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lundi, 08 novembre 2010

IL Y A BEL ET BIEN UN CANDIDAT DE L'ETRANGER : LA COTE D'IVOIRE VERS UN 2ème SURSAUT NATIONAL

 

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Le candidat GBAGBO l'avait affirmé, péremptoire. Quelques sceptiques n'y ont pas cru. Nous en avons tous désormais le cœur net : l'étranger a bel et bien un candidat, dans l'élection présidentielle, en Côte d'Ivoire. Pour faire la nuance, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il y a « un candidat étranger » mais, tout au moins, « un candidat de l'étranger » dans cette course au fauteuil présidentiel ivoirien.

Sinon, comment comprendre que le jeudi 4 novembre 2010, quatre jours après la tenue du premier tour du scrutin présidentiel et tout juste au lendemain de la proclamation par la CEI des résultats complets provisoires, le candidat Alassane Dramane Ouattara, attendu au Golf Hôtel où s'était massée une foule d'aficionados (le cœur entièrement à la fête) et de journalistes de la presse nationale et internationale (impatients de lui arracher ses premiers mots de candidat admis au second tour), ait fait faux bond à tout ce beau monde pour se retrouver au Sénégal ?

Pour ce tour de force, franchement, chapeau au champions des républicains ! Les pauvres fans, militants et hommes de presse ont dû prendre leur mal en patience et faire le pied de grue de 17 heures à 21 heures pour, finalement, se disperser la mort dans l'âme après 22 heures sonnantes. Pour de la foutaise... !

Bref, revenons-en à cette escapade impromptue qui a laissé tout le monde pantois : Quelle était l'urgence pour qu'ADO se retrouve au Sénégal avec autant d'empressement et de frénésie ? Lui seul pourra le dire avec précision. Mais pour ce que nous savons, le président Abdoulaye WADE, « l'autre parrain de la rébellion ivoirienne » lui a affrété son avion personnel (sans en souffler un traître mot à son homologue ivoirien!) pour un tête-à-tête  qui a été cause que le chef de l'Etat ivoirien a rappelé l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Sénégal. Deux peuples au bord de la fissure pour des intérêts particuliers. Et pour cause : Depuis Dakar, selon le communiqué officiel de la Présidence de la République, ADO et WADE, ont pris des contacts élargis dans toute la CEDEAO pour « neutraliser » le Président Laurent GBAGBO et installer le champion des républicains au pouvoir. On voudrait brûler la sous-région toute entière qu'on ne procéderait pas autrement. C'est donc avec raison qu'Abidjan crie au complot et à la conspiration.

Y a-t-il preuve plus patente de l'existence d'un candidat de l'étranger dans cette élection présidentielle ivoirienne ? Qui dit Abdoulaye WADE dit la françafrique, la France, ses intérêts et ses milieux ultralibéraux. Mais il faudrait peut-être comprendre la fébrilité d'ADO : Il a fait enrôler plus que de raison (à la fois ivoiriens et étrangers) dans le Nord, sur la liste électorale. Malgré cette manipulation abominable qui lui a donné des scores invraisemblables  de 100 à 250% par rapport à la population réelle actuelle dans son fief, il n'a pas été capable de battre le candidat LMP au premier tour, ni même d'approcher son score. Il a donc des raisons d'avoir des frayeurs car il n'est pas aussi populaire parmi les ivoiriens qu'il veut le faire croire. Le deuxième tour s'annonce donc périlleux pour lui, même si nous avons appris sur France 24, dimanche soir, que le candidat malheureux Henri Konan BEDIE, abonné aux mauvais choix et aux mauvais calculs politiques, a appelé ses militants à voter pour ADO. Il va récolter l'effet inverse parce qu'apparemment, il a oublié l'histoire récente de la Côte d'Ivoire et sa propre histoire : à savoir la rébellion sanglante qui a endeuillé le pays et le coup d'état du « brave tchè » qui l'a éjecté du pouvoir que lui avait transmis « le vieux », le président Félix Houphouët-Boigny. Les Ivoiriens ont pardonné mais n'ont pas oublié l'innommable.

En plus, le candidat du RDR a besoin de 70% des voix de BEDIE pour gagner le deuxième tour, alors que le candidat LMP n'a besoin que de 47% de ces mêmes voix pour aplatir son adversaire. La pression n'est donc pas dans le camp qu'on croit. Malgré les alliances au sein du RHDP, cette mouvance est garantie d'avoir des insomnies et des nuits blanches jusqu'à la proclamation de la victoire du camp présidentiel. Ces mauvais politiciens, doublés de mauvais calculateurs, comprendront, enfin, que la démocratie n'est ni ethnique ni régionaliste et que - comme je l'ai déjà dit dans un post précédent - la sociologie politique n'est pas de l'arithmétique. BEDIE aurait pu prendre une retraite politique honorable et digne s'il avait fait le choix de sauver son pays de l'imposture étrangère. Que nenni ! La malchance, qui le suit inexorablement depuis 1999, lui colle « indécrotablement » à la peau et on ne peut vraiment rien faire pour lui s'il a une fois encore choisi le camp des perdants. Signant ainsi, à terme, la mort politique du PDCI-RDA.

L'enjeu donc, aujourd'hui pour le peuple de Côte d'Ivoire, c'est de barrer vaille que vaille la route aux conspirateurs de tout poil et de tout acabit qui convoitent ce pays pour ses richesses et cela, par les urnes, de façon tout à fait régulière et pacifique. Contrairement aux abonnés-aux-coups-d'états d'en face. Déjà, des cadres du PDCI-RDA, vrais patriotes, sont en campagne, pas pour GBAGBO, mais pour la Côte d'Ivoire parce qu'ils ont compris que leur pays est en danger avec ceux qui préparent leur deuxième tour de présidentielle au Sénégal. Nous sommes donc à l'aise pour déclarer, sans crainte de nous tromper, que le peuple de Côte d'Ivoire est en marche pour son deuxième sursaut national !

Hauts-les-cœurs, patriotes ivoiriens de tous bords !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO