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mercredi, 29 août 2012

ACCUSE DE MONTER UNE REBELLION: BLE GOUDE REPOND A SES DETRACTEURS

 

CHARLES BLE GOUDE 5.jpg


Depuis la crise post-électorale, les Ivoiriens vivent dans un climat sécuritaire qui laisse à désirer. Leur quotidien est rythmé par des attaques meurtrières menées ces dernières semaines par un commando non encore identifié. A la recherche des auteurs et co-auteurs de ces attaques, les Frci procèdent à des opérations d'enlèvements et d'arrestations ; ce qui rend la situation sécuritaire beaucoup plus délétère.

Ces enlèvements sont pour la plupart du temps consécutifs à des dénonciations calomnieuses et fantaisistes qui s'apparentent plus à des règlements de comptes. C'est certainement dans cette optique que depuis quelques jours, une certaine presse se fait l’écho d'une prétendue enquête qui me présente comme le cerveau d'une rébellion qui se préparerait depuis le Libéria voisin. Cette enquête menée par monsieur Venance Konan et publiée par le quotidien dont il est le Directeur général, à été reprise par un autre quotidien du même bord politique.

Face à cette alchimie qui tient forcément à m'associer aux attaques de ces dernières semaines, je voudrais interpeller les auteurs de ces articles et les tenir pour responsables de ce qui pourrait arriver à ma famille et à mes proches, dans une Côte d'Ivoire où l'on est à la recherche de bouc-émissaire. Est-il encore important de vous rappeler que je suis opposé à l'usage des armes comme moyens de conquête du pouvoir. Je demeure attaché à cette philosophie qui est le fondement de mon action politique. Et vous ne réussirez pas à me transformer en putschiste. Pour moi, le règlement de nos différends politiques doit se faire par le dialogue et la paix.

Mieux, faire la paix dans un pays qui a été déséquilibré par une crise liée à des élections, n'est pas une option, c'est un impératif pour le peuple de Côte d'Ivoire. Je reste convaincu que le dialogue pose les balises d'une lisibilité et d'une visibilité politiques durables dont notre pays a besoin. C'est pourquoi, je considère que ceux qui inventent des histoires et les montent de toutes pièces, dans le seul objectif de se rendre utiles aux yeux du pouvoir ne rendent pas service à la Côte d'Ivoire.

Comme une plaie qui a besoin de toutes les cellules du corps pour cicatriser, la Côte d’Ivoire a besoin de toutes ses filles et fils pour reprendre le chemin de la reconstruction et du développement. Pour y arriver, notre pays a besoin de discours et d'actes d’apaisement. Tous ceux qui, au lieu d'y contribuer, attisent plutôt les braises, seront un jour montrés du doigt par le tribunal de l'histoire. Car le tableau analytique du climat politique de notre pays appelle à des inquiétudes. 



Charles Blé Goudé


mercredi, 01 août 2012

FRATERNITE MATIN DANS LA TOURMENTE - UN GROUPE DE TRAVAILLEURS: «VENANCE KONAN EST DEPASSE»

 

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Le quotidien gouvernemental, Fraternité Matin est dans la tourmente depuis quelques jours. Son DG, le journaliste Venance Konan, fait feu de tous bois à travers des interviews dans les journaux pour expliquer ses choix. Apparemment sans convaincre ses propres travailleurs. Certains ont choisi de passer par une lettre ouverte à travers votre quotidien, Notre Voie, pour donner leur point de vue. Pour le droit à la parole, nous publions leur courrier.

 

« Monsieur le Directeur de Publication de Notre Voie,

Nous vivons depuis quelque temps, nous travailleurs de Fraternité Matin, une bien curieuse situation sous la direction de M. Venance Konan, notre DG. Cette situation est telle que nous sommes dans l’obligation de passer par votre canal pour prendre à témoin les autorités étatiques et l’opinion nationale.

En effet, arrivé à la tête de notre entreprise commune en avril 2011, M. Venance Konan a bouclé un an de présence. Sans vouloir prendre position dans les nombreuses affaires de licenciement qui alimentent l’actualité, nous, travailleurs de Fraternité Matin, sommes simplement inquiets pour notre avenir.

En effet nous observons beaucoup de tâtonnements dans la gestion de l’entreprise d’une part et une ambiance délétère généralisée. En raison de ses élans de tribalisme et de clanisme, M. Venance Konan a pourri les relations de fraternité qui faisaient la force de notre entreprise. Aujourd’hui, la délation et la suspicion arpentent les couloirs pour faire ou défaire des carrières. Qui a raison ? Qui a tort ? Qui a volé quoi ? Qui a volé combien ? Nous, les petits, nous ne le savons pas.

M. Jean Baptiste Akrou a déclaré le jour de la passation des charges, le 30 avril 2011, plus de 509 millions d’argent disponibles. Laissés à son successeur, M. Venance Konan. Mieux, à la suite de la première Assemblée générale de Fraternité Matin tenue depuis plus de quinze ans, en octobre 2010 à l’Ivoire Golf Club, le Conseil d’administration a félicité l’ex-Directeur général et ses chefs de départements pour bonne gestion. Chacun a perçu un bonus parce que tous les comptes de l’entreprise venaient d’être certifiés pour la première fois depuis 40 ans. Faut-il croire que le conseil d’administration et les experts comptables assurant le commissariat aux comptes sont incompétents ou complices ? Ensuite, la Présidence de la République a offert 650 millions pour l’achat d’une rotative. En lieu et place d’une nouvelle machine, c’est une rotative de seconde main qui a été achetée. Depuis son acquisition, elle n’a jamais tourné correctement durant un mois entier. Les pannes succèdent aux pannes.

Hier, Fraternité Matin tirait en moyenne à 26.000 exemplaires par jour et nous étions de loin 1ers. Aujourd’hui nous sommes tombés à 19.000 exemplaires par jour. Pourquoi avons-nous tant chuté et continuons de dégringoler ? Les ateliers de l’imprimerie sont vides. Que font donc les personnes censées apporter des marchés ?

Tout cela nous inquiète car en raison des quotas imposés à la publicité, nos ressources diminuent. Avec des hypothèques sur nos salaires. Il se murmure qu’un plan de compression portant sur 100 personnes est envisagé. Nous sommes inquiets. Au moment où M. Venance Konan célèbre la bonne gouvernance dans ses éditoriaux, il vient de licencier Alhouceine Sylla parce qu’il a révélé que 60% des achats se font en dehors du service d’achat dont il a la charge. Au vu de tous ces indicateurs, l’avenir nous parait incertain avec le duo Venance Konan – Koné Moussa. Faut-il le rappeler, M. Koné Moussa est le premier DGA de l’histoire de Fraternité Matin à être nommé à ce poste. A sa nomination, il a été présenté comme gestionnaire chevronné. Force est de constater aujourd’hui que c’est tout le contraire qu’il nous démontre. Ses tendances dépensières avec la réfection à coup de millions de son bureau ont alerté les travailleurs. Depuis lors, il accumule les entraves à l’orthodoxie de la bonne gestion.

Même s’il a été grand journaliste, Venance Konan semble être dépassé aujourd’hui. Dépassé par les enjeux de la réconciliation et de la paix. Dépassé par la gestion d’un journal d’Etat ouvert à toutes les sensibilités. La ligne éditoriale actuelle de Fraternité Matin ne rassemble pas les Ivoiriens qui du coup s’en détournent ! Le Président Ouattara a, lui-même, récemment reproché aux journalistes ivoiriens dont ceux de Fraternité Matin, leur trop grand militantisme. Ceci est donc un SOS pour plus de 300 familles menacées par les errements de Venance Konan à Fraternité Matin. Merci de nous aider à faire connaitre nos préoccupations ».

 

Un groupe de travailleurs de Fraternité Matin


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 1er Août 2012.

mardi, 24 janvier 2012

COTE D'IVOIRE: LA RECONCILIATION AU PIEGE DU MENSONGE


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C'est un éditorial de notre confrère - et aîné - Venance Konan. Dans lequel il raconte ses conversations avec deux de ses amis, un entrepreneur tunisien et un journaliste français de passage en Côte d'Ivoire. Des conversations qui semblent produire en lui une sorte de prise de conscience sur la profondeur du fossé qui sépare désormais ses compatriotes. Le journaliste français, nous explique-t-il, lui a raconté ce qu'il a vu et entendu à Duékoué. Des choses que, de manière assez curieuse, Venance Konan semblait ignorer. «Ce confrère m'a aussi parlé des villages détruits, des personnes vivant dans des camps ou au Liberia et qui ne peuvent rentrer chez elles parce qu'elles n'ont  plus de maison. Et je me suis alors demandé si, dans l'optique de la réconciliation, l'État ne pourrait pas reconstruire les villages détruits, afin que ceux qui n'ont plus de toit puissent rentrer chez eux. Surtout qu'il ne s'agit pas de construire des villas, mais souvent de simples cases. Pourquoi, au nom de la solidarité, ne demanderait-on pas, par exemple, aux Ivoiriens d'apporter leur contribution pour la reconstruction de ces villages ?» Fallait-il qu'un journaliste français vienne à Abidjan pour que Venance Konan prenne conscience du drame des déplacés internes, chassés de leurs villages par la violence des FRCI et des Dozos pro-Ouattara ? N'a-t-il donc pas entendu parler de l'infâme réaction du gouvernement qu'il soutient, qui a fait pression pour que ces déplacés n'ayant plus de villages soient chassés des camps qui les recueillaient, sans le moindre appui gouvernemental ? N'a-t-il donc pas entendu la réaction de désapprobation de la communauté des humanitaires ?

De deux choses l'une. Soit le patron de « Fraternité-Matin » est victime d'une certaine forme d'autisme face aux cris de détresse d'une partie d'entre ses compatriotes qu'il a contribué à diaboliser - il fut, ne l'oublions pas, le créateur du néologisme « BAD », stigmatisant les Bétés, les Attiés et les Didas. Soit il préfère se cacher derrière des interlocuteurs étrangers pour partager ses propres réserves quant au sadisme institutionnel et au revanchisme structurel qui caractérise le régime d'Alassane Ouattara, à qui il doit son poste. Dans les deux cas, il y a des raisons de s'inquiéter.

Inviter les Ivoiriens à réévaluer leur histoire, au lieu de les contraindre...

C'est un signe qui ne trompe pas. Après s'être enhardi en faisant des propositions raisonnables en vue d'une vraie réconciliation, Venance Konan rétropédale. «Si l'on devait situer géographiquement les lieux où la réconciliation est nécessaire, ce serait  certainement dans les parties méridionale et occidentale de notre pays. C'est sans doute  là que les vainqueurs devraient se montrer le moins arrogants. Il est vrai que les partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo doivent avoir l'humilité de reconnaître, d'abord, que leur leader a bel et bien perdu l'élection présidentielle, mais aussi qu'il a failli plonger le pays dans une interminable et meurtrière guerre, et que ce n'est pas à eux que l'on doit demander de pardonner aux autres», écrit-il. Ces phrases nous plongent au cœur de la véritable déchirure ivoirienne, et nous indiquent très clairement le niveau de difficulté auquel les «réconciliateurs» sincères sont exposés. On pourrait demander à Venance Konan pourquoi il est si fondamental que les pro-Gbagbo portent le sac et la cendre et acceptent d'endosser l'histoire officielle du moment. On pourrait s'interroger sur la logique qui voudrait que des personnes qui ont, entre autres, perdu leur village et vu leurs maisons incendiées (c'est Venance qui le dit) ne soient pas légitimes à réclamer le pardon de ceux qui, au nom d'Alassane Ouattara, leur ont fait du mal. Dans son esprit, on ne peut pas avoir soutenu Gbagbo et être une victime au sens plein du terme.

Au lieu de contraindre l'adversaire traqué jusque dans ses derniers retranchements à admettre l'histoire officielle, ne vaudrait-il pas inviter les Ivoiriens à réévaluer ensemble leur histoire, dans la mesure où la Commission Banny est notamment chargée d'établir la «vérité», en plus du «dialogue» et de la «réconciliation» ? La revisitation du processus électoral par une commission mixte (en un mot le recomptage transparent des voix à travers les procès-verbaux qui existent toujours) ne serait-elle pas la meilleure manière de faire admettre aux pro-Gbagbo que Ouattara n'est pas au pouvoir suite à une usurpation consacrée par les Occidentaux ?

Les complices d'une tyrannie naissante

Alassane Ouattara, ses partisans et les médias hexagonaux qui les soutiennent sont en réalité prisonniers de leurs mensonges d'hier, qui les contraignent à persévérer dans un story-telling où il existe en Côte d'Ivoire un «camp du bien» victime éternelle de tous les méchants pouvoirs qui se sont succédé depuis la mort d'Houphouët-Boigny, et un «camp du mal» dont l'incarnation est le président Laurent Gbagbo. Ainsi, les supporters de Ouattara, sur les médias sociaux, répètent comme un mantra «Gbagbo a fait pire» dès que les signes de la dérive dictatoriale de leur camp sont trop voyants pour qu'ils puissent contester leur réalité. Ainsi, les médias parisiens persévèrent dans leur travail, de plus en plus ridicule, de diabolisation d'un couple Gbagbo embastillé, et se signalent par leur discrétion quant à la véritable nature du régime de l'ami Ouattara, en visite d'Etat en France ces prochains jours. Imaginons que des jeunes patriotes avaient, sous Gbagbo, attaqué un meeting pro-Ouattara pacifique faisant au moins deux morts. Imaginons que, sous Gbagbo, les forces de l'ordre défrayaient la chronique au quotidien par leurs cambriolages et leurs crimes contre les populations civiles. Imaginons que Gbagbo était allé aux législatives avec une Commission électorale composée quasi exclusivement de cadres de son bord. Imaginons que des centaines de milliers de ce que ces médias appellent « les musulmans du Nord » étaient en exil dans des pays voisins ou déplacés internes et que leurs maisons et leurs champs étaient récupérés par des « chrétiens du Sud »...

Il ne s'agit pas ici de se lamenter sur la partialité des uns et des autres. Mais de démonter les mécanismes qui tendent à donner libre cours à la «volonté de puissance» d'un bord, à lui ôter tout scrupule et tout tabou et, naturellement, à l'encourager dans l'instauration d'une tyrannie qui pourrait bien accoucher, tôt ou tard, d'une autre guerre en Côte d'Ivoire. Une guerre dont les Ivoiriens, notamment les jeunes générations, seraient les principales victimes. C'est pour cela qu'il revient aux forces vives du pays, aux syndicats, à la société civile, aux religieux, aux Sages, de faire preuve de courage et de dire très clairement au régime Ouattara qu'il y a des limites à ne pas dépasser.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 17 décembre 2011

VENANCE KONAN DEPEINT SORO GUILLAUME

SORO GUILLAUME 3.jpg

Un pan entier de notre histoire sous la plume de Venance Konan, DG de Frat-Mat, qu'il n'est guère dans mes habitudes de publier. Intéressant tout de même à plus d'un point. Révélateur. Un brin ironique. Bonne lecture!


Guillaume le Conquérant


«Guillaume, aujourd'hui, tu es le quasi vice-président de la Côte d'Ivoire. Quel chemin tu as parcouru, à seulement 39 ans, et malgré pas mal de casseroles. Chapeau, l'artiste !»

Par Venance Konan.

***


Chapeau bas pour Guillaume Kibafory Soro, alias Bogota, de son nom de guerre du temps de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d'Ivoire, la Fesci. Tu mérites effectivement respect, Guillaume, au vu de ton parcours.

Chapeau, l'artiste!

Te souviens-tu de ce jour de 1998 où je te remis le trophée de l'homme de l'année dans mon bureau de rédacteur en chef d'Ivoir'Soir? A cette époque tu étais le frêle secrétaire général de la Fesci et nos lecteurs t'avaient plébiscité pour le titre d'homme de l'année, parce que tu donnais du fil à retordre au gouvernement de Bédié. Et j'avoue que cela me plaisait bien de te décerner le titre, parce que j'aime bien ceux qui cassent les pieds aux pouvoirs politiques.

A cette époque la Fesci ne réglait pas ses différends à coup de machette, ne tuait pas, ne violait pas, ne rackettait pas, et nous croyions que vous aviez raison d'exiger d'être formés dans de bonnes conditions. Nous ignorions que votre syndicat était l'appendice des partis d'opposition d'alors.

Les caciques du régime de Bédié m'en ont voulu pendant longtemps pour t'avoir donné cette consécration. Je sais que tu t'en souviens, puisque tu m'en as parlé le jour où nous nous sommes rencontrés à nouveau dans ton bureau de secrétaire général des Forces nouvelles à Bouaké. Tu étais alors le ministre d'Etat, chargé de la communication dans le gouvernement d'après Marcoussis. Et aujourd'hui, tu es le quasi vice-président de la Côte d'Ivoire. Quel chemin tu as parcouru, depuis ce jour de 1998! A seulement 39 ans, et malgré pas mal de casseroles. Chapeau, l'artiste!

Nous n'en croyions pas nos yeux

En 1998 donc, tu es étudiant à l'université d'Abidjan et secrétaire général de la Fesci. Tu étais né à Kofiplé, dans les environs de Ferkéssédougou, en pays Sénoufo, là-bas dans le grand nord ivoirien. En 1999 tu cèdes la place à Charles Blé Goudé et disparaît de la scène.

Tu ne réapparais qu'après la chute de Bédié, à la fin de 1999. En 2000 tu es le colistier d'Henriette Diabaté pour les législatives dans la commune de Port-Bouët. La candidature d'Alassane Ouattara est refusée et le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire, le RDR, son parti sous les couleurs duquel tu voulais te présenter, se retire des élections. Tu disparais à nouveau.

Tu te caches dans un premier temps dans une villa inoccupée à Vridi-Cité, dans la petite cité dite des «50 villas». Je vais t'épater Guillaume. C'est dans cette villa que je vis depuis un peu plus de deux ans. Ce sont les voisins qui me l'ont dit lorsque je m'y suis installé. Le propriétaire de cette maison, un proche parent à moi, ne le savait pas. Il est tombé des nues lorsque je le lui ai dit. C'est cette maison qui a été pillée il y a environ un mois par les Fescistes de la cité universitaire de Vridi après que je me suis sauvé pour l'étranger.

Puis tu pars pour l'Europe. On te dit entre la Grande-Bretagne et la France, pour tes études. Tu réapparais à Ouagadougou peu avant la rébellion. La presse ivoirienne a publié des photos de toi faisant la java dans une boîte de nuit de Ouagadougou en compagnie de ceux qui apparaîtront plus tard comme des chefs de guerre. Les Ivoiriens ne te reverront qu'en 2002, lorsqu'éclate la rébellion. Tu en es le porte-parole.

Nous n'en croyions pas nos yeux. Toi, le jeune étudiant qui n'avait même pas encore fini ses études, à la tête de ce gros truc? Nous pensions tous que tu étais un paravent pour masquer les vrais parrains de la rébellion. Et comme ton ancien camarade Blé Goudé qui disait qu'en te regardant il voyait un cadavre ambulant, personne ne donnait cher de ta peau. On parlait de massacres commis par tes hommes à Bouaké, de fils de gendarmes tués, de charniers, de viols. Moi j'étais convaincu que tu finirais au mieux devant un tribunal international, comme Jean-Pierre Bemba.

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Ministre d'Etat à 31 ans à peine

Et puis il y a les négociations de Linas-Marcoussis en janvier 2003. Tu en sors ministre d'Etat. A 31 ans à peine. Mais tes débuts de ministre se passent plutôt mal. Tu manques de peu de te faire lyncher par les «jeunes patriotes» de Blé Goudé le jour où tu décides d'aller visiter la télévision. Tu te retires à Bouaké, le fief de ta rébellion. C'est là-bas que tu m'accorderas en 2003 une longue interview qui paraîtra sur trois éditions de Fraternité Matin, et qui me vaudra l'inimitié profonde des supporters de Laurent Gbagbo, pour t'avoir donné la parole à toi, le rebelle, dans le journal gouvernemental. Tes gens venaient de cambrioler l'agence de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest de Bouaké et roulaient en carrosse. Ils avaient tous au moins trois téléphones portables dans les mains, au cou, car un bon rebelle qui se respecte doit avoir plusieurs téléphones.

Quelque temps plus tard, j'ai pu photographier ta luxueuse maison et celles de quelques-uns de tes chefs de guerre à Ouagadougou. Je sais que tu n'as pas beaucoup apprécié que je montre aux Ivoiriens vos petits secrets ouagalais. Plus tard, des divergences apparaissent entre toi et Ibrahim Coulibaly dit «IB», que l'on présentait comme le père originel de la rébellion à qui tu aurais ravi la première place. Vous réglez le contentieux à coup de fusils. On compte plusieurs dizaines de morts à Bouaké. Il y a le fameux Kassoum Bamba, «Kass», chef militaire dont le corps est même brûlé. A Korhogo, ton chef de guerre Martin Kouakou Fofié enferme des dizaines de personnes dans des conteneurs exposés au soleil. Ils meurent tous. Et Fofié est sanctionné par l'ONU.

En 2006, tu deviens le ministre d'Etat chargé de la reconstruction dans le gouvernement de Charles Konan Banny. Tu ne reconstruis évidemment rien du tout. En 2007, Laurent Gbagbo, qui cherchait tous les moyens de retarder l'élection présidentielle, sort de son chapeau le dialogue direct avec toi. Vous dialoguez à Ouagadougou, et tu deviens le Premier ministre de la Côte d'Ivoire à 35 ans. Qui dit mieux?

Mais peu de temps après, un mystérieux commando tire des roquettes sur ton avion à son atterrissage à Bouaké. Quatre de tes compagnons sont déchiquetés, mais toi tu en sors indemne. Il faudra me donner l'adresse de ton féticheur. On m'a dit que tu es très attaché aux croyances traditionnelles et que tu fréquentes beaucoup les féticheurs. Jusqu'à ce jour nous ne savons pas qui a tiré sur ton avion.

Ton attelage avec Laurent Gbagbo fonctionne tant bien que mal - plutôt bien que mal - au point où vers la fin de son règne, il ne tarissait pas d'éloges à ton égard. Il a dit à plusieurs reprises que tu as été le meilleur de ses Premiers ministres. Tu sais que j'ai été l'un de ceux qui disaient qu'il y avait un deal entre vous deux. Il te laissait faire ce que tu voulais au Nord, que tes chefs de guerre ont pillé sans vergogne, pendant que lui et les siens pillaient avec encore moins de vergogne le Sud.

Quoi d'autre?

Pendant ce temps tu prends de l'embonpoint. Je sais que tu aimes la bonne chère. Tu aimes la cuisine européenne, mais tu apprécies surtout le tô de chez toi à base de farine de manioc, avec la sauce Tchonron faite avec des feuilles de patates ou de manioc. Tu aimes bien le whisky, le bon vin et le champagne comme tout bon Ivoirien qui a réussi. Tout ça, tu sais bien que ce sont tes proches qui me l'ont dit. Je sais même que tu as fait un régime pendant un certain temps pour perdre un peu de poids.

Aimes-tu aussi la bonne chair? Je suppose que tu es comme tout bon Ivoirien. Ce que je sais c'est que tu as eu trois enfants avec une certaine Sylvie Tagro, de l'ethnie Bété, du village de Zakoua dont son père était le chef. Il est décédé il y a quelques mois. Ça je le sais parce que mon meilleur ami vient de ce village situé à sept kilomètres de Daloa et que je connais bien. Les enfants de Sylvie vivent quelque part dans une banlieue de Paris. Tu as eu un autre enfant avec une femme burkinabè prénommée Kady. Je sais aussi que de ton passage au petit séminaire de Katiola lorsque tu étais au collège, tu as gardé de très fortes relations avec un prêtre français du nom de Marcel Dussud, que tu considères comme ton père spirituel et qui vit à Lyon. Tu as même prénommé ton premier fils Marcel Dussud Soro.

Quoi d'autre? Tu adores les gadgets électroniques, les téléphones portables dernier cri, et les belles voitures. On m'a dit que tu en possèdes une bonne dizaine et que Kadhafi t'a même offert une BMW blindée. Tu es aussi un inconditionnel du chanteur congolais Koffi Olomidé que tu écoutes partout; chez toi, en voiture.

Tu lis aussi beaucoup, surtout les écrivains ivoiriens (m'as-tu lu?), les biographies des grands hommes politiques, tous les livres sur le Mossad et les services secrets israéliens, français, et américains, tu as dévoré les mémoires de Jacques Foccart http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Foccart , et côté cinéma, tu te fais envoyer de France les derniers films. Il y a un an, au moment où je cherchais à mieux te connaître, tu t'étais fait offrir les films de Mr Bean et ceux touchant à la Seconde Guerre mondiale. Tu aimes aussi le football et tu es un supporter de l'ASEC d'Abidjan. Voici en gros pour ton côté jardin.

Tu as eu le nez creux

Revenons à Laurent Gbagbo, qui fut ton idole lorsque tu militais à la Fesci. Ensemble, vous avez réussi à reporter l'élection présidentielle en 2007, 2008, 2009 et ce n'est qu'à la fin de 2010 qu'elle s'est tenue. Avec les résultats que l'on sait. Beaucoup de gens te soupçonnent d'avoir voté pour Laurent Gbagbo au premier tour, dans l'espoir de demeurer son Premier ministre. Mais tu as su bondir sur la branche de Ouattara lorsque tu as vu que celle où se trouvait Laurent Gbagbo avait toutes les chances de casser. Tu as eu le nez creux. Et personne ne saurait nier que si Ouattara peut aujourd'hui entrer au palais présidentiel, c'est grâce à toi et ton armée que tu as finalement eu la bonne idée de ne pas désarmer. Même si au passage on parle de massacres perpétrés par tes hommes à Duékoué.

Que te reste-t-il, Guillaume? Ministre d'Etat comme premier job dans la vie à 31 ans, Premier ministre à 35, sauveur de la République et de la démocratie à 39; que te reste-t-il? Bien sûr que nous le savons. Il te reste à être président de la République pardi! Mais auras-tu la patience d'attendre? D'attendre que les mauvais souvenirs des exactions et des rapines que tes hommes et toi avez laissés à Bouaké et dans les zones que vous contrôliez se soient estompés?


Venance Konan


Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 mars 2010

Pr MAMADOU KOULIBALY: BIENHEUREUX VENANCE KONAN!

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Elle est à vous cette chanson…
"N'en parlez jamais qu'à un sage Car la foule est bien prompte à l'outrage, Je vais honorer l'être vivant Qui veut mourir dans le feu ardent.
Dans la fraîcheur des belles nuits Où tu reçus et donnas la vie, Te saisit un étrange sentiment Quand l'Étoile luit au firmament.
Tu veux enfin te libérer De la noirceur de l'obscurité Et un désir t'entraîne alors Vers un hyménée beaucoup plus fort.
Ne ménageant ni peine ni temps, Fasciné, tu t'élances en volant, Et recherchant le feu du ciel, Papillon tu te brûles les ailes.
Et tant que tu ne comprendras rien Au sens des mots : "Meurs et Deviens" Tu seras un obscur passager Sur cette terre enténébrée."

Nostalgie Bienheureuse
Johann Wolfgang Von Goethe (1815)

 

 

M. Venance Konan, suite à l’interpellation que j’ai adressée à vos lecteurs, vous avez pris l’initiative de me répondre personnellement. Ma démarche initiale était d’offrir à vos lecteurs une meilleure objectivité et de pointer du doigt le gouffre de subjectivité dont vous faites preuve après vous être égaré sur les terrains mouvants et dangereux de l’ivoirité. Vous avez certes écrit votre repentir mais votre attitude acerbe et votre grande désinvolture semblent démontrer que vous n’avez pas su tirer les conséquences de vos égarements passés et que ce repentir se limite à quelques paroles alibis. J’ai d’ailleurs le sentiment que vous êtes toujours sur la voie de l’égarement car la critique populiste dépourvue de propositions est un exercice qui s’apparente peu au statut d’un intellectuel responsable. Vous aimez réveiller les haines et attiser les angoisses comme si pour vous, notre vie devait errer entre la peur et la douleur, la jungle et le zoo, la loi du plus fort et la loi du talion. Pour ma part, je crois fermement à l'état de droit, à la société ouverte et j'ai foi en l'homme.


Gare aux égarements populistes ! Le dictionnaire Wikipedia décrit ainsi le populisme : « met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l'appareil d'État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ».

 

Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité, mais ignore complètement les réalités de la décision politique (notamment le fait qu'elles doivent être inscrites dans un agenda, qu'elles doivent tenir compte des avis parfois contradictoires de la société civile), comme la complexité des situations décrites. Ces solutions sont présentées comme applicables tout de suite et émanant d'une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu'ils prétendent représenter.

S'ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d'institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement "le peuple". Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société, cela amène des organismes, des institutions ou des associations à favoriser des positions réputées « populaires ». Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau. Ceci est particulièrement notable en publicité où « le peuple » est mis en scène, souvent sous la forme de personnages ignorants ou idiots ».


Les dégâts dont vous êtes comptable


La méthode populiste fait ainsi appel au bon sens populaire et au simplisme, ignorant la complexité des situations décrites. Ainsi, pour exemple, vous soutenez que : L’eau et l’électricité sont coupées dans les zones rebelles, personne n’en parle. On a tué de pauvres marcheurs en mars 2004, personne n’en parle. On a bombardé Bouaké et tué des Blancs et des Noirs aussi, personne n’en parle. L’opposition au président Gbagbo est trop molle, faiblarde, nulle même. Les étrangers s’accaparent notre économie, cela ne nous dit rien, tout ce qui nous intéresse, c’est vouloir gérer l’Etat ; le reste nous importe peu. Mélange de genres, mélange d'époques, mélange « d’agresseurs », mélange d'émotions, mélanges de victimes. Tout est amalgame. Prémices vraies mais conclusions stériles. Hypothèses confuses et déductions légères. Mais avez-vous idée des conséquences de vos thèses sur le tissu social et l'esprit de cohésion nationale ? Derrière votre apparente satire sociale, c'est-à-dire votre « représentation critique et comique de nos défauts, de nos vices, de nos mensonges, observés dans la réalité sur le plan moral, politique, social », vos analyses souffrent de nombreux biais que vous ne pouvez ignorer et qui, j'espère, n'échappent pas à vos lecteurs qui ont dû retenir l'avertissement de Paul Valery selon lequel : « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux ».


Hier, vos écrits ont animé des hantises et des haines, des peurs et des frayeurs qui ont contribué à donner des alibis à ceux qui ont pris les armes et organisé une rébellion contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Les conséquences pour le pays demeurent et vous semblez aujourd'hui vous en laver les mains préférant rejeter les fautes sur d’autres. Comme c'est facile ! Les propagandistes du fascisme sont poursuivis aujourd'hui encore dans le monde. Ceux du génocide rwandais dit "des mille collines" aussi comme ceux de l'ex-Yougoslavie. On ne s'en sort pas par un soi disant repentir jeté à la face des lecteurs. Comme ça ! La méthode du pyromane pompier.


Ainsi, je suis étonné de votre propension à traiter avec légèreté vos égarements passés. D’un revers rapide vous écrivez votre repentir et vous vous précipitez dans la critique sarcastique, occultant totalement le fait que les souffrances d’aujourd’hui aient pu prendre racine dans un passé récent à travers l’idéologie restrictive que vous avez soutenue et promue. A quand l'ouverture des portes de votre prison de haine ?


Soulignons que la propagande autour de l’ivoirité était telle, au moment où le président Bédié partait du pouvoir, que le concept n'était plus perçu comme l'idéologie d'une partie du PDCI, votre parti, mais comme le projet de société du peuple de Côte d’Ivoire tout entier. De nombreux ivoiriens étaient devenus ivoiritaires et plusieurs refondateurs sont semble-il, devenus eux-aussi des gourous de l'ivoirité grâce à vous et à vos amis. Vous avez fait des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque. Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et ailleurs cherchent à vous égaler voire à vous surpasser ? Vous n’auriez donc aucune responsabilité dans le blocage actuel du pays dites-vous ? Un peu d’humilité eut été de rigueur si vous aviez une certaine honnêteté intellectuelle et une vision globale dans l’analyse.

Certes, vous reconnaissez avoir contribué au saccage du climat social, mais que faites-vous aujourd’hui pour réparer cela à part mettre les dégâts en pertes et profits collectifs ? Votre relativisme moral est inacceptable. Votre relativisme culturel est insupportable. Votre relativisme politique n'est pas défendable. Vous aimez vous présenter en fédérateur des déçus, certes fédérez-les, mais en tant qu’intellectuel, ouvrez-leur des horizons. Faites des propositions pertinentes pour fédérer non des déceptions mais des espoirs. Mais quelle est donc la place de l'écrivain et du journaliste à coté des actions et des réflexions "politiciennes" que vous menez ? Ne resterez-vous pas dans notre histoire l'apologiste de l'ivoirité ? Vous serez sans doute autre chose après vos différentes mutations, mais vous ne cesserez jamais d'être l'écrivain qui, dans sa génération, aura fourni le plus d'apologues incitant à la division des ivoiriens.

Lorsque vous vous interrogez sur les raisons qui me poussent à ne pas démissionner du FPI, ce parti qui, selon vos dires, serait responsable de tous les maux de notre société, je vous réponds qu’à l’inverse je n’ai jamais compris pourquoi vous tentez, avec tant d’énergie, de dissimuler votre engagement partisan au sein du PDCI bédiéiste. Pourquoi ce masque de chroniqueur pour défendre votre parti politique ? De quoi avez-vous donc peur alors que, grâce à vos écrits, tout semble désormais permis ? Pourquoi tenter de réécrire l'histoire alors que les témoins sont vivants ? Pourquoi rechercher, par de vaines accusations, des responsables sinon des coupables là où aucun révisionnisme n'est désormais possible ?


Merci de vous inquiéter pour moi, mais tout va bien

 
En ce qui me concerne, je n’aime pas les attitudes masquées et préfère vivre ouvertement mon engagement, tout en restant objectif et en osant critiquer les dérives de mon propre groupe si nécessaire. L’engagement n’est pas forcément synonyme de comportement moutonnier que je ne confonds d'ailleurs pas avec la discipline du parti. C’est pour cela que je continue à réfléchir et à publier régulièrement des réflexions personnelles tout en militant au sein du FPI. Je me considérais comme un intellectuel avant d'entrer en politique. Je crois encore que je le demeure. J'estime que lorsque l'intellect se met au service de la politique c'est pour élever le débat démocratique et contribuer à la sortie de la société magique, de l'obscurantisme. Pour moi la politique ne signifie ni terrorisme intellectuel ni barbarie de la pensée unique. Faire de la politique n'est pas une bataille pour des postes de gouvernement, c'est contribuer au bien-être de la population par un plaidoyer en faveur de la liberté de parole et de pensée. Ni anarchiste, ni mercenaire, mais responsable des idées produites et de leurs conséquences directes et perverses.

 

Pour la Côte d'Ivoire par contre ça ne s'arrange pas

 

Lorsque je vous questionne au sujet de la Côte d'Ivoire ne me parlez pas de ma carrière politique car elle importe peu par rapport à ce qui se joue. Je ne suis pas entré en politique pour devenir quelqu'un. J'y suis parce que j'ai des convictions à faire partager. Les hommes et les femmes qui les acceptent, m'obligent. Ceux qui n’y adhèrent pas ne font que raffermir ma détermination.

Vous parlez également du bilan des refondateurs. Que sont les refondateurs à vos yeux M. Konan ? Si c’est le groupe actuellement au pouvoir, rappelons qu'il a été constitué consécutivement à l’accord de Marcoussis dont Bédié est signataire. Le pouvoir a alors été distribué, tel des parts de gâteau, aux différentes forces politiques, légalement constituées ou pas. Dans ce contexte, le programme de la refondation a fait place à la politique de la médiocrité et à la rebfondation qui ont entretenu des querelles meurtrières. Le but ultime étant de ne surtout pas faire de vague et de partager les postes à responsabilité au sein d'un Etat qui jour après jour, n'a cessé de devenir faible et exsangue.

Vos amis du PDCI sont également au pouvoir et partagent donc les responsabilités dans les échecs comme dans les réussites. Vos amis acceptent de mourir pour cet Etat qui ne tient plus tête et qui est incapable d'assurer ses responsabilités. Pourquoi, le docteur en droit que vous êtes ne sort pas des généralités pour parfaire son acte d'accusation ? Pourquoi ne faites-vous pas une évaluation des responsabilités de chaque signataire de Marcoussis, ministère par ministère avant de situer les culpabilités et de prononcer vos sentences ? Votre méthode réductrice est analytiquement pauvre. Vous vous contentez de lieux communs et de stéréotypes. Pour un écrivain-journaliste, nous ressasser les discussions de la vulgate populiste n'avance en rien le débat d'idées. Bien au contraire, ces attitudes nous font descendre dans les poubelles de la connaissance.

Au lieu de crier "les refondateurs sont nuls", "sacrés refondateurs" "pauvre Mamadou" ou encore "les Ivoiriens sont des moutons", vous pourriez exprimer clairement vos reproches à la refondation en tant que programme politique et vision du monde. Quels points contestez-vous et pourquoi ? Que proposez-vous ? Il est temps d’élever le débat. Pourquoi vous enfermez-vous dans la critique improductive ? Hier vous militiez pour que les étrangers soient jetés à la porte de la côte d'Ivoire. Hier vous proclamiez que Bédié et l'ivoirité étaient ce qu'il y avait de mieux pour la Côte d'ivoire. Hier vous défendiez l'idée que Gbagbo et Ado étaient les pires fléaux du pays. Aujourd'hui les amitiés de façade entre Ado et Bédié vous font dire que vous vous êtes trompés et que la seule calamité de la Côte d'Ivoire se nomme Gbagbo Laurent. Aujourd'hui vous dites ne plus en vouloir aux étrangers mais vous reprochez quand même aux ivoiriens leur apathie face au contrôle de leur économie laissée aux mains d'intrus venus de France, du Liban, de Chine, du Mali ou du Burkina et des autres pays voisins, dans le but de corrompre nos hommes, nos femmes, nos institutions et nos valeurs. N'est ce pas ce que l'on a appelé à une autre époque de notre histoire "le changement dans la continuité" ? Et vous nous le dites si bien : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier ». Chapeau mon bienheureux ! En vérité vous, vous n'avez pas changé c'est le vent qui vous pousse qui a changé de sens.


Les conditions initiales ne sont pas neutres


Nous avons soif de découvrir les voies de progrès que vous proposez pour la Côte d’Ivoire. Si ces voies sont à la hauteur de la hargne de vos critiques, le débat s’annonce passionnant.

Ce que j'essayais d'expliquer à vos lecteurs était que, tous ensemble nous devons, maintenant, après ces deux décennies piteuses et ruineuses, comprendre qu'appliquer les mauvaises politiques aux mauvais moments est le meilleur moyen de produire la désolation et les horreurs. Gbagbo est le point d'achèvement d'une lignée partie de Houphouët à Bédié puis passée à Gueï. Il ne peut donc être comptable que de sa part, ni plus ni moins. Ses prédécesseurs aussi. N'oubliez pas que les conditions initiales jouent un rôle essentiel dans la trajectoire des nations. Alors mon bienheureux Venance, si nous arrêtions, dans notre façon de faire la politique, de haïr les joueurs pour concentrer notre énergie sur le jeu lui-même ?

 

Mamadou KOULIBALY,
3ème vice-président du FPI

18:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, venance konan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 07 mars 2010

LA REPONSE DE VENANCE KONAN AU Pr MAMADOU KOULIBALY

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Le 03 Mars, je soumettais à votre lecture "la lettre du Professeur Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan", en circulation, actuellement, sur le Net. La réponse du "mis en cause" ne s'est pas faite attendre. L'honnêteté intellectuelle et l'éthique du journalisme..., pardon!, du blogging impose à tous ceux qui ont publié la première de le faire pareil pour la deuxième. Droit de réponse oblige. Bonne lecture donc et que le débat se poursuive! Dans le respect et la fraternité.

 

Sacrés Refondateurs !

Je crois que je finirai bien par aimer les Refondateurs. Des gens qui sont capables de soutenir une chose et son contraire en même temps, de critiquer une chose tout en la pratiquant, méritent parfois qu’on leur tire le chapeau. Ainsi, ils nous disent que notre bon chef nous a délivrés des griffes de la France, à qui le pouvoir précédent avait cédé toute notre économie. Et voici que ce grand libérateur n’a pas trouvé mieux que de céder tous les travaux qu’il réalise à des entreprises françaises. Le troisième pont, le quatrième, les palais, l’hôtel Ivoire, le terminal à conteneur, tout. C’est d’ailleurs pour s’être opposé aux conditions scandaleuses dans lesquelles ce terminal à conteneur a été cédé, que Patrick Achi est devenu persona non grata au gouvernement. Il en a été de même pour l’accord de Linas-Marcoussis. Mamadou Koulibaly, vice-président du FPI et président de notre Assemblée nationale n’a pas cessé, jusqu’à ce jour, de dénoncer cet accord, oubliant qu’il a été signé par le président de son parti, et que le chef de l’Etat avait solennellement demandé aux Ivoiriens de l’appliquer.

Tiens, à propos de Mamadou Koulibaly. Il fait circuler en ce moment sur internet certains articles que j’avais écrits il y a une quinzaine d’années. Il me reproche d’avoir soutenu une idéologie qui a amené la guerre en Côte d’Ivoire, et de me renier aujourd’hui. Tout en le remerciant de contribuer à la diffusion de mes pensées, je trouve cependant dommage qu’il n’ait pas inclus dans ces textes deux de mes écrits que je trouve très intéressants. Le premier, intitulé « la passion et la raison » avait été publié dans Fraternité Matin du 12 août 2004 et se trouve à la page 219 de mon livre « Nègreries », qu’il cite abondamment. J’écrivais ceci dans ce texte : « Pendant des années, ceux qui soutenaient M. Bédié avaient tenté de démontrer que M. Ouattara n’était pas Ivoirien, mais Burkinabé. Nous étions de ceux-là. Les personnes lucides nous expliquaient que M. Bédié n’avait pas besoin de passer par cet artifice pour battre M. Ouattara, mais c’était parler à des murs. Nous étions emportés par notre passion. »

Il y en a un autre que j’ai intitulé « adresse aux militants du FPI » que j’ai publié dans Le Nouveau Réveil du 1er octobre 2007, et que j’ai repris dans mon dernier livre, « Ngo n’di ou palabres », à la page 49. J’y écrivais ceci : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier. Moi-même, au temps où Bédié était au pouvoir, où je croyais qu’il était la seconde chance du pays, j’écrivais pire que pendre sur le RDR, son président, et tous ceux qui se réclamaient d’eux. Je me suis senti mieux le jour où j’ai reconnu que je me trompais et que je défendais une cause indéfendable qui conduisait mon pays dans le mur. » Mamadou Koulibaly dit que j’ai soutenu l’ivoirité, que j’ai traité M. Ouattara d’étranger ? Oui, je l’ai fait. Donc quoi ?

Il n’y a pas très longtemps, Mamadou Koulibaly avait dit à un meeting à Koumassi : « A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et la léguer à nos enfants ? Et dans dix ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye et qu’on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre ? ... C’est important d’aller aux élections, mais la coexistence pacifique entre les populations est également importante. Dans ce débat, celui-là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas…Si j’ai un conseil à donner, c’est de vous demander d’amener nos hommes politiques à résoudre ce problème au mieux des intérêts du peuple de Côte d’Ivoire. Si on veut résoudre ce problème par des tactiques politiciennes, par des jeux d’intérêt, on risque de proposer des solutions qui ne seront pas des solutions optimales. Cela va résoudre des problèmes immédiats, tout de suite, mais à la longue, ça va nous conduire à la guerre. Comme on a choisi rapidement la solution en 2000, cela nous a envoyé la guerre. » Je l’avais félicité dans ces colonnes pour ces propos.

Mais quel est le parti qui cherche, par des tactiques politiciennes, à exclure des milliers de personnes des listes électorales et de la nationalité ivoirienne ? C’est le parti dont Mamadou Koulibaly est le vice-président. Et, à votre avis, qui, d’entre les Kipré, Konan ou Koulibaly risque le plus de se voir contester la nationalité ivoirienne par le parti de Mamadou Koulibaly ? Alors, pourquoi continue-t-il de militer dans un parti qui l’exclut, lui ? Masochisme ? Manque de courage ? Schizophrénie ? Entre celui qui dit « j’ai pris une mauvaise voie, je rebrousse chemin », et celui qui dit « je sais que je suis sur une mauvaise voie, mais j’y reste », lequel est à blâmer ? « L’erreur est humaine, mais le propre de l’homme est de savoir la reconnaître. Et persévérer dans l’erreur est diabolique », dit-on. Koulibaly sait que son parti est en train de nous conduire vers la guerre. Et c’est celui qui dénonce ce parti qu’il blâme. Sacré Koulibaly ! Moi, j’ai tiré les leçons de l’histoire récente de mon pays. Celui qui ne tire pas de leçon de son histoire se condamne à la revivre. Et le FPI de Mamadou Koulibaly est en train de nous condamner à revivre la guerre.

 

Venance Konan. Email : venancekonan@yahoo.fr

La lettre du Professeur Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan: ICI.

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo.

 

20:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : côte d'ivoire, venance konan, mamadou koulibaly, le concept de l'ivoirité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 03 mars 2010

LA LETTRE DU Pr MAMADOU KOULIBALY AUX LECTEURS DE VENANCE KONAN

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Je vois bien circuler sur le web de petits textes de M. Venance Konan. Je trouve cela admirable. Je voudrais y contribuer en mettant aussi en circulation d’autres textes du même auteur dans une autre vie pas très éloignée.
Personnellement je le prends pour responsable en partie, de ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire. Venance Konan a été, avec Yao Noël et d’autres, à une époque, les thuriféraires de l’Ivoirité bon teint qui est à la source, comme le disent certaines personnes, du problème inextricable que nous avons à résoudre aujourd’hui. Je vous laisse apprécier le même auteur.

Quels sentiments cela vous inspire t-il au vu de la situation aujourd’hui ? Quelles questions vous vous posez après la lecture de ces documents ? Quelle est la responsabilité d’un intellectuel face à ses propres écrits et à leurs conséquences ? Peut-on se dédouaner ? Et comment ?

Je vous laisse apprécier ces textes et les partager avec ceux avec lesquels vous échangez. Nous étions dans la période juste avant les emprisonnements des opposants et le coup d’Etat de 1999. Et je me demande lequel des Venance Konan est lui-même, le vrai ? Comment comprendre ces discours et leur évolution dans le temps ? En 2006 M. Konan a choisi de publier des textes anciens de lui même et n’a pas jugé utile de retrouver ceux que je vous offre dans ce message. Je ne trouve pas cela très honnête de sa part.

Dans « l’Avant propos » de « Nègreries » qui est publié chez Frat-Mat éditions en 2006, M. Konan explique cet oubli par ce qui suit, et je cite : « De 1994 à ce jour, cela fait beaucoup. Il a fallu choisir entre ces centaines de chroniques. Choisir c’est exclure. Il y a des articles que peut-être des lecteurs auraient aimé voir dans ce recueil, soit parce qu’ils les avaient aimés, soit parce qu’ils les avaient détestés. Je m’excuse auprès d’eux. J’ai volontairement exclu de ce recueil les chroniques qui traduisent des erreurs de jugement de ma part à une période donnée. Mais je n’exclus pas la publication d’un autre recueil qui reprendrait les chroniques qui ne figurent pas dans celui-ci ». Page 7

Je trouve la justification fallacieuse et pas sérieuse, pour les propos de combats tenus; et dont il semble que M. Konan ne soutienne plus aujourd’hui les lignes. M. Konan se serait il trompé de combat qu’il ne le dirait pas autrement. De 1994 à 2006 Chronique de 12 années sèches ; Nègreries. Tel est le titre complet de l’ouvrage de 302 pages.

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Les douze années de chroniques M. Konan peuvent être présentées en deux phases :

a) La première phase commence en 1994, avec l’arrivée de Bédié au pouvoir, et se termine en 1999 avec le départ de Bédié du pouvoir fuyant devant le coup d’Etat de 24 décembre. Sur cette période de six ans de chroniques, M. Konan, dans son livre, retient 56 articles de « nègreries » des autres. Et exclu volontairement, en particulier les dix-huit articles que je vous fais parvenir. Pourquoi donc cet abandon ? M. Konan répond « J’ai volontairement exclu de ce recueil les chroniques qui traduisent des erreurs de jugement de ma part à une période donnée ».

Les textes concernés sont pourtant violents, engagés et ivoiritaires. Ce sont des textes de combat. Mais quel était donc son combat à cette époque ? L’intellectuel peut il se dédouaner simplement en disant qu’il faisait, ou qu’il a fait des erreurs de jugement au moment où il faisait baver sa plume ? Les erreurs viennent elles des méthodes de l’intello, de ses doctrines ou bien simplement de ses haines dont il serait le prisonnier ?

Les propos tenus ont expliqué en partie le coup d’Etat de 99. Les erreurs de jugement d’un intello ont fait des dégâts dans la cohésion sociale. Aujourd’hui M. Konan est reparti pour un autre combat. Mesure-t-on le risque à l’écouter si demain il nous disait de nouveau que des erreurs de jugements l’aveuglaient aux moments où il écrivait ses propos présentés aujourd’hui comme politiquement correct ? Peut-on fuir les conséquences de nos écrits et nous cacher derrière les erreurs de jugement ? N’est pas trop facile ? L’intellect doit il être sacrifié sur l’autel des péripéties politiques ou doit il être ancré dans des convictions solides ? Il y a dans l’attitude de M. Konan un biais politique qu’il ne peut avouer. M. Konan tente de dissimuler ses chroniques sataniques dont il a peut être honte aujourd’hui. Mais pourquoi donc ? Peut-il nous expliquer pourquoi ses erreurs de jugement se sont manifestées et comment il en est venu à les comprendre et à les abandonner ? Quelles garanties l’écrivain nous donne t-il quand à la valeur pérenne des ses pensées, propos et écrits ?

b) La seconde phase des textes publiés dans « nègreries » commence en novembre 2002, après l’installation de la rébellion armée qui, en septembre, a tenté de renverser le pouvoir de la Refondation. Cette phase dure cinq ans et elle se termine en juillet 2006. Donc elle est plus courte que la première phase.

Cependant, dans cette seconde phase, M. Konan sélectionne volontairement 84 textes soit 33% plus de textes que dans la première pourtant plus longue et dans laquelle il ne sélectionne que 56 textes. (Voyez vous-même 6ans pour 56 textes et 5ans pour 84 textes). Ici aussi il y a un biais politique intellectuellement difficile à cacher.
La Refondation sous la guerre est plus facile à attaquer et « les erreurs de jugement » pourront toujours être évoquées comme dans la première phase. L’intellectuel sacrifie encore une fois son intellect à la politique politicienne, celle des raccourcis, de la futilité, de la mode, de la vogue, du populisme. Sans méthodes et sans convictions. Faut-il consommer sans précaution les écrits de M. Konan si l’on n’a aucune assurance sur le service après vente des idées qu’il nous propose ?

Un intellectuel doit avoir des convictions quand il descend dans l’arène politique. S’il vogue au gré des courants politiques alors il ne peut être que mercenaire de l’écriture.

M. Konan a volontairement exclu les articles dans lesquels il défendait le pouvoir de Bédié et non ses propres convictions à lui Venance. Il a écrit aussi pour défendre la France mais pas ses propres convictions. Maintenant il écrit de nouveau. Bonne lecture à tous ceux qui ces derniers temps raffolent de ce qui sort de sa plume. Mais assurons nous de savoir qui il défend cette fois ? Pour qui écrit-il cette fois et pour quoi surtout ?

Lorsque la plume se met au service d’ambitions sans convictions elle conduit à de Nègreries. M. Konan aime à parler des Nègreries de ses adversaires politiques mais les siennes sont classées dans le casier des « erreurs de jugement ». Elles sont donc classées ainsi sans suites. Pondre des écrits, pousser les gens à avoir peur des lendemains, leurs pronostiquer des demi vérités et de demi mensonges, puis leur dire que la page est tournée lorsque le chaos survient est inacceptable intellectuellement et irresponsable Politiquement. Le biais Politique est flagrant. Encore faut-il l’assumer entièrement et sans faux fuyant.

Il se pose simplement la question de la responsabilité sociale de l’intellectuel, ce producteur de mots, d’idées, de concepts, de doctrines, d’idéologies et de « prêt à penser ». Attention donc.

Avec mes remerciements.

Pr Mamadou KOULIBALY

20:27 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, venance konan, le concept de l'ivoirité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |