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vendredi, 22 février 2013

LA DEMISSION DE BENOIT XVI: UNE EGLISE EN QUESTIONNEMENT

BENOIT XVI.jpg

Les raisons possibles de la démission de Benoît XVI


«Tuum hortum coquitur» «Le coeur de ton jardin est cuit» «Tab djnanek»

Caricature de Maz le Hic du 12.02.2013

 

Cette citation lapidaire de Maz du Journal El Watan résume plus que mille discours l’abandon de sa charge par Benoît XVI. Dans le message surprise en latin où il a annoncé sa décision de démissionner le 28 février, le pape a expliqué n’avoir «plus les forces» nécessaires pour exercer ses fonctions en raison de son «âge avancé».

Par un texte précis écrit Frédéric Mounier, fruit de longues méditations, Benoît XVI a fait éclater, lundi 11 février à 11 h 35, un coup de tonnerre dans l’Église. Ce geste, qui ouvre un conclave, pose des questions inédites, notamment le statut de l’ex-pape, en attendant que soit connu le successeur de Benoît XVI, courant mars. «Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, a-t-il dit, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien.» (…) Certes, amaigri depuis la crise des «Vatileaks» et la condamnation de son valet, Paolo Gabriele. Il s’agit donc d’une démission préméditée Plusieurs signaux, pour certains infimes, avaient, depuis plusieurs mois, éveillé l’intérêt des observateurs de la scène vaticane. Tout d’abord, dans son livre Lumière du Monde, répondant aux questions du journaliste allemand Peter Seewald, le pape avait clairement envisagé cette possibilité (…) Autre indice: lorsqu’il s’est rendu dans les Abruzzes, le 3 mai 2009, après le tremblement de terre de L’Aquila, Benoît XVI s’était longuement incliné devant la dépouille de son prédécesseur Célestin V» (1)

L’invention de la papauté

Comment est venue la papauté? Est-ce que les Evangiles en parlent? Est-ce que la parole du Christ: «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise» (Mathieu 16-18) explique l’existence de l’Eglise On sait qu’après la mort du Christ, il n’y avait pas encore d’Eglise. Le mot Église vient du grec eklesia, l’assemblée du peuple. Le titre de pape n’est réellement apparu qu’à partir du concile de Nicée en 325, mais le terme n’a désigné exclusivement l’évêque de Rome qu’à partir de Grégoire VII, au XIe siècle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique, l’autorité du pape est ainsi définie: Art. n° 936: «Le Seigneur a fait de Saint Pierre le fondement visible de son Église.. L’évêque de l’Église de Rome, successeur de Saint Pierre, est le chef du Collège des évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre». Art. n° 937: «Le Pape jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes.»(2)

L’histoire chaotique de la papauté elle-même qui a vu de nombreux antipapes, des dépositions, des assassinats et quelques renonciations. De plus, les modalités d’élection (ou de nomination) et d’intronisation ont plusieurs fois changé. (…) Aussi surprenant, la période confuse de 1045 à 1048 où se disputaient la tiare Benoît IX, Sylvestre III, Grégoire VI, Clément II et Damase II a été résolue en reconnaissant tous ces papes comme légitimes et en comptant trois règnes valables et non consécutifs pour Benoît IX. (…) l’Annuario pontificio se garde prudemment de compter les papes: Benoît XVI y apparaît comme le 265e pape, mais la liste elle-même ne numérote pas les pontificats. C’est au lecteur de compter les noms pour arriver à ce résultat.(2)

«L’histoire de la papauté lit-on dans l’Encyclopédie Wikipédia est inséparable de l’évolution doctrinale de la christologie et de la baisse de puissance des empereurs romains d’Orient. Le pape cherche à affermir son pouvoir spirituel et temporel et à passer du statut de simple évêque de Rome à celui de souverain. Pendant le Moyen Âge, le pape dut affirmer son pouvoir face à l’empereur et à la croissance des royautés. L’autre problématique concerne la définition de la souveraineté du pontife: doit-elle se limiter aux affaires spirituelles (nomination des évêques et des abbés, définition du dogme) ou bien doit-elle déborder sur la sphère temporelle? Dans la seconde option, le pape ne peut éviter l’affrontement avec les souverains qui règnent alors en Occident.(2)

Mgr Vingt-Trois: le chef de l’Eglise française a eu cette phrase révélatrice, même si elle a été prononcée d’une façon légère, elle est lourde de signification. Il signifie que l’ivresse du pouvoir conduit les papes à se prendre pour Dieu -souvenons-nous de l’infaillibilité du pape. De plus, on peut comprendre que pour le cardinal, Dieu c’est autre chose! Il met donc à sa place le pape «Le prochain pape ne doit pas se prendre pour le Bon Dieu!» «Un pape, ça ne démissionne pas» entend-t-on. Il est vrai que le pape est élu à vie (il a gardé toujours la prérogative de résigner la charge apostolique, comme même de très rares cas, tel le pape Célestin V pour vivre dans un monastère), ou Grégoire XII en 1415, mais au sein du Concile de Constance, dans le but de mettre fin au grand schisme. Il l’a fait non pas en personne, mais par la voix d’un procurateur, le 4 juillet 1415, ce qui permit l’élection de son successeur Martin V, élu plus tard, le 11 novembre 1417.

Les causes possibles de sa démission

La décision surprise, annoncée lundi, vient clore huit années d’un pontificat rythmé par les scandales… Il devait être un «pape de transition» après Jean-Paul II. «Elu au Vatican en 2005, Benoît XVI avait été choisi pour son âge déjà avancé -78 ans à l’époque- et son côté conservateur. Justement, la cause annoncée est le grand âge et l’impossibilité de remplir correctement sa charge.

La deuxième cause importante ce sont les affaires de pédophilie des prêtres et l’affaire du majordome qui a éventé les arcanes du fonctionnement du Vatican. «Son pontificat, lit-on dans une contribution du journal 20 minutes, a été plus mouvementé que prévu. En huit ans, Benoît XVI a été confronté à plusieurs scandales qui ont ébranlé l’Eglise. L’affaire des prêtres accusés d’abus sexuels sur des mineurs au cours des dernières décennies a été la plus grave. «Il avait participé à l’étouffement de ces affaires», relève Frédéric Lenoir, sociologue et historien des religions. Benoît XVI a toutefois fait preuve d’une grande fermeté une fois pape. Dans un climat de honte et d’humiliation, il a condamné durement ces «péchés», accepté des démissions d’évêques, demandé pardon aux victimes et reconnu qu’une «purification» s’imposait au sein de l’Eglise». (3)

Dans le même ordre, en 2012, le pape est cette fois confronté au scandale de fuites de documents confidentiels au sein du Vatican. Surnommée «Vatileaks», cette affaire, qui révèle les profondes rivalités au sein de la Curie romaine (le gouvernement du Saint-Siège), conduit à l’arrestation de son propre majordome, Paolo Gabriele. Selon Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, Benoît XVI a été très affecté par cette affaire. «Cela l’a éprouvé et fatigué. Il a été ´´trahi´´ par un proche. (…)Frédéric Lenoir est encore plus direct. Pour lui, «le scandale Vatileaks est la cause principale de la démission de Benoît XVI. Il n’est plus en état de gérer ces querelles violentes, même si l’affaire est juridiquement terminée». (3)

La troisième raison – de notre point de vue de loin la plus importante et la plus grave- pour l’Eglise, est d’abord, le constat de la crise des vocations, malgré l’Opus Dei que l’on appelle les «légionnaires du Christ» les Eglises se vident. L’Eglise perd pied et les sociétés occidentales remettent en cause le fait religieux dans son ensemble. Nous le voyons avec l’éclatement de la famille traditionnelle remplacée entre autres par «le mariage pour tous» et dont les conséquences seront imprévisibles car toutes les religions sont confrontées à cette «modernité». Au lieu d’inventer une nouvelle façon de s’adapter ensemble chacune dans sa spiritualité, les religions chrétienne et juive pensent que le mal est l’Islam et qu’il faut à tout prix réduire en se taisant quand les pays occidentaux encouragent justement les extrémismes dans les pays musulmans.

