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mardi, 03 septembre 2013

EXCLUSIF - INTERVIEW INTEGRALE DU PRESIDENT ASSAD

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Damas, 2 Septembre 2013 - Le président, Bachar al-Assad, a accordé une interview au journal français Le Figaro, au cours de laquelle il a affirmé que la stabilité dans la région dépendait de la situation en Syrie.


 
Voici l'interview intégrale (Version diffusée par nos amis de SANA)… 

Les américains et les français vous ont accusé d’avoir déclenché une attaque à l’arme chimique le 21 août dans la région de Ghouta ce qui a fait des centaines de morts. Pouvez-vous nous fournir une preuve que votre armée n’a pas commis cette attaque?

Premièrement, quiconque accuse doit donner la preuve. Nous les avons défiés d’avancer une seule preuve ; ils en ont été incapables. Nous les avons défiés de donner une seule preuve à leurs peuples. Puisque les politiques extérieures se décident au nom des peuples et de leurs intérêts. Mais, ils n’ont pas pu le faire. 

Deuxièmement, parlons de la logique de cette accusation, si elle est raisonnable ou pas. A présent, je vous pose la question suivante : nous combattons depuis deux ans, et je peux dire que notre situation sur le terrain est aujourd’hui bien meilleure qu’elle ne l’était l’année dernière par exemple. Comment une armée, dans n’importe quel Etat, peut-elle utiliser des armes de destruction massives, au moment même où elle réalise un progrès moyennant des armes conventionnelles? Soyons très précis : Je ne dis nullement que l’armée syrienne possède ou non de telles armes. C’est une question qu’on ne discute pas. Mais supposons que cette armée souhaite utiliser des armes de destruction massive, si elle en possède; est-il possible qu’elle le fasse dans une zone où elle se trouve elle-même?!! Où en est la logique? 

En plus, est-il possible d’utiliser des armes de destruction massive dans la banlieue de la capitale sans tuer des dizaines de milliers de personnes, car ces matières se transportent par le vent? 

- Des éléments de l’armée syrienne ont-ils été atteints par de telles armes? 

Oui, dans la région d’Al Baharieh dans la banlieue de Damas. Le comité d’enquête a rencontré les soldats hospitalisés. 

- Certains disent que l’armée a sans doute réalisé certains progrès. Mais vous vouliez aussi, en fin de compte, en finir définitivement avec cette opposition, qui progresse dans d’autres endroits. 

Encore une fois, les zones dont on parle sont des zones peuplées. Y utiliser des armes de destruction massive signifie des dizaines de milliers de morts. Toutes les accusations se fondent sur les allégations des terroristes et sur des images vidéo arbitraires diffusées sur internet. 

- Les américains disent avoir capté un entretien téléphonique entre un de vos responsables et un élément de l’armée, lui donnant l’ordre d’utiliser ces armes… 

Bachar al-Assad : si les américains, les français ou les britanniques disposaient d’une seule preuve, ils l’auraient annoncée dès le premier jour. Nous ne discutons pas des rumeurs, ni des allégations. Nous ne discutons que les faits. Si ce qu’ils disent est vrai, qu’ils en donnent la preuve. 

- Serait-il possible que certains responsables, ou certains éléments de l’armée syrienne, aient pris cette décision sans votre aval. 

Bachar al-Assad : Encore une fois… j’affirme que nous n’avons jamais dit posséder de telles armes. Votre question insinue des choses que je n’ai pas dites, et que nous n’avons ni confirmées ni niées en tant qu’Etat… mais normalement, dans les pays qui possèdent une telle arme, la décision est centrale. 

De toute manière, vous évoquez une question que nous ne discutons avec personne en tant qu’Etat, car c’est une question purement militaire. 

- Mais Jihad Makdissi l’a bien dit? 

Non… à l’époque, Jihad a dit: «Si nous possédons une telle arme, nous ne l’utiliserons pas». Le faite de la posséder ou non est une affaire purement syrienne et ne concerne que nous. 

- Le président Obama a reporté les frappes militaires sur votre pays. Comment expliquez-vous cette décision? 

Certains estiment que le président Obama a fait preuve de faiblesse en temporisant l’agression, ou en la reportant pour quelques jours ou quelques semaines… Certains ont vu en lui le chef fort d’une grande puissance, parce ce qu’il a menacé de déclencher la guerre contre la Syrie. Quant à nous, nous estimons que l’homme fort est celui qui empêche la guerre, et non celui qui l’enflamme… 

L’homme puissant est celui qui reconnait ses erreurs. Si Obama était fort, il aurait dit publiquement: «Nous ne disposons pas de preuves sur l’usage de l’arme chimique par l’Etat syrien ». Il aurait dit publiquement: «La seule voie est celle des enquêtes onusiennes. Par conséquent, revenons tous au conseil de sécurité». Mais à mon avis, il était faible parce qu’il a subi les pressions intérieures et a menacé de déclencher la guerre. C’est notre opinion. Je vous ai dit que par la force des choses le fort est celui qui empêche la guerre et non celui qui la déclenche et l’attise. 

- Que diriez-vous aux membres du congrès américain qui doivent voter pour ou contre cette frappe? 

Quiconque souhaite prendre cette décision doit, avant de voter, se poser la question évidente suivante: les guerres qu’ont-elles apportées aux Etats-Unis ou même à l’Europe? Le monde qu’a-t-il gagné de la guerre contre la Libye? Qu’a-t-il gagné du support apporté au terrorisme en Libye? Qu’a-t-il gagné de la guerre en Irak et ailleurs? Que gagnera-t-il du renforcement du terrorisme en Syrie? 

La tache de tout membre du congrès consiste à servir l’intérêt de son pays. Avant de voter, il doit agir en fonction de l’intérêt de son pays… Quel serait l’intérêt des États-Unis dans la croissance de la perturbation et de l’extrémisme au Moyen Orient? Quel serait leur intérêt à poursuivre ce que Georges Bush avait commencé, à savoir répandre les guerres dans le monde… 

S’ils raisonnent logiquement et en fonction de l’intérêt de leur propre pays, ils ne verront aucun intérêt dans de telles guerres. Mais vous savez que, dans beaucoup de cas, leurs positions politiques n’émanent pas toujours du bon sens. 

- Comment entendez-vous riposter à cette attaque, au cas où elle aura lieu? 

Aujourd’hui, vous parlez d’un tonneau de poudre qui est le Moyen-Orient. 

Le feu s’approche énormément de ce tonneau. Il ne s’agit pas seulement de la riposte syrienne, mais bien de ce qui pourrait se produire après la première frappe… 

Celui qui élabore aujourd’hui le plan de la guerre peut vous répondre en ce qui concerne le premier pas seulement, c'est-à-dire sur ce qu’il va faire lui-même. Mais après… Personne ne peut savoir ce qui se passera. Tout le monde perdra le contrôle lorsque le baril de poudre explosera… Personne ne dispose d’une réponse sur ce qui se passera en fin de compte. Ce qui est certain c’est qu’il y aura partout le chaos, la guerre, l’extrémisme et ses répercussions. 

- Le danger d’une guerre régionale se pose t-il? 

Bien sûr. Ce risque vient même au premier plan. La question ne relève pas seulement de la Syrie, mais de toute une région intégrée, étroitement liée sur le plan social, politique et militaire. Il est dons normal que les défis soient régionaux et non seulement syriens. 

- Par exemple, Israël serait-il un de vos objectifs?

Vous ne vous attendez quand même pas que je révèle quelle sera notre riposte ?!! Il n’est pas logique d’annoncer notre plan, mais comme je viens de le dire, puisque les acteurs sont nombreux, parler d’un seul acteur minimise l’importance de ce qui se produira. 

- Que diriez-vous à la Jordanie où des hommes armes se sont entrainés. Au cas où les extrémistes réalisent une avancée, quel sera, à votre avis, le danger qui menace la Jordanie? 

Notre politique consiste à ne pas exporter nos problèmes aux pays voisins. Nous traitions donc avec des milliers de terroristes déjà venus de la Jordanie, et nous les frappions à l’intérieur même de la Syrie … La Jordanie, par ailleurs, a déjà annoncé qu’elle ne servira de base à aucune opération militaire contre la Syrie. 

Mais si nous ne parvenons pas à frapper le terrorisme en Syrie, il passera tout naturellement dans d’autres pays. L’extrémisme et le chaos se répandront davantage. 

- Vous mettez donc en garde la Jordanie et la Turquie? 

