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jeudi, 30 décembre 2010

APRES LE COMPTE RENDU DE LA MISSION A ABUJA, HIER : LA CEDEAO EXCLUT L'INTERVENTION MILITAIRE



DELEGATION CEDEAO.jpg

In Le Nouveau Courrier N°166 du 30 Décembre 2010 par Gilles Naismon


Les présidents Ernest Koroma de Sierra Leone, Pedro Pires du Cap-Vert et Yayi Boni du Benin, ont fait le compte-rendu de leur mission, qui les a conduites à Abidjan, à Abuja, hier. Après concertation des chefs d'Etat de la communauté sous-régionale, une intervention militaire n'est plus envisagée.


Après s'être entretenu avec deux de ses émissaires arrivés à Abuja, qui a fait un compte rendu de la mission auprès du chef de l'Etat ivoirien et d'Alassane Ouattara, le président nigérian, Jonathan Goodluck, a annoncé que ses envoyés retourneraient à Abidjan le 3 janvier. Refusant de donner des précisions sur le contenu des discussions à venir, Goodluck Jonathan a souligné l'importance de poursuivre le dialogue. «Quand il y a une dispute, c'est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours», a-t-il dit, à l'issue de l'entretien avec les deux émissaires. La Cedeao, notamment Jonathan Goodluck qui en est le président en exercice, n'est plus chaud pour une intervention militaire en Côte d'Ivoire, lui qui en était le plus farouche initiateur. Le compte rendu de la délégation de haut niveau, qui a séjourné à Abidjan mardi dernier, y est pour quelque chose, après avoir échangé avec le président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

La sagesse après l'euphorie

Le président Laurent Gbagbo ne dit-il pas que «le temps est l'autre nom de Dieu ?» 30 jours après le deuxième tour du scrutin présidentiel, le temps est en train d'avoir progressivement raison de la précipitation de la «nébuleuse» qui avait un agenda caché, avant même la tenue de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. De plus en plus des voix s'élèvent pour dénoncer l'implication hâtive du président français, Nicolas Sarkozy, et la précipitation de la Cedeao qui avaient préconisé une action militaire dans la crise post-électorale. Sans même tenir compte du rapport de Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine dès les premières heures, et des appels incessants au dialogue du gouvernement angolais et de l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings.

Selon le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du Cap Vert, Jorge Borges, dont le président, Pedro Pires a fait partie de la délégation de haut niveau de la Cedeao à Abidjan, une «intervention militaire» des pays d'Afrique de l'Ouest en Côte d'Ivoire «semble heureusement écartée pour le moment». «On ne parle plus d'intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao)», a-t-il poursuivi. Encore que les preuves dont dispose le chef de l'Etat ivoirien, et sur lesquelles il fonde son argumentaire, font de lui le nouveau président élu démocratiquement, à l'issue de l'élection présidentielle. Plus le temps passe, plus l'horizon s'éclaircit pour les démocrates, pour l'Afrique digne, et un voile épais s'affaisse sur les partisans des pratiques dignes de l'époque coloniale.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 29 décembre 2010

RENCONTRE AVEC LES EMISSAIRES DE LA CEDEAO AU PALAIS : GBAGBO MARQUE DE BONS POINTS



CHEFS D'ETATS CEDEAO.jpg

In Le Nouveau Courrier N°165 du 29 Décembre 2010 par Benjamin Silué


Ernest Koroma, Yayi Boni et Pedro Pires ont rencontré, successivement, Young-Jin Choi de l'Opération des Nations en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, hier.


L'occasion était donnée, hier, aux émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour donner les raisons de leur présence en terre ivoirienne, mais surtout de prêter une oreille attentive à leur hôte, Laurent Gbagbo qui les a reçus «en frère» à son palais, au Plateau.

Après avoir «menacé» le chef de l'Etat ivoirien d'un recours à la force, la Cedeao a donc décidé d'envoyer les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert en Côte d'Ivoire comme émissaires chargés de remettre un ultimatum à Laurent Gbagbo. L'un des émissaires, membre de la délégation d'Abidjan, Pedro Pires du Cap Vert, connaissant certainement le dossier ivoirien, avait déjà écarté l'usage d'une «intervention militaire», et opté pour la négociation. Bien plus, le dialogue, comme l'a toujours préconisé le président Laurent Gbagbo. Ce qui sous-entend que chaque acteur aura à exposer ses griefs.

Hier, déjà, selon une source crédible, le chef de l'Etat ivoirien, durant plus de 2 heures d'horloge, a brandi les preuves qui le donnent gagnant de l'élection présidentielle, mais surtout qui le motivent à faire face à l'adversité de la communauté internationale cornaquée par Sarkozy, parrain de Ouattara. De la traque de ses représentants dans les bureaux de vote au nord par les pro-Ouattara, appuyés d'hommes armés de la rébellion des Forces nouvelles, aux fraudes massives, le chef de l'Etat ivoirien, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, seule institution habileté à le faire, n'a pas laissé ses hôtes sur leur faim. Les homologues de Laurent Gbagbo sont restés pantois, rapporte notre source. Démontrant que la distance et le lynchage médiatique, orienté, d'une partie de la presse occidentale, à l'agenda caché, a eu raison de personnes naïves. En témoigne les propos du président béninois Yayi Boni, qui a noté, au sortir de cette rencontre, que «les choses se sont bien déroulées». Le président Laurent Gbagbo, qui les a reçus avec les accolades, tout sourire, les a raccompagnés le visage très rayonnant. Pour qui connaît le chef de l'Etat ivoirien, les nuages se dissipent progressivement. Comme quoi, le mensonge court plus vite que la vérité qui finit par le rattraper.

Notre source indique que les présidents Sierra Léonais, Ernest Koroma, Béninois, Boni Yayi et le Capverdien Pedro Pires ont décidé de jouer la carte politique pour régler le différend né au lendemain du second tour du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire. A l'issue de la deuxième rencontre qui a eu lieu tard dans la nuit, le chef de l'Etat ivoirien a espéré recevoir ses homologues dans les prochains jours. Il reste à espérer que les énormes pressions qu'ils subissent de la part d'acteurs étrangers à l'Afrique n'auront pas raison de leur option pleine de sagesse.


Source: LE COURRIER D'ABIDJAN