Le silence de Benoît XVI concernant l’islamophobie est assurément une tâche noire de son pontificat. Nous sommes loin de l’aggiornamento de Paul VI. Mieux encore, la première chose faite par Benoît XVI après son élection est de supprimer le secrétariat pour le dialogue avec les religions, une des retombées de Vatican II gardée par Jean-Paul II. Il a fallu  attendre ces dernières années pour que Benoît XVI se fasse violence et renoue un dialogue auquel il ne croit pas.

Une Eglise en questionnement  en face d’une science conquérante

Une autre raison, qui aurait contribué à sa décision, concernerait de notre point de vue son désarroi devant les conquêtes de la science; les miracles sortent à la chaîne des laboratoires et sont à la portée du premier mécréant venu pourvu qu’il soit un savant. Souvenons-nous comment le clonage de Dolly a été mal vécu par les religions. Le biologiste, Craig Venter a synthétisé la première cellule vivante.

Des biologistes américains proposent de «marier» le patrimoine génétique de l’homme du Neandertal qui a vécu il y a 35.000 ans- et dont, ils ont pu reconstituer le génome à partir de son ADN avec, celui d’une femme du XXIe siècle! Par ailleurs, l’homme réparé est une réalité, on peut changer tous les organes ou presque de l’homme et lui prolonger la vie. On peut lire dans les pensées d’un individu. Dans le domaine de l’univers, le boson de Higgs nous explique le fondement de la matière primordiale et les premiers balbutiements de l’univers. Enfin, le robot Curiosity nous parle de l’histoire de Mars en forant pour rechercher la vie.

Devant toutes ses avancées, que fait l’Eglise? Après avoir longtemps été dogmatique et promis le bûcher lors de l’Inquisition, elle «suit le mouvement» et recule en s’installant dans le concordisme Pour Jean Paul II, le big bang, c’est le «fiat lux». Le pape a essayé de s’accrocher à la modernité en conversant avec les astronautes ou en ouvrant un compte Twitter pour échanger avec les internautes. Rien n’y fit, le pape ne comprend pas le siècle. Enfin, quand le pape Benoît XVI annule le purgatoire qui a fait partie des espérances de millions de chrétiens pendant plus d’un millénaire, il y a de quoi douter de faits que l’on nous présente comme des vérités intangibles. Et l’on s’étonne ensuite qu’il n’y ait pas de fidèles qui ne croient plus, qui doutent, qui veulent savoir. Mutatis mutandis, c’est la même angoisse que l’on trouve dans les autres spiritualités.

Que pouvons nous retenir de Benoît XVI ancien pape redevenu cardinal?

Benoît XVI laisse, dit-on, l’image d’un pape «humble, spirituel mais identitaire». Peut-être, car personne ne remet en cause sa science, mais qu’a-t-il fait pour l’ouverture? Que reste-t-il de Vatican II qui avait donné l’illusion de l’apaisement inter-religieux? Pour Fiammetta Venner. «Des courants au sein de l’Église catholique tentent depuis la fin de Vatican II de le vider de son sens. (…) Alors qu’il n’était que le cardinal Ratzinger, le pape Benoît XVI estimait déjà que Vatican II n’était qu’une parenthèse. (…) Il a ainsi ouvert la porte de l’Église à des intégristes membres de la Légion du Christ, de l’Opus Dei et à des traditionalistes. (…) Benoît XVI s’entête à affirmer que l’Église est supérieure. Il interdit même l’emploi du terme Église-soeur, ce qui est la base de Vatican II. Le pape s’appuie sur des réseaux qui, pour certains, étaient déjà présents sous Jean-Paul II, tels que l’Opus Dei et les Légionnaires du Christ. Il confie ainsi aux Légionnaires du Christ la lutte contre l’oecuménisme.» (4)

Une autre «faillibilité» du pape est son sacerdoce à présenter l’Europe comme la matrice du christianisme, le berceau unique de la chrétienté. Pour lui, l’Europe n’aurait d’existence que par une évolution siamoise interdépendante du christianisme. Il faut quand même rétablir l’histoire du christianisme en Europe. Le christianisme s’est bâti à Constantinople, est né en Palestine et s’est répandu au Proche-Orient. Le fait que certains «Romains» veulent se l’approprier est quelque chose qui se doit d’être mis au clair. Une citation de C. Lepelley dit même que le christianisme occidental latin est né en fait en Afrique du Nord. Qui ne connaît les Berbères, Augustin d’Hippone – l’un des Pères de l’Eglise -, Tertullien Lactance, Donat qui ont contribué à «asseoir le christianisme». Il n’y a rien d’européen dans le martyre de Salsa de Tipaza ou de Roba la Berbère qui lutta pour un christianisme des déshérités. Qui peut oublier que la Vierge Marie aurait passé les dernières heures de sa vie aux côtés de l’apôtre Jean, dans un sanctuaire près de la cité antique d’Éphèse dans l’actuelle Turquie? C’est dire si l’infaillibilité du pape est un mythe.» (4)

Par ailleurs, comme rapporté par le journal L’Orient le Jour, «(…) le pape a défendu la famille traditionnelle, et est resté sur la ligne constante de l’Église hostile à l’avortement et l’euthanasie. La première polémique en 2006 l’a opposé au monde musulman quand il avait dénoncé la violence au nom de la religion, dans une allusion indirecte à l’Islam. Dans son discours de Ratisbonne il a dénié aussi à l’Islam toute rationalité. Le tollé soulevé a été en partie amoindri lors de la visite du pape en Turquie, il a prié dans la Mosquée bleue. La seconde a été déclenchée fin janvier 2009 par sa décision de lever l’excommunication de quatre évêques intégristes dont un négationniste, Richard Williamson.» (5)

Les chantiers du futur pape

En mars lit-on sur le journal L’Orient le Jour, «l’Eglise aura deux papes: un régnant et un émérite. Du jamais-vu. Selon Andrea Tornielli, expert de La Stampa, plusieurs éditorialistes comme le directeur du journal Repubblica Ezio Mauro ont salué «l’irruption de la modernité» dans une Eglise vieille de 2000 ans. «On va vers des pontificats à terme et non plus à vie».(…) selon le Vatican.» «Des noms circulent déjà avec insistance: l’archevêque de Milan, Angelo Scola, celui de Manille, Luis Antonio Tagle, ses collègues de San Paolo, Claudio Hummes, de New York, Timothy Dolan ou le Canadien, Mgr Marc Ouellet. (…) Selon le prêtre Andrea Gallo, en démissionnant, Benoît XVI a lancé un autre message: «Vu les scandales, le schisme caché, la chute verticale des vocations, les couvents pour femmes et hommes vides, beaucoup de catholiques en Europe et dans le monde qui abandonnent l’Eglise, il a compris qu’il faut affronter ces problèmes avec un mini-concile, un Concile Vatican III». Il a cité parmi les «thèmes fondamentaux» à aborder: la collégialité, la bioéthique, la sexualité, le célibat, l’ordination des femmes», (6)

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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Notes

1. http://www.lacroix.com/Religion/Actualite/Le-28-fevrier-a-20-heures-Benoit-XVI-demissionnera-_NG_-2013-02-11-909944

2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%C3%A9taill%C3%A9e_des_papes

3. http://www.20minutes.fr/article/1098551/ynews1098551?xtor=RSS-176

4.  C.E. Chitour

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/benoit-xvi-un-pontificat-offensif-44633

5. http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/800301/Benoit_XVI%2C_le_pape_theologien_confronte_aux_scandales_de_lEglise.html

6. http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/800467/La_demissionchoc_du_pape_ouvre_une_p


Source: MONDIALISATION.CA

jeudi, 28 janvier 2010

PIE XII: LE PAPE QUI AVAIT PEUR DU NOIR BIENTOT BEATIFIE

BENOIT XVI.jpg

Pour une surprise c’en est une ! Le pape Benoit XVI a donc, contre toute attente, signé samedi dernier le décret sur les "vertus héroïques" de Pie XII, ultime étape avant la béatification de ce dernier. Une surprise car son prédécesseur reste contesté pour son silence pendant la Shoah, mais aussi pour ses préjugés racistes comme l’a révélé le livre de Serge Bilé et Audifac Ignace, « Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican ».

Des préjugés qu’il manifeste notamment le 26 janvier 1944, deux mois après le début de la campagne d’Italie. Alors que les armées américaines, françaises et britanniques, font route vers Rome, le pape Pie XII dépêche son Secrétaire d’Etat, le cardinal Luigi Maglione, auprès de l’ambassadeur de Grande Bretagne, près le Saint-Siège, sir Francis Godolphin d’Arcy Osborne, pour lui présenter une étonnante requête.

Sir d’Arcy Osborne transmet aussitôt, par télégramme, la demande du Saint-Père au commandement des forces alliées : « Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération ».

Et le diplomate d’ajouter cette précision grinçante, qui montre à quel point il a été, lui-même, estomaqué par cette exigence : Maglione « s’est empressé de souligner que le Saint-Siège ne fixe pas de limite dans le degré des couleurs, mais espère que sa demande sera prise en compte ».

Quand arrive le télégramme, l’Etat major allié est à la fois surpris et embarrassé, d’autant que la requête du souverain pontife vise, non seulement les soldats afro antillais et noirs-américains, mais aussi algériens et marocains, c'est-à-dire une grosse partie des troupes engagées dans la reconquête de la ville éternelle, alors aux mains des nazis. Mais très vite, la décision est prise de ne rien changer au programme, au grand dam du Saint-Père.

Consigné dans les archives du Foreign Office, le télégramme de sir d’Arcy Osborne a longtemps été ignoré, avant d’être exhumé récemment, suscitant des débats publics en Italie et aux Etats-Unis. En mars 2000, dans la célèbre émission Sixty Minutes, le père Gumpel, « postulateur » (avocat à charge et décharge) du dossier de béatification de Pie XII, prend sans retenue la défense de Pie XII et justifie sa requête par le fait qu’il avait été informé de nombreux cas de viols commis par des G.I.’s afro-américains sur des femmes italiennes.

Sept ans plus tard, lorsque la presse transalpine fait état, à son tour, du télégramme de sir d’Arcy Osborne, le quotidien conservateur Il Giornale vole au secours du pape, en expliquant également que Pie XII n’était pas raciste, mais qu’il n’avait fait, en la circonstance, qu’appliquer le sacro-saint principe de précaution.

Et de rappeler, qu’avant de devenir pape, Eugenio Pacelli fut nonce apostolique en Allemagne, où l’on prêta quantité de vols, de viols, et de meurtres aux « coloniaux » de l’armée française, durant l’occupation de la Rhénanie, après la Première Guerre mondiale. Pie XII voulait donc, en agissant ainsi, éviter que ces mêmes faits ne se reproduisent, à grande échelle, sur le sol italien.

Les arguments des défenseurs de Pie XII seraient recevables, tant ces crimes sont inacceptables, s’il n’y avait cette évidence. Les « soldats de couleur » n’ont pas été les seuls à perpétrer des atrocités – d’ailleurs largement exagérées à des fins de propagande – pendant la Seconde Guerre mondiale. Leurs frères d’armes blancs en ont fait de même. Alors, pourquoi, de la part surtout d’un pape, diaboliser les uns et absoudre les autres ?

Quand il était nonce apostolique en Allemagne, Eugenio Pacelli, le futur Pie XII, s’était déjà distingué, en s’associant à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, contre les soldats noirs de l’armée française, stationnés dans leur pays, qu’ils accusaient de répandre la syphilis.

Une opération, là encore, de pure propagande, sans véritable fondement, mais qui exprimait, en réalité, la rage de l’opinion allemande de voir des « sous hommes » fréquenter des femmes aryennes, et des « bâtards » naître de ces unions « indignes et contre nature ».

La ligue féminine de Rhénanie dénoncera, pour sa part, l’ouverture, par l’Etat-major français, de maisons closes, où des filles sont outrageusement souillées par des « indigènes ». Un affront pour les femmes blanches, fussent-elles des prostituées, livrées ainsi à la bestialité des soldats noirs !

Eugenio Pacelli appuie leur protestation et l’adresse au Vatican dans le flot de rapports qu’il envoie régulièrement pour supplier Pie XI, le pape d’alors, d’agir au plus vite, afin de sensibiliser le monde à cette « honte noire », et d’obtenir des autorités parisiennes « le retrait des troupes françaises de couleur ».

C’est le même scénario qui se reproduit à la libération de Rome, en juin 1944. Les soldats noirs qui, malgré la requête de Pie XII, occupent la capitale italienne, font, eux aussi, l’objet de protestations de l’ancien cardinal devenu pontife. Non pas pour avoir prétendument violé de pauvres femmes italiennes ou allemandes sans défense, mais parce qu’ils fréquentent assidument un… bordel, situé au 186 via Babuino.

Pie XII, qui trouve la chose « offensante pour la morale », obtient la fermeture de l’établissement, mais ne trouve, en revanche, rien à redire sur les activités des autres maisons closes, assiégées par les soldats italiens, américains et européens.

Est-ce pour se racheter ? Quelques mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Pie XII fustige le racisme… américain, allant même jusqu’à relever de ses fonctions un prêtre d’une paroisse d’Indianapolis, coupable d’avoir déclaré publiquement qu’« aucun Noir ne pourrait jamais atteindre la sainteté ». Trop tard !