Bachar al-Assad : Nous l’avons dit à plusieurs reprises, et nous leur avons envoyé des messages directs et indirects. Je pense que la Jordanie en est consciente, malgré les pressions qui s’y exercent pour qu’elle devienne un lieu de passage pour le terrorisme. Quant à Erdogan, je ne pense pas du tout qu’il est conscient de ce qu’il fait... 

L’important aujourd’hui pour la Syrie est de frapper le terrorisme sur son territoire. 

- Quelle sera la réaction de vos alliés… Hezbollah et l’Iran, au cas où une attaque est perpétrée contre la Syrie? comptez-vous le cas échéant sur leur soutien? 

Je ne veux pas parler à leur place. Cependant, leurs déclarations étaient claires. Puisque nous avons dit que la question était régionale, personne ne saurait dissocier les intérêts de la Syrie de ceux de l’Iran ; ni les intérêts de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah de ceux d’autres pays qui nous soutiennent. 

Aujourd’hui la stabilité de la région dépend de la situation en Syrie. La Russie en est consciente, aussi ne défend-elle pas le président ni l’Etat syrien mais bien la stabilité dans la région… car cela aura aussi des effets sur la Russie. Voir les choses sou l’angle d’une coalition entre la Syrie et l’Iran serait superficiel et limité.La question en est beaucoup plus grande. 

- Les russes vous ont-ils rassuré qu’ils maintiennent des contacts avec les américains pour atténuer la frappe? 

Je ne pense pas qu’on fasse confiance aux américains. Aucun Etat au monde ne peut garantir à quiconque que les américains engageront ou non une action contre tel ou tel pays. Aussi nous ne cherchons pas de telles assurances…Les américains disent une chose le matin, et le contredisent complètement le soir … Tant que les Etats-Unis ne suivent pas et n’écoutent pas les Nations Unies, nous ne devons pas être rassurés. 

- Comment peut-on arrêter la guerre et la crise qui durent depuis deux ans et demi en Syrie? Vous avez proposé un gouvernement d’union nationale, la communauté internationale a proposé Genève 2… comment peut-on arrêter le bain de sang? 

Bachar al-Assad: Lorsque la crise est à ces débuts et que vous parlez de solution, c’est totalement différent que lorsque vous parlez de solution à l’heure actuelle... J’ai dit dès le début que la solution devait avoir lieu par le dialogue… Le dialogue entraine des solutions et engendre des idées qui s’appliqueront à travers des mesures politiques. 

Aujourd’hui la situation est différente. Nous combattons des terroristes. 80 – 90 % de ceux que nous combattons appartiennent à Al Qaeda. Ceux là ne s’intéressent pas à la réforme, ni à la politique, ni aux lois. Ceux là, le seul moyen de leur faire face est de les liquider. C’est alors que nous pourrions parler de mesures politiques. Pour répondre donc à votre question, la solution aujourd’hui consiste à arrêter de faire venir les terroristes en Syrie, de leur fournir des armes, et de leur apporter un soutien financier et autre….. 

- Qui leur apporte ce soutien? 

L’Arabie Saoudite en premier lieu, la Turquie, la Jordanie (à travers l’infiltration des personnes armées), la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis. 

- Avez-vous des preuves que la France a livré des armes aux terroristes? 

Les positions politiques de la France, sa provocation qui met en exécution les politiques d’autres pays comme le Qatar et autres, en est la preuve pour nous. 

- Êtes-vous prêt, M. le président, à inviter les responsables de l’opposition à venir en Syrie, à se réunir avec eux, à leur présenter des garanties sécuritaires, et à leur dire asseyons-nous ensemble pour trouver une solution? 

En janvier dernier, nous avons lancé une initiative qui comprenait tout ce que vous venez de dire, et même plus. Cependant, l’opposition dont vous parlez a été fabriquée à l’étranger. Elle est made in France, Qatar… mais certainement pas "Made in Syria". Elle suit donc forcement les ordres de ceux qui l’ont fabriquée. Il n’était pas permis aux membres de cette opposition de répondre favorablement à cet appel, ni donc aux solutions politiques. Par ailleurs, ils ne disposent d’aucune base populaire. Malgré tout, nous les avons invités mais ils n’ont pas répondu à cette invitation. 

- Mais certains n’ont pas répondu parce qu’ils craignaient pour leurs vies. Ils craignent qu’ils ne soient emprisonnés comme ce fut le cas avec Abdelaziz al Khayer. Pouvez-vous leur donner des garanties? 

Nous leur avons donné ses garanties, et moi-même j’ai évoqué ces points politiques y compris des garanties sécuritaires à toute personne qui vient en Syrie pour le dialogue. Mais ils ne sont pas venus, ou on ne leur a pas permis de venir. Dire qu’ils craignent être tués ou arrêtés, nous n’avons ni tué ni arrêté personne de l’opposition. Ils se trouvent en Syrie, les amis et les collègues d Abdelaziz Al Khayer … Vous pouvez les rencontrer ici même, en Syrie. Pourquoi agresser ou arrêter quelqu’un et laisser les autres ?! Où en est la logique ? Cela est insensé. 

- Comment expliquez-vous la position de la France aujourd’hui a votre égard? Vous êtes venu plusieurs fois en France… 

Bachar al-Assad: Ce n’était pas une relation d’amitié… C’était une tentative de la part de la France de changer l’orientation de la politique syrienne, et ce à la demande des Etats-Unis. C’était une chose tout à fait claire pour nous. Même le virement positif vis à vis de la Syrie en 2008, s’est fait sous l’influence du Qatar… pour être clair, la politique de la France vis-à-vis de la Syrie dépendait totalement du Qatar et des Etats-Unis. 

- Les parlementaires français se réuniront mercredi. Aujourd’hui, il y a un grand débat en France. Certains pensent que hollande est allé trop loin dans cette affaire. Quel discours adressez-vous aujourd’hui aux parlementaires français avant qu’ils se réunissent et votent? 

Il y a quelques jours, le Ministre français des affaires étrangères aurait déclaré : la participation de la France attend le congrès américain. Il n’a pas dit qu’il attendait la décision du parlement français. Je vous demande donc de qui dépend le Gouvernement français dans ses prises de décisions, du parlement français ou du congrès?!! 

Depuis 2003, suite à l’invasion de l’Irak, la France a décidé de renoncer à son indépendance et est devenue la subalterne de la politique américaine. C’était vrai pour Chirac après la guerre, mais aussi pour Sarkozy, et aujourd’hui pour Hollande. 

La question est de savoir si la réunion du parlement français signifiera que les français retrouveront l’indépendance de la décision de la France. Nous souhaitons que la réponse soit positive. Je dirais à ce moment-là aux parlementaires français : que chacun décide en fonction de l’intérêt de la France. Les représentants du peuple français soutiendront-ils l’extrémisme et le terrorisme ? Se mettront-ils du côté de ceux qui ont perpétré les attaques du 11 septembre à New York, ou l’attentat du métro en Espagne? Les députés du peuple français se mettront-ils du côté de ceux qui ont tué les innocents en France??? Comment pourront-ils s’opposer à des gens comme Mohammad Marah en France, et les soutenir en Syrie!!! Comment la France peut-elle combattre le terrorisme au Mali et le renforcer en Syrie? La France deviendra-t-elle un exemple de la politique des deux poids deux mesures promues par les Etats-Unis?!! 

Comment les parlementaires français pourront-ils convaincre leurs concitoyens que la France est un état laïc, et en même temps appuyer ailleurs l’extrémisme et le confessionnalisme ; un Etat qui appelle à la démocratie mais dont l’allier principal c’est des Etats qui appartiennent au moyen âge comme l’Arabie Saoudite. Je dis aux parlementaires français: revenez aux principes de la révolution française dont le monde entier s’en est enorgueilli : liberté, égalité, fraternité. 

- Si la France intervient militairement, les intérêts nationaux de la France seront-ils affectés en Syrie ou dans la région? 

Cela dépend des répercussions de la guerre. Mais la France perdra certainement ses intérêts. Il y a une sorte de mépris vis-à-vis la politique de la France, cela est devenu clair et se reflète directement sur les intérêts. Il aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France. Surtout que des pays importants dans la région commencent à s’orienter vers l’Est, et non plus vers l’Europe comme auparavant. Les alternatives sont disponibles, ainsi que le respect mutuel entre nous et ces pays. 

- Donc vous appelez à la raison et à la sagesse. 

A la raison et à la morale. 

- Entendez-vous présenter votre candidature l’année prochaine aux élections présidentielles. 

