèle d'intervention a été mis en œuvre en Cote d'ivoire- et que quelque part la mise à mort de l'université  parachève les massacres?

L'écrivain espagnol Miguel de Unamuno, depuis son université de Salamanque affirmait déjà qu'en entendant les franquistes louer la mort et la fin de l'intelligence («Abajo la inteligencia!», A mort l'intelligence!, osait clamer le général Millan Astray) c'était bien, au-delà du fascisme, le glas de toute civilisation qui se manifestait! Ses paroles de 1936 ne sont-elles pas, encore, prophétiques -pour d'autres temps et d'autres lieux:

«Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat».

Que dire des institutions internationales en charge de la Culture, de l'Education ou de la langue? Si des «organisations des droits de l'homme» se sont définitivement discréditées par leur engagement partisan en Côte d'ivoire (cf. le dernier rapport de Human Rights Watch...), si est patent l'honneur perdu de la Cour Pénale Internationale (CPI) dont Jean Ping, président de la commission de l'Union Africaine, a publiquement dénoncé l'instrumentalisation et le rôle de «néocolonialisme judiciaire» (le procureur Ocampo a récemment serré la main, à Abidjan, de criminels de guerre notoires), on attend encore un plaidoyer fort et des actions effectives de l'Unesco, Unicef ou Francophonie, en faveur de l'université d'Abidjan.

Mais ne s'agit-il pas en fait d'une punition collective contre un milieu intellectuel sudiste largement favorable au président Laurent Gbagbo?

Un clivage Nord/Sud de l'enseignement universitaire

Démontrant que le régime Ouattara est plus fragile que sa propagande l'affirme, cette tentative de mise à mort de l'université rencontre pourtant des résistances inattendues; syndicats d'étudiants et de professeurs, partis politiques et journalistes qui commencent à tisser des liens par-delà les frontières.

Le régime, par le biais d'une ministre dont l'incompétence, voire le semi analphabétisme provoque des gorges chaudes à chaque intervention, a cru faire une concession majeure ces jours-ci; après l'annonce depuis Lomé de la fermeture universitaire et des deux «années blanches», on a cru bon d'en excepter l'université de Bouaké et de Korhogo: en somme les ex-rebelles à Abidjan, et les étudiants sudistes en ré-éducation au Nord ?

Il est plus probable que si elle était maintenue, cette surprenante décision se traduirait par une partition de fait du système éducatif, régionalisation et ethnicisation provoquant une «université dioula» (une langue très parlée dans la région) au Nord et ... l'absence de tout enseignement supérieur au Sud!! Double peine pour une capitale qui a voté à 54% pour le candidat Gbagbo, toutes ethnies confondues...

Politique éducative au fond suicidaire pour le régime: exclus par les droits d'inscription d'une université désormais privatisée, que feraient les centaines de milliers d'étudiants désespérés et paupérisés, sans autre issue que la lutte politique et le combat de rue?

Le régime Ouattara qui ferme sa seule université alors qu'il se targuait d'en construire «une par an» s'est lancé dans un projet aussi symbolique que caricatural: enfermer d'un mur d'enceinte le campus de Cocody- plutôt que de le réhabiliter; à grand frais ce «mur de Berlin» (déjà «mur de la honte» pour la débordante inventivité langagière d'Abidjan) pourra peut-être ceinturer l'immense espace universitaire, peut-être le cacher aux nouveaux maîtres; on doute qu'il enferme qui que ce soit, notamment les étudiants et la turbulente jeunesse abidjanaise. Quant à enfermer intelligence universitaire et esprit critique, mur ou pas mur, la tâche semble tout simplement impossible...


Michel Galy, sur Slate Afrique.

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

samedi, 26 mars 2011

AFRIQUE - FRANCE: CALIXTHE BEYALA ECRIT A JEAN PING, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L'UNION AFRICAINE


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A Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l'union Africaine: rupture des relations diplomatiques des pays membres de l'U.A avec la France


A Monsieur Jean Ping

Président de la Commission de l'union Africaine


Objet : Demande d'une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l'U.A avec la France

Pantin, le 20 mars 2011


Monsieur le Président,

Nous venons par ces mots vous demander qu'il soit mis immédiatement fin aux relations diplomatiques qu'entretiennent les pays membres de l'Union Africaine que vous présidez avec la France.

En effet, depuis deux jours les Africains sont victimes des massacres des populations civiles perpétrés en Libye par la France, pour des raisons fallacieuses et ce, malgré la désapprobation de l'Organisation que vous présidez.

Il est inadmissible, impensable qu'un pays comme la France bombarde, tue les populations Libyennes alors même que le mandat soit disant donné par l'ONU ne comportait pas cette clause.

Il s'agit là pour le peuple Africain, d'une humiliation sans nom, d'une blessure profonde qui n'est pas sans rappeler les agissements de ce pays lorsqu'il s'agissait pour lui de mettre l'Afrique sous sa domination.

L'Afrique est aujourd'hui un continent indépendant. La souveraineté des Etats doit être respectée ; l'on ne saurait rester impassible face à une telle sauvagerie.

D'ores et déjà des soulèvements populaires sont prévus dans toute l'Afrique si jamais l'Union se refusait de prendre ses responsabilités face à cette horrible agression. Une grève de la faim de nos élites est également à prévoir.

Nous comptons sur l'Organisation que vous présidez afin que soit mis fin, dans les plus brefs délais, à ces assassinats de femmes et d'enfants innocents, à ce génocide moderne où les pays dits civilisés s'octroient le droit de tuer en toute impunité sous la couverture d'une ingérence humanitaire.

Dans l'espoir que vous mettrez tout en œuvre pour que cessent ces horribles événements, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments respectueux.


Calixthe Beyala, Ecrivain

© Le Républicain (ml) : Calixthe Beyala


Source: CAMER.BE

lundi, 14 mars 2011

LES RAISONS DE L'ECHEC DU PANEL DE L'UNION AFRICAINE: L'EMOTION L'A EMPORTE SUR LE FOND DU DOSSIER


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Rencontre de l'«Union africaine» sur la crise ivoirienne. L'on y attendait le dénouement du poker menteur ivoirien. Mais l'on en est plutôt sorti stoïque. Le consensus n'ayant pu être trouvé pour sortir définitivement la Côte d'Ivoire de l'ornière électorale, où elle s'est empêtrée depuis le 28 novembre 2010.


Mais à bien y voir de près le problème ivoirien remonte à bien longtemps, depuis que le socialiste Laurent Gbagbo a accédé en octobre 2000, à la Magistrature suprême. Le chef d'Etat ivoirien prône un rééquilibrage de la répartition des immenses richesses de son pays. L'appétit de la France insatisfaite se voit alors douché face à un Gbagbo « récalcitrant incommode et réfractaire » à la bonne boulimie hexagonale. On a battu en brèche les suggestions du plus pondéré du Groupe de Haut niveau des chefs d'Etat de l'« Union africaine », en l'occurrence le Mauritanien Ould Abdel Aziz. On a refusé de prêter une oreille attentive à la démarche constitutionnelle et donc légaliste du Sud-Africain Jacob Zuma. Que restait-il d'autre à part le Malawi dont la dette se voit « effacée » par la France corruptrice ? A quoi pouvait-on s'attendre du Burkinabé Blaise Compaoré fier de son statut de président à vie assuré par la France ? Le Tchadien Idriss Déby Itno qui doit une fière chandelle à la France qui lui a flanqué une rébellion de « surveillance », préfère ne pas prendre de risque. Le groupe de Haut niveau mis sur pied par le Conseil de paix et de sécurité de l'« Union africaine » souffre de trois péchés congénitaux.

Premièrement il est pris à son propre piège quand il dit que la solution doit être trouvée par « consensus » et ce n'est qu'à cette seule et unique condition qu'elle deviendra « contraignante à toutes les parties ivoiriennes ». Ce qui voudra dire que, tant qu'une des deux parties conteste la décision, il faudra attendre la saint glinglin. « Nous avons estimé que c'est une proposition inacceptable... Malheureusement, nous avons constaté que le panel de Haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision (le choix d'Alassane Dramane Ouattara comme président élu de Côte d'Ivoire, ndlr) ». S'est braqué l'ancien Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan qui représentait le président Gbagbo à ces rencontres. Le porte-parole du candidat Gbagbo à la dernière élection a donné le ton.

Deuxièmement, la couardise de certains de ses membres face au chantage de la France.

Dès le départ, le panel a été noyauté par la France consciente de la faiblesse de la majorité de sa composante. Là où l'idéal voudrait en vue de s'assurer une majorité soviétique, qu'elle s'aliène l'Afrique du Sud de Jacob Zuma, la Mauritanie d'Ould Abdel Aziz et narguer le continent noir. La France pourra se contenter d'une majorité relative constituée du Burkina Faso, du Tchad et du Malawi. Mais ce n'est qu'un round de joué. Il faudra attendre. Car, la « contrainte » passe forcément par le « consensus » qu'il faudra nécessairement trouver entre le candidat de « La majorité présidentielle (Lmp) » et celui du « Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ».

Troisième couac et c'est là où la tâche devient âpre. L'« Union africaine » a fermé les yeux sur les résultats de ses propres missions en Côte d'Ivoire. Ni le chef de délégation de la mission d'observation du second tour de l'élection présidentielle l'ancien premier ministre Joseph Koku Koffigo, ni l'émissaire de l'« Union africaine » l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, ni le Groupe des experts, encore moins le Groupe de grands niveau constitué de chefs d'Etat ; tout ce bataclan financé à grands frais pour des missions onéreuses en Côte d'Ivoire n'a été pris en compte, à entendre Affi N'Guessan. On a carrément botté en touche les considérations légalistes pour des considérations d'ordre émotionnel. Vous voulez une issue heureuse à la crise ivoirienne ? Veuillez passez demain !



Lire, ci-dessous, le « communiqué du Conseil de paix et de sécurité » de l'« Union africaine » sur la résolution de la crise ivoirienne postélectorale du 28 décembre 2010 :

>> COMMUNIQUÉ DE LA 265ème REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L'UNION AFRICAINE DU 10 MARS 2011.

 


Source : NERRATI.NET

dimanche, 13 mars 2011

UNION AFRICAINE: L'INSOUTENABLE FAILLITE DU SYNDICAT DES DICTATEURS AFRICAINS


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Par Francis LALOUPO

Amer constat du discrédit profond qui frappe l'Union africaine. Jamais l'organisation n'avait subi une telle perte d'estime au sein des opinions africaines. C'en est proprement affligeant. Enlisée en Côte d'Ivoire, absente durant les événements historiques en Tunisie et en Égypte, incapable - comme tétanisée - de se prononcer sur la vague de contestations en cours dans le monde arabe, et enfin, totalement figée face au pire qui se déroule en Libye.

Portée sur les fonts baptismaux à Syrte en 1999 à l'initiative du colonel Mouammar Kadhafi, l'UA vient peut-être de se faire hara-kiri, sans gloire, dans les sables du désert libyen.

Quoi d'étonnant, au fond ? Tout ceci est terriblement logique. Ce trépas politique était inscrit dans l'histoire, dans l'ADN de l'organisation. Le spectacle désespérant de son impuissance que l'UA expose actuellement au grand jour face aux événements cités plus haut, n'est que la manifestation et la tragique confirmation des contradictions initiales dont elle a fait son socle et son « originalité » depuis sa création.

-        Comment imaginer que cette organisation, composée d'États aux cultures politiques disparates et néanmoins dominée par des satrapes et autres rescapés patibulaires des partis uniques, puisse parvenir, comme elle l'a espéré, à s'ériger à terme en autorité morale à l'échelle d'un continent ?

-        Comment peut-on imaginer que les connivences et les complicités que le temps a sédimentées entre les membres de ce "syndicat de chefs d'État" puissent produire autre chose que l'absence de courage politique, l'incapacité à fixer des convergences éthiques et à libérer les intelligences de certaines formes de contraintes, de démissions, d'indulgence coupable et autres considérations dites "conjoncturelles" ?

En somme, alors que l'on déplore aujourd'hui les silences, les absences et le manque de courage politique de l'Union Africaine, celle-ci se révèle simplement, telle qu'en elle-même : un projet bâclé, le résultat forcément inconfortable d'une somme de compromis sulfureux, un pis-aller pour une Afrique qui poursuit par ailleurs son chemin vers son visage pérenne.

A ceux qui répondent à cela que l'UA reste "un processus en cours", il faut répondre désormais que, loin d'être un quelconque "processus", l'organisation dite panafricaine n'est que l'emblème d'un passé qui s'éloigne... C'est pour cela qu'elle ne dispose pas des outils nécessaires lui permettant d'agir pleinement et efficacement dans les crises qui ne sont, au fond, que les manifestations annonciatrices de temps nouveaux, en rupture avec la matrice de l'UA.

Parce qu'elle est génétiquement inapte à comprendre à quel point les populations africaines ne peuvent plus se reconnaître en elle, l'Union Africaine ne sera jamais devenue "la parole de l'Afrique". Ne nous en plaignons pas.

Ainsi découverte dans sa vérité par le plus grand nombre, elle épargne désormais aux Africains - à ce qui voulaient y croire, ne serait-ce qu'un peu encore - une illusion qui n'a que trop duré.

Cette bonne nouvelle ouvre davantage les voies du possible à tous les citoyens qui, loin de ceux qui prétendent les représenter, construisent, discrètement et quotidiennement, des nouvelles formes de vie, faites d'utopies salvatrices pour le continent africain.



http://mampouya.over-blog.com/

jeudi, 10 mars 2011

ADDIS-ABEBA: LA QUESTION DE PRINCIPE D'AFFI N'GUESSAN QUI COULE LE PANEL


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Il est 14 heures à Addis-Abeba lorsque le panel des 5 Chefs d'Etats reçoit le candidat perdant aux élections en Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara (ADO).
Après une heure d'échanges à huis clos, ADO sort et laisse la place à la délégation du Chef de l'Etat réélu, Laurent Gbagbo, conduite par l'ex-premier Ministre Pascal AFFI N'Guessan, Président du Front Populaire Ivoirien.

Pendant une heure 15 minutes, la délégation de la majorité présidentielle va discuter avec les Chefs d'Etats sur la décision finale qu'ils ont cru bon de leur communiquer. Pêle-mêle, le panel suggère que c'est ADO qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire et qu'il doit prêter serment devant le Conseil Constitutionnel ivoirien présidé par Paul Yao N'DRE. Ensuite, le panel et le Président Ouattara nommeront un Premier Ministre de consensus à la tête du gouvernement ivoirien. Des séries d'amnisties seront prises pour les forces de défense et de sécurité et les membres du gouvernement. En retour, l'UA et la Communauté Internationale accompagneront la Côte d'Ivoire dans le processus de reconstruction.

Face à ces inepties débitées avec gêne par le panel, le Chef de la délégation du Président Laurent Gbagbo a fait part sur un ton ferme et en des mots très durs, de l'irresponsabilité et le manque de courage du panel et, juger que les experts de l'Union Africaine n'ont pas fait leur travail lors de leur mission en Côte d'Ivoire puisqu'ils ont refusé de voir les résultats des élections : « Choï a induit en erreur le monde entier et vous en êtes tous conscients. Il n'y a pas de honte à reconnaître cette erreur et à délivrer le peuple ivoirien ».

Après avoir exprimé le risque que prend le panel en suggérant une victoire hypothétique d'ADO, le Chef de la délégation du Président élu, AFFI a posé une question de principe qui a dérouté les membres du panel : « Sur quelles bases et quelles sont les motivations qui, selon vous, justifieraient la victoire d'Alassane Dramane Ouattara? ».

Silence de mort autour de la table. C'est alors que Jacob Zuma, Président d'Afrique du Sud prend la parole pour enfoncer le clou en trouvant que la question du Président AFFI N'Guessan mérite une réponse du panel.

Après plusieurs hésitations, le Président Mauritanien et Président du panel, dit en balbutiant qu'ils ne donneront les motivations de la victoire d'ADO que devant le Conseil de paix et de Sécurité qui devrait normalement se réunir dans les heures qui suivent.
La délégation du Président Laurent Gbagbo a donc quitté la salle, dans l'attente de la réunion du CPS à laquelle elle a d'ailleurs été conviée.

Au micro de l'AFP, AFFI a fait cette déclaration qui traduit l'ambiance lourde de la rencontre avec le panel : « Nous avons estimé que cette proposition du panel est inacceptable. Malheureusement, nous avons constaté que le panel de haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision. Ils continuent la fuite en avant. Tout le monde s'appuie sur l'annonce du haut-représentant de l'ONU (en Côte d'Ivoire, Young-Jin Choï). Si cette initiative ne débouche pas sur des propositions pertinentes et irréfutables, suffisamment convaincantes, nous craignons que l'UA contribue en quelque sorte à parachever le coup d'Etat entamé en 2002, et qui s'est mué en tentative de coup d'Etat électoral à travers les dernières élections présidentielles ».

En fait de résolution de la crise ivoirienne par l'UA, c'est à une copie conforme de l'accord de Linas-Marcoussis que l'UA veut s'adonner.


Source: Coordination des Communicateurs Bénévoles

mardi, 01 février 2011

LEÇONS D'ADDIS-ABEBA ET DU GOLF HOTEL

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Alassane Dramane Ouattara et les autres insurgés du Golf Hôtel ont beau claironner leur satisfaction, le 16ème sommet de l'Union Africaine est une défaite diplomatique pour eux et tous leurs alliés qui préconisaient l'usage de la force militaire pour déloger le président Laurent Gbagbo. S'il y a quelque chose à retenir de la réunion au sommet de l'UA, c'est bien la renonciation à toute violence - endossée par l'instance africaine - pour résoudre la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Comme il est également certain que le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne donnera pas son feu vert à une action militaire en Côte d'Ivoire, ce que Guillaume Soro appelle la « force légitime » ne peut dorénavant s'exercer que si elle prend des libertés avec les chartes de l'UA et de l'ONU. Il n'y a désormais aucune légitimité encore moins le début d'une quelconque base légale à une aventure militaire en Cote d'Ivoire.

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Sur le front économique, la confiance des insurgés du Golf Hôtel est si érodée qu'ils se lancent dans la surenchère de « mesures » censées « étouffer » l'économie ivoirienne et priver l'État des recettes fiscales nécessaires à son fonctionnement. La dernière trouvaille de Ouattara a été de demander aux contribuables de « suspendre le paiement des taxes et impôts » mais « de continuer de déposer leurs déclarations en vue de respecter leurs obligations déclaratives en vertu des textes en vigueur ». Comme à son habitude, Ouattara en appelle à l'incivisme fiscal, à la rébellion, sans prendre un quelconque risque pour sa propre personne. Ce n'est pas quand même sur la base d'un communiqué de presse qu'un contribuable doté de raison se risquerait à se mettre à dos l'administration fiscale ! S'il veut que les contribuables le suivent qu'il prenne un décret. En réalité, Ouattara sait très bien que c'est la ligne jaune à ne pas franchir, car en l'occurrence, sa responsabilité personnelle sera engagée. Il y a quand même quelque de chose de pathétique à voir quelqu'un qu'on nous présente comme un brillant économiste, espérer que l'économie d'un pays aussi grand et peuplé que la Côte d'Ivoire puisse s'effondrer en quelques semaines, à la suite de mesures bureaucratiques. Si les choses étaient si simples, tous les plans de relance économique marcheraient.

Pour en revenir au 16ème sommet de l'UA, il convient de nous féliciter de la création du panel de chefs d'État qui est chargé de faire le constat que la Côte d'Ivoire est un État souverain avec des institutions républicaines qui fonctionnent. Certains d'entre eux ne manqueront pas de constater que la légitimité et la légalité sont incarnées par le président Laurent Gbagbo.


Source : CHRONIQUES SENEGALAISES