Serge Bilé et Audifac Ignace

Source: Le Blog de Serge Grah

jeudi, 08 octobre 2009

CENSURE A LA RTI: MONSIEUR BROU AMESSAN PIERRE, VOTRE ATTITUDE EST LAMENTABLE!

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Une réaction du Dr Kobé Ziri Cécile, Ethno-sociologue, à la censure du film documentaire de Serge Bilé par la RTI...


Monsieur le Directeur Général de la RTI,

A l'heure où la liberté d'expression semble être un droit acquis et où la censure dans notre pays a pris sa place dans les livres d'histoire, on apprend avec effroi que vous avez décidé de « frapper » le film documentaire de notre compatriote Serge Bilé intitulé « Une journée dans la vie de Marie-Madeleine ». Son crime, rompre le silence sur la prostitution des religieuses africaines au Vatican ». La justification que vous donnez à cette censure n’est pas à une incohérence près, puisque vous dîtes, Monsieur le Directeur Général, que « la télévision, service public, a pour missions de rapprocher les peuples et de concilier les divergences… (et) notre pays qui sort d’une profonde crise sociopolitique doit s’appuyer sur la RTI pour réconcilier les esprits et éviter de créer d’autres scissions… (et qu’il) n’est pas sain de mettre sur la place publique la vie des hommes et des femmes qui, malgré leurs faiblesses humaines, ont décidé de se consacrer à Dieu.». Le fait, Monsieur le DG, que vous repreniez ce genre de clichés, sans le moindre esprit critique, constitue non seulement une grave faute professionnelle, mais aussi un vrai délire. Car un tel argumentaire apparaît comme un signal désastreux envoyé aux Ivoiriens. Tant il est ridicule et ne résiste à aucune analyse sérieuse.

La télévision est un média public (sic) dans un État laïc. C’est pourquoi, Monsieur le Directeur Général, il vous faut rejeter ces oppositions puériles entre les « bons » et les « méchants » pour donner à cette question du comportement peu catholique de certains religieux toute sa lisibilité dans l'opinion publique ivoirienne. Et vous ne devez pas laisser croire que la laïcité peut être à géométrie variable, qui épouserait le cours du temps, et évoluerait à (votre) loisir. Non. La laïcité est un principe intangible qui détermine toute République… Elle est à la fois éthique et une règle de vie sociale. Parce qu’elle affirme le respect des autres, en tant que personnes égales en dignité, en droits et en devoirs, dans l’acceptation positive de toutes les différences, qu’elles soient d’ordre sociologique, culturel, spirituel ou ethnique. Elle est le respect des croyances, à condition que celles-ci ne visent pas à porter atteinte aux opinions et aux convictions des individus qui « pensent » autrement.

Par ailleurs, dans la situation qui est la notre, il est indécent de diriger un bien public à la lumière exclusive de sa foi religieuse… Ce qui est une manipulation doublée d’une escroquerie intellectuelle. Car il faut écarter tout intégrisme sectaire de ce documentaire qui n’a pour seul objet que d’exposer des faits de notre société, enfin de laisser la place à la réflexion qui permet d'en débattre publiquement et d'en juger librement.

C’est vrai que ça peut paraître provocateur, dans une société où la télévision nationale ne s’est pas trouvé d’autre vocation que d'offrir « le tout ludique » et « le tout divertissant ». Il faut que vous arrêtiez d’infantiliser le peuple ivoirien et que vous le laissiez se nourrir de la confrontation des opinions pour améliorer la réflexion individuelle et collective. Pourquoi Monsieur le Directeur Général, voulez-vous susciter et développer dans l’esprit de la population, des allergies face à la recherche de la Vérité ? Qu’a donc dit Serge Bilé que vous voulez cacher aux Ivoiriens ? C’est bien à force de vouloir couvrir les choses ou de laisser les autres s’exprimer pour eux, que les ivoiriens vivent dans des confusions monstrueuses et mensongères qui faussent leurs choix et les empêchent, malheureusement, de se construire.

À mon avis, le danger qui guette la paix sociale dans notre pays réside dans ce genre d’amalgames scandaleux. Car, il est dommage, Monsieur le DG, que vous n’ayez pas encore compris que nous vivons, avec l’avènement des inforoutes et de l'unification du monde qui en résulte, sans doute un des plus grands bouleversements de l'humanité. Une période de rupture où les idées changent, où d'anciennes évidences et les réponses qu'elles donnaient se révèlent complètement inadaptées. C’est en cela que les médias, en l’occurrence la télévision, doivent jouer le rôle d’éclaireur des consciences. En amenant la population à développer son sens critique et à mieux comprendre les grands enjeux du monde actuel. C'est vraiment affligeant et lamentable que sous prétexte de « faiblesses », vous encouragiez des prêtres pédophiles à continuer tranquillement d’abuser de nos enfants… et que vous exhortiez tous ces prêtres, incapables de tenir la promesse de leur propre Foi et, qui passent donc le clair de leur temps entre les jupons des paroissiennes, à continuer leur honteuse besogne. Non, Monsieur Pierre Brou Amessan ! Il faut les dénoncer afin qu’ils sortent des rangs, parce qu’il est évident qu’ils n’en ont pas la vocation.

Et puis, Monsieur le DG, si on regarde de près ce qui se passe dans le média que vous dirigez, on constate avec révolte que, ce qui est traumatisant, c’est bien les programmes que vous diffusez. La télévision est devenue une arme de destruction massive... de cerveaux. N’y a-t-il rien d’autres à montrer dans cette télévision que danser ? J’ai mal à « Notre Télévision ». Et je crois que vous feriez mieux de prendre au sérieux ce rejet de la télévision nationale ivoirienne… Vous êtes peut-être le seul à ne pas remarquer que les programmes de « votre » Télévision sont aussi indigents les uns que les autres, stupides et abêtissants. En dehors des journaux télévisés et de quelques (très) rares documentaires, ils sont constituées d’émissions de variétés musicales, de séries brésiliennes machistes, idiotes et sans intérêt et de re-re-retransmission de films… qui montre combien vous êtes frappés d’un terrible deuil de l’imagination créative. Toute chose qui atteste d’un particularisme typiquement ivoirien, se traduisant par un désintérêt pour tout ce qui touche au domaine culturel et de la réflexion. Ainsi, entre le sexe, la violence et le culte de l’argent, la télévision ivoirienne n'a pas fini de choquer… Mais diantre ! Jusqu'où iriez-vous, Monsieur le Directeur Général, pour prendre ainsi nos enfants en otage ? La rentrée des classes a démarré depuis le 14 septembre 2009. Mais « votre » Télévision n’en a cure. Il ne faut surtout pas que les enfants aillent à l’École. Il faut suffisamment les détraquer... « C’est parce qu’ils ont été tard en vacances » a-t-on entendu dire piteusement. Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, vous feriez mieux de consulter dorénavant le DG de la RTI avant de fixer la date de la rentrée des classes dans notre pays. S’il vous plaît ! N’en riez surtout pas. C’est tellement triste et désespérant !

