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jeudi, 23 février 2012

DECES EN CASCADE EN EXIL DES PRO-GBAGBO POUR CAUSE DE GEL DES AVOIRS: L'UNION EUROPEENNE DESAVOUE OUATTARA

 

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Le vendredi 17 février, les ivoiriens ont été surpris par l'annonce de la mort subite à Accra de Jean-Baptiste Diagou Gomont, maire de la commune Cocody. Cet autre décès en exil intervient quelques semaines après ceux de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré et du maire de Facobly, Gnan Raymond, et dont les causes directes sont liées à la mesure injuste, illégale et arbitraire du gel des comptes bancaires des cadres du front populaire ivoirien.

Les trois personnalités avaient en commun d'avoir été les directeurs de la campagne électorale pour Laurent Gbagbo dans leur localité de naissance respective. Elles ont été contraintes à l'exil pour des questions sécuritaires; leurs domiciles et leurs entreprises saccagés mais aussi leurs comptes bancaires gelés par le procureur de la république ivoirien, agissant sur instruction du gouvernement de monsieur Alassane Ouattara.

Après le récent décès de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré pour cause d'insuffisance de revenu pour la satisfaction de ses besoins primaires, lié au gel de ses avoirs bancaires en Côte d'Ivoire, voici qu'intervient dans les conditions similaires, la mort en exil d'un autre cadre du régime de Laurent Gbagbo qui, du fait des mesures de gel de ses comptes, n'avait pu effectuer à des périodes régulières, les différents bilans de santé que nécessitait sont état physique.

Pour bien comprendre le lien direct des décès constatés avec la mesure arbitraire du gel de leurs comptes bancaires, il est bon de savoir que pour minimiser les coûts, tous les cadres de l'ancien parti au pouvoir en Côte d'Ivoire et qui se retrouvent aujourd'hui en exil, ne vont consulter un médecin spécialiste que lorsqu'ils ressentent une alerte, alors que leur état physique lié à l'âge nécessite des contrôle préventifs réguliers.

Face à ses morts en cascade des anciens collaborateurs de Laurent Gbagbo, l'Union Européenne qui, dans le but d'accentuer la pression contre le régime de l'intéressé avait pris des mesures de gel des comptes contre 70 personnalités qui lui étaient proches notamment sa famille politique et nucléaire, son gouvernement, le conseil constitutionnel, des officiers généraux et des chefs d'entreprises tend aujourd'hui à se démarquer nettement de cette tragédie.

La décision de gel des comptes des proches du président Laurent Gbagbo est régulièrement visitée par les instances compétentes de Bruxelles si bien qu'à la date d'aujourd'hui, il a été procédé à la libération des comptes de certains membres de la famille de l'ancien président, de tous les membres de l'ancien conseil constitutionnel, de certains officiers généraux de l'armée, de toutes les entreprises d'Etat et de certains chefs d'entreprises privées et publics. En outre, la décision de restriction des comptes prise pour une année civile qui frappait les personnalités de l'ancien régime ivoirien a expiré officiellement depuis le 14 janvier 2012 et n'a pas été reconduite par l'instance compétente à savoir le parlement européen. Aussi, l'examen des dossiers pour la main levée des comptes de tous les membres du gouvernement dirigé par l'universitaire Aké N'gbo et les autres personnalités  proches de Laurent Gbagbo a  commencé depuis le début du mois de février 2012 et se poursuit dans le cadre des procédures internes à l'Union Européenne.

En attendant le terme de l'examen de ces dossiers prévue avant la fin du mois de mars 2012, l'on a pu observer sur le site officiel de l'Union Européenne, la publication de l'article 215  de son traité de fonctionnement et surtout, la décision n°  656-PESC qui  prévoyait  en son article 2, l'adoption de mesures restrictives à l'encontre des personnes en Côte d'Ivoire qui font obstruction au processus électoral. Ainsi sont gelés « les fonds et ressources économiques appartenant à, en possession de, détenus ou contrôlés par les personnes physiques ou morales, entités ou organismes proches de Laurent Gbagbo dont la liste est jointe en annexe ».

La décision de l'Union Européenne  laissait une lucarne à chaque état membre dans l'application des dites mesures, de respecter les droits de l'Homme afin de permettre aux personnes concernées de continuer à satisfaire leurs besoins primaires.

L'article 3 de la décision de l'Union Européenne indique que « par dérogation à l'article 2, les autorités compétentes des états membres peuvent autoriser le déblocage ou la mise à disposition de certains fonds ou ressources gelées, aux conditions qu'elles jugent appropriées après avoir établi que ces fonds ou ressources sont nécessaires pour régler les dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, des loyers ou mensualités des prêts hypothécaires, des médicaments ou frais médicaux, des impôts, des primes d'assurances et pour assurer des rémunérations de services d'utilité publique. Il est aussi autorisé une dérogation destinée aux règlements d'honoraires d'un montant  raisonnable et au remboursement des dépenses engagées pour assurer les services de juristes ».

Les dérogations de l'Union Européenne tendent à maintenir en vie, les personnes concernées par les mesures de restrictions des comptes bancaires. Elles se démarquent totalement des objectifs du gouvernement de monsieur Ouattara pour qui la mise en application de la mesure du gel des avoirs des proches de Laurent Gbagbo comme l'avait révélé le chef rebelle Morou Ouattara est de leur assurer une mort lente. Sinon, comment interpréter le fait que les personnes concernées par les mesures de gel de leurs comptes bancaires depuis dix mois, qui n'ont plus de travail, ni de salaire, ne puissent pas bénéficier de leurs épargnes pour se nourrir, se soigner et se vêtir  et dire que la cause de leur mort, quand elle survient, n'est pas liée à la mesure injuste qui les frappe?

Les morts en cascade observées depuis le début de l'année 2012 parmi les personnalités en exil proches de Laurent Gbagbo et les membres anonymes de leurs familles ne sont pas liées à la  fatalité. Ces décès sont véritablement  les conséquences irréversibles de la mesure illégale, injuste et arbitraire sans aucune dérogation de gel des comptes bancaires de personnes cinquantenaires qui sont en général de grands malades de diabète, d'hypertension artérielle et les effets collatéraux des ces deux maladies qui nécessitent une surveillance régulières des organes vitaux qui sont le cœur et les reins et qui sont les causes des décès successifs de Gnan Raymond, Bohoun Bouabré et de Diagou Gomont.


Une correspondance de Philippe Traoré.