Ça dépend, à ce moment-là de la volonté du peuple syrien. Si je sens que le peuple le souhaite, je n’hésiterai pas à le faire, bien au contraire. A présent, nous n’avons pas de statistiques à ce sujet, mais nous avons des indices. L’indice principal c’est que lorsque vous combattez des terroristes qui viennent de plus de 80 pays et qui sont appuyés par l’Occident et par certains Etats Arabes, et que le peuple ne veut pas de vous, vous ne pouvez pas continuer. Puisque la Syrie a résisté pendant 2 ans et demi, c’est là un indice important quant à l’existence d’un soutien populaire. 

- Dans cette crise, M. le président, jusqu’où vous êtes prêt à combattre? 

Bachar al-Assad: Ce n’est pas nous qui a choisi de combattre. Nous avons deux choix: nous battre et défendre notre pays contre le terrorisme, ou capituler. L’histoire de notre région ne nous indique pas que nous ayons capitulé auparavant. Cette région a toujours vécu des guerres. Elle n’a jamais capitulé, et ne capitulera jamais. 

- Donc vous allez vous battre jusqu’à sacrifier votre vie pour la Syrie? 

Lorsqu’il s’agit d’une question patriotique tout le monde se bat, et tout le monde se sacrifie pour sa patrie…. Aucune différence entre président et citoyen… Ce n’est pas une affaire personnelle. En quoi c’est utile si vous vous restez en vie alors que votre patrie est mourante? 

- Est-ce que vous assumez, M. le président ; toutes les erreurs commises et tout ce qu’a fait votre armée et les forces de sécurité? Pensez-vous qu’il y a eu des erreurs commises? 

Tout être humain risque de se tromper. Si vous ne vous trompez pas c’est que soit vous n’êtes pas humain, soit vous ne travaillez pas. Moi, je suis humain et je travaille… Mais lorsque vous voulez évaluez une erreur quelconque, vous devez prendre du recul. L’évaluation doit se faire après et non pendant la production de l’événement. Il faut bien attendre les conséquences de l’action. A présent, nous sommes au cœur de la bataille. Lorsqu’elle prendra fin, nous seront en mesure d’évaluer les résultats et nous dirons qu’on avait raison ici, ou qu’on s’est trompé là. 

- Êtes-vous sur que vous allez gagner la bataille? 

L’histoire de notre région nous dit que lorsque les peuples se défendent, ils vaincront. Cette guerre n’est pas celle du président, ni celle de l’Etat. C’est la guerre de toute la patrie, et nous remporterons la victoire. 

- Malgré tout, votre armée a perdu certaines régions au nord, à l’est, au sud… pensez-vous que vous allez récupérer ces zones militaires? 

Notre problème n’est pas d’avoir la terre sous notre contrôle ou sous celui des groupes armés. Il n’y a pas un endroit où l’armée a voulu entrer sans pouvoir y pénétrer. Le vrai problème réside dans la poursuite du pompage des terroristes à travers les frontières. Il réside aussi dans le changement que les terroristes ont pu introduire sur le plan social dans les zones où ils ont pénétré. 

- Votre ancien ami Moratinos m’a dit il y a quelques jours: qu’est ce qui se passe dans la tête de Bachar El-Assad ? Comment peut-il commettre de tels actes de violence dans son propre pays? 

Il faut plutôt se poser la question de savoir comment la France a permis de tuer des terroristes qui ont terrorisé les citoyens français chez eux? Comment a-t-on fait face au désordre au Royaume Uni l’année dernière? Pourquoi l’armée américaine est-elle descendue à Los Angeles dans les années 90? Pourquoi est-il permis aux autres pays de lutter contre le terrorisme, alors que cela n’est permis en Syrie? Pourquoi n’est-il pas permis que Mohamad Marah se trouve en France pour tuer, alors qu’il est permis aux terroristes de se trouver en Syrie pour tuer? 

- Depuis le début de la crise, quels changements y-a-t-il eu sur votre quotidien en tant que dirigeant de l’Etat? Après 2 ans et demi de la crise, certains disent que Bachar El-Assad dirige seul le pays. 

C’est bien ce que je vous ai répondu tout à l’heure. Si l’Occident était contre moi, mon peuple aussi, et que j’étais seul, comment pourrai-je alors être en mesure de diriger le pays? C’est illogique. Je continue grâce à l’appui du peuple et à la puissance de l’Etat. Malheureusement, lorsqu’on nous regarde de l’occident, on ne voit pas les choses d’une manière réaliste. 

- Plusieurs journalistes français sont retenus en Syrie. Avez-vous de leurs nouvelles? Est-ce le pouvoir qui les détient? 

Détenus chez nous? 

- Ils ont été pris en otages au Nord. 

S’ils sont des otages chez les terroristes, c’est aux terroristes qu’il faut demander de leurs nouvelles. Si par contre l’Etat arrête quiconque pour être entré dans le pays de manière irrégulière, il sera traduit en justice. Il ne sera pas gardé en prison. Il sera jugé selon les lois syriennes, et tout le monde le saura. 

- Souhaitez-vous élaborer une collaboration sécuritaire avec la France, ce qui se produisait d’ailleurs dans le passe. 

Toute sorte de coopération, qu’elle soit sécuritaire, militaire ou même économique a besoin d’un accord politique. Nous ne pouvons pas avoir une collaboration sécuritaire avec n’importe quel Etat quand les intérêts politiques sont en contradiction. 

- Lorsque votre père est décédé et que vous étés allé en France, le président Chirac vous a reçu… votre image a complètement changé... 

La question est de savoir plutôt si la réalité de la personne a changé. L’image est modifiée par les médias à leur manière. Ma réalité n’a pas changé. Je suis quelqu’un qui appartient au peuple syrien. Je défends ses intérêts. Je suis indépendant, non soumis aux pressions extérieures. Je coopère avec les autres de manière à sauvegarder les intérêts de mon pays. 

Ils ont mal compris ces choses là. Ils ont pensé qu’un jeune président c’est quelqu’un à qui on peut dicter ce qu’il doit faire et ce qu’il ne doit pas faire. Ils ont pensé que si j’avais fait mes études en Occident, ça veut dire que j’ai perdu ma culture authentique… C’est une manière naïve et superficielle de voir les choses. Je n’ai pas changé. Mais dès le début ils m’ont vu autrement. Ils doivent accepter l’image du syrien attaché à l’indépendance de son pays. 

- La France est-elle devenue un pays ennemi de la Syrie? 

Quiconque contribue au renforcement financier et militaire des terroristes est l’ennemi du peuple syrien. Quiconque contribue à tuer un soldat arabe syrien est l’ennemi de la Syrie. Quiconque œuvre contre les intérêts de la Syrie et de ses citoyens est un ennemi. 

Je ne parle pas du peuple, car je vois que le gouvernement français va à l’encontre de l’intérêt et de la volonté de son peuple. Il faut faire la distinction entre peuple ennemi et Etat ennemi. Le peuple français n’est pas un ennemi, mais la politique de son Etat est hostile au peuple syrien. 

- Donc l’état français est-il aujourd’hui un ennemi de la Syrie? 

Dans la mesure où la politique de l’Etat français est hostile au peuple syrien, cet Etat sera son ennemi. Cette hostilité prendra fin lorsque l’Etat français changera de politique. 


Syria Committe – Comité Syrie
Avec SANA - Le Figaro – PCN-SPO/2013 09 02

vendredi, 11 janvier 2013

MESSAGE DE FIN D’ANNEE 2012 DE M. OUATTARA - DISCOURS ADRESSE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, PAS AUX IVOIRIENS

 

ALASSANE OUATTARA ET BAN KI MOON.jpg


«L’espoir l’emporte très largement sur les incertitudes car notre pays se porte mieux. Il suffit pour en juger de regarder le chemin parcouru aux plans de la consolidation de nos institutions, de la situation  économique et sécuritaire ainsi que du point de vue de la cohésion nationale»

La lecture de ce bilan dressé par M. OUATTARA  ne fait que confirmer qu’il ne s’adressait pas aux ivoiriens mais à ceux qui l’ont élu Président: la communauté internationale.

Pour M. OUATTARA, la consolidation de nos institutions se mesure par:

«Nous avons renouvelé notre Assemblée Nationale qui s’est mise au travail»

Le rattrapage prôné par le nouveau pouvoir a donc permis une «consolidation des institutions» par exclusion de l’opposition de l’assemblée nationale avec un taux de participation réel de 15%. La consolidation des institutions se réalise donc par l’exclusion de la population ivoirienne et de l’opposition.

«Avec un taux de croissance qui sera parmi les plus élevés au monde, notre économie est en pleine mutation et se diversifie… Les revenus dans le monde rural ont augmenté grâce à la hausse des prix d’achat du café, du cacao, du coton, de l’anacarde et bien d’autres cultures… Le kilo du cacao est acheté aujourd’hui à 725 FCFA contre 650 au cours de la campagne précédente»

Pour les ivoiriens qui sont chassés de leur plantation et qui vendaient leur cacao à 1.000 FCFA au moins le kilo sous le régime GBAGBO, un tel bilan ne les concerne pas ; mais pour les mercenaires recrutés pour les besoins de la cause et qui ont installé, à  l’ouest, quatre armées étrangères dans la boucle du cacao pour s’approprier les plantations de cacao des ivoiriens, ce bilan a peut être un sens, ayant occupé les plantations  en guise de rémunération et de butin de guerre.

«La Côte d’Ivoire est au travail, notre pays est aujourd’hui un vaste chantier : routes, ponts, hôpitaux, écoles, infrastructures diverses voient le jour et sont visibles de tous et pourtant j’entends dire que l’argent ne circule pas!»

La Côte d’Ivoire est peut être au travail mais sans les ivoiriens qui sont dans des camps de refugiés et périodiquement visités par des chasseurs traditionnels les jours de fête, ou dans des camps de torture disséminés à travers le pays, ou en exil. Ceux qui restent sont les spectateurs des contrats de gré à gré distribuées pour récompenser les parrains de la guerre contre la Côte d’Ivoire et les camions qui transportent des travailleurs mercenaires qui affluent du pays d’origine de la rébellion qui a attaqué la Côte d’Ivoire.

La  croissance annoncée comme l’une des plus fortes d’Afrique et même du monde se réalise sans les opérateurs économiques et les travailleurs ivoiriens. M. le président de la communauté internationale, voici les raisons de l’absence de circulation de l’argent entre les mains des ivoiriens qui vous écoutent médusés lorsque vous leur dites:

«Que l’enquête qui vient de s’achever sur la situation de l’emploi dans notre pays indique une nette réduction du taux de chômage»

Pendant que la chambre de commerce et les centrales syndicales annoncent entre 80 000 et 120 000 emplois détruits depuis 2011.

Ils sont encore plus surpris lorsque vous leur promettez d’améliorer leur salaire alors qu’ils constatent des salaires impayés de plus de 4 mois pour certains, des indemnités de correction des enseignants et des indemnités de logement impayés.

Ils sont encore plus étourdis lorsque vous parlez d’assurance maladie pour des hommes qui n’ont ni droit au travail, ni droit à la liberté, ni droit de vivre dans leur propre pays.

Lorsqu’ils vous entendent dire que la sécurité s’améliore, ils éclatent de rire dans leur tombe pour certains, pour d’autres au fond des prisons et des camps de tortures et pour tous, la menace permanente d’un chasseur dozo, cherchant du gibier humain.

Lorsque vous faites le constat d’une amélioration de la cohésion sociale dans la justice des vainqueurs, ils se demandent si vous ne faites l’effort de vous convaincre de l’inverse de ce que vous pensez réellement.

Ils savent une seule chose : toutes vos promesses et réalisations s’adressent à ceux qui vous ont porté au pouvoir et ne les concernent pas car vos infrastructures de route, d’eau, d’électricité  ne leur sont pas accessibles puisque privés de pays, de liberté, de sécurité et de revenus.

 

Dr Cheick DIABATE,

 Enseignant -Chercheur, Université du Colorado, USA

dimanche, 23 décembre 2012

SANDY HOOK: LA PAGE FACEBOOK DEDIEE A L'INSTITUTRICE A ETE CREEE 4 JOURS AVANT LE DRAME

 

UNE DU JOURNAL TIME - VICTORIA SOTO.jpg

 

Dans le drame de Sandy Hook, chaque jour des preuves accablantes désignent une fraude manifeste.

On a eu droit à des références cinématographiques dans le dernier Batman, puis on s'est rendu compte que la page Facebook dédiée à la collecte de fonds pour l'une des victimes a été créée avant même l'annonce de sa mort. Il y a eu le scandale du père qui s'esclaffait devant les caméras avant de faire mine de pleurer, et la joyeuse réception en habits de fêtes en compagnie du président Obama.

Tous ces éléments avaient éveillé la suspicion des observateurs mais désormais la preuve est établie que l'affaire de la fusillade de Newtown est sans conteste un false flag programmé à l'avance.

En effet, on vient de se rendre compte que la page Facebook dédiée à l'institutrice victime des tueurs a été crée le 10 Décembre soit 4 jours avant la date de la fusillade!

Evidement, les responsables de cette opération ont pris soin de corriger leur erreur (Facebook complice?) et c'est en consultant le cache Google de la pageque l'on pourra vérifier qu'elle a bien été crée le 10/12.

PAGE FACEBOOK RIP VICTORIA SOTO - CAPTURE D'ECRAN.jpg

Story telling versus Vérité

On peut en conclure que le compte rendu que les médias ont fait de ce drame n'est que du story telling.

Ainsi l'institutrice passe pour une héroïne qui s'est sacrifiée en sauvant la vie de quelques élèves, ce qui lui apporte la sympathie du public. Même chose pour le père épleuré mais digne, de la petite Emilie.

De cette manière, toute contestation de la version officielle sera vouée à se heurter à un mur d'hostilité.

C'est la même technique utilisée lors du story telling du 11 septembre, par exemple avec l'histoire des passagers du vol 93 qui se sont révoltés contre les pirates de l'air.

Un nouveau 11 septembre 

Depuis le 11 septembre, une partie du public a admis le fait que jusqu'aux plus hauts niveaux du gouvernement, un réseau de gens sans scrupules étaient prêts à sacrifier des vies innocentes pour faire avancer leur agenda. Les récentes tueries d'Aurora et de Sandy Hook s'inscrivent dans cette continuité.

Grâce à la complicité des médias, ces sacrifices humains serviront des objectifs politiques.

Le droit de posséder des armes qu'octroie la constitution américaine est d'ores et déja dans le collimateur.

Des groupes de gens comme les survivalistes, les "preppers" voire même les conspirationnistes le seront également dans un proche avenir.

Par le biais de l'instrumentalisation des émotions qu'elles génèrent, les tueries comme celles de Sandy Hook et d'Aurora sont les nouveaux "11 septembre" dont a besoin l'élite mondialiste pour abolir le peu de libertés civiles qui reste au peuple.


Source: Les Chroniques de Rorschach

jeudi, 18 août 2011

LE PLUS GROS DETENTEUR DE LA DETTE AMERICAINE N'EST PLUS LA CHINE, C'EST...!


L’analyse de l’ex-trader Marc Fiorentino sur l’"arnaque américaine" de 2011. Découvrez qui a supplanté la Chine et le Japon pour le rachat de la dette des Etats-Unis. Stupéfiant !


Madoff était finalement un petit joueur. Avec ses 50 ou 60 milliards de dollars détournés, il n’a pas exploité toutes les possibilités de la fameuse chaîne de Ponzi... Face au tandem Geithner-Bernanke, nos nouveaux Robert Redford et Paul Newman dans ce remake de « l’Arnaque », il faut dire que la concurrence est rude. Décortiquons cette fraude massive car le montage est d’une subtilité perverse et d’une perversité subtile.

Commençons tout d’abord par un petit rappel : le Trésor américain et la Fed sont deux poches différentes du même argent... Même si la banque centrale américaine est indépendante, ses moyens sont les mêmes que ceux du Trésor américain. Quand la Fed perd de l’argent, et elle va perdre une fortune sur ses achats massifs d’obligations d’État avec la remontée des taux d’intérêt qui s’amorce, cette perte va directement, chaque année, s’imputer au déficit budgétaire américain, un déficit qui est déjà en lambeaux.

Que s’est-il passé en 2010 ? L’État américain, déjà en faillite virtuelle, a fait de la relance. Il a injecté des centaines de milliards de dollars dans l’économie qu’il n’avait pas. Ces centaines de milliards, le Trésor américain a dû les emprunter. Le problème, c’est que les Chinois ne veulent plus de ces nouveaux subprimes, ni les Japonais ni les pays du Golfe... Les ménages américains ont absorbé une partie de ces déchets napolitains pour placer une épargne récemment reconstituée. Mais cela ne suffisait pas. Dès lors, la Fed est venue prêter au Trésor américain... Mais la Fed et le Trésor, c’est pareil ! C’est de l’argent qui sort d’une poche pour entrer dans l’autre, avec deux poches qui, aujourd’hui, sont percées. On a appris cette semaine, sans surprise, mais tout de même avec effroi, que la Fed était passée devant la Chine et était devenue le plus gros détenteur d’emprunts d’État américains ! Fascinant, non ? L’administration Obama, qui voulait réformer les pratiques bancaires, fait ce qu’aucune banque, ni aucun escroc de haut vol, n’a jamais tenté. Il faut dire qu’ils n’en sont plus à une contradiction près : les vingt plus grosses banques américaines vont verser pour 2010 un montant record de rémunérations : 135 milliards de dollars alors qu’Obama devait briser Wall Street, l’appât du gain et les bonus. Michael Douglas a raison de dire en 2010 : « Greed is not just good, it’s legal. » Passons.

Le problème de ce tour de prestidigitation, ô combien impressionnant, est qu’il ne pourra plus être utilisé en 2011. Vous allez comprendre pourquoi. Les taux montent. La Fed perd donc tous les jours de l’argent sur les 1.100 milliards d’emprunts d’État qu’elle a avalés. Elle va sûrement encore jouer la fuite en avant avec un QE3 ou un QE4 mais elle ne pourra pas continuer à absorber intégralement les besoins d’emprunt de ses collègues du Trésor. Madoff avait besoin que les marchés continuent à monter pour que son arnaque tienne. La crise de Lehman a mis sa belle pyramide à terre. Geithner et Bernanke ont besoin que les taux d’intérêt baissent pour qu’ils puissent continuer à faire voltiger les dollars sans que les spectateurs s’aperçoivent de la supercherie. Oui, mais voilà. Avec des matières premières en folie, du fait entre autres de ce « quantitative easing », des valeurs d’actifs qui montent sous l’effet de la spéculation, des banques qui reprennent leurs plus mauvaises habitudes, les taux grimpent. Doucement mais sûrement. Et il suffit que cette hausse s’accélère pour qu’on découvre que tout cela n’est qu’une gigantesque arnaque.

Mais alors, me direz-vous, si c’était aussi simple que cela, que fait la police ? La police, c’est-à-dire les agences de notation ou la SEC, est à peu près aussi sévère avec le Trésor américain et la Fed que la police tunisienne l’était avec la belle-famille de Ben Ali ! Notre duo d’équilibristes est aujourd’hui dans une fuite en avant qui ne peut que mener les États-Unis dans un mur. Bravo les artistes !

 

In Le Grand Soir.Info

 

Source: COMITE VALMY

mercredi, 15 décembre 2010

ALCIDE DJEDJE: LES DESSOUS D'UNE MANIPULATION MEDIATIQUE MONDIALE

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C'est le premier entretien que vient d'accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Il dénonce l'ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d'un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre sur la radio Kernews. Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d'un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l'enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à Sciences Po, a notamment été représentant permanent de la Cote d'Ivoire à l'ONU. Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.


Télécharger l'interview en format audio Mp3:

http://dl.free.fr/mnn64cQxA

 

Kernews : Que se passe-t-il en Côte d'Ivoire ? Pourquoi pensez-vous que Paris et Washington ont pris parti à ce point sur cette question de politique intérieure ivoirienne ? Pour vous, est-ce une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain ?

Alcide Djédjé : Oui, il s'agit d'une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire de la part de la France et des États-Unis. Cette ingérence s'est faite d'abord au Conseil de sécurité à New York, puisque le représentant des services extérieurs des Nations Unies a reçu des fortes pressions pour que le président de la Commission électorale indépendante, qui normalement siège de façon collégiale et par consensus, soit amené dans les locaux de l'ONUCI à Abidjan pour proclamer les résultats. Monsieur Choi a refusé et il m'a appelé à cet effet. C'est ainsi que le président de la Commission électorale indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l'Hôtel du Golf, le QG de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont France 24, pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. Voilà ce qui se passe en Côte d'Ivoire et cela a été fait par la France et les États-Unis... L'ambassadeur de France et l'ambassadeur des États-Unis en Côte d'Ivoire sont très actifs et, la veille, le président Sarkozy avait envoyé un courrier au président de la Commission électorale indépendante pour lui demander de proclamer les résultats sur le champ. J'étais moi-même en face de militaires Français qui, à 22h40 le soir, tentaient de remettre le courrier au président de la Commission électorale indépendante. Cela nous a été signalé par les militaires ivoiriens. Je me suis rendu sur les lieux moi-même et j'ai appelé l'ambassadeur de France qui a demandé aux militaires de retourner au camp Licorne, ils semblaient très embarrassés. Ce sont ces instructions du président Sarkozy qui ont été exécutées le lendemain. Ensuite, le président Sarkozy, et aujourd'hui le président Wade, ont appelé le président Jonathan Goodluck pour orienter la décision de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Plus grave encore, l'ambassadeur américain à Abidjan, que j'ai reçu en mon bureau, connaissait la veille la position que l'Union africaine allait prendre. Donc, il s'agit non seulement d'une ingérence dans les affaires intérieures, mais d'une manipulation des institutions telles que la CEDEAO et l'Union Africaine pour que Alassane Ouattara soit déclaré président. Malheureusement pour eux, Monsieur Ouattara n'a aucune prise sur la réalité du terrain ici en Côte d'Ivoire. Donc, nous avons formé notre gouvernement parce que le président Gbagbo a été élu président de la République comme suite aux réclamations faites et aux décisions du Conseil Constitutionnel qui l'a proclamé vainqueur. Voilà comment les choses se présentent aujourd'hui à Abidjan.

Excellence, vous nous avez rappelé cet état de fait : c'est-à-dire cette différence de voix, l'écart entre la participation et le nombre de voix proclamé au moment de l'élection, avec près de 630 000 bulletins de vote en plus. En France, on disait ironiquement il y a quelques décennies, à l'époque où il y avait des bourrages d'urnes dans certaines banlieues, que l'on faisait voter les morts... Nous n'en sommes pas très loin, finalement...

Oui, bien sûr, on voit bien que tout a été orchestré parce qu'ils voulaient absolument qu'il y ait cette proclamation illégale, hors délai, de la Commission électorale indépendante. Pendant que les trente autres membres de la Commission centrale attendaient au siège de la CEI, Monsieur Bakayoko a été kidnappé par l'ambassadeur de France et des États-Unis, encadré par des gendarmes des Forces nouvelles et l'ONU, pour aller proclamer des résultats et, plus grave, au QG de campagne de l'un des candidats. Ceci, sur une télévision française... Je ne comprends pas cet empressement et nous voyons aujourd'hui que c'était vraiment grossier. Cela apparaît comme quelque chose de surréaliste et une ingérence trop grossière, trop flagrante... J'ai dit à l'ambassadeur des États-Unis qu'il n'était pas subtil dans sa manière de faire. On peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable. On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le Conseil Constitutionnel est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la Cour suprême des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d'autre, aucun autre Etat, n'a contesté la validation par la Cour suprême des États-Unis de l'élection de Monsieur Bush. En France, il y a eu des invalidations qui concernent Madame Ségolène Royal, je n'ai pas d'éléments précis là-dessus, mais le Conseil Constitutionnel joue ce rôle en France. Pourquoi, en Côte d'Ivoire, ce serait un représentant du secrétaire général des Nations Unies qui jouerait ce rôle ? Simplement, on pense qu'il faut toujours flouer notre souveraineté, on pense qu'il faut toujours nous écraser et cela, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous avons formé notre gouvernement. Peut-être que l'on viendra nous écraser, nous chasser tous de Côte d'Ivoire, faire de la purification, pour qu'il y ait une Côte d'Ivoire conforme à la façon de penser de Monsieur Sarkozy et des autorités américaines. Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu'un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington.


Les médias occidentaux nous expliquent qu'il y a une pression de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo et son équipe. Que signifie la communauté internationale ? On a vu que la Russie a une position légèrement divergente, que la Chine ne partage pas cette position, ainsi que beaucoup d'autres pays. Cela signifie-t-il qu'il y aurait une communauté internationale médiatique, celle qui donne le la dans les médias internationaux, celle qui forge l'opinion publique mondiale et que seule cette communauté internationale médiatique compterait ?


Vous avez raison. Dans cette affaire, la Russie a pris position très clairement. D'abord, il n'y a pas eu à New York de déclaration présidentielle, comme le souhaitait Susan Rice qui préside en ce moment le Conseil de sécurité pour les États-Unis. Il y a eu un communiqué de presse, qui n'a pas la même valeur... Et même le contenu de ce communiqué de presse a été discuté pendant plusieurs jours, ce qui est très rare, pour que finalement, suite à la manipulation qui a été faite par le président français à la réunion de la CEDEAO, la Russie, par principe, tout en n'étant pas d'accord sur le fond et en maintenant sa position sur la souveraineté de la Côte d'Ivoire - en disant que ce n'était pas le mandat des Nations Unies de scinder des comptes et de proclamer des résultats dans une élection présidentielle dans un Etat souverain - la Russie a laissé publier ce communiqué. Nous avons rencontré le représentant russe après et cela ne veut pas dire qu'elle était d'accord sur le fond. La Chine, également, a eu une attitude très claire. Le gouvernement chinois a fait un communiqué pour dire qu'il fallait laisser prévaloir le droit, respecter les institutions et aller au dialogue politique. C'est la teneur du communiqué de la Chine. Vous avez raison de dire que la Chine, la Russie, et même l'Afrique du Sud, car il y a une position qui n'était pas similaire à celle de la CEDEAO, ni à celle de l'Union Africaine... et également l'Angola, la Libye et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) sont très clairs là-dessus. Simplement, ce qui fait la différence, comme vous le dites, c'est le battage médiatique : c'est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout parce qu'ils s'attendaient à ce qu'à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d'Ivoire pour lui et la Côte d'Ivoire avec lui. Il a l'armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d'Ivoire. C'est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n'est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c'est venir envahir la Côte d'Ivoire et installer Ouattara. Même après l'avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. Donc, vous avez raison d'affirmer qu'il y a une espèce de campagne médiatique très forte orchestrée par deux capitales principalement, Paris et Washington, certains autres faisant du suivisme opportuniste.

Vous avez évoqué certains Etats, j'ajoute que le nonce apostolique a rencontré le président Gbagbo en l'appelant ainsi : cela signifie-t-il que le Vatican reconnaisse aussi le président Gbagbo ?


Oui. Bien qu'il n'ait pas encore fait de déclaration, le Vatican est très réservé sur ce qui se passe. Il y a des pays qui sont réservés et qui jouent leur rôle habituel de neutralité, tels que la Suisse. Ce que je veux vous dire - faites la différence entre le président Gbagbo et les puissances qui veulent imposer Monsieur Ouattara - c'est que nous voulons construire la paix en Côte d'Ivoire et eux veulent imposer quelqu'un au pouvoir en vue d'en profiter, étant donné qu'ils font partie de certains réseaux, des réseaux d'intérêts. Ils veulent intervenir dans les affaires de la Côte d'Ivoire, ils veulent mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire pour pouvoir mieux saisir et exploiter nos richesses. C'est la différence entre eux et nous. Pour eux, peu importe le nombre de morts qui pourraient sortir d'un conflit tel qu'ils l'attisent actuellement. Ils sont devenus des déstabilisateurs et ils ne sont plus des faiseurs de paix. Ils utilisent les Nations Unies pour déstabiliser la Côte d'Ivoire. Ce qui se passe est très grave. Les Nations Unies sont en train de déstabiliser un pays alors que le rôle des Nations Unies, sa charte, c'est d'être un faiseur de paix. C'est très, très grave.

Cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Voilà des pays membres permanents du Conseil de sécurité à qui incombe une très lourde responsabilité pour ramener la paix dans le monde et, au contraire, ces pays utilisent les Nations Unies à leur profit pour des raisons d'intérêts. Peu importe pour eux ce qui peut se passer après. On voit bien que l'on nous a forcés à aller à des élections sans désarmement du Nord ! Pouvez-vous imaginer que l'on puisse organiser des élections dans une partie de la Côte d'Ivoire avec des rebelles armes au poing ? C'est ce qui s'est passé. En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j'étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l'époque avions demandé qu'il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d'aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd'hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C'est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d'Ivoire et du blocage actuel en Côte d'Ivoire. Ils n'ont pas la capacité de gérer correctement le monde. Il y a un problème de gouvernance qui se pose pour les puissances membres du Conseil de sécurité, notamment la France et les États-Unis, et qui entraîne des parties du monde dans l'impasse actuellement. Il est bien beau de parler de bonne gouvernance, mais la gouvernance mondiale est ingérable aujourd'hui. La France n'a pas de politique africaine actuellement. Elle procède par petits coups comme en Côte d'Ivoire, en utilisant certains réseaux, c'est bien dommage.

Deux réflexions s'imposent de la conversation que nous venons d'avoir. D'abord, on a tenté d'organiser des élections dans un Etat souverain, alors qu'une partie du territoire de cet État souverain était encore contrôlée par des milices armées...

Oui.

Deuxième point, celui de la gouvernance mondiale, ce qui m'amène à une question plus personnelle : ce problème avait été soulevé au moment de la guerre en Irak, or finalement rien n'a été fait depuis sept ans...


Vous avez raison, rien n'a été fait depuis sept ans. Cela coïncide même avec le début de la crise ivoirienne qui a commencé en 2002. Vous vous souviendrez qu'au départ, les Nations Unies étaient chargées de régler le problème en Côte d'Ivoire et, au lieu de chercher à ramener la paix en Côte d'Ivoire, la France, après l'accord de Marcoussis, a fait endosser cet accord de Marcoussis par les Nations Unies et a toujours tenté de faire partir le président Gbagbo, au lieu de régler le problème de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Après, nous avons eu la signature de l'accord de Ouagadougou (APO). Nous avions espéré avoir, avec cette prise en main par les ivoiriens eux-mêmes et avec l'aide du président Compaoré, des élections après la réunification. C'est ce qui était prévu dans l'accord politique de Ouagadougou : les élections devaient avoir lieu deux mois après le désarmement et la réunification. Mais les Nations Unies, par l'intermédiaire de la France et des États-Unis, ont fait des pressions en disant que le président Gbagbo ne veut pas aller aux élections et qu'il est possible de faire les élections maintenant, etc... Comme à New York, c'est la France qui a l'initiative du projet de résolution sur la Côte d'Ivoire. Bien que récusés par le président Gbagbo, ils ont continué et imposé que les élections aient lieu même avant le désarmement au nord et avant la réunification. Voilà, en manipulant les Nations Unies, la CEDAO et l'Union africaine ont abouti à un échec total sur le cas de la Côte d'Ivoire et cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Il n'y a pas d'objectif, il n'y a pas d'idéal de paix, mais il n'y a que les réseaux d'intérêts qui comptent et cela aboutit à ce que l'on voit aujourd'hui en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire un pays bloqué par la faute des États-Unis et de la France. Ils méprisent les institutions dont la Côte d'Ivoire s'est dotée et qu'elle a calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis, et qui ont déjà statué dans des cas précis, comme l'élection de Monsieur Bush face à Monsieur Al Gore, pour laquelle personne n'a rien eu à redire dans le monde puisqu'il s'agissait d'une question de souveraineté. Mais lorsqu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, puisque c'est un petit pays, peut-être pensent-ils que le président Gbagbo n'est pas de leur réseau ? Peut-être pensent-ils qu'il faut le faire partir et bafouer d'une façon grossière les grands principes qui régissent le monde, c'est-à-dire la souveraineté des Etats et les grands principes qui disent que les peuples doivent disposer d'eux-mêmes ? Il est complètement scandaleux que le président Sarkozy, les ambassadeurs de France et des États-Unis, interviennent d'une façon aussi peu subtile, aussi peu fine, dans les institutions d'un pays souverain. À l'heure où je vous parle, l'ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision (RTI) et d'autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c'est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n'a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l'indépendance.

Dans un territoire qui a un maître, en d'autres temps, on appellerait cela un acte de guerre...


Oui, c'est un acte de guerre. Étant donné que nous n'avons pas d'outrage, il y a certaines choses qui sont tolérées... pour l'instant.

Pour avoir des clefs de compréhension sur ce qui pourrait, peut-être, se passer dans quelques jours : on lit sur Internet certains messages expliquant que vos opposants pourraient envoyer des bataillons d'enfants au premier rang avec, derrière, les forces rebelles armées, pour éventuellement créer la pagaille dans Abidjan et forcer l'armée à réagir devant les caméras de télévision pour montrer à l'opinion publique mondiale que l'armée du président Gbagbo s'attaque à des enfants... Que pensez-vous de cela ?

Nous sommes sur le terrain, je ne crois pas qu'ils puissent en arriver là. S'ils en arrivaient là, vous êtes là pour juger, cette affaire fait déjà le tour du monde. Vouloir mettre les enfants en tête pour ensuite accuser l'armée ivoirienne, qu'ils en prennent la responsabilité. De notre côté, nous ferons tout pour qu'ils n'en arrivent pas là. Ce ne sont pas des méthodes classiques de lutte pour le pouvoir.

Enfin, Paul Collier, professeur à l'université d'Oxford, souligne que l'Occident estime que son modèle de démocratie peut être dupliqué dans d'autres territoires qui n'ont pas toujours la même culture ou la même problématique de population. Or, il considère que l'on continue de se tromper. Cette crise ne révèle-t-elle pas ce problème ?

Oui, on aurait même pu l'accepter et nous l'acceptons en tant que tel. Mais quand on fonctionne au gré de ses intérêts, on bafoue ce modèle occidental. L'exemple de la Côte d'Ivoire est clair et net. Il y a des institutions, la Commission électorale siège de façon collégiale et par consensus, mais ceux qui prônent le modèle démocratique se mettent hors la loi quand le fonctionnement des institutions ne les arrange plus. Ils emmènent le président de la Commission électorale indépendante dans le QG de campagne d'un des candidats. C'est incroyable ! C'est la première fois au monde que cela arrive ! Ensuite, on conteste l'arbitrage du Conseil Constitutionnel, alors que dans leur propre démocratie c'est ce qui s'est fait. Même en acceptant leur modèle, ils agissent au gré de leurs intérêts. Finalement, ils n'ont pas d'idéal et de modèle. L'opinion publique est très forte dans leur pays et ils sont donc obligés de respecter le modèle démocratique dans leur pays. Mais dans les pays les plus faibles, je crois que leur modèle est finalement la dictature. C'est pourquoi je pose le problème de la gouvernance mondiale qui est complètement à la dérive aujourd'hui, par la faute des États-Unis et de la France, dans le cas de la Côte d'Ivoire.



Propos recueillis par Yannick Urrien.

 

Source: KERNEWS.FR

VOUS AVEZ DIT: "ACQUIS A SA CAUSE"?


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La communication de Ouattara et de ses soutiens est axée sur un pivot unique : décrédibiliser le conseil constitutionnel, ce qui justifierait que Choi et l'ONU et à leur suite la communauté internationale s'accrochent aux résultats "proclamés" par Bakayoko au nom de la CEI.

Ce pivot est exprimé dans leur discours et dans celui des agences de presse par cette phrase «  Gbagbo a été déclaré vainqueur par un conseil constitutionnel acquis à sa cause » dont les trois derniers mots sont systématiquement repris dans toutes les dépêches de l'AFP.

Je crois urgent de revoir notre propre communication, qui est un peu désordonnée et va dans tous les sens pour la recentrer sur quatre axes :

un premier axe, simple et fort : Ouattara a été proclamé vainqueur par un Bakayoko partisan, tout comme l'ensemble de la CEI, presque exclusivement composée de membres du RHDP allié de la rébellion et soutenant Ouattara :

Dans le présidium de la CEI, le président Bakayoko et trois autres vice-présidents sont du RHDP et de la rébellion, soutiens de Ouattara ; 1 seul vice-président est de LMP;

Dans la commission centrale de la CEI, le RHDP et les mouvements rebelles soutenant Ouattara détiennent plus des ¾ des sièges

Toutes les 19 CEI régionales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara;

380 des 415 CEI locales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara

Deuxième axe de communication simple : la proclamation de résultats par Bakayoko est un non-évènement juridique car nulle dans la forme et le fond :

La CEI n'ayant pu proclamer de résultat dans le délai impératif de 3 jours, était forclose et dessaisie d'office au profit du conseil constitutionnel lorsque Bakayoko s'est exprimé ;

Bakayoko n'étant pas, in personae, une institution, en l'occurrence la CEI, il n'a pu dès lors se prononcer qu'à titre personnel et sous sa seule responsabilité, les propos tenus n'émanant ni n'engageant la CEI.

Seuls des résultats provisoires, donnés par le président de la CEI agissant en cette capacité et dans les délais (3jrs) et formes imposées par la loi auraient été susceptibles d'engager la CEI, savoir :

o Au siège de l'institution : en l'espèce, le fait pour le président de la CEI de s'exprimer solitairement au siège même du RHDP est gravissime et révélateur d'une collusion manifeste rendue évidente par l'appartenance du candidat ADO et de Bakayoko au même RHDP ; ce fait n'est rien d'autre qu'une action solitaire et personnelle ;

o Entouré des vice-présidents, des commissaires centraux et des représentants des candidats, lesquels étaient absents

Les « résultats » donnés par Bakayoko sont des résultats personnels, n'engageant pas la CEI, car non validés selon le mode opératoire adopté ; il faut donc conclure que la CEI n'a jamais donné de résultats provisoires.

Troisièmement : les résultats de la CEI, même lorsqu'ils sont légalement proclamés, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ne sont que des résultats PROVISOIRES par nature donc INACHEVES et comme tels, ils sont dépourvus de toute valeur légale :

La CEI, qui est un simple organe administratif, ne proclame que des résultats retraçant une compilation des votes, lesquels sont par nature provisoires puisque soumis au contrôle a posteriori aussi bien des candidats que du Conseil constitutionnel. En effet, dès la clôture du scrutin s'ouvre automatiquement et nécessairement la période du contentieux électoral qui est du ressort exclusif du conseil constitutionnel, laquelle période ne s'achève que par  la publication des résultats définitifs dans la forme d'une décision juridictionnelle ayant force de chose jugée irrévocable. Cette période du contentieux électoral comporte deux délais impératifs sanctionnés par la forclusion :

Le premier, s'ouvrant à la clôture du scrutin, est de 3 jours et doit permettre aux candidats de déposer leurs éventuels recours auprès du conseil constitutionnel : c'est d'ailleurs pour cela que la CEI doit impérativement avoir achevé la publication de ses résultats dans le même délai, faute de quoi elle mettrait les candidats dans l'impossibilité d'exercer leurs recours à temps ;

Le deuxième, d'une durée de 7 jours, court à compter de l'expiration du premier délai et est celui dans lequel  le Conseil constitutionnel automatiquement saisi, doit remplir sa mission juridictionnelle de contrôle du processus électoral; d'office ou sur plainte de candidats malheureux, il peut prendre toute décision pouvant affecter les résultats provisoires proclamés par la CEI, y compris leur annulation totale ou partielle ;

Enfin, la position actuelle adoptée par l'ONU est une grave atteinte à la souveraineté nationale de la Côte d'Ivoire et à la charte des nations unies, car:

Portant atteinte au processus électoral en « certifiant » une élection inachevée, au stade des résultats provisoires, alors que le processus électoral commence par l'établissement des listes électorales et s'achève par la proclamation définitive des résultats par le conseil constitutionnel ;

Portant atteinte à la constitution ivoirienne en prétendant ignorer la proclamation définitive de résultats de l'élection présidentielle par la plus haute juridiction de cet Etat souverain ;

Portant atteinte à la déclaration du conseil de sécurité qui, à la suite de la proclamation (illégale et hors délai) des résultats provisoires par M. Bakayoko, avait expressément appelé les candidats à porter leurs éventuelles réclamations devant le conseil constitutionnel selon les voies légales auxquelles ils se sont engagés à recourir ;

Constituant un grave précédent juridique, une jurisprudence qui, si elle était maintenue, pourrait désormais être imposée à tout Etat membre et à tout gouvernement de par le monde !

N'oublions pas : on a tous un Ouattara chez soi! A bon entendeur..., salut !

 

Source: PIAN! IVOIRE-BLOG.COM

lundi, 13 décembre 2010

WIKILEAKS : L'ARABIE SAOUDITE A COMPLOTE CONTRE LE HEZBOLLAH


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L'Arabie Saoudite a proposé de mettre sur pied une force chargée de combattre les militants du Hezbollah au Liban avec l'aide des Etats-Unis, de l'ONU et de l'Otan, selon une note diplomatique diffusée par WikiLeaks mardi.

Au cours d'une réunion en mai 2008 avec un diplomate américain en Irak David Satterfield, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a indiqué qu'une "réponse sécuritaire" au "défi militaire" posé à Beyrouth par les militants soutenus par l'Iran était nécessaire. Le prince saoudien disait craindre qu'une victoire du Hezbollah face au gouvernement libanais dirigé à l'époque par le Premier ministre Fouad Siniora, ne mène à une prise en main du pays par l'Iran. Selon lui, une "force arabe" aurait pu servir à maintenir l'ordre autour de Beyrouth, l'armée libanaise étant "trop fragile pour supporter davantage de pression", selon les notes diplomatiques émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

La force en question devait être soutenue par la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et les Etats-Unis et l'Otan devaient fournir un soutien logistique, ainsi qu'un soutien naval et aérien, selon la note. La création d'une telle force aurait sans doute suscité des inquiétudes à Washington, les troupes américaines ayant quitté le Liban depuis un attentat-suicide contre un camp de Marines qui avait fait 300 morts à Beyrouth en 1983.

Lors de la réunion au cours de laquelle ce plan a été évoqué, Saoud al-Fayçal a affirmé que "sur tous les front régionaux sur lesquels l'Iran avance, la bataille au Liban pour garantir la paix est la plus facile à gagner". Il a indiqué à M. Satterfield que Fouad Siniora soutenait fermement le projet et que seules la Jordanie, l'Egypte et la Ligue arabe étaient au courant.

De précédents câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks ont montré que l'Arabie Saoudite était obsédée par le danger nucléaire iranien et redoutait également les visées hégémoniques de Téhéran dans la région. Une autre note publiée mardi montre que l'armée saoudienne a fait usage l'an dernier d'"une force très disproportionnée" lors d'une campagne perçue comme étant "d'une longueur gênante" contre des guérillas. "Des bombardements aériens jour et nuit et des tirs d'artillerie ont été les principaux instruments de ce qui est de plus en plus perçu par l'armée saoudienne comme une campagne d'une longueur gênante", dit la note émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

L'opération de trois mois contre les guérillas Huthi peu armées dans les zones frontalières avec le Yémen étaient également perçues comme "mal planifiées et exécutées" et ont "engendré un nombre plus élevé qu'attendu de victimes saoudiennes". "Néanmoins, le conflit a été présenté comme une lutte héroïque et couronnée de succès pour protéger la souveraineté saoudienne", indique le câble diplomatique américain, daté de décembre 2009.

En août 2009, le Yémen avait lancé une offensive contre les rebelles Huthi et ceux-ci ont ensuite affronté les forces saoudiennes jusqu'à l'instauration d'une trêve en février.


Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

dimanche, 30 mai 2010

L’ACTEUR AMERICAIN GARY COLEMAN DE LA SERIE TELEVISEE « ARNOLD ET WILLY » EST DECEDE


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L'acteur Gary Coleman lors d'un festival de cinéma à New York le 25 avril 2009.

L'acteur américain de petite taille Gary Coleman, célèbre pour son rôle d'« Arnold » dans la série télévisée « Arnold et Willy », a succombé vendredi dans un hôpital de l'Utah (ouest) à une « hémorragie cérébrale », a annoncé son directeur artistique.

 

L'acteur, âgé de 42 ans, avait été hospitalisé mercredi au « Utah Regional Medical Center » après s'être blessé à la tête lors d'une chute à son domicile, ont rapporté les médias américains.

Un peu plus tôt vendredi, John Alcanter, le directeur artistique de Gary Coleman, avait confirmé à l'« AFP » que l'artiste avait été placé sous assistance respiratoire et qu'il était tombé dans le coma. Il avait qualifié son état de « critique ».

Selon John Alcanter, Gary Coleman est mort peu après 12H00 locales (18H00 GMT), après que la décision a été prise de cesser de le maintenir en vie artificiellement.

« Les appareils qui le maintenaient en vie ont été débranchés. Peu après, il est mort rapidement et paisiblement. Sa femme et d'autres membres de sa famille étaient à ses côtés », a indiqué M. Alcanter dans un communiqué.

« Merci à tous ceux qui ont exprimé leur soutien durant ce moment tragique. Maintenant que Gary est décédé, l'affection et le soutien qui lui ont été témoignés au cours des deux derniers jours nous prouvent qu'il va manquer » à de nombreuses personnes, a-t-il continué.

Gary Coleman, 1m42, qui devait sa petite taille à un accident de santé lorsqu'il était enfant, a joué dans « Arnold et Willy » de 1978 à 1986, puis dans de nombreux feuilletons et publicités.

Le personnage d'« Arnold » était connu pour la phrase devenue culte: « Mais qu'est-ce que tu me racontes là, Willy ? ».

Selon des estimations, Gary Coleman gagnait environ 100.000 dollars par épisode tourné, faisant de lui l'un des acteurs les mieux payés de l'époque.

Mais Gary Coleman a connu des revers financiers et a fait les choux gras de la presse people ces dernières années en raison de ses relations conjugales tumultueuses. Son épouse Shannon Price et lui ont plusieurs fois été arrêtés pour violences conjugales.

« Cela n'a pas toujours été évident, mais (Gary Coleman) s'est toujours souvenu avec émotion de sa carrière d'acteur et a toujours été sensible au soutien de ses admirateurs durant toutes ces années », a poursuivi John Alcanter.

 

GÉNÉRIQUE DU FEUILLETON TÉLÉVISÉ « ARNOLD ET WILLY» :






Source: NERRATI.NET/AMERIQUES-DOSSIER

15:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, amérique, usa, nerrati.net, amériques dossier, gary coleman, arnold et willy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 12 août 2009

JESSE JACKSON VIENT "BEATIFIER" BLE GOUDE


obama-jackson533.jpgLu sur le blog de Richman Mvouama. Assez intéressant!

C’est un très grand coup que vient de réussir celui que les jeunes patriotes appellent Général Blé Goudé. Lui que l’ONU traite comme un ennemi de la paix, obtient, à une de ses manifestations, la présence d’un afro-américain de renom, un des soutiens du président Obama des USA. Les USA sont, cependant, 1er contributeur de l’ONU. Même s’il prétend n’avoir aucun parti pris en Cote d’Ivoire, il est au moins sûr que sa présence va béatifier Blé Goudé et remettre en question certains jugements sur sa personne.

Stratégiquement, on devrait élever au maximum le potentiel de Jesse Jackson et en faire un lien avec le président Gbagbo, pour alimenter le mythe. Qui est fou ! En tout cas, on a beau le critiquer, mais dans cette affaire, je tire mon chapeau à Blé Goudé!

17:12 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Monde, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jesse jackson, blé goudé, cojep, onu, usa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 24 mai 2009

USA: BARACK OBAMA NOMME UN NOIR A LA TETE DE LA PRESTIGIEUSE INSTITUTION SPATIALE MONDIALE « LA NASA »

Le président Barack Obama a choisi samedi un ancien astronaute noir, Charles Bolden, pour prendre la tête de la NASA. Si sa nomination est confirmée par le Sénat, cet homme de 62 ans deviendra le premier administrateur noir de l'Agence spatiale américaine.

portrait de Charles BoldenIllustration: Bolden, Photo « La NASA ».

Ce sera également la deuxième fois seulement en 50 ans d'histoire de la NASA qu'un astronaute dirigera la prestigieuse National Aeronautics and Space Administration.

Bolden, un homme de petite taille aux cheveux poivre et sel, a volé quatre fois dans l'espace au cours de sa carrière d'astronaute -entamée en 1980- et a occupé pendant quelque temps un poste d'adjoint auprès du vice-administrateur de la NASA.

Bolden fait l'unanimité parmi les personnes qui ont travaillé ou volé dans l'espace avec lui. « Charlie connaît la NASA et les gens connaissent Charlie. Il y a une certaine familiarité », a souligné samedi un autre astronaute à la retraite, Steve Hawley, qui a volé deux fois dans l'espace avec Bolden.

« C'est un vrai leader. La NASA cherchait un leader comme lui, dans lequel elle pourrait avoir confiance », s'est félicité pour sa part l'ancien directeur du Centre spatial Johnson de Houston (Texas), George Abbey, ami de longue date de Bolden.

La nomination de Bolden a été annoncée alors que la navette spatiale Atlantis achève une mission réussie de réparation et de modernisation du télescope spatial Hubble. Ironie de l'histoire, Bolden était le pilote du vol qui a mis Hubble en orbite en 1990.

Samedi 23 mai 2009, le président Obama a également nommé Lori Garver au poste de numéro deux de la NASA. « Ces personnalités talentueuses permettront à la NASA de pousser avec audace les frontières de la science, de l'aéronautique et de l'exploration au XXIe siècle et d'assurer le retentissement à long terme du programme spatial de l'Amérique », s'est réjoui le chef de la Maison Blanche dans un communiqué.

En 2008, Bolden avait fait don de 750 dollars à la campagne présidentielle du candidat démocrate Barack Obama.

Bolden, qui est né à Columbia en Caroline du Sud, vit à quelques kilomètres du Centre spatial de Houston, où il a passé une dizaine d'années comme astronaute.

Source : REUTERS

20:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : barack obama, charles bolden, nasa, usa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |