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lundi, 07 mai 2012

COTE D'IVOIRE: VICTOIRE DE HOLLANDE, FETE A ABIDJAN

HOLLANDE ET SARKOZY - AFFICHES DE CAMPAGNE.jpg

Personnellement, nous ne célébrons pas la victoire de François Hollande mais la défaite de Nicolas Sarkozy. Nuance! Ne plus voir l'arrogance et l'ego surdimensionné de cet homme, qui entre petitement dans l'Histoire, dans laquelle il a taxé l'Afrique de ne pas être entrée, c'est juste cela. Ses déboires ne font d'ailleurs que commencer. Ne nous méprenons donc pas. La lutte continue! Fernand Dindé.


La victoire de François Hollande, ici sur un panneau de campagne au consulat de France, ce 6 mai 2012, ravive ce dimanche soir, les espoirs des supporters de l'ancien président Laurent Gbagbo.



Alors que nous sommes toujours sans nouvelles du président Ouattara que l'on annonce toujours en France après son crochet de Dakar, à Abidjan ce dimanche soir, la joie est au rendez-vous; la raison, la victoire du candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle en France. 

Du Plateau à Yopougon en passant par Port-Bouët et Abobo, gardiens, femmes, jeunes dans les maquis, on fête la victoire de François Hollande en huant le cauchemar d'un bon nombre d'ivoirien, Nicolas Sarkozy, faiseur de roi du pays. 

A 18h GMT, au moment de l'annonce de la victoire de François Hollande, les cris de joie se faisaient entendre à travers les quartiers, des femmes en pagne dansant comme s'il s'agissait d'un grand jour et aussi de leur victoire. "C'est la délivrance pour nous, la prophétie a parlé, Sarkozy est moisi, ADO a chaud!", scande Marie-Louise, une jeune ivoirienne rencontrée place Ficgayo à Yopougon, au moment de l'annonce du résultat de la présidentielle.

Un peu plus loin, dans un maquis de la place, un groupe de jeunes gens se lancent dans une nouvelle danse et entame des chants. "Sarko, c'est maïs!", "Hun Hun, Ado à chaud!", fusent et se mixent avec les zouglous et autres musiques DJ qui font trembler les baffles du maquis. "Vous savez, nous avons subi Sarkozy, aujourd'hui, on est heureux car on espère aussi un changement au niveau des relations entre la France et la Côte d'Ivoire", explique Kader, boisson gazeuse à la main, non loin d'un vendeur de garba du quartier Maroc de Yopougon; à ses côtés Joane ajoute: "Je ne pense pas que ça changera grand-chose mais pour nous autres, c'est la défaite de Sarko que l'on souhaitait, il a mis le pays dans la galère, son ami (Ouattara, Ndlr) est empêtré dans une situation qui lui échappe totalement et le pays va à la dérive; tout cette méchanceté pour ce résultat?" . "Au moins son ami ne sera plus là pour nous emmerder, moi je vais fêter ça toute la nuit", crient quasi en simultané Moustapha et Serge, aussi en joie qu'éméchés et l'un des deux terminera sur ces propos: "Nous, on a rien contre les français, c'est la peau de Sarkozy qu'on voulait et les français nous ont aidé, on les remercie, ils sont forts quand même, il faut l'avouer!".

A Port-Bouët, non loin du quartier de l’abattoir, c'est Mamadou qui main sur la tête apparait complétement abattu. "Moi, c'est Sarko; c'est lui qui nous a permis de chasser Gbagbo, je suis déçu", nous livre le jeune homme alors que ces amis, sans nul doute d'une autre tendance, commençaient à le chahuter.

Dans la communauté française rencontrée, même si à Abidjan on vote Sarkozy, on pouvait lire un sourire sur la bouche de Frédéric, un entrepreneur installé en Côte d'Ivoire qui, interpellé au feu d'un carrefour, acceptera de nous répondre. "C'est pour ma part un grand jour pour la France et la démocratie, un exemple de sérieux", indique le français de type européen qui ajoutera: "Je comprends que les Ivoiriens du sud ici déteste Sarkozy, j'espère seulement que ce soir ils comprendront enfin que français n'était par forcément égal à Sarkosy; la France, c'est un grand pays où les copinages politiques sont aussi mal pris par la population qui sanctionne quand elle s'exprime".

François Hollande devient, ce dimanche soir, le septième président de la cinquième République française et de fait, le nouveau chef suprême des armées. 

La Côte d'Ivoire, sous protection militaire française avec la force Licorne, seule garantie sécuritaire à ce jour du régime d'Alassane Ouattara, voit donc un nouveau patron débarquer, prenant ainsi la place de l'ami intime d'un président qu'il aura installé suite à l’ordre d'intervention militaire de l'armée française, en avril 2011.


Amy


Source: KOACI.COM