Comment veut-on former des citoyens pour Demain dans un tel environnement de zombification des enfants de ce pays ? Et c’est là le point important et délicat, parce qu’on ne peut enseigner une certaine éthique aux enfants qu’en leur offrant des activités saines et en leur présentant des modèles édifiants. Et pourtant la télévision, dont l’impact sur la population est indéniable, pourrait être un formidable outil d’éducation et de formation. Oui, elle pourrait l’être, mais il est assez peu probable qu’elle le devienne, car en faire un instrument culturel bénéfique représente une tâche particulièrement ardue pour ses dirigeants. Car où faut-il aller chercher ces personnes capables de proposer un programme de qualité ? Voici donc la difficulté fondamentale, interne, qui est à l’origine de cette dégradation de « Notre Télévision ».

Comme vous le voyez, Monsieur le DG, la censure que vous infligez au film de Serge Bilé et l’argumentaire qui la soutient montrent à quel point vous voulez maintenir les Ivoiriens dans une situation permanente de non-réflexion… En les poussant à la consommation et à la reproduction de clichés et autres sous-cultures des autres, vous travaillez à les nourrir de l'espoir d’un changement miraculeux de vie, comme le révèle « la vie de Gaspard ».

Si chez nous, la télévision ne sert qu’à faire danser et à promouvoir la médiocrité, ailleurs, dans les pays qui veulent avancer vers le développement, elle joue un rôle culturel et éducatif fondamental. Elle transmet les valeurs éthiques, morales, sociales, culturelles et les bonnes mœurs. Parce que tout simplement, la télévision est devenue le lieu où se poursuit, après la famille et l’école, la socialisation des citoyens. La transmission des valeurs, Monsieur le DG, est nécessaire dans toute société civilisée, et que les citoyens d’une telle société, c’est-à-dire les citoyens civilisés, qui ont un comportement civique, un sens du discernement et de la responsabilité, ne sont pas le produit du hasard mais d’un processus éducatif rigoureux et cohérent. Soyons, s’il vous plaît, un tout petit peu ambitieux pour notre avenir et pour notre pays !

Dr Kobé Ziri Cécile
Ethno-sociologue
kobececile@yahoo.fr

Source: Le Blog de Serge Grah

dimanche, 23 août 2009

LE VATICAN DEBAT DE LA RECONNAISSANCE DES ENFANTS DE PRETRES

Les enfants de prêtres confirmés? Par Cathérine COROLLER.

Le père Jacques Nieuviarts, directeur du pèlerinage national de Lourdes (celui du 15 août) n’était pas au courant. Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, en avait vaguement entendu parler à la radio. Comme le père José Marie de Antonio, responsable de la pastorale des migrants pour les Hautes-Pyrénées. Officiellement du moins, la possible reconnaissance par le Vatican des enfants de prêtres, révélée le 2 août par le quotidien italien la Stampa - et démentie le lendemain par le porte-parole du pape -, était un non-sujet pour les ecclésiastiques présents à Lourdes, le week-end dernier.
Selon ce journal, Claudio Hummes, préfet de la congrégation pour le clergé, aurait organisé plusieurs réunions sur le dossier explosif des enfants de prêtres. Objectif : éviter que l’existence des tests ADN ne suscite une multitude d’actions en reconnaissance de paternité devant les tribunaux, avec les dégâts que cela entraînerait pour les finances et l’image de l’Eglise. Le contre-feu imaginé par le Vatican, selon la Stampa, serait une sorte de contrat civil garantissant les droits sociaux de la mère et de l’enfant. Celui-ci pourrait hériter des biens personnels de son père, et ce dernier lui transmettre son nom, ce qu’il lui est difficile de faire aujourd’hui, sauf à quitter son ministère.

«Innocents».Les pères Nieuviarts et de Antonio ne sont pas contre une telle évolution. «Ces enfants sont innocents», déclare le premier. Le second fait écho : «Ça n’est pas de leur faute.»Le père de Antonio est un vieux monsieur. Pourtant, la règle des Eglises catholiques de rite oriental, qui ordonnent des hommes mariés, le laisse rêveur : «Quand je vois des prêtres libanais maronites pères de famille, je me dis parfois que, si j’avais fait mes études au Liban, j’aurais pu me marier moi aussi.»
Dans l’absolu, Jacques Perrier n’est pas non plus contre la reconnaissance des enfants de prêtres. «Il y a peut-être quelque chose à faire.»Mais pour lui, c’est un microproblème. «Il y a sûrement des cas, mais peut-être moins qu’on l’imagine. On n’a pas encore vu un collectif de 500 compagnes de prêtres se manifester. Dans les trois diocèses où je suis passé, j’ai eu connaissance d’un seul cas. Et ce prêtre a quitté l’Eglise pour se marier.»«Les évêques répètent toujours les mêmes arguments», rétorque Jean Combe, ancien prêtre, membre de Plein Jour, association de soutien aux compagnes de prêtres en lutte pour l’abolition de la règle du célibat dans l’Eglise catholique. Si on ne dispose d’aucun chiffre pour la France, il y aurait 3 000 enfants de prêtres en Allemagne, selon l’hebdomadaire catholique britannique The Tablet.
Du côté des principaux intéressés, enfants, compagnes de prêtres et prêtres défroqués, les réactions oscillent entre espoir et amertume. Marc Bradfer, fils de prêtre, est persuadé que Rome est condamné à aller de l’avant : «Les tests ADN sont irréfutables et l’Eglise va être contrainte de clarifier sa situation pour ne pas être mise au pied du mur par des jugements et des scandales.» «C’est vrai qu’il y a des descendants de prêtres qui pourraient se manifester, et que le Vatican craint des scandales dans le genre de ce qui s’est passé aux Etats-Unis» avec les affaires de pédophilie, analyse également Bernard Corbineau, membre de la Fédération européenne des prêtres mariés. Pour autant, lui ne croit pas à une évolution rapide du Vatican : «Je suis très sceptique.»

Fric.La reconnaissance des enfants de prêtres changerait-elle radicalement leur situation ? «D’abord ça n’est pas fait, le Vatican se tâte, observe Dominique Venturini, présidente de Plein Jour. Ensuite, la raison pour laquelle Benoît XVI envisage cette évolution n’est ni humaine ni humanitaire, c’est pour des questions de fric, pour que les enfants ne réclament pas l’héritage de leur père.» Enfin, relève-t-elle, «qu’est-ce qu’on fait des femmes, dans l’histoire ? Rien. Elles n’existent pas. Ce que l’on voudrait, c’est la reconnaissance du couple». Pour Marc Bradfer, en revanche, la reconnaissance de l’enfant porte celle de sa mère : «Il n’y a pas d’enfant sans femme. Reconnaître les fruits, c’est reconnaître les arbres qui les ont fait mûrir et naître.»
Lui aussi fils d’ecclésiastique, Jean-François Jaudon souhaiterait que l’Eglise aille plus loin. «Ce qui me semblerait important serait que le Vatican autorise les prêtres à vivre leur vie d’homme comme ils l’entendent, en les autorisant à se marier et à fonder une famille au même titre que les religions musulmane ou juive.» Pour Bernard Corbineau, «il faudrait enfin que l’Eglise reconnaisse que l’homme peut servir religieusement dans le mariage comme dans le célibat». Car «ce n’est pas la chasteté qui fait le prêtre, ni le célibat, c’est son engagement».
 
Source: Libération.

20:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vatican, descendants d'ecclésiastiques, enfants de prêtres catholiques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 24 mars 2009

DEBAT SUR LE PRESERVATIF: L'HOMME EST-IL UN ANIMAL COMME LES AUTRES?

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Par Alix Ducret. Le 19 Mars 2009, sur Historia Nostra.

L'homme est un animal. Mais n'est-il que cela ? Et n’est-il qu'un animal sexuel ? C'est ni plus ni moins la question que pose l'Eglise catholique depuis pas moins de vingt ans, depuis l'apparition du sida et la promotion du préservatif comme seul moyen d'échapper à cette maladie. Benoît XVI ne fait que réaffirmer la position de l'Eglise, celle de Jean-Paul II avant lui. Et comme son prédécesseur, voici que les foudres médiatiques s'abattent sur lui avec toujours le même discours, la même critique. Pourtant, on peut légitimement se poser la question de savoir qui des deux est le plus criminel : celui qui prône l'assouvissement de ses instincts, quel qu'en soit le prix ; ou celui qui prêche pour une sexualité dépassionnée ? Qui est le plus criminel : celui qui vante l'amour libre, consommable, multiple ; ou celui qui se fait le chantre de la fidélité ? Car c'est bien là la vraie question, le vrai débat pour l'Eglise catholique. Un débat que les sociétés civiles se refusent à admettre parce que la consommation -quelle soit sexuelle ou autre- prime sur tout ; parce qu'il semble aberrant de penser que les passions peuvent être maîtrisées… que l'on soit Européen ou Africain, Blanc ou Noir.
Il est étonnant de constater que ce que l'Eglise affirme depuis vingt ans à travers le monde entier, choque plus particulièrement lorsque ces propos sont tenus en Afrique. Serait-ce que le pape est le seul à considérer que, comme les Européens, les Africains sont capables de parvenir à "une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire à un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle façon de se comporter l'un avec l'autre" ? Cette citation de Benoît XVI fait immédiatement suite à ses propos disant que "on ne peut pas résoudre ce problème par la distribution de préservatif" et que les médias ont abondamment relayés. De fait, il est évident que le discours axé uniquement sur le préservatif et son usage a montré ses limites. Pourquoi, dès lors, un autre discours serait-il impensable ? Pourquoi, aussi, les médias n’ont-ils donné qu'une information tronquée ? Pourquoi ont-ils volontairement -car on ne saurait les accuser de ne pas savoir faire leur métier, n'est-ce pas ?- oublié la demande papale pour la gratuité des soins concernant les malades du sida ?
Mais, contrairement au pape, les journalistes français ne semblent pas considérer que les Africains sont aptes à s'élever au-dessus de leurs instincts sexuels. L'infidélité et le multi-partenariat sont parmi les causes principales de l'extension du sida. Les médecins le savent, l'Eglise le sait et on peut supposer que les médias également. Serait-ce alors que ces mêmes médias considèrent que seul l'Européen -à qui l'Eglise tient le même discours, rappelons-le- est le seul à pouvoir atteindre à un niveau qui ne se cantonne pas à l'animalité ? Serait-ce que, contrairement au pape, qui appelait à Yaoundé les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida, les médias, intellectuels et politiques français pensent que les Africains en sont incapables ? Serait-ce que, au fond d'eux, nos élites voient les Africains comme inférieurs aux Européens au point qu'ils aient besoin qu'on leur tienne des discours différents ?

Source: www.historia-nostra.com

17:24 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : benoît 16, sida, vih, afrique, cameroun, préservatif, vatican, tournée papale en afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 mars 2009

LE PAPE BENOIT XVI A-T-IL RAISON DE DECONSEILLER LE PRESERVATIF ?

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En chemin pour une visite officielle au Cameroun s'inscrivant dans une tournée africaine, pendant un point de presse dans l’avion qui l’y conduisait, avant-hier, mardi 17 Mars 2009, le Pape Benoît XVI créé la polémique en déclarant, en substance, que l’argent seul ne pouvait pas régler le problème du sida, ni même le préservatif, qui l’aggraverait plutôt. Pour lui, il faudrait « un peu d’âme, un peu de spiritualité » pour arriver à juguler le mal. L’indignation ne se fait pas attendre, à travers le monde. C’est à un véritable tir groupé contre le Chef de l’Eglise Catholique qu’on assiste. Certains ne sont pas même loin de l’accuser de racisme contre l’Afrique. Un député français l’a même accusé de crime contre l’humanité. Au-delà de cette levée de bouclier générale qu’essaie d’amoindrir la cellule de communication du Vatican en se fendant en explications, que penser de cette déclaration ? Le Pape a-t-il raison de déconseiller le préservatif comme moyen de lutte contre le sida ?

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En tant que formateur de formateurs de l’Internationale de l’Education, Section Côte d’Ivoire, en matière de sida (anciennement IST/VIH/SIDA) et ex-Président Régional du REPMASCI, j’ai toujours recommandé les trois moyens de prévention contre le sida que sont l’abstinence pour les jeunes jusqu’au mariage, la fidélité pour les mariés et les personnes qui ont ou vivent avec une ou un partenaire sexuel et le préservatif pour tous ceux qui ne peuvent s’abstenir, qui sont sexuellement actifs et qui ont des rapports occasionnels ou à risque.
Mes convictions chrétiennes me font, naturellement, pencher pour l’abstinence et la fidélité qui constituent les moyens les plus sûrs et les plus fiables pour se mettre à l’abri du sida qui (rappelons-le), en Côte d’Ivoire, se contracte à 90 voire 95% par voie sexuelle et à y mettre plus l’accent. Tel est aussi le choix des chrétiens qui sont évangéliques comme moi et de bien de religieux.

De là à désavouer le préservatif, qu’en penser ? Ma pratique du milieu et mon analyse de la question, en tant que formateur et sensibilisateur, ne me permettent pas de jeter la pierre au Pape Benoît XVI (même si je n’éprouve aucune sympathie pour cet homme ni pour le système qu’il dirige).
Je ne peux non plus le taxer de racisme, sur cette question précise (même si c’est une pratique ordinaire au Vatican, contre les Noirs) ou l’accuser de crime contre l’humanité.

En tant que formateur, je sais que 30% au moins des préservatifs ne sont pas fiables : Défauts de fabrication, mauvaises conditions de conservation par les utilisateurs. Tous les sensibilisateurs sérieux et bien formés vous le diront. Malgré la promotion tous azimuts du préservatif, le taux de séroprévalence ne faiblit pas, dans le monde. Bien au contraire ! Cet indicateur est assez troublant. La situation aurait-elle été pire sans le préservatif ? Personne ne peut le dire de façon péremptoire.

Ajouté à cela, la mauvaise utilisation faite par les utilisateurs qui n’ont pas toujours la bonne manipulation ou la bonne pratique. Cette situation est pire chez les jeunes.
Et à leur niveau, la distribution de préservatifs, pendant nos campagnes de sensibilisation, s’apparente bien souvent à une incitation, une suggestion, un encouragement à avoir des rapports sexuels, même si notre souci premier a toujours été de les exhorter à en avoir de « protégés », au cas où.
Faut-il les encourager à se protéger quand il est plutôt recommandable qu’ils n’aient pas de rapports sexuels, à leur âge ? Du moins, avant le mariage ? Cela fait appel à la morale ou à l’éducation religieuse. Or, justement, la lutte mondiale contre le VIH ne s’en embarrasse pas, même si par souci de multisectorialité de la lutte, on a de plus en plus recours aux confessions religieuses et aux leaders d’opinion dans la sensibilisation et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.
Mais fait curieux, c’est le réveil spirituel, en Ouganda, qui a sauvé ce pays du sida. Ce réveil a déporté des millions d’ougandais vers les valeurs bibliques et spirituelles que sont l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, remettant ainsi la foi et le mariage au centre de l’échelle des valeurs de ce peuple dont on loue, aujourd’hui, unanimement, le net recul du taux de séroprévalence. Humblement, pourquoi ne pas copier ce qui a réussi, ailleurs ?

Je vous raconte juste une petite anecdote : Un jeune marié ivoirien a engrossé son épouse, à deux reprises, en utilisant avec elle le préservatif comme moyen de contraception. Leurs deux enfants sont issus de ces deux rapports « protégés ». Ils ne constituent certainement pas un cas isolé. Alors, imaginez un seul instant que ce soit dans une situation de rapports sexuels occasionnels à risque. Que serait-il advenu de nos deux tourtereaux ? La question reste posée.
Bien de préservatifs ont cédé, se sont déchirés, pendant des ébats amoureux. Mais, je tiens à préciser, ici, que ce n’est pas non plus une campagne contre le préservatif que je mène. Dire ces choses n’est pas saborder le travail de ceux qui se sont engagés dans la lutte, comme moi.

Certes, nous promouvons le préservatif comme moyen de lutte contre le sida mais nous devons aussi la vérité au monde entier, surtout quand il n’existe aucun traitement curatif contre cette redoutable pandémie. Certains y trouveront un mobile pour ne plus en porter ou certaines pour ne plus en négocier le port avec leurs partenaires sexuels. Ce ne serait pas la meilleure décision pour eux.

Il est tout de même juste de dire que même s’il existe des préservatifs défaillants, il en existe également des millions voire des milliards d’excellente qualité, qui ne comportent pas de risque pour les utilisateurs, du point de vue de leur structure moléculaire.

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L’aspect sur lequel je rejoins entièrement Benoît XVI, c’est le libertinage débridé que le préservatif favorise chez les jeunes, en particulier, et chez toutes les personnes sexuellement actives, en générale. Lorsqu’un jeune (ou toute autre personne) se met en tête qu’avec le préservatif, il ne risque ni grossesse ni infection sexuellement transmissible (IST), il peut se permettre beaucoup. L’effet induit, c’est qu’on lutte contre le sida tout en démultipliant le nombre de rapports occasionnels et en rapprochant, de plus en plus, la précocité des rapports sexuels chez les jeunes. Sans le vouloir, nous faisons ainsi la promotion du sexe et du libertinage. Tout l’inverse de l’effet escompté.
Finalement, le préservatif : un mal nécessaire ? C’est, malheureusement, ce que cela me semble être. Il existe, assurément, un dilemme cornélien dans le choix à faire entre le fait de préserver les partenaires sexuels du sida par le condom et celui tout à la fois de ne pas les brader au libertinage sexuel débridé, qui n’est pas le moindre mal de notre monde.

A côté de tout ceci, il y a les profits qui se chiffrent en nombre astronomique des fabricants de condoms et des ONG Internationales qui fourmillent dans le monde, dans le domaine de la lutte et qui pourraient sentir leurs intérêts pécuniaires mis en danger par les déclarations du Pape Benoît XVI, quand il condamne l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida et recommande le recours à la morale et à la spiritualité comme la voie la plus viable. Remettant, du coup, les ecclésiastiques et les religieux de toute obédience au devant de la lutte, par le moyen de l’éducation morale et spirituelle. J’estime que, vu sous cet angle, ce n’est pas une mauvaise chose. C’en est même une très bonne !


DINDE Fernand AGBO



12:41 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : benoît 16, sida, vih, vatican, visite papale au cameroun | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 13 mars 2009

SERGE BILE: LE RACISME, UNE PRATIQUE ORDINAIRE AU VATICAN

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À deux semaines de la visite du pape Benoît XVI en Afrique, un essai de Serge Bilé relance la polémique sur la ségrégation raciale au sein de l’Église catholique.

« J’ai fait de la réhabilitation de l’image des Noirs un combat. » Après Noirs dans les camps nazis, La Légende du sexe surdimensionné des Noirs, Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, Serge Bilé, qui passait pourtant pour un bon catholique, a publié en janvier Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican (éd. Pascal Galodé). Un ouvrage que le journaliste franco-ivoirien, actuellement en poste à RFO-Martinique, a coécrit avec un confrère camerounais, Audifac Ignace. Il suscite déjà une très vive polémique. Mgr Méranville, archevêque de Martinique, a appelé ses fidèles à ne pas acheter un ouvrage « stercoraire », adjectif qualifiant les espèces animales ou végétales se nourrissant d’excréments…

Vous attendiez la première visite du pape Benoît XVI en Afrique pour sortir votre livre ?

Non. J’ai rencontré Ignace Audifac lors d’une conférence à Rome début 2005. Nous partagions la même idée : écrire sur les trois papes africains de l’Histoire, Victor Ier (189-199), Miltiades (311-314), tous deux d’origine nord-africaine, et Gélase Ier (492-496), né à Rome de parents africains, alors que l’on commençait à évoquer l’idée d’un pape noir pour succéder à Jean-Paul II. Il m’a présenté quelqu’un qui nous a remis le télégramme envoyé par l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Saint-Siège, sir d’Arcy Osborne, au commandement des forces alliées en 1944. Ce courrier demandait, sur requête de Pie XII, qu’aucun soldat noir ne soit déployé à Rome pour la libération. Cela nous a donné envie d’enquêter sur le racisme au Vatican à travers les siècles, ainsi que sur la vie des religieux africains dans la capitale italienne.

On doit néanmoins à Pie XII la nomination du Béninois Bernardin Gantin à la tête de l’évêché de Cotonou, faisant de lui le premier Noir à diriger, à 34 ans, un diocèse dans toute l’Afrique de l’Ouest…

C’est vrai. Mais cette nomination fut une réponse à la protestation d’un groupe de séminaristes antillais et africains, faisant leurs études à Rome, qui ont publié en 1956 un livre retentissant, Les prêtres noirs s’interrogent, pour dénoncer le manque de considération du Vatican à leur égard. En fait, Pie XII a toujours eu une attitude ambiguë. Quand il était nonce apostolique en Allemagne, il s’est associé à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, de soldats noirs de l’armée française accusés d’être des violeurs et de répandre la syphilis. Ce n’est pas le seul pape à avoir eu des positions critiquables. Pie XI n’a lui, rien trouvé à redire aux lois raciales adoptées par Mussolini contre les Noirs en Italie et a fait marche arrière, après avoir dénoncé les exactions de l’armée italienne en Éthiopie, de peur de s’attirer les foudres du Duce.

Vous écrivez « l’Église est humaine jusque dans la curie ». La hiérarchie serait donc elle aussi minée par le racisme ordinaire ?

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est l’ancien secrétaire de Gantin, l’évêque béninois Paul Vieira. Voir un Noir gravir les échelons est difficilement accepté en Italie. Gantin, comme l’évêque zaïrois Emery Kabongo, secrétaire particulier de Jean-Paul II, ont subi l’hostilité de prélats et citoyens européens qui n’ont aucune considération pour les ecclésiastiques africains ou asiatiques. Certains ont reçu des insultes, des courriers xénophobes et ont même été agressés par des inconnus, comme Kabongo, dans un passé récent. Gantin avait confié que les prélats africains devaient en faire deux fois plus pour être reconnus.

Autre révélation de votre ouvrage : il y aurait une centaine de prêtres africains « clochards » à Rome…

Ces prêtres, qui viennent compléter leur formation dans la capitale romaine, sont envoyés par leurs évêques avec une bourse qui suffit à peine pour payer leur nourriture et leur loyer. Ils sont amenés à faire des petits boulots, comme célébrer des messes dans les familles au détriment de leurs cours. Si bien que certains ne parviennent pas à finir leurs études et restent sans pouvoir renouveler leur carte de séjour.

Une cinquantaine de sœurs seraient également « en délicatesse avec leur vocation »…

Le sujet est tabou. Nous avons eu un mal fou à trouver des personnes qui ont bien voulu nous parler. Mais il y a effectivement des religieuses noires qui exercent le plus vieux métier du monde pour 50 ou 100 euros auprès d’hommes d’affaires mais aussi de prêtres blancs ou noirs. Cela pose le problème de la vocation. Beaucoup de filles entrent dans les ordres en Afrique pour échapper à la misère. Arrivées en Italie, elles se retrouvent souvent sans moyens, corvéables à merci. Elles ne résistent pas toujours aux avances d’un prêtre ou d’un évêque. Le Vatican n’est bien évidemment pas complice. Mais, dans certains cas, les autorités ferment les yeux. Il y a une filière congolaise que l’on peut difficilement ne pas connaître à Rome…

Vous dénoncez encore les discriminations quotidiennes à l’égard des religieuses et des prêtres africains…

Les sœurs noires sont souvent chargées des tâches ingrates quand leurs consœurs européennes se voient confier les fonctions administratives. Les prêtres africains qui enseignent dans les collèges catholiques mettent plus de temps à être titularisés que les Européens…

Pourquoi se murent-ils dans le silence ?

La peur des sanctions, le carriérisme…

On ne parle plus trop aujourd’hui d’africanisation des pratiques, d’acculturation…

C’est totalement vrai. On fait même marche arrière. Le pape vient de réintégrer toute la communauté de la fraternité Saint-Pie X, dont certains membres sont négationnistes. Tous sont opposés à Vatican II, qui a marqué l’ouverture de l’Église, notamment en matière d’acculturation, et la fin de la malédiction de Cham, utilisée pour justifier le racisme et l’esclavage des peuples d’Afrique noire. En réintégrant 100.000 intégristes, on les conforte dans leurs positions – n’oublions pas qu’ils frayent avec l’extrême droite en France et en Belgique – passéistes et intégristes. On peut se demander si le pape ne partage pas certaines de leurs idées quand on voit qu’il a remis au goût du jour la messe en latin et la prière de conversion aux juifs.

Benoît XVI a-t-il une politique africaine ?

J’espère que son voyage africain en mars nous permettra d’en savoir plus. Beaucoup pensent qu’il se désintéresse de l’Afrique et reste très centré sur l’Europe. Jean-Paul II s’est rendu treize fois sur le continent. On a presque l’impression que Benoît XVI y va à contrecœur quatre ans après son élection. Jusqu’à présent, son message s’est limité aux incantations habituelles contre la guerre ou le sida.

L’Afrique est pourtant le continent où la dynamique d’évangélisation est la plus forte…

C’est paradoxal, mais les Africains – qui ne comptent que quinze cardinaux contre quarante italiens – sont sous-représentés au sein de l’Église.

Avec l’élection d’Obama, on se remet à parler de pape noir…

Ce serait un symbole fort. Mais certains considèrent, comme feu le théologien camerounais Jean-Marc Ela, que cela ne change pas grand-chose, car les ecclésiastiques africains, à l’exception de certains, sont devenus plus romains que les Romains. Francis Arinze est, comme Benoît XVI, opposé à l’avortement, au préservatif et à l’ordination des femmes prêtres. Gantin l’était aussi.

Par : Propos recueillis par Pascal Airault
Source : Jeune Afrique l’Intelligent

15:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vatican, racisme, bénoît 16, serge bilé, serge grah, rfo-martinique, ségrégation raciale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 23 novembre 2008

ET SI DIEU N'AIMAIT PAS LES NOIRS?

SERGE BILE. LIVRE SUR LE RACISME DU VATICAN.jpg
"Et si Dieu n’aimait pas les Noirs?", est le prochain livre de Serge Bilé. Il paraîtra le 8 janvier 2009, aux éditions Pascal Galodé. Sous-titré « Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican », cet ouvrage, écrit en collaboration avec le journaliste italo-camerounais Audifac Ignace, « regroupe des témoignages de prêtres, d’évêques et de cardinaux africains, en poste à Rome, mais aussi de religieuses africaines envoyées par les congrégations de leur pays dans les couvents italiens, explique le Franco-Ivoirien. Tous racontent, pour la première fois, avec beaucoup de douleur, les discriminations dont ils sont victimes, au Saint-Siège même, de la part de leurs confrères et consœurs européens. »

En janvier 1944, alors que les armées alliées font route pour libérer Rome, occupée par les nazis, le pape Pie XII exige, curieusement, qu'aucun soldat noir, africain, antillais, ou américain, ne soit déployé aux portes du Vatican.

En août 1988, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, l'évêque zaïrois Emery Kabongo, est sauvagement agressé, officiellement par des inconnus, à Castel Gandolfo, la résidence d'été du souverain pontife, pourtant si bien gardée.

Aujourd'hui, les prêtres africains, en poste ou de passage au Saint-Siège, se disent discriminés. Plusieurs ont même été bannis, pour avoir prolongé leur séjour italien, au-delà de la limite autorisée. Ils sont désormais mendiants et sans papiers.

Quant aux religieuses africaines, que les congrégations romaines font venir, pour pallier la crise des vocations, elles constituent une main-d'œuvre corvéable à merci. Désemparées, beaucoup d'entre elles échouent dans la prostitution !

Ce livre, fruit d'une minutieuse enquête, dévoile les ombres et contradictions d'une institution, qui n'arrive toujours pas à se débarrasser de ses propres préjugés sur les Noirs, qu'elle considérait, jadis, à l'image, non pas de Dieu, mais du diable !

Serge GRAH
Source: http://sergegrah.centerblog.net

Note personnelle: DIEU peut-il ne pas aimer les Noirs? La Bible déclare clairement: ''Car DIEU a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui, ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle'', Evangile de Jean, chapitre 3, verset 16. L'amour de DIEU pour l'homme, quel qu'il soit ou de quelque couleur qu'il soit, ne peut faire l'ombre d'un doute! La question - et la vraie - serait donc, en tout état de cause: ''ET SI LE VATICAN N'AIMAIT PAS LES NOIRS?'', étant clair pour tous que le Vatican, une institution purement humaine, ne peut être substitué à DIEU ou l'inverse!

DINDE Fernand AGBO

20:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : racisme, vatican | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |