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jeudi, 22 août 2013

«L'OCCIDENT JOUE AVEC LE FEU EN SYRIE»

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Photo: Veronica Canino

Raimundo Kabchi est avocat et un bon connaisseur des questions internationales. Libanais de par sa naissance, depuis 52 ans sa patrie est le Venezuela, comme il le fait remarquer. Durant de nombreuses années, Kabchi a exercé en tant que conseiller du président Hugo Chavez pour les sujets liés au Proche Orient, ce qui fait de lui une référence pour se renseigner sur cette région du monde qui demeure agitée depuis assez longtemps.


Au cours de cette conversation avec Resumen Latinoamericano, Kabchi met en évidence la complexité des problèmes liés au Proche Orient. Mais il a le mérite d’analyser le monde arabe suivant une approche de gauche et anti-impérialiste, et en même temps d’expliquer ce qui se passe de façon simple et toujours en pointant du doigt le pays qui génère les conflits dans cette partie du monde : les Etats-Unis.

La crise interne qui dure depuis plus de deux ans en Syrie sera l’une des questions principales durant cette interview. Kabchi parlera aussi de la situation au Liban, pays dans lequel il existe un réel danger de contagion du conflit syrien, provoqué notamment par des groupes terroristes financés par Washington et ses alliés afin de renverser le gouvernement du président Bachar Al Assad. L’attitude de l’organisation politico-militaire Hezbollah, la réalité de l’Egypte, et les différences entre la Lybie et la Syrie seront aussi présentes dans ce dialogue éclairant.

 Quelle analyse peut-on faire sur la situation en Syrie, après plus de deux années d’agressions contre ce pays ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale. Premièrement : face aux plans impérial-sionistes et de la droite arabe, la Syrie fait partie d’un système que nous, au Moyen Orient, appelons un système de résistance. C'est-à-dire, elle résiste aux plans impérialistes, sionistes et de la droite arabe dans la région. Comment détruire ce pays pour ensuite s’occuper d’un autre maillon de la chaîne, formée par l’Iran, l’Irak après le départ des américains, le Liban, la Palestine, etc.

Deuxièmement, il y a un objectif constant pour l’Occident au Moyen Orient : l’existence, la sécurité et l’expansion de l’Etat d’Israël. La Syrie, comme l’Iran, s’avère être un obstacle pour atteindre ce but.

Troisièmement, il y a l’exploitation des richesses nationales dans le monde arabe, et la Syrie est également un obstacle sur le chemin. Le pétrole, le gaz, les pétrodollars qui sont recyclés pour les sociétés occidentales, accablées par une crise économique structurelle et internationale. La Syrie représente aussi un chaînon manquant dans la chaîne que les Etats-Unis et l’Otan veulent construire face à la Russie et la Chine. Si l’on jette un coup d’œil à la carte du monde, on trouvera une chaîne de bases militaires qui s’étendent depuis la mer de Barent jusqu’à la Turquie, et ensuite elle atteint le Golfe Persique. Si l’on regarde vers l’Orient, on voit les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan, Guam, et même le Japon. L’ensemble de la chaîne se trouve brisée, en quelque sorte, par la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Irak. En détruisant la Syrie, on crée pratiquement un système complet de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ce n’est pas la peine d’expliquer pourquoi les Etats-Unis veulent encercler la Russie et la Chine, des pays considérés émergents dans le monde. Emergents dans un moment où l’impérialisme occidental, néolibéral et capitaliste se trouve en déclin. Ce sont quelques-unes des raisons fondamentales expliquant comment cette Syrie courageuse, avec l’unité de ses dirigeants, de l’armée et du peuple, a réussi à tenir tête à une conjuration internationale de presque trente pays du monde, et à un terrorisme international que l’Occident dit combattre, mais qu’en réalité il encourage, arme, en lui offrant une couverture et une légitimité en Syrie.

Comment peut-on expliquer cette unité du gouvernement, du peuple et de l’armée en Syrie ?

J’accuse l’opposition vénézuélienne d’être toujours prête à extrapoler des circonstances d’autres pays, d’autres situations spécifiques et d’autres réalités, au Venezuela et de les encourager, bien que les conditions ne soient pas les mêmes. C’est l’une des erreurs de l’Occident par rapport à la Syrie. Ils ont pensé que la Syrie et la Libye représentaient la même chose, et que la Russie et la Chine auraient une attitude faible, comme cela fut le cas en Libye. Or, Mouammar Al Kadhafi n’est pas Bachar Al Assad, la Libye n’est pas la Syrie, et la situation internationale de la Syrie est différente aussi. Kadhafi fut la victime de ses propres erreurs, provoquées par ses fils. Les dernières années de sa vie, Kadhafi suivit une orientation politique conduite par ses fils, notamment par Saif Al Islam. Il ouvrit les portes à l’Occident, augmenta ses échanges avec les Etats -Unis de 300 millions de dollars à presque 7 milliards de dollars, il ouvrit ses portes aux pays de l’Otan en Europe. Pas seulement en fournissant du pétrole mais également en offrant de l’argent aux candidats présidentiels et premiers ministres européens, ce que tout le monde sait aujourd’hui.

Si cela ne suffisait pas, le pétrole que Kadhafi avait nationalisé dans les années soixante, fut mis à nouveau à la disposition des grands consortiums internationaux. Il y eut une double rupture en ce qui concerne la réalité dans ce pays. D’abord, il y eut une rupture entre le Kadhafi du vingt-et-unième siècle et celui du vingtième. Ensuite, une rupture par rapport à son parcours politique : le Kadhafi nationaliste, progressiste et rassembleur fit place à un pragmatisme en politique internationale. Et l’impérialisme ne pardonne pas, n’a pas d’amis, l’impérialisme a des vassaux ou des ennemis. Il utilise son vassal comme un objet jetable et il fait tout pour détruire son ennemi. En Syrie, la situation est différente, en raison de sa position historique, par le parcours du parti au gouvernement, du président, de l’armée et du peuple. Vingt-huit mois de résistance à une offensive internationale des pays les plus dangereux - ainsi que des groupes terroristes - que l’histoire et le genre humain aient jamais connus, c’est la meilleure preuve qu’en Syrie il y a quelque chose de différent que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Comment expliquer la position des Etats-Unis et de leurs alliés européens face à ce qui se déroule au Moyen Orient ?

Comment comprendre le fait que l’Occident partage quelque chose avec des pays qui n’ont jamais eu de Constitution fixant leurs réalités, qui n’ont pas de partis politiques d’opposition et non plus au gouvernement, n’ont pas de syndicats, où les droits de l’homme ne sont pas respectés ? Ce sont ces pays qui sont les alliés de l’Occident, du même Occident qui dit vouloir apporter la démocratie au Moyen Orient. Comment comprendre cela et comment l’expliquer ?

Parlez-vous des monarchies du Golfe Persique ?

Je parle d’une série de monarchies ou dictatures imposées par les Etats-Unis et l’Otan au Moyen Orient durant les dernières cinquante années. Comment considérer Israël comme un modèle et un exemple de démocratie et de civilisation tandis que c’est un pays complètement agresseur, belliqueux, raciste, exclusiviste et excluant ? Pourtant, le Palestinien qui essaie de retourner dans sa patrie et qui voudrait avoir droit à la même résolution des Nations Unies qui accorda un permis de vivre à Israël, et qui aurait dû être accordé aussi aux Palestiniens, est persécuté, traité en tant que terroriste et assassiné par Israël. Et l’Occident soutient cela.

C’est difficile à admettre, mais ces valeurs et ces principes sont complètement disparus, pas seulement dans les territoires du Moyen Orient, mais aussi dans les médias internationaux. Comment est-il possible que des gouvernements occidentaux, comme celui d’Obama, de Sarkozy à l’époque, de Cameron, de Merkel, puissent dire à un pays que son chef d’Etat, élu par le peuple, est illégitime et qu’il doit partir ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale où l’on fait appel à tout, sauf à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, parce que, au cours des derniers vingt-huit mois qui se sont écoulés depuis le début de l’agression à la Syrie, l’on ne trouve pas un pays au Moyen Orient qui ait avancé autant de réformes constitutionnelles, autant de transformations en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques, comme le gouvernement syrien. Qui a eu accès à ces informations ? Qui a dit au gouvernement syrien : « C’est bien fait, c’est un geste fort pour une meilleure démocratie », celle qu’ils prétendent apporter ? Personne.

Les combats en Syrie peuvent-ils se déplacer au Liban ?

Depuis les premiers jours de l’agression internationale en Syrie tout le monde a prévenu l’Occident : jouer avec le feu en Syrie pourrait enflammer les pays voisins, surtout la Turquie, qui s’est embourbée dans le terrain marécageux de l’agression contre la Syrie. On nous avait prévenus : ce qu’ils essaient de mettre en place en Syrie, c’est le gouvernement des Frères Musulmans, ces islamistes récalcitrants qui ne connaissent de l’Islam que le nom, pour s’en servir dans leurs tentatives de prendre le pouvoir.

Est-ce le fruit du hasard ? Ceux qui avaient dit que le président Assad allait durer deux ou trois semaines et qu’il partirait, sont partis les premiers ? Comme Madame Clinton ? Ou comme Monsieur Sarkozy, rejeté par le peuple français ? L’Europe et la Turquie, et le problème qui existe dans ce pays, qui menace d’augmenter en proportion, dû à son importance par la proximité des centres de décision européens, peuvent également être atteints par les flammes de la guerre et de la confrontation. L’un des objectifs de la conjuration en Syrie c’est d’affaiblir l’organisation nationaliste de résistance au Liban, le Hezbollah. Une organisation qui ne commit jamais un seul acte terroriste, qui a seulement résisté à un Israël agresseur.

Pourtant, ces grands civilisateurs et démocrates de l’Occident considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste. Quelle est sa faute ? Repousser l’agression israélienne. L’agresseur devient un civilisateur démocrate et l’agressé passe pour le méchant terroriste. Voici le regard de l’Occident sur les peuples du Moyen Orient. La vérité c’est que les gouvernements qu’ils avaient imposés au Moyen Orient, comme en Egypte, sont tombés en moins d’un an. En Libye, il y a une angoisse totale, les pays du Golfe ont leurs propres problèmes, des changements structurels.

Pensez-vous que le Hezbollah aura un rôle décisif pour contenir l’arrivée des terroristes au Liban ?

Les problèmes au Moyen Orient sont très complexes et il faut être très familiarisé avec les sujets. Je suis Libanais chrétien et en même temps je suis du côté du Hezbollah, non pas parce qu’ils l’accusent de terrorisme, mais pour sa lutte de libération au Liban. Après avoir libéré notre territoire, nous les Libanais pouvons continuer à vivre comme nous vivons depuis des milliers d’années.

Mais il y a un danger imminent pour le Liban, venant de ceux qui disent qu’ils veulent l’apaisement et le calme au Moyen Orient. Mon pays d’origine était un exemple de démocratie au Moyen Orient et ils y apportèrent le chaos. Comment est-il possible qu’un terroriste aux Etats Unis soit un terroriste, de même que dans le Sud de la France c’est un terroriste, et au Nord du Mali c’est un terroriste, et qu’il faille le combattre en tant que tel ? Mais, dès que ces terroristes se trouvent au Liban et qu’ils sont en train de menacer, pas le Hezbollah, mais notre pays, la Syrie et d’autres nations…pourquoi les aide-t-on ?

Au nom de quels principes moraux, de quels droits, de quel humanisme les aider ? Alors, l’impérialisme nous traite comme il l’a toujours fait, pas seulement en tant que ses vassaux, mais comme des eunuques intellectuels. Alors, par l’intermédiaire de sa presse et de ses cinquièmes colonnes dans nos sociétés, l’on nous vend le noir et le blanc, ou le blanc et le noir. Au Liban, il y a un danger imminent de la part des terroristes, ces mêmes terroristes qui agissent aujourd’hui en Egypte, en Syrie, en Irak. Ils vont tenter de détruire le Liban, la Turquie, la Jordanie, ou encore beaucoup d’autres pays si l’Occident ne change pas sa stratégie et son agenda au Moyen Orient. Ces terroristes ne travaillent pas seuls. Depuis l’Afghanistan, à l’époque de l’Union soviétique, jusqu’à aujourd’hui, ces terroristes sont protégés, aidés, armés, financés et assistés médiatiquement, avec pour but de massacrer et de faire tomber des gouvernements qui ne sont pas fidèles aux intérêts de l’Occident, que ce soit au Moyen Orient, en Amérique latine, ou dans le monde entier.

Les Etats Unis et leurs alliés ont-ils une notion du danger réel de cette situation ? 

L’Occident, qui est dans l’erreur dans sa politique au Moyen Orient, se rend compte qu’il est en train de jouer avec le feu dans une région qui regorge de pétrole inflammable et du pétrole qui est la garantie pour résoudre les problèmes économiques de l’Occident. Aujourd’hui, plus personne ne parle du départ de Bachar Al Assad, plus personne ne parle d’une victoire de ces terroristes internationaux protégés par l’Occident. Que disent-ils, Obama et Kerry, Cameron et les autres ? Qu’est-ce ce qu’ils demandent à présent pour la Syrie ? Continuer à armer et envoyer de l’aide aux terroristes afin d’obtenir un équilibre sur le terrain, pour que ces représentants du terrorisme international aient une carte afin de peser sur la table de négociations… Revenir à ce qu’a proposé le gouvernement syrien au début du conflit. L’on ne peut faire face au problème syrien avec des armes, de la destruction et du sang. La Syrie doit trouver une solution, d’abord entre les Syriens, et ensuite, à caractère politique et pacifique.

Comment pourrait-on expliquer les facteurs qui interviennent aujourd’hui en Egypte ?

Aujourd’hui en Egypte, on ne retrouve pas ces facteurs. Si l’on veut une analyse sincère, profonde et objective, on doit dire qu’en Egypte il existe deux courants, comme on les retrouve dans n’importe quel pays du Proche Orient. Il existe un courant qui souhaite servir les intérêts de l’Occident, des gens qui sont présentés comme libérateurs et démocrates, ce qui est loin d’être vrai.

Et puis, il y a les forces nationalistes qui prônent la souveraineté, l’indépendance, la liberté, la revendication des richesses nationales au profit du peuple. Combien de fois a-t-on appris que ce gouvernement acquis à l’Occident, celui de Moubarak, qui dura trente années, avait laissé le pays avec plus de 50% de la population en dessous du seuil de la pauvreté ? Qui permit aux Frères Musulmans de prendre le pouvoir ? Cette organisation fut créée en Egypte en 1928. Après quatre-vingt-cinq ans d’une très mauvaise opposition partout dans le monde arabe, ils arrivent au pouvoir. Ce qu’ils avaient réussi à faire échouer durant quatre-vingt-cinq ans d’opposition, ils l’ont mis en place en douze mois : ils ont augmenté la pauvreté, l’analphabétisme, l’économie est tombée, ils se sont occupés d’éliminer l’un des revenus les plus importants de l’Egypte qui est le tourisme…Quand on lit les déclarations de Kerry, on se pose des questions. Kerry a dit que l’armée a dû intervenir afin de redresser la démocratie en Egypte.

Ils auraient pu empêcher leur laquais, Monsieur Morsi, de mettre en œuvre une politique complètement biaisée, avec une Constitution complètement opposée à la sensibilité de l’écrasante majorité des Egyptiens. N’oublions pas que Morsi obtint, lors du premier tour électoral cinq millions et demi de voix, sur un total de cinquante-cinq. Lors du deuxième tour, il obtint onze millions, c'est-à-dire qu’il ne représentait pas la majorité pour faire cette Constitution taillée sur mesure et au service de son parti qui est excluant, à caractère islamique, mais d’un Islam qui n’a rien à voir avec le Coran. C’est un Islam rétrograde qui ne sert qu’aux intérêts politiques d’un secteur de la population.

Kerry et son gouvernement auraient pu empêcher ces manifestations massives qui ont rempli les rues, demander à Monsieur Morsi de mettre en place un gouvernement plus large, car les autres aussi ont des droits, que ce soient les nasséristes, les socialistes, les unionistes, des autres partis. En Egypte,l ? il existe deux façons de voir la politique interne et internationale. Une façon de voir la politique comme une soumission aux intérêts de l’Occident et un autre point de vue, celui de la plupart de la population, qui veut une Egypte souveraine, indépendante, qui puisse mettre au profit ses richesses nationales et surtout, revenir à son rôle historique de leadership au Moyen Orient, et d’équilibre dans une région pleine de contradictions et de conflits locaux.


Leandro ALBANI, Raimundo KABCHI, 19 août 2013.


Traduction: Collectif Investig’Action

In Contrainjerencia


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 03 juillet 2013

LE CONSEILLER DE LAURENT GBAGBO A ALGERIE PATRIOTIQUE: «LA SURVIE DE L'EUROPE DEPEND DE L'AFRIQUE»


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Affaire Gbagbo: "La Cour pénale internationale ne doit pas avoir honte de reconnaître qu’elle a été induite en erreur, trompée et manipulée par le gouvernement français de Nicolas Sarkozy et son allié Alassane Ouattara". 


Dans une interview accordée au site d’informations algérien, Algérie Patriotique.com, Alain Toussaint livre son opinion sur divers sujets.


Algérie Patriotique: Sous Gbagbo, la Côte d’Ivoire a connu un développement économique considérable. Le Pib de la Libye de Kadhafi était un des meilleurs dans le monde. La Syrie avait réussi, malgré un système politique fermé, à unir une société multiconfessionnelle. Le Venezuela de Chavez a rendu au peuple son honneur. L’Algérie, locomotive de l’Afrique, subit un terrorisme barbare depuis vingt ans. Pourquoi les pays du Sud qui avancent dérangent-ils le Nord?

Alain Toussaint: Le Nord a toujours eu besoin de sources d’approvisionnement en matières premières. Pour s’assurer qu’il n’y aura jamais de rupture, ces pays riches recourent à la violence armée. L’Afrique subit à la fois la domination politique, militaire et économique des grandes puissances qui lui imposent leur diktat. Notre continent qui compte un milliard d’habitants aujourd’hui – ils seront 2 milliards en 2050 – a d’énormes défis à relever : infrastructures, industrie, éducation, santé, culture, médias, etc. L’Afrique est donc un vaste marché convoité par toutes les autres nations. La survie économique de l’Europe, par exemple, dépend du contrôle des marchés africains. Ses entreprises doivent écouler leurs produits manufacturés en Afrique. S’il y a 20 ans, les pays du Sud faisaient l’essentiel de leur marché au Nord, le rapport s’est inversé avec la montée en puissance des pays émergents, emmenés par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Grâce à la dynamique créée par ces nouveaux acteurs, le Sud commerce davantage avec le Sud même si certains Etats d’Afrique subsaharienne restent encore relativement dépendants du Nord, notamment dans les domaines de la médecine, des technologies de pointe et de l’armement. Le partenariat Sud-Sud représente une menace pour le Nord dont la part de marché dans l’économie mondiale est en pleine décroissance. Il lui faut donc s’agripper à l’Afrique, y compris par la violence. Alors, certains chefs d’Etat sont imposés de l’extérieur via des opérations de déstabilisation déguisées en croisades pour la «démocratie». Par la puissance de leurs médias, des dirigeants étaient diabolisés avant d’être neutralisés. Le Vénézuélien Hugo Chavez a succombé à un mystérieux cancer de la gorge ; Laurent Gbagbo, pourtant réélu à la tête de la Côte d’Ivoire en novembre 2010, est maintenu en détention par la France à la prison de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas. Plusieurs autres leaders progressistes d’Afrique noire et du Maghreb – mais aussi d’Amérique latine – demeurent sous la menace permanente des maîtres d’hier. L’Algérie, qui a développé un partenariat très fort avec la Chine, n’est pas à l’abri. Son gaz et son pétrole sont convoités. Les pays occidentaux ont du mal à admettre que le temps de la soumission est passé. Ils refusent de mettre à jour leur logiciel et de changer leur vision erronée d’un continent en mouvement.

Renversement du pouvoir en Côte d’Ivoire, intervention militaire au Mali, pillage des ressources halieutiques au Sahara occidental occupé, exploitation des richesses naturelles dans d’autres pays africains… Pourquoi l’Afrique n’arrive-elle toujours pas à s’affranchir?

La suprématie des pays occidentaux repose sur leur hégémonie économique et militaire. D’ailleurs, ils en abusent pour jouer le rôle de gendarmes du monde dont ils n’ont reçu mandat de personne. Ils font la pluie et le beau temps, décernent des brevets de dictateurs ou de démocrates à qui bon leur semble au gré de leurs intérêts géostratégiques, occupent des territoires sous le prétexte d’y lutter contre le terrorisme, attisent les conflits internes en armant un camp contre l’autre, utilisent un armement sophistiqué quand ils dénient le droit à des gouvernements agressés d’en faire autant pour combattre les pantins qu’ils ont formés et armés. Tout le monde a compris la finalité de cette forme de paternalisme et de néocolonialisme. Plus que des missions pour le rétablissement de la «démocratie», il s’agit de conquêtes économiques. Regardez ce qu’ils ont fait au Mali, en Côte d’Ivoire, en Libye, en RDC, etc. Leur seul et unique objectif est le contrôle des richesses naturelles du continent africain. La grave crise économique actuelle que connaissent ces «grandes» puissances a davantage aiguisé leur appétit et renforcé leur détermination à dominer l’Afrique. En plus du pillage de nos ressources, il y a le fardeau de la dette africaine. Elle reste un facteur d’appauvrissement des populations et de sous-développement. C’est aussi le moteur de l’aliénation car elle entretient une dépendance totale à l’égard des pays «riches» du Nord et des institutions financières de Bretton Woods, qu’ils ont créées, notamment le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale.

Dans le monde multipolaire en gestation, les pays africains doivent se défaire de cette tutelle qui retarde leur décollage. Face à la nouvelle donne géopolitique et géoéconomique, un profond désir de liberté, d’indépendance effective et d’unité anime chaque Africain. Cela passe par la constitution de nouveaux pôles régionaux solides afin de tenir le choc face à des pays occidentaux entrés dans un cycle inévitable d’affaiblissement. L’Afrique n’a pas vocation à être l’éternelle vache à lait de l’Occident. Politiquement, militairement et économiquement, le continent doit enfin s’affranchir. Mais attention, il ne s’agit pas de remplacer les anciennes idoles par de nouvelles qui joueront le même rôle. Encore moins de passer d’un maître à plusieurs maîtres.

Les pillages et les interventions militaires ne changeront rien aux aspirations légitimes des peuples africains, privés de dignité depuis des siècles. Il faut bâtir en commun une Afrique solide pour nos enfants et les générations futures. Les Africains doivent comprendre que la bonne gouvernance est l’une des portes vers le développement. Nous devons envisager des réformes dans plusieurs domaines: politique, économique, social, culturel, etc. Nous devons, enfin, bâtir des institutions fortes et crédibles, socle de l’Etat de droit, au service des peuples africains. L’Afrique sera ce que les Africains voudront qu’elle soit. Il en va de même des relations avec les pays occidentaux. Le temps du réveil a sonné.

Des pays arabes réclament une réforme profonde de la Ligue arabe. Pensez-vous que l’Union africaine dans sa forme actuelle joue un rôle positif ou doit-elle subir une refonte totale?

L’Organisation de l’Unité africaine (Oua) puis l’Union africaine (Ua) n’ont jamais été au service des peuples africains. L’idée des pères fondateurs de l’OUA partait d’un bon sentiment, mais leur vision panafricaniste a ensuite été dévoyée par des chefs d’Etat africains en mission exclusive pour leurs maîtres occidentaux.

Après un demi-siècle d’existence, une refondation de l’Oua s’impose, ainsi que la redéfinition de ses missions. Quelle est sa vision de l’Afrique et du monde d’aujourd’hui ? Comment se projette-t-elle dans le futur ? Comment compte-t-elle défendre les peuples africains et les énormes ressources du continent face à la horde de pilleurs surarmés qui menacent l’existence-même de nos pays ? Nous devons rester unis pour protéger nos intérêts. Depuis l’élection de la présidente de la Commission de l’Ua, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, je sens les lignes bouger. L’Afrique digne a enfin pris les commandes de l’organisation continentale. Bien avant, le Libyen Mouammar Kadhafi, assassiné par la coalition des «démocrates de la canonnière», nourrissait une réelle ambition pour l’Afrique unie et forte. En plus de renforcer les capacités de l’Ua, le Guide estimait que l’autonomie et l’indépendance passaient par la création d’une monnaie unique africaine adossée à une Banque centrale, la mise sur pied d’un vrai Parlement des peuples africains, des infrastructures de télécommunications, des routes pour dynamiser un marché interafricain, etc. L’Ua doit énormément s’impliquer dans la vie politique, institutionnelle et économique de nos pays plutôt que de les abandonner entre les griffes des ex-colonisateurs qui dictent leur loi à des Etats surendettés, livrés aux lobbies militaro-industriels. Les choses doivent changer.

Pourquoi la France de Sarkozy s’est-elle particulièrement acharnée contre le président Laurent Gbagbo et imposé par les armes Alassane Ouattara?

La Côte d’Ivoire demeure la chasse gardée de la France selon l’entendement des dirigeants français. Un pays stratégique puisqu’il représente à lui seul plus de 40% de l’Union économique et monétaire (Uemoa), qui regroupe les ex-colonies françaises d’Afrique de l’Ouest et qui ont en commun une monnaie dénommée le franc CFA. En réalité, Gbagbo n’a jamais remis en cause les intérêts français en Côte d’Ivoire. Bien au contraire. Les multinationales hexagonales ont largement profité des années Gbagbo. Seulement, dès son élection en octobre 2000, le nouveau chef d’Etat a mis en œuvre une politique de partenariat avec les pays émergents et ceux du Sud. Cette tentative d’ouverture a fortement déplu à la puissance tutélaire, la France, qui estime que la Côte d’Ivoire est sa propriété exclusive. Même la politique sociale de Gbagbo, notamment l’Assurance-maladie universelle (AMU), agaçait la métropole à tel point que l’Elysée de Jacques Chirac a dépêché un jour à Abidjan un ministre français afin de demander à Laurent Gbagbo de surseoir à sa «révolution». Voilà l’une des origines des malheurs de Gbagbo qui s’entêtait à tenir des conseils des ministres à Abidjan sans prendre l’ordre du jour à l’Elysée. Laurent Gbagbo est à la Côte d’Ivoire ce qu’Ahmed Ben Bella a été à l’Algérie. Un pacifiste, un patriote mais surtout le père de la conscience nationale. Les ex-colons lui ont préféré Alassane Ouattara, l’homme de la finance internationale, imposé par les armes au terme d’une rébellion barbare qui a fait des milliers de morts depuis septembre 2002. Depuis le 11 avril 2011, nous sommes dans une fiction de démocratie en Côte d’Ivoire. C’est le règne de la terreur, la violence d’Etat. Nos amis sont pourchassés, enlevés et assassinés par les milices d’un régime inhumain, qui s’endette sans compter pour faire plaisir à ses parrains. Aujourd’hui, plus de 700 personnalités – dont la première dame Simone Gbagbo, Pascal Affi Nguessan, le chef du parti de Gbagbo, un gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao), Michel Gbagbo, le fils de Gbagbo, Charles Blé Goudé, ancien ministre et leader des jeunes patriotes, des députés –, sont arbitrairement détenues par le pouvoir ivoirien. Les donneurs de leçon d’hier, si prompts à accabler Gbagbo dès que la météo est mauvaise à Abidjan, sont subitement devenus aveugles et muets. Mais je reconnais que c’est bien le type de «démocratie» que préfère la France en Afrique.

Vous estimez que la décision de la Cpi d’ajourner le verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo est annonciatrice de sa libération prochaine. Sur quoi fondez-vous votre optimisme?

C’est la Cpi, elle-même, qui m’encourage à le penser. Comme vous le savez, ses juges ont demandé au procureur Fatou Bensouda de poursuivre ses investigations afin de présenter des preuves plus solides qui pourraient justifier un procès à l’encontre de Laurent Gbagbo. Or, Gbagbo a été déporté à La Haye depuis le 29 novembre 2011, en violation de ses droits, sur la base d’un mandat illégal. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le dossier d’accusation est vide. La Cour ne doit pas avoir honte de reconnaître qu’elle a été induite en erreur, trompée et manipulée par le gouvernement français de Nicolas Sarkozy et son allié Alassane Ouattara. Il n’y a aucun mal à cela. Laurent Gbagbo, à qui Jacques Chirac promettait la Cpi depuis 2003, est innocent. Il doit être libéré immédiatement.

Qui, selon vous, a instrumentalisé la CPI pour «monter» un procès contre l’ancien président de Côte d’Ivoire?

La dimension politique de cette affaire est incontestable. La détention du président Gbagbo est une escroquerie politique. Le gouvernement français détient la solution du problème Gbagbo. François Hollande qui a hérité de ce dossier n’ignore rien du complot ourdi par Nicolas Sarkozy contre Laurent Gbagbo, vainqueur de la présidentielle de novembre 2010. Le nouveau chef d’Etat français rendrait service à la Côte d’Ivoire et à la France en autorisant la libération de notre leader. De grâce, ne me parlez pas de justice ! C’est une affaire politique, vous le savez très bien. Gbagbo est un prisonnier politique de l’impérialisme occidental, comme le furent avant lui Samory Touré, Toussaint Louverture, Béhanzin, Kadjo Amangoua et d’autres. Le président Gbagbo se retrouve à La Haye à la suite de petits arrangements entre amis, notamment Nicolas Sarkozy, l’ancien procureur de la Cpi, Louis Ocampo-Moreno, et leur ami Alassane Ouattara. On le voit, le politique prédomine sur le judiciaire. L’entêtement de la CPI à vouloir coûte que coûte condamner Gbagbo est une erreur de politique pénale qui nuit gravement à son image et à sa crédibilité. Cette Cour est si partisane qu’elle n’a engagé, pour l’heure, que des poursuites contre le camp Gbagbo mais pas contre celui de Ouattara, le «démocrate» préféré de la communauté internationale. Cette politique du «deux poids deux mesures» démontre bien que la CPI est instrumentalisée. Les leaders africains comme Laurent Gbagbo, les présidents soudanais Omar El-Béchir ou kenyan Uhuru Kenyatta sont les victimes du nouveau colonialisme judiciaire, dans le droit fil de la domination économique, militaire et politique des puissances occidentales sur l’Afrique. Cette forme de terrorisme doit aussi cesser.

Est-il probable que Laurent Gbagbo soit libéré ? Quel impact sa libération aurait-elle sur la vie politique en Côte d’Ivoire?

Selon moi, les chances de libération du président Gbagbo sont intactes. Le dossier est vide. Sa détention fait peser une hypothèque sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. La libération de Nelson Mandela avait contribué à construire la nouvelle Afrique du Sud post-apartheid. Celle de Laurent Gbagbo peut être un puissant moteur de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Son retour parmi les siens permettra de renouer le fil du dialogue entre Ivoiriens, d’apaiser les cœurs et d’annihiler toute tentative de belligérance. Laurent Gbagbo a toujours œuvré pour la paix et l’unité des Ivoiriens. Il est le fondateur d’un parti politique qui transcende les clivages ethniques, religieux et sociaux. Gbagbo est un rassembleur. Cet homme du peuple manque énormément à ses compatriotes, dont une écrasante majorité – toutes obédiences politiques confondues – vit très mal son incarcération à La Haye.

Si Gbagbo recouvrait sa liberté, envisage-t-il de revenir aux affaires politiques dans son pays?

C’est une question délicate que vous me posez. Seul le président Laurent Gbagbo est en mesure d’y répondre. Mais je ne doute pas qu’il prendra une décision cohérente, en pleine harmonie avec sa conscience, son parcours et l’espérance toute fondée qu’il incarne pour le peuple ivoirien et l’Afrique qui l’attendent.

 

Interview réalisée par Kamel Moulfi et Mohamed El-Ghazi


Source: ALGERIE PATRIOTIQUE

jeudi, 30 mai 2013

SYRIE: L'ARMEE PRETE A LANCER UNE OFFENSIVE A QOUSSEIR, LE RETRAIT DU HEZBOLLAH EXIGE

 

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Le chef de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Mouaz al-Khatib.

 

L'opposition syrienne joue avec les nerfs de la communauté internationale. Réunie à Istanbul depuis près d'une semaine, la Coalition nationale peine à adopter une position en vue de la conférence sur la paix prévue à Genève en juin. Au grand dam de la communauté internationale. METRONEWS.FR

A Istanbul, plusieurs diplomates de pays soutenant l'opposition syrienne se sont rendus à la réunion de la Coalition nationale de l'opposition pour tenter de débloquer les débats. AFP

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Des tanks de l'armée syrienne prennent position près de la ville de Qousseir, le 25 mai 2013 (Photo AFP).

 

DAMAS — Washington a exigé "le retrait immédiat" du Hezbollah de Syrie, au moment où l'armée syrienne, épaulée par ce mouvement libanais, a annoncé s'être emparée de l'aéroport de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir.

De son côté, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à cette future conférence internationale, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences: "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut".

M. Mouallem a par ailleurs qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques.

"L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

Sur le terrain, l'armée syrienne contrôle l'aéroport de Dabaa "à l'issue d'une opération militaire de plusieurs heures commencée dans la matinée", a affirmé une source militaire à l'AFP, précisant que l'opération a fait plusieurs dizaines de morts.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

L'armée contrôle désormais toutes les issues de Qousseir, stratégique tant pour le régime que pour les insurgés, et peut lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie.

"Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à al-Manar.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3.000 à 4.000 combattants en Syrie.

"Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

L'Iran, allié régional de la Syrie qui a indiqué avoir reçu une "invitation orale" à participer Genève-2 en dépit des réticences de la France, a dit souhaiter une "solution politique" en Syrie, lors d'une conférence sur le conflit syrien organisée par Téhéran.


Source: AFP

dimanche, 19 mai 2013

CONFERENCE DE MICHEL COLLON: «AVONS-NOUS LE DROIT A LA VERITE?»

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"Avons-nous le droit à la vérité?" est le thème de la conférence qui s'est déroulée le 25 Avril 2013 à l'ISFSC de Bruxelles.

Intervention de Michel Collon sur le rôle des médias dans les guerres "humanitaires", et sur le projet atlantiste USA-OTAN.

A voir absolument, chers lecteurs ! ! !



Conférence de Michel Collon: 1ère partie

 


Conférence de Michel Collon: 2ème partie

jeudi, 02 mai 2013

COTE D'IVOIRE ET VENEZUELA: DEFIS COMMUNS

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En ce mois d’avril, il y a deux dates importantes dans l’histoire de deux pays: la Côte d’Ivoire et le Venezuela. Le 11 avril, le peuple ivoirien commémore le jour tristement célèbre où les forces armées d’une puissance étrangère ont renversé Laurent Gbagbo, chef d’État légitime d’un pays indépendant et souverain.

 

Le 14 avril, le peuple vénézuélien choisira un nouveau président, après la mort tragique, il y a à peine un mois du Commandante Hugo Chavez. Certains diront : deux pays différents, deux continents différents. Et pourtant la Côte d’Ivoire et le Venezuela ont bon nombre de similitudes et de défis en communs.

Nous nous souvenons des images d’avril 2011 en République de Côte d’Ivoire. Des images tristes, honteuses, nous donnant l’impression de revenir aux jours les plus sombres du colonialisme, lorsque le puissant écrase et humilie le plus faible en lui imposant sa volonté. Sauf que le néocolonialisme a signé son arrêt de mort ce jour-là. Car depuis cet instant la résistance n’a perdu de son intensité. Bien au contraire : elle ne cesse de grandir et s’organise très efficacement. En Côte d’Ivoire, dans d’autres pays du continent africain et au sein de la diaspora en exil, les actions ciblées ne manquent pas. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les nombreuses images des manifestations aux quatre coins du monde en soutien à Laurent Gbagbo. D’ailleurs pas seulement au sein des Ivoiriens, mais également parmi tous les Africains, comme l’a si bien montré la manifestation d’envergure organisée aujourd’hui au Cameroun. Depuis le fameux 11 avril 2011, l’histoire de la Côte d’Ivoire et de toute l’Afrique a pris un tournant, et ce tournant a marqué définitivement la lutte pour la véritable indépendance et la souveraineté, ainsi que le combat pour la justice et la vérité. Le défi principal aujourd’hui de la Côte d’Ivoire est de voir Laurent Gbagbo libéré. Seule cette libération pourra assurer une véritable réconciliation nationale. La CPI devra d’ailleurs se prononcer d’ici peu sur cette libération.

D’ici quelques jours, le 14 avril, la République bolivarienne du Venezuela choisira son nouveau président suite au décès d’Hugo Chavez. Deux candidats sont en lice : Nicolas Maduro, partisan et successeur du président Chavez et Henrique Capriles, libéral pro-occidental, soutenu et financé activement par les USA. Le choix est assez simple : maintien de la souveraineté et de la justice sociale ou perte de l’indépendance au profit de forces extérieures et du pouvoir oligarchique. Quels parallèles avec la Côte d’Ivoire ? Chavez et Gbagbo se ressemblent sur beaucoup de points : justice sociale, défense de l’indépendance et de la souveraineté de leurs pays, priorité aux intérêts nationaux et non celles des puissances étrangères et des multinationales occidentales. Qu’en est-il des deux autres protagonistes ? Nous avons Ouattara, le « président » installé par l’armée française dans le cas ivoirien et Capriles au Venezuela pour une mainmise des USA sur le Venezuela… Étrange ressemblance également : tous deux néolibéraux, « défenseurs » ardents des privatisations massives et partisans de la baisse des programmes sociaux. Et bien sûr, aussi bien Ouattara (cadre du FMI) que Capriles (oligarque) sont des « alliés » inconditionnels des puissances occidentales. Bien que le mot « allié » ne soit pas tout à fait approprié, car il ne s’agit pas d’une relation d’égal à égal, mais plutôt du serviteur avec ses maîtres.

Le monde a beaucoup changé, en particulier depuis les dix dernières années. La Russie, humiliée dans les années 1990, a retrouvé pleinement son statut de grande puissance et continue de s’imposer à tous les niveaux et sur tous les fronts. L’Amérique latine, région ayant vécu trop longtemps sous le contrôle quasi-direct d’un pays et en particulier d’une organisation (dont le nom est CIA) est aujourd’hui dans sa grande majorité un exemple et une source d’inspiration pour le reste du monde. Le Venezuela en est un des acteurs clés. L’Afrique, continent martyr et pourtant tellement riche, aussi bien en ressources naturelles qu’humaines, ne peut toujours pas savourer pleinement sa souveraineté. D’ailleurs, a-t-elle eu dans son ensemble et dans son histoire récente la possibilité de profiter véritablement de son indépendance, ne serait-ce que brièvement ? A quelques exceptions près, la réponse est négative. En Côte d’Ivoire, à l’image des grandes personnalités africaines et mondiales, comme Patrice Lumumba, Nelson Mandela, et des autres grandes figures politiques africaines, Laurent Gbagbo a décidé d’en finir avec un système mafieux et criminel et a lancé ouvertement un défi aux néocolonialistes. Ces néocolonialistes ont répondu avec la plus grande violence qui soit afin de le faire chuter et ont installé un pantin au pouvoir par la force de leurs armes. Mais malgré tout l’arsenal armé et médiatique de ces puissances néocoloniales, elles n’ont non seulement pas réussi à détruire, ou du moins atténuer les aspirations de liberté des Africains, mais au contraire n’ont fait que confirmer la nécessité absolue d’en finir avec ce système mafieux et criminel une bonne fois pour toute.

Nous souhaitons à ces pays de réussir à gagner définitivement leur souveraineté. Cette souveraineté sera la clé pour profiter pleinement de leurs ressources et de leur potentiel. Dans le cas vénézuélien, reste également à souhaiter que quel que soit le résultat, il sera respecté par les forces extérieures, et avant tout étasunienne. Souhaitons également qu’Henrique Capriles ne copie pas son homologue Alassane Dramane Ouattara en appelant des forces armées étrangères pour bombarder son propre pays sous prétexte qu’il est « le bon candidat ».




Source: RADIO LA VOIX DE LA RUSSIE

vendredi, 19 avril 2013

VENEZUELA: LA FACE CACHEE DU BEAU-GOSSE DE L'OPPOSITION

 

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Depuis qu'il a affronté Hugo Chavez, aux élections présidentielles de 2012, Henrique Capriles Radonski fait la Une des journaux. Il est porté aux nues par les médias américains et européens. Mais derrière l'image du parfait gentleman se profile une face obscure qu'il a peine à cacher. Ces dernières heures, le gouvernement vénézuélien lui impute les violences qui éclosent dans le pays.

 

La famille dans laquelle nait en 1972, Henrique Capriles, fait partie de l'élie vénézuélienne. Les deux lignées familiales sont rattachées au pouvoir financier. Les Capriles détiennent un empire immobilier, automobile et le Circuit National d'Exhibition (Cinex). D'un autre côté, les Radonski possèdent la seconde chaine de télévision du pays. Elle est aussi propriétaire de "Ultimas Niticias" et d'autres radios. Ils ont une origine européenne car l'un des ancêtres de Capriles, a échappé aux raffles polonaises de la Seconde Guerre Mondiale. L'héritier détient entre ses mains, le pouvoir financier et médiatique qui lui permet de gravir les échelons du pouvoir très vite. A 24 ans, il est élu député de l'Etat de Zulia et milite au parti d'extrème-droite "Copei". Il fut nommé Chef de la Chambre des Députés, déjouant les pronostiques habituels. En coulisse, sa famille finance les campagnes politiques de députés qui s'empressent de soutenir "l'héritier".

Dès les années 2000, les USA s'imiscent dans la politique vénézuélienne, en finançant et en soutenant un parti d'opposition qu'a crée un certain Henrique Capriles Radonski, "Primero Justicia". Ce parti s'est allié au niveau international avec une branche du parti républicain. Le New York Times affirme que cette branche du parti républicain américain, National Endowment for Democracy, est la face visible de l'action de la Central Intelligence Agency (CIA). Ce groupe finance chaque année de 30 millions de dollars, des groupes politiques, des syndicats d'opposition partout dans les pays qui n'ont pas la vision américaine du monde. Comme Maire de l'Etat de Baruta, Capriles signe quantités de contrats avec le FBI. Il procède à l'arrestation de militants pro-chavistes. Peu de temps avant le coup d'Etat fomanté contre Chavez en 2002, l'héritier participe à un dîner réunissant l'extrême-droite cubano-américaine et vénézuélienne. Durant le coup d'Etat, il viole la loi internationale qui interdit la perquisition diplomatique. Arrêté et enfermé, Capriles renforce sa haine envers le pouvoir en place. En 2004, le financier chargé de "l'affaire Capriles Radonski" est tué par un attentat à la voiture piégée. Deux ans plus tard, l'héritier est blanchi par la justice. Comme gouverneur de l'Etat de Miranda, le héros de l'opposition refusera la présence de policiers sur son territoire, afin d'empêcher des meurtres. Prioritée pourtant donnée durant sa campagne réelective au siège de gouverneur.

En 2012, Capriles se réunit en Colombie avec le général américain, Martin Dempzey. Pour dix points de différence, il perdra les élections présidentielles contre Chavez. Il a perdu une seconde fois contre le dauphin de celui-ci, le 11 avril dernier. Le champion des médias américains et européens avait promis, en cas d'élection, de signer les contrats de libre-échange avec ces deux continents. A l'annonce de la victoire de Maduro, la presse européano-américaine lui donnera la parole et diffusera son refus de reconnaitre la victoire des urnes. Le Président de Bolivie, Evo Morales, a affirmé ce mercredi, que les USA cherchaient à fomenter un climat de violence au Vénézuela, afin de favoriser un coup d'Etat contre le nouvel homme fort du pays.

 

In "50 verdaderas de Henriquez Capriles Radonski".

 

Source: AGORAVOX